La commune est située dans lebassin Artois-Picardie. Elle est drainée par le canal Nieuport-Dunkerque, la Duneleet et un autre petit cours d'eau[2],[Carte 1].
Le canal Nieuport-Dunkerque est un canal, chenal et un cours d'eau naturel qui relieFurnes, en Belgique, àDunkerque[3].
Le territoire communal est couvert par leschéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Delta de l'Aa ». Ce document de planification concerne un territoire de 1 208 km2 de superficie, délimité par lebassin versant de l'Aa. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est l'Institution intercommunale des Wateringues[4].
Ces paysages concernent23 communes duNord et duPas-de-Calais avec trois pôles d’attraction que sontCalais à l'ouest etDunkerque à l’est et, dans une moindre mesure,Gravelines au centre où se trouve le delta du fleuve côtier l’Aa. On y distingue trois parallèles : la frange côtière avec son cordon dunaire ; l'ancienneroute nationale 1 et l'Autoroute A16.
Les cultures ne représentent que35 % de ces paysages des dunes de la mer du Nord.
Concernant l'activité humaine, à l’ouest de ces paysages se trouve : la région de Calais, avec letunnel sous la Manche et l'activité portuaire de Calais tournée vers l’Angleterre ; à l’est, la zone urbaine de Dunkerque et ses installations portuaires et, au centre, la zone de Gravelines avec son port de plaisance et sacentrale nucléaire.
Sur le plan de la biodiversité, on y observe de nombreux déplacements d’oiseaux marins, côtiers ou terrestres ainsi que desphoques veau-marin installés sur les bancs de sable[15].
Au, Leffrinckoucke est catégorisée grand centre urbain, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[16].Elle appartient à l'unité urbaine de Dunkerque[Note 4], une agglomération intra-départementale regroupant huit communes, dont elle est une commune de labanlieue[Note 5],[17],[18]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Dunkerque, dont elle est une commune du pôle principal[Note 6],[18]. Cette aire, qui regroupe 66 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[19],[20].
La commune, bordée par lamer du Nord, est également une commune littorale au sens de la loi du, diteloi littoral[21]. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique dulittoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si leplan local d'urbanisme le prévoit[22].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d'occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (47,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (48,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :terres arables (42,6 %), zones urbanisées (17,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (16,3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (10,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (8,1 %), prairies (4,7 %)[23]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Leffrinckoucke est desservie par les lignes C1, C2, C3, 20, 21 et 24 du réseau de transports en commun de la communauté urbaine de Dunkerque,DK'Bus. Le pôle d'échangeLeffrinckoucke Fort des Dunes situé à proximité du fort éponyme rassemble la plupart de ces lignes.
La commune possédait dans le passé unegare reconvertie depuis la fin de l'exploitation du rail.
Durant les années 2000 à 2002, des poteries d'époquegallo-romaine ont été ramassées sur l'estran. Le rivage antique qui se situait en avant de son tracé actuel, à cause de larégression carolingienne, laisse supposer une strate archéologique présente sous la plage, et peut-être un gisement de l'âge du fer lié à l'exploitation ignigène du sel par lesGauloisménapes qui occupaient alors tout le littoral.
En 1176, Didier évêque des Morins (évêque de Thérouanne), avec l'approbation de l'archidiacre Walter (ou Gautier) et du curé de Tetingehem (Téteghem), détermine les avantages dont jouira dorénavant le desservant de la paroisse de Lefres (Leffrinckoucke), qui est érigée en paroisse distincte[24], et donc a priori séparée de celle de Téteghem.
Des recherches dans les archives, menées par A. Lesmaries en 1923, confirment la datation du site, mentionné dans un diplôme de1265 émanant deGui de Dampierre,comte de Flandre et marquis deNamur, accordant des privilèges :
« ...à ceulx qui demeurent ou venront manoir à Leffringhehouc sur la mer, au lieu qu'on appelle Le Herde Sainte Katherine... »
En1309,Le Herde devenuLe Heyde (Les Dunes) perd sa référence à « Sainte Katherine » et se trouve relié au village de Leffrinckoucke par une route de terre. En 1318,Le Heyde devenuLe Hyde est doté d'un domaine propre ou « appartenances », fief concédé par le seigneur foncier deDunkerque moyennant redevance annuelle (ammanie). Le rapport de dénombrement de1458 est le dernier document faisant mention deLe Hidde et confirmant son rattachement àDunkerque. Après sa disparition à la fin duXVIe siècle, il subsiste encore dans les textes une« Ammanie de Yde » jusqu'auXVIIIe siècle. Le nom du village côtier : Le Heyde/Le herde/Yde, fait référence à une crique (cf. Coxyde, Lombardsyde, etc.) située au débouché d'un cours d'eau dont le Zeegracht =fossé de la mer est un vestige (rectifié). Le lieu-dit Zuydcrabbenburg (au sud du Canal de Furnes) =château des crabes du sud atteste ironiquement d'anciennes invasions marines.
Le,Turenne met le siège devantDunkerque. Le 25 juin dans les dunes de Leffrinckoucke, eut lieu une action décisive, qu'on appellerabataille des Dunes. L'armée franco-anglaise repousse alors l'armée desPays-Bas espagnols ; par suite d'un accord entreLouis XIV et ses alliés,Dunkerque devient provisoirement anglaise. La possession anglaise recouvre non seulement la ville de Dunkerque mais aussi des territoires dont certains jusque là relevaient de la châtellenie de Bergues :Mardyck,Grande Synthe,Petite Synthe, une partie d'Armbouts-Cappel,Cappelle-la-Grande, une partie deCoudekerque,Téteghem,Uxem, Ghyvelde, Leffrinckoucke,Zuydcoote. En 1662,Louis XIV rachète ce territoire aux Anglais[26]. Leffrinckoucke est définitivement française
Pendant laRévolution française, le curé qui dessert la paroisse de Leffrinckoucke refuse de prêter le serment voulu par laconstitution civile du clergé. Mais il refuse également de quitter son église comme doit le faire en principe tout membre duclergé réfractaire. Il faut l'expulser de force[28].
En août- , Leffrinckoucke se retrouva en première ligne lors du siège deDunkerque par les ennemis coalisés contre la France, siège qui prit fin avec la victoire française lors de laBataille d'Hondschoote.
En 1802-1803, il existe sur la commune unbac appeléBac du Chapeau Rouge utilisé pour franchir lecanal de Furnes et faire communiquer les deux rives[29].
Pendant laPremière Guerre mondiale, en 1915-1916, Leffrinckoucke fait partie du commandement d'étapes d'Honschoote, c'est-à-dire d'un élément de l'armée organisant le stationnement de troupes, comprenant souvent des chevaux, pendant un temps plus ou moins long, sur les communes dépendant du commandement, en arrière du front.
Le 10 juillet 1916, un avion allemand a lancé cinq bombes dans les champs aux environs de l'usine de Firminy. Il n'y a pas eu de victimes, et ont été notés comme dégâts, cinq fils télégraphiques coupés sur la ligne de chemin de ferde Dunkerque-Locale à Bray-Dunes[30].
En mars 1917, une agricultrice de Leffrinckoucke eut maille à partir avec quelques soldats belges pris d'alcool. Ils ont passé la nuit dans sa ferme malgré son désaccord et elle eut à subir des menaces comme celle de « la faire dormir dehors »[31].
En 1917-1918,Téteghem est le siège d'un autre commandement d'étapes. Leffrinckoucke fait partie de ce nouveau centre et a accueilli des troupes à ce titre[32].
Du 25 mai au, le rivage deDunkerque, Leffrinckoucke,Zuydcoote etBray-Dunes fut le théâtre de l'opération Dynamo qui permit de ramener en Grande-Bretagne 338 226 combattants (dont 123 095 Français) encerclés dans la poche de Dunkerque.
Du au (lendemain de l'armistice), l'armée allemande occupa la ville ainsi que toute l'agglomération.
Le fort de Leffrinckoucke faisait partie de la ceinture de sécurité des villes-frontières érigée après laguerre de 1870. Six cents soldats pouvaient loger dans une série de constructions en brique, accessibles par un pont-levis. Depuis cinq ans, des bénévoles dejeunesse et reconstruction s'y installent chaque été. Les douves doivent encore être débroussaillées, les escaliers extérieurs restaurés et les murs débarrassés des lichens.
Leffrinckoucke faisait partie ducanton de Dunkerque-Est, formé d'une partie deDunkerque et des communes deBray-Dunes, Leffrinckoucke,Téteghem,Uxem etZuydcoote, qui regroupait 38 569 habitants jusqu'en 2014. Dorénavant, la commune fait partie du canton de Dunkerque-2, regroupant une fraction de Dunkerque et les communes de Bray-Dunes,Ghyvelde, Leffrinckoucke et Zuydcoote, comptant 51 322 habitants.
Leffrinckoucke fait également partie de la communauté urbaineDunkerque Grand Littoral (anciennementCommunauté urbaine de Dunkerque) dont le Président est Patrice Vergriete, maire deDunkerque
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[53]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[54].
En 2023, la commune comptait 4 078 habitants[Note 7], en évolution de −4,32 % par rapport à 2017 (Nord : +0,43 %,France horsMayotte : +2,36 %).
La population de la commune est relativement âgée.En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à30 ans s'élève à 28,1 %, soit en dessous de la moyenne départementale (39,5 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à60 ans est de 32,5 % la même année, alors qu'il est de 22,5 % au niveau départemental.
En 2018, la commune comptait 2 065 hommes pour 2 190 femmes, soit un taux de 51,47 % de femmes, légèrement inférieur au taux départemental (51,77 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[57]
Hommes
Classe d’âge
Femmes
0,2
90 ou +
0,4
7,3
75-89 ans
10,8
22,4
60-74 ans
23,8
24,9
45-59 ans
24,8
14,0
30-44 ans
14,9
16,5
15-29 ans
13,4
14,7
0-14 ans
11,9
Pyramide des âges du département duNord en 2022 en pourcentage[58]
L'essor de la commune date du début du siècle, tout d'abord par la création d'une plage coquette et riante (avant-guerre), un peu à l'écart du bruit de la ville pour les vrais amoureux de la mer, avec des services de transports rapides, ce qui n'a pas empêché l'industrie d'y prendre une part importante par la suite.
Dans les années 1960, l'Usine de Dunes de Leffrinckoucke emploie 2 200 personnes et assure à elle seule 20 % environ du chiffre d'affaires de la Compagnie des ateliers et forges de la Loire (CAFL)[59].
Le développement de l'aciérie, tout comme celle toute proche deUsinor Dunkerque à partir de 1963, a fait passer la population de la commune de 463 habitants en 1960 à 3 000 en 1965, avec une zone de peuplement dotée en 1962 de toutes les caractéristiques des communes mono-industrielles : population jeune (46,4 % de moins de 20 ans), mais peu de services et commerces: aucun boucher, une boulangerie, une alimentation générale pour 418 personnes, aucun médecin, aucun cinéma[59].
Appartenant ensuite au groupeAscometal, filiale en 1999 du groupeLucchini acheté en 2005 par le groupe russeSeverstal, cette usine emploie en 2008 près de 1 000 employés. En 2018, le groupe suisse Schmolz et Bickenbach AG a repris l'usine[60].
Un marché se tient chaque vendredi matin sur la commune.
Le stade municipal Georges Dacosse est mis par la ville à la disposition de l'US Football de Leffrinckoucke
Saison 2008-2009, exploit « historique » : après 26 ans d'attente, une équipe de l'US Football de Leffrinckoucke a réussi à atteindre la Ligue Nord/Pas-De-Calais; il s'agit de l'équipe 15 ans Excellence 2008-2009.
Un circuit de randonnée pédestre de 6 km, le « Circuit de ladune Dewulf » sur Leffrinckoucke-Ghyvelde permet de découvrir ce patrimoine[65].
Le Fort des Dunes.Batterie sur la plage, démontrant le recul du trait de côte.
LeFort des Dunes : en 1874, le généralSéré de Rivières qui dirigeait les services du génie était maître d'œuvre de la construction de réseau de fortifications. Un seul fort terrestre de type « Séré de Rivières » fut construit sur le littoral : « le Fort des Dunes » qui devait devenir l'une des pièces maîtresses de la stratégie de défense du territoire et de l'agglomération dunkerquoise. On choisit le goulet deBray-Dunes formé du cordon dunaire et de polders primitifs, possédant un canal, deux routes et une voie ferrée venant de la frontière belge, pour édifier le fort. Le secteur dunaire permettait d'incorporer au paysage un ouvrage fortifié. De fait, le Mont de sable à la sortie de Leffrinckoucke abrite un fort de douze hectares, réalisé avec plus de 40 000 000 briques faites sur place.
Labatterie de Zuydcoote, ouvrage militaire construit en1879 sur la dune bordière à proximité du Fort des Dunes, chargé de protéger la passe maritime ditede Zuydcoote. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'occupant allemand renforce la position et l'intègre dans lemur de l'Atlantique. Un circuit pédestre de 2,5 km permet de la découvrir[66].
Les armes seblasonnaient desannées 1930 à1989 :L'usine d'argent à un ciel d'azur et d'or au lion léopardé de sable armé et lampassé de gueules à la bande de gueules brochant sur le tout de dextre à senestre.
↑La DREAL distingue, dans la régionNord-Pas-de-Calais, quatre grandes familles de paysages : ceux du Haut Pays, Bas Pays, Littoraux et d’interface. Ces grandes familles de paysages comprennent21 grands paysages régionaux.
↑Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de200 mètres entre deux constructions) et comptant au moins 2 000 habitants. Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.
↑Dans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l'agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Dunkerque comprend une ville-centre et sept communes de banlieue.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155).
↑Alphonse Wauters,Table chronologique des chartes et diplômes imprimés concernant l'histoire de la Belgique, 10 volumes en 11 tomes, Bruxelles, 1866 à 1904. Tome VII, 1ère partie, Année 1176.
↑Mémoire de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, 1862-1864, neuvième volume, p. 65,lire en ligne.
↑Louis de Baecker,Recherches historiques sur la ville de bergues(lire en ligne),p. 83.
↑JosephDeschuytter,L'esprit public et son évolution dans le Nord, de 1791 au lendemain de Thermidor an II (1), FeniXX réédition numérique,, 246 p.(ISBN978-2-307-02260-2,lire en ligne).
↑Annuaire statistique du département du Nord pour l'an XI de la République 1802-1803, p. 211,lire en ligne.
↑Journal de marche du commandement d'étapes d'Hondschoote, août 1915-septembre 1916, p. 687,lire en ligne.
↑Journal de marche du commandement d'étapes d'Hondschoote, janvier-avril 1917, p. 63,lire en ligne.
↑a etb"Travaux de la Commission de géographie industrielle", Journées géographiques de Caen (5-8 mars 1966) - dans laRevue de Géographie Alpine de 1966[1]