Tandis que sa famille est déportée aucamp d’extermination de Treblinka, dont elle ne reviendra pas, W. Szpilman parvient à s'échapper de justesse du ghetto et est caché par des résistants polonais qui lui apportent régulièrement de quoi survivre. Ensuite, la ville étant devenue une zone de combat, il doit quitter sa cachette et trouve quelque temps refuge dans un hôpital déserté, puis dans une maison en ruine, peu avant l'arrivée de l'Armée rouge. Souffrant de faim et de soif, vivotant comme un desRobinson Crusoé de Varsovie, W. Szpilman se cache ensuite des Allemands dans un petit grenier, mais finit par être découvert parWilm Hosenfeld, un officier allemand mélomane. Ce dernier, apprenant que W. Szpilman est pianiste, et convaincu de bientôt perdre la guerre puisque l'entrée des troupes soviétiques dans Varsovie semble inéluctable, va lui procurer chaque jour, secrètement, la nourriture nécessaire à sa survie.
À la fin des combats, W. Szpilman manque de peu d'être abattu par les insurgés polonais, parce qu'il porte, en raison du froid, le manteau d'officier allemand que lui a laissé son protecteur.
Après la guerre, W. Szpilman reprendra le cours normal de sa vie et son métier de pianiste après avoir cherché à retrouver, en vain, l'officier allemand dont il avait appris l'arrestation. On apprendra bien plus tard qu'il était mort en 1952 alors qu'il était interné dans un camp de prisonniers en URSS.Władysław Szpilman, lui est mort à Varsovie le[3], à l'âge de 88 ans.
L'histoire avait des liens profonds avec le réalisateurRoman Polanski, parce qu'il s'est échappé dughetto de Cracovie alors qu'il était enfant après la mort de sa mère. Il a fini par vivre dans la grange d'un agriculteur polonais jusqu'à la fin de la guerre. Son père a failli mourir dans les camps, mais ils se sont réunis après la fin de la Seconde Guerre mondiale.
À l'origine,Steven Spielberg, grand ami de Polanski, lui proposa de filmerLa Liste de Schindler, Polanski refuse, trouvant la blessure trop forte, près deCracovie où il vécut un traumatisme.
Il rencontraWładysław Szpilman et trouva que c'était la bonne occasion pour aborder cette période. Le récit autobiographique est publié vers lesannées 2000 alors que l'ouvrage est écrit en 1946. Le pianiste meurt en 2000, durant l'écriture du scénario[4].
Joseph Fiennes était le premier choix de Polanski pour le rôle principal, mais il l'a refusé en raison d'un engagement antérieur envers un rôle théâtral. Plus de 1 400 acteurs ont auditionné pour le rôle de Szpilman lors d'un appel de casting àLondres, mais Polanski n'était pas satisfait de tous ceux qui ont essayé. Finalement, Polanski a regardéHarrison's Flowers, puis Polanski a décidé d'offrir à Adrien Brody le rôle principal lors de leur première rencontre àParis.
Le tournage a commencé le 9 février 2001 auxstudios de Babelsberg àPotsdam, enAllemagne.Le ghetto de Varsovie et la ville environnante ont été recréés sur le backlot du studio de Babelsberg comme ils auraient été pendant la guerre. Les anciennes casernes de l'armée soviétique ont été utilisées pour créer la ville en ruine, car elles allaient être détruites de toute façon.
Les premières scènes du film ont été tournées dans l'ancienne caserne de l'armée. Peu de temps après, l'équipe de tournage a déménagé dans une villa à Potsdam, qui a servi de maison où Szpilman rencontreHosenfeld. Le 2 mars 2001, le tournage a ensuite été transféré dans un hôpital militaire soviétique abandonné àBeelitz, en Allemagne. Les scènes mettant en scène des soldats allemands détruisant un hôpital deVarsovie avec des lance-flammes y ont été filmées. Le 15 mars, le tournage a finalement été transféré aux studios Babelsberg. La première scène tournée en studio était la scène complexe et techniquement exigeante dans laquelle Szpilman est témoin du soulèvement du ghetto.
Le tournage s'est terminé le 26 mars et a déménagé à Varsovie le 29 mars. Le quartier délabré dePraga a été choisi pour le tournage en raison de son abondance de bâtiments d'origine. Le département artistique a construit ces bâtiments d'origine, recréant la Pologne de la Seconde Guerre mondiale avec des panneaux et des affiches de l'époque. D'autres tournages ont également eu lieu autour de Varsovie. La scène de l'Umschlagplatz où Szpilman, sa famille et des centaines d'autres Juifs attendent d'être emmenés dans les camps d'extermination a été filmée à l'Université de la Défense nationale de Varsovie.
Le Pianiste a été largement acclamé par la critique, la performance de Brody, le scénario de Harwood et la mise en scène de Polanski ayant reçu des éloges particuliers. Sur le site Web d'agrégation d'avisRotten Tomatoes, 95 % des 190 avis de critiques sont positifs, avec une note moyenne de 8,2/10. Le consensus du site Web se lit comme suit : "Bien joué et dramatiquement émouvant,Le Pianiste est le meilleur travail de Polanski depuis des années". SurMetacritic, le film a une note moyenne pondérée de 85 sur 100, basée sur 40 critiques, ce qui indique une "acclamation universelle".
EnFrance, sur le siteAllociné, la note moyenne du film pour les 23 critiques de presse française recensées est de 4,1 sur 5, et la note moyenne des critiques du public est de 4,4 sur 5.
Le film est un triomphe critique et commercial, le meilleur pour Polanski depuisTess. Aux Oscars, il obtient la première statuette de sa carrière. Elle lui est remise parHarrison Ford[5], au Festival du Film de Deauville en, puisque Polanski ne pouvait se rendre aux États-Unis[6],[7].Le Pianiste fait partie des deux seuls films avecAmour deMichael Haneke à avoir reçu à la fois la Palme d'or et le César du meilleur film[8].
La musique est dans ce film un élément central. Les pièces classiques interprétées sont presque toutes du compositeurFrédéric Chopin. En voici la liste (non exhaustive, sans ordre chronologique) :
Ballade nº 1 en sol mineur opus 23 (extrait). Cette pièce est jouée parWładysław Szpilman devant l'officier de laWehrmachtWilm Hosenfeld. Il est joué une courte version du morceau, qui dure environ 10 minutes dans sa version originale.
Concerto pour piano nº 1 en mi mineur opus 11 (extrait), joué dans le restaurant du ghetto. Le concerto est joué sur l'airUmówiłem się z nią na dziewiątą,un tango polonais composé en 1937 parHenryk Wars.
Nocturne nº 20 en ut dièse mineur, opus posthume, joué dans les studios, au début ainsi qu'à la fin du film.
Mazurka en la mineur op 17 numéro 4 (extrait). On peut entendre ce morceau joué par les voisins du pianiste lorsque celui-ci est caché dans un appartement de Varsovie.
Quelques autres pièces que l'on peut aussi entendre, de différents compositeurs :
Les morceaux au piano sont des enregistrements du pianiste polonaisJanusz Olejniczak (1952-2024).
On peut aussi entendre de la musique traditionnelle juive, dite « klezmer » et plus précisément le morceau le plus populaire de ce registreGasn Nign, qui est traditionnellement joué lors de mariages.
Une controverse existe, selon laquelle le jury des Césars a accordé sa récompense àWojciech Kilar, croyant que les œuvres de Chopin avaient été composés par lui, ou qu'il lui a accordé cette distinction voulant récompenser la totalité de la musique dont la plupart était en fait de ce célèbre compositeur.[réf. nécessaire]
Le Pianiste a été joué en pièce de théâtre pour la première fois au « Manchester International Festival » en 2007. Cette pièce de théâtre rappelle les expériences d'un musicien juif, sans nom, piégé à Varsovie pendant l'occupation nazie. Il commence la guerre en tant que membre d'une famille juive heureuse, vivant avec ses deux parents et ses deux sœurs ; à la fin, il perd toute sa famille, mais a été forcé à vivre comme un animal, enfermé dans le grenier d'une maison abandonnée.
La pièce est constituée de nombreuxmonologues (lus parPeter Guinness) intercalés avec des morceaux de Chopin au piano joués par le FrançaisMikhail Rudy. L'acteur (Peter Guinness) raconte la vie de Wladyslaw Spzilman en décrivant les horreurs de laSeconde Guerre mondiale dans les monologues[9].