Le film est une représentation originale et parfois idéalisée de la vie contemporaine àParis dans le quartier deMontmartre. Il s'agit d'un des plus gros succès commerciaux mondiaux pour un film français. Le film a été largement salué par la critique, avec des éloges pour la performance d'Audrey Tautou, la cinématographie, la conception de la production, la conception sonore, la bande originale, le montage et le scénario. Le film reçoit de très nombreuses récompenses, ainsi que de multiples nominations dont treize auxCésars et cinq auxOscars.
Elle grandit isolée des autres enfants car son père, docteur taciturne, lui diagnostique à tort une maladie cardiaque : son père ne la touchait jamais en dehors des examens médicaux, d'où l'emballement de son pouls lorsqu'il le mesurait. Sa mère, tout aussi névrosée que son père est inhibé, meurt alors qu'Amélie est encore jeune, heurtée accidentellement par une touristequébécoise qui avait résolu de se suicider en se jetant du haut de lacathédrale Notre-Dame de Paris. Son père se renferme alors davantage et dévoue sa vie à la construction maniaque d'un mausolée consacré à sa défunte épouse. Livrée à elle-même, Amélie développe une imagination étonnamment riche.
Devenue une jeune femme, Amélie est serveuse dans un petit café deMontmartre, leCafé des 2 Moulins, tenu par une ancienne artiste decirque, fréquenté par des employés et des clients hauts en couleur. À 23 ans, Amélie mène une vie simple ; ayant abandonné toute relation sentimentale après des tentatives ratées, elle prend goût à des plaisirs simples comme faire craquer lacrème brûlée avec unecuillère, faire des ricochets sur lecanal Saint-Martin, mettre sa main dans un sac de grains, essayer de deviner combien de couples parisiens ont unorgasme à chaque instant (« Quinze ! », chuchote-t-elle à la caméra) et laisse libre cours à son imagination.
Les souvenirs de Dominique Bretodeau que retrouve Amélie dans son appartement.
Sa vie bascule la nuit de la mort de laprincesse Diana, le. Dans un enchaînement de circonstances suivant le choc de l'annonce, elle découvre derrière uneplinthe descellée de sasalle de bain une vieille boîte métallique debergamotes de Nancy de la confiserieLefèvre Georges remplie de souvenirs cachés par un garçon qui vivait dans son appartement 40 ans avant elle. Fascinée par sa découverte, elle se met à la recherche de la personne maintenant adulte qui avait placé la boîte afin de la lui rendre, tout en établissant un marché avec elle-même : si elle le retrouve et le rend heureux, elle consacrera sa vie à aider les autres, sinon, tant pis.
Après quelques erreurs et un minutieux travail dedétective (aidée par le reclus Raymond Dufayel, un peintre surnommé l'« homme de verre » à cause d'uneostéogenèse imparfaite), elle met la main sur l'identité de l'ancien occupant des lieux, place la boîte dans unecabine téléphonique et fait sonner le téléphone pour attirer cet homme alors qu'il passe à proximité. Lorsqu'il ouvre la boîte, il subit une révélation. Tous ses souvenirs oubliés d'enfance lui reviennent soudain à la mémoire. Elle le suit de loin jusque dans un bar et l'observe sans se découvrir. En voyant les effets positifs sur lui, elle décide de répandre le bien dans la vie des autres. Amélie devient alors une sorte d'entremetteuse secrèteange gardienne. Elle persuade son père de réaliser son rêve de faire le tour du monde (avec l'aide d'unnain de jardin et d'une amiehôtesse de l'air). Elle met également son grain de sel dans la vie des gens qu'elle côtoie au travail, d'ailleurs elle s'arrange pour que deux d'entre eux tombent amoureux : Georgette, l'hypocondriaque, et Joseph, un homme particulièrement jaloux. Elle rédige aussi un faux courrier à l'intention de sa concierge terriblement dépressive depuis la mort de son mari, courrier prétendument écrit par le mari, et qui aurait été égaré il y a quarante ans par la Poste ; tandis qu'elle venge Lucien des vexations continuelles que lui fait subir son patron M. Collignon.
Mais alors qu'elle s'occupe des autres, personne ne s'occupe d'elle. En aidant les autres à obtenir leur bonheur, elle se met face à sa propre vie solitaire, s'identifiant àmère Teresa, et ses relations chaotiques avec Nino Quincampoix, qui était, enfant, le souffre-douleur de ses camarades d'école, et maintenant un jeune employé de sex-shop décalé qui collectionne lesphotos d'identité jetées sous les cabinesPhotomaton et dont elle est tombée amoureuse, ne sont pas pour arranger les choses. Bien qu'elle l'intrigue avec diverses méthodes détournées pour le séduire (dont notamment une sorte de chasse au trésor pour récupérer un de ses albums photos perdu), elle reste terriblement timide et se sent systématiquement incapable de l'approcher.
Elle reçoit finalement les conseils de Raymond au travers d’une cassette VHS pré enregistrée qui lui explique que « Voilà, ma petite Amélie. Vous n’avez pas des os de verre, vous pouvez vous cogner à la vie. Si vous laissez passer cette chance, c’est votre cœur qui deviendra aussi sec et cassant que mon squelette. Alors, allez-y, nom d’un chien ! »
Amelie comprend que son bonheur est auprès de Nino, sort en courant de son appartement pour aller le rejoindre et se retrouve nez-à-nez avec lui devant sa porte d’entrée. Après une hésitation, elle l’embrasse tendrement. Le jeune couple, timide et rêveur, déambule à vélo les rues de Montmartre.
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La bande originale du film est composée parYann Tiersen (à l'exception de deux titres,Guilty etSi tu n'étais pas là). La moitié des chansons n'ont pas été composées pour le film mais proviennent de ses albums précédents. L'album rencontre un grand succès, s'écoulant à plus d'un million d'exemplaires[14].
En France, la revue de presse d'Allociné, qui se base sur les critiques des principaux journaux et magazines français, attribue au film une note de 4,3/5[18].Le Journal du dimanche parle d'un« petit bijou » qui met« la tête et le cœur en joie »,Le Parisien estime que« le mot chef-d'œuvre reprend tout son sens »,Première« en redemande pour le plaisir des yeux, pour rêver qu'on va changer de vie »,Positif met en avant« une esthétisation du moindre plan et une composition minutieuse du décor »,Le Monde évoque une« débauche de moyens et de talents » qui aurait pu conduire à l'indigestion s'il n'y avait« un vrai mystère, un espace pour l'imagination et le rêve »[18].
Toutefois, certains critiques commeSerge Kaganski desInrockuptibles l'ont attaqué pour sa représentation irréaliste et pittoresque de la société française contemporaine dans un univers de carte postale d'une France d'autrefois avec très peu de minorités ethniques — ce qu'il considère être une forme delepénisme latent[19],[20]. Alors que Paris est une ville cosmopolite et que Montmartre, où se situe l'action, touche Barbès, quartier métissé (Barbès - Rochechouart), très peu d'immigrés sont visibles dans le film. Si le réalisateur a souhaité créer une vision idyllique d'un Paris parfait, il semble qu'il ait trouvé nécessaire de faire disparaître toute trace de personne de couleur pour y parvenir, a jugé ce critique.L'Humanité, de son côté, évoque« une bluette au style publicitaire »« dans un Montmartre de carte postale »[18].
D'autres, comme David Martin-Castelnau et Guillaume Bigot, ont estimé que ces critiques étaient injustifiées et qu'il s'agissait plutôt de la « bien-pensance libérale-libertaire » qui ne pouvait que rejeter la vision bienveillante et crédible des « petites gens ». Jean-Pierre Jeunet répondit à ces critiques en rappelant queJamel Debbouze qui joue le rôle de Lucien est d'originenord-africaine.
Jean-Pierre Jeunet raconte dans les commentaires DVD que l'idée de l'album photo (des photos d'identités jetées) lui vient de l'auteur françaisMichel Folco qui avait tenu un tel album[29],[30]. Le droit à la propriété intellectuelle en France a empêché Jeunet d'utiliser ledit album, ce qui l'a contraint à embaucher des figurants (et des personnes du tournage) pour être pris dans ces clichés[source secondaire souhaitée].
Le personnage d'Amélie Poulain est librement inspiré du personnage principal du court-métrageLucille et le Photomaton (1993) de Sébastien Nuzzo qui partage la même intrigue autour desphotomatons. Jean-Pierre Jeunet s'est aussi inspiré du court-métrageAgathe tricote (1998) de Catherine Lecoq pour l'intrigue du nain de jardin globe-trotteur[source secondaire souhaitée].
Jean-Pierre Jeunet avait à l'origine écrit le rôle d'Amélie pour l'actrice britanniqueEmily Watson[31], dont il avait adoré l'interprétation dansBreaking the Waves[32] ; dans le script original, le père d'Amélie est un Britannique vivant àLondres. Cependant, le français d'Emily Watson se révéla insuffisant pour le film et à cause d'un emploi du temps incompatible avec le tournage deGosford Park, Jeunet réécrivit le script pour une actrice française.
C'est en voyant l'affiche deVénus Beauté (Institut) que Jeunet eut envie de faire faire des essais àAudrey Tautou pour le rôle d'Amélie[32]. Jeunet assure avoir été convaincu« au bout de trois secondes »[32], tout en précisant :« j'adore ça quand, pendant le casting, on ressent ce frisson de l'évidence »[32].« J’ai alors commencé le casting en France. Emily est devenue Amélie.Vanessa Paradis a refusé le rôle. Puis, un jour, je suis passé devant l’affiche deVénus Beauté (Institut). J’ai découvert Audrey Tautou avec ses grands yeux sombres, un éclat d’innocence. C’était une évidence »[33].
Au départ, Jean-Pierre Jeunet avait pensé au comédienJacques Thébault, jadis voix française deSteve McQueen, pour faire le narrateur. Mais le timbre de ce dernier ayant trop vieilli avec les années, Jeunet porte finalement son choix surAndré Dussollier.
Le film ne fut pas sélectionné auFestival de Cannes. L'absence d'Amélie Poulain souleva une controverse à cause de l'accueil enthousiaste du public et des médias français en comparaison. Un précédent film de Jean-Pierre Jeunet,La Cité des enfants perdus, avait reçu un accueil plutôt mauvais à Cannes[34]. Gilles Jacob, le président du festival jugea le film« inintéressant »[35], bien qu'il n'eût vu qu'une version incomplète, notamment sans musique d'accompagnement.
Un autre film avec Audrey Tautou,Le Battement d'ailes du papillon de Laurent Firode, sorti l'année précédente, s'est vendu en Corée et en Russie sous le titre deAmélie 2. Le film n'ayant aucun rapport avec l'original, il s'agissait d'une simple stratégie marketing de la part des distributeurs locaux.
Devant la façade de lagare du Nord, le narrateurAndré Dussollier dit « Amélie arrive au photomaton de lagare de l’Est ». Le mot « NORD » sur la façade a été remplacé numériquement par le mot « EST ».
La mort accidentelle d'Amandine Poulain, mère d'Amélie, s'inspire d'un fait divers réel, mais où les rôles sont inversés. En effet, c'est une touriste canadienne qui a été tuée par une désespérée française dans des conditions similaires en 1983[36].
Le, Jean-Pierre Jeunet poste, sur sa chaine YouTube, le court-métrage « La véritable histoire d'Amélie Poulain ». Le film démontre qu'Amélie Poulain est un agent duKGB[source secondaire souhaitée].
Les chaises duCafé des 2 Moulins ont régulièrement été volées à la suite de la sortie du film[37].
Extraits vidéo et citations artistiques utilisés dans le film
Les images des funérailles d'Amélie Poulain, bienfaitrice des pauvres, sont en fait des images de l'enterrement deSarah Bernhardt, dont on reconnait la tombe auPère-Lachaise.
La scène du baiser pendant laquelle se trouve un insecte, apparemment non remarqué des créateurs du film, rampant le long de l'écran derrière les deux amoureux et semblant entrer dans la bouche de la femme. Ce passage est détaillé par la voix off et un cercle met en évidence l'insecte durant son déplacement.
Le père de l'épicier Romain Colignon poinçonne les lauriers de sa femme la nuit dans le jardin et dit qu'il préfèrerait poinçonner les lilas, en référence à la chansonLe Poinçonneur des Lilas deSerge Gainsbourg.
La référence aux « jours d’orange », leitmotiv des lettres d’amour d’Adrien, mari de la concierge d’Amélie Poulain, est tirée du poème militant anti-fasciste écrit par Louis Aragon,Un jour viendra, chanté parJean Ferrat dans son disqueUn jour, un jour : Jean Ferrat chante Aragon.
AuQuébec, en2002 -2003, les restaurantsMcDonald's ont utilisé, pour accroître la vente de leurs nouvelles languettes de poulet, le slogan :« Le délicieux festin d'Émilie Poulet » sur des panneaux publicitaires. Les ayants droit du film ont réclamé 200 000 $ dedommages et intérêts pour cette allusion non autorisée au titre du film[41].
Une série despots télévisés pourGroupama (compagnie d'assurances et services financiers) met en scène une jeune femme brune prénomméeCerise. Le style de ces publicités (réalisées par Sébastien Drhey) est une référence visiblement au film[42].
Dans le romanMonsieur Quincampoix de Fred Bocquet (2006), le narrateur est unbouledogue français que sa maîtresse a appelé Quincampoix à cause du film. Il a une écuelle à son nom décorée de flèches bleues, allusion à une réplique du film, lorsque Amélie Poulain dit au téléphone à Nino Quincampoix : « Suivez les flèches bleues, Monsieur Quincampoix »[44].
En2007, le groupe françaisLes Fatals Picards a composé une chanson intituléeMoi je vis chez Amélie Poulain dans son albumPamplemousse mécanique,chanson parodiant avec humour le monde trop parfait et trop gentil (donc ennuyeux) du film. Ils évoquent néanmoins la controverse concernant l'absence des « minorités » dans le film :« Enfin marron, façon de parler parce que si on fait un peu attention / On voit bien que les couleurs foncées, y en a pas des masses dans les environs ».[source secondaire souhaitée]
En2007, à latélévision aux États-Unis,Bryan Fuller s'inspire de ce film, qui est son préféré, pour écrire la sériePushing Daisies ; le président de la chaîneABC, Stephen McPherson, qui avait également beaucoup aimé le film, cherchait justement un contenu qui en reprendrait l'esprit[45].
En 2007, deux chercheurs ayant découvert enÉquateur une nouvelle espèce degrenouilles qu'ils placent dans legenreCochranella, la baptisentCochranella amelie en l'honneur d'« Amélie, la protagoniste de l'extraordinaire filmLe Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, un film dans lequel les petits détails jouent un rôle important pour parvenir à la joie de vivre, comme le rôle important que les grenouillesCentrolenidae et tous les amphibiens et reptiles jouent dans la santé de notre planète », d'après l'article qu'ils font publier dans larevue scientifiqueZootaxa pour faire part de leur découverte[46]. Cette espèce est maintenant placée dans le genreTeratohyla et est nomméeTeratohyla amelie.
En 2018, l'épisodeMaman travaille de la série animéeLes Simpson s'inspire du film[source secondaire souhaitée] : Lisa tente, après avoir vu le film, d'aider les habitants de Springfield sans qu'ils ne s'en doutent, sa quête suit le même chemin qu'Amélie, avec le même type de voix off.
↑RéjeanBourdeau, « Le détenteur des droits d'Amélie Poulain réclame une part du fabuleux festin »,La Presse,, E1, reproduit dans l'entrée « Poulain, Amélie » d'une« liste d'aptonymes »(version du surInternet Archive), sur le site du Centre canadien des aptonymes.
« The specific name—a noun in apposition—of this new species of Glassfrog is for Amelie, protagonist of the extraordinary movie “Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain”; a movie where little details play an important role in the achievement ofjoie de vivre; like the important role that Glassfrogs and all amphibians and reptiles play in the health of our planet. »
L'année indiquée est celle de la cérémonie.De 1949 à 1956, l'Oscar est un prix d'honneur, sans propositions ou nominations de films. Les films sont ceux qui sont proposés à la nomination par la France ; tous ne figurent pas dans la liste finale des films nommés.