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| Laurence Parisot | |
Laurence Parisot en mars 2017 à Nantes. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Présidente duMedef | |
| – (7 ans, 11 mois et 28 jours) | |
| Élection | |
| Réélection | |
| Prédécesseur | Ernest-Antoine Seillière |
| Successeur | Pierre Gattaz |
| Biographie | |
| Date de naissance | (66 ans) |
| Lieu de naissance | Luxeuil-les-Bains,Haute-Saône (France) |
| Nationalité | Française |
| Diplômée de | IEP de Paris Nancy II |
| Profession | Chef d'entreprise |
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Laurence Parisot, née le àLuxeuil-les-Bains (Haute-Saône), est unedirigeante d'entreprisefrançaise.
Présidente-directrice générale de l'institut de sondageIFOP, entre 1990 et 2007, dont elle restera vice-présidente et actionnaire majoritaire jusqu'en 2016, elle devient en 2005 présidente duMouvement des entreprises de France (Medef), principaleorganisation patronale française. Après un premier mandat de cinq ans, elle est réélue à ce poste en et quitte ses fonctions à la fin de ce second mandat, en 2013. Elle est vice-présidente deLa Fondation droit animal, éthique et sciences de 2020 à 2025 et succède àLouis Schweitzer à la présidence de la Fondation en juin 2025.
Laurence Parisot naît dans une famille aisée. Son grand-père,Jacques Parisot, est fondateur de société et diplômé de l'école Boulle[1]. Son père a dirigé, à la suite de son propre père, ce qui devient en 2002 legroupe Parisot, entreprise de meubles, société non cotée enBourse, implantée àSaint-Loup-sur-Semouse et àCorbenay (Haute-Saône), àMattaincourt (Vosges)[2], ainsi qu'enRoumanie[3]. Ses parents figuraient parmi lesdeux cents familles les plus riches de France[4].
Laurence Parisot suit ses études à l'Institut d'études politiques de Paris, dont elle est diplômée (section Politique économique et sociale) en 1981[5]. Elle obtient l’année suivante unDEA d'études politiques ainsi qu'unemaîtrise de droit public à l’université de Nancy II[6].
Collaboratrice d’Alain Lancelot, président duCEVIPOF (Centre d'études de la vie politique française) de 1983 à 1985[7], elle entre en 1985 à l'institut de sondagesLouis-Harris. L'année suivante, elle en devient directrice générale[8].
En1990, elle prend la direction de l'institut desondagesIFOP, dont elle détiendra également 75 % du capital[9],[10]. En 2007, elle laisse la direction pour la vice-présidence, qu'elle conservera jusqu'ennovembre 2016, date à laquelle elle se désengagera définitivement de l'institut et revendra ses parts à lafamille Dentressangle.
Jusqu'en 2006, Laurence Parisot a également dirigé la société d'ameublement Optimum[11] qu'elle a cédée aufonds de pension luxembourgeois GMS[12].
Elle est membre du clubLe Siècle ainsi que dugroupe Bilderberg[13]. Selon plusieurs sites appartenant au courantaltermondialiste, Laurence Parisot aurait été invitée aux réunions dugroupe Bilderberg, à Istanbul, les –, à Washington, le et en Grèce en 2009[14],[15].
En2002, elle entre au conseil exécutif duMEDEF[16].

À la fin de la présidence d'Ernest-Antoine Seillière, Laurence Parisot est donnée favorite pour sa succession[17] : elle reçoit le soutien de plusieurs fédérations professionnelles duMedef comme la banque, les assurances, la santé et le bâtiment, ainsi que celui d'Ernest-Antoine Seillière[18].
Opposée àYvon Jacob, Hugues-Arnaud Mayer etFrancis Mer[19], elle est élue le dès le premier tour de scrutin à la majorité absolue avec 271 voix, lors de l'assemblée générale extraordinaire du MEDEF, devançant ainsi Jacob (150 voix) et Mayer (85 voix)[20]
Après quelques déclarationsiconoclastes (« Laliberté depenser s'arrête là où commence lecode du travail »[21] ou « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »[22],[23],[24]), elle a voulu apaiser le débat en déclarant vouloir prouver que « libéral ne veut pas dire antisocial ». Elle a également déclaré qu'elle voulait que sa présidence soit sous le signe de lalutte contre le chômage et placer « l'entreprise au cœur de la société française »[25] pour en faire « le moteur de l'ascension sociale »[26].
Depuis son accession à la tête du mouvement patronal, Laurence Parisot s'est ainsi prononcée pour une « modernisation » du code du travail[27] et l'abandon de la durée légale du temps de travail[28]. Elle est également régulièrement intervenue sur la question de la fiscalité des entreprises[29] et sur la réforme du système de retraites, soutenant la mise en place de laretraite par capitalisation[30]. Aspirant à moderniser l’image du MEDEF, elle mène la campagne[31] affirmant une volonté de favoriser la diversité en entreprise et de renforcer les liens entre patronat et société civile[32].


Seule candidate à sa succession, Laurence Parisot est réélue par l'Assemblée générale du Medef pour un mandat de trois ans, avec 93,85 % des voix[33]. Lors de son intronisation, la présidente du Medef met l'accent sur la « compétitivité équitable »[34] et souligne la nécessité de réduire les déficits et développer l'entreprenariat en France[33].
À l’hiver 2012-2013, elle participe aux négociations avec les syndicats de salariés, qui aboutissent à un accord début 2013, portant notamment sur davantage deflexibilité du travail pour les chefs d’entreprise et unecouverture sociale étendue pour les salariés[35].
En, elle se porte candidate à un troisième mandat, bien que les statuts du Medef ne le permettent pas[36] : elle demande pour cela la saisine du comité statutaire du syndicat patronal pour étudier une réforme de ces statuts visant à harmoniser la durée des mandats à la tête de l'organisation, deux mandats étant actuellement possibles (le premier de cinq ans, le second de trois) ; elle souhaite ainsi établir deux mandats de cinq ans, ce qui prolongerait alors, si cela devait se faire, le sien jusqu’en2015[37].
Le, le Medef rejette à une voix près la proposition de changement des statuts[38].Pierre Gattaz lui succède le suivant. Lors du dernier congrès du Medef, Pierre Gattaz célèbre les« années magnifiques » de son mandat. Est notamment porté à son crédit son rôle pendant lacrise économique mondiale, le dialogue social qu'elle a introduit dans l'organisation patronale, et ses idées devenues lois, comme la rupture conventionnelle ou la représentativité syndicale afin de rendre plus légitimes les représentants des salariés. Elle a aussi été la première à évoquer un report de l'âge de départ à la retraite pour réduire les déficits, a défendu la compétitivité des entreprises et a mis au point le nouveau codeAfep-Medef sur la rémunération des patrons. En sus de critiques misogynes auxquelles elle a dit avoir dû faire face dans un monde entrepreneurial essentiellement masculin[39], il lui est toutefois reproché son« exercice solitaire du pouvoir » et« son inclination pour les sujets sociétaux (parité, diversité) » ; sa tentative de modifier les statuts à la veille du scrutin a également été critiquée[40].
Début 2014, Laurence Parisot soutient lescentristes auxélections européennes, lors d'un meeting àSaint-Denis (Seine-Saint-Denis). Elle déclare : « Sortir de l'euro serait une sortie de route mortelle »[41].
En 2016, elle salue le travail deFrançois Hollande dont elle estime qu'il a développé une approche « efficace » pour le pays[42].
Le, selon l'hebdomadaireMarianne, Laurence Parisot se disait prête à occuper le poste dePremier ministre en cas de victoire d'Emmanuel Macron à l'issue du second tour de l'élection présidentielle. En 2006, Emmanuel Macron avait déjà été approché par Laurence Parisot qui souhaitait en faire le directeur général du Medef[43]. Mais elle dément ces informations[44]. À la suite de cette déclaration,Richard Ferrand, secrétaire général d'En marche, affirme : « Nous menons campagne pour rassembler et servir la France, d'autres rêvent à leur carrière. Dérisoire, inconvenant et vaniteux »[44].
En 2022, Laurence Parisot défend la sauvegarde d'arbres qui devaient être abattus au pied de latour Eiffel. Elle réussit à rassembler plus de 90 000 signatures contre ce projet[45]
En 2017, elle demande publiquement auministre de la transition écologique et solidaire de mettre fin à lachasse à courre[46].
En 2018, au cours d'un débat à laSorbonne, elle assimile l'exploitation animale et en particulier l'élevage à de l'esclavagisme. Elle se dit ne pas être totalementvégane, mais le devenir tous les jours un peu plus et se demande si l'humanité ne devrait pas aller vers une nourriture purement végane. Elle salue l'associationL214 qui a fait connaître la réalité du traitement infligé aux animaux dans des laboratoires et des abattoirs en France et souhaite que lesentreprises agroalimentaires fassent évoluer leurs modes de production, qu'elle juge aujourd'hui inacceptables[47].
En 2019, elle rejoint le conseil d'administration deLa Fondation droit animal, éthique et sciences (LFDA), dont elle salue la « démarche rigoureuse[48] », basée sur la science et le droit. D'abord désignée secrétaire générale, elle est élue vice-présidente en 2020 et participe notamment à la modération des colloques de LFDA. En 2025, elle accède à la tête de la LFDA[49],[50].
Depuis 2006, Laurence Parisot est membre du conseil d'administration deBNP Paribas[51] et de celui de laCOFACE[52].
Depuis 2014, elle est membre du conseil d'administration d'EDF[53].
Elle appartenait également au conseil de surveillance deMichelin[54]. Elle a été remplacée par Monique Leroux en[55].
Elle est également membre duconseil économique, social et environnemental, où son absentéisme a été remarqué et dont elle a même failli être radiée[56].
Le, elle devient présidente de la banque américaineCiti en France[57].
Dans le cadre de l'affaire de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) fin2007, Laurence Parisot porte plainte le pourdiffamation contreDaniel Dewavrin etDenis Gautier-Sauvagnac, dirigeants de l'UIMM[60]. Cette plainte s'inscrirait dans le cadre d'une lutte d'influence pour la direction dusyndicalisme patronal, entre les leaders historiques que sont les représentants des entreprises industrielles et ceux issus d'entreprises du secteur tertiaire[réf. nécessaire]. En, la cour d'appel de Paris déboute Laurence Parisot de sa plainte[61] retenant la « bonne foi » de Daniel Dewavrin et jugeant les faits insuffisants à prouver le grief[61].
Dans son livreAllez-y, on vous couvre ! Un barbouze au service de l'État (2008,Éditions du Panama), Patrick Baptendier affirme qu'à l'époque où Laurence Parisot dirigeait l'entreprise Optimum, elle aurait mandaté le cabinet anglo-saxon d'intelligence économiqueKroll pour surveiller les abords de la société et enquêter sur le passé de certains salariés[62]. Si Laurence Parisot confirme avoir mandaté ce cabinet pour éclaircir des affaires de vols jamais élucidés, elle conteste, de même que le cabinet, toute enquête sur la vie privée des salariés[63].
Dans le cadre de la campagne présidentielle de 2007, Laurence Parisot a rédigé un ouvrage de propositions économiques et sociales, intituléBesoin d'Air, publié aux éditions du Seuil et destiné à alimenter la réflexion des candidats[64].
En, elle publie chez Calmann-LevyUn piège bleu Marine, livre qu'elle cosigne avec Rose Lapresle[65] et dans lequel elle critique le programme économique duFront national[66].Marine Le Pen, après lui avoir proposé plusieurs débats publics refusés par Laurence Parisot, dans une lettre destinée aux 45 membres du comité exécutif du Medef, se déclare indignée par les propos de celle-ci, argumentant que cette prise de position politique serait contradictoire avec les principes du Medef, notamment le refus d'ingérence dans le débat électoral[67].
En juin 2007, elle préface le livre de Paule Boffa-CombyPromouvoir les talents.
En, elle a fait l'objet d'une biographie,Laurence Parisot, une femme en guerre, parue auxÉditions de l'Archipel, sous la plume de la journaliste Fanny Guinochet[68].
Laurence Parisot est le sujet de planches dessinées, sous la plume d'Isa, publiées dans la revueFluide glacial, dont notammentLa Vie sentimentale de Laurence P., qui fait l'objet d'un album[69],[70].
Collectionneuse de tableaux, Laurence Parisot est passionnée par l'artsurréaliste[71]. En 2008, elle a ainsi acheté à l'artiste QUIK, spécialisé dans l'art du graffiti, une toile qui trône au-dessus de son bureau[72].
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