Régions d'origine des colons de la Grande-Bretagne auVe siècle.Aire de répartition actuelle des langues anglo-frisonnes en Europe. Les zones hachurées sont les zones debilinguisme.
Les peuples parlant les dialectes frisons et anglo-saxons habitaient des régions voisines ; les confins de leurs territoires finirent par former uncarrefour linguistique, ce qui explique les traits communs à ces deux sous-groupes germaniques[4]. Mais malgré leur communauté d'origine, l'anglais et les langues frisonnes ont beaucoup divergé, d'une part à cause du poids duvieux-norrois et dufrançais sur l’anglais, et d'autre part à cause de l'influence considérable dunéerlandais et dubas-allemand sur les langues frisonnes. C'est pourquoi elles sont beaucoup plus proche aujourd'hui dunéerlandais et des dialectesbas allemands géographiquement voisins, que de l'anglais ; il s'inscrit ainsi dans lecontinuum linguistique des langues germaniques continentales, alors que le lexique de l’anglais est imprégné d’empruntsscandinaves et latins.
Il ne s'agissait pas, dans l'esprit des chercheurs, d'uneproto-langue monolithique, mais plutôt d'un groupe de dialectes étroitement apparentés ayant évolué de façon à peu près uniforme[7]. Le promoteur de ce regroupement est le linguiste et philologue allemandFriedrich Maurer(en) (1898–1984) qui, dansNordgermanen und Alemannen (1942), propose cette alternative à lagénéalogie stricte qui prévalait depuis leXIXe siècle sous l'impulsion d'August Schleicher, et qui postulait l’existence d’un « groupe anglo-frison[8]. »
↑Le linguiste allemand Friedrich Maurer rejetait l'anglo-frison comme une catégorisation désuète des langues germaniques. Il proposait de lui substituer le concept d'ingvaeonique, ancêtre hypothétique commun auvieux frison, auvieil anglais et au vieux saxon.
↑L'adjectif épithète (précédant un nom) prend la désinenceae/eː/,/jeː/ : cf. à ce proposWilliam Grant etJames Main Dixon,Manual of Modern Scots, Cambridge University Press,,p. 105.