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Languedoc

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Pour les articles homonymes, voirLanguedoc (homonymie).

Page d’aide sur l’homonymie

Pour l’article ayant un titre homophone, voirLangue d'oc.

1271 – 1790

DrapeauBlason
Description de cette image, également commentée ci-après
Gouvernement militaire du Languedoc dans leroyaume de France en 1789.
Informations générales
StatutProvince (gouvernement etintendance) duroyaume de France :pays d'états, detaille réelle, depetite gabelle et, en matière detraites, réputé étranger.
CapitaleToulouse
Montpellier
Langue(s)occitan (languedocien,auvergnat,vivaro-alpin,gascon,provençal)
français
Religioncatholicisme, minoritéprotestante

Démographie
GentiléLanguedociens
Gouverneur du Languedoc
(1er)1352JeanIer d'Armagnac
(Der)1775-1788Louis Antoine de Gontaut-Biron

Intendant du Languedoc
1786-1790Charles Bernard de Ballainvilliers

Président-né desétats de Languedoc,
en qualité d'archevêque de Narbonne
1762-1790Arthur Richard Dillon

Entités précédentes :

Entités suivantes :

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LeLanguedoc (prononcé[lɑ̃.g(ə.)dɔk]) est un territoire duSud de la France traditionnellement divisé en Haut-Languedoc, approximativement compris dans l’ancienne régionMidi-Pyrénées, Bas-Languedoc, approximativement compris dans l’ancienne régionLanguedoc-Roussillon, et Cévennes, correspondant aux départements de l'Ardèche, de laLozère et en partie de laHaute-Loire.

Le nom de Languedoc provient du nom de la langue parlée auMoyen Âge dans le sud de la France, la langue d'oc, glottonyme qui a ensuite été traduit en latinLinguæ Occitanæ[1], littéralement « langue occitane ». Le Languedoc fait partie de l’Occitanie culturelle, vaste espace géographique delangue d'oc. Ses habitants sont lesLanguedociens, son dialecte s'appellele languedocien.

Le territoire du Languedoc est rattaché audomaine royal auXIIIe siècle à la suite de lacroisade contre les albigeois mettant fin aucatharisme puis aucomté de Toulouse.

Capitales

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1650 - Toulouse, ville capitale du Languedoc, archevesché, parlement et université.

En tant qu'ancienne capitale ducomté de Toulouse et siège d'unparlement qui avait compétence sur les pays de langue d'oc, Toulouse fut souvent considérée comme la « capitale » du Languedoc. Sur les cartes (à la fois anciennes et modernes) montrant les provinces de la France en 1789, elle est toujours marquée comme telle. Cependant le partage complexe des administrations et des juridictions a permis à Montpellier de revendiquer également cette distinction. AuXVIIIe siècle la monarchie a clairement favorisé Montpellier, une ville alors plus petite et avec moins de légitimité historique que Toulouse, mais également avec moins d'autorités locales autonomes tels que leParlement et lecapitoulat susceptibles de contrarier le pouvoir royal.

Étymologie

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Testament de Lancelot d'Orgemont, 1286. Premier président du Parlement deLangue de Oc, il déclare faire son testament selon la coutume de l'Occitanie,mores patriæ occitanæ.L'installation d'un véritable Parlement à Toulouse en1273 présidé par un certain Lancelot d'Orgemont est contestée[2]. L'original du document présenté ici pourrait dater duXVe siècle.

Le territoire s'est d'abord nomméLangue d'oc, nom féminin en français etlingua occitana, en latin (le mot languedoc est ensuite devenu masculin). Ce nom n'apparaît pas dans les sources avant la dernière décennie duXIIIe siècle et ne devient d'usage courant qu'à la fin duXIVe siècle[3].

Il tient son nom de la langue occitane, oùoc signifieoui.

Histoire

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Le Languedoc correspond en grande partie à la région originelle des peuplesceltiques appelésVolques. Ce territoire devient laNarbonnaise première à la suite de la conquêteromaine puis, plus tard, laSeptimanie. LesWisigoths, qui s'y installent auVe siècle à la suite dufœduspassé avec Rome, lui donnent le nom deprovincia Galliæ ouGallia. LesFrancs, quant à eux, nomment ce territoireGothie. AuVIIIe siècle lesSarrasins l'occupent un temps, mais ils en sont chassés parCharles Martel,Pépin le Bref etCharlemagne. Le Languedoc forme dès lors, sous la domination des Francs, le marquisat de Gothie qui devient bientôt indépendant ; il se confond auXe siècle avec lecomté de Toulouse. À la suite de lacroisade contre les albigeois,Amaury VI de Montfort, à qui le comté avait été dévolu, le cède auroi de FranceLouis VIII, et cette cession est confirmée en1229 par untraité entreRaymond VII de Toulouse etSaint Louis (Louis IX de France).

«Septimanieou Gothie et Occitanie aujourd'huyLANGUEDOC» à l'époque mérovingienne. Description de l'Univers d'Allain Manesson-Mallet, 1683.

Préhistoire et Antiquité

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Au cours de laPréhistoire, seules les Causses au nord du Languedoc ont été peuplés et exploités, la plaine du Languedoc étant un lieu de paludisme. AuNéolithique, on trouve dans ces montagnescévenoles une population de bergers qui, auChalcolithique, ont laissé leurs traces sous forme de stèles sculptées représentant des guerriers portant un couteau triangulaire.

Vestiges de l'oppidum d'Ensérune.

À l'âge du fer, la région est occupée par des populations ibériques qui fondent l'oppidum d'Ensérune et mettent en valeur la région avoisinante. Vers la fin duIIIe siècle av. J.-C. un rassemblement migratoire celtique, lesVolques, impose sa colonisation dans les territoires contigus à l'est et à l'ouest de cette première colonie ibérique. Ils fondent pour capitales, à l'ouestToulouse et à l'estNîmes (Volques Tectosages,Volques Arécomiques vers leGard). L'on assiste à une première structuration du territoire.

Les arméescarthaginoises, parties à la conquête de l'Italie, traversent la région qui est alors sous la domination d'un princearverne, lequel leur donne des guides pour traverser lesAlpes au nord de la province, entre Rhône et Alpes, déjà occupée par le RomainCnaeus Domitius Ahenobarbus (finIIe siècle av. J.-C.). L'invasion volque avait donc inscrit complètement la région dans la civilisation celtique.

Les marinsgrecs avaient fondé une colonie àAgde et leurs légendes assimilaient la région auxChamps Élysées, oùHéraclès, parti à la conquête des pommes d'or dujardin des Hespérides, avait rencontré et épousé la nympheGalatée, d'où les habitants, Galates ou Gaulois, tireraient leur nom (on retrouve le nom d'Élysées dans la cité voisine d'Elusa en Aquitaine).

Ils pactisèrent avec les Romains dès leIIe siècle av. J.-C. alors que la région est parcourue par les légions romaines. Ensérune est abandonnée comme capitale militaire pour une ville nouvelle,Narbonne, créée pour pacifier la province et qui, un siècle plus tard, devient à son tour la capitale de laNarbonnaise. L'axe routier est-ouest existant est pavé et relié au réseau romain : c'est lavia Domitia, reliant Rome à l'une des principales villes d'Espagne :Tarragone.

AuIVe siècle, la région est christianisée parsaint Sernin.

Le royaume wisigothique

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Manuscrit duBréviaire d'Alaric conservé à laBibliothèque du Patrimoine de Clermont Auvergne Métropole àClermont-Ferrand (Auvergne, France),Xe siècle.

Au début duVe siècle, le Languedoc subit les invasionsvandales. Quelques années plus tard, lesWisigoths devinrent maîtres de la région, après que les Romains leur eurent donné l'Aquitaine et la Narbonnaise au titre de confédérés. Leroyaume wisigoth occupa bientôt le tiers sud de la Gaule, puis l'Espagne.Toulouse joue le rôle de capitale et vit un petit siècle d'or auVe siècle, avant que l'aristocratie wisigothe ne se replie surTolède. De cette période, seuls subsistent le mythe de laReine Pédauque, l'église de la Daurade et le palais des rois wisigoths.

Contrairement à d'autres envahisseurs, les Wisigoths ne firent pas table rase des institutions et entretinrent la continuité dudroit romain, synthétisant undroit romano-germanique (Bréviaire d'Alaric). La persistance du droit romain positif permettra la continuité d'un haut degré de civilisation. Le Languedoc bénéficiera ainsi d'un droit féodal atténué qui permettra l'émergence d'une bourgeoisie de Cité. Le ToulousainCujas enseignera auXVIe siècle avec éloquence ce vieux fil de droit romain.

Formation du Languedoc

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Les Wisigoths sontariens, comme la plupart des peuples de l'Empire romain à cette époque. Les relations deClovis avec la papauté trinitaire fournissent des arguments aux Francs pour prétendre annexer la région auVIe siècle. S'ensuit une longue période trouble où la région est dispersée. LaSeptimanie, les alentours de Narbonne, reste sous domination wisigothe et a des relations paisibles avec les musulmans. Ces derniers finissent par conquérir une partie de la région en 719, ce qui donne son prétexte à l'expédition punitive deCharles Martel en 737, qui ravage la Septimanie et laProvence (batailles d'Avignon dela Berre, deNîmes etsiège de Narbonne).

Charlemagne lègueToulouse à l'un de ses fils, Louis, sous le titre deroyaume d'Aquitaine en 778, avec tout le Sud, duRhône à l'océan Atlantique, en vue de fédérer la reconquête hispanique. L'administration de cet immense territoire est confiée auxcomtes de Toulouse.

La dynastie des comtes de Toulouse, ducs de Narbonne n'aura de cesse de repousser lesMaures et de reconquérir les territoires perdus pour reconstituer la Narbonnaise. De cette compétition féodale naîtra le Languedoc, de laGaronne auRhône, de Toulouse àSaint-Gilles.

Raimond IV, ditRaimond de Saint Gilles (1042-1115) augmente sa principauté, par mariage et par héritage, du comté deRouergue, deNîmes, deNarbonne, duGévaudan, d'Agde, deBéziers et d'Uzès. Il est l'un des principaux acteurs de la première croisade en prenant part à laprise de Jérusalem (1099), et il fonde lecomté de Tripoli (Liban) en 1102. De ce contact avec l'Orient naîtra une véritable civilisation dite aujourd'hui« occitane », destroubadours, de l'amour courtois.

Mais ses fils et successeurs ne parviennent pas à maintenir leur autorité dans le Languedoc et, s'ils restent suzerains, l'autorité revient à différents nobles :

Quatre de ces vicomtés (Agde, Béziers, Carcassonne et Nîmes) sont tenus par lamaison Trencavel, qui possède en outre lavicomté d'Albi. Petit à petit, le sud de la région passe sous la suzeraineté ducomte de Barcelone, égalementroi d'Aragon, qui devient par mariagecomte de Gévaudan et seigneur de Montpellier.

Hérésie cathare et annexion au domaine royal

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Comtés du Languedoc en 1209, avant le début de la croisade des barons.

Ce foisonnement va laisser apparaître et prospérer ledualisme de l'hérésiecathare, réprimée à partir duXIIe siècle par l'Église catholique. L'ordre mendiant desfrères prêcheurs est créé à Toulouse parsaint Dominique pour donner un nouvel élan à la vraie foi, face à l'hérésie. Pour témoigner de cette renaissance, les reliques desaint Thomas d’Aquin sont exposées à Toulouse en l’église des Jacobins, magnifique témoignage d'architecture gothique languedocienne. Lacroisade prêchée par le papeInnocent III pour lutter contre l'hérésie donne au roi de France l'opportunité d'annexer les régions méridionales :

  • Bataille de Muret (12 septembre 1213) ;
  • Toulouse est assiégé par Simon de Montfort et prise en 1215 ;
  • Le dernier foyer cathare,Montségur, tombe en 1244.

En 1229,Alphonse de Poitiers, fils deLouisVIII de France et frère deLouisIX de France, hérite du comté de Toulouse en se mariant avecJeanne, la fille du comte de ToulouseRaymondVII. À la mort de Jeanne, sans enfants, la région est administrée pour le compte du roi de France en trois sénéchaussées :Toulouse,Carcassonne etBeaucaire. Plus tard, le Languedoc est administré en deux généralités :Montpellier etToulouse. L'intendant siégeait àMontpellier et le Parlement àToulouse. En 1271, le comté deToulouse est finalement réuni au domaine royal, parPhilippe le Hardi[4].

De là naît leLanguedoc royal qui persiste jusqu'à laRévolution française (1789). Il conserve ses coutumes, sa langue et une administration spécifique. Ce Languedoc historique correspond à l'ancien comté de Toulouse et incorpore leVivarais, leVelay, leGévaudan.

La fin de la croisade et l'annexion au domaine royal ne mettent pas fin aux "petites guerres" qui sévissent de façon endémique : on en compte peut-être une vingtaine en Languedoc et Auvergne entre 1250 et 1270, certaines liées à la rivalité entre les rois de France et d'Aragon, d'autres relevant de lafaide (vendetta) entre maisons seigneuriales ; des petits bourgs commeGaja-la-Selve etMirepoix, des seigneuries ecclésiastiques comme l'abbaye de Lézat oucelle de Gaillac peuvent figurer parmi les belligérants[5].

Ordonnance du roi de France,PhilippeV le Long, sur la fabrication et l’exportation des draps et tissus en Languedoc,.Archives nationales de France.

Le Languedoc, une des premières grandes provinces rattachées à la couronne, perd son autonomie immédiate, tout en voyant naître quelques décennies plus tard, en 1346, un organe politique d'importance dans la vie de la province, qui jouera un rôle notable dans la relation qu'entretiendra le Languedoc, en tant quepays d'états, avec le roi et le pouvoir central : lesétats de Languedoc [dont il est possible de visualiser la gravure d'une séance solennelle en note[6]]. La province de Languedoc va influencer profondément par sa culture latine, directement issue de salangue d'Oc, une France royale encore marquée par son héritage culturel germanique.

La province a été garante de la cohésion du territoire royal, dans les périodes les plus troubles comme laguerre de Cent Ans où elle repousse la domination anglaise en Aquitaine, comme devant les pressions duSaint-Empire romain germanique, sur les rives du Rhône, qu'elle contient.

Le territoire sous contrôle desétats de Languedoc s'est ensuite progressivement réduit à l'ancienne province du Languedoc. L'an marque un« tournant décisif »[7] dans l'histoire de la province : comme Henri Gilles l'a établi[8] en dans[9] sa monographie surles États de Languedoc auXVe siècle[10], c'est en 1359 que lesbonnes villes[11] des troissénéchaussées deBeaucaire,Carcassonne etToulouse[8],[9] concluent entre elles une« union perpétuelle »[8],[9] puis[10] exigent des officiers royaux[11] d'être« convoquées ensemble »[8],[9] et non plus séparément, par sénéchaussée. Vers la fin duXIVe siècle, lepays des trois sénéchaussées, auquel le nom de Languedoc allait être réservé, désigne les deuxsénéchaussées deBeaucaire-Nîmes et deCarcassonne et la partie occidentale de celle deToulouse, conservée autraité de Brétigny. Le pays de Foix, qui relève de la sénéchaussée de Carcassonne jusqu'en1333 puis de celle de Toulouse, cesse d'appartenir au Languedoc[réf. nécessaire]. En, le Languedoc est amputé de presque toute la partie de la sénéchaussée de Toulouse située sur larive gauche de laGaronne[12] : le roiLouisXI détache lesdeux jugeries deRivière (Montréjeau) et deVerdun (auj. Verdun-sur-Garonne) de la sénéchaussée toulousaine pour les incorporer auduché de Guyenne,apanagé à son frère, le princeCharles[12] ; en contrepartie, le roi incorpore au Languedoc quelques communautés d'habitants dudiocèse de Comminges, situées sur la rive droite de laGaronne, connues comme lePetit-Comminges. En1779,Louis XVI incorpore au Languedoc lecomté de Caraman.

1346 : création desétats de Languedoc ;
1348 : épidémie de peste dans tout le Midi ;
v. 1420 : un printemps le prix des grains flambe[13].
1443 : création duParlement de Toulouse ; compétence juridique sur l'étendue de la région Occitanie (Roussillon excepté), du département d'Ardèche et des environs duPuy-en-Velay.

Époque moderne

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La province du Languedoc dans ses limites du XVIIIe siècle et les communes et départements actuels.
La province du Languedoc dans ses limites duXVIIIe siècle et les communes et départements actuels.

Histoire

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XVIe siècle : laréforme protestante et lesguerres de Religion ;
1620-1622 : lors de lapremière rébellion huguenote, la région souffre énormément des troupes royales deLouis XIII venues pacifier la région ;
1627-1629 : nouvelle prise d’armes des protestants du Languedoc. La répression est dirigée par leprince de Condé et leduc d’Épernon qui détruisent les récoltes, massacrent les protestants et procèdent à desdragonnades[14] ;

1666–1688 : creusement du canal royal du Languedoc oucanal du Midi, reliant Toulouse àSète, parPierre-Paul Riquet.

AuXVIIIe siècle, l'intendance du Languedoc couvre deux généralités : Montpellier et Toulouse.

En 1790-1791, lors de la création desdépartements, l'intendance du Languedoc donne naissance aux départements de l'Ardèche, duGard, de l'Hérault, de l'Aude, duTarn, de laLozère, d'une grande partie de laHaute-Loire et de laHaute-Garonne, et d'une petite partie de l'Ariège et desPyrénées-Orientales (Fenouillèdes).

Statut administratif

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Sur le plan administratif, la province du Languedoc était unpays d'états qui conserva, jusqu'à laRévolution française, sesétats provinciaux — lesétats de Languedoc[15] — et était divisée en diocèses civils. C'était un pays detaille réelle, un pays depetite gabelle[16] et, en matière detraites, une des provinces réputées étrangères. C'était aussi ungouvernement militaire — legouvernement de Languedoc[17] — et uneintendance — l'intendance de Languedoc[18] — comprenant deuxgénéralités — lagénéralité de Montpellier[19] etcelle de Toulouse[20]. Aujourd'hui, le territoire de l'ancienne province de Languedoc correspond principalement à la région française d'Occitanie, mais il intègre aussi des parties de la régionAuvergne-Rhône-Alpes, avec l'Ardèche, et une partie de laHaute-Loire.

Le Languedoc disposait d'une relative autonomie grâce à ses États — sorte de parlement régional — relativement indépendant du roi de France.

L'historienne Arlette Jouanna écrit au sujet des Ėtats du Languedoc :

Et pourtant, une longue fréquentation des délibérations ne peut manquer d’impressionner par le sérieux de l’information qui les nourrit, par l’effort des commissions, malgré les errements signalés plus haut, pour ménager les deniers publics, pour stimuler le commerce et pour procurer du travail aux ouvriers. Les Ėtats manifestent jusqu’au bout un indéniable souci du bien public. L’administration languedocienne apparaît comme une formidable machine bien rodée, qui dispose face au Roi d’un redoutable pouvoir de discussion ; elle est bien dans la province le relais de l’autorité royale, mais un relais ayant des traditions d’autonomie administrative, doué du pouvoir de délibération et de consentement et dont la susceptibilité doit être ménagée. Le transfert par le Roi de responsabilités nouvelles aux États s’est fait au terme de négociations parfois difficiles, révélant une certaine méfiance de part et d’autre. En Languedoc, la décentralisation a plutôt été la reconnaissance par le Roi d’un état de fait, dont il a tiré parti tout en tentant de le contrôler avec plus ou moins d’efficacité[21].

Citations

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« Ce Languedoc était [auXIIe siècle] le vrai mélange des peuples, la vraieBabel. Placé au coude de la grande route de France, d'Espagne et d'Italie, il présentait une singulière fusion de sang ibérien, gallique et romain, sarrasin et gothique. Ces éléments divers y formaient de dures oppositions. Là devait avoir lieu le grand combat des croyances et des races. Quelles croyances ? Je dirais volontiers toutes. Ceux mêmes qui les combattirent, n'y surent rien distinguer, et ne trouvèrent d'autre moyen de désigner ces fils de la confusion, que par le nom d'une ville : Albigeois.

L'élément sémitique, juif et arabe, était fort en Languedoc. Narbonne avait été longtemps la capitale des Sarrasins en France. Les Juifs étaient innombrables. Maltraités, mais pourtant soufferts, ils florissaient à Carcassonne, à Montpellier, à Nîmes; leurs rabbins y tenaient des écoles publiques. Ils formaient le lien entre les chrétiens et les mahométans, entre la France et l'Espagne. Les sciences, applicables aux besoins matériels, médecine et mathématiques, étaient l'étude commune aux hommes des trois religions. Montpellier était plus lié avec Salerne etCordoue qu'avec Rome. Un commerce actif associait tous ces peuples, rapprochés plus que séparés par la mer. […] Ces nobles du Midi étaient des gens d'esprit qui savaient bien la plupart que penser de leur noblesse. Il n'y en avait guère qui, en remontant un peu, ne rencontrassent dans leur généalogie quelque grand-mère sarrasine ou juive. Nous avons déjà vu qu'Eudes, l'ancien duc d'Aquitaine, l'adversaire de Charles Martel, avait donné sa fille à un émir sarrasin. Dans les romans carolingiens, les chevaliers chrétiens épousent sans scrupule leur belle libératrice, la fille du sultan. »

— Jules Michelet,Histoire de France, Chamerot, 1861, t. 2, p. 335

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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Divers

Bibliographie

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Articles

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Notes et références

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  1. Pierre-AndréSigal, « L'histoire du Languedoc dans les dictionnaires et les encyclopédies (XVIIe – XXe siècles) »,Annales du Midi,vol. 110,no 221,‎,p. 5–23(DOI 10.3406/anami.1998.2576,lire en ligne, consulté le)
  2. RIGAUDIÈRE, Albert. Chapitre III. La royauté, le Parlement et le droit écrit aux alentours des années 1300 In : Penser et construire l’État dans la France du Moyen Âge (XIIIe – XVe siècle), 2003.
  3. Julien Théry-Astruc, « Introduction », dans B. Moreau, J. Théry-Astruc, « La royauté française et le Midi au temps de Guillaume de Nogaret. Actes du colloque de Montpellier et Nîmes, 29 et 30 novembre 2013 », Nîmes, La Fenestrelle, 2015, p. 17-24.
  4. Synthèse de l'histoire de l'intégration du Languedoc au royaume capétien parGaël Chenard, Jean-François Moufflet, « Cant vengro li Frances. L'implantation capétienne dans le Midi auXIIIe siècle », dans B. Moreau, J. Théry-Astruc, « La royauté française et le Midi au temps de Guillaume de Nogaret. Actes du colloque de Montpellier et Nîmes, 29 et 30 novembre 2013 », Nîmes, La Fenestrelle, 2015, p. 25-74, disponible en ligne.
  5. Justine Firnhaber-Baker,Violence and the State in Languedoc, 1250-1400, Cambridge University, 2014, p. 40-41[1]
  6. Se référer à ce lien :[2].
  7. RainerBabel (éd.) etJean-MarieMoeglin (éd.),Identité régionale et conscience nationale en France et en Allemagne du Moyen Âge à l'époque moderne : actes du colloque organisé par l'université ParisXII – Val-de-Marne, l'Institut universitaire de France et l'Institut historique allemand à l'université ParisXII et à lafondation Singer-Polignac les, et (monographie), Sigmaringen, Thorbecke,coll. « Beihefte derFrancia » (no 39),1re éd., 466 p., in-8o (25 cm(ISBN 3-7995-7340-2 et978-3-7995-7340-5,OCLC 468640004,BNF 37520005,présentation en ligne),p. 212[aperçu (page consultée le 15 mars 2016)].
  8. abc etdPaulOurliac, « Sur une province française »,Journal des savants,no 3,‎,p. 190-195(lire en ligne [fac-similé], consulté le)
  9. abc etdJeanGuérout, « Henri Gilles,Les États de Languedoc auXVe siècle, Toulouse, Édouard Privat, 1965. In-8o,363 p., couverture illustrée. (Bibliothèque méridionale,2e série,t. XL.) »,Bibliothèque de l'École des chartes,vol. 125,no 1,p. 285-295,‎
    (
    lire en ligne [fac-similé])
    L'article est un compte rendu critique de l'ouvrage précité.
    .
  10. a etbHenriGilles,Les États de Languedoc auXVe siècle (monographie), Toulouse,Privat,coll. « Bibliothèque méridionale /2e série » (no 40),, 361 p., in-8o (26 cm)(BNF 37399253),p. 26[aperçu (page consultée le 16 mars 2016)].
  11. a etbRaymondCazelles,Société politique, noblesse et couronne sous Jean le Bon etCharlesV (monographie), Genève et Paris,Droz (publié avec le concours duCentre national de la recherche scientifique),coll. « Mémoires et documents (publiés par la société de l'École des chartes) » (no 28), [1re éd.],VIII-628 p., 23 cm(ISBN 978-2-600-04531-5,OCLC 9364820,BNF 34689780,présentation en ligne)[lire en ligne (page consultée le 16 mars 2016)].
  12. a etbMurielVan Elsuwé, « Géographie des jugeries royales de Gascogne auxXIVe et XVe siècles »,Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale,vol. 81,no 92,‎,p. 141-161(DOI 10.3406/anami.1969.4587,lire en ligne [fac-similé], consulté le).
  13. Les vies de châteaux : De la forteresse au monument : Les châteaux sur le territoire de l'ancien duché de Savoie, duXVe siècle à nos jours, Silvana Editoriale,, 307 p.(ISBN 978-88-366-3280-0),p. 10.
  14. Pierre Miquel,Les Guerres de Religion, Paris,Fayard,, 596 p.(ISBN 978-2-21300-826-4,OCLC 299354152,présentation en ligne).p. 433.
  15. Languedoc. États(BNF 12322401).
  16. LucienBély (dir.) (publié avec le concours duCentre national du livre),Dictionnaire LouisXIV (monographie, dictionnaire), Paris,Robert Laffont,coll. « Bouquins »,1re éd., 1405 p., 20 cm(ISBN 978-2-221-12482-6 et2-221-12482-0,OCLC 921859645,BNF 44408175),§ « La gabelle »[lire en ligne (page consultée le 15 mars 2016)].
  17. France. Gouvernement de Languedoc(BNF 11685749).
  18. France. Intendance de Languedoc(BNF 11986553).
  19. Montpellier, Généralité de (France ; 1542-1790)(BNF 15326033).
  20. Toulouse, Généralité de (France ; 1542-1790)(BNF 15217964).
  21. Jouanna, Arlette. « Un pouvoir provincial : les États de Languedoc ». L’invention de la décentralisation, édité par Roger Baury et Marie-Laure Legay, Presses universitaires du Septentrion, 2009,https://doi.org/10.4000/books.septentrion.40977.
v ·m
Royaume de France
Empire colonial
Hors du royaume
Provinces et territoires perdus
v ·m
Histoire par période
Entités politiques
Personnalités
Annexes
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