Pour les articles homonymes, voirLanfranc (homonymie).
| Lanfranc du Bec | ||||||||
Lanfranc, à ses pieds,Bérenger de Tours qui soutient que la présence du Christ dans l'Eucharistie est purement symbolique et à qui Lanfranc s'est violemment opposé. Toile duXVIIIe siècle. | ||||||||
| Biographie | ||||||||
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| Naissance | vers1010 Pavie | |||||||
| Ordre religieux | Ordre de Saint-Benoît | |||||||
| Décès | Canterbury (Angleterre) | |||||||
| Évêque de l'Église catholique | ||||||||
| Ordination épiscopale | ||||||||
| Archevêque de Cantorbéry | ||||||||
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| Autres fonctions | ||||||||
| Fonction religieuse | ||||||||
Abbé de Saint-Étienne de Caen (1063-1070) | ||||||||
| Fonction laïque | ||||||||
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Lanfranc du Bec (Lanfranchi en latin selon les textes mediévaux des abbayes normandes[1]), également appeléLanfranc de Cantorbéry ouLanfranc de Pavie, né vers1010 dans la région dePavie (Italie) et décédé le àCantorbéry (Angleterre), est unmoine bénédictin, érudit,écolâtre etprieur duBec en Normandie. Nomméarchevêque de Cantorbéry en 1070, il y fait œuvre de réformateur de l'Église d'Angleterre. Considéré commebienheureux par l'Église catholique, il estliturgiquement commémoré le[2].
Lanfranc naît àPavie vers 1010, d'Aribald et Roza. Il a deux neveux :Paul, abbé deSt-Albans (1077-1093), et Lanfranc, abbé deSaint-Wandrille (1089-1091)[1].
Après des études dans le Nord de l'Italie, en particulier dedroit canonique, il quitte sa patrie pour la France vers 1030. En1039, il est àAvranches où il est professeur et vers 1042, il se faitmoine à l'abbaye Notre-Dame du Bec, enNormandie, fondée parHerluin. Il est le prieur de l'abbaye de1045 à1063[1].
Il est envoyé par Herluin avec trois moines pour restaurer la discipline monastique à l'abbaye de Saint-Évroult, mais il rentre au Bec avant1049, reconnaissant son échec. Il reçoit la visite début1061 de Mainier, prieur de Saint-Évroult venu le consulter à propos de l'élection du futur abbé. Il conseille au duc Guillaume avec Anfroi, abbé deSaint-Pierre de Préaux, d'envoyerOsberne, prieur de l'abbaye Notre-Dame de Cormeilles pour diriger cette abbaye[1].
Comme prieur, il ouvre l'école abbatiale du Bec en1059 dont il est l'écolâtre. Il y enseigne les arts libéraux[1]. L'école acquiert rapidement une brillante réputation et attire des élèves commeYves de Chartres, le futurpapeAlexandre II etAnselme de Cantorbéry. Parallèlement, il se consacre à l'exégèse biblique et à l'édition des textes desPères de l'Église. Il compose des commentaires sur leLivre des Psaumes, laCité de Dieu d'Augustin d'Hippone et lesMorales de Job deGrégoire le Grand.
En1049, Lanfranc prend également part à une controverseeucharistique qui l'oppose àBérenger de Tours. Celui-ci soutient que, dans lepain eucharistique, la présence du Christ est purement symbolique. Lui-même est partisan de ce qui deviendra (auconcile de Trente) la doctrine de latranssubstantiation. Il est l'un des premiers à recourir auxcatégoriesaristotéliciennes pour distinguer l’apparence (species) du pain et du vin de leuressence ousubstance, qui selon lui est changée lors de la consécration. En1050, il assiste auconcile de Rome et au concile de Vercelli[1], qui voit la condamnation de Bérenger. Il rencontre Bérenger à la fin de l'année à la cour tenue àBrionne[1]. Il est également présent au concile de Tours en 1055, où il continue à croiser le fer avec Bérenger. En1059, la « présence réelle » est adoptée par l'Église catholique lors d'un autre concile tenu à Rome. Bérenger est de nouveau condamné et doit lire une rétractation. Vers1063, Lanfranc rédige leDe corpore et sanguine Domini[1] en réponse auScripta contra synodum de Bérenger, rétractation de sa rétractation de Rome.
En1063, Lanfranc est désigné par le duc Guillaume, futurGuillaume le Conquérant, pour devenir le premierabbé deSaint-Étienne de Caen[1],abbaye créée sur l'initiative du duc, qui entend faire deCaen un second centre du pouvoir en Normandie. Il fait construire la nouvelle abbaye et constitue le temporel. Il y crée comme au Bec une école monastique. Il apporte avec lui les coutumes qu'il avait rédigées au Bec avec Herluin[1].
Le siège archiépiscopal deRouen lui aurait été proposé en1067, mais il refuse la position. Il effectue un voyage à Rome pour obtenir du pape le transfert deJean d'Ivry à Rouen[1].
Il reçoit pour l'abbaye unebulle d'exemption du papeAlexandre II le[1].
Après son couronnement en1066,Guillaume le Conquérant entreprend la réforme de l'Église d'Angleterre. En 1070, Guillaume fait déposer l'archevêque de Cantorbéry,Stigand, par le concile deWinchester, sous le prétexte desimonie. Guillaume désigne le Lanfranc pour le remplacer[1]. Il est consacré le29 août[1] et reçoit lepallium en 1071 des mains de son ancien élève, Alexandre II. Sonépiscopat est marqué par le compromis dans la lutte de pouvoir entre princes etpapauté ainsi que par la concurrence de l'archevêché d'York, qui prétend également à laprimatie.
En 1075, il rend au Conquérant son plus grand service politique. Il lui révèle uneconspiration formée parRaoul de Gaël, lecomte de Norfolk, etRoger de Breteuil,comte d'Hereford.Waltheof,comte de Huntingdon,Northampton etNorthumbrie qui avait fait serment de silence, le lui avait confessé. Lanfranc pressa Roger de Breteuil de faire de nouveau allégeance, et finalement l'excommunia lui et ses complices. Il prévient ensuite Guillaume, qui était en Normandie.
Il intercéda pour la vie de Waltheof, qui était probablement innocent, ne voulant pas qu'il fût exécuté pour la faute des autres, mais il échoua à convaincre Guillaume.
On doit àLuc d'Achery, qui en 1648 venait de se procurer une copie duXVIe siècle d'un manuscrit duXIIe siècle composé à l’abbaye du Bec, la publication du premier recueil des lettres de l’abbé Lanfranc[3]. Cette édition de la correspondance de Lanfranc devait être réimprimée en 1745 àVenise, puis en 1844 parJohn Allen Giles (1808–1884) ; ce dernier, disposant de quelques manuscrits supplémentaires, a complété quelques lettres et rectifié l'ordre des documents. Le P.Jacques Paul Migne l'a incluse dans saPatrologia Latina[4]. Ce n'est qu'en 1961 qu’Helen Clover compila, dans le cadre de sa thèse, une nouvelle édition critique confrontant un cercle beaucoup plus vaste de manuscrits.
Le nom de Lanfranc a été donné enNormandie à différentes voies :
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