D'aprèsAlbert Meyrac, Lametz est située « au fond d'un vallée étroite aux pentes de calcaires à astartes ».Aux environs, on trouve alternativement des « marnes et des calcaires blancs, des sables verts et argiles du gault, un petit îlot de gaize, ainsi que des calcaires coralliens ; la présence de limon dans les terres a permis la culture des arbres fruitiers ». Lametz se trouve en effet dans le terroir du Tourteronnais, connu pour ses vergers.
Le village est environné de gouffres et de sources bouillonnantes : l'une d'elles alimente le lavoir. Un ruisseau traverse également la commune.
La commune est dans larégion hydrographique « la Seine du confluent de l'Oise (inclus) à l'embouchure » au sein dubassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le ruisseau de Lametz, le ruisseau de Longwé, le ruisseau de la Maimbriere et le ruisseau de Waton[1],[Carte 1].
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de typeclimat de montagne, selon une étude duCentre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant lapériode 1971-2000[2]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon laclassification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[3]. Par ailleursMétéo-France publie en 2020 une nouvelle typologie desclimats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à unclimat océanique altéré[4] et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (3 °C)[5]. Elle est en outre dans lazone H1b au titre de laréglementation environnementale 2020 des constructions neuves[6],[7].
Au, Lametz est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[12].Elle est située hors unité urbaine[13] et hors attraction des villes[14],[15].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (67,4 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (67,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (46,2 %), forêts (32,6 %),terres arables (15,5 %), zones agricoles hétérogènes (5,7 %)[16]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Les cartes d'état-major mentionnent une ancienne voie romaine passant sur le territoire de la commune, ce qui tend à démontrer une occupation humaine dès cette époque.
Lametz appartenait aucomté de Rethel. En 1218, Hugues II, comte de Rethel, et Félicité de Beaufort, son épouse, donnèrent la seigneurie de Lametz à l'abbaye des Mares. Ils signèrent avec Jehan, abbé des Mares, une charte d'affranchissement selon laloi de Beaumont. Cettecharte de fondation en latin existe encore, renforcée dix ans plus tard par une version en français.
En 1521, le comté de Rethel échoit à François de Clèves. Les trois fils de ce dernier étant morts jeunes et sans postérité, le duché revint donc à l'aînée de ses filles,Henriette de Clèves, et à son époux Louis de Gonzague, duc de Nevers (Louis IV de Nevers), puis duc de Rethel à partir de 1581, par la grâce d'Henri III. Les nouveaux duc et duchesse de Rethel et de Nevers deviennent donc seigneurs de Lametz.Vers 1596, pour combler les dettes de son bâtisseur de mari, Henriette vendit la moitié de la seigneurie de Lametz au sieur du Bois d'Ecordal qui y fit bâtir un château.
En 1803, monsieur Antoine Rouyer acquiert le château et s'y installe avec son épouse, Françoise-Henriette Legras de Vaubercey, et les enfants des deux précédents mariages de celle-ci. C'est au château de Lametz queFlorestan Ier de Monaco rencontreCaroline Gibert, fille du second mariage de Françoise-Henriette Legras de Vaubercey. Il l'épouse en 1816.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[22].
En 2023, la commune comptait 76 habitants[Note 2], en évolution de +5,56 % par rapport à 2017 (Ardennes : −2,81 %,France horsMayotte : +2,36 %).
Le cimetière borde l'église. Une croix avec crucifix se dresse à droite de l'entrée. Il s'agit en fait de la croix d'affranchissement du village. Les têtes des figures de son pilier ont fortement été endommagées lors de laRévolution. À mi-hauteur de l'allée principale sur le côté gauche se trouve la tombe d'Antoine Rouyer.
Lechâteau de Lametz, sur la route deNeuville-Day, est unegentilhommière duXVIIe siècle qui a appartenu à la famille Rouyer puis à laFamille Gibert. Il a malheureusement connu des incendies (il ne reste aujourd'hui que le tiers du bâtiment originel), et des adjonctions de bâtiments modernes.
Le château de Lametz, vendu par lesGrimaldi, après avoir accueilli des colonies de vacances, puis avoir été transformé en gîte d'accueil pour groupes est maintenant habité par des particuliers qui l'ont racheté.
Vers l'an 1150, Wither, comte de Rethel, fonda une abbaye de Chanoines réguliers de Prémontré au lieudit actuel "les Mares".
En 1218, le monastère, ayant été détruit, fut relevé par Hugues II et Félicité de Beaufort, son épouse, comtes de Rethel. Ils signèrent ensuite une charte avec l'Abbé des Mares qui donnait à l'abbaye le village des Mares et la seigneurie de Lametz, et plaçait le tout sous la "loy, coustume et liberté de Beaumont".
En 1350, durant la guerre de Cent Ans, nouvelle destruction de l'abbaye qui est transférée dans le vallon de Longwé (le Longwé cité ici est maintenant un lieudit entre Lametz et Le Chesne, il n'a rien à voir avec la commune ardennaise homonyme). Malgré plusieurs aléas au cours de l'histoire, cette dernière abbaye perdura jusqu'à la Révolution où elle fut confisquée et vendue. C'est à cette époque également que l'on situe le transfert de ses statues à l'église de Lametz. En 1793, l'abbaye et ses bâtiments furent démolis. Aujourd'hui, seuls les noms de quelques lieudits ont conservé la mémoire des moines.
Jean Renart de Fuchsamberg (1607-1684) : Il devint abbé commendataire de l'abbaye de Longwé en 1629. Sous sa direction, l'abbaye fut sagement administrée et réussit à éponger ses dettes, à faire de nouvelles acquisitions et embellit son église.
On retrouveson blason sculpté à l'arrière du maître-autel de l'église de Lametz.
Le moine Claude : On ne sait presque rien de ce moine sinon que la croyance populaire lui attribue le mérite d'avoir le premier acclimaté et planté une petite fleur appeléeNivéole, que l'on trouve encore dans les bois de Longwé, et à qui il a laissé son nom : on l'appelle couramment "Claudinette" ou "Glaudinette".
Antoine Rouyer : Né le à Dieue (Meuse), décédé le et enterré à Lametz. Administrateur de l'école militaire de Saint-Cyr sous l'Empire. Chevalier de la Légion d'honneur. Propriétaire en 1803 du château de Lametz où il résida avec son épouse Henriette de Vaubercey et les enfants de celle-ci.
Caroline Gibert : Née en 1794, de l'homme de loi Charles-Thomas Gibert et d'Henriette Legras de Vaubercey, et inscrite à l'état-civil sous le nom deCaroline Gibert et appartient à la grande bourgeoisie champenoise. En 1798, sa mère Henriette de Vaubercey (veuve Musnier de Mauroy, puis veuve Gibert), épouse en 3èmes noces Antoine Rouyer qui en 1803 achète le château de Lametz. Ils vivent donc tous les trois à Lametz.
Géographie illustrée des Ardennes d'Albert Meyrac. Ed. de la Tour Gile (Péronnas) 1997 -(ISBN2-87802-311-0)
En Argonne, sur les traces des Moines d'Alcide Leriche, Lauréat de l'Académie Stanislas (histoire de l'abbaye des Mares). Imprimerie Lefevre 1979 - pas d'ISBN mentionné.
Les Ardennes, les 463 communes de Daniel Delattre. Ed. Delattre 2005 -(ISBN2-915907-21-8).
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑« Fiche communale de Lametz », surle système d'information pour la gestion des eaux souterraines dans le bassin Seine-Normandie(consulté le).
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155,lire en ligne, consulté le)