Lelabrador, moins communément appeléLabrador retriever ouretriever du Labrador, est unerace de chiens originaire duCanada[1]. C'est un chien de taille moyenne, à l'allure ronde et robuste, de couleur généralement jaune, chocolat ou noir ; il existe des couleurs diluées de ces trois robes standard. Issue duchien de Saint-John, la race a été importée puis développée auRoyaume-Uni et au Canada. Entre 2015 et 2020, le labrador retriever était la race de chien la plus populaire au Canada, selon leclub canin canadien[2].
Très docile, joueur, intelligent et d'une allure imposante, le labrador est officiellement approuvé commechien d'eau etchien de rapport. Cependant, son caractère exceptionnel fait de lui un partenaire très recherché commechien de compagnie etchien de travail — notammentchien guide d'aveugle, ou encore chien détecteur de drogues ou d'explosifs par les forces de l’ordre et les douanes.
Selon une légende dite « de la loutre », le labrador serait issu du croisement d'unterre-neuve et d'uneloutre. La légende s'appuie sur leurs points communs : leur attirance pour le milieu aquatique, leurs pattes palmées, leur poil gras et imperméable ainsi que le profilage de leur queue et son utilisation comme gouvernail. La réputation de pattes palmées tient du fait que la membrane située entre les coussinets est bien plus prononcée et étendue que chez les autres races[3]. Elle s'étend quasiment de griffe à griffe et confère au chien une véritable capacité à nager contrairement à d'autres races ((en)« Breed with a membrane that connects individual toes on their paws, giving a webbed effect »).
Les chiens de Terre-Neuve sont exportés en Angleterre dès 1814 où ils sont appréciés commechien de rapport[4]. Les chiens accostent semble-t-il àPoole dans leDorset. Ce port qui sert de relâche auxTerre-Neuvas fut par la suite un des principaux points d'importation de ces chiens enAngleterre[réf. nécessaire].
Le poil est court et dense, sans ondulation ni franges et le sous-poil est imperméable. La robe est entièrement noire, jaune ou marron (foie-chocolat). Le jaune va du crème clair au roux. Une petite tache blanche est admise sur le poitrail[9].
Labrador de couleur crème clair (à gauche) et fox red (à droite).
Labradors de couleur foie (à gauche) et chocolat (à droite).
Un labrador noir.
Labrador de couleur silver.
Selon une étude publiée dans laCanine Genetics and Epidemiology, il existe une relation entre la couleur de la robe du chien et l'espérance de vie : les labradors de robe chocolat ont une espérance de vie inférieure de 10 % en moyenne, et rencontrent davantage de problèmes de santé tout au long de leur vie : la prévalence desotites externes est deux fois supérieure et celle de ladermatite pyotraumatique, quatre fois supérieure[10].
Lelabradoodle est un hybride de labrador et decaniche, originellement créé pour servir de chien guide hypoallergénique.Le Labrador retriever est un cousin très proche duGolden retriever.
Le standard de laFédération cynologique internationale décrit le labrador comme un chien amical, fidèle, intelligent, ardent et docile. Le labrador ne fait preuve d'aucune agressivité et n’est pas trop craintif[9]. LaSociété centrale canine le décrit comme doux, attentif, dévoué et enjoué. Très patient même avec les enfants[4], il faut cependant se méfier de son caractère joueur et expansif auprès des plus jeunes, car il peut les blesser involontairement[5]. L'éducation doit se faire en douceur et de préférence par le jeu[5]. Il a l'instinct du rapport et adore l'eau[4]. Le labrador est capable de comprendre jusqu'à une centaine de mots différents[réf. nécessaire].
Le labrador est un chien créé pour la chasse : c'est unchien de rapport notamment dans les marais réputé en raison de son très bonodorat, de sa« dent douce » et de ses aptitudes exceptionnelles de natation[4].
Avec leGolden retriever, le labrador est utilisé comme chien d'assistance aux personnes à mobilité réduite, mais aussi comme chien d'éveil aux personnes autistes, trisomiques ou polyhandicapées. En France, ces deux racessont principalement sélectionnées par l'associationHandi'chiens[réf. nécessaire] grâce à leur caractère calme, leur sociabilité et leur instinct de rapport d'objets. De plus ils apportent un soutien moral et affectif aux personnes en situation de handicap ainsi qu'une grande autonomie.
Le labrador a besoin de se dépenser régulièrement pour ne pas s'empâter, car c'est un chien vorace qui a tendance à prendre assez rapidement de l'embonpoint[4]. D'aprèsTemple Grandin, il a également tendance à mâchouiller de nombreux objets qui se présentent à lui, davantage que les autres races de chiens, une particularité qui semble liée à son appétit et sa voracité[12] :« [...] en créant le labrador, on a créé un mangeur compulsif ». Temple Grandin ignore cependant les raisons de ce trait caractéristique des labradors[13].
Le labrador est un chien rustique dont l'entretien n'est pas très contraignant. Il est conseillé de l'étriller en période de mue[4]. Sa fourrure dense et imperméable lui permet de résister aux intempéries et de nager sans difficulté[14].
On peut s'attendre à ce qu'un Labrador vive de 10 à 12 ans. C'est une race saine avec relativement peu de problèmes majeurs. Les problèmes notables liés à la santé et au bien-être incluent les troubles héréditaires et l'obésité (la plupart manquent tout ou partie du gène régulateur de l'appétitPOMC).
Une étude du Royal Veterinary College et une réalisée par l'Université de Sydney ont conclu que les Labradors de couleur chocolat ont une espérance de vie moyenne plus courte que les autres couleurs de Labrador (d'environ 10%) et sont plus susceptibles de souffrir de certains problèmes de santé[15].
Les Labradors sont quelque peu sujets à la hanche et à la dysplasie du coude[16], surtout chez les grands chiens[17]. Les maladies oculaires peuvent inclure l'atrophie rétinienne progressive, lescataractes, la dystrophie cornéenne[16] et la dysplasie rétinienne[18]. Ils peuvent souffrir de collapsus induit par l'exercice, qui provoque une hyperthermie, une faiblesse, un effondrement et une désorientation après de courtes séances d'exercice[19], ou de l'obésité, qui dans certains cas peut être en partie due à l'absence de tout ou partie du gène proopiomelanocortin[20],[21],[22].
Le Labrador Retriever est sujet à une forte appétence et présente une prédisposition marquée au surpoids, ce qui exige une attention particulière à son alimentation et à son niveau d’activité physique. En plus de l’exercice régulier, il a besoin de stimulations mentales fréquentes pour prévenir l’ennui et les comportements indésirables. On distingue par ailleurs deux lignées principales: la lignée dite « de travail », plus active et fine, et la lignée « de beauté », plus massive et généralement plus calme[23].
Le Labrador est un chien exceptionnellement populaire. En 2006, il était largement considéré comme la race la plus populaire au monde[24]. Et c'est le chien le plus populaire par propriété auCanada, enNouvelle-Zélande[25] et auRoyaume-Uni[26]. En 2006, au Royaume-Uni et aux États-Unis, il y avait bien plus de deux fois plus de Labradors enregistrés que la race la plus populaire suivante[27],[28]. Si la comparaison est limitée aux races de chiens de taille similaire, alors il y a environ 3 à 5 fois plus de Labradors enregistrés dans les deux pays que les races les plus populaires suivantes, le Berger Allemand et le Golden Retriever[27],[28].
Ils sont la race d'chien d'assistance la plus populaire aux États-Unis, en Australie et dans de nombreux autres pays[29], ainsi que largement utilisés par la police et d'autres organismes officiels pour leurs capacités de détection et de travail. Environ 60 à 70% de tous les chiens guides aux États-Unis sont des Labradors.
Sept des 13 nommés au Hall of Fame des« Gundogs exceptionnels » du Conseil national des Kennels australien sont des Labradors (la liste couvre la période de 2000 à 2005)[30].
↑abc etdIsabelle Collin, Marie-Paule Daniels-Moulin, Florence Desachy, Claire Dupuis, Giovanni Falsina et Valetta Rossi,L'encyclopédie mondiale des chiens : les 331 races reconnues à travers le monde, Paris, De Vecchi,, 771 p.(ISBN978-2-7328-9223-8)
↑Newton, C. D.; Nunamaker, D. M. (Eds.) "Manuel d'orthopédie des petits animaux." Publié par le Service d'information vétérinaire international (Riser, Rhodes et Newton). p. 2.
↑SMTaylor, CLShmon, GDShelton, EEPatterson, KMinor et JRMickelson, « Collapsus induit par l'exercice chez les retrievers du Labrador : résultats d'une enquête et étude préliminaire de l'hérédité »,J Am Anim Hosp Assoc,vol. 44,no 6,,p. 295–301(PMID18981194,DOI10.5326/0440295)
↑Freytas-tamura, Kimiko De (5 Juillet 2016), « Chó Labrador »(consulté le).
↑Kimiko DeFreytas-tamura, « Les résultats du labo sont là : les gènes pourraient être responsables de l'obésité des retrievers »,The New York Times,(ISSN0362-4331,lire en ligne, consulté le)