| La Roque-Alric | |||||
Le village au pied de la roque d'Alric. | |||||
Blason | |||||
| Administration | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Région | Provence-Alpes-Côte d’Azur | ||||
| Département | Vaucluse | ||||
| Arrondissement | Carpentras | ||||
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération Ventoux-Comtat Venaissin | ||||
| Maire Mandat | José Linhares 2020-2026 | ||||
| Code postal | 84190 | ||||
| Code commune | 84100 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Rocalriciens, Rocalriciennes | ||||
| Population municipale | 50 hab.(2023 | ||||
| Densité | 10 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 44° 08′ 37″ nord, 5° 03′ 54″ est | ||||
| Altitude | 250 m Min. 150 m Max. 517 m | ||||
| Superficie | 4,87 km2 | ||||
| Type | Commune rurale à habitat très dispersé | ||||
| Unité urbaine | Hors unité urbaine | ||||
| Aire d'attraction | Hors attraction des villes | ||||
| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Vaison-la-Romaine | ||||
| Législatives | Quatrième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
Géolocalisation sur la carte :France Géolocalisation sur la carte :France Géolocalisation sur la carte :Vaucluse Géolocalisation sur la carte :Provence-Alpes-Côte d'Azur | |||||
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La Roque-Alric est unecommune française située dans ledépartement deVaucluse, enrégionProvence-Alpes-Côte d'Azur.
La route départementale 90a est une petite route sinueuse qui escalade la montagne pour permettre l'accès au village puis continue son chemin reliant les deux communes voisines deLafare à l'ouest etdu Barroux à l'est.
| Suzette | ||
| Lafare | Le Barroux | |
| Beaumes-de-Venise | Saint-Hippolyte-le-Graveyron |
La commune, située au sein desDentelles de Montmirail, connaît des différences de relief importantes, allant de 150 mètres à 517 mètres. Les serres les plus hautes se nommentle Devès etCarabelle.
Au sein des Dentelles de Montmirail, le petit massif de La Roque-Alric est formé de roches calcaires duJurassique (Tithonien) et duCrétacé (Berriasien) dans lesquelles s'ouvrent quelques phénomèneskarstiques, dont les grottes des Abories[1]. Vers Roubiol apparaissent des résurgences de terres triasiquesévaporitiques liées audiapir deSuzette.
Les cantons deBonnieux,Apt,Cadenet,Cavaillon, etPertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse, dont celui deVaison-la-Romaine, auquel appartient la commune, sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[2].
Le territoire communal est traversé par le ruisseau dela Combe, qui se nomme en amont lariaille deSuzette, et en avallaSalette. Les deux ponts sur la Combe ont résisté à la grande crue de 1992 qui toucha Beaumes et Vaison-la-Romaine[3].
Pour des articles plus généraux, voirClimat de Provence-Alpes-Côte d'Azur etClimat de Vaucluse.
En 2010, le climat de la commune est de typeclimat méditerranéen franc, selon une étude duCentre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant lapériode 1971-2000[4]. En 2020,Météo-France publie une typologie desclimats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre leclimat de montagne et leclimat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (2 600 h/an), un été chaud (21,5 °C), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents >5 m/s) et peu de brouillards[5].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de13,2 °C, avec uneamplitude thermique annuelle de16,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 679 mm, avec 6,1 jours de précipitations en janvier et 2,8 jours en juillet[4]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur lastation météorologique deMétéo-France la plus proche, « Beaumont-Mt Serein », sur la commune deBeaumont-du-Ventoux à 9 km àvol d'oiseau[6], est de7,0 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 317,0 mm. La température maximale relevée sur cette station est de33,4 °C, atteinte le ; la température minimale est de−18 °C, atteinte le[Note 1],[7],[8].
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différentsscénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvellesprojections climatiques de référence DRIAS-2020[9]. Ils sont consultables sur un site dédié publié parMétéo-France en novembre 2022[10].
Au, La Roque-Alric est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[11].Elle est située hors unité urbaine[12] et hors attraction des villes[13],[14].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (54,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (61,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (52,7 %), cultures permanentes (40,9 %), zones agricoles hétérogènes (4,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2 %)[15]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Au Moyen Âge, le village est nommé dans différents actesRocha aralrico, Roca alrici ouRupes alarici. Le motRoque, Rocca en provençal, désigne un rocher, mais aussi un point fortifié élevé. Le nomAlric, d'origine germanique, signifie « tout puissant » (deall : tout, etric : roi), et s'est implanté dans le Midi par l'intermédiaire des Wisigoths, dont un chef,Alaric II, régna sur leroyaume wisigoth (capitale Toulouse), de 484 à 507. DuXVIe au XVIIIe siècle, le village fut également appeléLa Roque Henry, sans doute par volonté des autorités religieuses de christianiser ce nom. Il retrouva son nom unique, La Roque Alric, à la Révolution.
Des traces d'occupation gallo-romaine ont été retrouvées sur le territoire communal. Au vallon de Roubiol, des fragments funéraires et une section d'un fût de colonne portant la représentation en ronde bosse d'un autel votif[16], un site àtegulae etimbrices (tuiles gallo-romaines)[17]. Plus récemment a été trouvé dans ce vallon un fragment de meule rotative romaine en basalte. Une stèle funéraire (uncippe), datant duIIIe ou IVe siècle de notre ère, a été retrouvée en 1961 par le professeur Pierre Fayot dans le jardin du presbytère : cecippe comporte une inscription mentionnant le nom de la mère masculinisé[18], ainsi que la gravure d’uneascia (sorte d'herminette pour creuser la pierre), signe interprété par certains comme des symboles pythagoriciens, par d’autres chercheurs comme des symboles chrétiens[19] et dont le sens reste inconnu.
La première mention écrite dufief de la Roque Alric remonte à 1253, dans un manuscrit d’hommage de Raymond D’Agoult, seigneur de Beaumes, Durban et La Roque Alric, à son suzerain le comte de Poitiers et de Toulouse[20]. La Roque Alric est mentionné dans cet acte comme un castrum et une villa, village perché et fortifié. En 1271, le fief de La Roque Alric est rattaché, comme tout le Comtat Venaissin, à l'autorité du Pape, représentée par un recteur siégeant à Carpentras, et un vice-légat siégeant à Avignon.
Le fief de La Roque passe ensuite entre les mains de différentes familles, selon les vicissitudes des héritages, des mariages et des ventes : Raymond d’Agoult vend en 1288 le fief auxMormoiron, le fief est ensuite réuni à la maison deVenasque en 1421, puis à la famille des De Raymond deModène en 1480, aux De Chaza en 1561. En 1613, il est vendu à la famille Raffélis de Tertulle, puis transmis en 1650 à la famille de Tertulle de Labaume Pluvinel.
Les seigneurs mirent en fermage leur domaine foncier de La Roque et cédèrent le reste des terres cultivables à des ménagers, paysans tenanciers qui payaient annuellement le cens. Les tenanciers avaient l’obligation d’utiliser le moulin à huile (situé à l'entrée du village) et le moulin à blébanals, moyennant paiement d’une redevance[21]. La paroisse avait pour prieur le chanoine sacristain de Saint-Siffrein de Carpentras, qui percevait la dîme sur les agneaux, les grains et le vin, une partie de cette dîme servant à payer la portion congrue du curé.
En 1791, les villageois de La Roque Alric s'associent à ceux duBarroux et deSaint-Hippolyte-le-Graveyron pour envoyer à l’Assemblée Électorale de Vaucluse des représentants favorables au rattachement du Comtat Venaissin à la France. Cette assemblée vote en majorité pour le rattachement, qui est proclamé à Paris par l’Assemblée Nationale le. Le village est tout d’abord rattaché au département de la Drôme (comme tout le district de Carpentras), puis au département de Vaucluse créé le.
Durant la période révolutionnaire, la maison seigneuriale est mise à sac en 1792, comme dans d'autres villages de la région, et le petit village contribue lui aussi à l’effort de guerre en répondant aux réquisitions d’hommes, de fusils et de grains.
L'école est installée au village en 1842, et la classe a lieu dans un local situé au-dessus du four à pain communal. Il faudra attendre 1899 pour qu’une école soit construite. Les villageois mettent en place différentes solutions pour capter les eaux de pluie, ainsi que les sources et les eaux filtrantes aux alentours du village et à Roubiol : citernes, puits, mines à eau (tunes), et une fontaine publique est construite au village en 1856. AuXIXe siècle, alors que la plaine du Comtat voit son agriculture se diversifier et se tourner vers le commerce, grâce à la construction du canal de Carpentras, les quelques villages du massif des Dentelles continuent à vivre d’une agriculture de subsistance, autour du blé, de l’huile d’olive, de la vigne et de petits élevages ovins. Le moulin à huile fonctionne jusqu'à la fin duXIXe siècle. Chaque famille élevait des vers à soie dans les chambrées : la sériciculture fut pratiquée jusque dans les années 1930, et les quelques mûriers qui subsistent dans le village témoignent de cette époque.
Comme dans tout le Comtat, le village, qui compte plus de 150 habitants en 1854, subit ensuite les crises agricoles provoquées par le phylloxéra et par les maladies du ver à soie, et voit sa population décroître en raison de l'exode rural.
Lors de la guerre de 1914-1918, dix villageois sont mobilisés, et La Roque-Alric est l'un des rares villages du Vaucluse à ne compter aucun soldat tué[22], ce qui explique l'absence de monument aux morts.
Dans la première moitié duXXe siècle, le village abandonne l’agriculture traditionnelle et s'engage dans la culture des abricotiers et de la vigne. Le classement du vignoble de La Roque-Alric en AOCbeaumes-de-venise etAOC ventoux, puis le gel des oliviers en 1956, orientèrent ensuite l'activité agricole vers la monoculture de la vigne.
La commune deLa Roque Alric, qui faisait partie duComtat Venaissin dans lesÉtats pontificaux en 1789, est passée dans le département de laDrôme en 1792, puis dans celui deVaucluse en 1793 (district deCarpentras et canton de Malaucène). En 1801, le village intègre l'arrondissement d'Orange et le canton deBeaumes, devenuBeaumes-de-Venise en 1954. Le village a intégré l'arrondissement de Carpentras à la suite de la suppression de l'arrondissement d'Orange en 1926. Il fait partie du canton de Vaison-la-Romaine depuis 2015.
| Période | Identité | Étiquette | Qualité | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Maires avant 1965
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| 1965 | février 1971 | Fernand Brunet | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| mars 1971 | mars 2008 | Henri Girard | Apparenté PCF | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Mars 2008 | Avril 2020 | Francis Jullien | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Avril 2020 | en cours | José Linhares | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Sous l'ancien régime pontifical, des recensements eurent à compter de la fin duXVIIe siècle, à l'initiative des recteurs, qui s'appuyèrent sur le clergé local : ainsi, à La Roque Alric, on relève, en 1699, 140 habitants, 120 en 1709, 131 en 1716, 142 en 1750, 86 en 1790[24]. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[25]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[26].
En 2023, la commune comptait 50 habitants[Note 2], en évolution de −1,96 % par rapport à 2017 (Vaucluse : +2,25 %,France horsMayotte : +2,36 %).
| 1793 | 1800 | 1806 | 1821 | 1831 | 1836 | 1841 | 1846 | 1851 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 100 | 79 | 109 | 129 | 140 | 134 | 106 | 114 | 151 |
| 1856 | 1861 | 1866 | 1872 | 1876 | 1881 | 1886 | 1891 | 1896 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 154 | 147 | 141 | 111 | 106 | 94 | 92 | 75 | 74 |
| 1901 | 1906 | 1911 | 1921 | 1926 | 1931 | 1936 | 1946 | 1954 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 71 | 85 | 79 | 40 | 53 | 51 | 47 | 32 | 33 |
| 1962 | 1968 | 1975 | 1982 | 1990 | 1999 | 2006 | 2007 | 2012 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 42 | 33 | 36 | 52 | 59 | 54 | 69 | 71 | 52 |
| 2017 | 2022 | 2023 | - | - | - | - | - | - |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 51 | 51 | 50 | - | - | - | - | - | - |

Un très petit village vivant d'un peu de tourisme (une chambre d'hôtes + gîtes) et d'agriculture.
Culture de la vigne, production de vins en AOCcôtes-du-Rhône et duBeaumes-de-venise et duMuscat de Beaumes-de-Venise[29].
Les collèges et lycées (classique ou d'enseignement professionnel) se trouvent surVaison-la-Romaine,Carpentras etOrange.
Le cadre desDentelles de Montmirail est propice aux randonnées pédestres, cyclotouristiques et à VTT, ainsi qu'à la pratique de l'escalade.
Les spécialistes, hôpitaux et cliniques se trouvent surVaison-la-Romaine,Carpentras etOrange.
Lacollecte et traitement des déchets des ménages et déchets assimilés et laprotection et mise en valeur de l'environnement se font dans le cadre de laCommunauté d'agglomération Ventoux-Comtat Venaissin (la Cove).
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