Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant lesréférences utiles à savérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ».
L’est duHolstein fut colonisé par des tribusSlaves — principalement lesWagriens et lesPolabes — à partir de la fin duVIIe siècle, dans le contexte du retrait partiel des populations germaniques[2]. À la suite de la victoire deCharlemagne sur lesSaxons, le territoire du Holstein oriental fut attribué auxAbodrites, alliés de l’Empire carolingien[3].
La colline insulaire deBuku(de), ou Bucu, située entre laTrave et laWakenitz, était occupée dès leVIIe siècle par un habitat fortifié slave. Des fouilles archéologiques ont révélé une structure défensive comprenant une fosse large d'environ 3,5 m et profonde de 2,5 m, protégeant un habitat d'environ 6 hectares[4]. Sur un promontoire formé par laTrave et laSchwartau(de), une première fortification en bois et terre fut édifiée vers, comme l’attestent les datationsdendrochronologiques[5]. AuXe siècle,Liubice était, avecStarigrad (« vieille cité ») aujourd’hui Oldenbourg, l’un des deux principaux centres politiques des Abodrites[6].
Sous le règne du prince abordite chrétienGottschalk (env. 1043–1066), la place forte fut reconstruite et dotée d’un nouveau rempart daté de[7]. La ville, en conflit permanent avec lesLutices, peuple slave opposé à la christianisation, connut un essor religieux et commercial avant que Gottschalk ne soit assassiné en, événement qui entraîna la destruction partielle des infrastructures chrétiennes[8]. En, le princeHenri (fils de Gottschalk) prit le pouvoir après avoir éliminéKruto et fit deLiubice sa résidence[9]. Sous son règne, la cité se dota : d’uneéglise en pierre, construite vers, à l’intérieur de la forteresse[10] ; d’une colonie de marchands saxons établie à proximité, avec enceinte propre et église dédiée ; d’un port actif sur la Trave ; et, possiblement, d’un atelier monétaire local. À la mort d’Henri en, les luttes internes affaiblirent la principauté. En — ou selon certaines sources en —,Liubice fut incendiée par lesRanes (ou Rugiens), une tribu slave deRügen[11]. Le site perdit alors son rôle politique et ne retrouva pas son importance passée avant la fondation de la ville actuelle de Lübeck en.
La colonisation allemande et le château fort de Lübeck
La ville de Lübeck dans sa situation actuelle sur la colline, fut ensuite refondée en 1143 par le comteAdolphe II de Schauenburg et Holstein en réutilisant les fortifications existantes[12]. Lübeck devint la première ville portuaire allemande sur lamer Baltique.
Le chroniqueurHelmold von Bosau, dans saChronica Slavorum rédigée vers 1147, décrit un château protégé par un talus de bois et de terre[13]. Des fouilles ont mis au jour un puits daté autour de 1155, attestant d'une occupation continue[14].
En 1158, Adolphe II dut céder le château àHenri le Lion dans un contexte de tensions politiques liées à la succession danoise[15]. Après un incendie en 1159, Henri fit reconstruire la ville[16].
Après la chute de Henri en 1181, Lübeck fut placée sous administration impériale, sans que cela n'entraîne encore de changement de statut juridique. Elle fut ensuite brièvement rattachée auDuché de Saxe jusqu'en 1192, puis auComté de Holstein, bien que ce contrôle ait été contesté et de courte durée[17],[18]. De 1217 à 1227, la ville et le château furent sous domination du roiValdemar II de Danemark, qui confirma les privilèges urbains[19].
Le 28 août 1226, l'empereurFrédéric II accorda à Lübeck le statut de ville impériale libre par une charte impériale (Privilegium Fridericianum)[20]. Toutefois, ce statut resta sans effet immédiat, la ville demeurant de facto sous occupation danoise jusqu'à labataille de Bornhöved en 1227, qui mit fin à la domination du Danemark en Holstein et en Wagrie[21].
En 1229, l'ancien château fut remplacé par un monastèredominicain dédié à sainte Marie-Madeleine (Burgkloster), devenu l’un des plus importants établissements monastiques du nord de l’Allemagne[22]. Aujourd'hui, le site est intégré auEuropean Hansemuseum et fait partie du périmètre classé auPatrimoine mondial de l'UNESCO[23].
Letexte ne doit pas être écrit en capitales (les noms de famille non plus), ni en gras, ni en italique, ni en « petit »…
Legras n'est utilisé que pour surligner le titre de l'article dans l'introduction, une seule fois.
L'italique est rarement utilisé : mots en langue étrangère, titres d'œuvres, noms de bateaux, etc.
Lescitations ne sont pas en italique mais en corps de texte normal. Elles sont entourées par des guillemets français : « et ».
Leslistes à puces sont à éviter, des paragraphes rédigés étant largement préférés. Lestableaux sont à réserver à la présentation de données structurées (résultats, etc.).
Les appels denote de bas de page (petits chiffres en exposant,introduits par l'outil « Source ») sont à placer entre la fin de phrase et le point final[comme ça].
Lesliens internes (vers d'autres articles de Wikipédia) sont à choisir avec parcimonie. Créez des liens vers des articles approfondissant le sujet. Les termes génériques sans rapport avec le sujet sont à éviter, ainsi que les répétitions de liens vers un même terme.
Lesliens externes sont à placeruniquement dans une section « Liens externes », à la fin de l'article. Ces liens sont à choisir avec parcimonie suivantles règles définies. Si un lien sert desource à l'article, son insertion dans le texte est à fairepar les notes de bas de page.
Grâce à sa position stratégique entre la mer du Nord et la mer Baltique, à l'embouchure de la Trave, Lübeck profita dès le milieu du XIIe siècle d’un essor rapide fondé sur le commerce maritime. En 1159, après l’abandon du projet concurrent de Löwenstadt et la cession du site par le comteAdolphe II de Schauenburg et Holstein,Henri le Lion fit reconstruire la ville à la suite de sa destruction par un incendie en 1157. Pour cela, il renonça à sa résidence deBardowick, affirmant ainsi l'importance stratégique du site[24].
En 1160, Lübeck obtint le droit urbain de Soest (Soester Stadtrecht), qui servit de base juridique à son autonomie municipale[25]. Cette étape est aujourd’hui considérée comme le début de laHanse des marchands, antérieure à la formation de laHanse des villes proprement dite.
Le tournant décisif eut lieu en 1161 avec le privilège d’Artlenbourg, par lequel Henri le Lion garantissait aux marchands de Lübeck l’égalité de droits avec les marchands goths (Gotländer), jusque-là dominants dans le commerce en mer Baltique[26]. Cette égalité juridique renforça considérablement la position des marchands saxons sur les routes commerciales de la Baltique.
Parallèlement, les chroniques d’Helmold von Bosau (Chronica Slavorum) et de son successeurArnold von Lübeck témoignent dès cette époque du développement de Lübeck et des relations avec les tribus slaves des régions environnantes[27].
En 1182, l’empereurFrédéric Barberousse investit le ducBogislav Ier de Poméranie du fief de Lübeck et du duché de Poméranie[28]. Puis, en 1188, un privilège impérial accorda à Lübeck un territoire et des droits commerciaux étendus, renforçant sa position face aux villes rivales[29].
La constitution municipale mise en place par Henri le Lion établissait unconseil de vingt membres, issus exclusivement de l’élite marchande, et cooptés selon un mécanisme interne. Jusqu’à quatremaires pouvaient être élus parmi eux. Une règle importante interdisait la présence simultanée de plusieurs membres d’une même famille, ce qui visait à limiter les dynasties[30]. Ce modèle oligarchique se maintint en grande partie jusqu’au XIXe siècle.
Au cours du XIVe siècle, Lübeck devint la capitale de laLigue hanséatique et la deuxième ville d’Allemagne après Cologne. Elle exerçait alors une juridiction d’appel pour l’ensemble de la Hanse, et son droit urbain (Lübisches Recht) servit de modèle à de nombreuses villes enBaltique et enAllemagne du Nord[31].
En coopération étroite avecHambourg, Lübeck dominait une grande partie du commerce entre la Scandinavie,Novgorod et l’Europe occidentale. Pour protéger ses routes maritimes, la ville entretenait une flotte militaire importante, utilisée notamment contre la piraterie[32].
Le déclin progressif de la Hanse, amorcé à la fin du XVe siècle, réduisit l’influence de Lübeck, qui demeura néanmoins un centre commercial actif jusqu’à l’époque moderne[33].
Le jour de labataille de Loigny, le, le commandant de la17e division,Hugo von Kottwitz, s'avança devant le bataillon Fusilier du régiment, les exhortant à « commémorer la bravoure de la Ligue hanséatique ». Son attaque se porta au nord tandis que les autres bataillons se tournaient vers Loigny. Ce choc surprit tellement les Français qu'ils furent envahis sur leur flanc. La bataille devait devenir le mythe fondateur du dernier régiment de Lübeck, le162e régiment d'infanterie(de).
Lorsque le commandant du bataillon revint à Lübeck avec son bataillon, il fut nommé commandant du régiment.
En1919, la ville hérite de la gestion de la fortune d'Emil Possehl, marchand et industriel, qui lui légua son héritage sous la forme d'une fondation à but non lucratif ;Possehl, basée à Lübeck, gère aujourd'hui plus d'une centaine de sociétés européennes.
Le bilan est très lourd : 320 morts, 784 blessés, 1 425 habitations détruites, incendie de la vieille ville, destruction de l'église Sainte-Marie, de lacathédrale et d'autres monuments. L'église gothique Saint-Jacques est l'une des seules à ne pas avoir été touchée.
Arrondissement du duché de Lauenbourg (Herzogtum Lauenburg) avec les communes de Groß Grönau et Groß Sarau, Klempau, Krummesse, Rondeshagen et Bliestorf ainsi que Groß Schenkenberg.
Arrondissement de Stormarn qui comprend Klein Wesenberg, Wesenberg, Hamberge, Badendorf, Heilshoop et Mönkhagen.
Les arrondissements de Herzogtum Lauenburg et Stormarn appartiennent déjà à l'agglomération deHambourg,métropole européenne. Lübeck, en tant que ville principale, forme avec Stockelsdorf, Bad Schwartau, Ratekau et Groß Grönau une agglomération. Une urbanisation importante, du fait de l'attrait de la région, se développe également dans les communes voisines du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.
La commune deKrummesse possède une caractéristique unique en Allemagne, elle possède la plus longue frontière communale relativement à son territoire.
Dans les communes frontalières de Lübeck résident environ 70 000 habitants, de sorte que son agglomération atteint les 283 000 habitants.
Depuis la décision des citoyens du, la ville de Lübeck est divisée en dix quartiers (Stadtteile). Ceux-ci sont eux-mêmes divisés en 35 arrondissements (Stadtbezirke).
Les 10 quartiers avec leurs numéros administratifs et nombres d'habitants sont :
01 Innenstadt (environ 12 000 habitants)
02 St. Jürgen (environ 40 000 habitants)
03 Moisling (environ 10 000 habitants)
04 Buntekuh (environ 10 000 habitants)
05 St. Lorenz-Süd (environ 12 000 habitants)
06 St. Lorenz-Nord (environ 40 000 habitants)
07 St. Gertrud (environ 40 000 habitants)
08 Schlutup (environ 6 000 habitants)
09 Kücknitz (environ 20 000 habitants)
10 Travemünde (environ 15 000 habitants)
Les quartiers lübeckois ont acquis chacun une identité propre au cours du temps.
L'Innenstadt (le centre-ville) est le centre touristique de Lübeck, le quartier le plus vieux et le plus petit. L'Innenstadt se situe principalement sur l'Altstadtinsel (littéralement île de la vieille ville) entre laTrave et le Wakenitz et qui s'étend sur environ 2 kilomètres du nord au sud et 1,5 kilomètre d'est en ouest. Quelques bâtiments significatifs se situent sur une petite île environnante (par exemple laHolstentor, qui se situe à l'extrémité de laWallhalbinsel. Pour quitter l'Innenstadt, on doit dans tous les cas utiliser un pont qui franchit l'ancienne ceinture de fortification autour de la ville. La nouvelle ville, au contraire de la majorité des autres villes, ne s'accole pas directement à l'ancienne ville médiévale.
À l'ouest de laHolstentor se trouvent les deux banlieues de Sankt Lorenz-Nord et Sankt Lorenz-Süd, séparée par le chemin de fer. C'est l'église St. Lorenz sur le Steinrader Weg, qui se trouve à l'emplacement de la chapelle d'un cimetière datant d'une épidémie de peste auXVIe siècle. De la moitié à la fin duXIXe siècle, ces banlieues furent surtout construites pour les classes pauvres et moyennes, et une culture ouvrière s'y établit. Dans laMeierstraße dans le St. Lorenz-Süd naquitWilly Brandt. Karl Friedrich Stellbrink, un pasteur lubecquois victime dunazisme, travaillait dans le quartier de St. Lorenz-Süd. Aujourd'hui les immeubles et les industries (Drägerwerk AG) dominent toujours ces quartiers qui comportent peu d'espaces verts.
Au-delà de la voie ferrée après St. Lorenz-Süd se trouvent les quartiers de Buntekuh et Moisling qui sont recouverts d'immeubles desannées 1960. Dans le quartier de Buntekuh, on trouve également des zones industrielles étendues le long de l'A1. Le quartier de Moisling au contraire de celui de Buntekuh possède une histoire centenaire : déjà auXVIIe siècle il y avait à cet emplacement une cité danoise dont la majeure partie de la population était de confession juive. Aujourd'hui subsiste encore un cimetière israélite. Le quartier de Buntekuh (littéralementvache colorée) doit son nom à un domaine agricole qui existait ici jusqu'à la fin desannées 1950. Ce domaine reçut ce nom d'après le nom d'un voilier de laHanse leBunte Kuh, qui conduisit en1401 l'attaque contre le pirateKlaus Störtebeker.
Au sud de la vieille ville sur la péninsule de Wakenitz et à la bordure est de la vieille ville, se trouve le quartier Sankt Jürgen, recouvert au nord par un quartier résidentiel de villas et au sud plutôt par des immeubles desannées 1950 auxannées 1970. Ce quartier prend fin au sud avec une large ceinture d'espaces verts constituée de champs et de prairies dans la campagne de Lauenburg. À l'est le quartier est délimité par la Wakenitz, à cet endroit à cause de l'ancienne frontière entre les deux Allemagnes se trouve dans les plaines alluviales un parc naturel. Dans St. Jürgen se situent les deux plus grands établissements d'enseignement supérieur de la ville, l'université et laFachhochschule. St. Jürgen possède avec l'Innenstadt la plus forte concentration étudiante. À l'origine St. Jürgen était une banlieue avec des exploitations horticoles et des pâturages. Aujourd'hui, seules quatre exploitations horticoles subsistent du fait de l'urbanisation des terrains comme le quartier de l'université qui s'est étendu depuis l'ancien monastère.
Sankt Gertrud au nord de la vieille ville est comme St. Jürgen, à proximité de la vieille ville, recouverte de demeures classiques et de villas d'époque autour du parc municipal et de la Wakenitz. Plus à l'est se situent des quartiers d'habitations modernes pour toutes les couches sociales.
Sur laTrave, se trouve le très intéressantvillage de pêcheurs de Gothmund avec des chaumières qui ont conservé leurs toits de chaume. Ici se trouve aussi la forêt municipale de Lauerholz, dans lequel la frontière avec l'ancienneRDA se laisse suivre.
Au-delà de la forêt communale de Lauerholz se trouve le petit quartier de Schlutup, qui est avant tout recouvert par les poissonneries du port sur laTrave qui se transforme actuellement en port spécialisé dans les emballages papier. Dans Schlutup se trouvait avant la réunification le passage frontalier nord entre laRFA et laRDA : le chemin d'acheminement versRostock etSassnitz en utilisant la B105.
Au nord de laTrave se trouve Kücknitz, l'ancien quartier industriel de Lübeck. Ici jusque dans lesannées 1980, de la fonte, du coke, du ciment, du cuivre entre autres furent produits par des hauts-fourneaux. Aujourd'hui le musée du travail, dans l'atelier historique Herrenwyk, rappelle cette époque. À Kücknitz se trouve une partie importante du port de Lübeck, qui est constituée entre autres d'un nouveau terminal de conteneurs. Le chantier naval Flender, riche en tradition de ce quartier, fit faillite en2002.
À l'embouchure de laTrave se situe enfin Travemünde, qui fut déjà annexée à Lübeck auXIVe siècle et qui depuis1801 est reconnue en tant que station balnéaire. Les attraits de Travemünde sont sa large plage de sable sur le site même ou sur la presqu'île Priwall qui ne pouvait être atteinte que par bac avant la réunification car elle était fermée par la RDA.
Au sud de la presqu'île se trouve laPötenitzer Wiek, une baie de la Trave qui à cause de la proximité avec la frontière conserve une biodiversité importante. À Travemünde se situe le port deSkandinavienkai(de), le grand port allemand de croisière sur lamer Baltique qui a des liaisons avec de nombreux ports commeTrelleborg,Helsinki ouKlaipėda.
Thomas Mann (1875-1955) : romancier, prix Nobel de littérature (1929), auteur notamment de Les Buddenbrook, inspiré par la vie de sa famille à Lübeck.
Günter Grass (1927-2015) : écrivain, poète et artiste visuel, prix Nobel de littérature (1999), auteur du Tambour (Die Blechtrommel).
Bernt Notke (v. 1440-1509) : peintre et sculpteur d’origine probable de Lübeck, auteur du célèbre Totentanz (Danse macabre) de l’église Sainte-Marie.
Dieterich Buxtehude (v. 1637-1707) : organiste et compositeur baroque, maître de chapelle à l’église Sainte-Marie, influença notamment Johann Sebastian Bach.
Ida Boy-Ed (1852-1928) : romancière et journaliste, figure féminine importante de la vie culturelle lübeckoise du tournant du XXᵉ siècle.
En1987, l'UNESCO déclarapatrimoine mondial les parties conservées de la vieille ville[34]. L'aire protégée par l'UNESCO comprend les bâtiments les plus importants de la ville, tels que l'hôtel de ville (Rathaus), le Koberg (quartier duXIIIe siècle entièrement conservé) ou leHolstentor.
Lübeck incarne le stylegothique de brique, un style architectural majeur dans les régions fortement urbanisées de l’Allemagne du Nord et autour de la mer Baltique, caractérisé par l’usage abondant de briques de terre cuite en l’absence de granit naturel ou de grès. L’église Sainte-Marie, construite entre 1250 et 1352, est considérée comme la « mère des églises de briques » dans l’espace hanséatique, ayant servi de modèle à plus de soixante-dix édifices dans la région[35]. De ce fait, Lübeck joue un rôle essentiel non seulement dans la diffusion, mais dans l’ancrage et le prestige de laBacksteingotik comme forme d’expression visuelle et symbolique du pouvoir marchand hanséatique[36].
Holstentor : porte monumentale de brique gothique édifiée entre 1464 et 1478, vestige des anciennes fortifications de Lübeck, symbole de la puissance hanséatique de la ville. Restaurée au XIXᵉ siècle, elle abrite aujourd’hui un musée sur l’histoire urbaine et commerciale.
Musée européen de la Hanse : inauguré en 2015, il retrace l’histoire de la Ligue hanséatique à travers collections archéologiques, documents d’archives et reconstitutions immersives. Installé sur le site d’anciens bâtiments médiévaux, il combine architecture contemporaine et vestiges historiques.
Maison des Buddenbrook : demeure familiale du XIXᵉ siècle, rendue célèbre par le romanLes Buddenbrook de Thomas Mann, transformée en musée dédié à l’écrivain et à son œuvre.
L'église Sainte-Marie : construite entre 1250 et 1350 en brique gothique, elle fut un modèle architectural pour de nombreuses églises de la Baltique. Gravement endommagée en 1942, elle a été restaurée et conserve des vestiges de ses fresques et orgues historiques.Elle contient une reproduction moderne de la célèbredanse macabre de Lübeck.
Synagogue de Lübeck : édifiée en 1880 dans un style néo-mauresque, elle fut détruite lors de la Nuit de cristal en 1938 ; un nouvel édifice, inauguré en 1960, abrite aujourd’hui la communauté juive de Lübeck.
Cathédrale de Lübeck : fondée en 1173 par Henri le Lion, d’abord romane puis agrandie en style gothique de brique, elle est l’une des plus anciennes églises de la ville ; reconstruite après les bombardements de 1942.
LeRathaus : hôtel de ville commencé vers 1230, mêlant gothique de brique et ajouts Renaissance, il témoigne de la richesse marchande de Lübeck ; encore siège du gouvernement municipal.
Maison Günter Grass : ouverte en 2002 dans une ancienne maison de canuts, elle présente des expositions sur l’œuvre littéraire et graphique de l’écrivain, prix Nobel de littérature, ainsi que ses archives et travaux artistiques.
KOLK 17 Figurentheater & Museum : installé dans des maisons gothiques près du Holstentor, il présente une importante collection internationale de marionnettes, ombres et automates[37]. Lieu de spectacle vivant, il propose aussi une programmation de théâtre de figures pour enfants et adultes.
Le « Koberg » est la grande place située au nord de la vieille ville de Lübeck, entourée notamment par l’église Saint-Jacques (St. Jakobi) et l’Hôpital du Saint-Esprit ; l’ensemble constitue un quartier médiéval largement préservé et intégré au périmètre UNESCO.
Après 1945, sous administration britannique, Lübeck adopte un système bicéphale séparant la représentation politique et la direction administrative : un président de la Bürgerschaft (Stadtpräsident) présidant l’assemblée municipale, et un Oberstadtdirektor chargé de l’exécutif. Cette organisation, introduite en 1946, s’inscrivait dans le cadre des réformes administratives du Schleswig-Holstein. En 1950, les fonctions sont stabilisées : le Stadtpräsident reste chef de l’assemblée, tandis que le Bürgermeister dirige l’administration.
Depuis la réforme municipale de 1997, le Bürgermeister (maire exécutif) est élu directement au suffrage universel pour un mandat de six ans. Bernd Saxe (SPD) est élu en 2000, réélu en 2005 et 2011, avant de quitter ses fonctions en avril 2018. Jan Lindenau (SPD) lui succède le 1ᵉʳ mai 2018 et est réélu en 2023 avec 65,8 % des suffrages au second tour face à la candidate de la CDU[38]. La mairie exécutive est détenue par le SPD sans interruption depuis 1988.
La composition de la Bürgerschaft a évolué vers un paysage fragmenté : lors du scrutin municipal du 14 mai 2023, la CDU, le SPD et les Grünen ont chacun obtenu environ 22–24 % des voix, loin de la majorité absolue, rendant nécessaires des alliances ponctuelles[39]. Cette répartition, conjuguée à la progression de l’AfD et à l’apparition de nouveaux partis comme Volt, a renforcé la culture de compromis au sein de l’assemblée municipale[39].
L'expression « cône de Lübeck » qui désigne uncône de chantier (Lübecker Hütchen, « chapeau de Lübeck » en allemand) vient du fait que ces derniers ont longtemps été produits dans cette ville[41].
↑Hammel-Kiesow, Rolf :Die Hanse, C.H. Beck, 2019, p. 25.
↑Westphal, Siegfried :Die rechtliche Entwicklung der Stadt Lübeck bis zum Jahr 1226, in :Zeitschrift der Gesellschaft für Lübeckische Geschichte und Altertumskunde, vol. 43, 1963, p. 17-29.
↑Hofmeister, Adolf :Urkundenbuch der Stadt Lübeck, vol. 1, Lübeck, 1843, n° 27.
↑Hofmeister, Adolf :Urkundenbuch der Stadt Lübeck, vol. 1, Lübeck, 1843, n° 44.
↑Röhricht, Reinhold :Geschichte des Königreichs Dänemark, Perthes, Gotha, 1890, p. 212-214.
↑Vogeler, Martha:Das Lübecker Burgkloster und seine Baugeschichte, Lübeck, Schmidt-Römhild, 1985
↑UNESCO:Hanseatic City of Lübeck, fiche 272, consultée le 4 août 2025
↑Hammel-Kiesow, Rolf :Die Hanse, C.H. Beck, 2019, p. 25-27.
↑Westphal, Siegfried :Die rechtliche Entwicklung der Stadt Lübeck bis zum Jahr 1226, in :Zeitschrift der Gesellschaft für Lübeckische Geschichte und Altertumskunde, vol. 43, 1963, p. 19-21.
↑Urkunde Heinrichs des Löwen für Lübeck (Privileg von Artlenburg), 1161, in :Urkundenbuch der Stadt Lübeck, vol. 1, Lübeck, 1843, n° 9.
↑Helmold von Bosau :Chronica Slavorum, éd. Bernhard Schmeidler, Monumenta Germaniae Historica, Scriptores rerum Germanicarum, 1937 ; Arnold von Lübeck :Chronica Slavorum Continuatio.
↑Schultz, Werner :Lübeck und die pommerschen Herzöge im Mittelalter, in :Hansische Geschichtsblätter, vol. 92, 1974, p. 12-14.
↑Urkunde Friedrichs I. für Lübeck, 1188, in :Urkundenbuch der Stadt Lübeck, vol. 1, Lübeck, 1843, n° 33.
↑Graßmann, Antjekathrin :Lübeckische Geschichte, Schmidt-Römhild, 1989, p. 98-101.
↑Hammel-Kiesow, Rolf :Die Hanse, op. cit., p. 45-48.
↑Dollinger, Philippe :La Hanse, Aubier, 1964, p. 158-162.
↑Hammel-Kiesow, Rolf :Die Hanse, op. cit., p. 90-93.