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| Léon Meiss | |
| Fonctions | |
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| Président d'Éclaireuses et éclaireurs israélites de France | |
| – (6 ans) | |
| Prédécesseur | Edmond Fleg |
| Successeur | Jean-Louis Trèves |
| Président du Conseil représentatif des institutions juives de France | |
| – (11 ans) | |
| Prédécesseur | Fonction créée |
| Successeur | Vidal Modiano |
| Président du Consistoire central israélite de France | |
| – (5 ans) | |
| Prédécesseur | Jacques Helbronner |
| Successeur | Guy de Rothschild |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Léon Frédéric Meiss |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Sarrebourg (Lorraine annexée) |
| Date de décès | (à 70 ans) |
| Lieu de décès | Courbevoie |
| Nationalité | |
| Père | Israel Meiss |
| Mère | Eve Neumann |
| Conjoint | Georgette Kahn |
| Enfants | 2 enfants |
| Famille | Famille Meiss |
| Diplômé de | Université de Strasbourg |
| Profession | magistrat |
| Distinctions | |
| Religion | Judaïsme |
| Plaque commémorative | |
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Léon Meiss est unmagistrat français, né le àSarrebourg et mort le àCourbevoie. Il est président de la11e chambre de laCour d'appel de Paris etconseiller à laCour de Cassation.
Dirigeant notoire de la communauté juive de France, pendant et après la guerre, il est président duConsistoire central israélite de France de 1944 à 1949, succédant àJacques Helbronner. Il est le fondateur en 1944 et premier président duCRIF jusqu'en 1950 et, succédant àEdmond Fleg, président desEIF (Éclaireurs Israélites de France) de 1949 à 1955. Il fait partie du comité central de l'Alliance. Léon Meiss est, en, à l’origine de la création duFSJU (Fonds social juif unifié) et en préside la conférence constitutive. Il préside également l'ORT France, l'Union-ORT et l'OSE France.
Léon Frédéric Meiss est né àSarrebourg, (enLorraine annexée à l'Empire allemand depuis 1871), le, dans une famille juive traditionaliste. Il est le fils d'Israel (Isidore) Meiss (Ingwiller -Sarrebourg) et Eve (Ida) Neumann (2 aout 1864Fegersheim - 17 aout 1939Sarrebourg), mariés àSarrebourg le. Il a une sœur ainée, Jeanne, née le àSarrebourg.
Après laguerre, il étudie le droit àStrasbourg et reçoit une licence en droit et undiplôme d'études supérieures de droit. Le, il épouse Georgette Kahn, deMaizières-lès-Metz, elle-même licenciée en droit. Ils ont deux filles, Françoise Perez-Meiss[1] née en 1933 et Marianne Ullmann née en 1937.
Il entre dans lamagistrature et est nommé, en 1920,procureurcantonal àBrumath et, en,jugesuppléant àStrasbourg.
Léon Meiss est successivement nommé dans diverses villes de l’est de la France :juge en etsubstitut en, àBriey;substitut àSaint-Dié (aout 1926),Charleville () etÉpinal ();procureur àBriey () et enfinNancy où, après avoir été, à partir d', vice-président duTribunal de première instance, il devient, en,conseiller à laCour d’appel.
Léon Meiss est mobilisé (de à) et sert comme capitaine dans lajustice militaire. Il est président deTribunal militaire.
Il est relevé de ses fonctions « pour appartenance à la race juive »[2], le. Pendant l'occupation, il se replie avec sa famille, àVilleurbanne. Sans emploi, il s'investit dans le travail manuel et devient apprentitourneur sur métaux à l'école professionnelle de la Martinière, àLyon. Coopté comme membre du Consistoire central en tant que délégué du Consistoire de Lyon, puis nommé directeur du Consistoire central, il se rend régulièrement après le service religieux à lasynagogue du quai Tilsitt, au siège du Consistoire central, rue Boissac. Il contribue à la fondation de fermes agricoles qui servent à cacher des jeunes juifs pendant l'occupation, en particulier la ferme àSaint-Germain-de-Joux dans l'Ain. Il établit une liaison permanente avec les différents centres de résistance àToulouse,Grenoble,Marseille, etc. Il travaille de concert avec l'UJRE (Union des juifs pour la résistance et l'entraide) et est mobilisé dans lesFFI[3]. ÀLyon, il est, à partir de, vice-président et chargé des œuvres sociales duConsistoire israélite. Il met à l’abri des milliers de personnes qui avaient fui l’oppression nazie, escorte ou place leurs enfants enSuisse, en fait passer d’autres enEspagne.
À l'arrestation deJacques Helbronner[4], le président duConsistoire central israélite de France, en, il accepte de le remplacer, bien que sachant le danger de cette position. Léon Meiss quitteVilleurbanne pour éviter d'être pris par laGestapo, pourVaulx-en-Velin, avant de se réfugier enSavoie. Sa sœur Jeanne Lévy-Meiss, son beau-frère Sylvain Lévy-Meiss (né le 23 novembre 1893 àEnnery (Moselle). et leurs enfants Madeleine Lévy-Meiss (née le 15 décembre 1920 àSarrebourg) (Moselle), Jacqueline Lévy-Meiss (née le 13 décembre 1926 àSarrebourg) (Moselle) et Simone Lévy-Meiss (née le 5 mars 1930 àSarrebourg) (Moselle), sont arrêtés le àClermont-Ferrand, où leur dernière adresse est au 39 rue Blatin[5]. Ils sont internés àVichy et arrivent àDrancy le. Ils seront déportés sans retour le versAuschwitz par leconvoi 66 et le fils, Paul Meiss[6], né le 2 juin 1925 àSarrebourg) (Moselle), avait été arrêté un mois avant àVilleurbanne et déporté sans retour le versAuschwitz par leconvoi 63. De la famille de sa sœur, ne survit que la nièce Georgette[7].
Il est l'initiateur et le fondateur, en 1944, duCRIF qui réunit tous les organismes juifs de France. Il en est également le premier président.
À la Libération, Léon Meiss est réintégré dans ses fonctions de magistrat et nommé, en[8] vice-président auTribunal de la Seine, puis enConseiller à laCour d'appel de Paris. Il participe, fin 1945, auprocès de Nuremberg, où sont jugés les principaux dirigeants nazis, en tant que membre de la délégation française.
Il devient, en,président de Chambre[9] à laCour de Paris, ainsi qu'au tribunal militaire et auxAssises deVersailles.Il préside, entre autres, le (second) procès, en 1950, devant leTribunal militaire, du futur écrivainRené Hardy[10]; ainsi que celui dudéputégaulliste duPas-de-Calais,Antoine de Récy, devant la Cour d'assises deVersailles, en 1952[11].
Il est nommé, en,conseiller à laCour de Cassation.
Léon Meiss reste président duConsistoire central et du CRIF, et mène de pair son activité professionnelle de magistrat et celle de chef de file de la renaissance du judaïsme français.
Léon Meiss réussit à regagner Paris dans les premières semaines de. À Paris, il se rend compte des nombreux conflits qui déchirent la communauté juive. Nombreux sont ceux qui reprochent aux dirigeants consistoriaux leur passivité pendant l’Occupation. Même un modéré commeEdmond Fleg demande la démission de la totalité des membres du Consistoire à l’exception de Léon Meiss et deJoseph Fisher, ancien animateur duFonds national juif qui avait joué un rôle essentiel dans larésistance[12]. Les baronsÉdouard etRobert de Rothschild sont accusés d’avoir abandonné leurs fonctions respectives de président du Consistoire central et de président du consistoire de Paris pour se réfugier à l’étranger, et leur retour à la tête de ces organismes apparaît impossible. Les anciens dirigeants de l’Union générale des israélites de France (UGIF) sont interdits de toute activité au sein des institutions juives et les organisations de résistance réclament un procès public pour tous ceux qui ont accepté des responsabilités dans l’organisme créé par Vichy et considéré comme un instrument de collaboration.
Léon Meiss use ses liens personnels avec les groupements de Juifs étrangers et de résistance ainsi que de ses nouvelles fonctions de président du CRIF, pour aplanir les conflits, calmer les revendications et procéder, lentement et par des voies déviées, à la remise en ordre des affaires cultuelles. Il établit des contacts avec leCongrès juif mondial et les organisations juives américaines.
Il est aidé dans cette tâche parJoseph Fisher, délégué de l’Organisation sioniste. Léon Meiss est également aidé auprès des notables parRené Mayer, membre du Consistoire central et ministre duGouvernement provisoire, et parGuy de Rothschild, que sa conduite pendant lacampagne de France et dans lesForces françaises libres met à l’abri des critiques émises à l’encontre de certains membres de sa famille.
À la fin de 1944, Léon Meiss se rend auxÉtats-Unis avec legrand rabbinKaplan (futurgrand rabbin de France) etGuy de Rothschild pour assister à une session duCongrès juif mondial et prendre contact avec le judaïsme américain. il obtient, à cette occasion, l'aide de l'AJDC (American Jewish Joint Distribution Committee)[13]
Léon Meiss soutient le mouvement sioniste et dirige la délégation qui rencontre le leprésident de la République,Vincent Auriol, pour obtenir le soutien de la France à la création de l'État d'Israël.
Léon Meiss succède, en 1949, àEdmond Fleg à la présidence desÉclaireuses éclaireurs israélites de France.
Les efforts de Léon Meiss pour changer leConsistoire en promouvant des idées novatrices, comme l’introduction de la langue française dans les offices en attendant que l’enseignement de l’hébreu soit suffisamment développé, la multiplication des cercles d’étude pour adultes, la fin de la séparation entre Juifs français et immigrés, parce que « nul passeport n’était requis à la bouche des fours crématoires », l’implication du Consistoire dans le domaine social et la lutte contre l’antisémitisme, n'aboutissent pas et les institutions élues après la guerre ressemblent beaucoup à celles d'avant la guerre.
En conséquence, Léon Meiss démissionne de la présidence duConsistoire central en 1949, et duCRIF en 1950.Guy de Rothschild lui succède au Consistoire etVidal Modiano au CRIF.
Léon Meiss est président dumusée d'art et d'histoire du judaïsme, de l'école des cadres Gilbert Bloch d'Orsay et duCentre universitaire d'études juives.
Léon Meiss est décédé le, àCourbevoie. Il repose aux côtés de son épouse, aucimetière juif deMetz.

Léon Meiss est nommé, en, commandeur de l'ordre duNichan Iftikhar.
Léon Meiss reçoit lacroix des services militaires volontaires, et est nommé, en,chevalier de la Légion d'honneur à deux titres différents (du ministère de l'intérieur, et de la Résistance), puis promuofficier de la Légion d’honneur, au titre du ministère de la justice, en[14].
Il reçoit, en 1945, le titre dedocteur honoris causa duJewish Theological Seminary of America[15].
Le, la ville deVilleurbanne a donné le nom de Léon Meiss à une allée et à un square.
Présidents duConsistoire central israélite de France | |
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Président desÉclaireuses et éclaireurs israélites de France | |
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