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Léo Ferré

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Pour les articles homonymes, voirFerré.

Léo Ferré
Léo Ferré àRome en 1972.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Léo Albert Charles Antoine FerréVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
monégasque(à partir de)
françaiseVoir et modifier les données sur Wikidata
Domicile
Formation
Activités
Période d'activité
Conjoint
Odette Schunck (de 1943 à 1950)
Madeleine Rabereau (de 1952 à 1973)
Marie-Christine Diaz (de 1974 à son décès)
Enfant
Mathieu Ferré(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Annie Butor(d) (belle-fille)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Idéologie
Mouvement
Instrument
Label
Genre artistique
Site web
Discographie
Œuvres principales
Plaque commémorative.

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

Léo Ferré, né le àMonaco et mort le àCastellina in Chianti (Toscane,Italie), est unauteur-compositeur-interprète,pianiste,chef d'orchestre etpoètefrançais naturalisémonégasque en 1953.

Il réalise plus d'une quarantaine d'albums originaux couvrant une période d'activité de46 ans. D'uneculture musicale classique, il dirige également à plusieurs reprises desorchestres symphoniques, en public ou lors d'enregistrements discographiques. Léo Ferré se revendiqueanarchiste et cecourant de pensée inspire grandement son œuvre.

Biographie

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L'enfance

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Né le à Monaco[1] de Marie Scotto, couturière de nationalité monégasque[2], et d'un père français — Joseph Ferré, directeur du personnel ducasino de Monte-Carlo —, Léo Ferré est né français[3], le fait d'être né à Monaco ne donnant pas droit automatiquement à lanationalité monégasque[4]. Cependant, en 1953, selonJacques Vassal :« On a souvent dit ou écrit que Rainier avait accordé la nationalité monégasque à Ferré. En fait, une loi venait d’être promulguée en 1953 par le prince, annonçant que toute personne née àMonaco de mère monégasque avait le droit de choisir sa nationalité, française ou monégasque[5],[3]. Léo choisit la seconde, à la différence de sa sœur Lucienne[6], mariée à un Français. »

À l'âge de sept ans, le petit Léo intègre, en tant quesoprano, lamaîtrise et donc le chœur de lacathédrale de Monaco. Il découvre à ce moment lapolyphonie, au contact des œuvres dePalestrina et deTomás Luis de Victoria, sous la direction dumaître de chapelle etcompositeurLouis-Lazare Perruchot. Son oncle maternel, Albert Scotto, ancien violoniste dans l'orchestre de Monte-Carlo et directeur du théâtre au Casino, le fait assister aux spectacles et répétitions qui ont lieu à l'opéra de Monte-Carlo, alors haut-lieu de la vie musicale internationale. Léo Ferré y entend le chanteur basseFédor Chaliapine, y découvreBeethoven, qui l'émeut profondément, que ce soit sous la baguette d'Arturo Toscanini (l'Ouverture deCoriolan), ou à la radio (laCinquième symphonie). Mais c'est la présence du compositeurMaurice Ravel aux répétitions deL'Enfant et les Sortilèges qui l'impressionne le plus durablement[7].

À neuf ans, son père, un homme rigide, l'envoie en pensionnat enItalie, au collège Saint-Charles deBordighera tenu par lesFrères des Écoles chrétiennes. Il y reste en pension pendant huit longues années entre 1925 et 1934. Il racontera cette enfance solitaire et encagée dans une fiction autobiographique (Benoît Misère,1970), relatant notamment être la victime de pratiques pédophiles du surveillant général[8]. Il y approfondit sa connaissance du solfège et joue du piston dans l'harmonie. À quatorze ans, il compose leKyrie d'unemesse à trois voix et une mélodie sur le poèmeSoleils couchants deVerlaine[N 1].

Il lit en secret des auteurs considérés comme subversifs par les Frères :Voltaire,Baudelaire,Verlaine,Rimbaud,Mallarmé. Entendant prononcer le mot « anarchie », il ouvre un dictionnaire pour en trouver le sens (anarchie : « opposition à toute autorité d'où qu'elle vienne »). L'adolescent ne peut encore l'assumer, mais c'est décidé, il deviendra anarchiste et subversif, révolté contre les stéréotypes du nouveau monde de la consommation et de la bêtise envahissante[9].

De retour à Monaco pour préparer son baccalauréat, Léo Ferré devientpigiste pour le journalLe Petit Niçois comme critique musical, ce qui lui permet d'approcher des chefs d'orchestre prestigieux commeAntal Doráti ouDimitri Mitropoulos. À cette époque il découvre avec enthousiasme le balletDaphnis et Chloé et leConcerto pour la main gauche de Ravel, sous la direction dePaul Paray, ainsi que leBoléro et laPavane pour une infante défunte, dirigés par le compositeur en personne.

Il passe et obtient son baccalauréat dephilosophie aulycée Albert-Ier deMonaco. Son père refuse qu'il s'inscrive ensuite au Conservatoire de musique[10].

Années de formation

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Léo Ferré part pourParis en1935 afin d'intégrer l'Institut d'études politiques de Paris et suivre des études de droit à l'université. Il étudie sur les bancs de l'institut au même moment queFrançois Mitterrand qui, lui, est inscrit en section générale et non en section administrative[11].

Le cursus de Léo Ferré au sein de Sciences Po dure quatre années (1935-1939) et non trois comme il est alors d'usage : Ferré redouble une année, se montre peu intéressé par les événements politiques et leurs enjeux[N 2], et préfère peaufiner son apprentissage du piano en complet autodidacte en même temps qu'il mûrit son rapport à l'écriture. Il reçoit laborieusement son diplôme, que l'établissement lui accorde « par décision spéciale parce que mobilisé », le, alors qu'il lui manque deux oraux à passer[11].

Il revient à Monaco en1939, avant d'êtremobilisé cette même année. Il est affecté dans l'infanterie après s'être inscrit à l'école des officiers de réserve deSaint-Maixent. Devenu aspirant en, il se voit confier deux mois plus tard la mission d'accompagner un peloton detirailleurs algériens vers une position de repli, avant d'être démobilisé en août[12]. Sa vocation de compositeur s'affirme avec ce retour à la vie civile[13].

En1940, à l'occasion du mariage de sa sœur, il écrit unAve Maria pour orgue et violoncelle[N 3], et commence la mise en musique de chansons écrites par une amie. C'est avec ce répertoire qu'il se produit pour la première fois en public le, au Théâtre des Beaux-arts de Monte-Carlo, sous le pseudonyme deForlane (nom d'une danse duXVIIe siècle à deux temps[14]). Ses premiers textes personnels datent sans doute de cette année-là.

À la fin d'un concert àMontpellier où se produitCharles Trenet, il lui présente trois de ses chansons, mais ce dernier lui conseille de ne pas les chanter lui-même et de se contenter d'écrire pour les autres. En1943, l'écrivainRené Baer lui confie des textes qu'il met en musique et qui deviendront plus tard des succès :La Chanson du scaphandrier fut reprise parClaire Leclerc,Henri Salvador etEddie Constantine etLa Chambre, un des moments forts de son jeune répertoire. La même année, Léo Ferré épouse Odette Schunck, rencontrée en1940 àCastres. Le couple s'installe dans une ferme àBeausoleil près deMonaco et tente de vivre de quarante-cinq oliviers, une mule, un mouton et trois vaches dont ils vendent le lait, et un berger allemand nommé Arkel. En1945, alors qu'il est toujours fermier et occasionnellement homme à tout faire àRadio Monte-Carlo, Léo Ferré rencontreÉdith Piaf qui l'encourage à tenter sa chance à Paris.Ils broyaient du noir,L'opéra du ciel,Suzon, sont les plus vieux enregistrements connus de Léo Ferré. Ils ont été retrouvés par son fils, Mathieu Ferré, dans le bureau de son père. Il découvre une demi-douzaine d'enregistrements sur disque en pyral[15]. Mêlés à un amoncellement de partitions et de manuscrits, ils sont pour la plupart totalement inutilisables et seules trois chansons ont pu être récupérées. Si la date et les circonstances des enregistrements demeurent inconnues, tout laisse à penser que c'est vers le milieu des années 1940 que Ferré les grave[N 4].

Les débuts à Paris

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Jean-Roger Caussimon en 1949 (photo d'identité).

À la fin de l'été1946, Léo Ferré s'installe àParis. Il obtient un engagement de trois mois au cabaretLe Bœuf sur le toit où il s'accompagne au piano. Il se lie d'amitié avecJean-Roger Caussimon, à qui il demande s'il peutmettre en musique son poèmeÀ la Seine. Ensemble, régulièrement ils feront plusieurs chansons particulièrement appréciées du public commeMonsieur William (1950),Le Temps du tango, (1958) ou encoreComme à Ostende (1960).

Au sortir de la guerre, Ferré âgé d'une trentaine d'années pose pour leStudio Harcourt en veste et cravate ; tenue fort rare chez lui.

En avril1947, Léo Ferré accepte de faire une tournée enMartinique, qui se révèle désastreuse et le conforte dans son aversion du voyage. Faute d'argent, il met six mois avant de revenir. Il écrit une lettre pour obtenir un secours à Charles Trenet, sans succès. Il doit se résoudre à demander de l'aide à son beau-père qui est administrateur du théâtre de l'Étoile. À son retour, il commence à fréquenter le milieu des anarchistes espagnols, exilés ayant fui lefranquisme. Cela nourrira sa rêverie romantique de l'Espagne[N 5], dontLe Bateau espagnol etLe Flamenco de Paris seront les premières manifestations.

Cette période lui est psychologiquement et financièrement difficile. Pendant sept longues années il doit se contenter d'engagements aléatoires et épisodiques dans les caves à chansons de la capitale : Les Assassins,Aux Trois Mailletz,L'Écluse, La Rose rouge, Le Trou, le Quod Libet, ou encore leMilord l'Arsouille, ces trois derniers étant successivement dirigés par son amiFrancis Claude, avec lequel il coécrit plusieurs chansons, dontLa Vie d'artiste (1950), en écho à sa récente séparation d'avec Odette.

Il finit par se faire une petite réputation dans le métier, parvenant non sans peine à placer quelques titres chez les interprètes de l'époque :Yvette Giraud[N 6],Renée Lebas[N 7],Édith Piaf[N 8],Henri Salvador[N 9],Marc & André[N 10], puis un peu plus tardYves Montand etLes Frères Jacques. Mais c'est avec la chanteuseCatherine Sauvage qu'il va trouver sa plus fidèle, passionnée et convaincante ambassadrice[N 11].

Les années « Le Chant du Monde » : 1947-1953

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Le, Léo Ferré signe son premier contrat avec un éditeur musical :Le Chant du Monde, maison d'édition affiliée auparti communiste. Mis à partLa Chanson du scaphandrier, Ferré n'enregistre aucune des chansons sur lesquelles il cède l'exclusivité des droits au Chant du Monde[N 12], sans doute parce qu'il les envisage comme un corpus destiné aux interprètes. À ce stade Léo Ferré n'est pas encore certain de vouloir chanter lui-même. Il le fait par nécessité, pour gagner sa vie.

Le, il divorce[16] : Odette ne serait pas fidèle (cf.Testament phonographe). Leur vie commune était marquée par la précarité financière et l'aurait amenée à poser pour des photos de réclame à une époque où l'homme était censé subvenir aux besoins du ménage. Cette même année, il avait rencontré Madeleine Rabereau au BarBac, rue du Bac à Paris.« Je suis né par erreur en 1916 et une seconde fois le 6 janvier 1950 quand j’ai connu Madeleine »[17], celle dont il dira aussi« c'est l'autre bout de moi-même »[18]. La relation passionnée qui en naît donne une impulsion nouvelle à sa vie et sa carrière. Il fait de Madeleine sa muse, elle influe positivement sur la prise de confiance et le devenir charismatique de l'artiste sur scène, ainsi que sur certains choix artistiques (mise en scène et organisation du tour de chant, essentiellement). Elle lui fait enlever ses lunettes sur scène, laisser un peu son piano, modifier son habillement[17]. Ils vivent ensemble boulevard Pershing avec Annie Bizy, la fille de Madeleine.

En juin de la même année, Léo Ferré renouvelle son contrat avecLe Chant du Monde pour trois ans. Cette fois, le contrat concerne l'édition phonographique, Léo Ferré va pouvoir enfin s'enregistrer.

Dès le, il est en studio et, s'accompagnant lui-même au piano, il enregistre quatorze chansons, dont douze sont diffusées en78 tours[N 13].

Toujours en1950, il part pour l'Angleterre, tenir le (petit) rôle d'un pianiste dans le filmCage of Gold (La Cage d'or), deBasil Dearden. C'est son unique apparition au cinéma.

En janvier1951, Ferré enregistre pour la radioDe sacs et de cordes, un récit lyrique récité parJean Gabin[N 14] et diffusé sur les ondes en février.Les Frères Jacques,Léo Noël, la cantatrice Laïla Ben Sedira et d'autres chanteurs et comédiens participent à cet enregistrement. C'est l'occasion pour Léo Ferré de diriger pour la première fois un orchestre symphonique et des chœurs.

Dès la fin de1947 Léo Ferré produit et anime surParis Inter plusieurs cycles d'émissions consacrées à la musique classique. DansMusique byzantine (1953-1954), il élargit son propos à des questions esthétiques sur la tonalité, l'exotisme, la mélodie, l'opéra, l'ennui, l'originalité ou la « musique guimauve »[19], et affirme avec une acuité polémique ses conceptions anti-modernes, épinglant tout à la fois l'assujettissement de la musique au mercantilisme industriel (« la musique de conserve »[20]) et la décadence intellectualiste en quoi consiste la recherche éperdue de procédés et de systèmes (« le terminus des dilettantes »[21]), incarnée à ses yeux par les avant-gardes, au premier rang desquelles lamusique sérielle en plein essor. Un projet ultérieur d'émission ayant été refusé et le succès venant, Léo Ferré cesse de travailler à la radio.

En1952, pour présenter le concoursVerdi àLa Scala deMilan, il écrit le livret et la musique d'un opéra qui transpose de manière grinçante et très noire ses récentes années de galère :La Vie d'artiste[N 15]. Il semble qu'il n'y ait pas tellement tenu, abandonnant très vite cet exercice[22] pour d'autres projets. Il en tirera néanmoins la chansonLa Chemise rouge ainsi que la matière de la chansonMiséria, intégrées toutes deux à son futurOpéra du pauvre (1983), et plus tardivement la chansonVison l'éditeur (1990). C'est également cette année-là qu'il épouse Madeleine Rabereau.

En1953 Léo Ferré rejoint la maison de disquesOdeon.Le Chant du Monde lui rappelle qu'il ne s'est pas acquitté du nombre de chansons à leur fournir stipulé dans son contrat. Aussi Léo Ferré retourne-t-il en studio pour leur compte, choisissant de réenregistrer toujours au piano mais dans de meilleures conditions techniques onze des douze titres précédemment diffusés en 1950 (Le Temps des roses rouges est écartée, elle aurait été jugée anticommuniste[23] par la maison de disque)[24]. Ces sessions donnent naissance au 33 tours 25 cm nomméChansons de Léo Ferré, qui paraît en 1954.

Les années « Odeon » : 1953-1958

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En avril1953, Léo Ferré commence les premières séances studio pour la firmeOdeon, qui voit paraître le 33 tours 25 cmParis canaille. Ferré y chante pour la première foisGuillaume Apollinaire avecLe Pont Mirabeau. Après avoir été refusée parYves Montand,Les frères Jacques etMouloudji, la chansonParis canaille chantée parCatherine Sauvage[25] est un succès. Pour Ferré, c'est la fin de la précarité, les interprètes qui l'ignoraient viennent à lui. Il met à profit cette bouffée d'oxygène pour se consacrer à la composition d'unoratorio surLa Chanson du mal-aimé, (il lui consacra plus d'un an de travail, de à), vaste poème deGuillaume Apollinaire, dont le recueilAlcools exerce une influence majeure sur sa propre écriture poétique.

Affichette annonçant le passage de Léo Ferré à l'Arlequin en 1953.

En, Léo Ferré chante à L'Arlequin, salle de spectacle située à Saint-Germain-des-Prés, où il partage un spectacle avecPierre Dac etCatherine Sauvage. LePrince Rainier deMonaco est des spectateurs, il lui propose de créer à l'Opéra deMonte-CarloLa Chanson du mal-aimé.
L'œuvre, pour quatre chanteurs lyriques, est créée sous la baguette du compositeur le à l'Opéra de Monte-Carlo. LaSymphonie interrompue, que Léo Ferré compose en trois mois[26], complète le programme. Une captation radiophonique de cette unique représentation est réalisée et diffusée parRadio Monte-Carlo le. Longtemps on a cru la bande détruite, il n'en était rien[N 16]. Après plusieurs démarches infructueuses pour faire vivre sur scène son adaptation du poème d'Apollinaire, Ferré verra son opiniâtreté récompensée en enregistrant l'oratorio sur disque en1957.

Odeon lui alloue plus de moyens ; ainsi à l'automne1954, pour l'enregistrement de son deuxième 33 tours 25 cm,Le Piano du pauvre, dont il signe tous les arrangements, pour la toute première fois, il dispose d'un grand orchestre qu'il dirige lui-même. Pour des raisons inconnues, cette expérience restera sans lendemain jusqu'en 1971[N 17].

L'année 1954 est décisive pour la reconnaissance de Léo Ferré, comme auteur, interprète et aussi et surtout comme compositeur. Sa renommée va croître au fil des disques et des succès tels queLe piano du pauvre,L'Homme[N 18] (1954),Le Guinche, ou encorePauvre Rutebeuf (1955).
Cette progression vers la reconnaissance se concrétise par un passage du cabaret au music-hall, avec un récital en vedette àL'Olympia en mars1955[N 19]. Cette fois encore le succès est mitigé[N 20] et Ferré ne se produit plus dans une grande salle parisienne durant trois ans[27]. Odeon sort le premier 33 tours 30 cm et premierlive de l'artiste,Récital Léo Ferré à l'Olympia, qui obtient un accueil très confidentiel[27].

En1956, il publie son troisième 25 cm,Le Guinche, d'où se distinguePauvre Rutebeuf, d'après plusieurs textes du poète duXIIIe siècleRutebeuf[28]. Ce titre va connaître un succès international et devenir un classique très apprécié à travers le monde tout commeLe déserteur deBoris Vian ou deLe Galérien deLéo Poll[27].

Les surréalistesAndré Breton etBenjamin Péret saluent ses talents de poète[N 21]. André Breton entretient une amitié suivie avec lui, mais n'intervient pas pour soutenir Léo Ferré dans le four provoqué deLa Nuit, un ballet lyrique que le chorégrapheRoland Petit lui a commandé cette année-là. C'est une expérience malheureuse et Léo Ferré va abandonner pour de longues années ses ambitions musicales au profit de l'écriture, commençant la rédaction deBenoît Misère, qui sera son unique incursion dans le champ du roman. André Breton accepte puis refuse de rédiger la préface de son premier recueil de poésiesPoète... vos papiers !, dont la teneur le heurte. Déçu, Léo Ferré écrit alors lui-même une préface qui sera, à l'instigation de l'éditeur, publiée dans le journalArts en même temps que le recueil, en (Il s'en inspirera plus tard pour la chansonPréface, publiée en ouverture de son albumIl n'y a plus rien). Dans ce texte polémique, le poète s'en prend à l'écriture automatique et aux cénacles littéraires, entre autres. André Breton découvre ce texte dans le journal, s'estime visé et dénigré, et rompt avec Léo Ferré, qui écrira une lettre vengeresse jamais postée[29].

Léo Ferré fait précéder la publication de son recueil (auxéditions de la Table Ronde) par la parution d'un albuméponyme, où sa femme récite une sélection de poèmes[27], tandis qu'il chanteL'été s'en fout etLes copains d'la neuille[N 22].

Cette même année 1956, Léo Ferré rencontreMaurice Frot. En 1968, celui-ci devient son secrétaire « homme à tout faire » jusqu'en 1973 où ils se brouilleront.

1957 célèbre le centenaire de la publication du recueilLes Fleurs du mal deCharles Baudelaire. Léo Ferré fait paraître la même année unalbum éponyme, devenant le premier chanteur à consacrer la totalité d'un disque longue durée à un poète.

Ces deux albums confèrent au chanteur un statut particulier, qu'il entendra garder toute son existence[27]. L'artiste, ambitieux et exigeant, désire mener une « croisade » poétique pour faire voler en éclats la distinction entre poésie et chanson, et contrecarrer par le haut ce qu'il juge être la médiocrité des paroliers de son époque[30].

La même année paraît lesuper 45 toursJava partout,La Zizique,Mon Sébasto, qui confirme que Ferré, malgré ses ambitions de compositeur, ne néglige pas pour autant son public des cabarets, où il continue à régulièrement se produire. Il y rencontrePaul Castanier, pianiste aveugle (qui va devenir son accompagnateur jusqu'en 1973) et le guitaristeBarthélémy Rosso (qui jouera pourFélix Leclerc etGeorges Brassens). Ferré se lie également avec le pianiste et arrangeurJean-Michel Defaye, la chanteuse etondisteJanine de Waleyne.

Accompagné parCastanier etRosso, auquel s'est joint l'accordéon deJean Cardon, Léo Ferré pour la troisième fois s'essaie à séduire le public d'une grande salle parisienne. C'est ainsi qu'il est, du 3 au, sur la scène deBobino. L'artiste, qui reste sur le succès mitigé de l'Olympia de 1955, n'est plus désormais contraint d'être « figé » devant son piano, il interprète désormais ses chansons en les accompagnant d'une gestuelle travaillée. Un jeu de scène — qu'il abandonnera par ailleurs très vite, pour revenir à plus de sobriété devant le public — qui lui vaut d'être désormais reconnu comme interprète[27]. Un album liveLéo Ferré à Bobino est distribué.

Léo Ferré publie son cinquième et ultime album chez Odeon,Encore du Léo Ferré. Ce 30 cm inclut la chansonLe Temps du tango, qui est son premier vrai succès personnel en tant qu'interprète[27]. Les titresLa Vie moderne,Dieu est nègre etLe Jazz band comptent parmi les futurs classiques de l'artiste.

Léo Ferré quitte la maison de disques Odeon, pour laquelle en six ans, il a produit treize78 tours (de 1953 à 1955), une trentaine desuper 45 tours (y compris les rééditions), trois 33 tours 25 cm et six 33 tours 30 cm originaux[27].

1959, une année de transition

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Léo Ferré n'est plus lié par contrat à une quelconque maison de disques. Pour autant, il reste très impliqué dans l'écriture et la scène.

Ainsi, en janvier, il réalise en studio accompagné par vingt musiciens labande originale du filmDouze Heures d'horloge ;Catherine Sauvage chante le titre du génériqueLa Poisse[N 23].

En avril, il chante à laMutualité et auMoulin de la galette.

En septembre, Ferré interprète à la radio une première version deL'Âge d'or[N 24], et déclare avoir composé durant l'été 51 nouvelles chansons. Tout au long de l'année il est régulièrement invité par le poèteLuc Bérimont, qui anime l'émission radiophonique hebdomadaireAvants-premières[N 25]. Ce dernier conservera nombre de présentations radiophoniques de créations de l'artiste[31]. Un CD paru en2006,La Mauvaise Graine, rassemble plusieurs de ces inédits.

Pour acheter leFort du Guesclin, îlot situé entreCancale etSaint-Malo, Léo Ferré vend à son nouvel éditeur lesÉditions Méridian les droits de 159 titres, renonçant ainsi à une indépendance acquise depuis, date à laquelle il s'était libéré de toute contrainte éditoriale[31]. LaBretagne lui inspire entre autres le long poèmeLes Chants de la fureur, dans lequel il trouve la matière de sept chansons, la plus célèbre étantLa Mémoire et la Mer[N 26].

Léo Ferré chante, à partir du, auDrap d'Or ; la chansonLa mauvaise graine est un des titres phares du récital[N 27].

Très productif, Léo Ferré a désormais « en stock » de nombreuses chansons à venir[31].

Enfin, son accordéoniste et amiJean Cardon fait paraître un album instrumental des chansons du poète (Surpat' chez Léo Ferré).

Les années « Barclay »

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1960-1968

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En1960 Léo Ferré rejoint le label florissant d'Eddie Barclay. À l'instar d'unGeorges Brassens ou d'unJacques Brel, Léo Ferré est à présent considéré comme « un grand de la chanson française » et du music-hall, dont il maîtrise les codes. Mettant entre parenthèses les expériences musicales de la précédente décennie, il se consacre à la chanson. Son orchestrateurJean-Michel Defaye crée le « son Ferré » caractéristique de cette première époque Barclay et donne durant dix ans une cohésion musicale aux créations du poète.

La première publication de Ferré chez Barclay n'est pas son album sur les poésies d'Aragon, prêt depuis 1959, mais un album de chansons volontairement accrocheuses et populaires, selon le souhait d'Eddie Barclay. IntituléPaname, ce 33 tours 25 cm connaît le succès avec les chansonsPaname etJolie môme (parallèlement interprétée parJuliette Gréco). Ferré y poursuit la collaboration avec son amiJean-Roger Caussimon (Comme à Ostende) et met aussi en musique l'éditeur et écrivainPierre Seghers (Merde à Vauban), entre autres. L'album paraît à la fin de l'année 1960. Ferré enregistre dans la fouléeLes Chansons d'Aragon, en. Ce disque fait date et s'impose rapidement comme une référence dans le monde de la chanson.

Pour un album 25 cm sur ses propres textes, Léo Ferré se montre très offensif :Mon général,Regardez-les (texte deFrancis Claude),La gueuse,Pacific Blues,Les rupins,Miss Guéguerre,Thank you Satan,Les 400 coups. Le disque est gravé et pressé, mais n'est pas publié dans son intégralité. Plusieurs chansons sont interdites d'antenne ; à cette censure officielle s'ajoute la censure interne de la maison de disques. Plusieurs chansons sont publiées ensuper 45 tours[N 28].

Léo Ferré est tour à tour sarcastique, mordant, moqueur (Les rupins,Les Parisiens), antimilitariste (Miss guéguerre), ironique et sexiste (Les femmes), tendre (Nous deux,Les chéris,L'amour), romantique (Vingt ans), anarchiste (Les temps difficiles,Les 400 coups).

En2003, paraît un album CD justement nomméLes Chansons interdites... et autres (s'inspirant du titre du 45 tours de 61) ; outre les douze titres cités ci-dessus, il en comporte six supplémentaires :Pacific blues*,Regardez-les*,Mon général*,La gueuse*,Chanson mécanisée,Le vent (quatre d'entre elles (*) étaient initialement sur l'albumMort né).

L'Affiche rouge, qui a inspiréla chanson éponyme.

Mon général interpelleCharles de Gaulle et fait la différence entre l'homme de 1940-1944 et le chef d'État qu'il est alors : «… Paraît qu'on veut vous faire élire, c'est vrai sans blagu' c'est enfantin, ils savent pas que les vacheries de la gloire c'est qu'au milieu d'une page d'histoire, il faut savoir passer la main / (…) / Mon général j'ai souvenance que vous avez sauvé la France, c'estJeanne d'Arc qui me l'a dit, c'est une femme qui avait de la technique malgré sa fin peu catholique, vous aviez les mêmes soucis… ».

Thank you Satan est devenue au fil du temps une chanson emblématique de Ferré dans sa veine anarchiste. Sa chute, telle une prémonition, clôt l'épisode de censure : « … et que l'on ne me fasse point taire et que je chante pour ton bien, dans ce monde où les muselières ne sont pas faites pour les chiens ».

Par deux fois, en mars et en, Léo Ferré se produit à l'Alhambra. Avec ces prestations la popularité s'installe. Le récital de novembre donne lieu à unenregistrement sur disque (substantiellement complété en 2020 à la faveur de la parution du coffretL'Âge d'or : intégrale 1960-1967).

L'artiste vitupère l'époque : essor de la société de consommation, bellicisme et torture (en pleineGuerre d'Algérie), tutelle deCharles de Gaulle, bourgeoisie étouffante. Il est régulièrement interdit d'antenne mais finit par s'imposer grâce à ses succès déjà cités et, dans une moindre mesure, grâce àL'Affiche rouge, chanson tout d'abord interprétée parMonique Morelli[32] et mettant en musiqueStrophes pour se souvenir, texte écrit en 1955 par Aragon, reprenantaprès quelques hésitations une idée deClaude Lévy en 1953, inspirée par le livrePages de gloire des 23, datant lui de 1951, dix ans avant la chanson.

Léo Ferré, au grand gala du disque de 1966 à Amsterdam.

Ferré se produit à guichets fermés dans les grandes salles parisiennes et surtout àBobino, pour des périodes de deux à six semaines. Il tourne peu en province, mais se rend pour la première fois au Canada en 1963. Il y retournera régulièrement jusqu'à la fin de sa vie. Il se montre peu à la télévision et se tient éloigné du « métier ».

De1963 à1968, Léo Ferré vit dans leLot, où il a acheté une demeure vétuste duXVIe siècle, lechâteau de Pechrigal (« tertre royal » en quercynois), qu'il rebaptise Perdrigal (« perdrix » en occitan). En plus des chansons, il y écrit pour lui des textes de réflexions et de longs poèmes. Il s'adonne à sa passion de l'imprimerie, en installant du matériel professionnel ; il apprend la typographie et le brochage, et édite le journal de son épouse Madeleine, un livre de deux cents pages qui décrit leur quotidien difficile. Le couple – dont la relation se dégrade - vit entouré de nombreux animaux, à commencer par lachimpanzéePépée, achetée en 1961 à un dresseur. Léo Ferré développe une relation privilégiée avec la guenon ; inspiré par les idéaux libertaires en vogue, il l'élève comme une enfant humaine sans lui imposer de contraintes. Ainsi, selon la fille de Madeleine, Annie : « Pépée avait sa chambre, ses jouets, elle déjeunait avec nous, faisait la sieste, conduisait la voiture sur les genoux de Léo. Le soir, avant d'enfiler son pyjama, elle buvait gentiment sa tisane avant de nous serrer tendrement et très fort dans ses bras ». Annie doit appeler la guenon "soeu-sœur"[33], qu'elle considère désormais comme une rivale. Annie finit par quitter la famille quand Léo et Madeleine accueillent trois chimpanzés de plus, un taureau, un cochon, des vaches, des chiens et des chats.

Toutefois au début de l'année 1966, Madeleine et Léo se produisent ensemble à un enregistrement public intitulé « Madeleine et Léo Ferré disent et chantent les poètes ». La soirée est organisée par le poète Luc Bérimont au studio 102 de la Maison de la Radio, pour l'émission dont il est producteur :La Fine fleur de la chanson française, diffusée sur France Inter. Madeleine récite notamment lePoète contumace deTristan Corbière etle Crachat de Léo Ferré.

Léo Ferré sur scène vu par Calvi

En1967, Barclay censure la chansonÀ une chanteuse morte dédiée àÉdith Piaf (voir albumCette chanson). Ferré lui intente un procès, qu'il perd. La même année, à l'occasion du centenaire de la mort deBaudelaire, Ferré consacre undouble album au poète.

En mars1968, Léo Ferré ne revient pas au domicile conjugal après un gala, malgré les menaces de son épouse. Il part vivre avec Marie-Christine Diaz, la gouvernante du château dans leLot[34].

Peu de temps auparavant,Pépée, à la suite d'une blessure[35], devient agressive. Madeleine la fait tuer ainsi que plusieurs autres animaux. Très affecté, Ferré se sépare de Madeleine avec qui il n'a jamais eu d'enfants, cette dernière lui ayant caché qu'elle s'était faitligaturer les trompes[36]. La chansonPépée est le requiem de ce drame intime.

Après les railleries (Épique époque en1964,Le Palladium etLes Romantiques en1966), et alors qu'il vilipende l'immobilisme et la soumission du peuple français (Ils ont voté,La Grève,1967), Léo Ferré place ses derniers espoirs de changement dans la jeunesse (Salut, beatnik !,1967). Le10 mai, première nuit des barricades auQuartier latin de Paris, Léo Ferré chante à laMutualité pour laFédération anarchiste comme il le fait chaque année depuis1948. Il interprète pour la première fois la chansonLes Anarchistes. Puis il part dans le Sud rejoindre sa compagne Marie-Christine, sans prendre part aux événements deMai. Il vit quelque temps enLozère, puis enArdèche[37].

1968-1974

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Léo Ferré face au public, fête duPSU,Colombes, 1973.

À partir de l'été 68, Léo Ferré se plonge dans la mise en musique de poèmes extraits de son recueilPoète... vos papiers !. Ces nouvelles chansons, enregistrées sur les albumsL'Été 68 etAmour Anarchie[N 29], seront perçues par la critique comme un renouvellement de son inspiration alors que ces textes ont été pour la plupart écrits au début des années 1950.

Le succès de « C'est extra » en1969 élargit considérablement son audience, tout particulièrement auprès de la jeunesse. La réceptivité de ce nouvel auditoire, qui reconnaît dans le poète le « prophète » de sa propre révolte, amène Ferré à éclater dans certaines de ses chansons les structures traditionnelles au profit de longs monologues discursifs s'apparentant aux arts oratoires. Par un travail très précis sur lavoix parlée (rythme, élocution) et une écriturerhétorique inspirée de la prose deRimbaud, Ferré ritualise sa parole sur un mode incantatoire[38] et dramatique, qui vise à emporter son auditoire (Le Chien,La Violence et l'Ennui,Le Conditionnel de variétés,La Solitude,Préface,Il n'y a plus rien). Cette recherche ne sera pas toujours bien comprise et Ferré va dorénavant partager le public et la critique comme jamais.

À cela s'ajoute son attirance pour lerock anglo-saxon, qu'il envisage comme un moyen de dépoussiérer les vieilles habitudes du paysage musical français. Ainsi en1969, il enregistre àNew York une version inédite du titreLe Chien avec des musiciens dejazz-rock (John McLaughlin etBilly Cobham, respectivement guitariste et batteur duMahavishnu Orchestra, etMiroslav Vitouš, bassiste deWeather Report). Initialement ce devait être avecJimi Hendrix[39],[40]. Pour d'obscures raisons, Ferré n'utilise pas cette version et réenregistre le titre avec un jeune groupe français que sa maison de disques veut mettre en avant :Zoo. La collaboration durera le temps de deux albums (Amour Anarchie,La Solitude) et d'une tournée en 1971. Toujours en 1969, il rencontreBrel etBrassens lors d'un entretien pourRTL. Ferré s'établit à la même époque en Toscane, entreFlorence etSienne, d'abord àSan Casciano, puis dans le domaine de San Donatino, qu'il achète àCastellina in Chianti[34].

En1970, sa maison de disques écarte « Avec le temps » du doubleLPAmour Anarchie. Sortie « à la sauvette » en 45 tours, cette chanson tragique inspirée de ses propres désillusions devient un classique instantané, le plus grand succès de Ferré, qui ne cesse d'être repris en France et à l'étranger (voir laListe des interprètes de Léo Ferré). La même année est publié sonroman autobiographiqueBenoît Misère. L'indifférence du monde littéraire et le peu d'implication de l'éditeur retiendront Ferré de retenter l'expérience (malgré des projets ultérieurs). Il saute par contre sur l'occasion que lui offreJean-Pierre Mocky de renouer avec ses rêves orchestraux en lui demandant de composer la musique de son filmL'Albatros. Ferré écrit et orchestre quarante minutes de musique symphonique. La collaboration se passe mal ; Mocky n'en utilise que cinq minutes. Ferré reprend ce matériau pour créer, l'année suivante, les chansonsTon style etTu ne dis jamais rien, décidant du même coup de se passer désormais de tout arrangeur. Voulant s'affirmer aux yeux de tous comme musicien, Ferré décide alors de ré-enregistrerLa Chanson du mal-aimé dans de meilleures conditions techniques. Cette fois il dirige, chante et dit le texte seul, en lieu et place deschanteurs lyriques d'autrefois, ce qui l'amène à modifier légèrement sonorchestration.

Après avoir été idolâtré par de nombreux jeunes, Ferré subit en 1971 une contestation virulente d'une minorité du public se disantgauchiste, qui vient régulièrement perturber les concerts. Ces « désordres » reprendront de plus belle en 1973 et en 1974, au point de lui faire un temps envisager d'arrêter la scène.

L’année 1972 signe son retour à l'Olympia, où il ne s'est pas produit depuis 1955. Très actif durant ces années, il fait une tournée auLiban, enAlgérie, effectue de nombreux galas au profit d'ouvriers grévistes, ou encore du jeune journalLibération, alors totalement indépendant financièrement et politiquement. Il tourne partout en France, en Suisse, en Belgique, et participe avec Brassens à un concert en faveur de l'abolition de lapeine de mort.

En 1972, il se déplace également en Bretagne pour rencontrerGlenmor, unauteur-compositeur-interprète,écrivain etpoète de langues française etbretonne, engagé dans la défense de l'identitébretonne. Ce faisant, il souhaite découvrir l'« homme qui dit que la France n'existe pas»[41]. Ils tournent tous les deux en Bretagne à l'occasion de cette rencontre.

Le, il épouse à Florence sa compagne Marie-Christine Diaz, qui a31 ans de moins que lui, avec qui il aura trois enfants : Mathieu, le, Marie-Cécile, le et Manuella, le[42]. Durant l'année précédente sont sortis deux disques très noirs :Il n'y a plus rien, qui met en mots et en musique la désillusion deMai 68, etEt... Basta !, où Ferré fait le bilan de ses souvenirs intimes et règle ses comptes dans un long monologue en prose, qui n'est plus à proprement parler de la chanson. Sur le premier disque, Ferré est exclusivement symphonique. Sur le second, l'accompagnement se réduit au contraire à quelques instruments.

Le départ de son pianistePaul Castanier, fidèle accompagnateur depuis1957, ainsi que la rupture en1974 avec la maison Barclay, à la suite d'une accumulation de différends, vont contraindre juridiquement Léo Ferré au silence pendant plusieurs mois au cours desquels il se consacre alors principalement à la composition et la direction d'orchestre.

Au cours de cette période, la chanteusePia Colombo « prête » sa voix à Léo Ferré. C'est dans ce contexte que sort en 1975 l'albumPia Colombo chante Ferré 75, où elle interprète cinq nouvelles chansons de l'artiste. Conjointement à ce disque, sort l'unique album instrumental de Ferré,Ferré muet… dirige, où sont donnés dans une version symphonique quatre des cinq titres précédemment enregistrés par la chanteuse.

C'est en participant au Festival deVence organisé par son ami le violonisteIvry Gitlis qu'il rencontre le pianiste classiqueDag Achatz (en), avec lequel il enregistre leConcerto pour la main gauche deRavel. Ensemble, ils donnent durant cinq semaines un spectacle hors normes à l'Opéra comique, avecLa Chanson du mal-aimé en piano-voix,Et... Basta !, de nouvelles chansons « en chantier » etL'Espoir, qui est emblématique du lyrisme « espagnol » de l'artiste. C'est un véritable succès public, malgré une incompréhension et un rejet critique quasiment unanimes.

Les années toscanes : 1975-1993

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Léo Ferré etAlain Meilland (à droite) au Printemps de Bourges en avril 1985.

En1975 Léo Ferré dirige sur scène l'Orchestre de l'Institut des Hautes Études Musicales deMontreux, puis l'Orchestre Symphonique de Liège et en novembre, l'Orchestre Pasdeloup auPalais des congrès de Paris, à l'occasion de la publication de l'albumFerré muet dirige…, enregistré avec Dag Achatz. Ferré tient la gageure de diriger l'orchestre et chanter en même temps. Il mélange Ravel et Beethoven à ses propres compositions[N 30], et inverse le placement de l'orchestre. 140 musiciens et choristes sont présents sur scène. C'est de nouveau une expérience de spectacle inédite, cassant les conventions et décloisonnant les univers. Ferré fait salle comble durant cinq semaines, mais la critique issue du monde musical classique rejette ce spectacle hybride.[réf. nécessaire] Ferré en est profondément blessé et, malgré ses nombreuses tentatives, il éprouvera de grandes difficultés à rééditer ce genre de spectacle. Faute de pouvoir être accompagné par un grand orchestre et plutôt que de se produire sur scène en petite formation, Léo Ferré fait le choix de s'accompagner tantôt au piano comme à ses débuts, tantôt de chanter sur les bandes-orchestre de ses enregistrements studio.

En1976, recouvrant le droit de s'enregistrer, il signe chezCBS. À partir de cette date, la majeure partie de ses enregistrements sera réalisée avec l'Orchestre symphonique de la RAI, placé sous sa direction[N 31]. Lamajor va très vite se débarrasser de Ferré, dont les retombées commerciales pourtant réelles sont jugées trop faibles au regard de l'investissement qu'il représente (son esthétique à contre-courant de toutes les modes rend malaisée sa programmation sur les ondes et complique désormais la possibilité d'un « tube »). Lâché par le « métier »[N 32], définitivement dégoûté de n'être qu'une « marchandise pour les producteurs »[43], Ferré se résout en1979 à assurer lui-même la production de ses disques en louant à ses frais studio, musiciens et techniciens, ne signant plus que des contrats de distribution avec les maisons de disques, et cela jusqu'à la fin de sa carrière[N 33].

De1976 à1979, il tourne moins[44]. Il s'éloigne quelque peu de l'expression violemment déclamatrice de sa révolte pour ne pas s'enfermer dans un rôle[N 34] et pour mieux célébrer les forces spirituelles qui l'habitent. Les albumsJe te donne (1976),La Frime (1977) etIl est six heures ici et midi à New York (1979) font la part belle à un lyrisme toujours aussi charnel mais d'une plus grande sérénité. Chacun d'entre eux aurait pu proposer le double de titres tant Ferré a accumulé de textes et tant il compose sans cesse[45]. En témoignent pour la seule année1977 ses maquettes d'untroisième album consacré àBaudelaire (publié en2008) et celle deJe parle à n'importe qui, long monologue en prose et en vers libres, qui peut être considéré comme le « suite et fin » radical d'Et... Basta !. Ferré nourrira toujours beaucoup plus de projets qu'il ne saura en officialiser.

Il continue ses travaux d'auto-édition durant toute la décennie[N 35], tirant plusieurs plaquettes aux formats inusités, accompagnées de nombreuses photographies, illustrations, lithographies et gravures en bichromie, qu'il ne cherche pas à commercialiser si ce n'est parfois lors de ses spectacles.

En1980, à la demande de l'éditeur Plasma, il assemble un nouveau recueil qu'il intituleTestament phonographe. Cela lui permet de rendre disponible les textes de ses chansons enregistrées entre1962 et1980, ainsi que plusieurs inédits. Le livre se vendra à plusieurs milliers d'exemplaires avant que l'éditeur ne fasse faillite, sans avoir reversé un seul centime à l'artiste. La même année paraîtLa Violence et l'Ennui, un album de rupture avec le tout-symphonique qui inaugure une recherche du contraste propre au Ferré des années 1980. Cet album donne à entendreVillon et sa célèbreBallade des pendus, un poète peu mis en avant jusqu'ici par Ferré mais cher à son cœur.

Toujours en 1980, les 28 et, Léo Ferré remonte sur scène à la Maison pour tous deSaint-Quentin-en-Yvelines.Le Courrier de Mantes écrit :« Le mur de la solitude est tombé : Léo Ferré rechante. »

En1982, Léo Ferré participe au sixièmePrintemps de Bourges et publie letriple albumLudwig-L'imaginaire-Le bateau ivre, souvent considéré comme un des sommets de sa discographie[46].

L'année d'après il reprendLa Nuit, son feuilleton lyrique de1956, le modifie en profondeur pour en faire une nouvelle œuvre baroque par son foisonnement et ses sautes de registre poétique et musical. Ce sera l'épique quadruple albumL'Opéra du pauvre, auquel il adjointLe Chant du hibou, une ballade instrumentale pour violon et orchestre en trois mouvements. Toujours en1983, le, à l'Espace B.A.S.F., seul au piano, il donne un concert de soutien au profit deRadio libertaire[N 36], alors menacée d'interdiction par l'État, et écrit à l'instigation ducomédien-dramaturgeRichard Martin les dialogues de la pièceL'Opéra des rats, qui sera donnée au Théâtre Toursky deMarseille la même année, puis en 1996.

Ce travail intense ne l'empêche pas de se remettre à sillonner les routes[N 37] pour se produire devant un large public dont le renouvellement constant fait sa fierté, lui qui est souvent moqué par les journalistes sur son âge[N 38]. La décennie 1980 voit le rapport entre Ferré et son public se modifier pour aller vers une plus grande connivence, débarrassée de l'hystérie idolâtre des premières années 1970.

Les récitals restent cependant très offensifs[N 39] et durent alors près de trois heures. Avec une spontanéité volontiers digressive l'artiste n'hésite pas à railler et déconstruire certaines de ses chansons emblématiques. En témoigne lerécital donné au Théâtre des Champs-Élysées en avril1984, qui « balaye » quatre décennies d'un travail d'écriture poétique ininterrompue. Cette même année, il dirige l'Orchestre Symphonique deLorient pour sept concerts atypiques, tous les morceaux étant reliés les uns aux autres par la récitation du poèmeMétamec. Ferré revient une nouvelle fois à l'Olympia, puis clôt l'année en dirigeant l'Orchestre symphonique et lyrique de Nancy pour trois représentations où il redonneLa Chanson du mal-aimé, à la salle Victor Poirel à Nancy.

Il consacre l'hiver1984-1985 à la composition et au filmage desLoubards, un album et une émission sur de nouveaux textes de son vieil amiCaussimon. La même année il dirige l'Orchestre de la Cité deBarcelone pour deux concerts nocturnes devant la cathédrale en compagnie du guitariste catalanToti Soler, puis l'Orchestre Métropolitain de Montréal pour quatre représentations.

En février1986, toujours fidèle aux anarchistes, Léo Ferré inaugure le Théâtre Libertaire de Paris (Théâtre Déjazet) pendant six semaines avec un récital à nouveau exclusivement consacré aux poètes, qu'il n'a pas cessé de mettre en musique (dans les années 1980 surtoutRimbaud etApollinaire). Il reviendra au TLP pour chacun de ses grands rendez-vous parisiens, en1988 et en1990. À la fin de l'année paraît le double LPOn n'est pas sérieux quand on a17 ans, qui synthétise toutes les facettes de son travail en assemblant des éléments épars de ses innombrables chantiers en cours.

En1987, Ferré entame une nouvelle « tournée-marathon » : en France, en Allemagne, en Autriche, en Italie, en Belgique, au Canada et jusqu'au Japon, où le public l'accueille très chaleureusement. Il participe aux troisièmesFrancofolies de La Rochelle, qui lui rendent hommage à travers un concert oùJacques Higelin,Mama Béa,Catherine Ribeiro et d'autres chanteurs reprennent ses chansons. Le public français accueille désormais de plus en plus souvent ses entrées en scène par une longue ovation fraternelle, debout. À partir de1990 Ferré termine tous ses récitals parAvec le temps, qu'il demande au public de ne pas applaudir[N 40], disparaissant dans le silence vers le néant des coulisses, sans rappel.

Tombe de Léo Ferré aucimetière de Monaco.

En1991,pour ce qu'il sait être son dernier album[réf. nécessaire] et à l'occasion du centenaire de la mort deRimbaud, il choisit de s'effacer derrière le poète en disant/psalmodiantUne saison en enfer seul au piano. Il dirige des musiciens classiques une dernière fois en compagnie de laPhilharmonie de Lorraine. Léo Ferré se produit le 22 août 1992, àSaint-Florentin auFestival en Othe, ce sera sa dernière scène[47]. Hospitalisé fin1992, il doit annuler sa rentrée parisienne auRex. Il fonde lesÉditions musicales La Mémoire et la Mer afin que ses ayants droit puissent mieux veiller à l'utilisation future de son œuvre. Sa dernière apparition publique a lieu à laFête de l'Humanité où l'a invitéBernard Lavilliers, avec qui il chante devant plusieurs milliers de personnesEst-ce ainsi que les hommes vivent ? deLouis Aragon, etLes Anarchistes.

Léo Ferré meurt chez lui, le, à l'âge de76 ans, des suites d'une maladie qui le mine depuis plusieurs années. Il est inhumé aucimetière de Monaco, dans l'intimité.

« Je vous donne ma voix et puis tous mes violons / Vous savez qui je suis maintenant ? / Le vent je suis le vent »

— Léo Ferré,Vous savez qui je suis maintenant ?

Style

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Léo Ferré est une référence de la chanson française. Mêlantl'amour et larévolte, lelyrisme et leregistre familier, l'érudition et la provocation,l'ironie (souvent grinçante) et lesublime, la plus grande simplicité et la démesureépique, Ferré dépeint des états d'âme plus qu'il ne raconte des histoires avec des personnages. Son chant secoue plus qu'il ne flatte. Cet artiste est celui par qui la chanson a su acquérir un langage véritablement critique[48].

L'écriture textuelle

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Ferré est considéré comme un poète marquant de la deuxième moitié duXXe siècle, avec une expression riche et profonde, où l'influence dusurréalisme se fait sentir notamment dans la seconde moitié de l'œuvre enregistrée. Il utilise un vocabulaire étendu, deschamps lexicaux récurrents plutôt inattendus par rapport aux sujets choisis, il joue avec laconnotation usuelle des mots, forge desnéologismes, crée des images complexes s'engendrant les unes les autres, avec de nombreux changements de registre et de rythme ; l'intertexte littéraire y est abondant, le sens rarement univoque.

En tant qu'écrivain, il a abordé – en les subvertissant à des degrés divers – le récit d'enfance romancé (Benoît Misère, 1970), legenre épistolaire (Lettres non postées, inachevé), la chroniqueautobiographique (Les Années blêmes,L'An soixante-huit), l'essai (Technique de l'exil,Le Style,Les idoles n'existent pas,Introduction à l'anarchie,Introduction à la poésie/Le mot voilà l'ennemi !,Introduction à la folie), le portrait, voire l'autoportrait (préface à l'édition au Livre de poche desPoèmes saturniens dePaul Verlaine, 1961 ; préface au recueil consacré àJean-Roger Caussimon dans la collectionPoètes d'aujourd'hui, 1967). Il s'est frotté au théâtre (L'Opéra des rats, 1983), il a publié des recueils de poésies (Poète... vos papiers !, 1956 ;Testament phonographe, 1980) et composé de vastes poèmes ouvragés (La Mémoire et la Mer (version longue),Le Chemin d'enfer,Perdrigal/Le Loup,Testament phonographe,Death… Death… Death…,Métamec).

L'écriture musicale

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Léo Ferré est un infatigable passeur. En mettant en musique ses modèles et ses affinités, notammentApollinaire,Baudelaire,Verlaine,Rimbaud,Villon,Aragon et quelques autres (Rutebeuf,Cesare Pavese,Jean-Roger Caussimon…), il contribue à en maintenir l'aura auprès d'un public élargi.

Article détaillé :Liste des poètes chantés par Léo Ferré.

Hors de la chanson, Léo Ferré s'est essayé à la composition de différents genres :l'opéra avecLa Vie d'artiste (inédit), l'oratorio en 1953 avecLa Chanson du mal-aimé (texte d'Apollinaire), leballet chanté en 1956 avecLa Nuit, lamusique instrumentale avec laSymphonie interrompue (1954),Le Chant du hibou (1983),Le Concerto pour bandonéon (inachevé), et enfin lamusique de film pourDouze Heures d'horloge (1959), avecLino Ventura, ouL'Albatros deJean-Pierre Mocky (1971). Il faut ajouter à cela ladirection d'orchestre, qu'il apprend en autodidacte. De 1975 à 1990, Léo Ferré dirige occasionnellement les orchestres symphoniques qu'on veut bien lui prêter, lors de représentations en France, en Italie, au Canada, en Espagne, en Suisse et en Belgique.

L'interprétation

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Anarchisme et engagements

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Concert de Léo Ferré en solidarité avec le militant libertaireBabar, en 1982.

Dès 1948, Léo Ferré fréquente le milieulibertaire parisien et participe à tous les galas de soutien organisés par le journalLe Libertaire et laFédération anarchiste. Il reste fidèle jusqu'au bout à l'anarchie, qu'il décrit comme une forme de solitude et d'amour, et comme la « formulation politique du désespoir », aidant à la création deRadio Libertaire et ne se produisant à Paris, les dernières années de sa vie, qu'auThéâtre libertaire de Paris[48],[49].

Contre lapeine de mort, il écrit en 1964 la chansonNi Dieu ni maître, considérée comme un de ses classiques.

En 1971, il soutient, avec la chansonLe Conditionnel de variétés, le journal d'extrême gaucheLa Cause du peuple que le gouvernement avait fait interdire et dont les deux directeurs de publication avaient été placés en détention[50].

La même année, Léo Ferré qui a déclaré « contrairement aux communistes, nous les anarchistes, on a pas besoin de secrétaire », exprime devant les caméras de télévision en 1971, une opinion sévère sur la gauche : « La gauche c’est une salle d’attente pour le fascisme […] Ces gens qui se disent de gauche, c’est ce qui tue ce pays »[51].

En 1972 il participe (avec notammentGeorges Brassens etSerge Reggiani), à un concert en soutien à l'abolition de lapeine de mort[52]. Il réaffirme sa position en 1975 dans sa chansonLa Mort des loups. Puis, quelques mois avant l'abolition de la peine de mort en France, il publie dansLe Monde, une « Lettre ouverte au ministre dit de la Justice », adressée àAlain Peyrefitte pour défendreRoger Knobelspiess, emprisonné mais revendiquant son innocence, et condamnant encore au passage la peine capitale[53]« qui a permis de guillotinerRoger Bontems qui n’avait jamais tué personne »[54].

Ferré et la misogynie

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Léo Ferré assume à plusieurs reprises samisogynie, souvent incluse dans une franchemisanthropie. À la question « pourquoi êtes-vous misogyne ? », Léo Ferré répond « parce que j'aime trop les femmes, [...], j'aime toutes les femmes »[55],[56]. Au cours d'un entretien télévisé en 1971, Ferré déclare notamment[57]:

« La misogynie c'est intéressant aussi, vous savez. On ne sait pas ce que c'est la misogynie, mais il faut être misogyne. Il faut aimer les femmes, mais être misogyne, savoir mettre les femmes à leur place, justement, sur un trône, savoir les adorer. Mais quand on a fini de les adorer, il faut qu'elles nous foutent la paix. [...] La femme c'est la plus grande artiste, parce qu'elle fait un objet extraordinaire. C'est pour ça qu'il n'y a pas d'autres femmes que... Il n'y a pas de femme vraiment art... de grand génie. Pourquoi ? Parce-que le génie de la femme c'est de faire... C'est extraordinaire. Une femme elle dit : « Je veux faire un enfant. Il va sortir de moi ». C'est extraordinaire. Je ne comprends pas les femmes qui n'ont pas l'instinct maternel, c'est une chose énorme ça, non ? Et bah, qu'elles en restent là. Vous comprenez ? Et surtout qu'elles n'emmerdent pas l'artiste. Elles emmerdent, vous comprenez, les femmes. Je parle d'expérience, oui, d'expérience, ô combien... Je hais certains types de femme, en tous les cas les femmes cultivées. De toute façon, il n'en rentre plus une chez-moi. Pas de femme cultivée. Parce que c'est jamais assez cultivé, vous comprenez ? [...] Ce n'est pas assez intelligent, jamais. L'intelligence des femmes c'est dans les ovaires. Ça a tout pris, vous comprenez ? Je ne dis pas ça en mauvaise part. J'aime la femme, je l'admire. [...] La femme, c'est la mère, voilà. »

— Léo Ferré, 1971, entretien télévisé

Ferré présente ainsi dans son œuvre un rapport très contradictoire aux femmes. Tantôt adorateur, tantôt acerbe[56].

Juliette Gréco, en juillet 1993, répond à un journaliste qui lui demande si Ferré est misogyne : « C’est possible. C’est possible aussi que quelques-unes l’aient mérité… »[56]

En février 2016, la rediffusion radiophonique des déclarations de Léo Ferré, qui a « beaucoup écrit et composé pour les femmes » rappelle l'animateur, à la radioFrance Inter, choquent quelques « admirateurs et admiratrices » qui l'ont fait savoir à l'antenne[58],[59].

Postérité

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Influence artistique

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Article détaillé :Liste des interprètes de Léo Ferré.

Hommages officiels

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« Le seul honneur pour un artiste, c'est de n'en pas avoir »

— Léo Ferré, entretien avecPierre Bouteiller, France 3, août 1984.

De son vivant, Léo Ferré a refusé de recevoir leGrand prix de la chanson française en 1986[60], d'être élevé au grade decommandeur des Arts et des Lettres, de soutenir la campagne présidentielle deFrançois Mitterrand en 1981, contre la promesse d'avoir à sa disposition unorchestre symphonique et un cachet substantiel (en 1988, Ferré appelle à l'abstention)[61] et d'être l'invité d'honneur des premièresVictoires de la musique en 1987[62]. Il s'est également positionné contre laLégion d'honneur en la qualifiant de« ruban malheureux et rouge comme la honte »[63] dans sa chansonIl n'y a plus rien.

Square Léo Ferré àLivry-Gargan.

La cité scolaire qui comprend un collège, un lycée général et un lycée professionnel deGourdon, uneécole primaire publique àMontauban, un collège public àSaint-Lys portent son nom. Il existe une place Léo-Ferré àSaint-Lô, une rue Léo-Ferré àAngers, àMèze, àBagneux, àGratentour, àPierrefitte-sur-Seine et àChâteaubriant.

Rose Léo Ferré auJardin des plantes de Paris.

On a donné son nom à une variété de roses originaires d'Asie, dont la fleur est bicolore, blanc-or bordé de rouge carmin.

En 2001, l'ancienne équipe du Théâtre Libertaire de Paris ouvre un cabaret, le Forum Léo Ferré, àIvry-sur-Seine.

En 2003, àMonaco, est inaugurée la place Léo-Ferré, où a été installé le visage en bronze de l'artiste par le sculpteurBlaise Devissi.

En 2006[64], la commune deGrigny (Rhône) inaugure une médiathèque Léo-Ferré et la ville deBagneux donne son nom à une salle des fêtes, l'Espace Léo Ferré.

En 2007, la street artisteMiss.Tic réalise deux grands pochoirs muraux représentant Ferré et son chimpanzé Pépée pour la résidence universitaire d'Orly.

En 2009, ont été inaugurés la place et lesquare Léo-Ferré dans le12e arrondissement de Paris.

En 2012, la première école de musique à porter son nom se trouve àMartignas-sur-Jalle (Gironde)[65].

Le, la salle du Canton, une salle de spectacles de200 places dans le quartier de Fontvieille àMonaco, est renommée Espace Léo-Ferré et est inaugurée par Albert et Caroline de Monaco. Plusieurs autres salles de concerts portent son nom.

En 2014[réf. souhaitée], Le conseil municipal deDaumazan-sur-Arize décide de renommer la salle polyvalente et de lui donner le nom de Léo-Ferré.

En, l'espace Léo-Ferré est créé sur les terrasses du Théâtre Toursky, quartier deSaint-Mauront àMarseille[66].

En 2016, pour le centenaire de sa naissance, plusieurs hommages lui sont rendus notamment avec unCabaret Léo-Ferré à laComédie-Française à Paris, ou encore une exposition, soutenue par sa famille, à la bibliothèque municipale deBeaune[67]. Le festival canadien Coup de Cœur Francophone lui rend également hommage lors d'un spectacle inédit àMontréal, fin. La Ville de Paris inaugure, au sein de laCanopée des Halles, le Grand studio Léo-Ferré, en.

En 2018, unmail Léo Ferré est inauguré àStains.

Timbres

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Discographie

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Albums

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Article détaillé :Discographie de Léo Ferré.

Chansons et compositions

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Articles détaillés :Liste des titres enregistrés par Léo Ferré etListe des poètes chantés par Léo Ferré.

Filmographie

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Cinéma

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1950 :La Cage d'or deBasil Dearden (brève et unique apparition de Léo Ferré au cinéma)

Vidéographie

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Cette liste recense ses concerts filmés commercialisés à ce jour ainsi que des concerts inédits (La complainte de la télé) ainsi que ses apparitions a la Télévision

1984 :Léo Ferré au Théâtre des Champs-Élysées
Captation par Guy Job. Récital intégral.
  1. La Chemise rouge
  2. La Vie d’artiste
  3. Tu penses à quoi ?
  4. T’as d’beaux yeux tu sais !
  5. Le Jazz-band / T’es rock, coco !
  6. La Vie moderne
  7. Les Artistes
  8. La Solitude / L’Invitation au voyage
  9. L’Enfance / La Solitude
  10. Java partout
  11. À la Seine
  12. Marizibil
  13. Pauvre Rutebeuf
  14. Un Jean’s ou deux, aujourd’hui
  15. Monsieur mon passé
  16. Monsieur Tout-Blanc
  17. La Porte
  18. T’en as
  19. Ta Source
  20. Je te donne
  21. La Mort des amants
  22. Le Tango Nicaragua
  23. Allende
  24. Words… Words… Words…
  25. Le Chien
  26. Avec le temps
  27. Le Printemps des poètes
  28. La Nostalgie
  29. L’Adieu
  30. La Mémoire et la Mer
  31. Frères humains, l’amour n’a pas d’âge
  32. Requiem
  33. Thank you Satan
  34. Graine d’ananar
  35. La Folie
  36. Il n’y a plus rien
1986 :Léo Ferré chante les poètes
Captation par Guy Job auThéâtre libertaire de Paris. Récital intégral.
  1. Les Poètes
  2. La Chambre
  3. Les Poètes de sept ans
  4. Art poétique
  5. Soleils couchants
  6. Rêvé pour l'hiver
  7. La Vie antérieure
  8. Marie
  9. La Chanson du scaphandrier
  10. L'Étranger
  11. Marizibill
  12. Les Assis
  13. Chanson d'automne
  14. Green
  15. Le Buffet
  16. Les Métamorphoses du vampire
  17. La Mort des amants
  18. La Beauté
  19. La Porte
  20. L'Adieu
  21. Pauvre Rutebeuf
  22. Les Hiboux
  23. L'Invitation au voyage
  24. Les Cloches & La Tzigane
  25. L'Affiche rouge
  26. Ne chantez pas la mort
  27. Le Pont Mirabeau
  28. Brumes et pluies
  29. Elsa
  30. Comme à Ostende
  31. La Folie
  32. Frères humains, l'amour n'a pas d'âge
  33. Les Spécialistes
  34. La Poésie
  35. Le Bateau ivre
2001 :Sur la scène... (Olympia 1972)
Captation par Nicora Hribar à l'Olympia, novembre 1972. Récital non intégral. Accompagné de son pianistePaul Castanier.
  1. Le Chien
  2. Rotterdam
  3. La Fleur de l'âge
  4. À toi
  5. La Mélancolie
  6. Les Souvenirs
  7. Les Étrangers
  8. Vitrines
  9. L'Oppression
  10. Avec le temps
  11. Vingt ans
  12. Préface
  13. Les Poètes
  14. La Damnation
  15. Pépée
  16. Night and day
  17. Comme à Ostende
  18. Ne chantez pas la mort
  19. Richard
  20. La Solitude
  21. Ni Dieu ni maître
2006 :Léo Ferré au Théâtre Libertaire de Paris, 8 mai 1988
Captation amateur par Raphaël Caussimon. DVD inclus comme bonus dans le coffret CD regroupant les passages de Léo Ferré au Théâtre Libertaire de Paris (voirDiscographie). Récital non intégral.
  1. Ils ont voté
  2. La Vie moderne
  3. Quand le soleil se lèvera / Y'en a marre
  4. Les Anarchistes
  5. La Chambre
  6. Le Flamenco de Paris
  7. Vingt ans
  8. À Saint-Germain-des-Prés
  9. Les Étrangers
  10. Comme à Ostende
  11. Lorsque tu me liras
  12. Je t'aime'81
  13. Le Bateau espagnol
  14. L'Étang chimérique
  15. Ni Dieu ni maître
  16. L'Espoir
  17. L'Été 68
  18. Les Hiboux
  19. Allende
  20. Les Artistes
  21. Avec le temps
  22. Thank you Satan
  23. On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans
  24. L'Affiche rouge
  25. Mon général
  26. Personne
  27. La Chanson triste
2018 :Léo Ferré non-stop
Coffret d’anthologieINA. 2 DVD (Léo Ferré à la télévision 1956-1987) + 1 CD (les passages radio 1957-1962). Pratiquement toutes les prestations de Léo Ferré à la télévision : des interviews, plus de 70 chansons et le documentaire de sa tournée de 1971 en Belgique. Durée : 6h.


2021 :La Complainte de la télé (1956-1992)
Coffret regroupant de façon quasi exhaustive les archives vidéo des fonds de l'INA, deCBC & Radio-Canada, de laSONUMA (Radio-Télévision Belge de la Communauté française), de laRadio Télévision Suisse, de la RSI (Télévision Suisse Italienne), de laRAI, deTF1, de la VRT (Organisme de la radiodiffusion flamande), des ArchivesGaumont, deRTL, et de la Televisio de Catalayuna.18 DVD regroupant65 heures d'archives :630 chansons, plus de trente années d’interviews et8 concerts inédits : Liège 64, Bobino 69 & 70, Palais des Congrès 75, Turin 77, Groningen 83, Barcelone 85, Luxembourg 88.

Documentaires sur Léo Ferré

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  • 1994 :Léo Ferré par lui-même, deClaude-Jean Philippe
  • 2002 :Thank you Ferré, deCharles Brabant
  • 2002 :Léo Ferré, les témoins de sa vie, deFrantz Vaillant
  • 2003 :Hello Ferré, deThierry Kubler
  • 2013 :Léo Ferré, la mémoire des étoiles, de Frantz Vaillant
  • 2013 :Génération Ferré, deJorge Amat[71]
  • 2017 :Léo Ferré Legacy, de Jean-Pierre Zim
  • 2020 :Léo Ferré, un homme libre, de Natalie Frassoni et Frédéric Bouvier

Bibliographie

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Ouvrages de Léo Ferré

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Publiés de son vivant

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Parutions posthumes

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Œuvres en collaboration

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Publiées de son vivant

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  • Avec le photographeHubert Grooteclaes :Métamec, plaquette auto-éditée (Gufo del Tramonto, 1979)
  • Avec le photographe Hubert Grooteclaes :L'Éternité de l'instant, Éditions du Perron, 1984.

Parutions posthumes

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Ouvrages sur Léo Ferré

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Biographies

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Entretiens

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  • Françoise Travelet,Dis donc, Ferré…,Hachette, 1976.
  • Claude Frigara,Léo Ferré, entretiens entre peau et jactance, Christian Pirot, 2003.
  • Quentin Dupont,Vous savez qui je suis, maintenant ?,La Mémoire et la Mer, 2003.

Études

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Livres de photographies

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Témoignages

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  • Maurice Frot,Je n'suis pas Léo Ferré, Fil d'Ariane, 2001[N 42].
  • Louis-Jean Calvet,Léo Ferré,Flammarion, 2003.
  • Alain Meilland,Léo de Hurlevent, Gilles Magréau éditions Des Chansons et des Hommes, 2012.
  • Annie Butor,Comment voulez-vous que j'oublie… Madeleine et Léo Ferré, 1950-1973, Phébus, 2013.
  • Claude Frigara,Léo Ferré, ses pas sur la carte de la Méditerranée. En compagnie de Maurice Angeli, cahiersChiendents, Éditions du Petit Véhicule, 2016.

Divers

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  • Alain Fournier et Jacques Layani,Léo Ferré, une mémoire graphique, Périgueux, La Lauze, 2000[N 43].
  • Collectif,Les Copains d'la neuille (bulletin d'information semestriel sur l'actualité autour de Léo Ferré),La Mémoire et la Mer, 2001-aujourd'hui.
  • Christophe Marchand-Kiss,Léo Ferré, la musique avant tout, Textuel, 2003.
  • Dominique Lacout & Alain Wodraska,Léo Ferré, je parle pour dans dix siècles, Didier Carpentier, 2003[N 44].
  • José Corréa,Léo Ferré, Nocturne, 2009
  • Nicolas Désiré-Frisque,Léo Ferré. Études, dessins et croquis, Éditions du Petit Véhicule, 2009.
  • Robert Belleret,Dictionnaire Ferré.Fayard, 2013.
  • Ludovic Perrin,On couche toujours avec des morts, la remontée fleuve de l'enfant Ferré,Éditions Gallimard, 2013.
  • José Corréa,D'une fureur l'autre, La Lauze, 2015
  • Jacques Layani,Léo Ferré jour après jour, une chronologie, Le Bord de l'eau, 2022.

Radio et télévision

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Notes et références

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Notes

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  1. Il réutilisera cette mélodie trente ans plus tard, inchangée, lors de ses mises en musique du poète.
  2. Il passe par exemple à côté duFront populaire.
  3. Suivront deux autres œuvres d'inspiration religieuse : unBenedictus et unAgnus Dei.
  4. Livret du double CD Long BoxLes annéesLe Chant du Monde 1947-1953, texte de présentationRobert Belleret. Ce double CD (sortie en1998), sort ces chansons de l'anonymat où elles sont restées durant plus de cinquante ans et les propose au public pour la première fois.
  5. Ferré refusera d'y aller chanter tant que Franco, contre qui il écrit le virulent « Franco la muerte » en 1964, sera au pouvoir.
  6. Elle enregistre « La Chambre » en 1947, ce qui fait d'elle la première interprète de Léo Ferré au disque, avant Renée Lebas, contrairement à ce qui est souvent dit.
  7. Elle est celle qui le fait découvrir au public en créant sur la scène de l'ABC « Elle tourne… la Terre » dès l’automne 1946. Elle enregistre cette chanson en 1948 et créera aussi « L'Île Saint-Louis » et « Paris canaille », avant Catherine Sauvage.
  8. Elle chante « Les Amants de Paris », jamais enregistrée par Ferré, en 1948.
  9. Il enregistre et interprète sur scène « À Saint-Germain-des-Prés » en 1949.
  10. Le duo enregistre « Monsieur William » en 1950, soit deux ans avantCatherine Sauvage, et trois ans avantles Frères Jacques, dont la version est plus connue.
  11. Elle enregistrera une soixantaine de titres de Ferré, lui consacrant même des récitals entiers.
  12. Il s'agit deParis (mars 1947),Les Amants de Paris (avril 1948),La Mauvaise Étoile,Histoire de l'amour,Petite vertu,Le Banco du diable, « Oubli »,Les Vigiles,La Rengaine d'amour (juin 1948),Elle tourne… la Terre (mars 1949). Source : Livret du CDLe Temps des roses rouges, 2000. Texte : Alain Raemackers. Léo Ferré enregistreraElle tourne… la Terre en1990 sur l'albumLes Vieux Copains.
  13. La Chanson du scaphandrier/La Vie d'artiste,Le Bateau espagnol/L'Île Saint-Louis,Monsieur Tout-Blanc/À Saint-Germain-des-Prés,Le Flamenco de Paris/Les Forains,L'Inconnue de Londres/Barbarie,L'Esprit de famille/Le Temps des roses rouges.
    Les chansonsMonsieur William (version 1950) etLa Femme adultère resteront inédites durant plus de40 ans
  14. « Gabin était entre deux pentes, là… Alors j'avais écrit ça, je ne sais pas pourquoi… Ou j'ai écrit ça en même temps sachant que Gabin accepterait de lire le texte et c'est passé une fois à la radio… On ne le repasse pas souvent, hein ? Pourtant Gabin ce n'est pas moi ! » (Léo Ferré). Source :Avec le temps, une nuit avec Léo Ferré,France Culture, le1er janvier 1988.
  15. À ne pas confondre avec la chanson homonyme, dont le thème est proche par ailleurs.
  16. Pour la première fois, cette première version deLa Chanson du mal-aimé d'Apollinaire, ainsi que laSymphonie interrompue de Ferré, sont diffusées en2006 sur le double CDLe Piano du pauvre, 1954, Intégrales Archives Léo Ferré, Référence Originale : La Mémoire et la Mer 9952.53.
  17. Léo Ferré durant toute cette période renoncera à écrire ses propres arrangements et à diriger un orchestre. L'hypothèse avancée parAlain Raemackers serait, peut-être, qu'il aurait été découragé de poursuivre dans cette voie par l'avortement des projets de jouer à Paris et à nouveau à Monte-Carlo, au printemps 1955,La Chanson du mal-aimé et laSymphonie interrompue. En 1972, au moment de la sortie de l'albumLa Chanson du mal-aimé, Ferré amer déclarera :« Il y a 20 ans que je n'écris plus de musique… et pourtant, c'était beau ! »
  18. (Catherine Sauvage chantera sa propre version deL'Homme, avec laquelle elle obtient leGrand Prix du disque 1954[réf. nécessaire])
  19. Léo Ferré s'est précédemment produit « chez »Coquatrix du 14 au 27 mai1954, en première partie deJoséphine Baker, sans véritablement emporter l'adhésion du public. Source : Livret du triple CD long boxLéo Ferré les années Odéon, (2002), texte Éric Didi.
  20. C'estOdette Laure — qui assure la première partie — qui obtient les faveurs du public.
  21. La chansonL'Amour est publiée par Péret dans sonAnthologie de l'amour sublime et par Breton, avec la partition, dans sa revueLe surréalisme, même.
  22. Léo Ferré livrera en1958 sur l'albumEncore du Léo Ferré des versions alternatives de ces deux titres
  23. Léo Ferré l'interprétera quelquefois sur scène, àBobino en 1967 entre autres, puis l'enregistrera en 1990 sur l'albumLes Vieux Copains / source :Alain Raemackers
  24. Chanson qu'il ne gravera sur vinyle qu'en1966 ; albumLéo Ferré 1916-19…
  25. Ainsi en ce début d'année, Ferré révèle à Bérimont s'être attelé, (durant le précédent automne), à mettre en musique quinze poèmes deLouis Aragon, qu'il envisage d'enregistrer prochainement, (projet qui finalement ne verra le jour qu'en1961 chezBarclay).
    En avril, « chez » Bérimond, Léo présenteLa belle amour, chanson écrite parMichelle Senlis etClaude Delécluse.
    Ce même mois, toujours à la radio, il interprète, accompagné par une modeste formation,Soleil de Luc Bérimont. Quelques semaines plus tard, il y chantePierre SeghersDes filles, il en pleut.Il confie au poète présentateur, en juin, qu'il vient d'achever la mise en musique de douze poèmes deVerlaine (recueilsPoèmes saturniens,Fêtes galantes,Romances sans paroles,Sagesse,Jadis et Naguère,Amour,Parallèlement).3 décembre,Luc Bérimont diffuse au cours de son émission trois chansons captées durant son tour de chant auDrap d'Or,La mauvaise graine,Sérénade,Vitrines.Ensemble, ils présentent aux auditeurs le 17 décembre, le fruit de leur dernière et ultime collaborationNoël, (texte Luc Bérimont, musique Léo Ferré).
  26. L'éditeurPierre Seghers et Aragon en éditeront chacun des fragments, qui dans la collectionPoètes d'aujourd'hui (1962), qui dansLes Lettres françaises (1963). Mais Ferré n'en donnera une version définitive, considérablement modifiée, qu'en1986, inLéo Ferré, les années-galaxie, Seghers, 1986. Voir bibliographie.
  27. le 12 novembre, à la radio, il l'a interprété dans une version piano-voix / Source :Alain Raemackers
  28. * Le1erEP paraît avec le titreLes chansons interdites de Léo Ferré :Les rupins,Miss Guéguerre,Thank youSatan,Les 400 coups.
    • Le2eEP fait la part belle à l'amour et moque gentiment les habitants de la capitale :Les femmes,Ta parole,Les Parisiens,L'amour.
    • Le3eEP est tendre en son ensemble, bien que la troisième piste « habille tout le monde pour l'hiver » :Vingt ans,Nous deux (texte deJean-Roger Caussimon),Les temps difficiles,Les chéris
  29. RespectivementMadame la misère,A toi,Le Testament etPoète, vos papiers !,Le Crachat,Psaume 151,Les Passantes.
  30. Il fera de même en1978 lors d'une mini-tournée avec l’Orchestre Symphonique de l’Essonne pour la scène finale deTristan und Isolde deRichard Wagner. Jusqu'à dire dans les années 1980 ses textes sur le motetO vos omnes deVictoria et l'ouverture d'Egmont deBeethoven.
  31. Pour des raisons contractuelles, l'orchestre sera rebaptisé Orchestre symphonique de Milan dans les crédits des pochettes de disque.
  32. Aucune compagnie ne fait de démarche pour le récupérer.
  33. Ceci explique en partie pourquoi Ferré va tourner sans discontinuer dans les années 1980, ses droits d'auteurs ne suffisant pas à financer ses sessions d'enregistrement studio.
  34. « Je trouve que la Révolte n'est plus de mise. La Révolte, c'est une façon de rentrer dans la Cité. C'est une vertu tribale (…) ».Technique de l'exil, inLa Mauvaise graine, Éditionno 1, 1993
  35. Sous la marque éditoriale Gufo del Tramonto (« le hibou du couchant » en italien).
  36. Léo Ferré les soutiendra encore en 1991 par un concert au Palais des Sports de Paris.
  37. Ferré assure une moyenne de 100 à 150 concerts par an, chaque année. Cf. Robert Belleret,Léo Ferré, une vie d'artiste : neuvième partie, chap. « On dit qu'on a toujours vingt ans… »,op. cit.
  38. « La plupart des artistes, leurs clients vieillissent avec eux. Moi c'est le contraire. C'est le miracle du disque ou parce que je suis… jeune. » Entretien avec Jean Huchet,Ouest-France, 17 janvier 1984.
  39. De 81 à 84, Ferré dédieThank you Satan à l'activisteBobby Sands et conspueThatcher,Brejnev,Boulez et les « compositeurs subventionnés » de la musique « dodécacophonique », le pape etReagan, entre autres.
  40. « Cette chanson, c'est ma vie. J'avais mis deux heures à la faire, pour moi quoi. (…) Maintenant c'est un très très gros machin, alors je la chante pour vous raconter ce qui s'est passé et non pas pour en faire un succès. (…) Je garde cet accord à la fin… Alors faites-moi plaisir, comme ça vous serez tout à fait avec moi. Je m'en vais, je vous souhaite bonne nuit, n'applaudissez pas à cette chanson, merci d'avance. »Léo Ferré au Théâtre Libertaire de Paris (voir discographie).
  41. Vendu avec un CD 2 titres inédits : « Tu chanteras » et « La Mauvaise Graine », tous deux extraits du dernier concert/récital de Léo Ferré, au Festival en Othe à Saint-Florentin, le samedi 22 août 1992.
  42. Réédition revue et augmentée sous le titre deLéo Ferré, comme si j'vous disais, L'Archipel, 2008.
  43. Réédité chez le même éditeur en 2003 avec des dessins de José Corréa, sous le titreLéo Ferré, Je vous vois encore….
  44. Préfaces d'Eddie Barclay et d'Alain Bashung. Comprend un CD d'entretien avec Michel Vial.

Références

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  1. Acte de naissanceno 22, surArchives de Monaco, Mairie de Monaco,(consulté le).
  2. La généalogie de Léo Ferré, Jean-Louis Beaucarnot, 24 août 2016, surLa Revue française de généalogie.
  3. a etbVassal & Béart 2013,p. 22
  4. « Acquisition de la nationalité monégasque », surservice-public-particuliers.gouv.mc(consulté le)
  5. La double nationalité pour les ressortissants deMonaco n’étant possible que depuis une loi promulguée au journal officiel de la principauté le 30 décembre 2011, Léo Ferré a perdu la nationalité française en choisissant de devenir monégasque.
  6. Sa sœur était de deux ans son aînée (source :Robert Belleret,Léo Ferré. Une vie d'artiste : biographie, Actes Sud,,p. 31)
  7. Entretien avecMichel Lancelot,La mémoire courte (Europe 1), 1969.
  8. Robert Belleret,Dictionnaire Ferré, Fayard,,p. 147
  9. Dominique Lacout,Léo Ferré, Éditions Sévigny,,p. 209
  10. Archive rfimusique.com,(en) « Biography : Léo Ferré », surrfimusique.com(consulté le)
  11. a etbMarieScot,Sciences Po, le roman vrai, Sciences Po, les presses,(ISBN 978-2-7246-3915-5)
  12. Jacques Vassal,Léo Ferré, la voix sans maître, début du chapitre 3,Miss guéguerre et aprèsvoir sur google book
  13. Dominique Lacout,Léo Ferré, Éditions Sévigny,,p. 61
  14. Livret du double CDlong boxLa Vie d'artiste, page 29, Le Chant du Monde, 1998 ; auteur : Robert Belleret.
  15. constitué d'une feuille d'aluminium ou dezinc recouverte d'une laque
  16. « par la9e chambre du tribunal civil de la Seine et transcrit le jeudi 17 mai 1951 », Odette se remarie, en décembre 1951, avec un Suédois, à Göteborg,Odette Schunck, épouse Ferré, Jacques Layani[1]
  17. a etbAnnie Butor,Comment voulez-vous que j'oublie… Madeleine et Léo Ferré, 1950-1973, Phébus, 2013.
  18. Leo Ferré et se famille,Discorama, 1965, INA
  19. Léo Ferré,La musique souvent me prend… comme l'amour, La mémoire et la mer, 1999,p. 91.
  20. Ibid.,p. 143.
  21. Ibid.,p. 13.
  22. Quentin Dupont,Vous savez qui je suis, maintenant ?, La Mémoire et la Mer, 2003,p. 421.
  23. http://lesvieuxcopains.free.fr/biographie/bio1.htm
  24. Livret CDParis canaille, 1953. Texte : Alain Raemackers
  25. http://www.encyclopedisque.fr/show_image.html?P=1&I=%2Fimages%2Fimgdb%2Fmain%2F129468.jpg&T=Paris+canaille+%2F+La+fille+de+Londres - Catherine SAUVAGE (verso) / consulté le 12 mars 2024.
  26. Livret CDLe piano du pauvre, 1954, Intégrale archives Léo Ferré, texteAlain Raemackers
  27. abcdefg ethLivret triple CD long box,Léo Ferré les années Odéon, (2002), texte Éric Didi.
  28. Cf.http://www.arlima.net/qt/rutebeuf.html#yver.
  29. Lettres non postées, La Mémoire et la Mer, 2006.
  30. Cf. l'albumLa Mauvaise Graine.
  31. ab etcLivret CDLa mauvaise graine, 1959,Intégrale archives Léo Ferré - 2006 / Référence La mémoire et la mer 9960 - texteAlain Raemackers
  32. "Léo Ferré. Amour, anarchie", par Dominique Mira-Milos, en 1989
  33. « Léo Ferré ou la vie conjugale du chimpanzé », surFranceculture.fr,(consulté le).
  34. a etb« "Léo a été le seul homme dans ma vie" »,Le Monde.fr,‎(lire en ligne, consulté le)
  35. « Léo Ferré, jamais sans son singe », surbibliobs.nouvelobs.com,(consulté le).
  36. Pascal Boniface,Léo Ferré, toujours vivant, La Découverte,,p. 103
  37. Robert Belleret,Léo Ferré. Une vie d'artiste : biographie, Actes Sud,,p. 460
  38. Céline Chabot-Canet,Léo Ferré : Une voix et un phrasé emblématiques, L'Harmattan, 2008.
  39. Dominique Lacout,Léo Ferré, 1991
  40. Léo Ferré/Jimi Hendrix, surwww.emission-electrophone.fr.
  41. Glenmor L'éveilleur, Philippe Guilloux. DVD coproductionCarrément à l'Ouest,France Télévisions,Ty télé,Tébéo,TV Rennes 35. 2011.
  42. Jacques Lafitte, Stephen Taylor,Qui est qui en France, J. Lafitte,,p. 658
  43. Entretien avecLa Nouvelle République du Centre-Ouest, 5 juin 1979.
  44. Entretien avecNice-Matin, 28 mai 1979.
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