L'Action française est un ouvrage de l'historienaméricainEugen Weber publié originellement en aux États-Unis et publié en France en dans sa traduction française, consacré à l'étude du mouvement royalisteAction française.
Considéré comme« l'un des spécialistes de notre histoire contemporaine »[1], Eugen Weber publie une somme sur l'histoire de l'Action française au temps de laTroisième République et durégime de Vichy. Il conçoit l'histoire de ce mouvement politique d'extrême droite comme« une sorte de roman politique aux rebondissements surprenants »[1]. Il analyse les« cheminements multiples du royalisme, du nationalisme et du maurrassisme d'Action française » durant la première moitié du XXe siècle[2].
Le premier rapport de police qui atteste l'existence de l'Action française est de. En mai 1906, un autre rapport indique que toutes les« troupes réactionnaires » suivent désormais l'Action française[3]. Eugen Weber détaille comment l'Action française s'est imposée malgré la faiblesse de ses moyens au début. En 1909, l'Action française ne comptait que sur 180 militants[3].
L'auteur éclaire la complexité de l'attitude de Maurras durant laSeconde Guerre mondiale en juxtaposant son soutien indéfectible au régime de Vichy jusqu'en 1944 avec« sa haine de l'Allemagne, refusant de recevoirBrasillach, de publier des publicités pro-allemandes ou d'annoncer des meetings « européens » »[3].
Eugen Weber s'appuie sur le dépouillement de la presse parisienne mais aussi de journaux de province commeLa Nouvelle Guyenne etL'Eclair de Montpellier[4],[3]. L'historien s'aide d'archives privées, notamment celles deFrancisque Gay et deCharles Maurras[3]. Il dévoile notamment une correspondance de seize lettres entre Maurras etRaymond Poincaré entre 1918 et 1925. Eugen Weber explique que ces échanges sont ceux d'alliés et que Maurras n'avait aucune influence directe sur Poincaré, président de la République entre 1913 et 1920. Il exploite les rapports de police conservés auxArchives nationales et bénéficie d'une autorisation spéciale pour exploiter les liasses de la période 1914-1939 à la différence de l'historienFrank Tannenbaum qui publie un ouvrage sur le même sujet la même année[3].
L'ouvrage fait immédiatement autorité sur le sujet[5]. Il est salué comme le« point de départ d'utiles retours en arrière »[6] en tant que« première synthèse solide sur cette question majeure »[3]. Selon l'historienMichel Winock, fin 2024, ce livre devenu un classique « demeure l'ouvrage de référence sur l'histoire de l'Action française », même si d'autres historiens l'ont complété par la suite, et « reste un passage obligé pour toute étude sur l'extrême droite en France », par « son ampleur, ses qualités d'analyse et le style vivant du narrateur bien traduit par Michel Chrestien »[7].
JeanLaponce, « Action Française : Royalism and Reaction in Twentieth-Century France by Eugen Weber (revue) »,The Canadian Historical Review,vol. 45,no 1,,p. 54–55(ISSN1710-1093,lire en ligne, consulté le)
Alain-GérardSlama, « Revue de l'Action Française, Royalism and reaction in twentieth century France. 2nd ed. »,Revue française de science politique,vol. 20,no 3,,p. 570–573(ISSN0035-2950,lire en ligne, consulté le)