Située au centre de l'Ouest de l'île deHonshū, dans larégion du Kansai, Kyoto est entourée par des montagnes, avec à l'est lelac Biwa. Seules les montagnes au nord font partie de son découpage administratif, notamment les montsAtago, Sajikiga-take(桟敷ヶ岳?) etHiei.
En avril 2024, la population de Kyoto était estimée à 1 436 247 habitants[1], répartis sur une superficie de 827,83 km2, soit unedensité de population de 1 735 hab./km2.
Le climat de la ville est de typesubtropical humide. En hiver les températures y sont relativement douces, avec toutefois de fréquents épisodes de froid humide qui amplifient la sensation de fraîcheur (il neige chaque année à Kyoto). Les étés sont moites et chauds, voire torrides, les nuits y sont particulièrement étouffantes. Du fait de la topographie, la ville est entourée de montagnes. Il est courant au Japon de décrire le climat de Kyoto comme extrême : une chaleur difficilement supportable en été et un froid mordant en hiver.
Normales et records pour la période 1991-2020 à Kyoto
La ville a été dessinée selon un motif de grille en accord avec la tradition degéomanciechinoise. Aujourd'hui, les principaux quartiers d'affaires sont situés au sud et au centre de la ville, tandis que le Nord etArashiyama, à l'ouest, sont des aires à l'atmosphère verdoyante moins peuplées.
La nouvelle ville,Heiankyō (litt. « la capitale de la Paix ») devint le siège de lacour impériale en794[6]. Plus tard, la ville fut rebaptisée Kyoto (« la ville capitale »)[7]. Elle développa deux quartiers spécifiques : le quartier sud où se situait lepalais impérial et la cour ; le quartier où leshogunYoshimitsu Ashikaga plaça en1378 sa résidence dans le 'Hana no Gosho' (ou Muromachi-dono, Karasumaru-dono) du quartier de Muromachi. Cela donne par ailleurs le nom de lapériode Muromachi de l'histoire de l'archipel. Le shogun se fit également construire le Pavillon d'OrKinkaku-ji dans le nord de la ville. Par la suite, la ville fut véritablement dévastée par les armées lors de laguerre d'Onin, abandonnée en grande partie par ses habitants et livrée au pillage de1467 à1477. En1489, le shogunYoshimasa Ashikaga se fit construire l'une des merveilles architecturales du Japon : le Pavillon d'Argent (Ginkaku-ji) qui voulait rivaliser avec le Pavillon d'Or construit par son grand-pèreAshikaga Yoshimitsu[8].
L'avènement dushogunat Tokugawa en1600 fit perdre à Kyoto son rôle de centre politique et administratif au profit d'Edo, lieu de résidence des shoguns. Toutefois, Kyoto resta la capitale impériale duJapon jusqu'au transfert de la résidence de l'empereur à Edo en1868, lors de larestauration de Meiji[9]. Après qu'Edo fut rebaptiséeTokyo (signifiant « la capitale de l'Est »), Kyoto fut connue peu de temps sous le nom de Saikyō (« la capitale de l'Ouest »).
Épargnée par les bombardements de laSeconde Guerre mondiale, Kyoto échappa de peu à ladestruction atomique, car la ville figurait en tête des cibles désignées par le comité des objectifs américain. Son choix fut finalement rejeté à la suite de l'intervention dusecrétaire de la Guerre des États-UnisHenry Lewis Stimson et de conseillers, dont le FrançaisSerge Elisseeff, qui connaissaient la richesse culturelle de la ville, et estimèrent que sa destruction serait un obstacle grave à une réconciliation ultérieure avec le Japon.
Le tourisme constitue une importante part de l'économie de Kyoto. La ville jouit en effet de nombreux héritages culturels, constamment visités par les groupes scolaires japonais et par les touristes étrangers.
L'industrie de Kyoto est principalement composée de petites installations, la plupart desquelles est gérée par des artisans traditionnels japonais. Leskimonos de Kyoto sont particulièrement reconnus et la ville demeure le premier centre de fabrication de kimonos japonais. Cependant, de telles entreprises commencent à décliner aujourd'hui, à l'heure où les ventes de biens traditionnels stagnent.
La seule grande industrie de Kyoto est celle de l'électronique. La ville accueille en effet les sièges deNintendo,Omron Corporation,Kyocera (Kyoto Ceramics),Shimadzu, le géant du textileWacoal Corporation ainsi que le constructeur d'automobilesMitsubishi Motors. Néanmoins, bien que l'industrie high-tech connaisse une certaine croissance, le déclin de l'industrie traditionnelle n'est pas équilibré. Il en résulte que la production globale de la ville est en relatif déclin par comparaison avec d'autres villes depuis plusieurs années.
Lapandémie de Covid-19 provoque une chute des revenus issus du secteur touristique et place la ville dans une situation financière précaire. Le maire reconnait en 2021 « la possibilité d’unebanqueroute au cours de la décennie qui vient » et annonce des suppressions d'emplois dans l’administration et des coupes dans les aides sociales, en réduisant notamment les financements des soins à domicile[13]. Des analystes notent cependant que les problèmes financiers de Kyoto sont antérieurs à la pandémie[13].
La gare ferroviaire dont l'architecture avait été critiquée à sa construction en raison de son modernisme et de son gigantisme.
Kyoto se trouve sur leTōkaidō, la route historique reliant leKanto (Tokyo) auKansai (Kyoto,Osaka etKobe) ; dans la ville, la route devient Gojō, la « cinquième rue ». Contrairement aux autres grandes villes du Japon, son centre-ville ne contient pas d'autoroutes.
Lagare de Kyoto, monumentale, a été inaugurée en 1997 dans sa forme actuelle. Elle fait aussi fonction de centre commercial, comporte un hôtel et de nombreux restaurants et propose une vue sur la ville depuis le sommet de ses onze étages. Un musée ferroviaire, leKyoto Railway Museum, ouvre ses portes en 2016, remplaçant l'ancien musée inauguré en 1972.
Le réseau de transport public comprend deux lignes demétro disposées en croix, coupant la ville dans les sens Nord-Sud et Est-Ouest, de plusieurs lignes de trains urbains privés en partie souterraines (Hankyu, etKeihan), et de nombreuses lignes debus exploitées par plusieurs compagnies différentes. Kyoto est desservie également par unréseau de tramways composé de deux lignes.
Le vélo est un moyen de transport fréquemment utilisé, la ville étant dense et en grande partie plate.
La ville de Kyoto est administrée par lamairie de Kyoto(ja), dirigée par lemaire. Depuis le, le maire estKōji Matsui. Le maire est subordonné par trois maires adjoints, auxquels sont subordonnés les neuf bureaux municipaux, les 54 départements municipaux, le comptable municipal et les 11 présidents d'arrondissements[14]. Les citoyens de Kyoto sont représentés auprès de leur ville par leconseil municipal de Kyoto(ja) (ou l'Assemblée municipale), comptant 67 sièges répartis à travers les onze arrondissements de la ville[15].
L'élection municipale et l'élection au conseil municipal ont lieu tous les quatre ans. La dernière élection municipale a eu lieu le(en), tandis que la dernière élection au conseil municipal a eu lieu le(ja).
« Le chemin de la philosophie », à Kyoto, au printemps.
Kyoto est un des centres universitaires les plus importants du pays, et accueille37 établissements d'éducation supérieure. L'importanteuniversité de Kyoto constitue une des deux plus prestigieuses universités du Japon et est considérée comme une des meilleures universités en Asie et dans le monde par les classements internationaux[16],[17] ; dix de ses chercheurs ont notamment obtenu leprix Nobel. Cinq autres sont également très renommées :Ritsumeikan[18] etDoshisha[19], Kyōto Sangyō[l 1],[20],Ryūkoku ou encoreBukkyo[21]. Kyoto a également un réseau important d'éducation supérieure appelé le consortium des universités de Kyoto, qui se compose de trois établissements nationaux, cinq publics (préfectoral et municipal), et41 universités privées.
Il est possible de parcourir à Kyoto lapromenade du philosophe(哲学の道,Tetsugaku-no-michi?,littéralement « sentier de la philosophie »), chemin qu'empruntait lephilosopheKitarō Nishida tous les jours, afin de méditer.
Kyoto est également connue pour l'abondance de ses délicieuses denrées alimentaires[23], avec la culture d'une grande variété de légumes[24].
La population parle undialecte appelé lekyōto-ben, une version dukansai-ben[25]. Mais il existe aussi des mots typiques de certains quartiers et lekyōto-ben est souvent assimilé au dialecte utilisé dans le célèbre quartier deGion, par lesgeiko (équivalentes auxgeishas, mais cette appellation-là est traditionnellement utilisée à Kyoto, ou dans la région Ouest du Japon) et lesmaiko, les apprenties desgeiko(芸子/芸妓?), notamment.
De nombreux écrivains ont écrit sur Kyoto, dont en particulierYasunari Kawabata, prix Nobel de littérature en 1962 : son livreKyôto (1962 ; titre original 'Koto', 古都?, littéralement « L' ancienne capitale ») qui se déroule entièrement à Kyoto et dans ses environs est considéré comme un de seschefs-d'œuvre.
Kimiko Date (1970-), joueuse de tennis professionnelle japonaise
Hideki Yukawa (1907-1981),physicienjaponais, qui a reçu leprix Nobel de physique en1949 pour ses recherches dans la théorie des particules élémentaires. Il fut le premier Japonais à recevoir un prix Nobel. Il n'est pas né à Kyoto, mais il est citoyen d'honneur de la ville.
Tasuku Honjo (1942-), immunologiste, Prix Nobel de Physiologie ou Médecine en 2018 pour ses travaux sur l'immunothérapie.
« Jette une pierre au hasard, tu blesses un professeur »[29]
« Les habitants de Kyoto se ruinent pour s'habiller. »(「京都の着倒れ。」,Kyōto no kidaore.?) C'est un proverbe qui s'oppose à celui d'Osaka : « Les habitants d'Osaka se ruinent pour manger. »(「大阪の食い倒れ。」,Ōsaka no kuidaore.?)
« Un après-midi de Kyoto dans l’espace d’un cerisier me voici hissé tout en haut de l’ivresse d’exister »[30],René Depestre.
↑Jean Guilaine (dir.),Aux marges des grands foyers du Néolithique : Périphérie débitrices ou créatrices ? : Séminaire duCollège de France, Paris, Errance, 2004, 294 p.(ISBN2-87772-294-5). Avec la participation deJean-Paul Demoule :Aux marges de l'Eurasie: Le Japon préhistorique et le paradoxe Jomon :p. 177-202.
↑FrancineHérail,La cour du Japon à l'époque de Heian: Aux Xe et XIe siècles, Hachette Littératures (réédition numérique FeniXX),(ISBN978-2-01-462017-7)
↑Principalement d'ordre parlé, ce dialecte se caractérise par plusieurs modifications notables du japonais dit académique (標準語 hyōjungo). Il est parlé dans larégion du Kansai, à savoirŌsaka,Kōbe et Kyōto.
Nicolas Fiévé (dir.),Atlas historique de Kyôto. Analyse spatiale des systèmes de mémoire d’une ville, de son architecture et de ses paysages urbains, avant-propos de Kôichirô Matsuura, préface de Jacques Gernet, Éditions de l’UNESCO / Éditions de l’Amateur, Paris, 2008,528 pages,207 cartes et210 illustrations(ISBN978-2-85917-486-6)