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Kurt Lischka

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Pour les articles homonymes, voirLischka.

Kurt Lischka
Biographie
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Marchand,juriste, membre de la GestapoVoir et modifier les données sur Wikidata
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Kurt Paul Werner Lischka (Breslau, -Brühl,) est un ancien membre duparti nazi allemand qui fut très impliqué dans lasolution finale. Il fut notamment le chef du bureau de laSipo-SD pour la France du au, avec le grade, en, deSS-Obersturmbannführer[1]. Il est directement responsable de l’arrestation et de la déportation de milliers de Juifs français.

Carrière sous le Troisième Reich

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Lischka est le fils d’un employé de banque àBreslau. C’est là qu’il passe son baccalauréat en1927. Ensuite il étudie le droit et les sciences politiques àBerlin puis occupe différents postes dans des tribunaux civils et régionaux. Il entre dans la SS le. À partir du1er septembre 1935 il travaille pour laGestapo, d’abord comme personne de référence pour les affaires religieuses. En1938 il devient, commedocteur en droit, chef du bureau II B de laGestapo responsable des confessions religieuses, desJuifs, desfrancs-maçons, desémigrants et despacifistes. Au cours de cette seule année, Lischka a été promu trois fois pour devenirSS-Sturmbannführer le.

Son dossier vante ses qualités principales : zèle, sang-froid, audace. Le, il organise larafle de 20 000 Juifs deBerlin et leur déportation vers la frontière polonaise où ils sont refoulés dans des camps de transit, beaucoup meurent de faim et de froid.Reinhard Heydrich dira de son initiative : « L'idée est ingénieuse ».
Les parents d'Herschel Grynszpan seront du convoi, ce qui sera à l'origine de son acte criminel contreErnst vom Rath, undiplomateallemand àParis.

C’est en occupant ce poste qu’il s'est rendu responsable des emprisonnements massifs de Juifs allemands consécutifs à laNuit de Cristal.

Reinhard Heydrich : « Lischka est un agent remarquable »

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Lischka a dirigé temporairement lacentrale du Reich pour l'émigration juive qui dépouillait les Juifs de leurs biens avant leur émigration. De janvier à août1940, il a été chef de laGestapo à laMaison EL-DE àCologne.

Le, il arrive à Paris où il est l'assistant d'Helmut Knochen, au commandement de laSipo (police de sûreté) -SD (Service de sécurité) àParis et en tant que dirigeant du bureau II (organisation, administration) et coresponsable de la déportation d'au moins 73 000 Juifs versAuschwitz-Birkenau via lecamp de Drancy[2]. Il est lui-même assisté deTheodor Dannecker.

 : Réunion à Paris sur les Juifs présidée par Lischka:

« Afin de résoudre le problème juif en France, nous devons appliquer les mêmes mesures que celles mises en pratique dans le Reich. À cet effet, je demande la création en France d'un office central juif qui aura les tâches suivantes :

  1. Traitement de toutes les questions de police intéressants les Juifs (recensement, constitution de fichiers, surveillance)
  2. Contrôle économique, c’est-à-dire élimination des Juifs de la vie économique, transfert des entreprises juives aux aryens,
  3. Propagande antijuive parmi les Français »
Applaudissements nourris de son auditoire.

« Je précise bien qu'il faut confier aux Français le soin de régler ces problèmes afin de parer à l'inévitable réaction de la population contre tout ce qui vient des Allemands. Aussi les services allemands se borneront-ils à faire des suggestions. ».
Cette fois-ci c'est l'ovation, il est vrai que Lischka est connu comme étant un bon orateur.

Il affirmera que son travail de départ était de mettre au pas les institutions juives existant encore à Paris et les mettre sous le commandement du Grand Paris.

« Il appartiendra à l'avenir d'assister les Juifs dans tous les domaines. Les présidents juifs de différentes œuvres ont décidé sur mon initiative d'organiser un "Comité de coordination des œuvres de bienfaisance de Paris et du département de la Seine." Toute l'organisation serait placée sous la surveillance de mes services ».

Lischka a fait de la centrale de laGestapo à Paris un véritable instrument de terreur que laRésistance a payé au prix demesures de représailles qui ont entrainé l'exécution de 29 000 otages au total. Le, il est promuObersturmbannführer. Le, il fait porter l'Étoile jaune dès l'âge de 6 ans. En, Kurt Lischka organise larafle du Vélodrome d'Hiver.
Bilan fait aux autorités militaires : « Au total 12 884 (sur 28 000 prévues grâce aux fichiers) personnes ont été arrêtés. Ils seront envoyés à Drancy où ils seront transférés vers leReich dans des trains de mille personnes "pour travaux". »

Du au, Lischka s'est occupé en plus de l'association du personnel du bureau du commandant de la police secrète et du service de sécurité de Paris.

Sa réponse à un diplomate venu lui demander la libération d'un ami israélite:

« Je refuse toute exception, sans quoi les Français penseront qu'à part le Führer lui-même, il n'y a pas d'antisémite allemand. Bien sûr, vous souhaitez qu'on libère tel ou tel Juif parce que vous pensez que c'est un brave homme, qu'il est meilleur que les autres. Et c'est là votre erreur absolue. Les Juifs sont tous les mêmes !
Il n'y a pas de Juif meilleur qu'un autre Juif. Ce sont nos ennemis, vos ennemis aussi ! »

Enseptembre 1943, Lischka, soupçonné de corruption, est rappelé à Berlin. Une procédure pénale est engagée. Elle se termine le par un non-lieu.

Le il assume l'intérim deMüller lorsque celui-ci s'absente.À partir de novembre1943, il a été affecté au service IV D 1 de l'Office central de la sécurité du Reich (Reichssicherheitshauptamt), chargé des représailles dans leProtectorat de Bohême-Moravie.

En1944, Lischka a appartenu à la « Commission spéciale du20 juillet 1944 »[3]. Dèsavril 1945, son service est évacué vers leSchleswig-Holstein puis complètement dissous le.

Méthode de Lischka pour interroger un prisonnier récalcitrant

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« On doit interroger un prisonnier politique en usant d'un langage très poli. S'il n'avoue pas, il faut lui donner un repas composé seulement d'un hareng salé sans une goutte d'eau. Le lendemain matin, ramener le prisonnier à l'interrogatoire et lui offrir comme petit déjeuner que du hareng salé, et lui poser des questions en buvant une tasse l'une après l'autre. S'il continue à nier, le renvoyer en cellule sans lui donner à boire et avec comme seule nourriture du hareng salé. Le plus souvent la méthode est efficace au bout d'un certain temps. »

Après la Seconde Guerre mondiale

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À la fin de la guerre, Lischka a d'abord vécu àSankt Peter-Ording, où il travaille sous une fausse identité commeouvrier agricole.

Le, il est arrêté par les soldats britanniques et emprisonné dans des camps d'internement anglais et français. En raison de son activité dans laTchécoslovaquie occupée, il est extradé en1947 àPrague.

Enavril 1949, la police tchécoslovaque l'arrête et en informe les autorités françaises, mais elle ne reçoit pas de réponse.

Enaoût 1950, il est renvoyé enRépublique fédérale d'Allemagne. Une décision du tribunal deBielefeld l'acquitte.

Le, un tribunal militaire français le condamne par contumace aux travaux forcés à perpétuité. Il l'apprend en lisant son journal dans sa maison de Cologne. Lischka travaille à Cologne comme fondé de pouvoir d'un magasin de céréales en gros, sans être dérangé par la justice. Il connait la famille des propriétaires depuis la période d’avant-guerre.

En1971, il est retrouvé parBeate Klarsfeld au numéro 554 de laBergisch-Gladbacher Straße àCologne dans le quartier d’Holweide. Beate Klarsfeld a alors projeté de le faire kidnapper vers la France où il est condamné parcontumace : des passants empêchent la tentative et pour cela elle est condamnée ainsi que son mariSerge Klarsfeld à deux mois de prison.

En1975, Lischka prend sa retraite en partie en raison des manifestations antinazies devant le magasin de céréales en gros qui l'emploie : les manifestants utilisent descocktails Molotov qui mettent en danger les autres employés de l’entreprise.

En1980, Lischka est condamné auprocès de Cologne à 10 ans de prison, et libéré en1985.

Lischka finit ses jours auprès de sa femme dans une maison de retraite àBrühl, le.

Notes et références

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  1. Beate & Serge Klarsfeld,Mémoires, Paris, Fayard/Flammarion, 2015,p. 265-274.
  2. (de) Michael Wildt,Generation des Unbedingten. Das Führungskorps des Reichssicherheitshauptamte, Hamburg, Hamburger Edition,, 964 p.(ISBN 978-3-930908-87-5),p. 358-359
  3. MichaelWildt,Generation des Unbedingten: das Führungskorps des Reichssicherheitshauptamtes, Hamburger Edition,, 964 p.(ISBN 978-3-930908-87-5),p. 707
Pour élargir la recherche consulter :Antisémitisme.

Liens externes

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