Les courants entourant le Japon :1. Kuroshio 2. extension du Kuroshio 3. contre courant du Kuroshio 4. courant de Tsushima 5. courant Tsugaru 6. courant de Sōya 7.Oya shivo 8. courant de Liman.
Lecourant de Kuroshio, enjaponaiskuroshio(黒潮?,« courant noir »), anciennement orthographiéKuroshiwo ouKuro shivo, est le second plus grandcourant marin au monde, après leGulf Stream. Il débute dans l'ouest de l'océan Pacifique au large de la côte orientale deTaïwan et se dirige vers les eaux au nord-est duJapon où il fusionne avec la dérive orientale ducourant du Pacifique nord. Il a un rôle analogue à celui du Gulf Stream dans l'océan Atlantique, transportant des eaux chaudes tropicales vers le Nord et les régions polaires.
Son nom fait allusion à la couleur bleu sombre de ses eaux. Il est aussi appelécourant du Japon(日本海流,Nihon kairyū?). L'une des branches du courant dans lamer du Japon est appeléecourant de Tsushima(対馬海流,Tsushima kairyū?) du nom dudétroit de Tsushima.
Les eaux chaudes du courant de Kuroshio permettent l'existence des récifs coralliens du Japon, les récifs decorail les plus septentrionaux au monde.
Le Kuroshio se divise en plusieurs branches plus petites qui longent les côtes de la Chine et de lapéninsule coréenne : le courant de lamer Jaune, qui longe lapéninsule du Liaodong et atteint legolfe de Bohai en été ; le courant de Tsushima, qui traverse ledétroit de Corée et longe l'ouest du Japon ; et le courant de lamer de l'Est, qui se sépare du courant de Tsushima[1]. Le courant principal se prolonge par l'extension du Kuroshio, qui est un capteur de CO2 très important[2].
Le Kuroshio est connu depuis plusieurs siècles. Des voyages probablement rendus possibles par le Kuroshio sont mentionnés dans la biographie d'un moine bouddhiste chinois,Ganjin, venu en mission religieuse au Japon en 754, et dans des chroniques japonaises d'avant 833. Des navires le traversent auVIIe siècle et auVIIIe siècle, malgré les naufrages fréquents[3].
Entre 1965 et 1979, laCommission océanographique intergouvernementale pilotée par l'UNESCO mène une première campagne d'étude internationale du Kuroshio, laCooperative Study of the Kuroshio and Adjacent Regions (CSK, en français« Étude coopérature du Kuroshio et des régions adjacentes »). La plupart des participants sont des pays asiatiques. Ce premier programme permet à la fois une meilleure connaissance du Kuroshio et un développement des recherches enocéanographie dans les pays participants. Quand le programme prend fin en 1979, plusieurs pays poursuivent leurs recherches, généralement sur des zones géographiques plus restreintes[2].
Afin de répondre au besoin d'une vision globale du Kuroshio, ses impacts sur l'environnement marin et le développement socio-économique des pays qu'il longe, en tenant compte duchangement climatique, l'UNESCO lance une deuxième campagne CSK en 2021, qui doit s'étendre jusqu'en 2030[2].
Le Kuroshio a une haute importance économique, sociale et culturelle pour plusieurs pays asiatiques. Bien que ses eaux de surface soient pauvres en nutriments, lesressources halieutiques y sont riches[2].
Le Kuroshio, littéralement« courant noir », tient son nom de ses eaux très sombres[1],[2]. Selon Hideo Kawai, ce nom ne désigne à l'origine qu'une petite branche du Kuroshio qui traverse l'archipel d'Izu, au sud du Japon, et qui est aussi nomméeKurose Gawa,« rivière sombre ». Le nom actuel, Kuroshio, n'a commencé à être utilisé qu'à la fin duXVIIIe siècle pour désigner le courant principal[3].
En chinois, il est appeléLuo-Ji etWei-Lü.Luo-Ji, qu'on trouve parfois dans les textes japonais sous le nomRakusai, se réfère plus spécifiquement à la branche du Kuroshio qui traverse lamer de Chine orientale[3].
DansVingt Mille Lieues sous les mers deJules Verne édité à partir de 1869, leNautilus emprunte au départ ce courant appelé Kuro-Scivo (Fleuve-noir), lors de la première exploration sous-marine le menant vers l'île de Crespo, lorsque Ned Land, Conseil et le professeur Arronax arrivent aux côtés ducapitaine Nemo.