Arrachée à lajungle dans lesannées 1850, la ville doit sa naissance et sa fortune aux abondants gisements d'étain découverts auXIXe siècle. Kuala Lumpur ne fut longtemps qu'un campement de huttes debambous, infesté par lamalaria et ravagé à de multiples reprises par les inondations et les incendies. Elle grandit grâce au commerce de l'étain pour devenir, en1896, la capitale desÉtats malais fédérés. Durant laSeconde Guerre mondiale, la ville Kuala Lumpur a été prise sans grande résistance par les Japonais. Il n’y a pas eu de destructions massives ou de combats prolongés dans la ville. Elle a été conquise par l'Armée impériale japonaise en1942. Depuis lesannées 1980, Kuala Lumpur a connu un développement extrêmement rapide et est devenue unemétropole.
Ville mondiale, Kuala Lumpur a vu se développer de nombreuxgratte-ciel dans son quartier d'affaires, dont lestours Petronas, qui furent les plus hautes du monde. Son développement industriel s'est fait notamment autour des nouvelles technologies et de la finance. Elle nourrit d'importants liens avec la« Silicon Valley malaisienne »,Cyberjaya, ainsi qu'avecSingapour, situé à 300 kilomètres au sud-est. Elle accueille également le siège duParlement de Malaisie et l'Istana Negara(en) — la résidence royale —, mais le gouvernement a été transféré àPutrajaya, qui est devenue la capitale administrative du pays en1999.
Son nom, signifiant enmalais « confluent vaseux », s'explique par sa situation auconfluent de deux cours d'eau : le fleuveKelang, le plus important, et l'un de sesaffluents, leGombak. Son climat est de typeéquatorial, avec des températures moyennes et des précipitations très élevées toute l'année. Ville cosmopolite, Kuala Lumpur présente la particularité d'être peuplée à 43 % deChinois, soit presque autant que deMalais (45 %) ; elle constitue ainsi une sorte d'enclavebouddhiste dans un pays majoritairementmusulman. Vitrine du développement rapide de la Malaisie, la ville accueille de grands évènements tels que lesJeux du Commonwealth en1998 ou leGrand Prix automobile de Malaisie.
À l'origine de Kuala Lumpur on trouve une mine d'étain exploitée à compter desannées 1840 par des mineurschinois le long du fleuveSelangor, à une quinzaine de kilomètres au nord de la ville actuelle[2].
Kuala Lumpur est initialement unhameau comportant quelques maisons et magasins situés au confluent des rivièresGombak etKelang. On considère généralement que Kuala Lumpur devient une agglomération à part entière vers 1857[3] lorsque le chef malais deKelang, Raja Abdullah bin Raja Jaafar, avec l'aide de son frère Raja Juma'at deLukut, collecte des fonds pour ouvrir une nouvelle mine d'étain exploitée par des mineurs chinois de Lukut[4],[5]. Les mineurs étaient débarqués à Kuala Lumpur puis de là rejoignaient la mine située au pied deAmpang[6]. Kuala Lumpur était située à l'extrémité de la partie navigable de la rivière Kelang, et était donc utilisée comme site d'embarquement et de débarquement pour l’approvisionnement et la collecte de la production des mines d'étain de la région[2],[3].
Yap Ah Loy, le troisièmeKapitan Cina de Kuala Lumpur.
Frank Swettenham, qui contribua au développement de Kuala Lumpur.
Malgré un taux de mortalité élevé dû à lamalaria qui sévissait dans cette région couverte dejungle, les mines d'Ampang sont exploitées avec succès et le premier chargement d'étain est exporté en 1859[2]. L'exploitation du minerai entraîne la croissance du village mais également celle dePudu et deBatu. Les mineurs s'organisent en bandes[7] qui se battent entre elles pour prendre le contrôle des gisements les plus riches[8]. Le chef malais et le propriétaire de la mine décident de conférer le titre deKapitan Cina (chef des Chinois) au responsable de la communauté chinoise. Hiu Siew est le premier capitaine de la mine de Lukut[9],[10]. Avec Yap Ah Sze, il avait fait partie des premiers commerçants arrivé à Ampang et vendait des provisions aux mineurs en échange de l'étain[11]. Le troisième capitaine de Kuala Lumpur,Yap Ah Loy, est nommé en 1868.
Parmi les principales personnalités figurent également leDato Dagang (« responsable des commerçants ») ainsi que Haji Mohamed Tahir[12],[13]. LesMinangkabaus deviennent par la suite également une communauté importante : ces commerçants deSumatra comprennent notamment Utsman Abdullah[14], etHaji Mohamed Taib qui sont impliqués dans le développement deKampung Baru[15],[16].
Élevée au rang de ville (bandar en malais) seulement en1897, Kuala Lumpur a connu depuis une croissance effrénée. Elle a été séparée en 1971 de l'État duSelangor dont elle était jusqu'alors la capitale (remplacée depuis dans cette fonction par la ville nouvelle deShah Alam), pour devenir un territoire fédéral.
Sous la houlette deMahathir Mohamad (1981-2003), Kuala Lumpur a connu un développement remarquable. Des politiques audacieuses ont été mises en place pour moderniser l'infrastructure et stimuler l'économie de la capitale malaisienne. Un exemple emblématique est la construction destours jumelles Petronas dans les années 1990, symbole de la prospérité et du dynamisme de Kuala Lumpur. Grâce à ses initiatives visionnaires, Mahathir a contribué à faire de Kuala Lumpur une ville moderne et prospère, attirant les investissements et le commerce à l'échelle internationale.
Située au centre deSelangor, Kuala Lumpur était initialement un simple territoire de cet État. En 1974 Kuala Lumpur a été détaché de celui-ci et est devenu unterritoire fédéré dirigé directement par le gouvernement fédéral au même titre que l'île deLabuan et la capitale administrative de la MalaisiePutrajaya. Le territoire couvre une superficie de 243 km2[17].
Kuala Lumpur est située dans lesud-ouest de la Malaisie, enAsie du Sud-Est. Elle s'est développée initialement dans lavallée du Klang et son centre se trouve au confluent de cette rivière avec leGombak à 45 km de la mer. Cette vallée est bordée à l'est par lesMonts Titiwangsa, au nord et au sud par des reliefs modérés[18]. Le terrain relativement plein (altitude moyenne de 81,95 mètres)[19] et la situation dans l'état le plus développé de la Malaisie a favorisé la croissance rapide de l'agglomération au cours des dernières décennies[20]. Celle-ci déborde largement les limites du territoire fédéral en englobant une bonne partie de l'État du Selangor. L'expansion a suivi les autoroutes et les lignes de transport en commun lourd dont lemétro léger. L'aire urbaine s'étend à l'ouest jusqu'auport deKelang, qui donne sur ledétroit de Malacca.
Les inondations sont fréquentes dans le centre-ville après des fortes précipitations car, du fait de son développement rapide, celui-ci ne dispose pas de système d'évacuation des eaux excédentaires[23]. La fumée produite par les incendies de forêt dans l'île de Sumatra voisine provoquent parfois une brume recouvrant la capitale. C'est une source majeure de pollution avec les feux de forêts locaux, les émissions des véhicules à moteur et les chantiers de construction[24].
Kuala Lumpur est dirigée depuis 1971 par un maire (Datuk Bandar) qui a le statut depersonne morale individuelle. Datuk Kamarulzaman Mat Salleh occupe le poste depuis le. La ville est administrée par un conseil municipal composé de 15 membres qui ne sont pas élus depuis la suspension des élections locales en 1970 mais qui sont nommés par le ministère des territoires fédérés[30]. Les compétences du conseil municipal portent sur la santé publique, l'environnement, les infrastructures urbaines et le développement économique[31].
Le territoire de Kuala Lumpur est découpé en 11 districts[32] :
Plan des transports en commun de l'agglomération de Kuala Lumpur. Ceux ci comprennent deux lignes de trains de banlieue KTM (1,2), 4 lignes de métro (3,4,5,9), une ligne de desserte de l'aéroport (6/7), une ligne de monorail KL (8) et une ligne de bus express (B1).Rame de la ligne de métroKelana Jaya.
Comme dans de nombreuses métropoles d'Asie, la voiture individuelle reste le principal moyen de déplacement. Un réseau d'autoroutes dessert l'ensemble des quartiers de la capitale. Dans le centre-ville, deux demi-rocades concentriques, Jalan Sultan Ismaël et Jalan Tun Razak, entrecoupées de grands axes partis du centre ont structuré le développement.La ville est aussi deservie par leMRR1(en), leMRR2 et lePériphérique intérieur de Kuala Lumpur(en).
Le système de transport en commun de Kuala Lumpur et de la vallée du Klang repose sur de nombreux modes de transports : bus, lignes de train de banlieue, métro léger, monorail, taxis. Malgré les efforts des autorités pour promouvoir l'usage des transports en commun, la part modale de ceux-ci n'était que de 16 % en 2006. Toutefois ce taux est en progression à la suite de l'ouverture et l'extension de plusieurs lignes de transport lourd. Celui-ci comprend :
la ligneKLIA Ekspres qui en plus d'une desserte directe de l'aéroport, dessert plusieurs stations intermédiaires sur la moitié de ses trains.
La création de deux autres lignes de métro est programmée. La première ligne, laligne Putrajaya, longue de 52 kilomètres entre Kwasa Damansara etPutrajaya est ouverte partiellement en 2022 et son achèvement est prévu en 2023. Les caractéristiques de la deuxième ligne restent en 2017 à définir[34].
Kuala Lumpur se trouve au cœur des liaisons ferroviaires longue distance de la Malaisie gérées par lacompagnie nationale de chemins de fer KTM. Celles-ci s'appuient sur deux lignes : la ligne de la côte ouest longe à plus ou moins grande distance ledétroit de Malacca et la ligne de la côte est qui se débranche de la première ligne dans le sud du pays à Gemas puis remonte au nord jusqu'à la frontière thaïlandaise en passant au centre de la péninsule[35]. Deux gares jouent un rôle central dans la desserte ferroviaire banlieue et grande distance :celle de Kuala Lumpur etcelle de Kuala Lumpur Sentral. Le gros du trafic intercités est réalisé sur la ligne de la côte ouest entre Kuala Lumpur et le nord du pays, là ou se concentre l'essentiel de l'activité du pays. Deux nouvelles lignes devraient fortement accroître le trafic voyageurs :
Les liaisons aériennes sont réalisés par deux aéroports. La principale plateforme aéroportuaire est l'aéroport international de Kuala Lumpur (KLIA) situé àSepang qui comprend notamment le terminal de vols à bas coût KLIA 2 (Low Cost Carrier Terminal) et celui deSubang (vols affrétés). Des vols internationaux à destination des six principales métropoles des six continents partent de KLIA[41]. L'aéroport est relié au centre-ville par une liaison ferroviaire leKLIA Ekspres[42]. KLIA est le hub de la compagnie nationaleMalaysia Airlines et de la compagnie charter nationaleAirAsia. En 201 652,6 millions de passagers et 642 558 tonnes de fret ont transité par KLIA. L'autre plateforme aérienne est l'aéroport Sultan Abdul Aziz Shah qui était le seul aéroport de Kuala Lumpur de 1965 jusqu'à l'ouverture de KLIA en 1998. Environ 3 millions de passagers ont transité par cet aéroport qui est désormais exploité par des compagnies commeFirefly etBerjaya Air assurant des dessertes régionales à l'aide d'avions à hélices[43].
Le confluent du Gombak (à gauche) et du Klang (à droite) constitue le cœur de la ville.Quartier commerçant de Bukit Bintang et voie du monorail.Plate-forme d'observation de la tourMenara Kuala Lumpur.Le Merdeka 118 en construction
le patchwork architectural du centre-ville : l'architecture mauresque-indienne, dont lavieille gare ferroviaire, la place Merdeka et leCourts Complex(en), siège de la Haute Cour de justice ;
Central Market, construit en 1888 et situé à quelques minutes dePetaling Street(en), il représente un important lieu d'intérêt pour le patrimoine malais ;
le marché aux puces chinois de Petaling street (attention aux contrefaçons…) ;
le marché aux produits frais,Wet Market deChow Kit et le village traditionnel deKampung Baru ;
Au moment de la fin d’année 2011/2012, l’exposition desUnited Buddy Bears a été présentée au cœur de la métropole Kuala Lumpur, àBukit Bintang. Cette exposition, qui vise à rapprocher les peuples, a attiré plus de 2,5 millions de visiteurs.
Selon les statistiques officielles, Kuala Lumpur avait un taux d'alphabétisation de 97,5 % en 2000, le plus élevé de tous les états et territoires de la Malaisie[47]. Le malais est la langue utilisée pour l'enseignement de la plupart des sujets tandis que l'apprentissage de l'anglais est obligatoire. Toutefois en 2012, l'anglais était la langue utilisée pour l'enseignement des mathématiques et des sciences naturelles dans certaines écoles. D'autres écoles dispensent un enseignement en mandarin et en tamoul sur certains sujets. Kuala Lumpur accueille 13 établissements d'enseignement supérieurs, 79 lycées, 155 écoles primaires et 136 maternelles[48].