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Ksar Ghilane (arabe :قصر غيلان) est uneoasis du sud de laTunisie située sur la limite est duGrand Erg oriental.
Réputée être la plus méridionale des oasis tunisiennes et l'une des portes dudésert duSahara tunisien, unesource d'eau chaude affleure dans l'oasis. Cette source, dans laquelle il est le plus souvent possible de se baigner, aurait des vertusthermales.
Du fait de sa position à la frontière du monde sédentarisé, la localité de Ksar Ghilane a toujours été connectée aux provinces côtières, mais est longtemps restée difficile d'accès. Elle est désormais reliée par une route asphaltée àDouz (80 kilomètres au nord) ouMatmata que peuvent emprunter les véhicules tout terrain ou les voitures privées ou de location.

Comme son nom l'indique (ksar est un motarabe qui signifie « château »), elle abrite un fort datant de l'époque romaine,Tisavar, situé sur lelimes qui suit la limite du désert. Le gouvernement tunisien l'a proposé le pour un futur classement sur la liste dupatrimoine mondial de l'Unesco[1].
À un kilomètre à l'est est érigée une stèle, la colonne dugénéral Leclerc, qui témoigne du passage de son armée en 1943 lors de labataille de Ksar Ghilane. Elle porte l'inscription suivante :
« Ici, du au, le Général Leclerc et la Force L, venus du Tchad, ont soutenu victorieusement l'assaut des forces ennemies, leur infligeant des pertes sévères[2]. »
La population[3] de Ksar Ghilaine s'élève à 300 personnes (une cinquantaine de familles), autrefois semi-nomades mais actuellementsédentarisées, qui vivent actuellement de l'exploitation dupalmier-dattier, de l'élevage deschèvres et desmoutons, d'uneactivité touristique d'importance croissante dans les années 2000 avant lapandémie de coronavirus et d'un peu de développement dumaraîchage parirrigation[3].

Concernant l'activité de tourisme saharien en croissance continue entre 1970 et 2018[3], il est possible de faire duquad, de la moto, des randonnées àcheval ou desméharées à dos dedromadaires. Cinq unités touristiques d'un total de 600 lits sont disponibles : trois campements avectentes berbères, unhôtel de luxe avec une soixantaine de tentesclimatisées, unemaison d'hôtes et unranch avec chambres privées[4]. Quelquescafés et unrestaurant sont installés autour de la source en plus de ceux présents dans les campements.
L'oasis abrite aussi un poste de lagarde nationale[5] et une caserne de l'armée tunisienne.
L'oasis est située dans ladépression de Bouflija, c'est-à-dire l'exutoire desoueds Bou el-Khcheb, Laarej et Mahbes. Lesprécipitations y sont rares (moins de cinquante millimètres par an), irrégulières d'année en année et peuvent être localisées de façon aléatoire[4].
Les températures dépassent régulièrement les 50°C enété, mais il gèle en dessous de 0°C enhiver. L'écart thermique interjournalier est aussi très important (une nuit peut être particulièrement froide, la suivante moins, mais le jour suivant être très chaud, etc.). Un vent sableux souffle en moyenne 120 jours par an. Le vent brûlant de typesirocco souffle pendant la période estivale quarante jours par an en moyenne[3],[4].
Traditionnellement, despuits de trois à six mètres de profondeur (ditsthmeds) étaient creusés par les éleveurs dans les lits des oueds et les parcoursnomadiques suivaient leur épuisement au cours de l'année. Ces puits intermittents très simples étaient complétés par quelques puits de surface atteignant lanappe phréatique (profondeur maximum atteinte : 35 mètres) dont l'eau était remontée avec une poche decuir (dalou oudelou) et qui garantissaient un accès à l'eau toute l'année, même si leur niveau fluctuait.
Avec la mécanisation et l'utilisation de pompesDiesel, desforages sont creusés pour atteindre le niveau de la nappe du complexe terminal (qui se trouve entre 70 et 300 mètres de profondeur). Les premiers forages conduisent dans les années 1950 au développement d'unepalmeraie de100 hectares et à la fixation des familles qui auparavant vivaient d'élevage et ne passaient qu'une partie de l'année dans la localité (caractéristique d'une« zone de parcours »)[3].
Depuis les années 1990, des forages profonds ont permis d'atteindre la nappe au niveau continental intercalaire (en dessous de 1 000 mètres).
En 1990, des puits de surface sont équipés d'éoliennes, toujours visibles dans les années 2020. Leur utilisation dans la durée est rendue difficile par l'absence deservice après-vente (des actions d'entretien sont fournies par une société locale). En 1995, avec l'appui de la coopération allemande, deux puits sont équipés de pompes photovoltaïques. Depuis, les systèmes photovoltaïques se sont multipliés dans l'oasis et sur les zones de parcours pour abreuver les animaux. Toutefois, les eaux pompées en profondeur en 1995 se sont révélées de mauvaise qualité et de fortesalinité (plus de quatre grammes par litre).
Un projet soutenu par l'Agence espagnole pour la coopération internationale au développement et l'appui de l'Institut technologique des îles Canaries a permis à l'Agence nationale pour la maîtrise de l'énergie et les autorités locales chargées de la gestion de l'eau d'installer une station dedessalement parosmose inverse alimentée par l'énergie photovoltaïque et des bassins de stockage en 2006[4].
En 2010, unemétéorite d'origine martienne de typeshergottite s'écrase à proximité de l'oasis. Officiellement enregistrée sous le nom de code international Ksar Ghilaine 002[6], il s'agit de la centième météorite d'origine martienne collectée jusqu'à présent surTerre[7].
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