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Ministre de la Défense nationale, puisPremier ministre, il est éluprésident de la République en 1980, assumant un premier quinquennat ; il est réélu à la présidence de la République en 1990 pour un autre mandat de cinq ans.
Quand il naît, Küpköy faisait partie de l’Empire ottoman ; il ne devient citoyen grec qu’en 1913 quand la Macédoine est réunie à la Grèce à la suite de ladeuxième guerre des Balkans. Son père, Geórgios Karamanlís, est professeur. Après son enfance en Macédoine, Konstantínos part àAthènes pour ses études de droit. Il exerce ensuite àSerrès et entre enpolitique auParti du peuple. Il est élu député pour la première fois à l’âge de 28 ans lors des dernières élections avant laSeconde Guerre mondiale. Pour des raisons de santé, il ne participe pas auconflit gréco-italien et en 1941, après l’invasion de la Grèce par l’armée allemande, il s’installe comme juriste à Athènes, où il se joint à un groupe d’intellectuels militant contre l’occupation.
Après la guerre, Karamanlís monte rapidement les échelons du monde politique grec. Son ascension est fortement soutenue par un proche ami et membre du même parti :Lampros Eutaxias alors ministre de l’Agriculture du gouvernement deKonstantinos Tsaldaris. En 1947 il obtient son premier poste de ministre dans ce même gouvernement : ministre de l’Emploi. Il devient par la suite ministre des Travaux publics dans le gouvernement duRassemblement grec(en) (Ελληνικού Συναγερμού) d’Aléxandros Papágos. Il s’illustre à cette tâche et entre dans les bonnes grâces de la reineFrederika, dont il devient un ami très proche. Quand Papágos meurt en 1955, le roiPaulIer le nomme tout naturellementPremier ministre. Le roi le fait ainsi passer devantStephanos Stephanopoulos etPanagiotis Kanellopoulos qui étaient considérés comme les favoris pour succéder à Papágos.
Karamanlís réorganise leSynagermos enUnion radicale nationale (ERE). Il gagne alors une solide majorité lors des trois élections suivantes (1956, 1958 et 1961) et instaure ledroit de vote des femmes en 1952.
L’historien Dimitris Kousouris relève qu’après la guerre civile, « la droite intègre au sein de l’appareil d’État des personnalités farouchement anticommunistes et de nombreux éléments d’extrême droite. Et dans une période où la polarisation politique reste très forte, leParti communiste interdit et de nombreuses organisations de gauche réprimées, le Premier ministre n’est pas toujours capable de contrôler ces éléments », comme en témoigne l’assassinat deGrigóris Lambrákis, député de la Gauche démocratique unie (EDA), en[1].
Sur le plan international, Karamanlís abandonne l’énosis (unification de la Grèce et deChypre) prônée par les gouvernements précédents et se prononce en faveur de l’indépendance de Chypre. En 1958, son gouvernement amorce des négociations avec leRoyaume-Uni et laTurquie qui aboutissent autraité de Zurich, une base pour l’indépendance de Chypre. En 1959, le plan est ratifié àLondres par l’archevêqueMakarios III.
Max Merten étaitKriegsverwaltungsrat (conseiller administratif militaire) des forces d’occupationnazies àSalonique. En 1959, il est condamné commecriminel de guerre mais amnistié, il est rapidement expulsé enRépublique fédérale d’Allemagne. Le, les journauxallemandsHamburger Echo etDer Spiegel publient des extraits de la déposition de Merten aux autorités allemandes selon lesquelles Karamanlís etTakos Makris(en), le ministre de l’Intérieur, étaient des informateurs pendant l’occupation. Merten affirmait que Karamanlís et Makris auraient été récompensés de leurs services par la transmission d’une entreprise de Salonique appartenant à un commerçantjuif envoyé àAuschwitz. Karamanlís réfute ces accusations et prouve que Merten a essayé de le faire chanter avant de revenir sur ses propos par des « aveux ». Il accuse alors l’opposition d’être à l’origine de cette affaire. Cependant, celle-ci reste au cœur des discussions politiques jusqu’aux débuts de 1961 et crée de vives tensions entre le Premier ministre et le roi.
L’Union nationale radicale (ERE) remporte les élections du avec 50,8 % des voix. Le 31,Georges Papandreou affirme que les résultats sont truqués. Karamanlís rétorque que, si fraude il y a, elle a été organisée par le palais. La tension politique augmenta quand Papandreou refuse de reconnaître le gouvernement Karamanlís. Le, il lance une « lutte persistante » (ανένδοτο αγώνα) contre Karamanlís.
La tension entre le Premier ministre et le palais augmente encore lorsque Karamanlís met sonveto à une initiative decollecte de fonds destinée à l’organisation de la reineFrederika. En, Karamanlís démissionne de son poste de Premier ministre après un nouveau désaccord avec le roi Paul et part quatre mois à l’étranger. Le pays est alors en ébullition à cause de l’assassinat du docteurGregoris Lambrakis, un membre de la gauche au parlement, par l’extrême-droite pendant une manifestation pour la paix àThessalonique.
En novembre, Karamanlis et son parti perdent les élections législatives au profit de l’Union du centre (Ένωση Κέντρου) de Papandreou. Déçu par le résultat, Karamanlís quitte la Grèce et passe les onze années suivantes en un exil enFrance àParis, où il devient un ami deValéry Giscard d'Estaing. Il est remplacé parPanagiotis Kanellopoulos à la tête de l’ERE.
Durant son exil en France (il vit entre 1963 et 1974 au 21boulevard de Montmorency à Paris), Karamanlís s’oppose, verbalement, à ladictature des colonels, lajunte militaire qui a pris le pouvoir en Grèce en. En, placé dans l’impasse à la suite de l’invasion de Chypre par les Turcs, le régime des colonels croit bon de faire appel à lui. Karamanlís ne pose alors aucune condition et retourne à Athènes à bord de l’avion présidentiel français prêté par Valéry Giscard d’Estaing. Il est nommé Premier ministre d’ungouvernement d’union nationale.
Malgré l’instabilité et le danger de la situation politique, qui le forcent à dormir à bord d’unyacht protégé par undestroyer pendant plusieurs semaines après son retour, Karamanlís agit promptement pour relâcher la tension entre la Grèce et la Turquie qui étaient au bord de la guerre à cause de lacrise chypriote. Il lance également le processus de transition de la dictature militaire à unedémocratie pluraliste.
Pendant cette période appelée « metapolítefsi » (Μεταπολίτευση), Karamanlís légalise leParti communiste grec (KKE), adopte une approche douce pour faire partir les collaborateurs et les sympathisants de ladictature et, voulant confirmer son autorité, annonce des élections pour, moins de quatre mois après la chute de la dictature.
Lors de ces élections, Karamanlís et son nouveau parti, laNouvelle Démocratie, obtiennent une majorité écrasante au Parlement et il restePremier ministre. Ces élections sont alors rapidement suivies par leplébiscite de 1974 pour la confirmation de l’abolition de lamonarchie au profit de laRépublique, puis début 1975, par l’arrestation et le procès télévisé des anciens dictateurs qui croyaient mériter sa gratitude pour l’avoir rappelé et n’avaient même pas imaginé avoir à fuir en exil. Ils sont condamnés à lapeine de mort pourhaute trahison etmutinerie, peine commuée en prison à perpétuité. Une nouvelleconstitution est rédigée la même année.
En 1977, La Nouvelle Démocratie remporte à nouveau lesélections et Karamanlís continue à se maintenir au pouvoir en tant quePremier ministre jusqu’en 1980. Il se fait alors élireprésident de la République, et il parvient à signer l’acte d’adhésion de son pays à lacommunauté économique européenne le à Athènes, mais uniquement grâce à l’appui indéfectible et à l’opiniâtreté de Valéry Giscard d’Estaing[2].
Élu président de la République en 1980, il démissionne de son poste le, peu avant la fin de son mandat, quand lePASOK, au pouvoir depuis 1981, refuse de lui accorder un second quinquennat, lui préférant un candidat issu de ses rangs,Chrístos Sartzetákis, qui est élu le 29 mars.
À nouveau élu à la présidence de la République, en 1990 par une majorité parlementaire conservatrice, Karamanlís reste président jusqu’en 1995 etKonstantínos Stephanópoulos lui succède.
Il considère l’adhésion de son pays à la CEE comme la démarche la plus décisive et la plus heureuse des deux dernières décennies, aussi bien dans le domaine de la politique étrangère que dans celui de l’économie.
Karamanlís prend sa retraite en 1995 à l’âge de 88 ans après avoir gagné cinq élections parlementaires, passé au pouvoir quatorze ans en tant que Premier ministre et dix ans en tant que président de la République pour un total de soixante ans dans la vie politique active. Pour cette longue période au service de la démocratie puis de la cause européenne, Karamanlís reçut leprix international Charlemagne d'Aix-la-Chapelle en 1978.
Il meurt le d’une courte maladie à l’âge de 91 ans. Il lègue ses archives à la Fondation Konstantínos Karamanlís qu’il avait lui-même fondée.
Karamanlís a été loué pour avoir présidé la Grèce au début d’une période decroissance économique rapide (1957–1961) et pour avoir soutenu l’adhésion de son pays à la communauté naissante des nations européennes, devenue par la suite l’Union européenne. Ses admirateurs l’appellent l’Ethnarque charismatique. Certains de ses détracteurs de la gauche radicale l’accusent d’avoir mené un « para-État » qui pardonne à des groupes anti-communistes et dont les membres ont pratiqué ce qu’ils appellent en grecβία και νοθεία,via kai notheia (la violence et le truquage) lors de la fraude électorale entre l’ERE et le parti de l’union du centre. Certains de ses détracteurs conservateurs ont critiqué sa politique économique socialiste pendant lesannées 1970 et notamment lanationalisation d’Olympic Airways et de laBanque Emporiki. Karamanlís a aussi été critiqué pour sa gestion de la crise chypriote de 1974. Mais la plupart s’accordent à dire qu’il a orchestré avec succès la transition de la dictature à la démocratie parlementaire en 1974.