Knol est une ancienneplate-forme d'échange d'informations[3] surInternet créée parGoogle, dont le concept central est « de mettre en lumière les auteurs »[4]. Udi Manber, co-inventeur du concept, écrit : « nous pensons que connaître l'identité des personnes qui écrivent les articles aiderait significativement les utilisateurs à mieux se servir du contenu du Web[5],[6],[7],[8] ». Google souhaitait que les contenus couvrent« tous les sujets, allant des concepts scientifiques à l'information médicale, de la géographie à l'histoire, les loisirs, les modes d'emploi ou les produits[9] ».
Knol est unmot-valise issu de l'anglaisKnowledge (connaissance) et deMol (abréviation demole, unité de mesure dequantité de matière chimique). C'est donc une petite quantité de connaissance (« a unit of knowledge ») c'est-à-dire un article que l'on souhaite faire partager à d'autres utilisateurs. Enfin, le slogan du site : « Write a knol » est phonétiquement proche de « Write a note ».
Knol n'a jamais atteint le grand public et s'est avéré un échec commercial[10]. Le, Google annonce qu'il ferme définitivement la plateforme à partir du1er mai 2012[11], en même temps que quelques-uns de ses autres projets :Google Wave, Google Bookmark Lists et Google Friend Connect.
Udi Manber, vice-président de l’ingénierie, Google Inc.
Le concept central du projet Knol était de mettre en avant les auteurs, de diffuser des articles signés. Une présentation de l'auteur sera disponible depuis l'article visité : nom, prénom, profession, domaine de compétence, photographie.
Les articles seront classés par l'algorithme de Google, l'ordre de classification dépendrait donc principalement du nombre de consultations, la possibilité de coexistence de plusieurs articles sur le même sujet faisant jouer la concurrence entre auteurs, plutôt que la collaboration promulguée par Wikipédia.
Comme dans unblog, des commentaires et des questions peuvent librement être postés par les lecteurs, de façon anonyme, à la suite des articles, mais la modification de l'article lui-même par les lecteurs est possible seulement si l'auteur y est favorable.
Toutinternaute pouvant écrire un article sur le sujet de son choix, plusieurs knols pourront traiter du même sujet en exprimant éventuellement des opinions différentes, voire contradictoires. Pour Udi Manber,« la concurrence des idées est une bonne chose ».
Les lecteurs ont la possibilité de voter pour la version de l'article de leur choix, ce qui élèvera sa position dans le classement (position sur la plate forme regroupant les articles et également dans le moteur de recherche Google) si plusieurs knols sont disponibles sur le même sujet.
L'auteur a la possibilité d'intégrer despublicitésAdsense dans son article. Il percevra alors une part importante des recettes publicitaires, le reste revenant à Google. Google propose en effet dans ses conditions générales d'utilisation aux« auteurs » d'un Knol de participer à son programme publicitaire.
Les articles knol, indexés dans lesmoteurs de recherche du net, sont accessibles gratuitement dans le monde entier.
Les knols peuvent être publiés sous licenceCreative Commons, qui permet la copie et la distribution si le nom de l'auteur est cité[12] ou avec un copyright« Tous droits réservés ».
Florence Devouard, présidente de laWikimedia Foundation, s'inquiète du fait« que l’équipe chargée du contrôle de la qualité de Knol, sera aussi celle chargée de s’occuper de l’indexation dans Google[13] ». Sachant que 50 %[14] du trafic deWikipédia provient de Google, elle s'inquiète de voir la principale source de financement des serveurs disparaître, à savoir les dons des visiteurs. Elle émet l'hypothèse que Google chercherait à monétiser le trafic lié aux internautes à la recherche d'informations encyclopédiques, à la suite du refus d'un accord publicitaire avec Google de la part de la Wikimedia Foundation[13]. Florence Devouard :« Je pense que Knol est probablement notre plus grande menace depuis la création de Wikipédia. Vraiment la plus grande. Peut-être pas le projet lui-même, mais la compétition que Knol va engendrer, les conséquences au niveau duPage Rank, le tsunami sur le plan financier, la confusion dans les esprits à propos du concept de liberté[15]. »
Jimmy Wales, président d'honneur de laWikimedia Foundation, qui héberge les projets Wikipedia, s'est félicité du lancement de Knol, affirmant notamment que« plus il y a de contenu libre, mieux le monde se porte[16]. »
Pour Henry Blodget, analyste,« Google continue d'utiliser une approche similaire à celle de Microsoft : prendre à quelqu'un une bonne idée, faire encore mieux, et lancer le rouleau compresseur de la concurrence. Dernière trouvaille : un mécanisme collaboratif pour tuer Wikipédia etAbout.com, Knol[18]. »
Le projet a été officiellement ouvert au public le[1].
La fonction d'authentification des auteurs n'est disponible à ce stade que pour les auteurs desÉtats-Unis[20], la vérification d'identité peut se faire par téléphone ou par numéro de carte bancaire.
La présentation graphique nécessite unedéfinition d'écran supérieure à 800 px × 600 px (le menu de droite est tronqué dans le cas contraire).
La communauté francophone des Knolacteurs publie un bilan détaillé d'une année de pratique de la nouvelle plateforme[22], observe son évolution et ausculte son futur[23], et propose sa devise pour Knol francophone :« Gutenberg a permis aux hommes de lire et Knol leur a permis d’écrire ! »
100 000 knols sont dénombrés début 2009[24]. Certains knolacteurs réfutent l'idée selon laquelle les plateformes Knol et Wikipédia sont concurrentes[25],[26] et commencent à imaginer les complémentarités entre les deux outils collaboratifs de synthèse des savoirs[27].
À la fin de l’année 2011, la société Google annonce la fermeture de Knol pour l’année 2012[28]. Le, la direction de Google diffuse aux titulaires decompte Google un message annonçant que Knol ne sera plus consultable après le. Le téléchargement des articles restera possible jusqu'au. Les auteurs ont la possibilité de transférer leurs articles vers une structure créée pour cela, nomméeAnnotum[29], créée par Google en coopération avec un des éditeurs deWordpress[30].
↑« platform for sharing information », knol.google.com,introduction to Knol, consulté le 24 juillet 2008.
↑Selon l'article publié sur le blog officiel de Google par Udi Manber, vice-président de l’ingénierie et co-inventeur du concept :Udi Manber, « Encouraging people to contribute knowledge »,Google,(consulté le).
↑« Google continues to take a page from the early Microsoft play-book: Take someone else's cool idea, do it better, and steamroll the competition. Next up: a human-generated Wikipedia and About.com (NYT) killer, Knols », in« Google to Wikipedia: You're Toast », Silicon Alley Insider,.