Kiribatien[10],[11]. Le mot « Gilbertin » reste cependant fréquemment employé[12],[13]. Plus rare, on trouve également employé en français le gentilé « I-Kiribati », autonyme[14].
Les Kiribati sont constituées par ces trois archipels principaux, comprenant en tout32atolls et Banaba, une « île haute », située plus à l'écart, plus proche deNauru que deTarawa.
Engilbertin, la syllabe-ti transcrit le son/s/./kiribas/ est donc la prononciation la plus proche de la prononciation native.
Le nom actuel des Kiribati a été choisi lors de l'indépendance en 1979. C'est la façon engilbertin de prononcer et d'écrire le mot anglaisGilberts (Gilberts ouGilbert Islands est le nom anglais desîles Gilbert)[26].
En 1820, ces îles avaient été nommées ainsi, mais en français, par l'amiral russegermano-balteJohann Adam von Krusenstern[27], dénomination confirmée par le capitaine françaisLouis Duperrey[28]. Ce nom avait été choisi en référence au capitaine britanniqueThomas Gilbert qui, de concert avecJohn Marshall, avait croisé en 1788 certaines îles de l'archipel lors de leur passage entrePort Jackson etCanton[29],[30],[31]. Les cartes publiées par Krusenstern et Duperrey étaient rédigées en français. Cependant une tradition anglo-américaine, notamment après l'expédition Wilkes, a parfois consisté à les désigner sous le nom d'îles Kingsmill, comme elles figurent à la fin du romanMoby-Dick d'Herman Melville, nom qui a été peu à peu supplanté par celui de Gilbert, comme dans l'arrêté en conseil britannique duPacifique occidental (1877) ou encore l'arrêté en conseil du Pacifique de 1893[32]. Le nom du protectorat britannique de 1892 comporte donc le nom des îles Gilbert ainsi que dans celui de la colonie britannique de 1916, lesîles Gilbert et Ellice. Il demeure son nom après la séparation desTuvalu, intervenue en octobre 1975. LegentiléKiribati apparaît à l'écrit dès 1895, mais ne décrit pas le nom du pays. Sa première mention dans un dictionnaire comme nom de l'archipel figure dans leDictionnaire gilbertin-français d'Ernest Sabatier de 1952[33].
Il a été parfois souligné que lenom vernaculaire des îles Gilbert, antérieur à la colonisation, était bienTungaru, mais sirIeremia Tabai, le dernierministre en chef de la colonie et futur premierchef de l’État, lui a alors préféré la formeKiribati, en raison de la proximité graphique de Tungaru avecTuvalu etTonga mais aussi en raison de sa distance avec le mouvement associatif culturel Tungaru deReuben Uatioa qui avait donné naissance en 1965 au premier parti nationaliste de l'archipel, leGilbertese National Party(en).
Peu à peu, après une brève occupation militaire américaine et le retour des Britanniques, une certaine autonomie est progressivement concédée à ces territoires épars. En 1978, l'indépendance est définitivement accordée aux îles Ellice, séparées des Gilbert depuis octobre 1975 (de facto au), et qui prennent alors le nom de Tuvalu (« huit îles ensemble »). Les Kiribati accèdent à leur tour à leur indépendance sous leur nouveau nom le, une fois réglé le contentieux de l'île Ocean.
En 2019, le gouvernement décide de rompreses liens avec Taïwan, pourse rapprocher de Pékin. En 2022, les liens avec la Chine se sont renforcés avec la signature d'accords de coopération[36].
Leprésident s'appelleTe Beretitenti (« le président » en gilbertin) ; il est à la fois le chef de l'État et du gouvernement. Il est élu ausuffrage universel direct, parmi les trois ou quatre candidats proposés par le parlement en son sein, selon laméthode Borda. Une fois élu, le Président choisit son vice-président et nomme leCabinet(en), sans dépasser un total de dix ministres (jusqu'à la réforme constitutionnelle de 2016 qui en autorise 14). Ladernière élection présidentielle a eu lieu le. Pour la première fois, en 2020, il n'y a eu que deux candidats, présentés par le Parlement, ce qui a été validé par la Haute-Cour de Justice.
Chacune des vingt-et-une îles habitées possède son propre « conseil local » (Council) chargé des affaires quotidiennes. L'atoll deTarawa, où se trouve la capitaleTarawa-Sud et l'essentiel du gouvernement, possède trois conseils urbains distincts :Betio (BTC),Tarawa-Sud sans Betio (TUC) etTarawa-Nord (ETC). Il existe également deux conseils distincts surTabiteuea, Nord et Sud.
Les Kiribati se composent de trois archipels : lesîles Gilbert (seize îles) à 1 500 kilomètres au nord desFidji, lesîles Phœnix (huit îles) à environ 1 800 kilomètres à l'est-sud-est des îles Gilbert et lesîles de la Ligne (onze îles, dont trois habitées) à environ 3 300 kilomètres à l'est des îles Gilbert, ainsi que d'une île isolée à l'ouest,Banaba. Cette dernière est l'ancienne île àphosphate, baptiséeOcean Island, annexée le, puis rattachée à la colonie par les Britanniques qui en ont également fait leur capitale administrative (les gisements de phosphate furent épuisés en 1979, l'année de l'indépendance). Lesîles de la Ligne comprennent également l'île Jarvis, lerécif Kingman et l'atoll Palmyra mais ceux-ci sont administrés par lesÉtats-Unis.
lesîles Phœnix :Birnie,Canton (ou Kanton ou encore Abariringa),Enderbury,Manra (ou Sydney),McKean,Nikumaroro (ou Gardner),Orona (ou Hull),Rawaki (ou Phoenix), récif de Winslow. Seule Canton est habitée en permanence par une vingtaine de résidents venus des Gilbert depuis la fin desannées 1930, tandis qu'une nouvelle tentative de colonisation sur Orona était en cours depuis 2001 mais n'a pas abouti ;
La quasi-totalité de ces îles sont desatolls qui dépassent à peine le niveau de la mer : si on ne compte pas Banaba, seule île « haute », qui culmine à 81 mètres, le sommet de ces atolls est lacolline de Joe, une dune d'une douzaine de mètres de haut, sur l'île Christmas. À l'exception de celui de Christmas, qui est le plus ancien au monde, il est probable que ces atolls n’ont complètement émergé, à partir de « makatea », qu'au tout début de l'ère chrétienne (ce qui correspond à leur occupation humaine), l'holocène (6000av. J.-C.) correspondant à un niveau de la mer supérieur à l'actuel de 1 à 1,5 m environ.
La faible épaisseur du sol, quasi inexistant, implique une maigre végétation, d'origine humaine pour l'essentiel, en dehors descocotiers et despandanus, omniprésents, et entraîne de grandes difficultés pour l'agriculture, limitée, pour l'essentiel, à la récolte ducoprah, dukarewe (sève fraîche du cocotier) et dubabai, taro local, letaro géant des marais (Cyrtosperma chamissonis). Cultures également de l'arbre à pain, de la banane et du pandanus (pour ses fruits, ses feuilles et son bois).
L'altitude des Kiribati n'étant pas élevée, la menace que ces îles soient submergées par lamontée du niveau des eaux océanes est réelle.
Le présidentAnote Tong a déclaré, en, que son gouvernement était alors en pourparlers avec celui desFidji afin de leur acheter quelque2 000 hectares de terre. La population serait le cas échéant transportée sur son nouveau territoire, situé à environ 2 000 kilomètres. Ces terres, le Natoavatu Estate, de 22 km2, ont été achetées en 2014 à l'église anglicane aux îles Fidji[38]. Comme alternative, Anote Tong avait évoqué le transfert de la population enAustralie ou enNouvelle-Zélande, la possibilité de construire des îles artificielles ou encore de s'installer sur des plates-formes pétrolières[39],[40].
Les Kiribati abritent unebiodiversité terrestre et surtout marine très riche. Le Pacifique central est resté longtemps protégé de la grande pêche, mais sa richesse en poissons (thons notamment) et la raréfaction de ces derniers ailleurs en fait une zone aujourd'hui très convoitée des flottes de pêche industrielle, et l'une des zones les plus concernées par les enjeux desurpêche.
Il était prévu que fin 2014, 25 % de l'aire protégée soit interdite à la pêche, mais selon John Hampton avec 50 000 tonnes de thon pêchées chaque année dans le territoire des îles Phoenix, il s'agit encore en 2014 de l'« aire marine protégée » la plus pêchée et surexploitée au monde[25]. Les administrations insulaires manquent en outre de moyens de contrôle en mer[25]. Et pour J. Hampton, même une protection totale pourrait être insuffisante, car l'aire PIPA ne représente que 11 % de la zone économique exclusive (ZEE) de Kiribati,« de sorte que la fermeture n'aura pas beaucoup d'effet sur le taux de capture par les entreprises de pêche »[25].
Les Kiribati pourraient obtenir une aide à l'étude scientifique de ce territoire (cinq millions de dollars apportés par le philanthropeTed Waitt(en), fondateur de la société informatiqueGateway). En échange, dès le lendemain de cette nouvelle, le, le président Anote Tong annonce l'interdiction — avant la fin de l'année — de toute pêche commerciale dans toute la zone du PIPA, notamment parce que, rappelle-t-il, cette réserve est« unezone de frai importante pour le thon, donc sa fermeture aura une contribution majeure à la conservation et le rajeunissement des stocks de poissons et à la sécurité alimentaire mondiale ». Il s'agit notamment de protéger les dernières grandes zones de frai duthon obèse, très recherché par les producteurs desushis afin que cette espèce puisse continuer à faire l'objet d'unepêche durable[25].
De 2008 à 2015, Kiribati n'avait fait« aucun effort pour éloigner les bateaux de pêche des récifs situés autour des îles » ; cependant, la PIPA se trouvant dans uneZEE, l'effectivité de l'interdiction devrait être techniquement facilitée par l'obligation qu'a tout navire de pêche d'être agréé et de transmettre en permanence sa position. De plus, si la pêche est clairement interdite dans toute l'aire protégée, il sera plus difficile de tricher note Alan Friedlander[41], qui estime qu'à cette condition, dans l'aire protégée lesespèces pélagiques etcoralliennes devraient retrouver des densités de populations naturelles et que les tortues, oiseaux et d'autres victimes collatérales de la surpêche bénéficieront aussi de ces mesures de protection[25].
Parmi lespays les moins avancés, les Gilbertins disposent d'unPNB par habitant de 1 681 dollars australiens par an (2018 est.)[42]. Les Kiribati ont peu deressources naturelles à l'exception des ressources halieutiques. Les anciens gisements dephosphates, commercialement exploitables, ont été épuisés à l'heure de l'indépendance. Lecoprah et la pêche représentent actuellement la majeure partie de la production et des exportations (y compris sous forme depoissons d'aquarium). Elles s'élèvent à un peu plus de six millions de dollars américains — à comparer aux importations, 44 millions en 1999.
LePIB des Kiribati atteignait80,2 millionsUSD en 2006[43]. LePNB représente 263,214 millions de dollars australiens en 2018 (est.). L'économie a fortement fluctué ces dernières années et n'a pas progressé au rythme de la forte croissance démographique.
Le développement économique est fortement limité par le manque de ressources naturelles, d'ouvriers qualifiés (à l'exception toutefois de marins, bien formés par leMarine Training Centre(en) àBetio et très demandés en Allemagne et depuis 2001 aux États-Unis), la faiblesse de l'infrastructure et l'éloignement des marchés internationaux.
Les liaisons aériennes intérieures sont assurées par deux compagnies concurrentes,Air Kiribati et la plus récenteCoral Sun Airways qui n'assure plus de vols réguliers. Les liaisons aériennes internationales sont souvent problématiques, surtout depuis qu'Air Kiribati, la compagnie nationale, a définitivement renoncé (en) au seul avion qui lui permettait de relier lesFidji et lesTuvalu (avec unATR 72) ainsi qu'au seul charter (unBoeing 737), assuré parAloha Airlines (en faillite), qui reliait chaque semaineHonolulu à Christmas. En 2016, c'est doncFiji Airways etAir Nauru qui relient deux fois par semaine Bonriki au reste du monde.Air Marshall Islands a été un moment la seule compagnie qui reliait également Tarawa depuisMajuro (Marshall) avec, à l'occasion, des liaisons effectuées parAir Nauru, quand son seul avion à réaction n'était pas placé sous séquestre. Fin 2019, Air Kiribati a acheté unEmbraer 190 E-2 mais ce dernier avion n'a effectué qu'un vol inaugural sans passagers, en février 2020, entreBrisbane et Tarawa et reste depuis stationné à Brisbane depuis son acquisition. Une deuxième livraison de190 E-2 était prévue en 2020, mais n'a pas été effectuée. Air Kiribati, compagnie gouvernementale, assure les liaisons intérieures régulières entre lesîles Gilbert (à l'exception de l'île deBanaba sans aérodrome), mais n'assure pas de liaison directe inter-archipels, vers les Phœnix ou les îles de la Ligne. Air Kiribati assure en revanche les vols internes auxîles de la Ligne depuis la récente réouverture de pistes (2018) sur Teraina et Fanning.Coral Sun Airways est une compagnie privée qui dessert sur demande les îles Gilbert, mais aussi les Fidji et la Nouvelle-Zélande, toujours sur demande.
Le tourisme fournit plus d'un cinquième duPIB, mais il reste assez limité, en raison surtout du transport aérien difficile (deux principaux hôtels situés àTarawa-Sud dont l'un des deux est un hôtel gouvernemental (les deux sont fermés pour travaux depuis 2019) ; un autre hôtel gouvernemental se trouve àChristmas). Des motels privés et autresresorts ont été ouverts depuis 2000.
La plupart des Gilbertins ont des activités desubsistance (pêche, culture de légumes et de fruits) qui améliorent leur quotidien.
Les télécommunications sont chères et le service est nettement insuffisant. Il n'y a pas de service d'accès par large bande et la compagnie nationale, TSKL qui avait le monopole, proposait Internet à un des tarifs les plus chers au monde[réf. nécessaire]. TSKL a été rachetée parVodafone Fiji, qui est une filiale de Amalgamated Telecom Holdings (ATH), une compagnie fidjienne désormais également concurrencée par Ocean Link, une autre compagnie privée.
Depuis début 2007, les Kiribati se sont lancées dans la commercialisation depavillons de complaisance, en immatriculant à Tarawa des bateaux de tous horizons, espérant ainsi diversifier leurs ressources économiques. Voir aussi :Kiribati et l'affaire “Ocean Jasper”.
Les habitants sont des Gilbertins (engilbertin,I-Kiribati). Ils sont en forte croissance démographique (+ 2,3 % par an ; 4,3 enfants par femme) et atteignent les 121 000 habitants en 2021. Le recensement de 2015, dont les résultats sont publiés en, donnait 110 110 habitants en, avec pour la première fois un ralentissement du taux de natalité[44]. Les densités non urbaines sont parmi les plus fortes du monde, notamment àBetio, sur l'atoll deTarawa (12 000 hab./km2). Tandis que l'anglais est la langue utilisée par la constitution, pour les lois et les actes officiels, legilbertin (te taetae ni kiribati) est lalangue vernaculaire habituelle, largement parlée par la totalité des habitants de la république (une langueaustronésienne, descendante duproto-océanien, reconnue à parité à l'anglais par la constitution de 1979). Seules des minorités négligeables parlent égalementtuvaluan (0,3 % de la population, ce sont les descendants des habitants des îles Ellice restés sur place lors de la séparation desTuvalu en 1976). Legilbertin est également parlé auxTuvalu (sur une île,Nui), auxFidji (îleRabi depuis 1945) et auxSalomon, ainsi que par les quelques expatriés enNouvelle-Zélande et aux États-Unis (Hawaï).
Lechristianisme est la religion principale dans le pays, parfois mélangé à quelques pratiques résiduelles de croyances ancestrales (de type animiste). La majorité des chrétiens sontcatholiques (diocèse de Tarawa et Nauru) mais laKiribati Uniting Church (KUC, ancienne KPC,congrégationalistes unitaires) est très bien représentée, dépassant plus d'un tiers de la population (de même que lesmormons et des Églises protestantes comme lesadventistes et laChurch of God, ces derniers très minoritaires). La foibaha'ie est également assez répandue depuis les années soixante, surtout àTarawa et àChristmas (moins de 3 %).
Lors du recensement de 2005, où les religions étaient déclarées, la répartition sur 92 533 Gilbertins a été la suivante :
SirArthur Grimble, bien aprèsRobert Louis Stevenson, a fait connaître au reste du monde cette culture originale, grâce à des émissions populaires sur laBBC et à des livres commePattern of Islands. Les travaux scientifiques majeurs ont d'abord été entrepris parHarry Maude (le premier commissaire-résident britannique à être également anthropologue). En France, les travaux ont surtout été effectués par Jean-Paul Latouche, ancien président de laSociété des océanistes (Musée de l'Homme), puis par Anne Di Piazza et Guigone Dumas. La languegilbertine a été d'abord décrite (et écrite) par le révérend Hiram Bingham Jr. à la fin duXIXe siècle, puis codifiée tout au long duXXe siècle par des missionnaires (français et catholiques surtout), comme le Révérend PèreErnest Sabatier et son très completDictionnaire gilbertin-français (Tabuiroa, 1952-1954), traduit en anglais par sœur Olivia (édition de lacommission du Pacifique Sud). Si, faute de moyens, la littérature écrite reste encore peu développée, les chants et surtout les danses traditionnelles (te mwaie), très codifiées, et particulièrement chères àStevenson, constituent le mode d'expression artistique privilégié des Gilbertins.
Dans sa thèse de doctoratTradition, Change, and Meaning in Kiribati Performance, le premier travail aussi exhaustif consacré à ces îles, Mary Elizabeth Lawson a écrit comment les Gilbertins décrivent leurs danses commebai n abara, « une chose de notre terre », trouvant son origine dans lesbakatibu, les ancêtres (1989, 79).
Si lamaneaba (maison commune) constitue le centre incontournable de la vie communautaire et l'esprit dukatei ni Kiribati (façon gilbertine), les personnes (te aomata) y sont censées respecter les anciens codes connus commete bunna (protection),te kareka (écouter les avis),te betia (rester à l'écart du danger),te boia (être aimé),te reita (garder de bonnes relations),te baema (rester avec son groupe). Dans cette société très traditionnelle où latélévision hertzienne n'est pas diffusée, l'alphabétisation est cependant très importante.
Langue du groupeocéanien[45], descendante donc d'anciens locuteurs partis deTaïwan et ayant voyagé à travers l'Insulinde (parlant proto-austronésien, familleaustronésienne, comme les autres malayo-polynésiens) cette langue fait partie du sous-groupe ditmicronésien de l'océanien (en anglais :Nuclear Micronesian) mais semble avoir été influencée, plus tardivement, par leslangues polynésiennes proprement dites (Samoa etTuvalu surtout).
Parlée par un peu plus de 120 000 locuteurs (en complément de l'anglais, enseigné en fin d'école primaire et compris par les jeunes et les citadins), legilbertin est une langue qui présente une faible variété dialectale (si ce n'est des accents différents et des particularités mineures qui séparent les îles du Nord de celles du Sud), à l'exception toutefois deBanaba, dont la langue est également représentée àRabi (Fidji). Un dialecte dugilbertin est également parlé àNui (Tuvalu), peuplée par des Gilbertins qui semblent y avoir remplacé la population polynésienne initialement installée.
C'est une langue flexionnelle (avec davantage de suffixes que de préfixes) pour quelques catégories grammaticales mais où les particules (préposées pour l'essentiel) jouent un rôle non négligeable et qui pratique aussi une euphonie limitée. 13 lettres (et autant de phonèmes) : A, B, E, I, K, M, N, NG, O, R, T, U et W.Palatalisation du T devant I et devant U (dans certains accents régionaux). La graphie moderne a tendance à distinguer deux A différents, dont un précédé d'un W non prononcé, après B et M (exemple :mwaneaba au lieu demaneaba). L'ordre des mots est la plupart du temps de typeVOS (Verbe-Objet-Sujet), avec un objet qui suit immédiatement le verbe. Exemples de phrases simples :
e bati te aine (il y a beaucoup de femmes, verbebati précédé d'unpréfixe pronominale, 'il/elle', et suivi dete, article, et deaine, 'femme',cognat de vahiné) ;
I kana te ika (je mange du poisson, verbekana précédé d'un préfixe pronominalI, en lettre capitale comme en anglais,ika poisson) ;
Taotin Media, média privé, possède les deux seules chaînes de télévision du pays : Kiri One TV, qui diffuse en clair, et Wave TV, chaîne payante. Dotée de troisreporters, la chaîne Kiri One diffuse des programmes d'information, en gilbertin, du lundi au samedi[46]. Les médias à la fois publics et privés font un usage important desréseaux sociaux, notamment deFacebook, même si l'accès à Internet est difficile ou inexistant au-delà de Tarawa et de l'îleKiritimati[46].
En dehors des sports individuels comme l'athlétisme (biribiri) ou l'haltérophilie fort répandus, les sports collectifs pratiqués sont lefootball et levolley-ball. Cependant, les Kiribati n'ont à ce jour disputé que des matches dans des compétitions régionales (comme lesJeux du Pacifique). L'équipe nationale de football est associée à l'OFC. Il n'y a qu'un seul vrai stade avec gradins, le stade national situé à Bairiki (Tarawa-Sud).
Les archipels chevauchent l'antiméridien, qui théoriquement détermine le changement de jour (laligne de changement de date zigzague le long dudit antiméridien), de sorte qu'en 1995, en prévision du passage à l'an 2000 les autorités décidèrent de changer defuseau horaire les deux archipels orientaux[48]. Les Kiribati sont maintenant le seul pays au monde à faire partie dufuseau UTC+14. Il était auparavant coupé en deux et vivait sur deux dates simultanément, ce qui n'était pas toujours pratique pour les habitants[48]. Le titre de « Kiribati espace-temps » est d'ailleurs celui donné, en 1988, à la monographie deBenoît Antheaume et Joël Bonnemaison,Atlas des îles et États du Pacifique sud). Au lieu d'être les derniers à quitter l'an 1999, les habitants des îles Gilbert (Kiribati) devinrent les premiers à entrer dans l'an 2000 puis, l'année suivante, dans le nouveau siècle et le nouveau millénaire[48].
Au passage, leur drapeau si évocateur montrant le soleil à l'horizon des vagues prend un sens symbolique qui l'assimile àJanus dont le double visage regarde à la fois le passé et l'avenir. Ce drapeau est basé sur les armoiries adoptées pour lesîles Gilbert et Ellice en 1937, sur un dessin du commissaire-résident d'alors (1932), sirArthur Francis Grimble. Il représente un soleil levant (otintaai), survolé par une frégate (te eitei), qui émerge des flots du Pacifique. Le soleil darde dix-sept rayons (les seize îles Gilbert et Banaba). Les flots du Pacifique sont coupés en trois parties, comme les trois archipels de l'État (Gilbert, Phœnix et îles de la Ligne). Lafrégate (Fregata minor), qui représente un messager traditionnel et respecté, est l'oiseau emblématique des Gilbertins.
↑Reilly Ridgell.Pacific Nations and Territories: The Islands of Micronesia, Melanesia, and Polynesia. 3rd. Ed. Honolulu: Bess Press, 1995.p. 95.
↑Dans sonAtlas de l'Océan pacifique (1824–1827) écrit en français.
↑Voyage autour du monde exécuté par ordre du roi, sur la corvette de Sa Majesté,La Coquille, pendant les années 1822, 1823, 1824 et 1825, sous le ministère et conformément aux instructions de S.E.M. le Marquis de Clermont-Tonnerre… et publié sous les auspices de son ExcellenceMgr le Cte de Chabrol…, Par M. L. I. Duperrey…, 8 volumes in 4° et 5 volumes in-folio, Paris,Arthus-Bertrand, 1826-1830 (Imprimerie deFirmin Didot).
↑,Samuel Eliot Morison, « The Gilberts & Marshalls: A distinguished historian recalls the past of two recently captured pacific groups »,Life,(lire en ligne, consulté le).
↑Ce qualificatif provient d'études et d'hypothèses, anciennes et récentes, basées sur la taille terrestre de l'atoll et des prélèvements : elles doivent cependant être confirmées ou infirmées.
↑« Kiribati and China to develop former climate refuge in Fiji », par Christopher Pala,The Guardian, 23 février 2021.
↑Les Kiribati cherchent un territoire, in:Carto, le monde en cartes,no 11, mai-.
↑chef du Laboratoire de recherche sur l'écologie des pêches à l'Université de Hawaii, Manoa.
↑Kiribati National Statistic Office (NSO), Gross Domestic Product, estimation pour 2018, pour un total de 263,214 millions de dollars australiens, avec un secteur privé représentant 53 % de ce total.