Kickstarter est uneentrepriseaméricaine definancement participatif[1]. Créée en 2009 et précurseur dans le domaine, Kickstarter donne la possibilité aux internautes de financer des projets encore au stade d'idée, en réduisant les lourdeurs associées aux modes traditionnels d'investissement[2]. Pour les investisseurs il ne s'agit pas d'un investissement au sens propre mais d'un « soutien », en échange duquel ils reçoivent des récompenses tangibles de la part de l'équipe (ou de la personne) chargée du projet, comme une lettre de remerciement, un tee-shirt personnalisé, un dîner avec un auteur, ou encore l'un des premiers produits d'une nouvelle chaîne de production. La récompense peut varier en fonction de montants fournis par lesbackers (soutiens) .
Depuis son lancement, Kickstarter a financé un large éventail de projets (plus de 120 000 en, représentant 2,95 milliards de dollars d'engagements[3]) dans des domaines très variés : du film indépendant à la création musicale en passant par le journalisme, le jeu vidéo[4], la production d'énergie solaire ou la mise en place de programmes alimentaires[5].
Kickstarter (mot désignant le démarrage au kick en moto[réf. nécessaire]) est fondé le par Perry Chen, Yancey Strickler et Charles Adler[6]. Le blogueur Andy Baio (fondateur de Upcoming.org) occupera la fonction deCTO (directeur des systèmes d'information) pendant une dizaine de mois, avant de rejoindre Expert Labs en[7]. Lance Ivy est développeur en chef du site depuis son lancement[8]. Kickstarter est financé à ses débuts par le fonds d'investissement Union Square Ventures, l'incubateur Betaworks, ainsi que par des personnalités comme Jack Dorsey (cofondateur deTwitter), Zach Klein (cofondateur deVimeo) et Caterina Fake (cofondatrice deFlickr)[9]. L'entreprise a des locaux sur leLower East Side deManhattan, au 155Rivington Street[10],[11].
Au fil du temps le site fait beaucoup parler de lui : deux ans après sa création leNew York Times le qualifie notamment de « NEA du peuple »[12], et leTIME le classe dans les « meilleures inventions de l'année 2010 » ainsi que dans les « meilleurs sites web de l'année 2011 »[13],[14]. LeMiami New Times qualifiera, sur un ton plus humoristique, le site comme l'une des« idées les plus intelligentes pour un site web depuis qu'Al Gore a inventé l'Internet ». (Al Gore étant à l'origine d'un programme sur les NTIC)[15].
Le site prend également de l'ampleur : début 2011, tous les mois plus de 7 millions de dollars sont engagés sur la plateforme (contre moins de 2 un an plus tôt), et plus de 2 000 projets y sont lancés[16]. D'aprèsThe Next Web, Kickstarter aurait touché plus de 6 millions de dollars de commission en 2011, sur 219 millions d'euros collectés par l'ensemble des projets[17].
Le Kickstarter annonce son lancement en France[18], le dans cinq autres pays européens dont la Belgique[19].
En, près de 9 ans après le lancement de Kickstarter l'équipe de Perry Chen annonce le lancement de Drip, un nouveau service qui vient compléter l'offre de Kickstarter pour faire concurrence àPatreon en répondant au marché du financement participatif récurrent[21].
Son fonctionnement est simple, et calqué sur celui de sites comme FirstGiving, PledgeBank ou MobIncentive avant lui : un créateur de projet fixe un objectif de collecte de fonds, une date limite, et définit des récompenses pour les soutiens. Si l'objectif est atteint avant la date limite, le paiement des soutiens est déclenché viaAmazon Payments et ces derniers reçoivent leurs cadeaux. Si l'objectif n'est pas atteint, personne ne paye. Il s'agit donc d'un système « tout ou rien » qui évite les mauvaises surprises. Kickstarter se finance quant à lui en prélevant 5 % des fonds collectés ;Amazon capte une part supplémentaire comprise entre 3 et 5 % du montant.
Les projets sont classés en 13 catégories (art, bande dessinée, design, mode, films et vidéos, nourriture, jeux, musique, photographie, publication, technologie, théâtre) et 36 sous-catégories. Les plus importantes sont de loin « films et vidéos » et « musique », qui rassemblent plus de la moitié des projets de la plateforme. Avec la catégorie « jeux vidéo », elles représentent plus de la moitié des levées de fonds[22].
Contrairement à certains concurrents, Kickstarter ne revendique pas de droits depropriété sur les projets et les travaux financés sur la plateforme. Toutefois, les projets lancés grâce au site sont archivés de façon permanente et consultables par le public. Une fois le financement terminé, les projets et les médias téléchargés ne peuvent pas être édités ou supprimés à partir du site[23].
Le site n'apporte pas la garantie que les gens qui ont proposé un projet sur Kickstarter conduisent le projet à terme ou utilisent l'argent pour faire leur projet. Il conseille donc aux financeurs de s'appuyer sur leur propre appréciation pour faire leur choix d'investissements. Une mise en garde sur le site spécifie que les chefs de projets peuvent être tenus pour responsables légalement des promesses faites et non tenues[24]. En, un étudiant de l'Université de cinématographie de New York a ainsi levé 1 726 $ pour réaliser un film, mais le résultat final s'est avéré être un plagiat de film français, ce qui a conduit à des excuses publiques[25],[26].
Pour éviter les dérives liées au nombre croissant de projets de développement de produits technologiques, et notamment le fait que ces types de projets s'apparentent souvent à de la pré-vente, Kickstarter a annoncé en une modification de ses règles d'admissibilité des projets[27].
Il est à noter que certains sites montent parfois des alternatives à Kickstarter (à usage unique) pour financer leurs projets sans avoir à reverser 5 % des sommes récoltées à l'entreprise. Ces sites peuvent exister en complément, ou de manière complètement extérieure au site. Ainsi le jeu vidéo le plus financé par le système de financement participatif n'appartient pas à ce classement :Star Citizen a en effet reçu 2 134 374 dollars via Kickstarter[28],et 146 788 067 dollars sur son propre site Internet (soit 148 922 441 dollars finalement, pour une somme initialement fixée à2 millions)[réf. nécessaire].
From Bedrooms to Millions : The Amiga Years (2016) de Anthony Caulfield et Nicola Caulfield[32]. Documentaire sur les jeux vidéo de l'ordinateurAmiga, paru dans les années 80.
From Bedrooms to Millions : The Playstation Revolution (2017) de Anthony Caulfield et Nicola Caulfield[33]. Documentaire sur les jeux vidéo de la célèbre consolePlaystation, parue en 1994.
Mythica (saga de films science fiction-fantastique de 5 épisodes), incluantMythica, La genèse (Mythica: A Quest for Heroes) (2014),Mythica, La Pierre de Pouvoir (Mythica:The DarkSpore) (2015),Mythica:The Necromancer (2015),Mythica:The Iron Crown (2016) etMythica:The GodSlayer (2016) avecKevin Sorbo[37].
Kingdom Death Monster 1.5 (2015) par Adam Poots est un jeu de plateau faisant vivre des « chasses » aux joueurs, contre d'immenses monstres dans un univers sombre et apocalyptique. C'est le jeu de société ayant récolté le financement le plus important (12 393 139 $), explicable par le coût très important du jeu (de 200 à plus de 1000 $) ;
The 7th Continent (2017), créé par Ludovic Roudy et Bruno Sautter et projet français le plus financé (et le troisième plus important de la catégorie jeu de société avec plus de 7 millions de dollars) est un jeu de carte atypique permettant aux joueurs d’expérimenter les sensations similaires a celles desLivres Dont Vous Etes le Héros, en explorant un antique continent afin de lever des malédictions. C'est la deuxième édition du jeu.
Secret Hitler (2016), créé par Mike Boxleiter et Tommy Maranges.Secret Hitler est un jeu de plateau et de cartes s'appuyant sur des identités cachées attribuées à chaque joueur. Il prend place dans l'Allemagne des années 1930 et oppose deux équipes, les libéraux et les fascistes, les libéraux doivent empêcher l'élection Hitler au poste de Chancelier.
Amanda Palmer (2012), la chanteuse a défrayé la chronique dans le milieu musical en levant 1 192 793 $ grâce à 24 883 donateurs (son projet en demandait 100 000 $)[53]. « Plutôt que de signer sur un label, prendre leur avance et m’asservir pour un contrat, j’ai eu l’argent moi-même ! Putain, j’ai utilisé Kickstarter ! »[54]. Elle a évoqué cela dans uneconférence TED intitulée « L'art de demander »[55].
Pebble (2012), une montre dotée d'un écrane-paper communiquant avec les smartphones sousiOS etAndroid : plus de 68 000 internautes pour 10,2 millions de dollars ;
FORM 1 (2012), uneimprimante 3D professionnelle à bas prix : plus de 2 000 internautes pour 2,9 millions de dollars ;
Pebble Time (2015), une smartwatch. Plus de 78 000 contributeurs ont engagé 20,3 millions de dollars pour soutenir ce projet.
Philippe Bouquillion et Jacob-Thomas Matthews,Le Web collaboratif : Mutations des industries de la culture et de la communication,Presses universitaires de Grenoble, 2010.