1988 : Entrée en bourse 1994 : Pinault SA devient Pinault-Printemps-Redoute (PPR) 1995 : Rejoint le CAC 40 1999 : Rachat deGucci etYves Saint Laurent 2013 : PPR devient Kering
Kering est un groupe français d'entreprises aujourd'hui numéro deux mondial de l'industrie du luxe aprèsLVMH quant au chiffre d'affaires.
Les racines du groupe remontent à 1962 quandFrançois Pinault crée sa société de scierie de bois Établissements Pinault. Devenu un groupe de sociétés introduit en bourse en 1988, le groupe Pinault effectue de nombreuses acquisitions dans le secteur de la distribution, et devient Pinault-Printemps-Redoute en 1995, année de son entrée auCAC 40. Après l'acquisition des marquesGucci etYves Saint Laurent en 1999, le groupe opère une mue vers le secteur du luxe bouclée en 2013 quand le groupe est renommé Kering.
En 1962,François Pinault fonde les Établissements Pinault, une entreprise de scierie et de négoce de bois avec un budget de 100 000 francs prêtés par la famille et leCrédit lyonnais. À partir de cette activité première, François Pinault opère toute une série de placements à fortevaleur ajoutée pour la progression de son entreprise[10],[11].
À la suite de son entrée à labourse de Paris le, Pinault SA développe ses activités dans la distribution spécialisée et lavente à distance[12]. En, Pinault SA rachète 20 % de laCFAO avec laquelle il fusionne l’année suivante[13]. En, Pinault SA rachèteConforama[14]. En 1992, Pinault SA rachètePrintemps SA (propriétaire deLa Redoute) et se renomme Pinault Printemps[15]. En 1994, le groupe prend le contrôle de laFnac et se renomme Pinault-Printemps-Redoute[10],[11]. En 1995,Serge Weinberg devient le président du directoire du groupe[16]. À traversRedcats — pôle de vente à distance du groupe construit autour de La Redoute — Pinault-Printemps-Redoute rachète Ellos en 1997, puis Brylane et Guilbert en 1998. En 1999, le groupe lance PPR Interactive, sa filiale internet[17]. En 2000, Pinault-Printemps-Redoute lance le magasin Citadium[18] et rachète l’enseigneSurcouf[19].
En 2004, Pinault-Printemps-Redoute possède 99,4 % du groupe Gucci[40]. En 2005, Pinault-Printemps-Redoute devient PPR.Serge Weinberg quitte la direction du groupe etFrançois-Henri Pinault[n 1] est nommé PDG[41]. PPR se défait d'YSL Beauté (parfums et cosmétiques sous la marque Yves Saint Laurent) en 2008. Début 2011, PPR et legroupe Gucci fusionnent. Les marques de luxe tombent sous la supervision directe de François-Henri Pinault. Le groupe se réorganise en deux pôles : Luxe et Sport & Lifestyle[n 2],[42].
Le, le groupe PPR est renommé Kering[n 3],[43],[44]. Le groupe cesse ses acquisitions pour se développer sur son développement organique.Sergio Rossi est cédé en 2015[45],Puma en 2017[46],Volcom[47],[48] etStella McCartney (partenariat) en 2018[49], et le groupe Sowind (Girard-Perregaux et Ulysse Nardin) en 2022[50]. Les ventes de la maison Bottega Veneta dépassent le milliard d'euros en 2013[51]. De 2012 à 2016, la maison Yves Saint Laurent double son chiffre d'affaires (974 millions en 2015)[52], et, à partir de 2015, la maison Gucci connaît une croissance annuelle à deux chiffres qui porte ses ventes à 10 milliards d'euros en 2022, tirant vers le haut année après année les résultats du groupe Kering[53]. Sa division de production de lunettes créée en 2013,Kering Eyewear, enregistre un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros en 2023, et acquiert les marques Lindberg (2021) et Maui Jim (2023)[54].
Entre 2021 et 2025, les actions du groupe Kering baissent de 70 %. La marque phare du groupe, Gucci, qui représente 44% du chiffre d'affaires global, est en difficulté. Après le départ en novembre 2022 d'Alessandro Michele, qui avait imposé un style flamboyant apprécié de la clientèle, le retour à plus de sobriété avecSabato de Sarno marque un déclin : le chiffre d'affaires de Gucci baisse de 10,5 milliards d’euros en 2022 à 7,6 milliards d’euros en 2024[55],[56],[53]. En 2023, le groupe annonce le lancement de sa division Beauté[57], reprend 30% de la maison italienneValentino[58], puis la parfumerieCreed (première acquisition dans les parfums)[59]. En 2025,Luca de Meo prend la direction générale de Kering, succédant à François-Henri Pinault qui se maintient à la présidence du groupe[8].
En octobre 2025, Kering entre en négociations avecL'Oreal pour vendre sa division beauté contre 4 milliards d'euros[60].
En décembre 2025, Kering annonce l'acquisition progressive de Raselli Franco group, entreprise italienne spécialisée dans la fabrication de pièces de joaillerie, avec l'ambition d'en acquérir « la totalité des parts d'ici 2032 »[61].
Kering est un groupe français spécialisé dans l'industrie du luxe, propriétaire de marques de la mode principalement spécialisées dans la maroquinerie, les chaussures, leprêt-à-porter, les montres, la joaillerie, la parfumerie et les cosmétiques[62]. Le siège de Kering se situe à Paris, dans l'ancienhôpital Laennec rénové par le groupe[63]. Kering est majoritairement détenu par legroupe Artémis, holding d'investissement de la famille Pinault, et sonindice boursier, introduit en 1988, fait partie du CAC 40 depuis 1995, et duDow Jones Sustainability Index depuis 2013[64]. Kering enregistre un chiffre d'affaires de 17,2 milliards d'euros (2024) pour 47 000 employés et 1 813 magasins gérés en propre[7].
En 2011, le groupe lance le pôle PPR Home pour institutionnaliser le développement durable dans sa culture d'entreprise, pôle qui se transforme en comité de développement durable l’année suivante[73]. Kering crée le « Compte Résultat Environnemental » qui mesure et monétise l'impact environnemental d'une entreprise de bout-en-bout de sa chaîne d'approvisionnement[n 4],[74]. En 2013, Kering lance leMaterials Innovation Lab àNovare, son pôle R&D destiné à la recherche de solutions textiles écologiques[75]. Le groupe procède au financement ou à l'acquisition de ses propres ateliers de production (tannerie France Croco en 2013[76], cachemire durable enMongolie[77], ferme de pythons en 2017[78], atelier de broderie en Inde en 2020[79]), noue des partenariats stratégiques avec les écoles de la mode (1re formation MOOC en luxe durable avec la London College of Fashion en 2018[80], Chaire Sustainability avec l’Institut français de la mode en 2019[81]) et prime les projets durables innovant (Award for Sustainable Fashion avec LCF depuis 2014[82], K Award avec l’incubateur chinois Plug and Play en 2018[83], Fashion For Good[84], hackathon luxe durable en 2019[85]). En, Kering s'engage à ne plus employer demannequins mineurs pour représenter des adultes dans les défilés et séances photo[86] et publie également ses standards en matière de bien-être animal dans la chaîne d'approvisionnement du groupe[87].
En, après avoir été mandaté par le président françaisEmmanuel Macron pour mobiliser les acteurs du secteur de la mode et du luxe, François-Henri Pinault présente leFashion Pact au G7 de Biarritz visant à atteindre zéro émission nette de CO2 en 2050[88] et signé par 56 groupes de la mode[89]. En, le groupe crée le Fonds Régénératif pour la Nature dont l'objectif est de transformer un million d'hectares de terre en agriculture régénérative d'ici 2025[90]. Le, le groupe annonce qu'à partir de l'automne 2022 la fourrure animale ne sera plus utilisée dans toutes ses collections[91]. En 2022, l’entreprise ouvre son capital à l’actionnariat salarié[92].
La Fondation Kering et la National Children's Alliance (NCA), association de protection de l'enfance américaine lancent une collaboration en février 2023 dans le cadre d'un programme de soutien à la santé mentale des enfants[93], à la suite duscandale de la campagne publicitaire avec des enfants de Balenciaga de 2022[94],[95].
Au premier trimestre 2023 le groupe achète pour près de 640 millions d'euros un groupe d'immeublesrue de Castiglione dans le1er arrondissement qui sera le siège parisien de Gucci[108],[109]. La particularité de cette acquisition est son emplacement : juste en face de la boutique historique deLouis Vuitton. Également au premier trimestre 2023 le groupe rachète les immeubles situés au 35-37avenue Montaigne pour un montant de 860 millions d'euros dans l'objectif d'y installer une boutiqueYves Saint Laurent et une boutiqueValentino[110]. En septembre 2023, le groupe achète l'immeuble du 56 avenue Montaigne pour plus de 220 millions d'euros[111]. En janvier 2024 la société achète l'immeuble situé au 715-717 de la5e avenue àNew York pour 963 millions de dollars situé en face de laTrump Tower et d'une superficie de 10 700 m2[112].
En janvier 2025, Kering annonce la signature d'un accord avec la société d’investissementArdian pour la vente de 837 millions d’euros d’actifs immobiliers à Paris[113].
SelonMediapart etCash Investigation, le groupe aurait économisé près de 2,5 milliards d'euros d'impôts entre 2002 et 2017 en faisant transiter les produits de ses filiales[n 5] par ses entrepôts suisses pour enregistrer leurs ventes dans un canton helvétique fiscalement avantageux[114]. Par exemple, la société française Yves Saint Laurent aurait enregistré 550 millions d'euros de ses ventes en Suisse, provoquant un manque à gagner pour l'administration fiscale française estimé à 180 millions d'euros parMediapart[115]. Fin 2017, un dossier concernant la filialeGucci est ouvert par le parquet deMilan[116],[117] qui inflige au groupe une amende de 1,25 milliard d'euros pour irrégularité fiscale en[118], puis consent à un rabais fiscal de 748 millions d’euros[119]. En, leParquet national financier (PNF) ouvre une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » à l'encontre de Kering[120],[121]. Kering fait l'objet d'un important redressement fiscal (montant non communiqué) et le PNF classe l'affaire sans suite en mai 2021[122]. L'enquêteOpenLux (2021) montre comment Kering utilise plusieurs filiales au Luxembourg pour pratiquer des rémunérations offshore de dirigeants[123].
↑François-Henri Pinault est co-gérant d’Artémis, actionnaire majoritaire de PPR, depuis 2003 et co-gérant de Financière Pinault, actionnaire majoritaire d’Artémis, depuis 2001.
↑Le pôle Sports & Lifestyle regroupe les marques sportivesPuma etVolcom, acquises respectivement en 2007 et 2011.
↑« Ker » signifie « foyer » en breton (origines de la famille Pinault) et le suffixe anglais -ing suggère l'action et la dimension internationale du groupe. Le nom est homophone du mot anglais "caring" qui signifie "qui prend soin de" ou "attentionné". Le logo représente une chouette, un animal dont la tête peut pivoter à 270 degrés.
↑ab etc« Luca de Meo, démissionnaire surprise de Renault, appelé à la rescousse au sein du groupe Kering pour seconder François-Henri Pinault »,Le Monde,(lire en ligne, consulté le)
↑StephenDecam, « Le CFAO, de son centenaire à la fin du siècle (1987-1999). Un nouveau mariage avec le négoce en Afrique noire »,Publications de la Société française d'histoire des outre-mers,vol. 2,no 1,,p. 13-46(lire en ligne, consulté le).
↑Yann Philippin, Vittorio Malagutti et Esther Rosenberg, « Le système Pinault : une évasion à 2,5 milliards d'euros »,Mediapart,(lire en ligne, consulté le).
↑Yann Philippin, « Yves Saint Laurent déshabille le fisc »,Mediapart,(lire en ligne).
↑« Le groupe français de luxe Kering aurait échappé à 2,5 milliards d’euros d’impôts depuis 2002 »,Le Monde,(lire en ligne).
↑YannPhilippin, « Evasion fiscale: comment Kering a fait marche arrière »,Mediapart,(lire en ligne, consulté le).
↑« Kering va verser 1,25 milliard d’euros d’amende au fisc italien »,Le Monde,(lire en ligne, consulté le).
↑« Le groupe de luxe Kering de François-Henri Pinault visé depuis 2019 par une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale » »,Le Monde.fr,(lire en ligne, consulté le).