LeKerala ouKérala (enmalayalam :കേരളം,kēraḷam,/keːɾɐɭɐm/) est unÉtatindien. La langue principale est lemalayalam qui fait partie deslangues dravidiennes, famille linguistique dominante enInde du Sud. Ses habitants, spécifiquement les malayalophones natifs, sont connus sous le gentilé « Malayâlis ».
Le Kerala possède unindicateur de développement humain élevé par rapport à son niveau de développement économique. L'espérance de vie et le taux d'alphabétisation sont très au-dessus de la moyenne nationale, et ce malgré des disparités[2]. De nombreuses personnes originaires du Kerala ont émigré à l'étranger, en grande partie dans lespays du Golfe. Lesfonds envoyés par ces personnes équivalent à plus de 20 % du produit intérieur brut[3],[4].
Le mot Kerala est mentionné pour la première fois sous la forme Keralaputo (« fils deChera » enprâkrit) dans uneinscription rupestre du IIIe siècle avant notre ère, laissée par l'empereur mauryaAshoka (274-237 avant notre ère), dans l'un de ses édits relatifs au bien-être. À cette époque, l'un des trois États de la région était appelé Cheralam entamoul classique : Chera et Kera sont des variantes du même mot. Le mot Cheral fait référence à la plus ancienne dynastie connue des rois du Kerala et dérive du mot vieux tamoul signifiant « lac ». Keralam pourrait provenir du tamoul classique cherive-alam « déclivité d'une colline ou d'un versant de montagne » ou chera alam « pays des Cheras ».
Une étymologie populaire fait dériver le nom Kerala du motmalayalam « kera » signifiant « cocotier » et « alam » signifiant « terre », soit « terre descocotiers », surnom donné à l'État par ses habitants en raison de l'abondance de cocotiers. Dans les milieux du commerce extérieur, le Kerala était également appeléMalabar. Dès l'époque deCosmas Indicopleustès (VIe siècle), les marins arabes désignaient le Kerala sous le nom de « Male ».
Les populations proto-australoïdes du Kerala, locutrices aujourd'hui delangues dravidiennes, sont considérées comme lesplus anciens autochtones et sont en grande partie mélangées avec les autres types physiques arrivés plus tardivement[5].
L'une desraisons du voyage deVasco de Gama depuis lePortugal vers le Kerala, en 1498, est de briser le contrôle musulman sur le commerce desépices, desgemmes et desparfums entre les producteurs locaux et leMoyen-Orient. Il fait construire la première forteresse portugaise, Fort Emmanuel, en terre indienne àCochin (Kochi) en 1503, puis, prenant avantage de la rivalité entre les rajahs deCalicut et de Cochin, entreprend de détruire ce monopole.
Cette lutte entre Calicut et Cochin, permet finalement auxHollandais d'intervenir, puis d'expulser les Portugais de leurs forts. Les Anglais s'implantent dans la zone par l'intermédiaire de laCompagnie anglaise des Indes orientales et s'installent fermement au Kerala au début duXVIIe siècle.
En 1792,Tipû Sâhib essaie de regagner du territoire sur celui tenu par les Britanniques, mais sans succès.
L'État moderne du Kerala est créé officiellement, le, à partir de l'union duMalabar (alors une partie de l'État de Madras, anciennementprésidence de Madras), duTravancore et deCochin. Lesmaharajahs de ces deux derniers États princiers ont eu la particularité de se préoccuper de l'éducation et du bien-être de leurs sujets.
les montagnes et vallées profondes se situent à l'est, sur les contreforts des Ghats occidentaux. Elles sont couvertes de forêts denses et les courtes et nombreuses rivières kéralaises y prennent leurs sources pour se jeter dans la mer des Laquedives ;
la plaine centrale est constituée de collines et de larges vallées agricoles ;
En août 2018, desinondations(en) font plus de quatre cents morts.
Elles dévastent l'essentiel du Kerala (13 des 14 districts, tous hormis celui deKasaragod) et provoquent le déplacement de centaines de milliers de personnes.
Il s'agit des plus importantes inondations dans l’État depuis plus d'un siècle[6].
Rizière près deSultan Bathery.Paysan soignant ses bœufs.
La variété géographique et le climat expliquent l'importance de labiodiversité.
La forêt couvre 26 % de l’État, on y rencontre des essences recherchées telles que leteck, lebois de rose ou lesantal, ainsi que de nombreuses herbes aromatiques.
Ces forêts et plantes donnent lieu à une activité économique appréciable : exportation de bois, artisanat, encens, huiles essentielles.
Avec 33,4 millions d'habitants pour 38 852 km2 en 2011[1], le Kerala a une densité de population de 860 habitants au km2[1]. C'est l'une des plus élevées du pays (324 hab./km2).
La concentration de population la plus forte se rencontre dans la plaine côtière où la densité diffuse de l'habitat crée une continuité ville-campagne.
Les villes principales sont :Thiruvananthapuram (889 000 habitants)[8], capitale de l'État (son nom est souvent utilisé sous sa forme coloniale de Trivandrum),Kozhikode (880 000 habitants) etKochi (1 350 000 habitants), capitale économique, abritant le principal aéroport.
L'espérance de vie,78 ans en moyenne (79 ans pour les femmes et 74 ans pour les hommes), y est également l'une des plus élevées de l'Inde et de 5,5 années supérieure à la moyenne (72,5 ans) en 2025.
Cet État a le plus fort taux d'alphabétisation en Inde avec 99 % en 2025 contre 78 % en moyenne pour l'ensemble du pays en 2025. Ce taux d'alphabétisation est quasiment équivalent chez les hommes et les femmes.
Enfants devant une mosquée aux environs de Varkala.Kerala : religion majoritaire ou première religion par sous-district selon les données du recensement indien de 2010.
D'après le recensement de 2011, 54,73 % des résidents du Kerala étaient hindous, 26,56 % musulmans, 18,38 % chrétiens, et 0,32 % soit n'ont pas d'affiliation religieuse soit sont d'une autre religion[12]. Une étude du Centre for Policy Studies (CPS) indique que la part des naissances musulmanes a dépassé celle des naissances hindoues après 2015. La composition démographique en 2021 aurait évolué vers environ 52,6% d'hindous, 29,1% de musulmans et 17,9% de chrétiens.
La proportion de minorités religieuses est ainsi nettement supérieure à la moyenne nationale[13].
Cependant, la création en 1990 de l'Islamic Sevak Sangh, dissout en 1992, mais qui réapparaît sous la forme d'un parti politique fondamentaliste, lePeople's Democratic Party, bien qu'ayant une audience très limitée, traduit des tensions communautaires[14].
Contrairement à ce qui s'est passé enInde du Nord, l'arrivée au Kerala de populations musulmanes ne s'est pas faite par des conquêtes militaires, mais par l'apport progressif de commerçants. En effet, dès leVIIe siècle des marchands musulmans installent des comptoirs sur la côte kéralaise[17], s'y établissent et se marient à des femmes dravidiennes. Un phénomène qui s'inscrit dans la continuité des échanges entre l'Arabie préislamique et l'Inde ancienne. Les musulmans keralais se distinguent de la majorité desindiens musulmans par leur adhésion à l'écolechaféite dusunnisme, courant religieux dominant dans la région. Cette caractéristique est partagée avec les musulmans des littorauxcanarais etconcanais, et ceux du pays tamoul méridional, héritée d'influences communes issues du mondeindo-océanique. Une minoritéchiite existe toutefois au Kerala, composée principalement de communautésgoudjeraties établies dans les centres commerciaux côtiers.
Plus ou moins présents à travers le territoire kéralais, ils forment toutefois une concentration démographique remarquée dans la partie nord de l'État, qui constitue la région historique duMalabar. La communauté musulmane keralaise y a son point d'ancrage historique, autour des anciennes cités portuaires deCalicut,Cannanore, Ponnani etBeypore.
Le Kerala se distinguait par la présence d'une communauté importante d'israélites, la plus nombreuse qui soit recensée en Inde. Celle-ci, qui comptait 2 500 membres en 1945, se réduit désormais à une vingtaine d'individus à la suite d'une émigration massive versIsraël.
L'économie du Kerala est principalement agricole, ce secteur emploie 17 % de la population active. La culture de lanoix de coco est très développée sur la côte et dans les backwaters, les fibres permettent aussi de construire de très nombreuses embarcations de transport, commerce et destinées aux touristes.
Lethé et lecafé sont les principales cultures des Ghats occidentaux, notamment autour deMunnar. D'autres produits agricoles sont cultivés de manière intensive comme lecaoutchouc (91 % de la production nationale), l'anacardier et les épices, de tous temps la richesse de la région.
Le poivre a longtemps été la principale ressource du Kerala, exporté vers le Proche-Orient et l'Europe par bateau[18]
La pêche en mer ou dans les Backwaters, et ses industries de transformation, sont aussi des activités importantes (crevettes,palourdes,homards ethuîtres).
L'élevage familial et les cultures potagères contribuent de façon substantielle aux revenus des foyers modestes. Les ressources minières kéralaises, bien que n'employant que 0,1 % de la population active, représentent plus de 10 % du PIB du Kérala. Les minerais extraits sont lemonazite pour l'industrie nucléaire, l'ilménite, lerutile, lezircon, labauxite et lekaolin.
Les nombreuses rivières descendant des Ghats ont permis la construction de barrages pour l'irrigation et la production d'énergie hydraulique. Cependant, les nuisances écologiques et humaines causées par l'inondation des vallées ont mobilisé l'opinion et les autorités sont en butte à une forte opposition comme celle qu'a suscité la construction du barrage Athirapally sur la Chalakkudy[19].
Le commerce, le bâtiment, les transports, l'industrie textile et le tourisme sont les autres secteurs importants de l'économie kéralaise.
En 2025, 99 % des foyers sont reliés au réseau électrique (pas toujours très stable) et 94 % ont accès à une eau améliorée (55% par le réseau et le reste par des robinets publics ou des puits protégés ou forages).Comme en Chine l'eau chaude est due au solaire thermique[pas clair].
Les Kéralais à la recherche d'un emploi sont moins nombreux que dans le reste de l'Inde, et bénéficient d'une économie agricole de proximité, avec beaucoup de jardins familiaux. Par ailleurs, profitant des ports et aéroports tournés vers la mer d'Arabie, de nombreux Kéralais travaillent à l'étranger, surtout dans les États du Golfe (plus d'un million dans les pays du Golfe[20]), le détroit de Malacca (Malaisie et Singapour) et le monde anglo-saxon (particulièrement aux États-Unis, au Canada, en Australie et au Royaume-Uni). Ces émigrés contribuent largement à l'économie kéralaise, leurs transferts d'argent envoyés aux familles dépassent 20 % des revenus du Kérala.
Trois aéroports internationaux desservent le Kerala :
Le modèle social du Kerala commence avec laréforme agraire, lancée par les marxistes dès leur victoire aux premières élections libres du Kerala réunifié, en 1957. Alors que leCongrès, au pouvoir à Delhi, défendait une visioncapitaliste empreinte deféodalisme, les communistes kéralais ont distribué les terres aux paysans, en plafonnant le droit à la propriété privée à 25 acres, soit à peine plus de 10 hectares. Le Parti communiste ne reste au pouvoir que deux ans et c'est à son retour, en 1967, qu'est posé le principe d'un État interventionniste visant à offrir une couverture sociale à tous[22]. Le Kerala a résisté aux grandes réformes delibéralisation économique promues par le gouvernement fédéral au début des années 1990, mettant en avant son droit du travail, le plus protecteur des salariés dans tout le pays, pour refuser les privatisations sur son territoire et pour refuser l'implantation des multinationales. L’État a ainsi le salaire minimum le plus élevé du pays (20 000 roupies en moyenne en 2025 soit 200 €/mois vs 50 € en moyenne en Inde[22].
Le Kerala est réputé disposer du meilleur système de santé de la fédération indienne. Avec une surreprésentation des écoles de médecine et d’infirmières, l’État compte 30 000 soignants. Le Kerala prend en charge 60 % des frais de santé, la moyenne nationale n’est que de 20 %[23].
L’État est le premier du pays à enregistrer, en janvier 2020, des cas de personnesinfectées par la Covid-19 à la suite du retour deWuhan (Chine) d’un étudiant indien en médecine. La réactivité des autorités face à l’épidémie (mesures de dépistage et de confinement, fonds d'urgence débloqués, etc) a cependant été saluée[24],[25]. Le ministre des Finances, Thomas Isaac, a estimé à cette occasion que « la lutte contre le coronavirus souligne une nouvelle fois à quel point un système de santé privé basé sur l’assurance serait totalement inadéquat pour relever ce genre de défi »[23]. De fait, les mesures drastiques prises semblent avoir permis d'endiguer l'épidémie (437 cas et deux morts au)[26].
Le Kerala, politiquement l'un des États les plus stables de l'Inde, a la particularité d'avoir élu démocratiquement, en 1957, un gouvernementcommuniste[27].
Celui-ci, élu grâce aux masses paysannes hindoues,entreprit uneréforme agraire qui permit de supprimer le systèmeféodal en confisquant les terres des gros propriétaires pour les distribuer aux paysans[réf. nécessaire]. Il y mène une politique d'investissements massifs dans la lutte contre la pauvreté, avec notamment la distribution de cartes d'approvisionnement permettant un accès presque gratuit aux aliments de base et l'instauration d'un salaire minimum deux fois supérieur à la moyenne nationale, dans l'éducation et la santé. Selon le géographe Srikumar Chattopadhyay, « les communistes ont aussi fortement développé le système des panchayat, ces conseils villageois qui permettent la participation de chacun au développement de l’État[28]. »
Depuis, le pouvoir alterne tous les cinq ans entre le parti communiste et le parti centriste duCongrès[11]. Les communistes y sont à nouveau élus en mai 2016 puis réélu en 2021: le Kerala est alors l'un des deux derniers bastionsmarxistes du pays, avec l'État deTripura, coincé derrière leBangladesh[11].
La vie politique est actuellement dominée par deux coalitions : leLeft Democratic Front (LDF) conduit par leParti communiste d'Inde (marxiste) (PCI(M)) et l'United Democratic Front (UDF) conduit par leCongrès. L'actuelministre en chef est Pinarayi Vijayan du PCI(M), en poste depuis le.
Lesnationalistes hindous duBJP sont très minoritaires au Kerala, passant de 6 % des voix aux élections locales de 2011 à 15 % en 2016, avant de retomber à 12 % en 2021. Le vote BJP est beaucoup plus fort chez lesNairs, hautecaste du Kerala, que chez les Ezhavas, la basse caste qui constitue traditionnellement le socle électoral du parti marxiste. L'État fédéral, dirigé parNarendra Modi, lui-même issu du BJP, exerce des pressions sur le Kerala pour réduire les marges de manœuvres du gouvernement local : « Delhi pratique le chantage en obligeant le gouvernement communiste de Trivandrum à privatiser pour pouvoir bénéficier de la redistribution des crédits budgétaires. Le ministère des finances impose en outre des plafonds d'emprunts, ce qui contraint les politiques sociales »[29].
L'État du Kerala connaît également la présence d'uneviolence politique modérée mais constante, qui s'y manifeste depuis plusieurs décennies par des agressions, des lynchages et des assassinats entre adhérents de différents partis politiques[30]. Une violence parfois exacerbée et entretenue par ces partis, qui y trouvent un moyen de renforcer la cohésion de leur base militante, en encourageant la mémorialisation des partisans assassinés et une culture de lavendetta[30]. Entre 2006 et 2016, leCrime Records Bureau de l'État du Kerala estime à au moins 100 le nombre de personnes assassinées pour de motivations politiques, et un nombre plus important de blessés[30]. Cette tendance à la violence politique s'est aussi répandue parmi lessyndicats étudiants au sein des campus universitaires[31]. Un rapport de 2025 indique une diminution de 25% des crimes violents depuis 2016[32]
Les citoyens sont très impliqués dans la vie politique et leur participation est bien plus importante que dans le reste du pays, Chaque village comporte des assemblées de 1 000 à 2 000 personnes, elles sont appelées lesGrama Sabhas. Aussi afin de susciter la mobilisation populaire, lePCI(M) a mis en place des sessions de formation pour former des « personnes ressources »[33].
La culture kéralaise, création riche et originale, tire ses principales influences duTamil Nadu et duKarnataka voisins ainsi que d'apports extérieurs (moyen-oriental et occidental).
Kerala : % de chrétiens par sous-district selon les données du recensement indien de 2010.
Peinture murale au temple de Pundareekapuram (Kottayam).Présentation d'Ottan Thullal, une forme récitée et dansée du Kerala.
La musique du Kerala est très riche et variée, allant de lamusique savante, à savoir lamusique carnatique, en passant par divers genres, tels que le style folklorique local et les musiques aux influences étrangères amenées par les communautés extérieures (musulmanes et chrétiennes) et les diverses nations qui commercèrent avec la région.
LeMohiniyattam, signifiantDanse de l’Enchanteresse, est une danse classique emblématique du Kerala dont la pratique est réservée aux femmes. La performance de cet art est directement liés aux récits mythologiques et en particulier au SeigneurVishnou, connu pour prendre sa forme féminineMohini afin de combattre les forces du mal.
Certaines communautés sont particulièrement liées aux arts, notamment les Chakyars, lesNambiars et lesIyers venus du Tamil Nadu.
Lethéâtre d'ombres, ouTolpava Koothu[35],[36], demeure au Kerala dans la plus pure tradition. Inconnu au nord de l'Inde, cet art a subi dans le sud de multiples avatars : la taille des figurines varie de vingt centimètres auMaharashtra à près de deux mètres enAndhra Pradesh. Seuls le Kerala et l'Orissa ont conservé des silhouettes opaques : ailleurs, elles laissent passer la lumière et la colorent comme des vitraux. Le lien avec leTamil Nadu est très visible, car les montreurs du Kerala émaillent leurs récits de propos en languetamoule tirés duIramavataram, une traduction duRamayana faite par le célèbre auteurKamban et qui constitue un des chefs-d’œuvre de la littérature antique tamoule. S'inscrivant à l'origine dans une pratique spirituelle liée à la mythologie, le spectacle est organisé par les temples de la déesse Bhagavati, principalement dans ledistrict de Palakkad qui est le centre majeur de cet art, mais également dans les régions voisines deThrissur etMalappuram[37],[36].
Dieux en procession dans une fête religieuse à Varkala.
De nombreuses fêtes rythment l'année.Onam, la fête des moissons, est célébrée dans tout le Kerala en l'honneur deMahabali, souverain que l'on honore en organisant des festins, en portant des vêtements neufs et en décorant le seuil des maisons de fresques florales colorées et detapis de fleurs.
Lepooram est une fête hindoue dont la plus renommée est celle deThrissur. La parade d'éléphants caparaçonnés et l'orchestre de plus de cent percussionnistes attirent de nombreux dévots et curieux.
La peinture murale est un art dans lequel le Kerala excelle, c'est une des dernières régions d'Inde à préserver des styles picturaux remontant à l'Inde antique et n'ayant pas subi d'influences persanes. Illustrant des scènes mythologiques, on retrouve ces peintures principalement dans les temples et les palais, mais également dans certaines anciennes églises. Aujourd'hui, les artistes proposent leurs œuvres sur de nouveaux supports afin d'en vivre.
Actuellement la littérature kéralaise s'écrit en malayalam et en anglais. Parmi les nombreux auteurs, les œuvres de ceux-ci sont accessibles en français.
Vaikom Muhammad Basheer (1908-1994), romancier et nouvelliste, écrivait en malayalam. Un des écrivains les plus lus et les plus aimés de sa génération.
Grand-Père avait un éléphant (ntuppuppakkoraanentaarnu), 2005[50].
Les Murs et autres histoires (d'amour) (Matilukal) (et autres), 2007[51].
Le Talisman (nouvelles) (Mantracharaatu) (et autres), 2012. La traductrice de cette œuvre, Dominique Vitalyos, a reçu le grand prix de la traduction de la ville d'Arles 2012[52].
Kamala Das (1934-2009) était également connue sous le nom de Madhavikutti (nom d'auteur en malayalam), puis de Kamala Suraiyya, dans les dernières années de sa vie, après sa conversion à l'islam. Poète et romancière, elle écrivait en anglais et en malayalam.
O.V. Vijayan (1930-2005), romancier, nouvelliste et caricaturiste de presse, écrivait en malayalam. Il a parfois traduit ses propres œuvres en anglais. Son premier roman, écrit en 1969, a ouvert une voie nouvelle aux écrivains malayali(s) et connu un immense succès au Kerala.
Les légendes de Khasak (khasaakkinte Itihaasam), 2004[55]
Le premier film kéralais est réalisé en 1928. De même que le cinéma bengali, la production kéralaise se distingue par ses préoccupations sociales et son engagement politique. Elle peut être rapprochée dunéoréalisme. L'âge d'or de laNouvelle vague kéralaise commence dans les années 1970 avecAdoor Gopalakrishnan dont le premier film,Swayamvaram (1972), permet au cinéma kéralais d'émerger sur la scène internationale. SuiventElipathayam (1981),Mukhamukham (1984),Anantharam (1987)Mathilukal (1989)... Les films réalisés à la fin des années 1980 et au début des années 1990 sont remarquables par la qualité de la réalisation, l'attention portée au scénario, la finesse de la narration de la vie de tous les jours, la recherche dans la musique, sans exclure l'humour.Perumthachan (1990), d'Ajayan marque également cette période. Pendant les années 1990 on voit se développer une production à mi-chemin entre le cinéma d'auteur et le cinéma commercial avec des films tels queOru Vadakkan Veeragatha (1989) etSargame (1992) de T. Hariharan,Kireedam (1989) etHis Highness Abdullah (1990) de Sibi Malayil etAmaram (1991) de Bharathan. De la fin des années 1990 à maintenant, la qualité du cinéma kéralais a décliné et la production est majoritairement destinée au divertissement. Il y a quelques notables exceptions telleSwaham (1994) de Shaji N. Karun, premier film kéralais à concourir auFestival de Cannes. Le cinéma kéralais a été, et reste dans une moindre mesure, un cinéma intellectuel et novateur qui forme d'excellents professionnels qui, reconnus, partent travailler pour les studios deBombay, deMadras ou deHollywood telsPriyadarshan (réalisateur),Santosh Sivan (directeur de la photographie et réalisateur), Sabu Cyril (décorateur) ou encore Resul Pookutty, lauréat en 2009 de l'Oscar du meilleur mixage de son pourSlumdog Millionaire[57].
La variété des paysages, le climat, la richesse du patrimoine et la beauté de certains sites font du Kerala une destination touristique recherchée.
La longue côte kéralaise abrite de nombreuses et très belles plages parmi lesquelles on peut citerKovalam à 16 km au sud deThiruvananthapuram ou Varkala. Lesstations de montagne, tellesMunnar ou Nelliampathi, développées par les colons britanniques qui venaient entre autres s'y réfugier pour échapper à la fournaise de l'été, sont toujours appréciées. L'abondance et la qualité de la flore et de la faune retiennent également l'attention.
Lesbackwaters, la « Venise du Kerala », attirent un nombre important de touristes, auxquels sont proposés des croisières sur des bateaux aménagés, leskettuvallams ouhouse boats. Des courses dechundan vallams ousnakes boats (bateaux-serpents) y sont organisées lors des fêtes d'Onam en août ou septembre : des bateaux en bois de trente mètres de long dans lesquels une centaine de rameurs prennent place, s'affrontent dans un spectacle impressionnant qui attire les foules.
Le patrimoine architectural kéralais se caractérise par une utilisation importante du bois dans les bâtiments traditionnels. Le palais de Padmanabhapuram, ancienne résidence du raja de Travancore, bien que situé au Tamil Nadu, est administré par l'État du Kerala. On peut citer aussi lepalais de Krishnapuram pour ses peintures murales ou le temple de Peruntirukoilappan représentatif de l'architecture religieuse.
Kochi, avec sa vieille ville pleine de charme et ses alignements de filets depêche au carrelet d'origine chinoise, recèle de nombreux édifices remarquables dont le palais Mattancherry, lasynagogue Paradesi et l'église Saint-François, la plus ancienne d'Inde.
Le tourisme médical se développe depuis quelques années et est particulièrement réputé pour les traitements ayurvédiques.
Le tourisme a pris son essor au Kerala dans les années 1980. En 2025 c'est un pilier central de l'économie qui représente 20 % duPIB et emploie 25% de la population.
En 2024, le Kerala a accueilli près de 22 millions de touristes dont 750 000 étrangers, essentiellement de novembre à mars.
↑L'État reste le premier producteur de l'Inde, mais les concurrents se sont multipliés :Viêt Nam (premier producteur mondial),Malaisie,Sri Lanka,Brésil.