Il avait pour objectif d'écraser son avion sur un navire de lamarine américaine ou de ses alliés[2]. C'était unetactique militaire d'auto-explosion (technique du jibaku) pour remédier au manque d'effectif militaire et de carburant pour avion[3]; elle consistait à faire exploser une charge contre la cible pour l'endommager au maximum.
Par extension, enOccident, ce terme sert à désigner quiconque, par exemple un terroriste, qui sacrifie sa vie volontairement dans unattentat-suicide. Là s'arrête la comparaison car le kamikaze japonais ne s'attaque qu'à des cibles militaires, souvent puissamment armées, et uniquement en temps de guerre. Le terroriste, lui, frappe en tout temps et en tout lieu des victimes civiles le plus souvent sans défense. Plus largement encore et de manièremétaphorique, il peut désigner une personne qui se sacrifie, ou du moins qui se met délibérément en grand danger à un niveau personnel, professionnel ou autre.
Lors de laguerre d'Ukraine, les médias ont employé l'expression « drone kamikaze » pour désigner les aéronefs sans pilotes utilisés par l'armée russe contre certaines villes ukrainiennes. La charge explosive est à demeure dans le drone télécommandé qui s'écrase sur sa cible.
UnMitsubishi Zéro kamikaze (au fond à gauche) se jetant contre la coque du cuirasséUSS Missouri le. Il n'a fait aucun blessé américain et a causé des dégâts mineurs.
L'avionMitsubishi Ki-15Kamikaze(神風?), kanjis inscrits au-dessus de l'aile, paré pour Tokyo-Londres visible sur la dérive(東京-ロンドン?)
Au cours de l'année 1937, l'avionKamikaze piloté parMasaaki Iinuma(en) etKenji Tsukagoshi(en) a fait sensation dans le monde et surtout au Japon pour avoir effectué[4], avec un Tokyo-Londres en moins de 100 heures[5], le vol record entre deux continents[6]. De ce fait le motkamikaze a été utilisé au Japon pour de lapropagande au début de laSeconde Guerre mondiale, sans lien avec les attaques suicides[7].
Régulièrement utilisé en japonais dans le sens d'« intervention divine », le mot fut repris à l’automne 1944 par laMarine impériale japonaise pour désigner une Unité d'attaque spéciale(特別攻撃隊,Tokubetsu kōgekitai?,souvent abrégé enTokkōtai(特攻隊?)) composée de pilotes devant projeter leur appareil sur des bâtiments ennemis (première sortie de combat le 21/10/1944)[8]. Par convention, le termekamikaze désigne toutes les unités aux missions sans retour formées par les armées japonaises entre l’été 1944 et août 1945[8]. Il y eut seulement quelques escadrilles dekamikaze qui chacune portèrent un nom symbolique commeMitate(御楯?,litt. « Bouclier auguste »),Kikusui(菊水?,« Chrysanthème dans l'eau ») ouYasukuni(靖国?,« Pays apaisé »)[8].
Dans l'armée, la prononciation des deux caractères composant le motkamikaze étaitshinpū(しんぷう?), prononciation sino-japonaise (ouon'yomi)[9]. La prononciationkamikaze fut utilisée en japonais dans les nouvelles cinématographiques dès[10]. Plus naturelle, elle fait écho au sens historique du mot.
À partir de 1945, le mot se diffusa tel quel en anglais et dans d'autres langues. Après la Seconde Guerre mondiale, il fut rapidement utilisé dans un sens métaphorique pour qualifier des gens se sacrifiant pour une cause ou prenant des risques inconsidérés. Il désigne plus largement tout assaillant qui meurt délibérément au cours de son attaque. AuJapon en revanche, ce terme désigne exclusivement l'équipe militaire de laSeconde Guerre mondiale et n'est pas utilisé dans le sensoccidental d'auteur d'unattentat-suicide[11].
Ce type d'attaques aurait connu des antécédents lors de laguerre de Shanghai en 1932, une bataille qui oppose pendant plusieurs semaines l'armée japonaise et l'armée chinoise et durant laquelle trois jeunes Japonais équipés d'explosifs se seraient fait sauter dans les tranchées chinoises. Les médias japonais s’enflammèrent et ils furent qualifiés de« bombes humaines » (にくだんou 肉弾)[8]. Lapropagande s'empara du sujet et on publia des livres, un manga pour jeunes enfants, on peignit des tableaux, on commanda des statues de bronze, on organisa un concours de poèmes, on créa une chanson populaire à leur gloire. En réalité, il s’agissait d’une erreur de préparation et non d’un acte héroïque[12]. Cela a été présenté comme étant possiblement la première fois que ce genre de phénomène soit apparu dans l'histoire de l'humanité[13].
Déjà auparavant, des pilotes de toutes nations s'étaient déjà écrasés sur une cible ennemie délibérément en plein combat. Ce geste n'était pas prémédité mais un pilote blessé ou à bord d'un appareil endommagé sans espoir de revenir n'avait plus rien à perdre et voulait dans un geste ultime infliger le plus de dégâts possibles à l'adversaire. Les aviateurssoviétiques utilisèrent abondamment la tactique de l'« abordage volontaire » en plein ciel d'un avion ennemi, à partir de l'attaque allemande surprise en juin 1941. Ils l'appelaient « attaquetaran », durusseтаран, « bélier ». En 1944, les appareils nippons et leurs pilotes étaient qualitativement et quantitativement inférieurs à ceux des États-Unis. Les formations aériennes japonaises se faisaient souvent décimer par les avions américains avant même d'avoir pu atteindre leurs cibles. Un seul coup au but sur un navire exigeait une grande expérience que peu d'aviateurs japonais possédaient[14].
C'est pourquoi germa l'idée chez certains d'entre eux que puisqu'ils n'avaient que peu de chance de survivre à une attaque, autant que leur mort ne soit pas vaine. Ils proposèrent alors de se jeter volontairement sur le pont des navires US avec leurs appareils armés d'une bombe. Au départ, cette idée fit peu d'écho à l'état-major de la marine impériale. L'élément déclencheur arriva le 1944 en pleine mer des Philippines. Le contre-amiralArima ôta ses insignes de son uniforme devant ses subordonnés médusés et prit place dans un avion participant à l'attaque. Il jeta son appareil sur le porte-avionUSS Franklin et le manqua de peu. Cet acte, bien que sujet à débat, finit de convaincre les plus récalcitrants[15]. Lequartier général impérial, afin de freiner la poussée ennemie, décide de constituer une unité spéciale d'attaque (Tokkōtai) chargée par son sacrifice d'invoquer lesKami pour réitérer le miracle de1274 (voir la sectionÉtymologie).
Seki et les hommes de l'unité « Shikishima » pendant le toast cérémonial, peu avant leur départ pour la première attaque-suicide.
La première apparition officielle des kamikazes a lieu pendant labataille du golfe de Leyte le[16]. Leurs escadrons furent formés par le vice-amiralTakijiro Onishi[17]. Cette première attaque fut réalisée par cinq « volontaires » commandés par le lieutenantYukio Seki. Les kamikazes pilotaient desMitsubishi A6M5 modèle 52 « Zéro » transportant chacun une bombe de 250 kg. Ils plongèrent délibérément avec leurs appareils sur les navires de lamarine américaine et quatre des cinq pilotes engagés réussirent à toucher leurs cibles en infligeant d'importants dommages, notamment auporte-avions d'escorteUSS Santee. Un desZéros, vraisemblablement piloté par le lieutenant Seki, s'écrasa également sur le pont d'envol du porte-avions d'escorteUSS St. Lo à10 h 53. La bombe du chasseur explosa sur le hangar de pont bâbord. Il s'ensuivit un incendie et des explosions secondaires qui, à leur tour, firent sauter des torpilles et la réserve de bombes du navire. Le porte-avions d'escorte coula une demi-heure plus tard, 126 de ses hommes ayant été tués.En tout à Leyte, environquarante[Combien ?] navires américains et alliés furent coulés de cette façon, et une centaine endommagés.[réf. nécessaire]
Forts de ces premiers succès, les Japonais ne reculèrent plus à la mise en place d'attaques suicides à grande échelle. Les unités de kamikazes était composée en majorité d'étudiants volontaires fraîchement appelés sous les drapeaux (ils avaient été épargnés jusque-là, devant constituer l'élite du futur empire). Cescadets décollaient sansparachute et ne revenaient à leur base qu'en l'absence de navires ennemis. L'appel dans cette unité était à la fois un honneur important et une sentence de mort. Vers la fin de la guerre, l'entraînement était réduit à sept jours (deux jours pour apprendre le décollage, deux pour le pilotage et trois pour les tactiques d'attaque)[18]. Avant de partir en mission, le lieutenantYukio Seki aurait déclaré ceci :« L'avenir du Japon est bien morne s'il est obligé de tuer l'un de ses meilleurs pilotes. Je ne fais pas cette mission pour l'Empereur ou l'Empire… Je la fais, car j'en ai reçu l'ordre ! »[19]. Les plus grosses attaques auront lieu pendant labataille d'Okinawa, lors des opérations Kikusui mettant en jeu plus de 400 avions-suicides, ainsi que les premiersOhka. Lors de cette bataille, les kamikazes japonais coulent 20 navires (contre 9 par attaques conventionnelles) et en endommagent plus de 200 à des degrés divers.
Grande rivale de la marine, l'armée impériale créera elle aussi ses propres unités d'avion suicide sous le nom de Tokobtsu[20]. À plusieurs reprises, des avions japonais se sont également jetés en plein vol sur d'autres avions américains, notamment des bombardiers lourds croisés en chemin.
Au cérémonial de départ d'une attaque, les militaires vouaient allégeance àHirohito, l'empereur du Japon, récitaient untanka(短歌?) commepoème d'adieu en référence au devoir de sacrifice puis buvaient l'ultimesaké en se tournant dans la direction de leur région de naissance. Ils nouaient autour de leur front, par-dessus le casque de vol, un bandeauHachimaki blanc orné d'un disque rouge, les couleurs dudrapeau du Japon(Hinomaru). La varianteKyokujitsuki, drapeau de lamarine impériale japonaise avec seize rayons entourant le disque rouge, existait aussi.
Cet acte de sacrifice s'accompagnait souvent d'uncri de guerre (comme au temps dessamouraïs) pour se donner du courage — le fameux « Tennō heikabanzai »(天皇陛下万歳!?,signifiant littéralement « Longue vie à Sa Majesté impériale ! ») ou plus communément banzai, terme emprunté à la culture chinoise, tant utilisé ensuite au cinéma.
Les pilotes n’étaient bien souvent pas des nationalistes fanatiques, mais plus généralement de très jeunes soldats terrorisés. Ainsi le pilote Kikumi Ogawa note-t-il dans son journal :« Je priais pour ne pas être désigné […]. Ceux qui ne l’avaient pas été se réjouissaient secrètement, comme j’en avais fait l’expérience, prétendant regretter la situation »[21]. L'état-major militaire et la pression sociale rendaient quasi-impossible le refus de la mission-suicide[22],[17].
Les kamikazes utilisaient généralement desMitsubishiZéro ou tout autre appareil dépassé. En pratique, toutes sortes d'avions ont été utilisées, surtout des bombardiers en piqué ou bombardiers torpilleurs monomoteurs (noms de code alliés :KATE,VAL, etc.) plus maniables et rapides que des bombardiers lourds, donc ayant plus de chances d'échapper auxchasseurs d'interception américains.
Des modèles particulièrement rudimentaires ont même été créés exprès pour les attaques spéciales, comme leNakajima Ki-115, particulièrement rustique.
On peut aussi citer leYokosuka D4Y4, bombardier en piqué muni de fusées destinées à améliorer sa vitesse lors du piqué final.
La bombe volante pilotée (Yokosuka MXY-7 Ohka) a été conçue spécialement pour les attaques-suicides.
Les Japonais ont également utilisé des parachutistes kamikazes, qui la plupart du temps subissaient de lourdes pertes pour des résultats négligeables. On peut néanmoins citer une attaque réussie : celle de l'aérodrome de Yontan. Neuf appareils emportant chacun 14 paras y ont participé. Quatre appareils ont été abattus en chemin, et quatre autres, par laDCA de l'aérodrome. Dix paras ont pu s'échapper du dernier appareil et se sont précipités vers les avions américains. Ils ont détruit 9 appareils et en ont endommagé 26 autres, tout en brûlant265 000 litres de carburant, en tuant deux marines et en faisant 18 blessés.
des sous-marins de poche suicides (kōhyōteki,kōryū etkairyū) ;
des torpilles humaines monoplaces à turbines appeléeskaiten(回天?,départ vers le ciel enjaponais).
Mais les résultats furent décevants pour l'amirauté japonaise. Les pilotes des vedettes rapides et deskaiten n'étaient pas tous prêts à mourir. Ces engins étaient en effet équipés d'une « trappe d'évacuation rapide » censée permettre au pilote d'échapper à la mort. Cependant, elle était en pratique inutilisable à grande vitesse.
Après la guerre, l'image des kamikazes au Japon devintambivalente, à la fois celle d'un passé que le pays voulait abandonner et un pilier de la tradition pour les plus conservateurs[17].
Quel que soit le pays auquel appartient le pilote qui se jette sur sa victime, les attaques-suicides sont le plus souvent menées dans une atmosphère de catastrophe et d'action de la dernière chance devant un ennemi toujours plus nombreux et en apparence invincible.
À la fin de laSeconde Guerre mondiale, le Japon ne fut pas le seul pays à prendre ce genre d'initiatives. En, sous le régime nazi,Goering fit appel en dernier recours à des unités aériennes qui devaient s'écraser sur des objectifs alliés lors de l'invasion du Reich. Toutefois, cette action ne fut mise en pratique que de manière très minoritaire par rapport aux frappes massives de l'armée japonaise. De plus, certains pilotes désobéirent à ces ordres, la notion d'honneur n'étant pas comparable avec la vision japonaise[23]. Néanmoins, plus d'une centaine de jeunes pilotes de laLuftwaffe se sont portés volontaires ; seuls six d'entre eux ont survécu. Les opérations suicides depuis des avions étaient menées par l'Escardon Leonidas(en), en allemand:Selvopofrelsekommando Leonidas, (du nom duroi de Sparte, qui s'est "sacrifié" lors de labataille des Thermopyles) qui appartenait auKampfgeschwader 200. Cet escadron était doté deFieseler Fi 103, uneV1 agrandie et équipé d'un poste de pilotage. Cet appareil se rapproche beaucoup de l'Ohka japonaise, puisqu'il était largué depuis un avion et possédait aussi un système de propulsion autonome, le pulsoréacteur de la V1. Les Ohka pouvaient être aussi équipées de systèmes de propulsions:moto-réacteurs,turboréacteurs,moteur-fusée ou planer.
La principale différence entre la doctrine nazie et japonaise sur ces appareils suicides est le rapport au sacrifice et au suicide. Beaucoup moins mis en avant en Allemagne, les pilotes avaient donc la possibilité de sauter avant l'impact, bien que cette manœuvre soit pratiquement impossible.
des pilotes russes et allemands sectionnaient les ailes des avions ennemis avec leurs propres ailes ou entraient volontairement en collision avec l'appareil adverse ; pour ces actions sur lefront de l'Est, on parle d'attaquetaran ;
Il n'existe aucun bilan, car elles n'étaient pas, sauf exceptions, le fait d'unités spécifiques.
En dehors descharges banzaï suicides qui commencèrent à labataille d'Attu, leur impact fut limité : par exemple, lamine lunge antichar n'avait permis de détruire aucun char au début 1945[25].
L’USS Bunker Hill venant d’être touché par les kamikazesSeizō Yasunori etKiyoshi Ogawa le, qui ont fait 389 tués et 264 blessés américains. Navire en réparation quatre mois.
Environ 4 900 marins furent tués et 4 800 blessés, presque exclusivement américains, par environ 1 000 avions qui réussirent à passer les patrouilles d'avions de chasse, et accessoirement par d'autres attaques-suicides (vedettes, sous-marins de poche).
Le porte-avionsUSS Enterprise, touché par le kamikaze Shunsuke Tomiyasu, le. Treize morts, 34 blessés. Bâtiment hors service quatre mois.
Par ailleurs, environ 368 frappes endommagèrent des navires alliés (certains plusieurs fois,liste(en)) dont 6 fois des britanniques, 4 fois des australiens et 1 fois un norvégien. Parfois les navires ne furent pas remis en état.
Ces pertes, bien que considérables, en particulier pendant labataille d'Okinawa, n’entravèrent pas la marche des Alliés.
Les pertes japonaises furent encore plus considérables : au moins 14 009 tués rien que pour les unités kamikazes[27] :
2 531 pilotes d'avions (dont 55 suravion-fusée Ohka et365 membres d'équipage desBetty porteurs) de la Marine ;
1 081 pilotes et 1 446 de troupes de soutien des vedettesShin'yō de la Marine ;
263 pilotes et 1 573 de troupes de soutien des vedettesMaru-Re de l'armée de terre ;
440 membres des équipages et des troupes de soutien des sous-marins de pocheKo-hyoteki de la Marine (unité nommée Kamikaze avant-guerre mais non prévus comme suicides même si les pertes furent extrêmement élevées) ;
104 pilotes et 1 083 de troupes de soutien (essentiellement les équipages de sous-marins porteurs) des sous-marinsKaiten de la Marine ;
Méthode terrestre : 100 parachutistes de l'unitéGiretsu Kuteitai de l'armée de terre ;
Ce total comprend les pertes lors d’entraînement, bombardements américains, etc., mais uniquement des unités kamikazes. Il ne comprend pas les milliers de tués des missions effectuées en soutien par des unités non-kamikaze (escortes, transports, etc). Le total général doit dépasser les 17 000 tués dont moins de 5 000 kamikazes proprement dit (dont la réussite de la mission impliquait la mort).
Matériellement les pertes matérielles des unités kamikazes se chiffrent en milliers d'avions, en centaines de vedettes et sous-marins de poche, une dizaine de sous-marins, le cuirasséYamato, un croiseur léger et divers autres navires moins importants. Les pertes des unités non-kamikaze de soutien comprennent des navires transportant du matériel aux Philippines ou à Okinawa notamment les porte-avionsShinano (6Shin'yō et 50 Ohka pour les Philippines et Okinawa, coulé, 1 435 morts),Unryū (30 Ohka pour les Philippines, coulé, 1 239 morts) etRyūhō (58 Ohka livrés à Taïwan, hors service, 20 tués, 30 blessés).
Le terme « kamikaze » a rapidement pris le sens général d'« auteur d'unattentat-suicide », et il est parfois utilisé encore de nos jours pour désigner un suicidaire-meurtrier, quelqu'un qui cherche sa propre mort et celle d'autres personnes[28].
Cependant, il faut souligner la différence forte entre l'action des kamikazes japonais durant la Seconde Guerre mondiale et celle de divers groupuscules terroristes utilisant les attentats-suicides comme moyen pour parvenir à leurs fins[11]. En effet, si les premiers faisaient partie d'une armée régulière et s'en prenaient à des objectifs militaires, essentiellement les navires de guerre puissamment armés d'une nation ennemie et ce dans le cadre d'un conflit militaire, les seconds ciblent le plus souvent des civils sans défense, en dehors de tout conflit déclaré, ce qui les place clairement en dehors dudroit de la guerre. On peut également mettre en évidence le fait que les kamikazes japonais sacrifiaient leur vie pour une cause militaire et patriotique, là où les motifs des groupes terroristes englobent une plus large plage d'idéologies, notamment religieuses[29]. En 2015, un groupe de survivants japonais s'est d'ailleurs plaint publiquement dans les colonnes duTokyo Shimbun de cet usage occidental du terme[11].
Norbert Wiener a déclaré en1947 qu'il ne travaillerait plus sur les missiles guidés, dont « l'usage ne peut être que de tuer sans distinction des civils, » et dont « le seul effet ne peut être que de répandre lamanière kamikaze de se battre »[30].
↑La bataille aéronavale de Leyte, La reconquête des Philippines 1944-1945, Bernard Millot, Larivière, 1996(ISBN2-907051-06-7),p. 37
↑La bataille aéronavale de Leyte, La reconquête des Philippines 1944-1945, Bernard Millot, Larivière, 1996,(ISBN2-907051-06-7), p. 38
↑D'autres historiens font remonter la première attaque de ce style à mai 1944, la difficulté étant de trancher entre une simple expérimentation et une véritable opération, sans oublier que des pilotes gravement touchés décidaient en désespoir de cause, dès 1941, de réaliser ce type d'attaque ; voir(en)First Kamikaze
↑Norbert Wiener points out that to provide scientific information is not necessarily an innocent act, par Norbert Wieber, dansInstead of violence; Writings of the great advocates of peace and nonviolence throuout history. Boston; Beacon Press (Arthur et Lila Weinberg Eds.), 1963,p. 117.
↑Vincent Lamigeon, « Les drones kamikazes, nouvelle menace pour les armées »,Challenges,(lire en ligne)