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Cheval Kalmouk dansLes Races chevalines, 1894 | |
| Région d’origine | |
|---|---|
| Région | |
| Caractéristiques | |
| Morphologie | Cheval de selle |
| Taille | 1,47 m à 1,52 m |
| Robe | Généralementbai oualezan |
| Tête | Grosse et charnue |
| Pieds | Durs et solides |
| Caractère | Sobre et sauvage |
| Statut FAO (conservation) | Non menacée |
| Autre | |
| Utilisation | Selle,traction,lait etviande |
| modifier | |
LeKalmouk (enrusse :Калмыцкая лошадь,Kalmytskaïa lochad’) est unerace de chevaux deselle et de traction légère élevée enKalmoukie, une république deRussie. Établis auXVIIe siècle, les ancêtres de ces chevaux présentent le typemongol. Ils sont influencés par des animaux voisins capturés par lesKalmouks lors de raids, puis croisés avec lecheval du Don. Les Kalmouks remontent la cavalerie russe jusqu'au début duXXe siècle, et déclinent en nombre après laSeconde Guerre mondiale.
Tardif, le cheval kalmouk est réputé pour son endurance et sa sobriété, lui permettant de parcourir une centaine de kilomètres sansse nourrir, et de survivre à l'extérieur malgré une forteamplitude thermique. Il a longtemps représenté une ressource vitale pour les populations nomades, en fournissant de laviande, dulait, ducuir et des tendons. Traditionnellement élevé entabounes, le Kalmouk reste essentiellement présent dans les régions d'Astrakhan et deVolgograd.
En russe, la race est nomméeKalmutskaya[1], ouKalmykskaya[2],[3], mais elle est également connue sous le nom d'« Astrakhan »[1],[3].

Ce cheval semble être arrivé dans l'actuelleKalmoukie avec les migrations des nomades kalmouks depuis laDzoungarie, auXVIIe siècle[2]. La race est probablement d'origine mongole[4]. Les nomades kalmouks adoptent des pratiques d'élevage sédentaire au contact des Russes, construisent des abris pour les chevaux l'hiver, leur fournissent du foin et sélectionnent desétalons, ce qui se traduit par une amélioration du cheptel, distinguant peu à peu la race kalmouke de son ancêtre, l'Altaï[5]. Les nomades kalmouks deviennent les principaux fournisseurs de chevaux auxRusses durant la seconde moitié duXVIIe siècle, au détriment desNogaïs[6]. En, 6 400 chevaux sont amenés par des Kalmouks jusqu'àMoscou pour y être vendus[6]. Les Kalmouks sont ainsi les principaux fournisseurs de lacavalerie russe jusque dans lesannées 1740[6]. Plusieurs hivers particulièrement rudes et des tensions avec les Russes, qui demandent une participation croissante des Kalmouks à leurs campagnes militaires, diminuent leur poids économique en tant que fournisseur de chevaux au profit desKazakhs[6].
Les nomades kalmouks effectuent des raids réguliers pour s'emparer de chevaux, en particulier de ceux desCosaques russes. En, un raid est mené contre un campement cosaque situé sur leDon, durant lequel 30 chevaux cosaques sont capturés par 26 nomades kalmouks, et untaboun est volé auxCosaques du Don[7]. Ces chevaux sont ensuite revendus, générant un profit de 5 à 15roubles par tête[8]. Le but de tels raids est de générer du profit, car levol de chevaux rapporte davantage aux Kalmouks qu'ils ne peuvent en attendre en s'engageant dans lacavalerie russe pour une saison militaire[8]. Les nomades kalmouks sont devenus experts dans ces vols[9]. Les Cosaques russes ne sont pas les seuls visés : les Kazakhs, lesBachkirs et les Nogaïs en sont également victimes, et peuvent perdre plusieurs centaines de chevaux dans un raid[8].

L'existence de cette race de chevaux est signalée parPeter Simon Pallas durant la seconde moitié duXVIIIe siècle[10]. En 1803, un recensement donne le chiffre de 238 330 chevaux présents en Kalmoukie, représentant 19 % des animaux d'élevage[10]. À la fin duXIXe siècle, laKalmoukie héberge un cheptel estimé à plus de 500 000 chevaux[11]. Un accroissement notable du cheptel se produit jusqu'au début duXXe siècle, en raison de la très forte demande de la cavalerie russe[12]. De nombreux éleveurs kalmouks tentent de vendre leur cheptel équin pour la cavalerie de l'armée du Tsar. Cet élevage est alors le fait d'un faible nombre de propriétaires particulièrement aisés, détenant 76 % du cheptel total dans six centres d'élevage[10]. Le prince D. Tundutov fournit à lui seul 600 à 700 chevaux pour les régiments dedragons russes chaque année[10]. À la fin duXIXe siècle, un seul nomade kalmouk particulièrement aisé peut posséder à lui seul 3 000 chevaux[13]. Ces fournisseurs croisent leur cheptel avec l'Arabe et le cheval du Don, dans le but de vendre à prix plus élevé[12]. Les annales militaires russes soulignent les qualités des chevaux Kalmouks en 1891, 1901 et 1912[12].
La race Kalmouk est étudiée en 1923 par lePr M. I. Pridorogine, qui la désigne comme un dérivé ducheval mongol[2]. Dans les années 1930, de fréquents croisements interviennent avec lecheval du Don. La race devient très hétérogène, avec une fourchette de taille allant de 1,40 m à 1,60 m[4]. Le Kalmouk est par ailleurs influencé par des croisements avec des chevauxBachkirs,Kazakhs,Kabardins,Anglo-arabes et Orel[10]. LaSeconde Guerre mondiale est un désastre : accusée de sympathie avec lesNazis, un tiers de la population kalmouke est déportée enSibérie. Leurs animaux restent sur place et meurent en masse, à tel point que cette race de chevaux est considérée comme virtuellement éteinte[14]. La population kalmouke déportée n'est autorisée à retrouver ses terres et ses animaux qu'en 1957[14]. Les éleveurs tentent désormais de préserver l'ancien type de leur race de chevaux[4].Nurbulat Masanov (1954-2006) fournit une longue description des caractéristiques de ces chevaux kalmouks[15].

C'est uncheval de selle qui présente le type ducheval des steppes[3], assez proche duKirghiz[2].
Le Cheval Kalmouk est historiquement de petite taille[16], car il ne se nourrit que sur l'herbe qu'il pâture[17]. La taille va ordinairement de 1,47 m à 1,52 m[18], mais la fourchette de taille est plus large puisqu'elle démarre à 1,44 m[3] et peut atteindre 1,56 m[11].
Éphrem Houël le décrit comme la « caricature » du cheval persan[16]. Rapide, souple et liant comme lui, il en a le port superbe et altier[16]. La tête est grosse et charnue, lourde et disgracieuse[19], avec une mâchoire inférieure développée, et des yeux vifs[11],[20]. L'encolure est souvent renversée (encolure de cerf)[20], sa côte mal fait ses hanches saillantes[19].ledos est droit et lacroupe légèrement avalée, avec unequeue bien attachée/bien portée[11][19],[20]. Son jarret est haut et tranchant[19].Les membres sont particulièrement robustes, avec une excellente musculature et des tendons très nets, forts et bien attachés[19]. Lespieds sont durs et solides[11].
La maturité est lente, ces chevaux n'étant pas adultes avant l'âge de six ans[2],[20]. Lamaturité sexuelle survient habituellement vers 5 ou 6 ans, la croissance n'étant terminée qu'à 6 ou 7 ans[15]. Le taux de reproduction de la race est assez mauvais, car moins de 30 % des juments saillies donnent un poulain viable, notamment en raison d'une forte proportion defausses couches, et de difficultés à trouver de la nourriture et de l'eau[15].
Il existe des chevauxambleurs parmi la race[11],[20],[3].
La robe est généralementbaie sous toutes ses nuances, oualezane[21]. Certaines sources indiquent que l'alezan[11] ou la « robe claire »[20] sont plus fréquents, d'autres qu'il s'agit du bai[22].
Ces chevaux sont connus pour leur sobriété, leur mobilité et leur endurance, étant réputés capables de parcourir une centaine de kilomètres sans se nourrir[11],[23],[15].
D'après Houel, les Kalmouks sont sobres, robustes et durs à la fatigue, comme tous les chevaux d'une race ancienne, nés dans un pays favorable et élevés énergiquement[16].
La race est résistante au froid de sa région[3]. Masanov lui souligne plusieurs autres qualités telles que l'instinct de harde, la capacité à trouver sa nourriture sous la neige, et unethermorégulation lui permettant de passer la nuit dehors sans avoir besoin d'abri[15].
Le cheval Kalmouk est traditionnellement élevé entaboun (localement nommés desadun) comptant plusieurs petits groupes d'une douzaine à une quinzaine dejuments, unétalon et leurspoulains, pour un total de 30 à 50 chevaux[24]. Ces petits groupes donnent de 100 à 200 chevaux paradun[24]. Pour identifier le propriétaire de chaque cheval, chaquetaboun dispose d'unmarquage au fer qui lui est propre, apposé sur la cuisse ou, plus rarement, sur l'encolure des animaux[24].
Les nomades de Kalmoukie dépendent de leurs chevaux pour de très nombreuses tâches et fournitures de la vie quotidienne[24]. En fonction des besoins, ces animaux sontmontés,bâtés, servent à latraction légère, et fournissent dulait, de la graisse, ducrin et de laviande, avec une forte productivité[18],[15]. La viande depoulain est particulièrement réputée, car elle serait« tendre et délicieuse »[17]. Le cheval fournit aussi la matière première nécessaire à la confection de cordes, ainsi que ducuir employé dans la confection de ceintures, de harnais et de divers vêtements[15]. Ses tendons fournissent du fil[15]. Ces cordes et ce fil servent par exemple à lier les pièces des habitations nomades entre elles avant un déplacement[25].
La société kalmouke étantpatriarcale, traditionnellement, les chevaux sont surtout montés par les hommes, les femmes ayant des restrictions[26]. Elles ne peuvent pas seller leur cheval ou monter et descendre de selle seules, ces taches étant dévolues à un homme[26]. La réalisation d'objets à partir des crins et tendons du cheval est en revanche réservée aux femmes, les femmes expertes dans la confection delassos à partir de crin étant très estimées[26]. La possession de chevaux revêtait jadis une importance capitale, les Kalmouks les plus pauvres cherchant en priorité à se procurer unejument dont ils tirent le lait et la viande de poulain[10]. L'élevage équin a longtemps représenté la branche majeure de l'économie kalmouke[10]. Ces animaux ont été souvent mis à profit pour la guerre, permettant aux nomades de manœuvrer rapidement[17]. Par ailleurs, les nomades Kalmouks ont longtemps fourni lacavalerie russe[3]. Leurs chevaux ne sont généralement pas assez puissants pour de la traction lourde ; de plus, leur caractère assez sauvage ne s'y prête guère[17].

Le Kalmouk, propre aux régions d'Astrakhan et deVolgograd[1], est assez rare[2]. L'élevage équin est rendu difficile par plusieurs facteurs, en particulier l'espace de pâturage nécessaire à untaboun, la nécessité de changer régulièrement les chevaux de lieu, et le long cycle reproductif de la race[15]. Par le passé, le Kalmouk s'est fait connaître dans de nombreuses régions du monde, y compris sur lemarché aux chevaux de Paris, où étaient vendus des chevaux de course très estimés[10]. La race est par ailleurs décrite et étudiée dans une encyclopédie française des races de chevaux, parue en 1894[27]. Cette diffusion internationale s'est interrompue au début duXXe siècle[10].
Le recensement de 1990 permet de dénombrer 2 048 sujets appartenant à la race kalmouke. Un autre, effectué en 2003, donne un effectif de 3 770 chevaux[1]. L'étude menée par l'université d'Uppsala en 2007 considère le Kalmouk comme une race de chevaux locale qui n'est pas menacée d'extinction[28].

Plusieurs faits etproverbes soulignent l'importance du cheval chez les Kalmouks. L'un d'eux dit :« L'idiot fait les louanges de sa femme, le fou fait ses propres louanges, l'homme sage fait les louanges de son cheval »[24]. En 1726, une paix est conclue entre les nomades kalmouks et kazakhs pour« autant d'années que cela prend à un nouveau-né de grandir pour monter à cheval et être capable de tirer à l'arc »[29].
L'animal, source de fierté, reste longtemps une importante ressource stratégique, comme le démontrent les récits qui attribuent la victoire en bataille au fait de s'être emparé des chevaux de l'ennemi[24]. Laviande de cheval était souvent consommée pendant les raids, représentant alors la seule source de nourriture disponible, complétée par lelait de jument fermenté, lekoumis[17]. Le cheval et laselle figurent parmi les cadeaux diplomatiques les plus communément offerts par les Kalmouks, et dont lesens symbolique est le plus profond[30].
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