Pour la protéine, voirJunD.
Lejund,djund oujound (enarabe جند ; pluriel :ajnad اجناد) est un mot arabe désignant l'armée[1] et, par extension, une armée attachée à ce territoire[2].
Après l'établissement ducalifatomeyyade àDamas (661), le jund désignait la circonscription militaire et administrative enSyrie[3],[4].
L'utilisation la plus notable du terme était enBilad al-Sham, où déjà le califebien guidéUmar est crédité d'avoir divisé la région en quatre « ajnad » :Homs (Jund Homs),Damas (Jund Dimashq),Jordanie (Jund al-Urdunn) et Palestine (Jund Filastin). Le califeOmeyyadeYazid I ajouta alors le district deQinnasrin (Jund Qinnasrin)[5],[6]. Cette pratique est restée unique en Syrie et n'a été imitée dans aucune autre province duCalifat, qui étaient généralement dirigés par un seul gouverneur ; c'est pourquoi ils étaient souvent appelés collectivement « al-Shamat », « les Syriens »[7].
Les circonscriptions de l'ajnad suivaient dans l'ensemble les frontières provincialesbyzantines préexistantes, mais avec des modifications. Comme le note K. Y. Blankinship, leur création en tant qu'éléments d'un système de défense militaire, visant à sauvegarder le contrôle de la Syrie et à se défendre contre toute agression byzantine, est évidente par le placement des capitales des nouvelles provinces à des distances égales les unes des autres - pour fonctionner comme centres de contrôle et de mobilisation - et en toute sécurité à l'intérieur, loin de toute attaque maritime. un salaire régulier (ʿatāʾ) tiré des revenus de l'impôt foncier (kharāj), en plus duquel ils recevaient des concessions de terres. En campagne, ils étaient accompagnés de serviteurs (shākiriyya) et renforcés par des volontaires (mutaţawwiʿa)[5].
La division en « ajnad » s'est poursuivie en Syrie sous leCalifat abbasside et au-delà, jusqu'à l'époque mamelouke[5]. Sous les Abbassides, un gouverneur général de Syrie présidait souvent tous les districts, tandis qu'en 785Harun al-Rashid ajouta le nouveau district deJund al-'Awasim au nord, englobant le zone frontière avec les Byzantins[8].
En Égypte, peu après saconquête, un district militaire (« miṣr ») fut établie àFustat. Les arabes qui la composaient sont devenus connus sous le nom de « jund » d'Égypte. Eux aussi, comme les « ajnad » syriens, étaient inscrits sur les listes militaires (« dīwān ») et recevaient un salaire régulier. Ils ont longtemps constitué la seule force militaire musulmane de la province et ont joué un rôle majeur dans la vie politique du pays, préservant jalousement leur position privilégiée pendant les deux premiers siècles de la période islamique, jusqu'à ce que leur pouvoir soit brisé dans les troubles de la guerre de laQuatrième Fitna[9].
Le système jund, sous une forme ou une autre, semble avoir également été introduit dans l'Espagne musulmane (al-Andalus) : en 742, les troupes impliquées dans la conquête en cours de la péninsule se virent attribuer des terres dans neuf districts (mujannada). Au Xe siècle, le terme jund en est venu à englober ces hommes aux côtés des volontaires enrôlés (ḥushud) par opposition aux mercenaires étrangers (ḥasham)[5].
AuMaghreb, à patir desAghlabides de l'Ifriqiya,《 le terme « jund » fut appliqué à la garde personnelle du souverain, et garda désormais un sens restreint qui est souvent difficile à définir, s'appliquant rarement à l'armée dans son ensemble 》 (D. Sourdel)[5]. Un usage similaire est évident dans Égypte mamelouke, où ce terme fût appliqué à une section spécifique des troupes personnelles dusultan, mais pas à sa véritable garde du corps.[5]