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Jules Mazarin

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« Mazarin » redirige ici. Pour les autres significations, voirMazarin (homonymie).

Jules Mazarin
Image illustrative de l’article Jules Mazarin
Portrait du cardinal Mazarin,
par l'atelier dePierre Mignard,
1658-1660, Chantilly, musée Condé.
Biographie
Nom de naissanceGiulio Raimondo Mazzarino
Naissance
Pescina (royaume de Naples)
PèrePierre Mazzarini
MèreOrtensia Buffalini(d)
Ordre religieuxOrdre de Saint-Benoît
Décès (à 58 ans)
Vincennes (royaume de France)
Cardinal de l'Église catholique
Créé
cardinal
par lepapeUrbainVIII
Titre cardinaliceCardinal-diacre(n'a jamais reçu dediaconie)
Évêque de l'Église catholique
Prince-évêquede Metz[1]
Autres fonctions
Fonction laïque
Principal ministre d'État durant la régence d'Anne d'Autriche

Signature de Jules Mazarin

Blason
« Firmando firmior hæret »
« Hinc ordo, hinc copia rerum »
(en) Notice surcatholic-hierarchy.org
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Buste de Mazarin parLouis Lerambert (bibliothèque Mazarine).

Jules Raymond Mazarin (Giulio Raimondo Mazzarino, Mazarino,Mazarini ouMazzarini)[a], connu sous son titre decardinal Mazarin, né àPescina, dans lesAbruzzes (royaume de Naples), le et mort àVincennes le, est unprélat, diplomate et homme politique français d'origine italienne, d'abord au service de lapapauté, puis des rois de FranceLouisXIII etLouisXIV. Il succède àRichelieu en tant queprincipal ministre d'État de 1643 à 1661.

Biographie

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Origines

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La jeunesse de Mazarin est relativement peu connue, du fait de son origine sociale modeste. Deux sources existent : un témoignage anonyme non daté d'un soi-disant« ami d'enfance », récit riche en anecdotes vivantes mais aussi en invraisemblances, et les souvenirs publiés par l'abbé Elpidio Benedetti, un proche du cardinal, devenu son secrétaire en puis son homme d'affaires àRome ainsi que son rabatteur d'antiquités[2]. À la veille de sa mort, et sans grande conviction, il demande à des généalogistes de lui inventer une ascendance glorieuse[3]. Mais le cardinal meurt avant l'achèvement des recherches.

Giulio Raimondo Mazzarini est le fils dePietro Mazzarini, secrétaire et intendant du prince Philippe Colonna, grand connétable du royaume de Naples[4], et d'Hortensia Buffalini. Il naît le àPescina[b], dans lesAbruzzes, dans le Centre-Est de l'Italie où demeure l'abbé Buffalini, qui convie sa sœur Hortensia, enceinte, à venir passer les dernières semaines de sa grossesse loin des miasmes de l'été romain[c]. Elle accouche de son premier fils, qui naît« coiffé »[d] et doté de deux dents. On pense alors que de tels signes présage d'une haute fortune. Plus tard, le cardinal s'en prévaut souvent[5]. Il passe son enfance àRome, où demeurent ses parents.

La famille Mazzarini est d'origine génoise. Le grand-père de Mazarin, Giulio, a quittéGênes pour s'installer enSicile et s'établir àPalerme, en tant que simple citoyen non noble. Ses deux fils, l'oncle Hieronimo et le père du cardinal, Pierre Mazzarini, naissent donc en Sicile. La relative réussite de la famille dans l'artisanat ou le commerce, selon des sources sont imprécises, permettent de les faire étudier à l'école[6]. À quatorze ans, Pietro est envoyé à Rome afin de terminer ses études, muni de lettres de recommandation pourFilippo I Colonna,connétable duroyaume de Naples. Le jeune homme entre à son service sans qu'on sache exactement à quelle fonction. C'est comme proche de la famille Colonna que le père de Mazarin peut progresser socialement. Mazarin est d'ailleurs toujours reconnaissant envers la famille Colonna, répétant toujours que sa fortune lui est venue de la faveur de cette maison. Par sa conduite habile et prudente, Pietro se voit proposer en1600 par son maître de réaliser un beau mariage avec Hortensia Buffalini, filleule du connétable, appartenant à une famille noble mais désargentée deCittà di Castello enOmbrie. La jeune fille a une réputation de beauté et de vertu. Le couple a deux fils et quatre filles[7] (ou deux fils et cinq filles).

Famille

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Le futur cardinal est le second des sept enfants de Pierre Mazzarini (Palerme,1576 - Rome,) et d'Hortensia Buffalini (Rome, 1575 - Rome,)[8],[9] :

  • Laure Mancini, duchesse de Mercœur (1636-1657).
    Laure Mancini, duchesse de Mercœur (1636-1657).
  • Paul Jules Mancini, neveu de Mazarin (1636-1652).
    Paul Jules Mancini, neveu de Mazarin (1636-1652).
  • Anne-Marie Martinozzi, princesse de Conti (1637-1672).
    Anne-Marie Martinozzi, princesse de Conti (1637-1672).
  • Olympe Mancini, comtesse de Soissons (1638-1708).
    Olympe Mancini, comtesse de Soissons (1638-1708).
  • Marie Mancini, épouse du connétable Lorenzo Colonna (1639-1715).
    Marie Mancini, épouse du connétable Lorenzo Colonna (1639-1715).
  • Hortense Mancini, duchesse de La Meilleiraye (1646-1699).
    Hortense Mancini, duchesse de La Meilleiraye (1646-1699).
  • Marie-Anne Mancini, duchesse de Bouillon (1648-1715).
    Marie-Anne Mancini, duchesse de Bouillon (1648-1715).

Un enfant doué

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Fresque entrompe-l'œil duCollège romain.

Bien qu'elle demeure peu documentée, l'enfance de Mazarin laisse déjà deviner un garçon doué, remarqué dès son plus jeune âge pour son habileté à séduire et son aisance intellectuelle. C'est là ce qui fera tout au long de sa jeunesse la force du futur cardinal : une étonnante capacité à plaire et à savoir se rendre indispensable[10].

À sept ans, le petit prodige entre auCollège romain tenu par lesjésuites. Élève brillant, il a à soutenir sa thèse de fin d'études sur la comète qui provoque tant de polémiques en 1618 sur l'incorruptibilité des cieux et conduitGalilée à publier le célèbreSaggiatore,L'Essayeur. Mazarin sait manifestement éviter les nombreux pièges que le sujet comporte et obtient l'approbation unanime du jury.

Mazarin grandit avec les enfants de lafamille Colonna, ce qui lui permet, sans qu'il en fasse partie, de fréquenter le grand monde et ses palais. Il semble que, dès son adolescence, Giulio développe une passion pour le jeu qui ne le quittera pas. Sans doute le vice du jeu lui offre d'abord un moyen de gagner ce que l'on appellerait aujourd'hui de l'« argent de poche ». Pour« l'enlever à ses mauvaises habitudes » dans la capitale romaine, son père décide de l'envoyer à l'étranger[11].

Il est établi que le futur cardinal passe trois ans enEspagne (1619-1621 ?) pour accompagner Jérôme-Girolamo Colonna (créé cardinal le parUrbainVIII) et qu'il y termine ses études de droit civil et canon à l'université d'Alcalá de Henares. De cette expérience, Mazarin tire une maîtrise parfaite de l'espagnol qui s'avèrera très utile tout au long de sa carrière. Les légendes sont nombreuses quant à la vie du jeune homme en Espagne. Une chose est certaine : il doit rentrer en Italie car son père, accusé de meurtre, est contraint de se tenir à l'écart de Rome pendant quelque temps. Cet épisode fait basculer Mazarin dans le monde des adultes : il est à présent tenu de soutenir sa famille. Il s'engage alors dans des études dedroit canon, qu'il termine en, renonçant à une carrière artistique pour laquelle il présente pourtant des dispositions. Comme la plupart des jeunes Romains, il s'engage ensuite au service du pape et devient secrétaire dunonce apostolique àMilan, voie qui lui offre de meilleures perspectives.

Au service du pape

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Le papeUrbainVIII parGian Lorenzo Bernini et ses élèves. Marbre, entre 1635 et 1640.

Durant laguerre de Trente Ans, un conflit oppose la France à l'Espagne au sujet de la vallée de laValteline dans lesGrisons. Le papeUrbainVIII envoie des troupes en tant que force d'interposition. Mazarin se voit offrir une commission de capitaine d'infanterie au sein du régiment équipé par lafamille Colonna. Il fait, avec sa compagnie, quelques séjours àLorette et àAncône. Sans jamais avoir à mener de combat, il montre dans l'exercice de ses fonctions, et notamment dans la gestion des troupes et des vivres, la supériorité de son esprit et un grand talent pour discipliner les soldats. Il se fait alors remarquer par le commissaire apostoliqueJean-François Sacchetti. Letraité de Monzón en1626 règle temporairement la situation sans que les troupes du pape n'interviennent.

En1627, éclate enItalie du Nord le conflit appeléguerre de Succession de Mantoue. Il voit s'opposer d'une part, l'empereurFerdinandII, leduc de SavoieCharles-EmmanuelIer et la maison desGonzague de Guastalla, représentée parFerdinandII de Guastalla, candidat desHabsbourg au duché et, d'autre part, le roi de FranceLouisXIII, venu secourirCharles Gonzague,duc de Nevers, candidat français à l'héritage de la branche aînée des Gonzague. Une légation pontificale est envoyée à Milan afin d'apaiser le conflit qui menace de dégénérer. Elle est conduite par Jean-François Sacchetti, en tant que nonce extraordinaire. Mazarin l'accompagne en qualité de secrétaire.

La légation arrive trop tard et surtout Sacchetti doit rentrer rapidement à Rome. Une autre légation est programmée, dirigée cette fois par le neveu du papeUrbainVIII,Antonio Barberini, mais elle tarde à se mettre en place. C'est la chance de Mazarin resté à Milan, poursuivant le travail entrepris, sachant parallèlement provoquer en sa faveur une réelle campagne de publicité à Rome, relayée par sa famille, les Sacchetti et les Colonna. Il bombarde leSaint-Siège de rapports, espérant attirer la bienveillance pontificale. En préparation de l'arrivée de la nouvelle légation, Mazarin est finalement chargé en de sonder les vues des parties prenantes.

Lorsque lelégat pontifical arrive dans leMontferrat, pour traiter de la paix entre la France et l'Espagne, Giulio reste attaché à la légation au titre de secrétaire. Le légat apostolique négocie la paix avec grand zèle. Mazarin, comme secrétaire, va d'un camp à l'autre, pour hâter la conclusion d'un traité. Le jeune homme a l'avantage d'avoir pris la mesure des évolutions en Europe : le rêve pontifical d'un retour à l'unité de l'Église n'aboutira pas et la paix enEurope ne pourra reposer que sur un équilibre des puissances.

Siège de Casale (Casale Monferrato) en 1630 (Giovanni Orlandi).

Envoyé pour mettre fin ausiège de Casale, il ne met pas longtemps à s'apercevoir que lemarquis de Santa-Cruz, représentant la couronne d'Espagne, a une peur violente de perdre son armée, et un ardent désir d'arriver à un accommodement. Comprenant tout le parti qu'il peut tirer de cette faiblesse, il presse le général espagnol, lui représentant avec exagération la force des Français. Pour éviter les conflits, Mazarin lance son cheval au galop entre les deux armées, et agitant son chapeau, crie :« Pace ! Pace ! »[12]. Cette intervention empêche la bataille. Après ce « coup » de Casale, en, la tâche du diplomate pontifical qu'est devenu Mazarin consiste à faire respecter les trêves conclues entre Espagnols, Impériaux, Français et Savoyards, puis à jeter les bases d'un traité de paix, spécialement entre Louis XIII et son beau-frère deTurin.

Les négociations de Mazarin comme ambassadeur extraordinaire enSavoie d'Abel Servien aboutissent le autraité de Cherasco par lequel l'empereur et le duc de Savoie reconnaissent la possession deMantoue et d'une partie du Montferrat àCharles Gonzague et surtout l'occupation française de la place forte dePignerol, porte de la vallée du. Elles apportent à Louis XIII et aucardinal de Richelieu une telle satisfaction que celui-ci en regarde l'auteur comme un homme inépuisable en ressources, fécond en ruses et stratagèmes militaires et qu'il en conçoit le vif désir de le connaître personnellement. Il le mande à Paris, où Mazarin se rend avec un plaisir inexprimable. Richelieu l'accueille avec de grandes démonstrations d'affection, l'engage par les plus belles promesses, et lui fait donner une chaîne d'or avec le portrait de Louis XIII, des bijoux et une épée d'une valeur considérable.

Pendant ce séjour en France, Mazarin obtient de devenir chanoine àSaint-Jean-de-Latran pour bénéficier des revenus attachés à cette fonction, ce qui l'oblige à accepter, à contre-cœur, d'être tonsuré. La cérémonie se déroule le àSainte-Ménéhould lors d'un voyage du roi de France enLorraine. Mazarin devient ainsi clerc à part entière et abandonne l'état laïc avec regrets. Toutefois il ne reçoit par la suite ni lesordres mineurs, ni lesordres majeurs[13].

1630 : l'année des révélations

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Passée au service de ladiplomatie pontificale, qui apprécie son talent, Mazarin s'emploie, par des déplacements incessants et des flots de paroles, à ramener dans l'Italie du Nord cette paix que souhaite tant lepape[14]. Les affaires compliquées dela Valteline[15] de lasuccession de Mantoue et duMontferrat opposent, à travers plusieurs candidats à l'héritage, lesHasbourg qui veulent sauvegarder le passage entreterres espagnoles (Milanais) etterre d'Empire, laFrance qui souhaite les bloquer en prenant comme gages quelques forteresses (Mantoue,Casal,Saluces,Pignerol) etla Savoie qui désire conserver les deux dernières et se garantir à l'est comme à l'ouest[16]. Cette situation inextricable permet à Mazarin de montrer son ingéniosité et de rencontrer des personnages importants et utiles. Il connaît d'illustres généraux, leGénois Spinola, l'illustre vainqueur deBreda, les maréchaux français,Créqui,Toiras ; également le vieux duc de SavoieCharles-Emmanuel et sa belle-filleMadame Chrétienne, sœur deLouisXIII : bien accueilli àTurin, il s'y plaît, y revient et contribue à rapprocher le duché du royaume.

Il rencontre surtoutRichelieu, puisLouisXIII, et l'essentiel est là[e],[f]. La prodigieuse destinée de Mazarin naît àLyon le, quand le cardinal-duc et l'émissaire pontifical se rencontrent pour la première fois ; parlant plus de deux heures, signifiant que le jeune cavalier (il a vingt-sept ans) a réussi à intéresser l'impressionnant ministre[17]. Mazarin déclarera plus tard que, dès ce jour, il s'est donné à Richelieu« per genio »[18]. Il n'a jamais rencontré de personnalité de cette trempe, et les dix années qui suivent montrent qu'il ne renonce jamais à son choix, quoi qu'il lui en coûtera[19].

Premiers contacts avec la France

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Jules Mazarin en 1632.

Il est d'abordvice-légat d'Avignon (1634), puisnonce à Paris (1634-1636), où il déplaît par ses sympathies pour l'Espagne, ce qui le fait renvoyer enAvignon (1636) et l'empêche, malgré les efforts de Richelieu, de devenir cardinal.

Richelieu, se sentant accablé par l'âge, pense que Mazarin peut être l'homme qu'il cherche pour l'aider au gouvernement. Dès son retour en France après un bref voyage à Rome, il retient Mazarin près de lui et lui confie plusieurs missions dont il s'acquitte fort honorablement, puis il le présente au roi qui l'apprécie rapidement. Mazarin s'établit alors dans lePalais-Royal.

Toujours très habile au jeu, un jour qu'il gagne beaucoup, on accoure en foule pour voir la masse d'or qu'il a amassée devant lui. Lareine elle-même ne tarde pas à paraître. Mazarin risque tout et gagne. Il attribue son succès à la présence de la reine et, pour la remercier, lui offre cinquante mille écus d'or et donne le reste aux dames de la cour. La reine refuse d'abord, puis finit par accepter, mais quelques jours après, Mazarin reçoit beaucoup plus qu'il n'a donné.

Mazarin envoie à son père, à Rome, une grosse somme d'argent et une cassette de bijoux pour doter ses trois sœurs et s'affermit dans l'idée de servir la Couronne, dont la faveur, pense-t-il, est le plus sûr moyen d'obtenir lapourpre, qui seule lui permettrait d'accéder aux responsabilités auxquelles il aspire (étant sans naissance). Mais Richelieu, qui l'estime beaucoup et le juge digne du chapeau de cardinal, n'a pas hâte de le combler. Un jour, il lui offre unévêché avec trente mille écus de rente. Mazarin, craignant de se voir tenu loin de Paris et des affaires, ne veut pas courir le risque d'arrêter là sa fortune et refuse aimablement. Il attend encore longtemps puis, las d'attendre, rentre en Italie en 1636, pensant qu'à Rome, au service du cardinalAntonio Barberini, neveu du pape, il serait plus en mesure d'avoir la pourpre.

Au service des rois de France

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Articles connexes :Fronde (histoire) etGuerre de Trente Ans.
Portrait au pastel et à la pierre noire de Mazarin parSimon Vouet (années 1640).

La succession politique du capucinFrançois Leclerc du Tremblay (Père Joseph), affidé du cardinal-ministreRichelieu, échoit rapidement à Mazarin, alors àRome, et fort désireux de retrouver la France où il a rempli les fonctions deNonce apostolique en- et s'est créé un réseau d'amitiés qu'il entretient assidument. Au début de janvier 1639, apprenant queLouis XIII l'a désigné pour succéder au père Joseph comme candidat de la France au cardinalat, Richelieu lui écrit en ces termes chaleureux :

« Monsignore Colmardo[20] connaîtra combien il est bon s'attacher au service des grands princes et bons maîtres, comme est celui que nous servons. Il connaîtra ensuite qu'il fait bon avoir de bons amis et que je ne suis pas des moindres qu'il ait au monde »

— Georges Dethan[21],Mazarin, un homme de paix à l'âge baroque, Paris, 1981, p. 135.

En, naturalisé français, il retourne à Paris et se met à la disposition de Richelieu. En, il fait un heureux début en gagnant à la cause française lesprinces de Savoie ; un an plus tard, le pape lui accorde le chapeau de cardinal. Lors de laconspiration de Cinq-Mars et duduc de Bouillon, le pape n'obtient la grâce du duc qu'en livrant laprincipauté de Sedan, Mazarin signe la convention et vient occuperSedan.

Auconsistoire du[22], Mazarin estélevé à la pourpre cardinalice : le papeUrbainVIII le créecardinal-diacre[23],[24] voirecardinal-prêtre[25]. Cardinal sans toutefois avoir reçu les ordres majeurs, ni même les ordres mineurs : à défaut d'être prêtre ou même diacre, Mazarin est néanmoins clerc, et n'est donc plus laïc[13],[26] ; Louis XIII lui remet lui-même lebonnet et la barrette àValence, le[27]. Il ne participera ni auconclave de 1644[28] ni àcelui de 1655[29].

Le, lendemain de la mort deRichelieu, Mazarin est nomméprincipal ministre d'État, comme l'a recommandéRichelieu qui voit en lui son digne successeur. Louis XIII le choisit comme parrain du dauphin, futurLouisXIV.

Anonyme,LouisXIV (Louis-Dieudonné) etAnne d'Autriche.

Après la mort de Louis XIII, il crée la surprise en obtenant le soutien de larégente. Longtemps opposée àRichelieu et estimée comme favorable à un rapprochement avec l'Espagne (étant elle-même espagnole),Anne d'Autriche fait volte-face à la surprise de la plupart des observateurs de l'époque. En réalité, le rapprochement entre Mazarin et la régente est antérieur à la mort de Louis XIII et de son principal ministre. Le souci de préservation de la souveraineté de son fils et la conscience des dommages que causerait pour celle-ci un rapprochement avec Madrid, sont des arguments de poids dans sa décision de poursuivre la politique menée par Louis XIII etRichelieu – et donc d'appuyer Mazarin. Les inestimables compétences de ce dernier en politique extérieure sont un prétexte pour justifier ce soutien. Séducteur jusqu'à l'obséquiosité, Mazarin sait par la suite très vite se rendre indispensable à la régente, se chargeant habilement de compléter son éducation politique et l'incitant à se décharger entièrement sur lui du poids des affaires.

Même s'il ne porte pas expressément le titre de principal ministre, Mazarin en remplit maintenant la fonction, à la satisfaction deLouis dont il dépend exclusivement. Le, lenonce apostoliqueGrimaldi le confirme : « Tout démontre que le cardinal Mazarin progresse chaque jour davantage dans la confiance du roi[30]. » Le choix royal ne peut qu'être approuvé par les autres créatures de Richelieu (François Sublet de Noyers,Chavigny,Pierre Séguier,Claude Bouthillier), puisque le nouveau venu est obligé, faute de réseau propre, de les maintenir à leurs postes[31].

Ainsi, à partir de, à la mort de Louis XIII, alors queLouisXIV n'est encore qu'un enfant, la régenteAnne d'Autriche nomme MazarinPrincipal ministre d'État. Disposant de cette charge, il dirige leConseil de conscience, que la régente Anne d'Autriche préside et dontVincent de Paul est le rapporteur. En, il devient également « surintendant au gouvernement et à la conduite de la personne duroi et de celle deMonsieur le duc d'Anjou ».

LouisXIV enfant, deJean de La Varende.

À peine au pouvoir, il doit affronter l'hostilité des « Grands » du Royaume dans l'affaire dite de la « cabale des Importants » (1643) où un complot pour l'assassiner est déjoué.

Malgré les succès militaires et diplomatiques mettant enfin un terme à laguerre de Trente Ans (traité de Westphalie en 1648), les difficultés financières s'aggravent, rendant les lourdes mesures fiscales de Mazarin de plus en plus impopulaires. Ce fut l'une d'elles qui déclenche la premièreFronde, laFronde parlementaire (1648-1649).

Dans un arrêté du, le Parlement déclare Mazarin« auteur de tous les désordres de l'état et du mal présent » et lui« enjoint de se retirer […] dans huitaine hors du Royaume »[32]. Puis, le, dans sesRemontrances au roi et à la reine régente le Parlement dénonce celui qui a usurpé l'autorité aux dépens des souverains[33].

Paris est assiégée par l'armée royale, qui ravage les villages de la région parisienne : pillages, incendies, viols… N'obtenant pas la soumission de la capitale, les partis concluent lapaix de Saint-Germain le, qui ne sera qu'un répit. Le princeLouisII de Bourbon-Condé, menant les troupes royales et soutenant la reine mèreAnne d'Autriche permet d'abord la signature de lapaix de Rueil le. Néanmoins, en 1649, par rivalité avec Mazarin qu'il considère comme un usurpateur étranger, il sympathise avec la cause de la Fronde. Remportant toutes les batailles entre 1643 à 1648, il réclame pour lui l'amirauté et pour ses amis tous les postes de responsabilité dans l'armée[34],[35].

Mazarin et l'exil

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Mazarin s'enfuit de Paris le et se réfugie provisoirement à Saint-Germain où Anne d'Autriche et le jeune roi doivent le rejoindre. Un nouvel arrêt de bannissement du Parlement est promulgué. Le roi et la reine sont retenus prisonniers au Palais-Royal et pour faire taire les rumeurs d'une nouvelle fuite, Louis XIV (12 ans) est exhibé en train de dormir devant la foule (nuit du au)[36]. Anne d'Autriche accepte de libérerCondé,Conti etLongueville (retour triomphal le). Un mariage entre le prince de Conti etmademoiselle de Chevreuse (la maîtresse du coadjuteur de Paris) est projeté.

Michel Le Tellier (1603-1685)
Abel Servien (1593-1659)
Abel Servien (1593-1659)
Hugues de Lionne (1611-1671)Joseph Zongo Ondedei (1608-1674)
Michel Le Tellier
(1603-1685)
Abel Servien
(1593-1659)
Hugues de Lionne
(1611-1671)
Joseph Zongo Ondedei
(1608-1674)
Les « hommes » de Julio

Mazarin court au Havre et libère lui-même les trois prisonniers, geste dont il espère tirer un bénéfice. Puis il se réfugie chez l'archevêque-électeur de Cologne, àBrühl. Il continue à intervenir par d'intenses relations épistolaires avec Anne d'Autriche,Le Tellier,Servien etHugues de Lionne mais aussi grâce à des émissaires (comme l'abbéZongo Ondedei, ami du cardinal).

Le, l'assemblée des nobles et l'assemblée du clergé font une démarche commune auprès de la reine pour obtenir la réunion desétats généraux que la reine accepte de convoquer pour le sur les conseils de Mazarin. Habilement la date choisie est postérieure à la prise de majorité de Louis XIV (anniversaire de ses13 ans) qui ne sera donc pas lié par la décision de la régente. Mais déjà des fissures se font jour entre les coalisés : leParlement de Paris est opposé aux états généraux car il y voit une limitation de son influence politique, la duchesse de Longueville s'oppose au mariage de son frère Conti avec Mademoiselle de Chevreuse,Anne de Gonzague qui est désormais passée dans le clan Mazarin noue et dénoue les intrigues, et surtout l'exil de Mazarin obtenu, Gondi et Condé n'ont plus aucun intérêt à s'unir.

Le, le Parlement impose à la reine une déclaration royale excluant les cardinaux des conseils du roi[37] ce qui vise aussi bien Mazarin que Gondi dont l'objectif est d'obtenir lechapeau de cardinal. Condé n'a jamais été aussi puissant et obtient même le renvoi (temporaire) de Châteauneuf, mais son arrogance et ses multiples exigences détachent de lui les tenants de la vieille Fronde.

Turenne et son frère, leduc de Bouillon, se rallient au roi au mois de (Bouillon échange la ville deSedan contre lesduchés-pairies d'Albret et deChâteau-Thierry). Les autres princes se brouillent avec les parlementaires, le coadjuteur de Paris et Chevreuse. Anne d'Autriche négocie en secret avec le prélat parisien qui espère toujours son chapeau. Le prince de Condé s'oppose à la reine et au coadjuteur. En, il tient auchâteau de Saint-Maur (où il s'est réfugié par crainte d'une nouvelle arrestation) une assemblée de la noblesse. Le Parlement et Gaston d'Orléans s'entremettent. La régente temporise et donne satisfaction à Condé en congédiant Servien, de Lionne et Le Tellier le, mais continue de négocier avecGondi. Début, elle conclut un accord secret avec la vieille Fronde et dresse un acte d'accusation contre le prince. Pendant ces mois de l'été, les intrigues et renversements d'alliance se succèdent auxquels Anne d'Autriche fait face avec un certain courage[38].

Le, la majorité du roi est proclamée. Condé n'assiste pas à la cérémonie et quitte Paris la veille. Le lendemain, Louis XIV appelle à son conseilChâteauneuf[39], LaVieuville etMolé, tous opposés à Condé.

Prise de pouvoir par Louis XIV

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Jean-Baptiste Colbert parPhilippe de Champaigne (1655),Metropolitan Museum of Art.

LaFronde des princes (1650-1652) lui succéde, déclenchée par l'arrestation deCondé avide de récompenses, défiant ainsi la primauté naissante et fragile de l'autorité royale promue par Mazarin. Ce dernier est obligé de s'exiler à deux reprises (1651 et 1652), tout en continuant de gouverner par l'intermédiaire d'Anne d'Autriche et de fidèles collaborateurs commeHugues de Lionne (1611-1671) etMichel Le Tellier (1603-1685). La région parisienne est à nouveau ravagée, par les armées et par une épidémie detyphoïde répandue par les soldats, lors d'un été torride qui entraîne au moins 20 % de pertes dans la population. Son épuisement facilite le retour du roi, acclamé dans un Paris soumis, puis bientôt, celui de Mazarin.

Les critiques contre Mazarin concernent en partie son origine italienne et roturière ; il est surnommé le« gredin de Sicile »[40]. Le renforcement de l'autorité royale au détriment des Grands du Royaume, condition nécessaire à la mise en place d'un État moderne, est également contesté. La guerre contre l'Espagne, mal comprise et mal acceptée par l'opinion publique, entraîne une formidable et impopulaire augmentation des impôts.

En 1652, il s'attribue la charge de gouverneur duchâteau de Vincennes. Face à la Fronde, il a l'idée de le transformer en résidence de cour bien protégée aux portes de Paris,Louis Le Vau érigeant pour Louis XIV l'aile de la Reine en 1658 et l'aile du Roi en 1661. Cette place forte est également susceptible d'abriter ses riches collections qui sont en partie pillées en 1651 pendant la Fronde[41].

En 1652, Mazarin est éluévêque de Metz. Il se tourne versInnocentX pour recevoir lesordres[42]ad titulum beneficii. Mais le pape refuse de reconnaître la validité de la renonciation de son prédécesseurHenri de Bourbon-Verneuil et, par conséquent, de l'élection du cardinal-ministre.

Ayant brisé toutes les oppositions, dirigeant le pays en véritable monarque absolu, il reste Premier ministre jusqu'à sa mort auchâteau de Vincennes, le des suites d'une longue maladie. Deux jours avant sa mort, il fait appeler les trois ministres du Conseil,Michel Le Tellier,Nicolas Fouquet etHugues de Lionne, et les recommande chaudement au roi. Mais le lendemain, veille de sa mort, sur les conseils deColbert, il revient sur ses propos concernant Fouquet, jugé trop ambitieux, conseille au roi de s'en méfier et de choisir Colbert commeintendant des finances.

Enrichissement personnel

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Nicolas Fouquet.

Au long de sa carrière de Premier ministre, Mazarin s'enrichit. À sa mort, il dispose d'un actif d'environ trente-cinq millions delivres (dont 8,7 millions de livres en argent liquide et 4,4 millions en bijoux et objets précieux)[43]. Il s'agit de la plus grosse fortune duXVIIe siècle[44], correspondant à vingt-deux tonnes d'or et qui provient des largesses du roi, de ses nombreuses fonctions au gouvernement mais surtout des revenus etprébendes issus de 21 abbayes qu'il dirige (en premier lieu, l'abbaye Saint-Denis) et lui rapportent annuellement572 000 livres à la fin de sa vie. Cela lui procure une grande souplesse financière, qui se révéle vite indispensable pour remplir ses objectifs politiques. Progressivement, Mazarin abandonne la gestion de sa fortune personnelle àNicolas Fouquet etJean-Baptiste Colbert, issu de la clientèle deMichel Le Tellier et qui vient d'épouser une Charron (cent mille livres de dot). Ils sont les véritables artisans de la démesure de sa fortune après la Fronde.

Bien que les sommes en question, en raison de la virtuosité du concerné et de ses aides (Fouquet et Colbert), dépassent de loin tout ce qui peut se voir à cette époque, il est nécessaire de relativiser le caractère exceptionnel de telles pratiques financières. Mazarin, aussi peu populaire chez les nobles dont il sape l'autorité que dans le peuple dont il prolonge les souffrances issues de la guerre, souffre d'une large hypocrisie sur ce point. Postérieurement à la Fronde, période où il peut mesurer toute la fragilité de sa position, Mazarin ne cesse pas de consolider sa position. N'ayant aucun quartier de noblesse, son pouvoir est assujetti au bon vouloir d'une régente disposant elle-même d'un pouvoir contesté. Seule sa dignité de cardinal (d'ailleurs révocable) lui permet de prétendre aux fonctions qu'il occupe. Sans une situation financière solide, une disgrâce peut le faire descendre au bas de l'échelle sociale. Ce point explique en partie l'acharnement de Mazarin à s'enrichir de manière exponentielle.

La réussite de Mazarin constitue un véritable outrage à l'ordre social de son époque. La formidable réussite d'un homme sans naissance et de condition modeste ne peut que s'attirer les foudres d'une noblesse censée seule être dotée par Dieu des vertus et qualités propres au commandement. Le souci de Mazarin de renforcer l'autorité royale attise le ressentiment des nobles[g], et celui de poursuivre une guerre mal comprise celui du peuple. Les mazarinades diffusées pendant son ministère, ainsi que la qualité littéraire de nombre d'entre elles, contribuent à ruiner durablement sa réputation. Ses origines étrangères ne plaident pas non plus en sa faveur. Ainsi, en dépit des indéniables réussites que compte sa politique, Mazarin ne laisse pas un bon souvenir dans la mémoire du peuple français,les mémorialistes[45] préférant mettre en avant ses pratiques financières douteuses plutôt que ses victoires politiques.

Les revenus procurés à Mazarin par ses bénéfices ecclésiastiques

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  1. Revenus connus, enlivres, évolution[46] :
1641 :16 000 L. (Saint-Médard de Soissons)
1642 :96 000 L. (plusOurscamp,Corbie etSaint-Michel-en-L'Herm)
1643 :138 500 L. (6 abbayes)
1644 :158 500 L. (7 abbayes)
1645 :147 500 L. (7 abbayes)
1646 :193 750 L. (9 abbayes)
1647 :218 750 L. (10 abbayes)
1648 :228 250 L. (11 abbayes)
1656 :485 630 L. (19 abbayes — dontSaint-Denis pour140 000 L.)
1658 :478 000 L. (20 abbayes)
1661 :572 000 L. (21 abbayes plus une pension sur l'évêché d'Auch)
Cyrano de Bergerac d'abord contre Mazarin, puis en sa faveur.
  1. Détail pour 1656, (d'aprèsMinutier central,étudeXCV 24,1er juin 1656, contrat avec Girardin)[47].
Cercamp :4 600 L.
La Chaise-Dieu :18 630 L.
Chastenoy :400 L.
Cluny :57 000 L.
Corbie :10 000 L.
Grand-Selve etMoissac :38 000 L.
Saint-Arnoul,Saint-Vincent,Saint-Clément (Metz) :10 800 L.
Saint-Denis :140 000 L.
Saint-Bénigne deDijon (seulement en 1658 :10 000 L.).
Saint-Étienne deCaen :38 800 L[48].
Saint-Germain d'Auxerre :15 300 L.
Saint-Honorat deLérins :12 400 L.
Saint-Lucien deBeauvais :19 000 L.
Saint-Mansuit deToul :3 300 L.
Saint-Médard deSoissons :18 500 L.
Saint-Michel-en-L'Herm :36 000 L.
Saint-Seyne :8 000 L.
Saint-Victor deMarseille :35 900 L.
Saint-Vigor deCerisy :14 000 L.

Lesmazarinades

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Paul Scarron, auteur de plusieurs mazarinades.

Lesmazarinades[49] sont des « feuilles d'informations », de quelques pages et de toutes origines. Condé en inspirera certaines, parmi les plus audacieuses contre la monarchie. Ce sont despamphlets grossiers et creux, quelquefois savants et ironiques. Lecardinal de Retz en aurait écrit certains. D'autres feuilles sont plus savoureuses et coquines, provenant dePaul Scarron ; elles attaquent souvent Mazarin sous l'angle financier, l'appelant le« voleur de Sicile ».

LesMazarinades[50] sont aussi des chansonssatiriques etburlesques. Cette mode littéraire a fait fureur enFrance auXVIIe siècle, pendant une dizaine d'années (env. 1643-1653). Le prince deCondé dira qu'une chanson satirique peut tuer sinon un homme, du moins sa réputation. Les5 000 chansons contre Mazarin, qui ont été recensées, ne viendront pas à bout du cardinal. Il répondait :« Laissez-les chanter, ils paieront les violons »[51].

Quelques titres deMazarinades parmi plus de 5 000 autres[52] :

  • La gueuserie de la Cour ;
  • La Champagne désolée par l'armée d'Erlach ;
  • Plainte du poète champêtre ;
  • Mémoires des besoins de la campagne ;
  • Plainte publique sur l'interruption du commerce ;
  • Le dérèglement de l'État ;
  • Le manifeste des Bourdelois ;
  • Dialogue de Jodelet et de Lorviétan sur les affaires du temps ;
  • Que la voix du peuple est la voix de Dieu.

Dernier instant

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Ravages de la maladie[h]
Mazarin affronte la vieillesse et la maladie dans l'hôtel de Beauvais[i].

Tourmenté par lagoutte, les jambes décharnées, couvertes d'ulcères que les médecins soignent en lui appliquant des cataplasmes de crottin de cheval[53]. Cet homme qu'on transportait le plus souvent sur une chaise, un fauteuil, bientôt sur un matelas tenu par quatre valets, cet homme devenu fluet et apparemment quasi mourant bien que seulement quinquagénaire (c'était alors le seuil de la vieillesse), ce cardinal en imposante robe rouge n'avait cependant rien perdu de son intelligence, de sa subtilité, de sa patience, de sa faculté à suivre dix intrigues en même temps, d'écrire ou dicter jusqu'à quarante lettres par jour[j]. En dehors des grandes affaires, ne s'occupait-il pas aussi des problèmes posés par les voyages, les logements, la nourriture, les costumes de parade ou de cérémonie et même des musiciens (souvent italiens) pour les festivités civiles et religieuses ? Étonnante vitalité de l'esprit qui domine les misères du corps, et les jugulera jusqu'aux dernières heures de[54].

Mazarin affronte la vieillesse et la maladie dans l'hôtel de Beauvais, lepalais du Louvre, son hôtel particulier et enfin le château de Vincennes. La décoration des appartements prévus pour lui dans le pavillon de la Reine du château n'est pas terminée lorsqu'il y meurt le dans un petit appartement aménagé provisoirement au rez-de-chaussée du pavillon du Roi[55]. Diplomate madré, il laisse une Europe pacifiée après la fin de laguerre franco-espagnole et de lapremière guerre du Nord, ainsi qu'un royaume de France agrandi par lestraités de Westphalie etdes Pyrénées.LouisXIV ne protégera pas cet héritage de Mazarin, bien au contraire : soucieux d'affirmer sa grandeur par de vastes conquêtes, le roi trouvera dans les traités de paix, si difficilement obtenus par le Cardinal, les prétextes qui justifieront ses innombrables guerres.

Confronté à de nombreuses rumeurs sur l'acquisition illicite de sa fortune, Mazarin fait venir un notaire près de son lit le et lui dicte un testament, par lequel il reconnaît que tous ses biens, provenant de Louis XIV, devraient être restitués à ce dernier ; mais le roi, au bout de plusieurs jours de réflexion, refuse cettedonation testamentaire, ne pouvant accepter l'humiliation d'un tel cadeau, de l'un de ses sujets. Mazarin prévoit ce refus et enregistre un nouveau testament le, par lequel il lègue la plus grande partie de sa fortune à sa nièceHortense Mancini et son mari leduc de La Meilleraye, neveu de Richelieu, probablement pour rendre un dernier hommage au grand ministre qui a été« son bienfaiteur ». En outre, Mazarin lègue au souverain des diamants (leSancy et 18 diamants qui portent dès lors son nom, lesMazarins) et laisse des pensions à des gens de lettres,« ce qui était un excellent moyen de faire célébrer sa mémoire »[56].

Compte à rebours[k]
La sacristie de la Sainte-Chapelle de Vincennes avec au fond le buste de Mazarin.
Cénotaphe de Mazarin dans la chapelle ducollège des Quatre-Nations.

À sa mort, Mazarin souhaite être inhumé, comme son prédécesseur lecardinal de Richelieu le fut à laSorbonne, dans la chapelle ducollège des Quatre-Nations. Sa dépouille est déposée dans un caveau provisoire dans la sacristie de laSainte-Chapelle duchâteau de Vincennes (où un buste commémore son ancienne inhumation) avant d'être transportée en grande pompe, le, dans les caveaux qui s'étendent sous la chapelle du collège dont la construction n'est pas encore finie. Le tombeau de Mazarin, destiné à trôner sous la coupole ducollège des Quatre-Nations, est sculpté parAntoine Coysevox, aidé parÉtienne Le Hongre etJean-Baptiste Tuby, et n'est achevé qu'en1693. Dans cette chapelle-mausolée, le sarcophage de marbre noir veiné, soutenu par des consoles, est surmonté d'une statue en marbre blanc représentant le cardinal agenouillé sur un coussin, dans un geste d'offrande de sa personne (la main gauche sur le cœur, la main droite en avant). Mazarin est dans sachape prélatice largement drapée qui recouvre le sarcophage et enveloppe à demi son chapeau cardinalice à glands tandis qu'un angelot funèbre, à califourchon sur la traîne de la grande cape, tient dressé lefaisceau de licteur du blason cardinalice, qui rappelle opportunément le bilan civique de l'action du ministre. Sur les marches en marbre du socle sont assises, accoudées, trois figures féminines de bronze qui sont des allégories deVertus (laPrudence à gauche[l], laPaix au centre[m] et laFidélité[n] à droite)[57].

À laRévolution française en1793, sa tombe est profanée, les cendres du cardinal sont jetées à la voirie et son mausolée détruit comme de nombreux emblèmes de la monarchie.Alexandre Lenoir, conservateur des monuments, récupère le tombeau, le dépose dans l'anciencouvent des Petits-Augustins où il le fait reconstituer. Par la suite, il rejoint lemusée du Louvre jusqu'en1964, date à laquelle il retrouve la chapelle du collège des Quatre Nations. Ce mausolée n'est donc plus qu'un simplecénotaphe[58].

Surnoms de Mazarin

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« Colmardo » - « frère coupe-chou »[o], comme l'appelle familièrementRichelieu, qui use également des surnoms de « Rinzama » (anagramme de Mazarin) ou de « Nunzinicardo » (le cher petit nonce)[59].

L'homme de guerre

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Article connexe :Régiment de Mazarin.

Six régiments duroyaume de France reçoivent la dénomination « régiment de Mazarin », entre1642 et1661[60],[61].

En 1654, après vingt ans de conflit, les armées des belligérants sont épuisées et ont atteint un niveau d'équilibre qui repousse au lointain toute perspective de conclusion rapide. Mazarin explique pourtant au papeInnocentX qu'il faut continuer le combat car les hommes de paix sont d'abord suspendus au résultat des batailles :

« L'autorité suprême dépend chaque jour des bons ou des mauvais succès des armes,[62]. »

Dans sa correspondance, Mazarin exprime régulièrement le fait que la guerre se fait ou qu'elle se continue « vivement », « vigoureusement », « puissamment », « plus fortement que jamais », pour Mazarin, on ne fait pas la guerre à moitié[63].

Mazarin et la guerre

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Article détaillé :Histoire de la France auXVIIe siècle.
Bataille de Lens, qui voit le la victoire de l'armée française sur l'armée espagnole, est la dernière bataille de laGuerre de Trente Ans.

En accédant au pouvoir, lareine-régente et son Premier ministre se trouvent immédiatement confrontés à un état de choses ancien, capital : la guerre[p]. La guerre est à peu près partout enEurope :guerre civile en Angleterre, enEspagne (Portugal et Catalogne), conflits permanents aux confins de l'Empire ottoman[q] ; guerre coupée de trêves, autour de laBaltique, que le roi de SuèdeGustaveII Adolphe, puis le chancelierAxel Oxenstierna, qui gouverne au nom de la jeuneChristine, veut transformer en lac suédois[r].

Pour Richelieu et pour Mazarin, l'adversaire essentiel est l'Espagne[s] encore puissante, dont les territoires enserrent presque le royaume. Pour l'atteindre, il faut entrer dans une série de conflits qu'on appelleguerre de Trente Ans. On discerne en réalité trois conflits qui se sont joints, sinon mêlés[64].

  • Le plus ancien oppose (avec des trêves) le Roi Catholique (d'Espagne) au Très-Chrétien[65] depuis au moinsCharles Quint etFrançoisIer, soit plus d'un siècle. Richelieu le reprend , débarrassé duproblème protestant à l'intérieur, indirectement à partir de1630, directement cinq ans plus tard.
  • Le deuxième oppose depuissoixante-cinq ans (avec une trêve de douze ans, 1609-1621) l'Espagne à la partie septentrionale et protestante de ses anciennesprovinces des Pays-Bas, qui combattent pour obtenir et assurer leur indépendance.
  • Le troisième conflit, intérieur à l'Allemagne, débute enBohême, royaume dont le monarque estMatthiasIer de Habsbourg, autoritaire et champion du catholicisme. Après ladéfenestration de Prague (1618), s'ensuivent des guerres complexes et souvent horribles où sont successivement vaincus l'électeur palatin, puis le roi du Danemark (prince d'Empire par ses duchés deSchleswig etHolstein), tenant quatre années avec les subsides français, puis le roi de SuèdeGustaveII Adolphe, dont la mort prématurée ne compromet les succès de ses armées. Tous ont été puissamment aidés par l'armement hollandais et les subsides puis les soldats français[66].

Après des années très difficiles au début du conflit[t], la situation s'était bien redressée grâce à des sacrifices considérables. Ainsi lamarine hollandaise écrasa la marine espagnole au large deDouvres en 1639 : cette première victoire du jeuneMaarten Tromp interdisait toute liaison maritime entre l'Espagne et les provinces « belges ». Par l'occupation d'une partie de laLorraine et de l'Alsace impériales, les garnisons et les troupes françaises gênaient les liaisons entreFranche-Comté etPays-Bas, et essayaient d'agir de même autour duMilanais et desplaces savoyardes. Et puis,Rocroi était venu, bloquant une nouvelle invasion espagnole par le nord et mettant fin à la réputation d'invincibilité destercios dePhilippeIV[u].

Financer la guerre

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Articles connexes :Surintendant des Finances,Armées françaises sous la monarchie etRégiments français d'Ancien Régime.

On aurait pu penser que, la guerre contre l'Empire terminée, laFronde vaincue, Mazarin rentré, le surintendantCharlesIer de La Vieuville décédé etFouquet, flanqué deServien, lui succédant, des temps moins agités et moins pénibles allaient s'ouvrir pour les difficiles et quasi mystérieusesfinances du royaume de France[67]. Ce serait oublier le poids d'un lourd passé, les dettes énormes, les rancœurs et surtout la continuation d'une guerre[68] contreCondé et l'Espagne, avec tout ce qu'elle impliquait de régiments à solder, à ravitailler, à armer, d'alliés du dehors et de ralliés du dedans à soudoyer grassement, sans compter les déplacements incessants de laCour et les festivités brillantes et interminables qui allaient se multiplier avec la paix espagnole et le mariage du roi[v],[69].

On connait médiocrement le montant total des recettes (une partie restait en province) qui alimentèrent letrésor royal sous le « ministère » de Fouquet[70].Françoise Bayard[71] a avancé pour1653 le chiffre de109 millions delivres[w]. Après avoir quelque peu stagné, les dépenses (donc les recettes en métal) atteignirent leur maximum entre1656 et1659. D'autres recettes arrivaient par des voies normales, celles des officiers de finances[72],receveurs généraux etintendant, qui avaient déjà réglé en partie les dépenses provinciales, civiles et militaires. Le total annuel dut osciller autour de120 millions, baisser quelque peu en1659 et surtout après.

L'accoucheur de l'absolutisme

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Philippe Buache. Carte de France divisée suivant les quatre départements de Messieurs les secrétaires d'État (1746).
Article détaillé :Absolutisme.

« Pour porter les affaires de la France au plus haut point […], une seule chose est nécessaire : que les Français soient pour la France »

— Mazarin[73]

S'il était romain, diplomate pontifical pendant douze ans, il fut aussi le principal ministre de Louis XIII, puis celui d'Anne d'Autriche, pendant dix-huit ans[74].

Pendant la minorité deLouisXIV, c'est le cardinal Mazarin qui affronte le soulèvement de la Fronde : lesCondé attisent la révolte et le peuple parisien s'agite. Le jeune Louis XIV doit subir l'humiliation de la fuite dans la nuit (« la nuit des rois, nuit du au »)[75]. Il gardera toute sa vie un profond ressentiment contre lanoblesse frondeuse. Il fut aussi éduqué par Mazarin dans l'idéologie absolutiste selon laquelle le pouvoir ne se partage pas.Omer Talon, qui fut avocat général auparlement de Paris pendant la Fronde (1648-1652) le considère comme le grand-prêtre d'une religion royale dont il se voulut le plus fidèle serviteur.

Mazarin dut donc affronter une révolution, laFronde, et une brillante opération de communication politique, lesmazarinades, menée contre lui par le cardinal de Retz et le parti aristocratique, avec l'appui des richesbourgeois de Paris. Il en sortit victorieux et grandi, soutenu par la reine, dans un amour d'une fidélité indéfectible et partagée. Il sut conclure simultanément les guerres deTrente Ans etfranco-espagnole. Sans répit, il s'ingénia à recréer la paix civile et la paix européenne, inventant la première architecture politique de l'Europe, avec laFrance pour arbitre, et non comme puissance dominante.

François Bluche etMarcel Le Glay considèrent Mazarin comme le plus grand homme duGrand Siècle[76].

L'arbitre de l'Europe

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Articles connexes :Traité de Münster (),Traité de Münster () etTraité des Pyrénées.
(Entrevue des deux rois sur l'île des Faisans) de Louis XIV et dePhilippeIV (roi d'Espagne) en1659. On distingue la fille dePhilippeIV, future reine de France, derrière lui. ParJacques Laumosnier.

Mazarin n'a pu donner sa mesure en temps de paix car les hostilités ont duré pendant tout son ministère. Quand il arrive au pouvoir, leSaint-Empire romain germanique, lesProvinces-Unies, leduché de Milan, laCatalogne Nord, lePortugal servent déjà de champ de bataille.

Lui-même ouvre un nouveau front sur les rives dugrand-duché de Toscane et se voit contraint d'intervenir àNaples[x], obligeant ainsi les Espagnols à disperser leurs forces. De longues opérations, coûteuses en hommes et en armement, sont engagées en vue de conquérir des positions stratégiques.

Les grandes victoires qui jalonnent la régence[77] (bataille de Rocroi1643,bataille de Fribourg1644,bataille d'Alerheim1645,bataille de Lens1648) portent des coups décisifs à l'empereurFerdinandIII de Habsbourg qui se résigne à la paix(traité de Münster ()). Mais la France, affaiblie par laFronde, doit poursuivre la lutte contre l'Espagne. Elle ne parvient pas à terminer un conflit qui s'éternise. Bien que l'ennemi soit épuisé lui aussi, elle doit recourir à l'alliance anglaise[78]. Labataille des Dunes (1658) permet enfin d'ouvrir les négociations de l'Île des Faisans[y]. Dans ces succès militaires, Mazarin a une large part, et a poursuivi la guerre malgré la lassitude des populations et un fort courant pacifiste. Il a veillé journellement au sort des armées. En inspirant de très près l'action dusecrétaire d'ÉtatMichel Le Tellier, en dressant des plans de campagne, en choisissant les généraux, en stimulant les chefs de guerre, il a été l'âme du combat.

Relations avec Anne d'Autriche et correspondances secrètes

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Le conseil de conscience, toile deJean-François de Troy représentantVincent de Paul lisant devant le cardinal Jules Mazarin,Pierre Séguier, la reineAnne d'Autriche etLouisXIV.

Les historiens s'interrogent sur la nature exacte des relations de Mazarin et d'Anne d'Autriche. Des lettres échangées depuis son premier exil, utilisant des codes, sont parfois très sentimentales, bien que ce soit le style de l'époque d'écrire avec beaucoup d'emphase[79],[80],[81],[82].

« Au pis aller, vous n'avez qu'à rejeter la faute du retardement sur 15 (qui signifie Anne), qui est… (illisible) (signe pour Anne) (signe pour Mazarin) jusques au dernier soupir. L'enfant vous mandera toutes choses. Adieu, je n'en puis plus. (signe pour Mazarin) lui sait bien de quoi. »

Leur relation fut en tous cas très étroite. Elle a sans doute été renforcée par leur isolement politique lors de la Fronde. La question de savoir si Mazarin etAnne d'Autriche s'aimèrent est controversée. Certains ont analysé leur correspondance de sorte qu'ils ont cru pouvoir y déceler une liaison[83] (voire unmariage secret), qui reste hypothétique, entre l'homme d'Église et la reine mère.

De nombreux amants ont été attribués àAnne d'Autriche (voirici). Leduc de La Rochefoucauld disait, pendant la Fronde, que Mazarin rappelait sûrement à la reine leduc de Buckingham. Son éventuelle paternité de Louis XIV, comme des historiens l'ont avancée, est aujourd'hui démentie par l'analyse génétique[84],[85].

Correspondance

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Les lettres de la reine sont perdues (la série de 11 lettres autographes qui a subsisté commence en 1653), mais on peut juger de leur ton par celui qu'employait Mazarin.

Lettres à la reine du :

« Mon Dieu, que je serais heureux et vous satisfaite si vous pouviez voir mon cœur, ou si je pouvais vous écrire ce qu'il en est, et seulement la moitié des choses que je me suis proposé. Vous n'auriez pas grand-peine, en ce cas, à tomber d'accord que jamais il n'y a eu une amitié approchante à celle que j'ai pour vous. Je vous avoue que je ne me fusse pu imaginer qu'elle allât jusqu'à m'ôter toute sorte de contentement lorsque j'emploie le temps à autre chose qu'à songer à vous : mais cela est, à tel point qu'il me serait impossible d'agir en quoi qui en pût être, si je ne croyais d'en devoir user ainsi pour votre service.

Je voudrais aussi vous pouvoir exprimer la haine que j'ai contre ces indiscrets qui travaillent sans relâche pour faire que vous m'oubliez et empêcher que nous ne nous voyions plus […] La peine qu'ils nous donnent ne sert qu'à échauffer l'amitié qui ne peut jamais finir.

Je crois la vôtre à toute épreuve et telle que vous me dîtes ; mais j'ai meilleure opinion de la mienne, car elle me reproche à tout moment que je ne vous en donne pas assez de belles marques et me fait penser à des choses étranges pour cela et à des moyens hardis et hors du commun pour vous revoir […] Si mon malheur ne reçoit bientôt quelque remède je ne réponds pas d'être sage jusqu'au bout, car cette grande prudence ne s'accorde pas avec une passion telle qu'est la mienne […]

Ah ! que je suis injuste quand je dis que votre affection n'est pas comparable à la mienne ! Je vous en demande pardon et je proteste que vous faites plus pour moi en un moment que je ne saurais faire en cent ans : et si vous saviez à quel point me touchent les choses que vous m'écrivez, vous en retrancheriez quelqu'une par pitié, car je suis inconsolable de recevoir des marques si obligeantes d'une amitié si tendre et constante, et d'être éloigné.

Je songe quelquefois s'il ne serait pas mieux pour mon repos que vous ne m'écrivissiez pas, ou que, le faisant, ce fût froidement ; que vous dissiez […] que j'ai été bien fou à croire ce que vous m'avez mandé de votre amitié, et enfin que vous ne vous souvenez plus de moi comme si je n'étais au monde. Il me semble qu'un tel procédé, glorieux comme je suis, me guérirait de tant de peines et de l'inquiétude que je souffre et adoucirait le déplaisir de mon éloignement. Mais gardez-vous bien d'en user ainsi ! Je prie Dieu de m'envoyer la mort plutôt qu'un semblable malheur, qui me le donnerait mille fois le jour : et si je ne suis pas capable de recevoir tant de grâces, il est toujours plus agréable de mourir de joie que de douleur[86]. »

La constance de la reine

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Anne d'Autriche peinte parRubens en 1625.

La première lettre autographe connue de la reine à Mazarin n'est pas datée, mais elle est antérieure à celle du, qui suivra[87] :

« Ce dimanche au soir

Ce porteur m'ayant assuré qu'il ira fort sûrement, je me suis résolue de vous envoyer ces papiers et vous dire que, pour votre retour, que vous me remettez, je n'ai garde de vous en rien mander, puisque vous savez bien que le service du roi m'est bien plus cher que ma propre satisfaction ; mais je ne puis m'empêcher de vous dire que je crois que, quand l'on a de l'amitié, la vue de ceux que l'on aime n'est pas désagréable, quand ce ne serait que pour quelques heures. J'ai bien peur que l'amitié de l'armée ne soit plus grande que toutes les autres. Tout cela ne m'empêchera pas de vous prier d'embrasser de ma part notre ancien ami et de croire que je serai toujours telle que je dois, quoi qu'il arrive[z]. »

Le, Mazarin n'étant pas encore revenu, Anne lui écrit :

« Je ne sais plus quand je dois attendre votre retour, puisqu'il se présente tous les jours des obstacles pour l'empêcher. Tout ce que je vous puis dire est que je m'en ennuie fort et supporte ce retardement avec beaucoup d'impatience, et si 16 [Mazarin] savait tout ce que 15 [elle] souffre sur ce sujet, je suis assurée qu'il en serait touché. Je le suis si fort en ce moment que je n'ai pas la force d'écrire longtemps ni ne sais pas trop bien ce que je dis. J'ai reçu de vos lettres tous les jours presque, et sans cela je ne sais ce qui arrivera. Continuez à m'en écrire aussi souvent puisque vous me donnez du soulagement en l'état où je suis. J'ai fait ce que vous m'avez mandé touchant [signes indéchiffrables] […]. Au pis aller, vous n'aurez qu'à rejeter la faute du retardement sur 15 [elle], qui est un million de fois ǂ et jusques au dernier soupir. L'EnfantOndedei vous mandera toutes choses. Adieu, je n'en puis plus et lui [Mazarin] sait bien de quoi. »

Deux jours plus tard, le, Anne écrit encore à Mazarin. Elle a reçu de lui quelques reproches voilés pour avoir, sur l'instance deMolé[88], annulé une mesure de bannissement à l'encontre de quatre mauvais esprits du Parlement. Aussi s'excuse-t-elle en ces termes :

« Votre lettre, que j'ai reçue du 24, m'a mis bien en peine, puisque 15 [elle] a fait une chose que vous ne souhaitiez pas… [Suivent de longues explications, après lesquelles la reine conclut :] Voilà comme l'affaire s'est passée véritablement et, si elle vous a déplu, vous pouvez croire que ce n'a pas été nullement à ce dessein-là, puisque 15 [elle] n'a ni n'est capable d'en avoir d'autres que ceux de plaire à 16 [lui] et lui témoigner qu'il n'y a rien au monde pareil à l'amitié que 22 [elle] a pour 16, et 15 [elle] ne sera point en repos qu'il ne sache que 16 n'a pas trouvé mauvais ce qu'il a fait, puisque non seulement, en effet, il ne voudrait pas lui déplaire, même seulement de la pensée, qui n'est employée guère à autre chose qu'à songer à la chose du monde qui est la plus chère à * qui est *. J'en dirais davantage si je ne craignais de vous importuner par une si longue lettre et, quoique je sois bien aise de vous écrire, je m'ennuie si fort que cela dure que je voudrais fort vous entretenir autrement. Je ne dis rien là-dessus, car j'aurais peur de ne pas parler trop raisonnablement sur ce sujet[89]. »

Héritage et postérité

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Articles connexes :Traités de Westphalie etGuerre de Trente Ans.
Carte simplifiée de l'Europe après la paix de Westphalie en 1648.

Au terme de sa vie, Mazarin avait rempli les principaux objectifs politiques qu'il s'était fixés pour la France[90] :

  • Apporter une paix stable à l'Europe dont la France serait l'arbitre ;
  • Mettre un terme définitif aux révoltes nobiliaires, affirmer l'autorité royale au détriment des Grands du Royaume ;
  • Soumettre le clergé.

À ces différentes victoires, il est nécessaire d'ajouter la réussite de l'éducation du jeune Louis XIV, ce dont ce dernier, manifestement admiratif des talents du Cardinal, fut toujours reconnaissant. À la mort de Mazarin, le futur Roi Soleil trouvait entièrement dégagée la voie de l'absolutisme monarchique[91].

Outre l'héritage politique, le cardinal Mazarin a laissé une fortune estimée à 35 millions de livres, dont 8 millions en espèces (soit l'équivalent de l'encaisse de labanque d'Amsterdam, banque la plus importante du monde à l'époque ou l'équivalent de la moitié dubudget annuel du Royaume). Ayant tout perdu pendant laFronde, il avait donc accumulé ces richesses entre1652 et sa mort, soit en moins de dix années. Il s'était fait attribuer par la reine-régente des charges civiles et ecclésiastiques (voir la liste impressionnantep. 50-51 duLa Fronde deHubert Méthivier, PUF, 1984), avait spéculé sur les fonds d'État, joué sur la valeur des monnaies et leur retrait (ce qui causa par exemple en 1659 la révolte des « sabotiers » deSologne, paysans misérables soulevés contre le retrait desliards, lesquels constituaient leurs maigres réserves monétaires), s'était enrichi par l'entremise d'hommes de paille sur les fournitures aux armées[92]… Sous l'Ancien Régime, aucun héritage n'atteignit ce niveau, les plus élevés étant ceux ducardinal de Richelieu (16 millions nets) et deCharles Gonzague (5,5 millions en 1637). Pour éviter que ne soit fait un inventaire de ses biens, et donc de ses agissements, il légua tout au roi, qui hésita trois jours avant d'accepter, puis, l'ayant fait, laissa ces biens à ses héritiers, manœuvre classique en ces temps pour éviter les recherches de justice[93]. Sa rapacité était telle qu'il songea même, lui qui ne fut jamais ordonné prêtre, à devenir archevêque d'un des riches territoires nouvellement conquis, mais le pape s'opposa à un zèle si intéressé.

Vers l'apogée

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Condé parti, les autresGrands exilés ou soumis, leParlement de Paris apparemment assagi,Paris heureux d'être en paix, de se nourrir mieux et de travailler plus, le roi, la reine-mère et le cardinal ne manquaient pourtant pas de préoccupations. La principale était de terminer l'interminable guerre, de trouver inlassablement lesdeniers nécessaires à la victoire, mais aussi de maîtriser les hostilités rampantes. Pour le premier point, Mazarin pouvait compter surTurenne et sur l'éclat donné par la présence dujeune roi à l'armée[94]. Pour l'argent,Fouquet allait opérer le miracle de réaliser l'improbable ; pour la paix intérieure, chacun allait s'en occuper. Restait à former ce roi entré dans sa quinzième année : sa mère et surtout son parrain allaient y consacrer leur temps, leur intelligence et leur amour, maternel d'un côté, très attentif de l'autre[95].

Cet ensemble d'efforts que vont couronner la victoire, les traités[96], le mariage espagnol[97] et déjà une sorte de prééminence européenne donne aux dernières années de ce triumvirat un éclat et une couleur d'apogée qui n'ont pas été souvent soulignés, tout obnubilés qu'étaient les historiens par la « prise de pouvoir » tant célébrée, qui les empêchait de voir la continuité sous l'éclatante « révolution »[98] du[aa].

L'œuvre de Mazarin

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Articles connexes :Littérature française duXVIIe siècle etXVIIe siècle en France.
 : mort de Mazarin, toile dePaul Delaroche.

Mazarin s'éteint le. Il laisse à son filleul,LouisXIV, impatient de régner seul, un royaume sensiblement agrandi. Il a parachevé l'œuvre deRichelieu. Son image a été brouillée par tant demazarinades et par les questions que pose sa considérable fortune (comme Richelieu) accumulée dans l'exercice du pouvoir. Il a pourtant, en18 ans de pouvoir, tenu tête auxHabsbourg, résisté aux ambitions desfrondeurs, préparé le roi à son « métier », constitué autour de lui leConseil d'en haut, qui restera inchangé (Fouquet mis à part, qui tombe en disgrâce en1661) pendant une grande partie du règne de Louis XIV. La longévité de son exercice lui a permis de finir avec succès la grande guerre espagnole, de reconstruire les provinces éprouvées par les guerres, et participe à forger l'État moderne.

Les dix-huit ans du ministère de Mazarin sont marqués par deux faits majeurs : la mise au pas définitive d'une noblesse frondeuse, qui a mis à mal le pouvoir royal et compromis le développement de la monarchie administrative pendant la Fronde, et la poursuite tenace de la guerre contre les Habsbourg. Les traités et les alliances négociés avec Mazarin (paix de Westphalie,ligue du Rhin,paix des Pyrénées etpaix du Nord) créent un nouvel équilibre en Europe, propice à l'épanouissement de la prépondérance française[99].

Les Frondes

La Fronde et la Fronde parlementaire (1648-1649)[100] étaient tombées assez vite de l'horreur à la résignation, de la folie à la raison, au milieu de ruines matérielles et morales bien difficiles à relever. Elles finissaient mal ou pauvrement, sans dignités, si elles en eurent jamais[ab].
Il restait au roi à pardonner aux uns, à condamner les autres, à exiler les moins coupables et a permettre à sonParlement de rentrer àParis« sans prendre à l'avenir aucune connaissance des affaires de l'État et des finances ». Naturellement, à peu près tout ce que celui-ci avait décidé naguère était annulé.
Une victoire royale, certes, mais sur qui ou sur quoi ? Sur le désordres ? les illusions ? les ambitions ? le passé ? Mais d'abord, outre ce facteur d'unité que lui confère la haine maladive de Mazarin, que fut vraiment cette Fronde, ce temps de la Fronde, que celui qu'elle visait sut, malgré des erreurs, soupeser, contourner, mépriser et finalement dominer et vaincre, avec une fureur dans le travail et une souplesse dans l'intelligence dont on trouverait difficilement l'équivalent[101].

Réorganisation du pouvoir

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Rentrée à Paris[102] entre octobre et février et triomphalement fêtée[ac], par ceux-là mêmes qui l'avaient contraint à partir[ad] dut reconstruire un gouvernement et une haute administration que la Fronde avait bouleversés et dont la majorité du roi[103],[104] avait juridiquement transformé la substance.

LeConseil du roi, qui s'était « dispersé » dans un fluctuant et trop abondantConseil de Régence, retrouvait et prenait déjà les contours qu'il garda, après mars. En droit, le roi le présidait (même en son absence), et le Chancelier en son absence physique. En fait, si on laisse de côté leConseil de Conscience – réduit à Mazarin seul, parfois assisté de la reine et d'un évêque (M. Vincent, suspect pendant la Fronde, avait été poliment oublié) – ce Conseil juridiquement « un » fonctionnait habituellement à trois étages :

Au sein duConseil d'en haut[ae] outre la reine et le roi (vers sa quinzième année), Mazarin avait désigné des hommes sûrs et compétents :

Beau rassemblement de capacités queLouisXIV conserva tel quel (sauf Fouquet) et reconduisit en leur descendance[107]. On note qu'il n'est pas question deJean-Baptiste Colbert, alors simple chargé d'affaires dans la maison Mazarin, comme son intendant personnel. La besogne ne manquait pas : non seulement légiférer, mais surtout faire appliquer édits, déclarations et arrêts du Conseil, notamment financiers.

Le collectionneur et les arts

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Jules Mazarin et labibliothèque Mazarinev. 1659, parRobert Nanteuil[ag].

Mazarin n'a pas été à proprement parler unmécène. S'il a donné une impulsion aux arts (spécialement dans le domaine musical afin de révéler au public français le style vocal en honneur en Italie), il l'a fait au nom du roi, désirant ne pas encourir le reproche de se substituer à son maître. Mais il a été uncollectionneur passionné, par nécessité, pour meubler ses palais ; par goût du faste, pour rassembler des objets précieux et rares ; par jeu, pour se procurer de belles pièces« au moindre prix »[108]. Des correspondants de tous les pays lui ont signalé les achats intéressants. Il a envoyé des hommes de confiance lorsque les acquisitions en valaient la peine[109]. L'Italie,Rome en particulier, lui a fourni des caisses entières de meubles, antiques et tableaux. Surtout il a été le premier en France à posséder autant de « chinoiseries », c'est-à-dire des curiosités importées par laHollande de l'Extrême-Orient (Céleste Empire ouJapon). Amasseur encore plus qu'amateur, séduit trop souvent par la« belle apparence » plutôt que par la qualité, Mazarin a néanmoins joué un rôle important, quoique difficilement décelable, dans l'histoire de l'art par l'influence qu'il a exercée sur la formation des goûts de Louis XIV.

L'un de ses grands fournisseurs fut le marchand-orfèvreFrançois Lescot, qu'il recommanda au roi[110].

Le « Baroque » mazarinesque

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Article connexe :Baroque#En France.

Mazarin avait été élevé dans laRome pontificale, en pleine période d'exaltation et detriomphalisme catholique, alors que se construisaient ou se restauraient églises et palais, dans un style sévère et riant, joyeux, presque échevelé, deux aspects de ce qu'il est convenu d'appeler « Baroque »[111]. Mazarin fut l'exact contemporain deBorromini et duBernin ainsi que des peintres que furentLe Guerchin etPierre de Cortone et deCavalli, créateur de l'opéra italien, et même deCarissimi, le maître de l'oratorio. Grandi, mûri charmé par cette atmosphère de renouveau, il ne pourra que désirer la transporter avec lui[ah]. L'époque mazarine — quel autre nom donner à ces deux décennies centrales duXVIIe siècle ? — est rigoureusement contemporaine de son essor, et le cardinal y contribua grandement.

De 1643 à 1646, il achète des terrains et fait construire un hôtel particulier, lepalais Mazarin, en utilisant comme prête-nom l'intendant Jacques Tubeuf pour ne pas être accusé, en ces temps de forte pression fiscale de la part d'un État endetté, de dépenses excessives[112]. Grand collectionneur de tableaux (notamment certains du roiCharlesIer (roi d'Angleterre), meubles, tapisseries, vases, livres et antiquités, cet esthète en soutane met en valeur ses collections dans les deux galeries hautes et basse de son palais (appelées aujourd'hui « galerie Mansart » et « galerie Mazarine »). Il fut le protecteur de l'Académie royale de peinture et de sculpture fondée en 1648[113]. À sa mort, son secrétaireColbert acquiert en1665 les antiques les plus belles pour Louis XIV. Le reste de la collection est partiellement dispersé et saisi à la Révolution pour lemusée du Louvre[114].

Musique d'Italie

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Article détaillé :Musique baroque française.

À partir deFrançoisIer, la venue en France de musiciens italiens, d'abord peu nombreux, va s'accélérer avec le choix d'une Florentine,Catherine de Médicis épouse deHenriII. Des voyages qui ne fonctionnaient pas à sens unique, la circulation des princesses d'une cour à l'autre, par mariage, s'accompagnaient volontiers d'une circulation parallèle de leurs chanteurs, de leurs violons, et d'autres. En France, les trois grandes vagues, comme la mode de l'italianisme, ont suivi lesdeux reines Médicis, puis Mazarin : celui-ci était un ardent mélomane, formé chez lesColonna et plus encore chez lesBarberini.

Ballets d'invention deGiovan Battista Balbi, gravures de Valerio Spada (Bruxelles 1649)[115].

Du temps de Catherine, les violonistes milanais concoururent à constituer la « bande » des24 violons du roi, sous l'égide deBalthazar de Beaujoyeulx ; ils développèrent aussi un style français et furent les initiateurs duballet de cour, qui connut durant un bon siècle un tel prestige[ai]. Avec Marie de Médicis, l'influence s'accentue ; le chant italien, amorce de l'opéra, est introduit par le fameuxGiulio Caccini, sa filleFrancesca, la non moins célèbre « Cecchina »[116], qui influèrent sur la traditions française.Philippe Beaussant, insiste particulièrement sur la troisième vague, la plus éclatante, la plus puissante[117] — chapitre qu'a contéHenry Prunières. Elle doit tout à Mazarin, mais fut très bien accueillie par lareine.

Il soutint passionnément la plus célèbre cantatrice du temps,Leonora Baroni, qu'il invita àParis où elle séduisit littéralementla reine qui ne cessait de l'entendre et la couvrait de cadeaux. Amoureux des arts, il introduisit l'opéra italien en France, invitant le chorégrapheGiovan Battista Balbi, le machinisteGiacomo Torelli ou le compositeurFrancesco Cavalli[118].

Collège et bibliothèque

Par testament, Mazarin fit réaliser lecollège des Quatre-Nations[119] (devenu l'Institut de France), ainsi qu'en atteste l'inscription sur la façade du bâtiment« JUL. MAZARIN S.R.E CARD BASILICAM ET GYMNAS F.C.A M.D.C.LXI », qui signifie« Jules Mazarin, cardinal de la sainte église romaine catholique, a ordonné de construire cette église et ce collège en 1661 ». L'acquisition, en, de labibliothèque du chanoine Descordes[120] constitue l'acte fondateur de celle-ci : labibliothèque Mazarine, issue de la bibliothèque personnelle du cardinal.

Dynastie

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La richesse du cardinal Mazarin et sa volonté de se lier à la haute aristocratie créèrent une dynastie. Ses deux sœurs non religieusesLaura Margherita etGeronima Mazzarini lui donnèrent une dizaine de neveux et nièces qu'il fit accéder aux situations les plus hautes en leur octroyant des postes (comme celui de lieutenant-capitaine deschevau-légers du roi pour son neveuPaul Jules Mancini) ou en favorisant des mariages avantageux pour ses nièces (moyen pour les Grands de bénéficier des grâces royales) surnommées « Mazarinettes » ou « Manchines » par les gens de la Cour surpris par leur teint mat[121].

Les sœurs Olympe, Marie,Hortense etMarie Anne Mancini furent célèbres pour leur beauté, leur esprit et leurs amours libérées.

Leur frèrePhilippe, duc de Nevers, épousa Diane de Thianges, nièce deMadame de Montespan ; ils furent les grands-parents de l'académicienLouis-Jules Mancini-Mazarini et également des ancêtres des actuelsGrimaldi.

Pour avoir conté les amours des nièces avec Louis XIV,Abraham de Wicquefort s'est retrouvé embastillé.

Blasonnement

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Blason Jules Mazarini
Blason.

Armes du cardinal Mazarin :

D'azur au faisceau de licteur d'or lié d'argent, la hache du même, à la faces de gueules brochant sur le tout chargée de trois étoiles d'or.

Le cardinal choisit comme pièce principale de son blason lefaisceau de licteur, un signe de romanité (emblème duSénat romain) qui permet de le rattacher aux grandes figures de l'Antiquité[122].

Portraits

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Jean-François Paul de Gondi, coadjuteur de Paris, puis cardinal de Retz, 1651.

Lecardinal de Retz, ennemi bien connu de Mazarin, dresse de lui dans sesmémoires[123] un portrait subjectif :

« Sa naissance était basse et son enfance honteuse. Au sortir du Colisée, il apprit à piper, ce qui lui attira des coups de bâtons d'un orfèvre de Rome appelé Moreto. Il fut capitaine d'infanterie enValteline ; et Bagni, qui était son général, m'a dit qu'il ne passa dans sa guerre, qui ne fut que de trois mois, que pour un escroc. Il eut la nonciature extraordinaire en France, par la faveur ducardinal Antoine Barberini, qui ne s'acquérait pas, en ce temps-là, par de bons moyens. Il plut àChavigny par ses contes libertins d'Italie, et par Chavigny à Richelieu, qui le fit cardinal, par le même esprit, à ce que l'on a cru, qui obligeaAuguste à laisser àTibère la succession de l'Empire. La pourpre ne l'empêcha pas de demeurer valet sous Richelieu. La Reine l'ayant choisi faute d'autre, ce qui est vrai quoi qu'on en dise, il parut d'abord l'original deTrivelino Principe. La fortune l'ayant ébloui et tous les autres, il s'érigea et on l'érigea en Richelieu ; mais il n'en eut que l'impudence de l'imitation. Il se fit de la honte de tout ce que l'autre s'était fait de l'honneur. Il se moqua de la religion. Il promit tout, parce qu'il ne voulut rien tenir. Il ne fut ni doux ni cruel, parce qu'il ne se ressouvenait ni des bienfaits ni des injures. Il s'aimait trop, ce qui est le naturel des âmes lâches ; il se craignait trop peu, ce qui est le caractère de ceux qui n'ont pas de soin de leur réputation. Il prévoyait assez bien le mal, parce qu'il avait souvent peur ; mais il n'y remédiait pas à proportion, parce qu'il n'avait pas tant de prudence que de peur. Il avait de l'esprit, de l'insinuation, de l'enjouement, des manières ; mais le vilain cœur paraissait toujours au travers, et au point que ces qualités eurent, dans l'adversité, tout l'air du ridicule, et ne perdirent pas, dans la plus grande prospérité, celui de fourberie. Il porta le filoutage dans le ministère, ce qui n'est jamais arrivé qu'à lui ; et ce filoutage faisait que le ministère, même heureux et absolu, ne lui seyait pas bien, et que le mépris s'y glissa, qui est la maladie la plus dangereuse d'un État, et dont la contagion se répand le plus aisément et le plus promptement du chef dans les membres. »

Gondi est aussi proche duparti dévot opposé à la lutte jugée fratricide des deux royautéscatholiques, la France et l'Espagne. Il se montre dans les rues de Paris, à cheval, en habits gris, des pistolets à l'arçon de sa selle.

Le peuple chante des louanges à son égard en faisant référence au combat entreDavid (Gondi) etGoliath (le coupleAnne d'Autriche et Mazarin)[124] :

Monsieur notre coadjuteur
Vend sa crosse pour une fronde
Il est vaillant et bon pasteur,
Monsieur notre coadjuteur

Sachant qu'autrefois un frondeur
Devint le plus grand roi du monde,
Monsieur notre coadjuteur
Vend sa crosse pour une fronde

Le, leMusée du Louvre préemptait àParis chezChristie's un portrait inédit de Mazarin, dessiné parSimon Vouet. Pour206 000 euros, cette feuille vient de rejoindre le département desarts graphiques du musée[125],[126].

Maison de Mazarin à Pescina, Italie

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Maison du cardinal Mazarin.

La maison originale de Mazarin àPescina était en forme de château, mais elle a été complètement détruite par un tremblement de terre en1915. La nouvelle maison a été reconstruite en respectant le style architectural d'origine, mais a quelques différences. Le musée contient des souvenirs et manuscrits du cardinal, et abrite une collection privée d'art baroque.

Œuvre littéraire

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Dans les arts et la culture populaire

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Littérature

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Roman

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  • Alexandre Dumas le met en scène dansVingt ans après. D'Artagnan ainsi que Porthos deviennent ses créatures. Athos et Aramis se glissent du côté des princes, opposés au cardinal. Dumas le présente comme amant d'Anne d'Autriche.
  • Dumas le remet en scène dansLe Vicomte de Bragelonne, où l'on assiste à sa fin dans le premier tiers du livre.

Théâtre

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Filmographie

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Cinéma

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Télévision

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Documentaire
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Feuilleton
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Téléfilm
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Série
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  • 1966 : William Dexter dansThe Three Musketeers de Peter Hammond et William Sterling.
  • 1977 : Sergio Nicolai dansD'Artagnan amoureux.
  • 2005 : Michael Ironside dansYoung Blades.

Notes et références

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Notes

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  1. Nom de famille dont il francisa peu à peu l'écriture en Mazarin, même s'il signe encore Mazarini,« à l'italienne », à la fin de sa vie au bas dutraité des Pyrénées.
  2. Alors sous domination espagnole.
  3. L'année précédente, la sœur aînée de Mazarin, alors âgée de quelques mois, avait succombé aux chaleurs estivales.
  4. Naître coiffé, c'est naître sans que l'amnios ne se soit rompu, une partie du placenta restant sur la tête.
  5. « À Saint-Germain, le, Louis XIII donne audience à l'ambassadeur de Venise Giustiniani, et lui confirme qu'il entend poursuivre la politique du défunt cardinal avec Mazarin, ce dernier étant le mieux informé des objectifs et des principes de Richelieu pour la recherche de la paix. ».Françoise Hildesheimer,La double mort du roi Louis XIII,chap. 4, L'Éminence seconde,p. 577. (version électronique).Richelieu et l'entrée de Mazarin au Conseil (Paris,). Archive nationale X1B 8853. Transcrite dans les registres du parlement de Paris : Arch. nat., X1A 8387.9 ().
  6. Le Roi ne tergiversa pas : quatre jours après la mort de Richelieu, dans une audience privée, il déclarait, selon l'ambassadeur vénitien Giustiniani, fidèle « reporter » :« Je veux que les choses restent comme elles sont, sans les modifier. Je veux me servir des mêmes ministres, et comme le cardinal Mazarin est plus que tout autre au courant des projets et des maximes du susdit cardinal, j'ai voulu l'agréger à mon conseil. »Pierre Chevallier (historien),Louis XIII, Roi cornélien, Fayard, 1979,p. 631(ISBN 978-2-2130-0723-6)
  7. Ce qui inclut la plupart des mémorialistes.
  8. On peut suivre, sous la plume caustique deGuy Patin, les bulletins de santé du cardinal dont il parsème ses lettres à ses confrères de province. Elles ont le mérite d'apporter des précisions techniques, puisque l'auteur est le doyen de la Faculté de médecine.
  9. C'est de son balcon que la reine-mère, Mazarin et Turenne assistent, le, date de l'inauguration, à l'entrée dans Paris de Louis XIV et de Marie Thérèse pour fêter leur mariage.
  10. Claude Dulong en a dénombré48 pour la seule journée du — encore certaines ont-elles pu se perdre !
  11. À l'automne de 1660, les médecins jugent le cardinal condamné. Il se délabre de partout. « Touts ces symptômes arthritiques, pneumatiques, coliques, néphrétiques et hémorroïdaux, expliqueGuy Patin, ne sont autre chose que des épanchements. »
  12. Elle tient de sa main droite un miroir entouré par un serpent, de sa main gauche une rame et pose son pied sur le globe du monde.
  13. Assise sur un trophée d'armes avec un bouclier à ses pieds, elle porte une couronnée d'olivier. Elle renverse de la main droite une torche enflammée et tient de la main gauche unecorne d'abondance.
  14. Allégorie symbolisée par le chien qui se blottit dans sa robe, elle a la tête à demi voilée. Sa main droite retient un bouclier aux fleurs de lys et sa main gauche porte la couronne royale.
  15. Richelieu appelait Mazarin son frère coupe-choux. Vous saurez parM. de Sevigni que, si nous n'eussions envoyé la montre d'ici, l'armée d'Italie était perdue ; à cela je vous dirai que la présence du cardinal de Richelieu et de son frère coupechou (sic) Mazarin n'ont pas été inutiles, Richelieu, Lett. etc. 1642,t. VII,p. 119.
  16. Les débuts de la « guerre ouverte » ne sont pas brillants pour la France. 1635 voit la débandade de son armée qui accuse les faiblesses dues à son inorganisation et son impréparation. 1636 est l'année dramatique de la double invasion du territoire par les Espagnoles qui s'ouvrent la route de Paris àCorbie et des impériaux qui échouent devantSaint-Jean-de-Losne.Françoise Hildesheimer.Du Siècle d'or au Grand Siècle,p. 38.
  17. Rappelons qu'il avoisinait la Russie, la Pologne, l'Autriche et les territoires vénitiens.
  18. Ce dernier conflit occupant Mazarin après Richelieu, puisque la Suède était alors alliée.
  19. Grande puissance européenne et mondiale (XVIe siècle-début duXVIIe siècle).
  20. Les ennemis avaient menacé en 1636, Dijon et Paris, suscitant une panique momentanée.
  21. Tout cela était heureux, mais non décisif, d'autant que le nouveau règne et la nouvelle régence étaient généralement interprétés comme un virtuel affaiblissement du royaume de France.
  22. Dans ce dernier cas, villes et provinces étaient appelées à participer au financement des fêtes, cavalcades et festins et n'y manquaient guère.
  23. Correspondant à plus de800 tonnes d'argent et près de60 d'or.
  24. Naples passe en héritage àCharles Quint.
  25. Négociations du traité des Pyrénées entre le et le.
  26. Sur ce signe et les autres, voirnote ci-contre « L'S fermé… ».
  27. Le lendemain de la mort de Mazarin, le roi réunit ses ministres et déclare qu'il n'aura plus désormais de Premier Ministre.
  28. Histoire de la presse écrite en France#Les mazarinades, ancêtres du journalisme d'opinion.
  29. , retour de Mazarin à Paris.
  30. Le conseiller Videau qui traita Mazarin de « plus grande ordure du siècle », fut le premier à le haranguer avec honneur !, la triade – queGuy Patin appelait « Trinité » – dut reconstituer un gouvernement.
  31. Conseil d'en haut, premier étage des palais royaux
  32. Homme rude, méthodique, inflexible, qui sut dresser son filsFrançois Michel Le Tellier de Louvois pour lui succéder.
  33. Cette gravure permet de voir les collections du cardinal dans la « galerie Mazarine » : bustes en porphyre, cabinets en bois précieux, tableaux dont leDavid avec la tête de Goliath deGuido Reni (1605).
  34. [Le baroque] –Jean Delumeau, dans un premier temps historien de Rome, la amené à le concevoir comme « une synthèse de la beauté, de l'eau et de la mort, et une conscience aiguë de la fuite du temps », avec « une large place faite à l'illusion, aux espaces artificiellement dilatés, aux décors irréels ». Jean Delumeau,L'Italie, de Botticelli à Bonaparte,p. 225. (Bibliographie).
  35. Il connaît son apogée sousLouisXIV, qui en fait progressivement un outil de propagande politique, avec l'aide de Mazarin, mettant en évidence la puissance de la France et de son monarque.

Références

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  1. Sa nomination n'a pas été reconnue par le pape qui déclara Henri de Bourbon démissionnaire en 1659 (Jean Julg,Les évêques dans l'histoire de la Francep. 264, 2004(ISBN 2-7403-1135-4)).
  2. Bertière 2007,p. 23.
  3. Bertière 2007,p. 25.
  4. Anne-MarieCabrini,Mazarin : Aventure et politique, FeniXX réédition numérique,, 236 p.(ISBN 978-2-307-21120-4,lire en ligne)
  5. Dethan 1981,p. 28.
  6. Bertière 2007,p. 26.
  7. Bertière 2007,p. 27.
  8. Base généalogique Roglo, « Pietro Mazarino », surroglo.eu(consulté le).
  9. Étienne Pattou, Racines & Histoire, « Familles Mazarin & Mancini »[PDF], surracineshistoire.free.fr(consulté le),p. 2 et suiv..
  10. La Jeunesse de Mazarin,chap. 1 etchap. 2[1], Wikisource, deVictor Cousin (consulté le).
  11. Bertière 2007,p. 34.
  12. « Pace ! Pace ! » Surgissant monté sur un âne et brandissant selon certains un crucifix dans une main et une liasse de feuillets dans l'autre, un jeune représentant du Pape Urbain VIII s'élance en ce 26 octobre 1630 entre l'armée de Louis XIII et les troupes espagnoles.
  13. a etbMadeleine Laurain-Portemer, « Les statuts de Mazarin dans l'Église : Aperçus sur le haut clergé de la Contre-Réforme »,Bibliothèque de l'école des chartes,vol. 127,no 2,‎,p. 381-382(ISSN 0373-6237,DOI 10.3406/bec.1969.449836,lire en ligne, consulté le).
  14. Quand un Italien gouvernait la France.
  15. Michel Carmona,Richelieu,chap.  La Valteline, Fayard, 1983,p. 387-388.
  16. Roger Devos,La Savoie de la Réforme à la Révolution française, édit. Ouest-France, 1985, 566 p.(ISBN 978-2-8588-2536-3).
  17. «  : Richelieu et Mazarin, la « FRANCE CARDINALE » », surgrandeschroniquesdefrance.blogspot.com(consulté le).
  18. « Par intuition », le terme italien est plus fort que le français.
  19. Pierre Goubert,Mazarin, Fayard, 1990,p. 34-35.
  20. Mot inconnu, désignant sans doute le « frère coupe-choux », l'indispensable de tous les instant, surnom familier donné à Mazarin par Richelieu.
  21. Georges Dethan (1923-1999), note biographique.
  22. (en) David M.Cheney, « Consistory of 1641 » [« Consistoire de 1641 »][html], surcatholic-hierarchy.org,Catholic-Hierarchy, 1996-2015, dernière mise à jour le 20 juin 2015(consulté le).
  23. (en) David M.Cheney, « Jules Raymond (Giulio Raimondo) cardinal Mazarin (Mazzarino) »[html], surcatholic-hierarchy.org,Catholic-Hierarchy, 1996-2015, dernière mise à jour le 30 janvier 2015(consulté le).
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  79. Sur la correspondance secrète, voirClaude Dulong, « Les signes cryptiques dans la correspondance d'Anne d'Autriche avec Mazarin. Contribution à l'emblématique duXVIIe siècle »,Bibliothèque de l'École des chartes,t. CXL, 198,p. 61-83.
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  81. DansLettres à la reine, Ravanel a publié aussi des lettres d'exil de Mazarin à d'autres correspondants que la reine, de même que Chéruel et d'Avenel dansLettres de Mazarin,op. cit.,t. IV.
  82. Bibliothèque nationale de France :ManuscritClairambault, 1144,fo 89-100 (lettres autographes d'Anne d'Autriche à Mazarin).
  83. C'est ce que prétendent un certain nombre demazarinades; Les historiens contemporains sont partagés :Claude_Dulong, biographe de Mazarin, conclut positivement, contrairement àFrançois_Bluche ouRuth_Kleinmann qui repoussent cette hypothèse.
  84. « Une analyse ADN remet en question l'authenticité de la tête d'Henri IV »,Science_et_Vie,[6].
  85. Science et Vie. Extrait :« L'analyse duchromosome Y prouve en tout cas, malgré les rumeurs d'adultère, que les deux fils d'Anne d'Autriche, Louis XIV et son cadet,sont du même père, a relevé Philippe Delorme. L'analyse ADN ne permet certes pas d'assurer qu'ils descendent bien de Louis XIII, premier fils d'Henri IV, mais il aurait alors fallu que la reine, que la rumeur liait à Mazarin, les ait eus tous les deux avec le même amant… » (consulté le).
  86. Cette lettre, comme les autres à la reine du temps de l'exil, a été publié par Ravanel,Lettres à la reine,op. cit..
  87. Les lettres ici reproduites sont extraites de BNF, ms.Clairambault 1144,fo 88-100.
  88. Mémoires, éd. A. Champollion-Figeac, Paris, 1855-1857, 4 vol. (SHF).
  89. Ces trois lettres sont dans BNF, ms.Clairambault, 1144.
  90. Critique historique. - Histoire de France sous le Ministère du cardinal Mazarin, de M. Bazin,t. 5,, 134-153 p. (Wikisource).
  91. Arlette Jouanna,Le Pouvoir absolu : Naissance de l'imaginaire politique de la royauté, Gallimard, 2013, 448 p.(ISBN 978-2070120475).
  92. Lire les nombreux témoignages desmémorialistes du temps, dontMme de Motteville, amie de la reine Anne. Voir aussi letome 1 desLettres, instructions et mémoires de Colbert publiées par Pierre Clement en 1861, en 10 tomes.
  93. Voir lechap. XIX duMazarin de P. Goubert, et les travaux deDaniel Dessert, dont :DanielDessert,Colbert ou Le serpent venimeux : suivi de Mémoires sur les affaires de finances de France pour servir à l'histoire[texte établi, annoté et éd. par Pierre Clément], Bruxelles,Éditions Complexe,coll. « Questions à l'histoire »,, 168 p.(ISBN 2-87027-851-9,lire en ligne),p. 63-65.
  94. Françoise Hildesheimer,La Double Mort du roi Louis XIII,chap. 18 : Mazarin fait le ménage (version électronique).
  95. Pierre Goubert,Mazarin,p. 367.
  96. François Bluche,Louis XIV,chap. V : De Westphalie aux Pyrénées,p. 100-135.
  97. Le en l'Église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz.
  98. Jean-Christian Petitfils,Louis XIII,chap. VI : Le coup de majesté,p. 209.
  99. La naissance des académies royales en France auXVIIe siècle.
  100. 13 mai 1648 - 11 mars 1649. De la Fronde parlementaire à la Fronde des Princes.
  101. Pierre Goubert,Mazarin,chap. Les années terribles,p. 340.
  102. Simone Bertière,Mazarin,chap. 14:La Reconquête, Un retour triomphal,p. 439.
  103. La régence prend fin le, date du lit de justice tenu au parlement de Paris. Le cardinal de Mazarin gouverne jusqu'en 1661.
  104. [Corvisier 2002]AndréCorvisier, « Pour une enquête sur les régences »,Histoire, économie et société,vol. 21e année,no 2,‎,p. 201-226(DOI 10.3406/hes.2002.2298,lire en ligne, consulté le).
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Annexes

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Sources primaires

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Bibliographie

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Estampes parNicolas Ier de Larmessin, 1690, Jules Mazarin, cardinal.

Articles connexes

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