Jules Alphonse Nicolas Hoffmann est né en pleine guerre et grandit avec son frère Jean-Paul dans la petite ville d’Echternach. Son père Jos Hoffmann (1911-2000), issu d’une famille de modestes fermiers de la campagne luxembourgeoise, est professeur de biologie[2]. Sa mère est une fille de boucher d’Echternach[3].
C’est avec son père, lui-même entomologiste et professeur de sciences naturelles dans un lycée, que Jules Hoffmann découvre l’univers des insectes[4]. Il effectue ses études supérieures à l'université de Strasbourg[5] où il décroche en 1969 un doctorat d’État[6] en biologie expérimentale et poursuit des recherches au laboratoire de l’Institut de zoologie auprès dePierre Joly qui dirige un groupe de recherche sur la régulation endocrine du développement et de la reproduction descriquets migrateurs et qui encadrera sa thèse de science. C'est durant cette période qu'il rencontre sa future femme, Danièle Hirtzel, alors technicienne du laboratoire[7].
Après avoir été assistant délégué à la Faculté des sciences de Strasbourg en 1963, Jules Hoffmann entre au CNRS en 1964. Il y fera toute sa carrière. Jules Hoffmann a créé et dirigé le laboratoire CNRS « Réponse immunitaire et développement chez les insectes » installé à l'Institut de biologie moléculaire et cellulaire du CNRS à Strasbourg. En 1970, Jules Hoffmann prend la nationalité française[8]. « Une carrière de chercheur était inimaginable à l'époque en restant au Luxembourg. J'ai donc décidé de demander la nationalité française, condition indispensable pour accéder à un poste d'universitaire dans ces années-là. Une démarche qui m'a coûté ma nationalité luxembourgeoise, mais grâce à laquelle j'ai obtenu la médaille d'or du CNRS », raconte avec émotion le biologiste, désormais directeur de recherche émérite au CNRS et professeur à l'université de Strasbourg[9]. Après un stage postdoctoral en Allemagne entre1972 et1974, auprès dePeter Karlson(de)[10], qui vient tout juste de décrire la structure de l’ecdysone —hormone stéroïde chez les insectes —, il succède en 1978 à Pierre Joly à la tête du laboratoire de « Biologie humorale des insectes ». Il travaille alors à l’université de Strasbourg, d’abord à l’Institut de zoologie, puis à l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire, qu’il dirige entre 1992 et 2005, et où il se consacre à l'étude des mécanismes de l’immunité innée et l’expression des gènes de la réponse immédiate chez lamouche du vinaigre, lerécepteur Toll[7]. Il précise les mécanismes moléculaires de cette immunité innée dans un article princeps paru dans la revueScience en 1999[11].
La remise de la médaille d’or du CNRS est venue récompenser « ses découvertes [qui] ont fait émerger une vision nouvelle des mécanismes de défense que les organismes, des plus primitifs jusqu’à l’Homme, opposent aux agents infectieux ».
Ils concernent essentiellement lesystème immunitaire inné chez les insectes. Il a mis ainsi en évidence l’existence chez ladrosophile derécepteursToll à certains champignons permettant d’activer la synthèse de certaines molécules antifongiques[17].
Le, Jules Hoffmann est nommé au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur au titre de« directeur de recherche, président de l'Académie des sciences ; 44 ans de services civils »[24] puis est fait chevalier de l'ordre le[25]. Il est promu au grade d'officier, à titre exceptionnel, le au titre de« directeur de recherche émérite auCentre national de la recherche scientifique, prix Nobel de médecine et de physiologie »[25] puis est fait officier de l'ordre le[26]. Il est promu au grade de commandeur dans l'ordre le au titre de« biologiste, professeur dans un institut de recherche scientifique, directeur de recherche dans un organisme de recherche, membre de l'Académie des sciences, prix Nobel de physiologie »[26].
Le, Jules Hoffmann est nommé au grade de chevalier dans l'ordre national du Mérite au titre de« directeur d'un institut de biologie ; 39 ans de services »[27] puis est fait chevalier de l'ordre le[28]. Il est promu directement au grade de commandeur le au titre de« prix Nobel de médecine, directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique »[28].
Depuis le, Jules Hoffmann est également titulaire de l'ordre du Soleil levant (étoile d'or et d'argent)[29].
↑Jos. A. Massard & Gaby Geimer, « Le professeur Jos Hoffmann (1911-2000), pédagogue, zoologue et défenseur de la nature, membre méritant de la Société des naturalistes luxembourgeois »,Bulletin de la Société des naturalistes luxembourgeois,vol. 116,,p. 321-345(lire en ligne)
↑Après avoir passé avec succès le diplôme de fin d'études secondaires à Luxembourg en 1960 (Luxemburger Wort, 18 juillet 1960, p. 7), puis le premier et le deuxième examen de candidature préparatoire au doctorat en sciences naturelles à Luxembourg en 1961 et 1962 (Luxemburger Wort, 12 octobre 1961, p. 6, et 12 octobre 1962, p. 5).
Biographie sur le site de l’Académie des sciences.
(en)Autobiographie sur le site de lafondation Nobel (le bandeau sur la page comprend plusieurs liens relatifs à la remise du prix, dont un document rédigé par la personne lauréate — leNobel Lecture — qui détaille ses apports)
Jules Hoffmann sur le site de l'Institut d'études avancées de l'université de Strasbourg (USIAS)