En Europe occidentale, voit les dernières et violentes phases de laBataille de France. Après lesdésastres de mai, les Français se battent désormais avec acharnement, mais ne peuvent empêcher la victoire de la Wehrmacht et l'installation durégime vichyste.
Dans les premiers jours du mois, l'armée allemande réduit lapoche de Dunkerque, sans pouvoir empêcher l'évacuation de presque 340 000 Franco-Britanniques. Les Français reconstituent alors en toute hâteune ligne de défense rudimentaire sur laSomme.
À partir du 5 juin, les Allemandsreprennent l'offensive sur la Somme. Après trois semaines de défaites successives, à un contre deux et presque complétement privés de l'appui de leurs alliés, les soldats français se battent furieusement. Les positions françaises, même encerclées, sont défendues sans esprit de recul. Ce sursaut ne peut empêcher les Allemands de percer en quelques jours, et Paris est pris le 14.
Après le 10 juin, les pointes blindées de la Wehrmacht se répandent partout en France et filent vers le Sud sans rencontrer de ligne de défense constituée. Pourtant des Français continuent partout de se battre avec énergie. À Saumur, les cadets de l'école de cavalerieinfligent un coup d'arrêt aux Allemands, à un contre cinq. Devant Lyon, les tirailleurs sénégalais du 25e RTSrésistent face à l'assaut allemand. Brest, Grenoble et les forts de la ligne Maginot sont défendus sans esprit de recul jusqu'au 22 juin et au-delà.
Le moral des soldats de l'armée de la IIIe République reste haut jusqu'au bout. Leur résistance acharnée inspirera des résistants commeMarc Bloch. Pourtant, dès le début du mois, le général Weygandconsidère la guerre comme perdue ; il refuse de prendre des mesures pour permettre de continuer la lutte. Dans la nuit du 16 au 17 juin, la faction défaitiste menée par Weygand et Pétain impose au chef du gouvernement, Paul Reynaud, de démissionner ; Philippe Pétain prend sa place dans la foulée et demande l'armistice. Celui-ci est signé le 22.
Avant laSeconde Guerre mondiale, l'armée française est considérée comme une des plus puissantes du monde. Néanmoins, malgré les décisions de réarmement prises à partir du gouvernement duFront populaire au pouvoir jusqu'en1938, et amplifiées par le gouvernementDaladier ensuite, elle ne put contenir la puissance retrouvée de l'Allemagne nazie.
Lorsque celle-ci attaqua en1940, la défense française s'écroula avec près de 100 000 morts, victime à la fois du « concept » allemand deBlitzkrieg enfrançais :« guerre éclair » et surtout de la pensée stratégique défensive inspirée parPhilippe Pétain à l'État-Major dans lesannées 1930, au lieu de regrouper leschars en grandes formations mobiles. Enfin la propagande durégime de Vichy fera grand cas plus tard de quelques tentatives de sabotage, réelles mais limitées, dans les usines d'armement, inspirées par leParti communiste français, celui-ci obéissant à la politique de Moscou, depuis lePacte germano-soviétique qui avait été signé quinze jours seulement avant le début du conflit en et qui faisait de l'Allemagne et de l'URSS des alliés dans l'attaque puis l'occupation partagée de la Pologne.
25 % d'officiers venus de diverses écoles (Saint-Cyr, Polytechnique,École centrale Paris, École supérieure d'aéronautique et École de l'air) ;
des sous-officiers dont l'âge s'échelonnait entre 21 et30 ans (ces derniers appelés « moustachus » et « as de la voltige »). Tous sportifs, enthousiastes, au moral élevé.
Pour le bombardement ou la reconnaissance, le tableau était plus mitigé bien que le personnel soit hautement qualifié.
Le,450 avions de chasse gagnèrent leurs nouveaux terrains dispersés géographiquement. La plupart n'étaient que de simples prairies plus ou moins vastes, plus ou moins bien aménagées, loin des agglomérations.
Les pilotes eurent droit au logement chez l'habitant, les mécaniciens et les soldats eurent droit à des granges et à de la paille. Tout commençait dans l'improvisation.
France Pour la France métropolitaine, les effectifs en première ligne sont de 1 394 appareils :
570 chasseurs monomoteurs (dont 542 modernes), 393 sont disponibles le. 120 autres au cours de la campagne ; 40 bimoteurs (dont 28 disponibles le) ;
400 bombardiers (210 modernes et 190 anciens) dont 235 disponibles (121 modernes et 114 anciens) parmi lesquels 184 sont« bons de guerre » donc immédiatement utilisables au combat[3] ;
489 avions de renseignement (dont 281 modernes) ;
8 avions de transport (dont 2 modernes).
On compte aussi un petit effectif dans l'Aéronavale :
Reich allemand Au-delà du mythe de la propagande allemande des 1 500 chasseurs et 3 500 bombardiers, la Luftwaffe disposait effectivement de 5 142 appareils dans toutes ses unités de première ligne mais seules les Luftflotten 2 et 3 furent engagées soit 3 959 appareils :
Le lundi, à l'aube, l'aviation de chasse est placée en état d'alerte générale[4].
En cinq semaines, l'avancée allemande en France entraîne la désintégration de l'armée et une gigantesque panique dans la population. Dix millions de personnes s'enfuient sur les routes avec de maigres bagages, au cours d'un épisode qu'on appellera l'« Exode ». Le gouvernement, dirigé parPhilippe Pétain depuis la démission dePaul Reynaud, fait demander l'armistice, signé le. On peut alors penser que son prestige acquis lors de la défense de Verdun en1916 permettrait des négociations plus aisées avecHitler. Il n'en est rien et les conditions en sont très dures : occupation de plus de la moitié du pays et énormes frais prélevés pour entretenir l'armée allemande.
Cependant, les appréciations stratégiques divergent sur la création d'une zone libre au sud face à une zone nord occupée : les généraux allemands veulent une occupation complète de la France de Dunkerque à Toulon. Hitler, marqué par laPremière Guerre mondiale (il y fut caporal), n'arrive pas à croire à la rapidité de sa propre conquête par des blindés qui ont outrepassé les ordres et dépassé les objectifs initiaux. Ainsi, il veut conserver un gouvernement français pour tenir les colonies françaises (Algérie, Maroc, Tunisie) qui ont une valeur stratégique fondamentale, comme cela sera confirmé par la suite. Après la guerre, Churchill, dans ses mémoires de guerre, donnera raison aux généraux allemands en déclarant que la création de la zone libre (préservant Toulon et la flotte française) avait permis de sauver Gibraltar,1re base britannique en Méditerranée. La zone libre ne va vivre que28 mois, jusqu'en (débarquement allié en Afrique du Nord), mais permit à la résistance française de se construire des bases au travers de toute la zone.
La Wehrmacht attaque à l'aube (5 h 30) et pénètre en Hollande, en Belgique et au Luxembourg. 400 Heinkel 111, Dornier 17 et Junker 88 attaquent 47 terrains du Nord de la France et détruisent ou endommagent une soixantaine d'avions de l'armée de l'air française[6] et détruisent une centaine d'avions belges. Ce sont 2 650 avions de bombardement escortés par plus de 1 300 chasseurs qui se répandent sur l'étendue de la zone d'opérations franco-anglo-belges, attaquant méthodiquement leurs objectifs, les axes et carrefours de communications, les centres de commandement et les aérodromes militaires.« Un nombre important de Heinkel-111 et de Dornier-17 sont descendus dans les lignes françaises, d'autres dans les lignes allemandes, alors qu'ils regagnaient leurs bases[7] ». Des bombardiers belges Fairey Battle subissent de lourdes pertes en tentant de bombarder les pointes allemandes sur le canal Albert. Des Blenheim britanniques suivis de Leo 46 français suivent, mais les mouvements allemands sont seulement retardés[8].
La ligne fortifiée du canal Albert est enfoncée en son point le plus sensible par la chute du fort d'Eben-Emael durement éprouvé la veille par la destruction de ses tourelles principales exécutées par des aéroportés allemands utilisant un explosif inconnu des alliés, les charges creuses.
Des Leo 45 sont envoyés au nord du canal Albert sur le pont deMaastricht qui n'a pas été défendu par les Hollandais. Les avions français sont engagés par des Messerschmitt 109 et 110 : 5 seront abattus. LaFlak endommage gravement un Leo et 4 Morane. Ce qui reste de l'aviation belge va se consacrer à des reconnaissances et à du réglage d'artillerie.
18 Breguet 693 du groupe 18 attaquent les colonnes dans la région de Sedan. Malgré la protection de 18 MS406, 8 avions d'assaut Breguet ne rentrent pas.
Percée allemande de Sedan. 18 Dewoitine 520 du I/3 abattent sans pertes 3 Henschel 126 et 1 Heinkel 111 dans le secteur de la Semois.
9 Leo 451 (G6) protégés par 27 Bloch 152 (I/1, I/8) attaquent des ponts de bateaux et des colonnes de blindés dans le ravin de Givonne. La moitié sera hachée par la Flak allemande.
Action nocturne de 24 Amiot 143 (G9 et G10) sur les arrières.
14 mai : ce qui reste des bombardiers (29) est jeté dans la bataille deBazeilles, d'une façon suicidaire, de jour. Sur 13 Amiot 143, 4 sont abattus.
Wilhelmine, lareine des Pays-Bas, qui a quittéLa Haye est emmenée en Angleterre sur un bateau britannique, l'île deWalcheren, dans le delta Escaut-Rhin, où elle espérait se réfugier, étant en passe d'être occupée par l'armée allemande qui se rabat sur la gauche de l'armée belge en pleine retraite. Celle-ci a dû quitter le canal Albert pour éviter d'être disloquée par les pointes offensives des chars allemands et pour rester en communication avec les troupes britanniques. Les Belgo-Britanniques vont prendre position dans la région deLouvain (qui a été durement bombardée), tout en s'appuyant sur laligne KW où les Français viennent se positionner après la percée de Sedan et le franchissement de la Meuse.
La chasse française s'est illustrée dans les 3 derniers jours : 854 sorties, 143 victoires, 24 pilotes tués, 23 brièvement blessés (dont 2 prisonniers) et 21 parachutés indemnes.
Occupation de Bruxelles où les ponts principaux ont sauté.
Maubeuge : 30 Morane 406 du II/6 surpris au sol par 18 Dornier 17. Bilan : 28 avions détruits. Repli du groupe surChâteauroux pour se reconvertir sur Bloch 152.
18 Potez 631 de l'escadrille de défense de Paris attaquent les routes avec les armes de bord. Deux sont abattus, 4 ne rentrent pas au terrain, 4 Leo 451 sur 12 sont sacrifiés sur le même objectif.
Bilan de la chasse (16 et) : 40 victoires, 18 pilotes tués, 11 blessés, 5 parachutés indemnes.
Deux escadrilles de l'Aéronavale décollent (de Berck et d'Alprech) pour faire sauter le pont d'Origny-Sainte-Benoîte sur le canal de la Sambre à l'Oise. Les 14 avions (11Chance-Vought 156 et 3Loire-Nieuport LN401/411) attaqueront séparément. Les Messerchmidt-109 étrillent les Chance-Vought (5 sont abattus)[12]. Les Loire-Nieuport, qui arrivent en retard, font sauter le pont malgré la Flak allemande. Les appareils rentrent criblés d'éclats (2 appareils sur 3)[13].
11 Curtiss du GC II/5 emmenés par le lieutenant Houzé abattent 5 Messerschmitt 109 sans pertes pour eux.
De Gaulle prend la direction d'Abbeville pour attaquer la tête de pont au sud de la cité :« La tête de pont ennemie sera réduite des trois quarts au terme de combats qui se poursuivront jusqu'au. Ces succès sont coûteux en hommes et en machines, s'ils contribuent à sauver l'honneur, sont incapables de modifier le cours des événements[14]. »
OpérationDynamo. Le corps expéditionnaire britannique commence à rembarquer.
L'armée de l'air est repliée trop au sud et seuls les Bloch du II/8, les Potez du GRII/14 et 2 Glenn-Martin 167 du GB I/63 peuvent opérer depuis l'Angleterre.
Reddition de l'armée belge de campagne, acte signé par le chef d'état-major adjoint des troupes sur le terrain. Ce n'est donc pas un armistice politique et une partie des troupes de rappelés belges en France ainsi que les aviateurs repliés et les troupes du Congo resteront prêts à continuer la guerre sous l'autorité du gouvernement belge nanti de tous ses pouvoirs qui quitte le pays pour gagner la France. Cependant, le roi des BelgesLéopold III, faisant passer sa qualité de chef de l'armée — qu'il exerce effectivement sur le terrain — avant sa fonction royale, décide de se livrer à l'ennemi avec ses soldats, invoquant qu'il ne peut paraître abandonner ceux-ci en quittant le territoire national. Il n'exerce, dès lors, plus aucun pouvoir politique afin de ne pas se compromettre avec les nazis et devient un général prisonnier solidaire de ses hommes[16].
Action de la chasse du 24 au : 1 331 sorties, 66 victoires, 22 tués, 15 blessés dont 4 prisonniers, 4 parachutés indemnes.
Fin de l'opérationDynamo : 224 686 Britanniques et 121 445 soldats français et belges ont été évacués vers leRoyaume-Uni. LaRAF assure un minimum de couverture aérienne pour cette opération, mais abat tout de même 140 appareils de laLuftwaffe. Les Britanniques ne perdent, dans le même temps, que 80 avions.
OpérationPaula de laLuftwaffe qui bombarde les environs deParis, les aérodromes en particulier. 254 morts et 652 blessés à Paris ; les usines deBillancourt sont touchées. Les pertes allemandes et françaises s'équilibrent (30 avions perdus de part et d'autre) : ce n'est pas un franc succès pour la Luftwaffe.
4 juin :Dunkerque tombe et commence la plus longue occupation par l'armée allemande de la Seconde Guerre mondiale en France - 1799 jours
Remaniement ministériel : legénéral de Gaulle estsous-secrétaire d'État à la Défense nationale et à la Guerre. Il multiplie dès lors les navettes entre Londres et Paris pour tenter de décider les Britanniques à maintenir leur effort en France.
Attaque des Allemands sur laSomme. À cette occasion, la chasse française abat 40 appareils allemands pour 15 avions perdus (Werner Mölders pilotant unMesserschmitt Bf 109, est abattu par le sous-lieutenantPomier Layrargues aux commandes d'unDewoitine D.520 ; il est capturé au sol. Son vainqueur abattra un des trois autres BF 109 qui l'attaquent et, à court de munitions, au ras des toits deBeauvais, s'écrasera sur une maison de la banlieue àMarissel[17]
Effondrement de la ligne de défense française (« ligne Weygand ») s'appuyant sur laSomme et sur l'Aisne. La défaite française est maintenant inéluctable.
Le front français est totalement disloqué. Début du débat en France : pour ou contre la poursuite de la guerre ? L’exode des civils français du nord vers le sud s'intensifie. Paris se vide en cinq jours.
Appel désespéré du général Vuillemin pour obtenir un appui aérien des Britanniques. Transfert d'une escadrille britannique au Mans, puis arrivée en France, dans l'après-midi, de deux escadrilles supplémentaires. Les autorités britanniques rappellent à leurs alliés français que, en plus, 12 escadrilles de chasse et 8 de bombardiers opèrent au-dessus de la France et sur la Manche depuis le Royaume-Uni.
Paris, vidée de ses habitants, est déclaréeville ouverte. Tout combat y est interdit. Cet interdit ne concerne que Parisintra-muros, et le harcèlement des troupes allemandes se poursuit en banlieue, malgré les protestations des autorités allemandes.
Dans une atmosphère faite de bruits et de désinformations, la rumeur court àBordeaux, où s'installe le Gouvernement, que Paris est aux mains des communistes.Georges Mandel, ministre de l'Intérieur, appelle le préfet de police de Paris, Langeron, resté en poste dans la capitale, qui dément la rumeur.
Les Allemands entrent dansParis ; la ligne de progression allemande va deProvins àRambouillet en passant parCorbeil, nettement au sud de Paris.
À7 h 30 du matin, signature d'un cessez-le-feu autour de Paris, sous menace debombardement de la capitale.
Retrait de tous les drapeaux français au fronton des édifices, immédiatement remplacés par des drapeaux à croix gammée. Même les drapeaux historiques des Invalides sont saisis.
Après une protestation des conseillers municipaux de Paris, le drapeau géant à croix gammée qui flottait depuis le matin sous l'Arc de Triomphe est retiré dans la soirée.
Aucune parution de journaux à Paris. Pour informer les quelques Parisiens encore présents en ville, des voitures diffusent des messages par haut-parleur. Le message commence ainsi :« Les troupes allemandes occupent Paris ».
Toute circulation est désormais interdite dans Paris entre 21 heures et 5 heures du matin.
Premier défilé de troupes allemandes sur l'avenue Foch. C'est un rituel qui sera désormais quotidien afin de bien rappeler aux Parisiens qu'ils sont occupés.
Sur ordre dePaul Reynaud,Charles de Gaulle retourne àLondres pour demander encore une fois le soutien de laRAF à l'armée française en déroute. Il se voit proposer un traité de fusion des États français et britannique pour ne pas laisser tomber laFrance.Churchill s'est en effet laisser convaincre parJean Monnet. De Gaulle rentre le soir même àBordeaux (21 h 30) pour faire signer le traité par leprésident du Conseil mais Paul Reynaud a démissionné quelques minutes avant…
Évacuation vers l'Afrique du Nord de tous les avions français ayant le rayon d'action nécessaire à ce voyage. 800 appareils militaires rejoignent l'Afrique du Nord. C'est la fin de labataille de France pour les aviateurs. 1 250 avions allemands ont été abattus et 425 mis hors d'état de voler. En face, la RAF enregistre la perte de 944 avions dont 67Spitfire ; la France perd 410 avions en combat aérien et 432 par mitraillage au sol.
Vers10 h, 3 avions allemands bombardent la gare de triage de Rennes, atteignent un train de munitions et des trains de troupes et de réfugiés. Bilan : 3 000 à 4 000 victimes.
(12 h 30, heure de Paris) Le maréchalPhilippe Pétain lance un appel à« cesser le combat ». Cet appel est largement relayé par les Allemands.« C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat ».
Le journaliste américainWilliam Shirer, présent à Paris du 17 au, livre une description de la ville à son arrivée :« les rues sont désertes ».
Poussé par le général britanniqueEdward Spears, de Gaulle part pourLondres. Il quitte Bordeaux-Mérignac dans l'avion du général Spears, en simulant un enlèvement[20]. Il est reçu à Londres parWinston Churchill.
Le président polonaisWładysław Raczkiewicz et le commandant en chefWładysław Sikorski prennent la décision de transférer au Royaume-Uni ce qui peut être sauvé de l’armée polonaise en France.
En réplique à l'appel de Pétain qui appelle à la fin des combats, legénéral de Gaulle lance à la BBC, depuis Londres, son « appel du 18 Juin ». Il demande à l'Empire français de poursuivre le combat aux côtés du Royaume-Uni et appelle tous les Français à le rejoindre pour continuer la lutte. C'est l'acte fondateur de laFrance libre.
Alors que laFrance se prépare à capituler, le généralWładysław Sikorski, commandant en chef des forces polonaises en France, donne l'ordre aux Polonais de ne pas se rendre et de fuir vers laSuisse, leRoyaume-Uni ou l’Afrique.
Début de labataille de Menton, offensive italienne à la frontière française facilement repoussée par une armée française pourtant en infériorité numérique.
Entrée en vigueur de l'ordonnance allemande régissant les devoirs des Français occupés.
L'armistice franco-allemand est signé dans lewagon de l'Armistice àCompiègne (armistice du 22 juin 1940), dans une clairière de la forêt, située près de la commune deRethondes, à l'endroit même où avait été signé l'armistice de 1918 : moyennant la destruction d’une façade du bâtiment qui l'abritait, le wagon a été ressorti pour l'occasion.
Interdiction des vols aériens en direction de l'Angleterre par l'autorité militaire française.
Hitler visiteParis. Il arrive à 5 heures du matin à l'aéroport du Bourget ; trois heures et demie plus tard, il quitte une ville déserte, mais après avoir visité l'Opéra.
Le général de Gaulle est reconnu par les Britanniques comme le chef de laFrance libre. Toutefois, Churchill poursuit ses contacts avec le gouvernement de Vichy jusqu'en.
Le généralWładysław Sikorski dissout le commandement de l’Union de la lutte armée ZWZ qui se trouvait en France et donne l’ordre de créer un commandement pour la ZWZ en Pologne ; le colonelStefan Rowecki est nommé à la tête de la ZWZ.
Selon les termes d'un extrait d'un ordre du jour du général Bernard d'Harcourt,« Avant que nos ailes ne se referment… »
Les clauses de l'Armistice concernant l'aviation qui se voulaient humiliantes (général Keitel à Rethondes le[21]) ont été atténuées. Après consultation dumaréchal Göring, il était spécifié« […] qu'il était renoncé à la livraison des avions militaires, si tous ceux qui étaient en possession des forces aériennes françaises étaient désarmés et mis en sécurité sous contrôle allemand[21] ». Il était également déclaré que« […] l'Allemagne n'entendait donner aux conditions d'armistice aucun caractère humiliant à l'égard d'un adversaire aussi brave. » Les avions restaient entre les mains de ses équipages, en attendant des jours meilleurs !
De repli en repli, les éléments de l'Armée de l'air ont atteint le Sud de la France. Les avions capables de traverser la Méditerranée sont acheminés vers l'Algérie. Le général Bernard d'Harcourt assurera« à la fin de la campagne de France, le repli en Afrique du Nord de la plus grande partie de l'aviation de combat »[22].
Au moment de la cessation des combats, il y aura évasion d'avions d'Oran[N 2] et de Casablanca[N 3] vers Gibraltar où quatre avions parviennent à se poser. D'autres partent ensuite du Sud de la France vers l'Angleterre. Ils reprennent le combat plus ou moins rapidement, après avoir été remis en service en Angleterre.
Les volontaires de lalégion Condor, durant laguerre civile espagnole (1936-1939), ont acquis une expérience des combats aériens modernes[24]. Letraité de Versailles a été contourné dès larépublique de Weimar. Entre autres, la collaboration germano-soviétique a permis l'instruction annuelle de 250 stagiaires pilotes. Les écoles devol à voile ont permis à de futurs as de se former (Adophe Galland àWesterholt enWestphalie. Des accords avec l'Italie fasciste ont permis à d'autres pilotes de se former (àGrottaglie entre autres). Les jeunes pilotes formés reviennent en Allemagne s'amalgamer aux anciens pilotes de la guerre de 1914-1918.
En, au début de lacampagne de Pologne, la Luftwaffe peut aligner 2 600 avions de combat performants et améliorés grâce à l’expérience acquise sur les fronts espagnols. La supériorité sur les Polonais est de l'ordre de « un contre six ». Au3e jour, l'aviation polonaise est hors de combat.
Fin mai, pour tenter d'écraser lecorps expéditionnaire britannique en France (CEBF) qui se rembarque à Dunkerque, les pilotes allemands, dontAdolf Galland, peuvent mesurer l'efficacité deschasseurs Spitfire qui surclassent les Messerschmitt[25]. Le CEBF parviendra à quitter la France à Dunkerque dans des conditions dramatiques, mais ce ne fut pas une victoire pour l'Allemagne.
Alors, l'Angleterre va dresser sur laTamise le dernier rempart contre le nazisme, celui d'une nation déterminée que rejoindront les évadés de France, de Belgique, des Pays-Bas et aussi ceux des Polonais du généralSikorski qui, en, avaient pu échapper à l'invasion et rallier la France en passant par la Hongrie et l'Italie. Cependant, des mouvements derésistance clandestins et des réseaux d'espionnage s'organisent sur le sol français, de même qu'en Belgique et aux Pays-Bas.
Après la reddition de l'armée belge deBelgique (28 mai), les troupes duCongo belge, qui ne sont pas concernées, vont pouvoir continuer le combat aux côtés des Britanniques. Le gouvernement belge en exil nomme le ministrede Vleeshauwer administrateur colonial avec pleins pouvoirs, et le gouverneur généralPierre Ryckmans, gouverneur général du Congo belge, met la colonie à la disposition des Alliés.
10 juin : début de lacampagne d'Afrique de l'Est par les Britanniques contre les Italiens à laquelle vont concourir les Belges et les Sud-Africains.
22 juin :Pierre Boisson, gouverneur général de l’AOF. Après la capitulation de la France, les administrateurs de l’Afrique prennent le parti de suivre legouvernement Pétain. Démilitarisation de la frontière nigéro-libyenne.
Après la défaite de laFrance et desPays-Bas, pour maintenir la neutralité adoptée par les ministres des Affaires étrangères des États américain dès septembre-, les colonies européennes du continent américain sont placées sous la tutelle des États américains pour éviter qu’elles ne tombent sous contrôle allemand.
21 juin,Canada : introduction de la conscription, uniquement pour la défense du territoire canadien.
26 juin,Canada : le Premier ministre Mackenzie King déclare :« Le gouvernement que je dirige ne présentera pas de mesure de conscription des Canadiens pour le service outre-mer ».
Royaume-Uni : les volontaires pour la défense locale comptent 1,5 million de participants.The Times mentionne« l’Esprit de Dunkerque », sentiment de fraternisation entre les classes sociales face à l’adversité.
Le Comité central de la Résistance intérieure tchèque formé au début l'année entre en contact avecLondres, oùEdvard Beneš reprend le titre de président et forme un gouvernement en exil avecJan Masaryk et Sramek.
Après la défaite française,Franco renonce à la neutralité pour placer l’Espagne dans la non-belligérance.
LaRoumanie aligne sa politique intérieure sur celle des puissances de l’Axe. affirmant défendre les gisements de pétrole roumains contre des attaques britanniques, l’armée allemande occupe laRoumanie, dont les oléoducs sont vitaux pour l’approvisionnement du Reich.
4 juin : fin de l'évacuation des forces alliées repliées àDunkerque.
7 juin : fin de l’évacuation des troupes françaises qui avaient débarqué àNarvik.
Un véritable journal de la situation après, en détail du 17 au6 h 25 du matin. Pétain, Reynaud, de Gaulle, Hitler et Mussolini.
Éric Roussel, « La campagne de France : une débâcle sans précédent »,Historia : Dossier Les vraies raisons de la défaite de 1940,,p. 6-12.
Alain Hohnadel et Michel Truttman, « Derniers jours sur la ligne Maginot (extrait) »,Historia : Dossier Les vraies raisons de la défaite de 1940,,p. 22-23.
August von Kageneck, « Un Allemand juge l’armée française de 1940 (entretien) »,Historia : Dossier Les vraies raisons de la défaite de 1940,,p. 24-25.
Henri deWailly, « Abbeville mai 1940 : Comment De Gaulle perd une bataille malgré ses chars »,Historia : Dossier Les vraies raisons de la défaite de 1940,,p. 14-20.
Philippe Masson, « Les raisons d’une défaite … prévisible »,Historia : Dossier Les vraies raisons de la défaite de 1940,,p. 26-32.
↑The Daily Telegraph, le roi n'a pas abandonné la partie … mais il senti qu'il ne pouvait pas abandonner l'armée et s'échapper. Sa présence en territoire occupé (au milieu de son peuple) est le symbole de la résistance des Belges, numéro du 10 mai 1941.