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| Fratrie | Richard Joffo(d) |
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Joseph Joffo, né le àParis 18e (quartier de Clignancourt) et mort le[1],[2] àSaint-Laurent-du-Var, est uncoiffeur,écrivain,scénariste etacteurfrançais. Il est principalement connu pour avoir raconté son enfance juive durant l'occupation allemande dans son romanUn sac de billes, paru en octobre 1973, lorsqu’il était âgé de 42 ans, texte qui marque le début de sa carrière littéraire.
Fils de Roman Joffo, coiffeur né le 15 mai 1890[3] à Biechewkovici (Russie) et mort en déportation au camp d'Auschwitz, et de la violoniste Anna Markoff, Joseph Joffo passe son enfance dans le18e arrondissement de Paris. Il est scolarisé avec son frèreMaurice à l'école élémentaire de larue Ferdinand-Flocon, enfance qu'il décrit dans son romanAgates et Calots paru en 1995. Quand surviennent laguerre et l'occupation allemande, la famille Joffo est persécutée en tant que juive. La fuite des deux frères Joseph et Maurice Joffo vers lazone libre est racontée dans le romanUn sac de billes où il relate notamment ses séjours àNice etRumilly. Il traverse laligne de démarcation àHagetmau (Landes) aidé par un jeune du village. À la fin de la guerre, Joseph Joffo retrouve à Paris sa mère et ses trois frères. Son père est déporté àAuschwitz[3] par leconvoi n° 62 du 20 novembre 1943. Sa vie dans l'après-guerre et sa découverte des valeurs américaines sont racontées dans le romanBaby-foot paru en 1977. Le garçon arrête ses études à l'âge de 14 ans avec lecertificat d'études en poche et reprend avec ses frères le salon de coiffure de sa famille.
L'entreprise familiale de la rue de Clignancourt se développe avec l'achat en avec ses frères du salon de la place Victor Hugo dans le16e arrondissement de Paris qui sera son salon principal. Ce sont 12 salons et 450 employés àParis qui sont gérés par la famille dans les meilleures années. D'après ses déclarations dans la presse, de nombreuses personnalités fréquentent son salon :Pierre-Christian Taittinger,François Mitterrand,Jacques Chirac et sa femmeBernadette,Alain Delon etJean-Paul Belmondo[4].
Joseph Joffo se met à l'écriture en 1973 en racontant ses souvenirs d'enfance dans son premier roman,Un sac de billes. Le roman est d'abord refusé par quatre éditeurs[5] avant d'être accepté par lesÉditions Jean-Claude Lattès. Le manuscrit est toutefois remanié avant sa parution par Claude Klotz (l'écrivainPatrick Cauvin), dont le nom n'apparaît pas sur la couverture, bien qu'il soit remercié en début d'ouvrage. Dans un article duMonde, Klotz raconte que Joseph Joffo« écrivait tout lui-même sur de grands cahiers à spirale à petits carreaux sans laisser aucune marge, 150 pages bien serrées, bourrées de fautes », avant de les donner à remanier[6]. Joffo a décrit sa relation de travail avec Claude Klotz dans les termes suivants :« J'ai retravaillé le texte d'Un sac de billes avec Claude Klotz, alias Patrick Cauvin. J'avais tout raconté au passé. Il m'a appris leprésent historique »[7].
L'auteur admet lui-même ses lacunes littéraires à ses débuts comme il l'explique dans une tribune auFigaro :« J'avais un style ampoulé, dans le style des actualités Paramount. Je manquais de recul »[7]. Klotz a servi deprête-plume pour (au moins) les deux livres suivants de Joffo,Anna et son orchestre etBaby-foot. D'autres sont chargés de réécrire ses œuvres ultérieures, parmi lesquelsJean-Paul Brighelli[8], mais les détails sur la pratique de l'auteur après les années 1970 sont rares.
Un sac de billes est couronné par l'Académie française en 1974. L'année suivante, Joseph Joffo est fait citoyen d'honneur de la ville deRumilly, en mémoire de son passage dans cette ville de Haute-Savoie pendant la guerre. Le roman connaît un grand succès et fait l'objet d'adaptations régulières (cinéma, théâtre amateur, bandes dessinées, enregistrements audio) et de multiples rééditions au format papier ou numérique. Il existe des traductions dans une vingtaine de langues dont une édition chinoise parue en 2012. le livre s'est vendu à plus de vingt millions d'exemplaires, toutes éditions confondues. Le roman est fréquemment intégré au programme scolaire de certains élèves européens qui étudient l'histoire de laShoah et Joseph Joffo se rendra dans des dizaines de collèges et de lycées pour y raconter son histoire[9].

D'autres romans témoignages suivent commeAnna et son orchestre (1975) (pour lequel il reçoit lePrix RTL grand public), où il relate la jeunesse de sa mère et son voyage de laRussie tsariste à Paris,Baby-foot (1977), ainsi queLa Jeune fille au pair (1984) qui retrace l'arrivée d'une jeune fille au pair allemande juste après la guerre dans une famille juive.
En 1985, son frère Maurice est arrêté : c'est l'un des plus grands receleurs de bijoux volés de Paris. L'instruction est confiée àJean-Louis Debré. Pour expliquer le comportement de son frère, Joseph Joffo déclare :« C'est la faute à notre enfance juive et traquée durant l'Occupation. Mon frère avait besoin d'entasser, de garder. Cela le sécurisait, probablement »[10]. Maurice Joffo est condamné à5 ans de prison et à7 millions de francs de dommages et intérêts. Maurice Joffo est l'auteur d'un livre autobiographique intituléPour quelques billes de plus ?, paru chez Jacques Grancher en 1990.

En 2015, il reçoit la Plume d'or de la Société des auteurs savoyards[11]. Dans son dernier film en tant qu'acteur, Joseph Joffo interprète le rôle de Kolb, dansL'Origine de la violence d'Élie Chouraqui, diffusé en mai 2016. Les dernières années de sa vie, Joseph Joffo partage son temps entreÉpeigné-sur-Dême enIndre-et-Loire[12], Paris etCannes[13].
Il meurt à l'âge de 87 ans le àSaint-Laurent-du-Var, et est inhumé aucimetière du Père-Lachaise (division 62).
Les dates de parution sont celles des premières éditions en français.
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