Septième enfant de l'empereur, le nouveau-né est, dès sa naissance, le seul héritier. Cette situation lui vaut d'être hautement considéré par son père qui lui donne un prénom jusqu'alors inusité au sein de la dynastie : Joseph, en hommage au père nourricier duChrist.
Le 9 décembre 1687, Joseph est couronné roi de Hongrie et, pour la première fois, est considéré comme un monarque héréditaire, son père étant parvenu à annuler le caractère électif de ce trône.
Le 23 janvier 1690, il est élu roi des Romains et est couronné le 26. Dans les faits, s'il ne meurt pas avant son père, lui aussi, il est dès lors tout désigné pour être le prochain empereur du Saint-Empire.
Entre 1692 et 1697, un projet de mariage entre l'archiduc etSophie-Hedwige de Danemark (1677-1735) est étudié. Mais la princesse refuse de se convertir aucatholicisme, malgré la pression du roi, son père.
À la demande du papeInnocent XII, qui espère un rapprochement définitif entre les deux puissances catholiques d'Europe, il est question d'unir l'archiduc àÉlisabeth-Charlotte d'Orléans (1676-1744), qui est la nièce deLouis XIV (1643-1715),roi de France. Ce projet n'aboutit pas non plus.
Jeune homme frivole, Joseph aime les plaisirs de la vie, notamment la chasse (il soigne lui-même ses chevaux), la musique (il est bon compositeur) et surtout les femmes. Dès l'âge de 15 ans, il mène de front trois aventures amoureuses.
Il contracte lasyphilis en 1704 et la transmet à son épouse, ce qui rend leur couplestérile. Cette maladie est à l'origine de la crise successorale que connaît lamaison de Habsbourg au cours du siècle.
Or, le conflit dépasse le seul territoire espagnol et se porte tant en Europe centrale qu'en Italie. L'empereur doit en effet lutter contre les troupes de Bavière, de Cologne, de Mantoue qui ont rejoint le parti desBourbons. De plus, la Hongrie se soulève. La révolte deFrançoisII Rákóczi, soutenue par la France, oblige les forces impériales à livrer batailles sur de nombreux fronts, et affaiblit le soutien militaire au prétendant Habsbourg.
À partir de 1709, la situation autrichienne devient intenable et peine à contenir l'offensive française, notamment. Le Saint-Empire est exsangue et aspire à la paix, mais l'empereur se refuse à abandonner le parti de son frère.
L'année 1711 voit lecalvinisme reconnu enHongrie, par égard à la religion de l'ancien précepteur de JosephIer.
Le 17 avril, l'empereur succombe à une épidémie de « petite vérole » qui frappe toute l'Europe. Son fils unique étant mort en bas âge, l'héritage des Habsbourg revient à son frère Charles.
La syphilis, qu'il contracte à vingt-cinq ans et qu'il transmet à son épouse, prive le couple de nouveaux enfants, après la naissance de deux filles et d'un fils mort en bas âge. Ce n'est pas la première fois qu'un monarque disparaît sans héritiers directs, et la plupart du temps, le frère ou le cousin qui lui succède se fait un devoir d'assurer la pérennité de la dynastie. Le hasard fait que son frère va connaître la même situation, maladie en moins, et qu'ensemble, ils clôturent la branche cadette des Habsbourg, celle d'Autriche, dont l'ultime représentante seraMarie-Thérèse (1717-1780).
Les générations sont numérotées dans l'ordre de la descendance masculine depuis les premiers archiducs. Au sein de chaque génération, l'ordre suit celui de l'aînesse.