Pour les articles homonymes, voirDerembourg.
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| Père | Ẓebi-Hirsch Derenburg(d) |
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Seder Ṭohorot / ...ʻim perush Mosheh ben Maimon be-lashon ʻArvi... ; me-ʻArvi le-ʻIvri ʻal yede Naftali Yosef Dirinburg(d) |
Joseph Naftali Derenbourg, né le àMayence et mort le àBad Ems, est unhistorien etorientaliste français d’origine allemande.
Plus jeune fils de l'avocat Hirsch Derenburg, jusqu'à ses treize ans, il fréquente l’école talmudique de sa ville natale[1]. À treize ans, soutenu par sa mère, il étudie le latin et le grec pour entrer auGymnase de Mayence, tout en continuant ses études talmudiques, jusqu’à ce qu’il soit prêt à entrer à l’université. Il passe ensuite trois semestres à l'université de Giessen, où il étudie l’histoire de la littérature grecque, l’histoire du moyen âge. l’histoire universelle, les mathématiques pures, mais surtout les éléments du syriaque, du chaldéen et de l’arabe[2].
Arrivé à l’université de Bonn, il y rencontreAbraham Geiger, avec qui il liera une amitié de plus de quarante ans[2]. Après avoir obtenu son doctorat, sous la tutelle deGeorg Wilhelm Freytag, Derenbourg abandonne l'idée de devenir rabbin. L’enseignement universitaire étant fermé aux Juifs en Allemagne, à cette époque, il accepte, pour assurer sa subsistance, un poste de précepteur dans lafamille Bischoffsheim, originaire de Mayence, et quitte Bonn, à l’été 1834. Il commence sa carrière littéraire, pendant son séjour en Hollande, par des articles parus dans leZeitschrift d’Abraham Geiger. C'est principalement du fait de sa profonde amitié avec ce dernier qu’il n’a pas totalement délaissé lascience juive pour se consacrer à la philologie sémitique[a]. Le plus important est celui sur les écrits du poète andalouIsaac ibn Ghiyyat (en), et des extraits de labibliothèque universitaire de Leyde, dontSteinschneider a ensuite compilé le catalogue[3].
En 1838, il suit son élèveRaphaël Bischoffsheim à Paris, où il continue ses études orientalistes avec forQuatremère,Caussin de Perceval etReinaud. Son frère Jacob emploie son influence à le faire nommer rabbin de Mayence mais, ne pouvant accorder son opinion touchant les lois cérémonielles avec les exigences auxquelles doit se soumettre le rabbin, il préfère garder son indépendance et renoncer définitivement à la carrière à laquelle il s’était destiné[b],[3].
En 1841, il devient propriétaire associé de la pension Coutant, et il est chargé de diriger l'instruction religieuse et morale des élèves juifs dans une institution au cœur du Marais, rue du Parc-Royal. Cette situation lui permettant de fonder une famille, il épouse Delphine Moyse, le[3]. Ce mariage lui permet de recouvrer, en 1844, la nationalité française de sa naissance[c], et il francise son nom (qu'il écrivait Derenburg puis Dernburg) en "Derembourg".
En 1850, il passe son agrégation d’allemand et enseigne cette langue aulycée Henri-IV pendant une année, comme suppléant de l’hellénisteThéobald Fix (sv)[3]. En 1852, il lui succède comme correcteur de première classe à l’Imprimerie Impériale et devient le secrétaire deSalomon Munk. En 1856, il passe correcteur spécial des impressions orientales dans le même établissement, fonctions qu’il conservera jusqu’en 1877[1].
En janvier 1857, il fonde une institution privée, rue de la Tour d’Auvergne, qu'il dirige avec sa femme jusqu’en 1864, et qu’il rend prospère. Cette situation, qui sollicite son activité, lui permet néanmoins de se consacrer pleinement aux études scientifiques. En 1869, il reçoit la décoration dechevalier de la Légion d'honneur, et est élu deux ans plus tard comme membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, théoriquement pour succéder àCaussin de Perceval, son ancien professeur d'arabe, en réalité pour remplir le siège laissé vacant par la mort deSalomon Munk, auquel il a déjà succédé au comité central de l'Alliance israélite universelle, dont il deviendra ultérieurement président.
De 1869 à 1872, il est membre duConsistoire israélite deParis. Après 1870, il rédige un grand nombre d’articles dans leJournal asiatique, dont il était l’un des comités de publication, et dans d’autres périodiques, plus particulièrement laRevue des études juives, où ses contributions rempliraient un gros volume. En 1872, il lit, à l’Académie, un mémoire sur l’immortalité de l’âme, dont il disait avoir cherché en vain les traces dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament. Une interprétation superficielle de cette étude lui a fait perdre son siège au Consistoire israélite de Paris et il a renoncé, dès lors, à sa collaboration au Conseil d’administration du séminaire israélite[2].
En 1877, sa mauvaise vue l'oblige à démissionner de son poste à l'Imprimerie nationale, mais il est quasi immédiatement nommé professeur d'hébreu rabbinique à l'École pratique des hautes études, dont il est devenu, en 1883, directeur d’études à la section des sciences philologiques[4].
Selon l'édition 1911 de laEncyclopædia Britannica,« il fut une force considérable dans la reviviscence de l'éducation juive en France. » Il contribua grandement à la connaissance deSaadia Gaon, et avait prévu de réaliser, assisté de son fils,Hartwig Derenbourg, une édition complète des œuvres de Saadia en arabe et en français, dont une grande partie a paru de son vivant.
Il écrivit aussi unEssai sur l'histoire et la géographie de laPalestine (Paris, 1867). Il s'agissait d'une contribution originale à l'histoire des Juifs et du judaïsme au temps deJésus de Nazareth, souvent utilisée par la suite (entre autres, parEmil Schürer (de)).
Outre ses nombreuses publications, il a également publié nombre d’articles dans lesComptes rendus de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, laRevue critique, leJüdische Zeitschrift, leMonatsschrift, etc. Jusqu’à la fin de sa vie, il est resté un des membres les plus actifs du Comité de l’École de travail pour les jeunes filles israélites, fondée par la famille Bischoffsheim[2].
Devenu complètement aveugle, atteint d’une infirmité des intestins[2], il est mort à Bad Ems, où il était allé en cure[5]. Son inhumation a eu lieu au cimetière israélite du Père-Lachaise, après célébration du service funèbre par legrand-rabbinZadoc Kahn[6].
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