| Naissance | |
|---|---|
| Décès | (à 93 ans) Loos (Nord) |
| Activités |
Joseph Mendel Biéder, né le 6 janvier 1923 àBrzostek (Pologne) et mort le àLoos (Nord)[1], est unmédecin etpsychiatrejuif français, d'originepolonaise,un des piliers de la Société médico-psychologique.
Joseph Biéder est né le 6 janvier 1923 àBrzostek enPologne[2].
Il est le fils de Moïse Biéder et Sabine Biéder. Moïse Biéder est un ouvriertailleur, travaillant chez son frère, immigré en France des années plus tôt[2].
Il fréquente l’école primaire àMontrouge (Seine). Bien des années plus tard,Coluche y fait ses études[2].
Il entre ensuite à l'École Maïmonide deBoulogne-Billancourt, enclasse de5e, sans passer par la6e[2]. À l'école Maïmonide, il rencontreMonsieur Chouchani, le futur maître d'Elie Wiesel et d'Emmanuel Levinas, employé comme homme de ménage, qui nettoie les vitres[2].
Il va en terminale auLycée Louis-le-Grand. Il obtient une licence en physique générale et décide de devenirmédecin etpsychiatre[2].
Joseph Biéder se retrouve commebûcheron dans un groupe de jeunes enCorrèze. Il veut s'engager enAfrique du Nord. Il essaie de passer clandestinement la frontière vers l’Espagne. Il est arrêté le 8 janvier 1943 àBanyuls-sur-Mer, au lieu-dit Puy del Mas dans lesPyrénées, amené au poste militaire de Banyuls. il est ensuite transféré à laGestapo àArgelès-sur-Mer, puis enfermé auCastillet dePerpignan, puis déféré auSicherheitsdienst (service de sécurité). Il est emprisonné àOrléans puis pendant plusieurs semaines auCamp de Beaune-la-Rolande (Loiret)[2].
Il est transféré àDrancy et déporté par le Convoi No. 47, en date du 11 février 1943, deDrancy versAuschwitz[3]. Son père, Moïse Biéder, lui a fait parvenir à Drancy, uncanif ou unelime. Avec cet instrument, dans le train partant pour Auschwitz, il réussit à écarter une planche latérale du wagon s’ouvrant sur une petitepasserelle intermédiaire entre deux voitures. Avec plusieurs compagnons, il saute. Il y a des coups de feu. Il marche dans la nuit, dans le sens inverse de la direction du train qu'il vient de quitter. Au petit matin, il se repose dans une grange. La fermière l’aide, lui offre unbéret et lui conseille de se diriger versBar-le-Duc. Descheminots lui viennent en aide à la gare. Deux conducteurs de locomotive le cachent dans la soute à charbon d’un train roulant vers Paris. Une à deux stations avant la capitale, pour échapper aux contrôles, ils lui conseillent de descendre avant leterminus, et lui offrent unticket de métro[2].
Il retrouve ses parents, à leur domicile, au 36 rue Louis Rolland, àMontrouge (Seine)[3].Ses parents vivent confinés dans leur appartement, aidés par les habitants de la rue, en particulier par une dame Alice Merlin[2].
Joseph Biéder se réfugie jusqu’en 1944 dans le village deMamers (Sarthe), chez la famille Farcy, qui a six enfants. le père est négociant en outils agricoles et possède quelques terres. Joseph Biéder est garçon de ferme, aide-ménagère et garde d’enfants. Il reste en relation avec la famille de nombreuses années plus tard[2].
Rentré à Paris, il s'inscrit en médecine. Durant ses études, pour gagner de l'argent et aider ses parents, il donne des leçons de philo à desétudiants en classe prépa, il sous-titre des films américains, traduit des nouvelles duyiddish enfrançais, collabore aumagazineLa Terre retrouvée[2].
Il prépare l’internat et effectue des remplacements degénéraliste à la campagne. Il fait des accouchements dans les fermes, se déplaçant en scooter acheté d’occasion. Il est reçu deuxième au concours de l’internat[2].
Il travaille avec le professeurHenri Baruk à l'Établissement national de Saint-Maurice (Maison de Charenton). Il est passionné par lapsychiatrie. Il rédige un hommage à Baruk lors de soncentenaire[2].
Il participe un soir par semaine à des cours de pensée juive consacrés à des commentaires talmudiques à Paris, autour du rabbinDavid Feuerwerker[2].
À la fin de ses études, Joseph Biéder est mobilisé enAllemagne dans lePalatinat où il fut incorporé dans le corps desspahis. Il y reste un an[2].
Dès sa démobilisation, Joseph se présente au concours du Médicat pour devenir Médecin Chef des hôpitaux psychiatriques. Il réussit. De passage àLille, il rencontre sa future épouse. Ils se marient en juillet 1957. En juin 1957, il opte pour la direction de l'hôpital deLeyme (Lot)[2].
Un an et demi après, en 1959, il part pour l'hôpital psychiatrique de Lesvellec, dans leMorbihan, à 5 km deVannes[2].
Un an et demi plus tard, il s'installe àBailleul (Nord) . Il pensait y rester deux ans au maximum, il y termine sa carrière. En 1961, un fils est né, puis en 1965, une fille (Dr. Florence Biéder, spécialiste en gériatrie[4]). Sa mère, veuve, vient habiter avec la famille pendant dix ans[2].
De 1958 à 2016, Joseph Biéder publie198 articles dont 146 dans les Annales MédicoPsychologiques (AMP) avec une période plus intense de 1969 à 1977, dans ledomaine de l’histoire de la psychiatrie[2]. Dont: