Ne doit pas être confondu avecJozef Chovanec.
Cet article doit êtrerecyclé().
Naissance | |
---|---|
Nationalité | |
Formation | |
Activité |
Domaine | |
---|---|
Membre de | Mensa France (En 2001) |
Taille | |
Directeur de thèse | |
Distinction |
Josef Schovanec, né le àCharenton-le-Pont, est unphilosophe,écrivain etvoyageurfrançais d'originetchèque.Autiste, il est unmilitant pour ladignité des personnesautistes.
Après une scolarité difficile, il obtient un diplôme àSciences Po Paris, puis undoctorat enphilosophie etsciences sociales à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il esthyperpolyglotte, puisqu'il parle plus de sept langues dont l'amharique, l’arabe, lepersan, et l'hébreu. Il découvre d'autres cultures et partage ses découvertes pendant, entre autres, sa chronique surEurope 1,Voyages en Autistan et surKTO,La Chronique atypique. Il estl'auteur de quatre ouvrages biographiques et récits de voyages abordant la question de l'autisme, dont son autobiographieJe suis à l’Est !. Il réalise aussi destraductions, et tient deschroniques écrites et orales lors d'émissions de radio. Il joue unrôle récurrent dans la série télévisée françaiseVestiaires, depuis la4e saison.
Depuis 2007, Josef Schovanec donne de nombreuses conférences et des formations dans le domaine de l'autisme. Connu pour sa voix particulière, sonsens de l'humour, sa politesse, sa franchise et sa logique, il témoigne souvent, lors de ces rencontres, sur ce qu'il vit et observe en tant que« personne avec autisme ». Il est présenté par certains journaux et auteurs comme l'un des porte-paroles de l'autisme en France, mais témoigne lui-même qu'il « ne représente personne » et a endossé ce rôle malgré lui. Il se positionne en faveur d'une société plus inclusive pour les personnes autistes et souligne les bienfaits du voyage. En tant que docteur en sociologie et philosophie, il étudie notamment les phénomènes decroyance.
Avec son retard de langage, — il commence à parler vers 6 ans —, Josef Schovanec est considéré comme inapte à passer enCP, et évite de justesse le redoublement de lagrande section de l'école maternelle[1]. Il apprend à lire et à écrire avant de savoir parler[2]. Son éducation est vécue difficilement[2]. Il est exclu des jeux de groupe, et subit desbrutalités physiques exercées par les autres élèves[3]. Il témoigne rentrer après la classe« couvert de boue et les vêtements déchirés »[4]. Durant sonenfance, il passe ses vacances enSuisse alémanique et dans lesAlpes[5].
Apprendre des gestes courants tels qu'enfiler un manteau ou descendre un escalier lui est difficile[6]. Il parle avec énormément de politesse à ses camarades de classe[7], se passionne pour l'Égypte antique, l'observation desmoisissures et le processus defossilisation[8], et témoigne se cacher dans des coins calmes et sombres (sous des lits ou aux toilettes) jusqu'à une demi-journée[9]. Sonabsentéisme est particulièrement important enCM1 eten quatrième[10]. Sa situation s'arrange pendant ses années delycée. Lesmathématiques formant sa discipline favorite, il envisage une carrière demathématicien. Il obtient sonbaccalauréat scientifique à 17 ans[11], avec unemention très bien[7],[11]. Il entre à l'institut d'études politiques de Paris (Sciences Po Paris),dispensé du passage de l'examen d'entrée grâce à sa mention au baccalauréat[12]. Il passe l'année scolaire 2000-2001 àMannheim, enAllemagne[13].
À son retour d'Allemagne en, il consulte un« cabinet psy »[14], espérant recevoir uncoaching pour résoudre ses difficultés de relations sociales[15]. Cela débouche sur une prescription d'amisulpride[16], puis d'aripiprazole[17], d'olanzapine et derispéridone, entraînant de nombreuxeffets secondaires[18]. En raison d'uneerreur de diagnostic, il est considéré commeschizophrène[19]. Il rapporte dansJe suis à l'Est ! sa brève appartenance àMensa France, à la même époque[20]. Il soutient sonDEA en 2003[21], mais termine difficilement son mémoire enpensée politique[21] en raison de ses prescriptions deneuroleptiques, témoignant :« avec certains comprimés, je dormais quasi en permanence »[22], ajoutant n'avoir aucun souvenir de l'année 2004[23]. Undiagnostic du syndrome d'Asperger étant finalement posé à l'âge de 22 ans[24] (ouvers 2005), il continue néanmoins de prendre les neuroleptiques qui lui sont prescrits pendant deux ans, avant de cesser ces consultations et prises de médicaments inadaptés en 2007[19].
Docteur et chercheur enphilosophie et sciences sociales (à l'École des hautes études en sciences sociales à Paris et à l'université de Bucarest notamment), il consacre sa thèse de philosophie allemande (soutenue en 2009 sous la direction deHeinz Wismann) à la pensée et lathéologie deMartin Heidegger en France[25]. Il a étudié l'allemand, l'anglais, puis legrec ancien au collège et au lycée[26]. Il entre plus tard à l'institut national des langues et civilisations orientales (Langues O') pour y suivre des cours, entre autres, d'hébreu, d'azéri et d'amharique, puis àParisIII pour un cursus desanskrit[27], et à l'institut catholique de Paris pour des cours devieil éthiopien[28]. Il voyage dans de nombreux pays pour y suivre des cours de langue[12]. Il fréquente des universités ou est invité pour descolloques tenus enAllemagne, auCanada, enEstonie, auxÉtats-Unis, enRoumanie, enRussie, enSuisse, enTunisie (àTunis où il fut étudiant[29]) et dans leProche-Orient, entre autres[30]. Il apprend l'arabe classique ausultanat d'Oman[24].
Il esthyperpolyglotte, puisqu'il parle le français, le tchèque, l'anglais, l'allemand, le persan et l’hébreu couramment, l’amharique, l’arabe, l’araméen, lechinois, l’azéri et le sanskrit moins couramment, et un peu d’estonien[6]. Il s'intéresse aux cultures et auxlangues, notamment orientales. Malgré ce bagage, il rencontre« 100 % d'échecs à ses entretiens d'embauche »[6],[31].
Fin 2006, il devient par hasard l'assistant deHamou Bouakkaz, chargé du handicap à laMairie de Paris, aveugle de naissance, qui le recrute sans entretien d'embauche[4],[32]. Il bénéficie de certains aménagements de poste dus à sonhandicap, tels que la dispense de réunions[8]. Il perd cet emploi en 2014, à l'arrivée d'Anne Hidalgo[4].
Le, il est faitdocteurhonoris causa par l'Université de Namur, pour récompenser ses travaux sur l'intelligence collective[33]. Après un nouvel hiver passé au sultanat d'Oman fin 2018, il donne des cours à l'université Kaust deJeddah, enArabie saoudite, début 2019[34]. Il inaugure l'espace philosophique de l'Université de Namur (ESPHIN) en[35].
Il annonce sondéménagement enBelgique fin[36], et suit les règles deconfinement dû à lapandémie de Covid-19 en Belgique dans son nouveau domicile, dans les environs deBruxelles[37].
Il reçoit unparrainage lors de l'élection présidentielle française de 2022[38], mais déclare ne pas être candidat et souhaiter que ce parrainage serve la cause de l'autisme[39]. Interrogé à ce sujet, il déplore que le sujet du handicap soit peu abordé dans la campagne, et dénonce la bureaucratie, le centralisme et la communication autour du handicap[40].
Josef Schovanec est régulièrement impliqué dans des actions de sensibilisation à l'autisme. Il passe pour la première fois sur une radio associative au début de l'année 2007, et est invité sur de nombreux plateaux télévisés entre et[41]. L'autisme étant déclaré « Grande Cause nationale » en2012, il donne une conférence auCollège de France en[8] et affiche son combat pour l'amélioration de la prise en compte des personnes autistes dans la société française. Il participe au documentaire-fictionLe Cerveau d'Hugo deSophie Révil cette même année[42]. Le quotidienLe Monde lui consacre un article à cette occasion[8].
En, lors d'un entretien télévisé auPetit Journal deYann Barthès pour la promotion de son deuxième livreÉloge du voyage à l'usage des autistes et de ceux qui ne le sont pas assez, il inviteSégolène Neuville, lasecrétaire d'État chargée des Personnes handicapées, à passer du temps avec des personnes autistes pour mieux se sensibiliser à leur cause[43].
Lors de la conférence nationale du handicap le, il reçoit une mission duministère de la Santé sous la direction de Ségolène Neuville, concernant l'insertion professionnelle des adultes autistes[44]. Il s'exprime en faveur d'un développement dujob coaching, et d'une adaptation des environnements de travail aux besoins particuliers des personnes autistes[45]. Il soutient fin 2018 une expérimentation pilote d'accompagnement à l'emploi dans lesPays de la Loire[46].
Il est nommé au conseil de laCaisse nationale de solidarité pour l'autonomie le, au titre de « personnalité qualifiée »[47].
Josef Schovanec publie son premier livreJe suis à l’Est ! en 2012, en collaboration avecCaroline Glorion. Cetteautobiographie témoigne de son parcours et de réflexions sur les différences entre personnes non autistes et « personnes avec autisme » comme il le dit lui-même[48]. L'ouvrage devient unsuccès de librairie[31] : il s'agit d'un des très rares témoignages de personne autiste publiés en France[49].
Son deuxième livreÉloge du voyage à l'usage des autistes et de ceux qui ne le sont pas assez, sort en. Il y parle de ses nombreux séjours dans plusieurs pays (Éthiopie,Arménie,Iran,Ouzbékistan,Taïwan, etc.), de ses découvertes mais aussi des bienfaits thérapeutiques du voyage[50],[31].Fin 2015, il publie son troisième livre,De l'Amour en Autistan, qui aborde la vie émotionnelle des personnes autistes[51], et fin, le quatrième :Voyages en Autistan[52]. La seconde saison deVoyages en Autistan, tirée de ses chroniques radio, sort un an plus tard[53]. Il est accueilli dans une résidence d'écrivains enNouvelle-Zélande pendant cinq moisdébut 2017[54]. En, il tient une chronique écrite dans le quotidienLa Libre Belgique[55]. En sort son sixième livre, un essai intituléNos intelligences multiples[56]. Il préfaceLes Enfants d'Asperger, paru en[57], puis collabore à l'ouvrage de photographiesKinderszenen, qui sort début 2020[58].
Il tient une chronique écrite dansLa Dépêche du Midi en 2020 ; sonéditorial intitulé « Peut-on critiquer Brigitte Macron ? », publié en septembre[59], est qualifié de« portrait au vitriol » par la journaliste deGala Tatiana Wakam, le lendemain de sa parution[60].
De 2014 à 2021, Josef Schovanec est chroniqueur dans l'émissionCarnets du monde, sur la radioEurope 1[61]. La rédaction de cette radio découvre le contenu de ses chroniques au dernier moment précédant leur diffusion[34]. Depuis[62], il tient également une chronique littéraire hebdomadaire pendant l'émissionEntrez sans frapper sur la chaîne de radio belgeLa Première (RTBF). Depuis la rentrée 2019, sa nouvelle chronique sur La Première s'intitule « La bulle de Josef Schovanec »[36]. Il tient aussi une chronique surKTO depuis[63].
Il apparaît dans la sérieVestiaires, surFrance 2 (saison 4,épisode 23), où il interprète le rôle d'un autiste obsédé par la poésie perse[64]. Il reprend ce rôle dans l'épisodeAdopte une femme de lasaison 5[65]. Il fait depuis des apparitions récurrentes dans toutes les saisons[66],[67].
Il reçoit le le prix audiovisuel de l'Association Planète Albert-Kahn, aumusée de l'Homme à Paris[68], pour récompenser le regard qu'il offre sur le monde dans l'émission radioVoyages en Autistan[69].
Josef Schovanec est reconnu pour sapolitesse extrême, sa franchise, sa logique[6] et sonsens de l'humour[70]. Il refuse de se définir « par un seul critère », par exemple en tant que diplômé de Sciences Po, ou même en tant que « personne autiste » :
« Moi, c'est Josef. Le fait que je sois ou non diplômé de Sciences Po ou d'un autre établissement, c'est comme avoir ou non un mouchoir dans la poche. Il se trouve qu'il est là, mais on ne se définit pas par rapport à lui. »
— Je suis à l'Est ![71]
Il décrit l'expression de son autisme comme étant l'une de ses particularités, auxquelles on peut ajouter le fait de mesurer« environ 1,95 m »[72], ainsi que sonsurdouement[73]. Il a réussi les tests d'entrée de l'associationMensa pendant l'année 2000-2001, et en a été membre quelque temps[74], mais précise avoir obtenu des résultats« désastreux » à certainstests de QI[75]. Son ancien employeur,Hamou Bouakkaz, le décrit comme« un garçon d'une intelligence exceptionnelle, jamais dans le calcul »[8].
D'après le psychiatre Bruno Gepner[76], il manie volontiers l'ironie, voire un certaincynisme. Ce dernier ajoute que« encore extrêmement stressé par l’environnement social, [il] est doté d’une mémoire impressionnante pour les langues et les cultures et d’une conscience sociétale aiguë ; il parle si lentement d’une voix aiguë et monocorde »[70]. Josef Schovanec a en effet une voix lente, perçue comme ayant un« accent indéfinissable »[24] et un timbre haché : il est fréquent que d'autres personnes croient qu'il a l'accent suisse[77].
Josef Schovanec témoigne expérimenter souvent de l'anxiété. Il tente d'éviter les situations potentiellement trop stressantes[78]. Il a appris les codes sociaux pour se donner une apparence de normalité, entre autres en lisant des manuels demanagement, mais a des difficultés pour reconnaître les personnes[6]. Il parle souvent avec des constructions grammaticales complexes[6]. Il collectionne les bouteilles d'eau de50 cl et déclare avoir appris à ne pas parler de cette passion, qui passe pour étrange lors de ses entretiens d'embauche[6]. Les efforts sociaux qu'il fournit pendant ses interactions avec d'autres personnes ont tendance à l'épuiser. Il passe beaucoup de temps à lire et à naviguer sur leweb[6]. DansJe suis à l'Est !, il témoigne aussi avoir un« certain monde intérieur » qu'il ne partage pas avec lespsychiatres[79].
Josef Schovanec déclare assimiler l'autisme à « une manière différente d'être », et non à« une pathologie qui se guérit avec des comprimés »[80]. Il souhaite que « les personnes avec autisme », selon sa formulation[81], puissent être réellement prises en compte« comme personnes » et non comme des malades, des handicapés ou des psychotiques. Il s'interroge sur l'exclusion des personnes qui s'écartent de la norme. Le psychanalyste Hervé Bentata estime que son témoignage« se démarque avec force des portraits-robots de l’autisme »[82].
Il se déclare effaré par ce qu'il a vu en visitant leshôpitaux psychiatriques français et les établissements belges qui accueillent les personnes autistes. Il souhaite que ces personnes puissent avoir une place dans la société et bénéficier d'une qualité de vie correcte[12],[24]. Partisan de l'inclusion des personnes autistes hors d'établissements spécialisés[34], il témoigne aussi d'avoir croisé plusieurs personnes autistesà la rue malgré leurs capacités (par exemple pour les langues) et dénonce leur taux desuicide ainsi que l'absence d'étude sur leurespérance de vie[83]. Il dénonce aussi un amalgame« fantasmé » et fréquent entrel'autisme, la violence et les comportements inappropriés[84]. Il ajoute que« les personnes avec autisme se fatiguent beaucoup plus vite que les autres parce qu'elles doivent mener simultanément beaucoup de tâches de front. On parle parfois de double, ou de triple cursus pour l'enfant avec autisme à l'école, qui doit non seulement apprendre le français et les maths, mais également les codes sociaux[85] ». Il explique avoir pris conscience que son handicap puisse être également un avantage durant les examens de mathématiques, qu'il terminait beaucoup plus vite que ses camarades de classe[23].
Selon lui, le « spectre de l'autisme » n'a pas de délimitations ni de compartiments, et« il ne faut pas apposer des étiquettes sur le front des gens »[83].
Dans son ouvrageJe suis à l’Est !, il dénonce —« non sans pertinence », selon le psychanalysteJean-Claude Maleval — des« techniquespsychanalytiques inappropriées »[86], mais regrette aussi la « guéguerre » qui sévit en France entre les psychanalystes et les « anti-psychanalyse », qu'il estime dans l'ensemble être nuisible aux personnes avec autisme[87]. Il évoque avec humour la période où il était placé sous« camisole chimique », sans rancune contre les professionnels de santé qu'il a vus, uniquement contre ceux« qui ne veulent pas savoir et refusent d'avancer ». Il s'oppose aupacking, qu'il qualifie de« pratique moyenâgeuse » et d'« atteinte grave aux droits de la personne »[83]. L'autisme peut selon lui être reconnu« comme miroir de la société, de ses enjeux et de ses problèmes »[88].
D'aprèsOlivia Cattan, ses conférences« pleines d'humour » ont permis d'émettre un doute quant à certains clichés, notamment celui qui décrit les personnes autistes comme étant enfermées dans une« petite boîte »[89].
Selon les déclarations de Yannick Pinard, ancien éducateur spécialisé enart-thérapie et auteur d'un essai sur l'éducation et le soin spécialisé, Josef Schovanec est apprécié en qualité deporte-parole par certaines personnes diagnostiquées comme autistes en France[90]. Cependant, il déclare« ne représenter personne » et avoir endossé ce rôle « malgré lui ». Par ailleurs, il n'a aucune charge associative dans le domaine de l'autisme[91]. Ses centres d'intérêt sont l'Histoire et leslangues anciennes, non l'autisme :« […] l'autisme n'est pas une passion personnelle, je lis très peu sur ce sujet. Je raconte des petites histoires, celles de mes amis, les miennes »[8].
En, il allègue l'existence de poses de diagnostic abusives chez les adultes autistes :« À peu près tous les professionnels de l'autisme [le] constatent […] mais peu de gens osent parler, tant le tabou est lourd. […] s'agissant uniquement des adultes dont la demande est personnelle, au sens où elle n'émane pas d'un tiers, on peut raisonnablement estimer que les deux tiers des nouveaux diagnostics sont faux ou douteux. Le phénomène est assez nouveau[92]. »
Josef Schovanec est« presque tout le temps en voyage »[93]. Partisan des bienfaits thérapeutiques du voyage, il estime que les personnes autistes peuvent, ailleurs, se sentir enfin appréciées :
« Le voyage, mieux que nulle autre thérapie, rend obsolètes les traumatismes passés. Vous vous sentez moche ? Peut-être faites vous même partie avec moi des gens peu favorisés par Dame Nature ? Peu importe. Ce qui passe ici pour un défaut pourra devenir une qualité ailleurs[94],[95]. »
Il se prononce en faveur dunomadisme, et estime que le gain de la société occidentale en confort matériel s'accompagne d'une perte de la capacité à apprendre des langues et à accueillir les autres[24]. Il évoque le décalage perçu dans l'association entre la vision populaire de l'autisme (des personnes enfermées dans des bulles) et le voyage, précisant que les personnes autistes ne voyagent pas en suivant les circuits habituels[96]. Il a visité de très nombreux pays (Iran, Ouzbékistan, Irlande, Chine…), généralement en solitaire. Il déclare avoir commencé à voyager grâce aux langues qu'il a apprises, et par certitude de ne rien avoir à perdre, alors qu'il ne trouvait pas sa place en France[93].
En 2014, interrogé sur safoi, il déclare au journal chrétienOmbres et lumière :
« J'ai tendance à suivre les amis du moment, suivre au sens géographique ou physique : à la synagogue avec des amis juifs, à la mosquée avec des amis musulmans… J’ai un vrai intérêt pour les croyances des gens. Les croyances sont les idées les plus universelles qui voyagent de pays en pays, de culture en culture. Le phénomène religieux unit beaucoup plus qu’il ne sépare[77]. »
Dans une émissionœcuménique diffusée en surFrance 2,Kaïros, « Un autre regard sur le handicap », il dit, en commentant le verset de la1re épître dePaul auxCorinthiens (1 Cor 1:27 : « Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages ») :« Je pense qu’il est bien triste d’être normal ou d’être non-fou »[31].
Il lit de nombreux textes religieux dans leur langue originelle (leCoran en arabe, laBible en araméen, hébreu et grec ancien)[24]. En termes de recherches, Josef Schovanec s'est spécialisé dans les études de comparatisme religieux, en particulier duJudaïsme, de l'Islam et duBouddhisme ; il a publié à propos du lien entre religion et technologie, et du sentiment religieux dans le monde contemporain[97].
En 2020 et 2021, il est critique de l'action du gouvernement français, dénonçant un bilan désastreux avec un manque important de chiffres, d'innovations et de moyens (notamment d'Accompagnants des élèves en situation de handicap)[98]. Il parle également de récupération de projets d'acteurs de terrains qui seraient présentés comme des réalisations gouvernementales[99]. Selon lui, les bases nécessaires ne sont pas posées pour une véritable inclusion des personnes en situation de handicap, citant notamment l'absence de loi concernant l'accès à l'université qui permettrait à terme un meilleur accès à l'emploi[100].
Josef Schovanec reproche àSophie Cluzel, secrétaire d'État chargée des personnes handicapées, d'avoir voulu mettre les associations à l'écart des organismes consultatifs, au profit d'individus choisis, et parle de pressions pour forcer les associations à coopérer, sous peine d'être ostracisées[101]. Il indique que lui-même et d'autres personnes autistes nommées au Comité d'autisme ne sont plus invités aux réunions de celui-ci et il accuse également le ministère d'avoir tenté de le discréditer auprès des médias[98].
En 2021, il annonce s'être installé enBelgique où il estime que les autistes sont« davantage respectés dans [leurs] droits et dans [leur] différence »[98] (le pays a notamment, en, inscrit le droit des personnes handicapées à participer pleinement à la société dans saconstitution[102]).
Depuis, il travaille notamment au service d'aide pour étudiants à besoins spécifiques de l'Université catholique de Louvain[103],[104].
Josef Schovanec refuse d'être décrit comme « Asperger », et milite pour que la notion de syndrome d'Asperger ne soit plus utilisée, en raison du lien entre la création de ce diagnostic et l'époque nazie[105],[106].Il met en doute son propre diagnostic de syndrome d'Asperger en raison de son retard de langage,« qui ne cadre pas très bien avec le syndrome d'Asperger », précisant que« de nombreuses personnes définies comme Asperger avaient au départ un profil beaucoup plus lourd »[81].
Josef Schovanec est aussi apparu dans des documentaires comme :
Sur les autres projets Wikimedia :
Personnes autistes connues | ||
---|---|---|
Pour leurs écrits |
| ![]() |
En tant que militants | ||
En tant qu'artistes | ||
Pour d'autres raisons |
| |
Diagnostics rétrospectifs de l'autisme |
|
Associations et espaces de discussion | ![]() | |
---|---|---|
Militants | ||
Événements |
Généralités | |
---|---|
Lieux et approches | |
Terminologie obsolèteCFTMEA | |
Psychanalystes | |
Cognitivistes, généticiens et neurologues | |
Personnalités politiques impliquées | |
Associations | |
Militants | |
Livres | |
Films et documentaires | |
Aspects sociaux |