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John Lennon

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Pour les articles homonymes, voirLennon.

John Lennon
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Photo publicitaire de Lennon en 1974 pour l'albumWalls and Bridges.
Informations générales
Nom de naissanceJohn Winston Lennon
Naissance
Liverpool (Royaume-Uni)
Décès (à 40 ans)
New York (États-Unis)
Activité principaleAuteur-compositeur-interprète,guitariste,écrivain,dessinateur,militant pacifiste
Genre musicalRock,pop,rock 'n' roll,musique expérimentale
InstrumentsGuitare,basse,lap-steel,harmonica,piano,orgue
Années actives19561975,1980
LabelsApple,Parlophone,Capitol
InfluencesElvis Presley,Chuck Berry,Bob Dylan,Buddy Holly
Site officiel(en) Site officielVoir et modifier les données sur Wikidata
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Signature de John Lennon.

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John Lennon (/d͡ʒɒnˈlɛnən/[n 1]), né le àLiverpool et mortassassiné le àNew York, est unauteur-compositeur-interprète,guitariste,multi-instrumentiste,écrivain etmilitantpacifistebritannique.

Il est le fondateur desBeatles, groupe musical anglais au succès planétaire dans lequel il forme, avecPaul McCartney,l'un des tandems d'auteurs-compositeurs les plus influents et prolifiques de l'histoire durock, ayant écritplus de deux cents chansons.

Adolescent, influencé par ses idoles américaines durock 'n' roll, il est porté par la vague de musiqueskiffle à Liverpool et fonde en 1957 le groupeThe Quarrymen qui deviendra lesBeatles après avoir recrutéPaul McCartney etGeorge Harrison, rejoints en 1962 parRingo Starr. Des albumsPlease Please Me en 1963 àLet It Be en 1970, les Beatles deviennent un phénomène de l'histoire de l'industrie discographique, introduisant innovations musicales, mélangeant les genres et les influences avec une audace et une sophistication inédites. John Lennon occupe une place centrale dans cette réussite populaire, critique etcommerciale. Des dissensions mettent fin auxBeatles en 1970.

Accompagné depuis 1968 de son épouseYoko Ono, artiste japonaise d'avant-garde, John Lennon entame une carrière solo et en duo. Ils deviennent des artistes engagés parmi les plus médiatisés, aussi bien pour leur art que pour leur engagement politique. Ils créent lePlastic Ono Band, groupe variable où interviennent des amis sur scène ou en studio. En 1971, John Lennon compose une chanson emblématique,Imagine ;l'album du même nom est son plus grand succès commercial en solo. Lennon se retire en 1975 de toute activité publique pour s'occuper de son filsSean, puis revient à la musique en 1980, mais est assassiné devant sa résidence duDakota Building àNew York parMark David Chapman, atteint detroubles psychotiques.

Outre sa musique, Lennon est célèbre pour ses prises de positionpacifistes, à la fin des années 1960. Ses activités et son engagement, notamment contre laguerre du Viêt Nam, lui valent des ennuis avec legouvernement des États-Unis, qui tente de l'expulser. Personnalité complexe, d'un humour acerbe, teinté d'absurde et denon-sens, il connaît d'abord une époque conflictuelle voire violente, puis change avec le succès. Il pratique lapeinture et l'écriture, joue dans quelques films, et réalise descourts métragesexpérimentaux.

Longtemps après sa mort, il reste l'un des artistes les plus populaires duXXe siècle. Il s'est vendu plus de 72 millions de ses disques en « équivalent album ». Il incarne le mouvement pacifistepeace and love des années 1960 et 1970. Un rassemblement commémoratif a lieu à New York chaque, jour de sa mort, et plusieurs monuments ont été érigés de par le monde. L'aéroport de Liverpool porte son nom depuis 2002.

Biographie

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Enfance et adolescence (1940–1956)

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Naissance et situation familiale

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John Winston Lennon, fils d'Alfred « Alf » Lennon (en)[1] et deJulia Stanley, naît le mercredi à la maternité-hôpital d'Oxford Street, àLiverpool. (Contrairement à ce qui était écrit dans la biographie deHunter Davies (en)[a 1], il n'y eut pas de raid de l'aviation allemande cette nuit là[2].) John tient son premier prénom de son grand-père John « Jack » Lennon, et son deuxième prénom, Winston, lui est donné en hommage auPremier ministre britanniqueWinston Churchill[b 1]. Jack Lennon, né en 1855 àDublin et mort en 1921, était chanteur de métier (le nom Lennon est la version anglicisée du nomirlandaisÓ Leannáin[3]). Il a longtemps vécu auxÉtats-Unis avant de revenir àLiverpool, où Alf Lennon est né[4]. Orphelin, celui-ci reçoit une bonne éducation et quitte l'école à quinze ans. Il travaille un an comme garçon de bureau puis s'engage dans la marine marchande[a 2]. Il se met aussi à fréquenter Julia Stanley, malgré le désaccord de la famille de la jeune fille, et ils finissent par se marier en 1938. Ils habitent une maison surNewcastle Road, dans le faubourg dePenny Lane, mais il est fréquemment éloigné de la maison familiale[c 1]. Deux ans plus tard, Julia donne naissance à John, alors qu'Alf est en mer[a 1].

Alf s'absente une bonne partie de l'année 1943, arrêtant de subvenir aux besoins de sa femme et de son fils, puis revient l'année suivante[b 2]. Il propose alors de s'occuper de sa famille, mais Julia, enceinte d'un autre homme, refuse[b 3]. Sa sœurMary Elizabeth « Mimi » Smith (en) ayant porté plainte auprès des services sociaux, Julia doit lui confier la garde de John qui a alors trois ans[d 1]. Mimi Smith déclare par la suite :« J'ai su au moment où j'ai vu John à l'hôpital que j'étais celle qui serait sa mère, et pas Julia. Est-ce que cela est horrible à dire ? Pas vraiment, car Julia a considéré ça comme quelque chose de totalement naturel. Elle disait souvent que j'étais sa vraie mère, qu'elle n'avait fait que lui donner le jour. »[5] Mimi rapporte également que tous les trois avaient discuté et s'étaient mis d'accord pour qu'elle adopte officiellement le petit John, mais cette décision ne s'est jamais concrétisée[a 3]. Quand naît le second enfant de Julia, une fille d'abord prénommée Victoria, elle la confie à l'Armée du salut en vue de la faire adopter. Plusieurs années plus tard, John Lennon essaie, sans succès, de retrouver la trace de cette demi-sœur, devenue Ingrid avec le nouveau prénom que lui ont donné ses parents adoptifs, et Pedersen par son mariage[e 1]. Elle publiera ses mémoires après la mort de John[6]. La deuxième demi-sœur de Lennon, prénomméeJulia comme sa mère, fait de même dans deux livres, d'abord en 1988[7], puis en 2007[8].

En juin 1946, Alf vient chercher John chez sa belle-sœur pour passer du temps avec son fils àBlackpool, avant d'émigrer enNouvelle-Zélande. Ses finances sont au beau fixe, notamment grâce aumarché noir d'après-guerre[a 4]. Bien qu'on lise souvent que John, âgé de cinq ans, a dû choisir entre ses deux parents sur les quais de Blackpool, en réalité, Alf accepte de laisser son fils en Angleterre sachant bien que Julia et Mimi prendront mieux soin de lui[9]. De retour à Liverpool, il est confié définitivement à sa tante et perd tout contact avec son père pendant vingt ans, jusqu'au plein essor de laBeatlemania[b 4],[n 2]. Lennon a vécu toute son enfance et son adolescence entouré de femmes : sa mère et les quatre sœurs de celle-ci[c 1]. Mais, de neuf à seize ans, il a aussi la chance de vivre parmi une ribambelle de cousins et cousines, parmi lesquels Stanley Parkes et Leila, avec qui il effectue de nombreuses sorties joyeuses, séances de cinéma et même des voyages, les trois ensemble ou seulement avec Stanley, plus âgé que lui de sept ans[s 1].

Jeunesse chez « Mimi » Smith

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La façade de la maison d'enfance de John Lennon.
« Mendips », la maison d'enfance de John Lennon.
La guitare Gallotone de Lennon.

John part habiterWoolton, un autre quartier deLiverpool, chez sa tante Mimi et son oncle George Smith, au251 Menlove Avenue, dans une maison surnommée « Mendips ». Il y passe le reste de son enfance et son adolescence. Des quatre Beatles, il est le mieux placé dans l'échelle sociale, vivant dans une maison en banlieue avec un jardin[c 1]. Lennon est éduqué dans la traditionanglicane[s 2] ; il va aucatéchisme et fait même sacommunion, de son plein gré, à quinze ans[a 5]. Il fréquente tout d'abord l'école primaire de Dovedale, où il apprend à lire et à écrire en cinq mois, aidé par son oncle George[a 6]. John se révèle être un enfant très curieux et doué pour la littérature. Il invente des chansons à partir des comptines qu'on lui apprend à l'école. Il se crée alors un univers proche de son roman préféré,Les Aventures d'Alice au pays des merveilles, dont il dessine tous les personnages[f 1],[a 5]. Pendant toute sa scolarité, Lennon est un meneur turbulent qui se bagarre avec les autres enfants de son école et ceux de son quartier. Il explique :« J'adoraisLe Vent dans les saules. Quand j'avais lu un livre, il fallait que ça devienne vrai. C'est pour ça que je voulais être meneur à l'école. Pour que les autres jouent aux jeux qui me plaisaient, comme dans ce que je venais de lire. »[a 5] S'il oublie assez vite son père, Lennon pense souvent à sa mère, qu'il voit de temps à autre[a 7].

De 1952 à 1957, il fréquente le lycée deQuarry Bank, établissement de banlieue proche, et de bonne réputation. Dès le premier jour, il est impressionné par le nombre d'élèves et par la difficulté que cela présage pour s'imposer. Son agressivité et les bagarres persistent au lycée :« Je voulais être admiré. Je voulais être le patron. Ça me plaisait davantage que de faire le petit bourgeois. »[a 8] Mais John est plein d'humour, et fait des bandes dessinées comiques[b 5],[g 1] ; il écrit des poèmesgrivois et dessine des dessins obscènes, qui lui valent des ennuis[a 9]. Ses mauvais résultats empirent chaque année, ce qu'atteste un professeur sur le bulletin de troisième :« Sans espoir. Plutôt le clown de la classe. Un bulletin épouvantable. Fait perdre leur temps aux autres élèves. »[10] L'année suivante, il est dirigé vers les classes plus faibles, la « filière C »[a 9]. John en éprouve de la honte, mais ne se met pas à travailler pour autant, n'ayant pas envie de« se mesurer aux débiles ». Il entraîne d'ailleurs son amiPete Shotton sur la mauvaise pente[a 3]. Il échoue de peu auGeneral Certificate of Education (l'équivalent dubrevet des collèges), compromettant ainsi son avenir. Toutefois, il reçoit l'aide deM. Pobjoy, un nouveau professeur qui s'est attaché à lui. Pobjoy lui permet d'entrer auxBeaux-Arts, le sachant doué pour le dessin ; la tante Mimi approuve l'idée[a 3]. Lennon a pourtant raté l'épreuve de dessin au brevet :« Il fallait faire quelque chose sur le thème du voyage. Je leur ai dessiné un bossu, plein de verrues. Faut croire que ça ne leur a pas plu. »[a 3]

En juin 1955, l'oncle George meurt d'une hémorragie, alors que Lennon va avoir quinze ans ; il s'entendait bien avec lui et, même s'il n'en montre rien, sa tante affirme que sa mort l'a choqué[a 10]. Lennon vit donc seul avec Mimi[b 5]. Sa mère lui rend des visites presque quotidiennes et lui-même, en grandissant, va souvent la voir ; elle l'héberge lorsqu'il se dispute avec sa tante.Julia est alors son alliée dans la quête d'indépendance et de rébellion de son fils, raillant les parents et les professeurs qui le briment au lycée. Il voit ainsi sa mère davantage comme une jeune tante ou comme une grande sœur[a 10]. Par sa personnalité, John lui ressemble[a 3]. Julia joue aussi un rôle dans son éducation musicale en lui apprennant lebanjo et en lui offrant sa première guitare, uneGallotone Championacoustique bon marché[b 6]. La première chanson qu'il joue serait soitAin't That a Shame deFats Domino[d 2], soitThat'll Be the Day deBuddy Holly[a 11].

Les premiers disques derock 'n' roll américains parviennent rapidement aux oreilles des jeunes de Liverpool, et de son propre aveu, John Lennon« passe à côté de la périodeBill Haley ». Mais en 1956, il entendHeartbreak Hotel d'Elvis Presley, et, explique-t-il,« ça a été la fin du monde »[c 2]. Il déclare ainsi, à propos duKing :« Rien ne m'a vraiment touché jusqu'au jour où j'ai entendu Elvis. S'il n'y avait pas eu Elvis, il n'y aurait pas eu les Beatles. Je suis un fan d'Elvis parce que c'est lui qui m'a permis de quitter Liverpool. Dès que je l'ai entendu et que je l'ai aimé, ça a été toute ma vie. Il n'a plus rien existé d'autre. Je ne pensais plus qu'au rock 'n' roll. À part le sexe, la bouffe et l'argent — mais c'est la même chose, en fait[c 3],[a 12]. »

Début de carrière (1956–1962)

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Les Quarrymen

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Article détaillé :The Quarrymen.

Alors que John Lennon, désormais fou derock 'n' roll, est au lycée deQuarry Bank, la vague duskiffle déferle sur Liverpool. Lui vient alors l'idée de former un groupe avec son ami Eric Griffith, ce qui les pousse à prendre des leçons de guitare, rapidement abandonnées par Lennon[b 7]. À16 ans, en novembre 1956[11], il fonde, avec Griffith,Pete Shotton, Nigel Walley etIvan Vaughan, le groupe desQuarrymen, qui se produit dans de petites fêtes paroissiales[b 8]. C'est durant l'une d'elles, le, qu'Ivan Vaughan présentePaul McCartney à John[e 2]. Le jeune Paul, âgé de quinze ans et gaucher, l'impressionne en lui jouant les accords de la chansonTwenty Flight Rock d'Eddie Cochran. Lennon résume ainsi cette rencontre cruciale :« C'est à partir du jour où j'ai rencontré Paul que les choses se sont mises à avancer[a 13]. » Le père de Paul commence par penser que Lennon est une mauvaise fréquentation pour son fils, mais il finit rapidement par accepter que les Quarrymen répètent chez lui, et le duo commence à travailler ensemble[g 2],[g 3]. Dès 1957, ils écrivent leurs premières chansons, commeHello Little Girl, qui devient par la suite une des chansons phares du groupeThe Fourmost[g 2], ou encoreOne After 909 que l'on retrouve bien des années plus tard sur l'albumLet It Be.« Nous avions l'habitude de sécher les cours et de retourner chez moi àForthlin Road, pour composer. Il y a beaucoup de chansons de cette époque que nous n'avons jamais utilisées, parce que ce sont des chansons très simples »[h 1], se souvient Paul McCartney. La tante Mimi se montre très sceptique au sujet d'une éventuelle carrière musicale de son neveu, lui répétant souvent que« la guitare, c'est très bien, mais tu ne pourras jamais vivre de ça ». Quelques années plus tard, alors que les Beatles sont au sommet de la gloire, John offre ainsi à Mimi un plateau d'argent sur lequel est gravée cette phrase[s 3].

Lennon fréquente leLiverpool College of Art à partir de l'automne 1957, section arts et lettres, ce qui ne lui plaît pas ; rétrospectivement, il pense qu'il aurait dû étudier l'illustration ou la peinture[a 14]. Il arbore à cette époque un style deTeddy Boy, porte des vestes en cuir, et se fait connaître de tous comme un rebelle peu recommandable. Aux Beaux-Arts, il se lie d'amitié avecStuart Sutcliffe et rencontre sa future épouseCynthia Powell[b 9],[d 3]. Distrait, John oublie très souvent d'apporter son matériel de dessin et n'hésite pas à lui emprunter crayons et pinceaux. Un jour où il est venu en cours avec sa guitare, il lui chante la ballade américaineAin't She Sweet[f 2]. Powell, quant à elle, se teint les cheveux en blond après avoir entendu Lennon complimenter une fille aux cheveux blonds[d 4]. Cependant, il se montre insolent et inattentif durant les cours, au point d'être refusé par certains enseignants[12],[13]. Ayant échoué à un examen, il quitte l'établissement avant la fin de son année[b 10].

Outre leur passion de la musique, John et Paul partagent bientôt un point commun, qui tisse un lien très fort entre eux : la perte de leur mère[c 4]. Moins de deux ans après la mort de Mary McCartney, morte d'uncancer du sein[g 4],Julia est renversée par une voiture, le, à deux pas de « Mendips »[g 5]. John vit la mort de sa mère comme un grand traumatisme, le plongeant dans l'amertume :« Je l'avais perdue deux fois. La première quand on m'avait envoyé chez ma tante. Et la seconde à 17 ans, quand elle est vraiment, physiquement morte. Ça m'a rendu très, très amer[c 5] ». Il ne se remet jamais de cette disparition, lui consacrant plusieurs chansons par la suite.

Au sein des Quarrymen, John Lennon jouit d'une autorité certaine sur les autres, en raison de son âge comme de ses excès. Sur sa position dans le groupe, Paul McCartney déclare :« On admirait tous John. C'était le plus âgé et c'était plutôt lui le chef. C'était l'esprit le plus vif, le plus intelligent et tout ce genre de choses[d 5],[s 4]. » Le look de Lennon est, à l'époque, très influencé parElvis Presley etMarlon Brando. En février 1958, McCartney le convainc d'inclure son amiGeorge Harrison dans le groupe. Lennon, peu tenté au départ car persuadé que Harrison est trop jeune, change d'avis après l'avoir auditionné dans un bus[g 6].

Création des Beatles

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Article détaillé :The Beatles.
L'entrée du Cavern Club, avec le nom de l'endroit inscrit au-dessus de la porte.
Les Beatles ont été découverts par Brian Epstein alors qu'ils jouaient au Cavern Club de Liverpool.

Par la suite, Lennon nomme son groupe lesSilver Beetles, puis, en 1960, lesBeatles, le deuxième « e » du mot « beetle » (scarabée) se changeant en « a » sur une idée de Lennon ou de Sutcliffe, en référence à laBeat Generation[14]. Le groupe, très influencé par le répertoirerock 'n' roll de l'époque, développe un jeu plutôt agressif. Après s'être fait une petite réputation à Liverpool, le groupe est engagé en août 1960 parBruno Koschmider, propriétaire de clubs àHambourg, enAllemagne. Les Beatles font dès lors leurs armes dans les boîtes duquartier chaud deSankt Pauli. John est plein de facétie pendant ses concerts :« Je m'appelle John, je joue de la guitare. Parfois, je joue les andouilles aussi[s 5] » ; ou encore :« Bande de boches, nous avons gagné la guerre ! » — sachant que le public allemand ne le comprendra pas et que les marins anglais présents vont éclater de rire[s 6].

La tante Mimi est terrifiée par ce voyage et supplie son neveu de reprendre ses études, sans succès[d 6]. Pour cette escapade allemande, Lennon imposeStuart Sutcliffe à labasse[g 7],[g 8]. Peintre très doué, Stuart se révèle un piètre musicien[f 3]. Peu après les débuts de l'engagement, il quitte le groupe pour vivre son histoire d'amour avecAstrid Kirchherr, auteur des premiers clichés officiels des Beatles[s 7]. C'est alors McCartney qui prend la basse, Lennon et Harrison refusant de laisser leurs guitares[f 4]. Le groupe connaît d'autres déboires lorsque McCartney et le batteur de l'époque,Pete Best, sont renvoyés d'Allemagne après avoir mis le feu à un préservatif, à l'arrière du cinéma où ils sont logés, tandis que George est lui aussi renvoyé, n'étant pas en âge de travailler[g 9]. Lennon, quant à lui, perd son permis de travail peu après et doit également repartir en Angleterre[d 7].

Ils reviennent en Allemagne en avril 1961 et y enregistrentMy Bonnie avecTony Sheridan[d 8]. En novembre,Brian Epstein propose aux Beatles de devenir leurmanager, ce qu'ils acceptent[g 10]. Ce dernier joue un rôle déterminant pour le groupe, poussant les membres à changer leurs tenues de cuir pour des complets-vestons, leur donnant une image plus sage[s 8]. John Lennon vit un deuxième drame lorsque Sutcliffe meurt d'une hémorragie cérébrale, le, quelques jours avant le retour du groupe à Hambourg[b 11],[d 9]. Lennon tient alors un grand rôle auprès de Kirchherr : celle-ci déclarera par la suite qu'il l'a sauvée en lui remontant le moral, lui disant :« soit tu vis, soit tu meurs, tu ne peux pas rester au milieu »[f 5].

La vie personnelle de John Lennon prend un nouveau tournant mi-1962, lorsque Cynthia lui apprend qu'elle est enceinte de lui[d 10]. Ils se marient le 23 août, mais l'union reste secrète. En effet, il serait mauvais pour l'image du groupe que ses membres ne soient pas célibataires. C'est ainsi que mêmeRingo Starr, tout juste engagé par le groupe, n'est pas mis au courant et apprend que Lennon est marié lors d'une entrevue chez le comptable, au cours de laquelle John déclare avoir une épouse à charge[f 6]. Le mariage ne s'ébruite qu'à la naissance de leur enfant,Julian Lennon, le[d 11]. Julian grandit cependant sans avoir de véritable lien avec son père.

« Je n'ai jamais vraiment voulu connaître la vérité sur la façon dont papa se comportait avec moi. Des trucs très négatifs ont été dits à mon sujet, comme lorsqu'il a dit que je devais provenir d'une bouteille de whisky un samedi soir. Des trucs comme ça. On se dit : où est l'amour dans tout ça ? Avec Paul on traînait souvent, plus que papa et moi. On était très amis et il semble y avoir bien plus de photos de Paul et moi jouant ensemble à cette époque que de mon père et moi. »

— Julian Lennon[s 9]

Au moment de la naissance de Julian, John est en vacances avecBrian Epstein, lemanager des Beatles.

« Cynthia allait accoucher, mais je n'allais pas manquer mes vacances pour un bébé. Je me suis dit que j'étais un drôle d'enfoiré et je suis parti. »

— John Lennon[c 6]

Beatlemania (1963–1966)

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Article détaillé :Beatlemania.

Montée en popularité

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John Lennon en 1964.

Après plusieurs refus desmaisons de disques londoniennes, les Beatles sont engagés chezParlophone, une filiale d'EMI, sous la houlette deGeorge Martin,producteur par la suite de tous les albums du groupe — à l'exception deLet It Be — et qui jouera un rôle considérable dans son évolution artistique. Le premiersingle du groupe,Love Me Do, paraît le. La chanson atteint la17e place des ventes auRoyaume-Uni[f 7]. Le second 45 toursPlease Please Me, paru le 11 janvier suivant, atteint la première ou seconde place, dépendamment des listes du palmarès britanniques. Le premier album du groupe,Please Please Me, est en grande partie enregistré le en une seule séance de douze heures d'affilée, alors que Lennon souffre d'un rhume[g 11]. Huit des quatorze chansons de l'album sont écrites par John etPaul McCartney[f 8]. Celles-ci sont d'abord signées « McCartney/Lennon » avant que la formule ne soit définitivement changée en « Lennon/McCartney »[15]. Le succès du groupe prend alors de l'ampleur : une meute de fans suit les quatre jeunes hommes, des foules se pressent autour d'eux, parfois en proie à une frénésie collective, ce qui prend les Beatles au dépourvu[f 9]. Le phénomène est baptisé « Beatlemania » par la presse britannique. Le, ils se produisent devant lafamille royale[h 2]. Si le groupe s'impose vite en Europe, il en va différemment auxÉtats-Unis où le phénomène met plus longtemps à démarrer. Il faut attendre le passage du groupe auEd Sullivan Show le, lequel fracasse le record d'audience pour une émission télévisée, pour que le groupe acquière une grande renommée dans ce pays[f 10]. Par la suite, les Beatles enchaînent les tournées internationales, les albums et les films en connaissant un succès planétaire.

Cette célébrité ne va pas sans rumeurs. Ainsi, l'année 1963 voit éclater une affaire concernant Lennon etBrian Epstein. Tous deux ont en effet passé des vacances ensemble enEspagne, ce qui conduit à de nombreuses spéculations, Epstein étant notoirementhomosexuel[f 11]. La chose prend une certaine ampleur lorsque, au cours d'une réception pour le21e anniversaire de McCartney, Lennon s'en prend physiquement à quelqu'un qui lui a demandé :« Comment s'est passée ta lune de miel, John ? » Il s'agissait d'une blague, que Lennon a cependant prise comme une insulte[d 12]. Un film de fiction retrace les vacances passées par Lennon et Epstein en Espagne :The Hours and Times[s 10]. Cette période prospère voit Lennon se lancer dans l'écriture de deux ouvrages :En flagrant délire (In His Own Write) etUn glaçon dans le vent (A Spaniard in the Works), recueils d'histoires et de dessins surréalistes et humoristiques[f 12]. Le, les quatre membres du groupe sont faits membres de l'ordre de l'Empire britannique[s 11]. Ils rencontrent égalementBob Dylan, poète et chanteurfolk-rock alors au sommet de son succès (deux de sesalbumsmajeurs sont sortis en 1965), qui reconnaît en John un talent d'écrivain. De cette reconnaissance naît un respect et un échange entre les deux icônes de la musique, rapport qui sera fluctuant selon les années, allant de la sympathie au déni. C'est également Dylan qui fait découvrir lamarijuana aux Beatles lors de la première tournée du groupe aux États-Unis à l'été 1964[f 13].

Lennon vit mal cette folie qui les entoure, se réfugiant dans les sarcasmes et laboulimie — il parlera plus tard de sa période « Elvis gras » dans uneinterview[s 12]. De cette période où il se répugne lui-même naît la chansonHelp!, qu'il jugera, rétrospectivement, comme un véritable appel au secours lancé au monde[h 3]. Il se montre également nostalgique de la période « cuir etrock 'n' roll », quand les Beatles n'étaient que d'obscurs jeunes musiciens s'escrimant dans les petits clubs.« Ce que nous avons fait de meilleur n'a jamais été enregistré. Nous étions desperformers, nous jouions dustraight rock dans les salles de danse, à Liverpool et à Hambourg, et ce que nous produisions était fantastique. Il n'y avait personne pour nous égaler en Grande-Bretagne[16]. »

« Plus populaires que Jésus »

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Article détaillé :Polémique autour des propos de John Lennon sur Jésus-Christ.
Paul McCartney,George Harrison et John Lennon à la télévision néerlandaise en 1964.
Les Beatles en conférence de presse en 1965.

Après avoir écritA Spaniard in the Works (traduit enUn glaçon dans le vent), John Lennon accorde en mars 1966 uneinterview à une amie journaliste,Maureen Cleave, cinq mois avant la troisième tournée nord-américaine d'été — les deux premières ont eu lieuen 1964 et en 1965. Il déclare :« Lechristianisme disparaîtra. Il rétrécira, s'évaporera. Je n'ai pas à discuter là-dessus. J'ai raison, il sera prouvé que j'ai raison. Nous sommes plus populaires queJésus désormais. Je ne sais pas ce qui disparaîtra en premier, lerock 'n' roll ou le christianisme[s 13]. » Tronqués et déformés, ces propos provoquent une vague d'animosité, partie du sud des États-Unis, contre le groupe, et Lennon en particulier. Ainsi, enAlabama, des disques des Beatles sontbrûlés. Epstein présente en conférence de presse une déclaration approuvée par Lennon, ce qui ne calme pas la situation pour autant : vingt-deux stations de radio diffusant aux États-Unis boycottent le groupe, la vente de ses disques est interdite enAfrique du Sud, et les prestations publiques des Beatles en Amérique du Nord restent tendues[f 14]. La situation ne se calme que fin août, après une mise au point publique de Lennon, qui ne reconnaît cependant rien de plus qu'une formulation maladroite de sa part[f 15]. En 2008, dans un article célébrant les quarante ans de l'« Album blanc »,L'Osservatore Romano, journal officiel duVatican, revient avec indulgence sur cet écart en le qualifiant de« phrase qui avait provoqué une profonde indignation, mais qui sonne aujourd'hui comme une boutade venant d'un jeune de la classe ouvrière anglaise dépassé par un succès inattendu »[s 14],[17].

C'est également à cette époque que se tiennent les derniers concerts des Beatles, qui ne savent plus comment concilier leurs innovations musicales subtiles avec les cris permanents de leur public : eux-mêmes n'entendent plus sur scène leur propre musique[c 7]. Ils décident à l'unanimité d'arrêter définitivement les frais, à l'issue du dernier concert de leur tournée américaine de l'été 1966, le 29 août auCandlestick Park deSan Francisco. Par la suite, ils refusent catégoriquement de jouer, même pour un million de dollars[f 16]. Lennon vit cependant assez mal cet arrêt, déclarant :« Plus de tournées… La vie sans les Beatles, c'est comme un vide dans l'avenir. » Il envisage même de quitter le groupe[18].

Un événement décisif survient avec la première rencontre de John et de Yoko Ono, un sujet sur lequel les récits varient. Yoko était alors une artiste japonaise d’avant-garde, membre du mouvementFluxus (un mouvement d’art international et transdisciplinaire émergé à New York dans les années 1960 ; fondé sur l’héritage duDada deMarcel Duchamp, il prônait le non-art, l’anti-art, ce qui signifiait pour ses membres l’abolition de la frontière considérée comme « élitiste » entre l’art et la vie).

Les Beatles travaillent désormais en studio. À partir deRevolver, Lennon voit McCartney prendre une place dominante dans le groupe. Cependant, même lorsque l'auteur est unique, comme dans le cas deYesterday (composée par Paul seul), les chansons continuent d'être signées « Lennon/McCartney », sur décision d'Epstein, qui ne veut pas dégrader la cohésion du groupe[f 17]. Désœuvré après la fin des tournées, Lennon se fait couper les cheveux[n 3] pour jouer dans le film parodique deRichard Lester,How I Won the War. Si celui-ci n'est ni un grand succès commercial ni critique à sa sortie, le, le film lui permet d'exprimer ses positions pacifistes vis-à-vis de laguerre du Viêt Nam[f 18],[f 19]. Lors du tournage, Lennon compose un de ses titres-phares,Strawberry Fields Forever[c 8]. De retour en Angleterre, Lennon est invité, pour une troisième fois depuis 1964, à l'émission d'humour britanniqueNot Only... But Also (en) deDudley Moore etPeter Cook afin d'y interpréter un portier d'une toilette publique de Londres[19]. L'apparence de Lennon change durant cette période, devenant beaucoup plus mince et, pour compenser samyopie, acceptant désormais de porter publiquement des lunettes, celles de styleWindsor (en) qui deviendront légendaires[e 3].

Apogée et éclatement des Beatles (1967–1970)

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Sgt. Pepper's et séjour en Inde

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Articles détaillés :Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (album) etSéjour des Beatles en Inde.
Lennon séjourne avec le reste du groupe dans l'Ashram duMaharishi Mahesh Yogi en 1968.

« J'ai formé le groupe, je l'ai dissous. »

— John Lennon

L'année 1967 voit l'apogée des Beatles avec la sortie de l'albumSgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, qui triomphe au sommet deshit-parades, des deux côtés de l'Atlantique. La période est également fructueuse pour le tandemLennon/McCartney, les deux hommes passant de nombreuses heures à travailler leurs chansons et à expérimenter de nouvelles sonorités, dans une constante émulation créative[f 20]. Lennon va plus loin et plonge dans lepsychédélisme, à grand renfort dedrogues et de sonorités complexes. Le rôle despsychotropes prend par ailleurs plus d'ampleur dans les chansons du groupe, de l'aveu de McCartney[s 15], et provoque parfois des polémiques, comme le fait queLucy in the Sky with Diamonds soit une supposée allusion auxLSD due aux initiales de son titre et refrain[h 4]. Le, les Beatles interprètent, en direct du studiono 1 d'Abbey Road et enmondovision, une chanson de John Lennon spécialement composée pour l'émissionOur World, diffusée devant plus de400 millions de téléspectateurs à travers la planète :All You Need Is Love, qui devientno 1 un peu partout dans le monde. Le triomphe est total.

Peu après survient un événement dramatique :Brian Epstein meurt le, pendant que le groupe reçoit l'enseignement de la technique deméditation transcendantale deMaharishi Mahesh Yogi àBangor (pays de Galles)[20],[f 21]. Les Beatles ont alors besoin d'un nouveauleader, et c'estPaul McCartney qui assume ce rôle. Il se charge de la direction du filmMagical Mystery Tour, lequel se révèle cependant un échec commercial et critique, malgré les excellents morceaux qui composent sabande originale (dont certains sont des plus emblématiques du groupe et ne sont pas sortis sur les albums officiels). Lennon vit mal ce revers :« J'ai alors compris qu'on avait des problèmes. Je n'avais aucune certitude sur notre capacité à faire autre chose que de la musique, et j'avais peur[21]. » Il cherche de plus en plus une paix intérieure, et se rapproche d'une artiste japonaise d'avant-garde,Yoko Ono (membre du mouvementFluxus), rencontrée lors d'une exposition à l'Indica Gallery de Londres en 1966. Entre février et avril 1968, lors d'unséjour à Rishikesh dans l'âshram de Maharishi Mahesh Yogi, destiné à approfondir leur expérience de la méditation transcendantale, John vit, comme Paul, une intense période créatrice et compose un grand nombre de nouvelles chansons, lesquelles figureront sur l'« Album blanc », sur les deux derniers disques du groupe et même sur leurs premiers albums solos.

Lennon divorce finalement à son retour[f 22]. Il tente de poursuivre son épouse en justice, déclarant être victime et non coupable d'adultère[22]. Cependant, la donne change lorsqu'il est découvert que Yoko est enceinte de John. Les procédures de divorce se compliquent et tournent finalement à la défaveur de Lennon[22]. Ce divorce pousse Paul McCartney à composerHey Jude, chanson destinée à réconforter Julian Lennon, alors âgé de cinq ans, dont il est très proche[f 23].

À partir du mois de mai 1968, la présence de Yoko Ono lors des séances d'enregistrement, aux côtés de John et littéralement au milieu du groupe, provoque malaise, rancœur et animosité[f 22]. Jusque-là, aucune épouse n'avait été tolérée pendant les enregistrements, mais Lennon fait comprendre aux autres que c'est à prendre ou à laisser[e 4]. L'artiste ayant trouvé samuse, la plupart de ses nouvelles compositions sont très fortement influencées par Ono, ou font directement référence à elle :I'm So Tired,Happiness Is a Warm Gun,Yer Blues,Julia,Revolution 9, et de nombreuses autres[h 5]. Yoko chante même sur le titreThe Continuing Story of Bungalow Bill[e 5]. Ces sessions aboutissent à l'« Album blanc », double album sans titre comprenant trente morceaux, consacrant l'éclatement des Beatles, dans la mesure où il n'y a plus de vraie collaboration et où chacun des membres et auteurs se sert des autres comme demusiciens de studio. Une scission de plus en plus flagrante s'opère entre Lennon et McCartney[f 24]. Excédé par le comportement des musiciens, et en particulier celui de John, l'ingénieur du sonGeoff Emerick claque la porte en plein milieu des séances d'enregistrement[23], tandis que Ringo Starr s'échappe enSardaigne. L'album n'en remporte pas moins un retentissant succès (lequel sera terni toutefois par les crimes de la « famille » Manson en Californie, fomentés par le gouroupsychopatheCharles Manson en faisant une interprétation délirante des chansons de ces deux disques).

Séparation du groupe

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Article détaillé :Séparation des Beatles.

Dès son retour duséjour en Inde, John commence à se désintéresser des Beatles, désirant continuer à évoluer en dehors du cadre restrictif desFab Four. Entre novembre 1968 et fin 1969, pour bien marquer sa première aventure en dehors des Beatles, il publie trois albums demusique expérimentale attribués à « John Lennon et Yoko Ono » :Unfinished Music No.1: Two Virgins, davantage connu pour sa pochette (montrant John et Yoko entièrement nus) que pour son contenu musical,Unfinished Music No.2: Life with the Lions et leWedding Album. La participation du couple auRock and Roll Circus desRolling Stones, en décembre 1968, est un autre pas hors du cadre des Beatles. Lennon forme pour l'occasion unsupergroupe baptiséThe Dirty Mac (en référence au groupeFleetwood Mac)[24]. En plus de lui-même au chant et à laguitare rythmique, le groupe comprendEric Clapton à laguitare solo,Mitch Mitchell (duJimi Hendrix Experience) à labatterie etKeith Richards (des Rolling Stones) à labasse. Le groupe interprèteYer Blues, morceau composé par John et paru, un mois plus tôt, sur l'« Album blanc », suivi d'unbœuf avec Yoko au chant etIvry Gitlis auviolon[24].

Carte verte de Lennon avec ses trois prénoms.

Sur le tournage du documentaireGet Back (par la suite renomméLet It Be), l'ambiance est maussade ; George Harrison va jusqu'à quitter le groupe pendant douze jours en janvier 1969[f 25]. Yoko continue à assister à toutes les séances d'enregistrement des Beatles, assise aux côtés de John. Au même moment, ce dernier s'engage plus ouvertement sur le plan politique, notamment par rapport à la guerre, sous l'influence de Yoko Ono[f 26]. John et Yoko se marient le àGibraltar et organisent par la suite les fameuxbed-in pour la paix àAmsterdam et àMontréal[f 27]. Cette période inspire la chansonThe Ballad of John and Yoko, enregistrée le par Lennon et McCartney seuls, ce dernier assurant de nombreux instruments[f 28]. Cette même année, Lennonadopte comme deuxième prénom Ono, en remplacement de Winston. Les autorités britanniques admettent l'ajout de Ono, mais pas le retrait de Winston[25].

John Lennon àMontréal en juin 1969 durant l'enregistrement deGive Peace a Chance.

En juillet, il lanceGive Peace a Chance, son premiersingle en solo, bien qu'attribué auPlastic Ono Band. Il ne s'agit alors que d'un groupe théorique, inspiré d'une idée de Yoko Ono visant à manipuler des mannequins sur scène, d'où le nom[i 1]. Cependant, la chanson est encore créditéeLennon/McCartney, Lennon se sentant à la fois coupable de lancer, le premier, un vrai disque solo, et pas encore prêt à« couper le cordon avec Paul »[i 2]. À la mi-septembre, le Plastic Ono Band participe à un spectacle àToronto et la prestation est publiée en décembre sur l'albumLive Peace in Toronto 1969[26].

À la fin de septembre, dans la foulée de l'enregistrement de l'albumAbbey Road, Lennon annonce aux autres membres du groupe qu'il quitte les Beatles mais, pour des raisons commerciales, l'annonce de la séparation du groupe est gardée secrète[f 29]. En octobre, il publie son secondsingle en solo,Cold Turkey, avecEric Clapton à la guitare. La chanson avait été pressentie pour figurer surAbbey Road, mais a finalement été jugée trop personnelle pour être publiée autrement qu'en solo[i 3]. Lennon accélère encore cette séparation en engageantAllen Klein comme nouveaumanager du groupe, alors que McCartney préférait son beau-père, Lee Eastman[f 30]. Ayant également convaincu George Harrison et Ringo Starr, Klein entre en fonction. Cependant, la séparation effective des Beatles restant secrète, Klein demande àPhil Spector d'assembler l'albumLet It Be, provoquant la colère de McCartney, qui trouve que ses chansons ont été dénaturées par leproducteur nord-américain, réputé pour apposer sa « patte » volontiers surchargée à tous les enregistrements qu'il produit[f 31]. C'est finalement McCartney qui rend publique la rupture, le, dans un communiqué de presse inséré dans le pressage promotionnel de sonpremier album solo[b 12], un geste très mal pris par Lennon, qui le voit comme une tentative de promotion du premieropus de son partenaire. Dans uneinterview au magazineRolling Stone, il déclare :« J'ai été stupide de ne pas faire ce que Paul a fait, ce qui a servi à vendre un disque », et ajoute :« J'ai formé le groupe, je l'ai dissous[27]. » En décembre, une émission de télévision britannique le déclare « homme de la décennie », avecJohn F. Kennedy etHô Chi Minh[i 4],[s 16].

Carrière en solo (1970–1980)

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Premières années

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Après la séparation des Beatles, John Lennon se consacre à sa carrière, à sa femme et à la politique. Il rêve de partir en navire vers les îles du Pacifique avecEric Clapton,Klaus Voormann,Jim Keltner,Nicky Hopkins et Phil Spector afin d'y enregistrer des chansons et effectuer des concerts mais ce projet n'aboutit pas[28]. En février 1970, il publie son troisième45 tours en solo,Instant Karma!, qui marque le début de sa collaboration avec le producteur renomméPhil Spector. Pour la promotion, Lennon effectue un retour à l'émission anglaiseTop of the Pops, pour la première fois depuis 1966 ; la chanson atteint le top 5 des classements britanniques[i 5]. À cette époque, Lennon suit une thérapie par lecri primal dont les résultats sont mitigés[f 32]. Au mois de septembre, il entame l'enregistrement de son premier véritable album en solo,John Lennon/Plastic Ono Band. Pendant quatre semaines, il s'entoure d'amis proches :Ringo Starr, son ex-compère des Beatles, à la batterie ;Klaus Voormann, un ami de l'époque de Hambourg, tient la basse ; enfin, le piano est assuré parBilly Preston (musicien de studio réputé ayant collaboré à plusieurs albums des Beatles) ou, parfois, parPhil Spector lui-même[i 4]. L'album contient notammentGod, un titre dans lequel il déclare ne plus croire ni en laBible, ni en lamagie, ni enHitler,Jésus, ni enKennedy, ni enElvis, ni enBob Dylan (nommé par son vrai nom, Zimmerman), ni enfin, et surtout, auxBeatles.

Yoko Ono et John Lennon au concert pourJohn Sinclair, le àAnn Arbor (Michigan).

En 1971, Lennon se rend pour la première fois dans la famille deYoko Ono, auJapon. Il est également impliqué dans deux conflits juridiques : la dissolution desBeatles par les tribunaux, et l'obtention de la garde de Kyoko, la fille de Yoko[i 6]. En juillet, il enregistre son second album,Imagine, qui lui confère une véritable crédibilité en tant qu'artiste solo[i 7]. L'album contient notammentla chanson homonyme, un hymne pacifiste et utopique souvent considéré comme sa plus grande chanson[f 33],[i 8]. Le disque comporte aussi des pamphlets politiques (commeGimme Some Truth, adressé àRichard Nixon[i 9]), ou encoreHow Do You Sleep?, charge féroce envers McCartney[i 10]. Une autre chanson du disque se révèle populaire,Oh Yoko!, mais Lennon renonce à la sortir ensingle, craignant que« ce ne soit pas représentatif de l'image que j'avais de moi, durock 'n' roller dur et mordant, au verbe acide »[i 11]. Le, il part s'installer àNew York, et en décembre sortHappy Xmas (War Is Over), avec les enfants du chœur baptiste deHarlem : lesingle reste discret auxÉtats-Unis, mais est un succès auRoyaume-Uni quand il y est publié un an plus tard[i 12]. Par ailleurs, à travers ses nombreux engagements, John Lennon devient l'incarnation de l'activisme politique de sa génération et utilise sa notoriété en faveur de la paix ou de diverses bonnes causes[s 17].

En 1972, au milieu de ses ennuis avec l'administration des États-Unis qui ne veut plus de lui sur son sol, Lennon enregistreSome Time in New York City, mais les critiques aussi bien que les ventes se révèlent mauvaises[i 13]. Le 30 août, il donne auMadison Square Garden deux concerts de charité, qui restent les dernières prestations complètes de sa vie, hors apparitions ponctuelles[i 14] telle son apparition autéléthon (en) deJerry Lewis en septembre où le couple, et leur orchestre, joue alternativementImagine etNow or Never (une composition de Yoko Ono) et un long extrait deGive Peace a Chance en duo dans un style reggae[29],[30]. Au début de l'année suivante, Lennon perd quelque peu le fil de sa production, déclarant ainsi au sujet de son disque à venir :« Ça devient un travail, et ça tue la musique. C'est comme quand on sort de l'école et qu'on n'a pas envie de lire un livre. »[i 15] En avril 1973, il quitteGreenwich Village pour emménager auDakota Building, dans un quartier nettement plus huppé[i 16].

Le « week-end perdu »

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Lennon s'est retiré à Los Angeles avecMay Pang durant son « week-end perdu ».

À l'été 1973, les relations de John avec Yoko Ono se dégradent, au point qu'elle le met à la porte, et Lennon s'installe àLos Angeles avecMay Pang, sa jeune assistante et nouvelle compagne. Il décrit cette période comme son « week-end perdu » (lost weekend, qui fait référence au titre d'unfilm noir américain de 1945[31]), bien qu'elle dure en réalité plus d'un an[s 9]. Lui qui doit régulièrement affirmer que Yoko n'a pas causé la fin des Beatles plaisante à propos de cette période où il était loin d'elle :« On s'est séparés pendant dix-huit mois, Yoko et moi. Et, à ma connaissance, les Beatles ne se sont pas reformés pour autant ! Donc, Yoko n'était pas la cause de leur séparation. »[e 6] Toutefois, c'est bien un John Lennon en perdition qui s'installe enCalifornie, avouant lui-même« être devenu complètement fou », tentant vainement« de noyer dans l'alcool » tout ce qu'il ressent[e 7]. Sous l'influence de May Pang, il tente cependant de renouer des liens avec son filsJulian et le rencontre avecCynthia lors d'un séjour àDisneyland[d 13]. Il lui offre par la suite une guitare et d'autres instruments et lui apprend à en jouer[d 14].

Lennon renoue également brièvement avec Paul McCartney, et se lie d'amitié avec plusieurs célébrités du monde musical, commeElton John etDavid Bowie. D'une part, il invite le premier à chanter sur sa chansonWhatever Gets You Thru the Night. Dans la période d'errance que traverse Lennon, ce titre, publié ensingle en octobre 1974, connaît un grand succès et relance sa carrière : sur le marché nord-américain, c'est son uniqueno 1 en solo et de son vivant. De plus, ayant parié avec Elton John qu'il l'accompagnerait en concert si le disque se classait en tête, Lennon s'exécute le, auMadison Square Garden, où il joue égalementLucy in the Sky with Diamonds etI Saw Her Standing There. Cette dernière apparition sur scène[i 15] est publiée avec les autres chansons du concert sur l'album d'Elton JohnHere and There. D'autre part, John Lennon coécrit la chansonFame avec David Bowie, son premier grand succès aux États-Unis. Lennon accompagne Bowie sur sa reprise d'Across the Universe, tandis que ce dernier reprend les premiers mots deA Day in the Life (« I read the news today oh boy ») dans la chanson-titre deYoung Americans[s 18].

John Lennon en 1974.

Durant cette période, Lennon enregistre tout de même deux albums, avec le producteurPhil Spector :Walls and Bridges etRock 'n' Roll, ce dernier étant constitué de reprises de classiques durock 'n' roll, commeBe-Bop-A-Lula,Peggy Sue ouStand by Me. Cet album est enregistré à contre-cœur, car il s'agit d'une obligation contractuelle vis-à-vis de Morris Levy,ex-manager deChuck Berry. En effet, Lennon a été accusé de plagiat en 1969 pour avoir emprunté, sur son titreCome Together, les quatre mots « here come old flat-top » à la chansonYou Can't Catch Me de Berry (dont les droits revenaient à Morris Levy). Pour mettre fin aux poursuites, Lennon s'engage à enregistrer trois chansons du catalogue de Levy[i 17], et en profite pour revisiter d'autres titres qui ont marqué son adolescence. Finalement, il déclare au sujet deRock 'n' Roll :« Ce fut une humiliation, et je regrette de m'être trouvé dans cette position, mais je l'ai fait[i 18]. »

À cette époque, le rapprochement avec Julian se poursuit, celui-ci jouant à onze ans de lacaisse claire sur une interprétation informelle deYa Ya qui clôt l'albumWalls and Bridges[d 15].

Parallèlement, il produit, écrit et chante sur l'albumPussy Cats (en) avec son amiHarry Nilsson (un disque vite devenu « culte » auprès des initiés[s 19]), et il part en tournée pour des concerts en compagnie du groupe informel jouant sur le disque :Ringo Starr,Keith Moon desWho, et autres joyeux fêtards et fameuxfreaks pour des concerts débridés[32]. Sa toute dernière prestation publique a lieu le, lors d'un spectacle télévisé en hommage àLew Grade (en), lemagnat de l'audiovisuel britannique qui a acheté les droits des chansons deLennon/McCartney, où il interprète les reprisesSlippin' and Slidin' (en),Stand by Me et son grand succèsImagine. Les musiciens qui accompagnent Lennon portent des masques derrière la tête symbolisant le « visage à deux faces » de l'homme d'affaire[33].

Retrait de la vie publique et retour

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John Lennon etTom Snyder (en) sur le plateau de l'émission de télévision américaineTomorrow (en), le.

Au début de 1975, Yoko Ono accepte que Lennon revienne habiter avec elle, sous réserve qu'il respecte certaines conditions[34]. Il accepte ainsi de se soumettre à un régimemacrobiotique sain, sans viande ni alcool, mais aussi de laisser sa femme gérer entièrement ses affaires[e 8] ; elle investit alors dans l'immobilier et l'élevage[i 19]. Yoko finit par se retrouver enceinte mais, la quarantaine entamée et avec le souvenir de ses précédentes fausses couches, elle voudrait avorter. Lennon refuse catégoriquement et parvient à la convaincre de garder l'enfant, en s'engageant à s'en occuper[e 9]. Ainsi, le 9 octobre, jour du trente-cinquième anniversaire de John, naît son second fils,Sean. Lennon se retire alors de la vie publique et musicale pour se consacrer à l'éducation de son fils.

John Lennon et Yoko Ono en novembre 1980.

Pendant cette période, Lennon dessine et écrit beaucoup[35], et s'occupe aussi de tâches domestiques[e 10]. Son activité musicale est ralentie mais loin d'être arrêtée, comme en témoigne le documentaire radiophoniqueThe Lost Lennon Tapes (en) ou encore les chansonsReal Love,Free as a Bird etNow and Then, qu'il compose entre 1977 et 1979[e 10], et qui seront ultimement finalisées sous la bannière des Beatles[36]. Cette dernière, complétée en 2023, atteint même la première position dupalmarès britannique[37]. Mais ce silence public laisse perplexe aussi bien ses fans, toujours dans l'expectative[e 11], que les médias — le, leNew Musical Express titre« Où donc es-tu, John Lennon ? »[i 20] — ou encore ses collègues de la scène rock[i 21]. Sur cette période, Lennon s'explique dans une chanson,Watching the Wheels, lors de son retour public en 1980[f 34]. Il effectue, cette année-là, un voyage auxBermudes, où il écrit la plupart des chansons d'un nouvel album. Il retrouve une maison de disques avecDavid Geffen et commence l'enregistrement le 4 août. Sorti en novembre auxÉtats-Unis, l'albumDouble Fantasy, avec des titres chantés en alternance par Yoko et lui, marque le retour de Lennon. Les ventes, correctes dans un premier temps, grimpent en flèche après l'assassinat du musicien[i 19].

Assassinat

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Article détaillé :Assassinat de John Lennon.
LeDakota Building, où John Lennon habitait à New York et devant lequel il a été assassiné.

Le, à22 h 52, après une soirée de travail en studio, alors qu'il rejoint son appartement duDakota Building, à côté deCentral Park, Lennon reçoit, sous les yeux de son épouse, quatre balles derevolver tirées parMark David Chapman, unfan déséquilibré souffrant depsychose. Celui-ci avait rencontré Lennon plusieurs heures auparavant devant sa limousine pour lui faire dédicacer son exemplaire de l'albumDouble Fantasy. Emmené à l'hôpital Roosevelt en urgence, Lennon est déclaré mort à23 h 7, quinze minutes après les coups de feu. Le lendemain, Yoko annonce :« Il n'y aura pas de cérémonie pour John. John aimait et priait pour l'humanité. S'il vous plaît, faites de même pour lui. Merci. Yoko et Sean[s 20]. » Son corps est incinéré et ses cendres remises à Yoko[s 21],[s 22].

Lemémorial Strawberry Fields, mosaïque en hommage à John Lennon, sur les lieux de son assassinat àNew York.

L'assassin, Mark Chapman, plaide coupable et écope d'une peine deprison à perpétuité, avec vingt ansincompressibles. Sa libération conditionnelle est refusée à dix reprises. En 2010, le comité chargé de juger sa sixième demande de sortie déclare :« Cet acte prémédité, insensé, égoïste et aux conséquences tragiques […] mène à la conclusion que [sa] libération demeure incompatible avec la sécurité de la communauté[s 23]. » Les raisons de ce meurtre demeurent floues. Certains y voient le sentiment de trahison qu'aurait éprouvé Chapman, accusant l'idole de ne pas avoir tenu les promesses de paix et d'égalité des richesses qu'il communiquait dans ses chansons. D'autres y voient une « réponse » à sa phrase médiatique affirmant que la popularité des Beatles dépassait en Angleterre celle de Jésus[s 24]. Chapman lui-même a reconnu ces motivations comme des raisons l'ayant poussé à assassiner Lennon. Dans une interview accordée à Lynne Schultz le, Chapman se justifie :

« Lennon nous dit d'imaginer un monde sans possessions, et le voilà avec des millions de dollars, des yachts, des propriétés et investissements immobiliers, se moquant des gens comme moi qui crurent ses mensonges et achetèrent ses disques, en construisant une grande partie de nos vies autour de sa musique[38]. »

Lennon avait évoqué sa mort violente en chansons, comme avec le « shoot [me] » (tire-moi dessus) répété avant chaque couplet deCome Together, ainsi que dans uneinterview. Le jour même de son assassinat, il avait déclaré :« Je considère que mon travail ne sera pas terminé tant que je ne serai pas mort et enterré, et j'espère que ce sera dans très, très longtemps[s 25]. » En l'espace de quelques mois, son dernier album,Double Fantasy, s'écoule à sept millions d'exemplaires à travers le monde[e 12].

Personnalité et engagements

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Personnalité

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Humour et irrévérence

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Statue de John Lennon,La Corogne (Espagne).

John Lennon se démarque par un sens de l'humour développé, qui fait partie intégrante de son image et de sa personnalité. Cet humour émaille notamment les chansons des Beatles qu'il a écrites ou ses contributions. Ainsi, dansGetting Better, alors quePaul McCartney chante que tout va de mieux en mieux tout le temps, Lennon rajoute que« ça ne peut pas être pire de toute façon »[f 35]. Sur le refrain de sa chansonGirl, il chante avec les autres Beatles « tit-tit-tit-tit », soit « nichon-nichon-nichon » en argot, mais cela passe pour d'anodines vocalises et personne ne le remarque[c 9]. Lennon peut également se montrer plus acerbe : lorsqu'il apprend que des professeurs étudient ses chansons en cours, il décide d'en écrire une dénuée de tout sens,I Am the Walrus (qui signifie littéralement : « Je suis le morse », en référence àAlice au pays des merveilles), afin de voir« ce que ces connards pourront trouver là-dedans »[h 6] (le texte fera effectivement l'objet de méticuleusesexégèses, notamment parmi les fans, et sera souvent cité, en particulier la fameuse formule d'introduction : « I am he as you are me and you are he and we are all together », laquelle servira par exemple d'épigraphe au romanVilla Vortex deMaurice Dantec). Il écrit par la suiteGlass Onion dans le même esprit, « révélant » qu'en réalité, le « morse » était Paul.

Lors des conférences de presse, Lennon, comme les autres Beatles, n'hésite pas à sortir quelques piques humoristiques, parfois teintées d'absurde et denon-sens. Ainsi, lorsqu'on lui demande en 1964 d'où vient le nom « Beatles », il répond :« J'ai eu une vision lorsque j'avais douze ans. J'ai vu un homme sur une tarte flamboyante qui m'a dit : « Vous êtes les Beatles avec una ! »[f 36] » Cet humour eninterview devient une habitude des Beatles et perdure pendant toute laBeatlemania. En 1966, lors d'une conférence de presse à l'occasion d'un concert àCandlestick Park, on leur demande ce qui leur a inspiréEleanor Rigby, ce à quoi Lennon répond, un brin sarcastique et provoquant l'hilarité générale :« Deux homos. Deux tapettes. »[39] Par la suite, il tempère et relativise cet humour eninterview :« On nous posait des questions-blagues et on faisait des réponses-blagues mais, en réalité, on n'était pas drôles du tout. Ce n'était que de l'humour de potaches, celui qui fait rire à l'école[c 10]. » Dans le cadre confiné des studios d'enregistrement d'Abbey Road, Lennon ne manque jamais de provoquer de grands éclats de rire, notamment en transformant les traditionnels décomptes (One, two, three, four) en d'autres formulations dont il a le secret. On l'entend ainsi, sur le disqueAnthology 2, lancer la première prise deA Day in the Life par un« sugarplum fairy, sugarplum fairy »[40].

Cet humour peut également se faire irrévérencieux. Le, lorsque les Beatles ont l'honneur de jouer devant la famille royale lors du « Royal Variety Performance » au théâtre Prince of Wales de Londres, Lennon lâche une pique humoristique avant d'entonnerTwist and Shout, au grand dam dumanager du groupe,Brian Epstein, qui craignait un tel débordement :« For our last number I'd like to ask your help. Would the people in the cheaper seats clap your hands. And the rest of you, if you'd just rattle your jewellery. Thank you. We'd like to sing a song called "Twist And Shout". » (« Pour notre dernier titre, j'aimerais vous demander de l'aide. Les gens installés dans les places les moins chères veulent-ils bien frapper dans leurs mains ? Et tous les autres, agitez vos bijoux ! Merci. Nous aimerions chanter une chanson qui s'appelle Twist and Shout. »)[f 37] Lennon utilise l'humour dans ce genre de situations intimidantes pour faire face à la pression. Lorsque les Beatles reviennent donner une série de concerts àLiverpool, ils sont peu sûrs d'eux, craignant le jugement que pourraient leur porter tous les gens qu'ils connaissent sur place. Lors d'une apparition au balcon, face à la foule, Lennon se fend alors d'un salut nazi, que personne ne semble remarquer[c 11]. Il aime aussi amuser ses partenaires sur scène, en imitant les handicapés psychomoteurs, une plaisanterie récurrente en 1964, lorsqu'il demande au public de taper dans ses mains et frapper du pied[s 26]. John s'amuse également à modifier les paroles deI Want to Hold Your Hand, sachant que l'assistance déchaînée ne distinguera rien : il chante « I want to hold your gland », en référence aux protubérances mammaires féminines[s 27]. En août 1965, lorsque les Beatles deviennent le premier groupe de rock à donner un concert dans un stade, leShea Stadium de New York, devant une assistance record, Lennon met ses camarades à l'aise à grand renfort de mimiques et gesticulations, martyrisant notamment un orgueFarfisa, avec ses coudes, au moment de l'interprétation deI'm Down, en jetant des clins d'œil amusés à George Harrison. McCartney témoigne :« C'était un des trucs bien, avec John : quand un concert s'avérait un peu délicat, et celui-là l'était sans le moindre doute, ses vieux réflexes de comique resurgissaient toujours[c 12]. »

Croyances et spiritualité

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Lennon a un temps suivi les enseignements deMaharishi Mahesh Yogi.

John Lennon connaît une période où il s'oppose auchristianisme, en réaction à son éducation chrétienne. Dans la chansonGirl, il glisse des allusions à cette religion, sur la souffrance nécessaire pour atteindre leParadis[41]. Il remet aussi en cause cette notion dans les deux livres qu'il écrit, où il s'en prend entre autres à l'Église :« J'y suis allé fort contre l'Église mais, bien que ça ait été criant, ça n'a jamais été relevé[c 9]. » Lennon s'ouvre à d'autres spiritualités dès le milieu des années 1960, lorsqu'il lit l'ouvrageThe Psychedelic Experience deTimothy Leary,Richard Alpert etRalph Metzner, inspiré duLivre des morts issu dubouddhisme tibétain[s 28],[s 29]. Cet ouvrage, profondément lié à l'usage deLSD, inspire à Lennon l'une de ses premières chansons aux tonalités psychédéliques,Tomorrow Never Knows, qui clôt l'albumRevolver en 1966. Cependant, Lennon déclare en 1972 qu'il n'a jamais lu leLivre des morts tibétain, et s'est contenté de cette adaptation[c 13].

Comme les trois autres membres du groupe, John Lennon a également rencontréMaharishi Mahesh Yogi en août 1967 et a participé à un week-end de formation personnelle à laMéditation transcendantale[s 30]. En 1968,le groupe se retire en Inde dans l'âshram du Maharishi ; ils y méditent et composent une grande partie des chansons de l'« Album blanc »[g 12]. Cependant, Lennon s'est finalement fâché avec le maître spirituel, dont il pensait avoir percé les faiblesses (une rumeur circule sur le campement, par la suite démentie, selon laquelle il aurait commis un abus sexuel sur une participante) ; il l'exprime dans sa chansonSexy Sadie, parue sur cet album[h 7]. Cette dispute n'a cependant pas empêché Lennon de continuer à pratiquer la méditation[s 31]. Dans le même esprit, il s'intéresse aussi auxmantras et auyoga[i 22].

John Lennon se passionne pour certains domaines d'inspiration mystique ou occulte, tels lestarots ou lanumérologie. Il attribue en particulier une valeur importante au chiffre 9, qu'il considère comme étant intimement lié à sa vie. Né un 9 octobre tout comme son fils, et ayant vécu au numéro 9 de Newcastle Road àLiverpool, il l'utilise dans plusieurs titres de ses chansons :One After 909,Revolution 9 (sur lequel il assène en boucle « number nine, number nine… »), ou encore#9 Dream en solo. Après sa mort, les aficionados de la numérologie trouvent encore d'autres signes : il a été assassiné sur la72e avenue (7+2) et, s'il est mort un 8 décembre àNew York, en tenant compte du décalage horaire c'était déjà le 9 à Liverpool[i 23]. Hasard ou non,Apple a choisi la date du (09/09/09) pour publier les versions remastérisées de tous les albums des Beatles[s 32].

L'auteur-compositeur-interprète américainJames Taylor, signé par Apple en 1968, affirme avoir été à cette époque une influence délétère pour Lennon, lui fournissant des opioïdes[42]. En 1970, afin de se débarrasser du poids de la mort de sa mère et de ses problèmes de dépendance à l'héroïne, Lennon entame unethérapie primale avec le docteurArthur Janov, après avoir lu un de ses livres[e 13]. En mal de publicité, Janov envoyait en effet son ouvrage aux célébrités du moment, commePeter Fonda ou lesRolling Stones[e 14]. Attiré par la perspective de ce « cri libérateur », John, accompagné de Yoko, suit un traitement de choc, où il doit replonger dans son enfance et recevoir des massages vigoureux, pour faire cesser ses « halètements névrotiques ». Après trois semaines, le docteur Janov lui offre la perspective d'une entrée aux États-Unis pour raisons médicales, ce qui enchante le musicien[e 15]. Le couple se rend ainsi en Californie et le traitement suit son cours qui, d'après John, renforce ses liens affectifs avec Yoko. Cela dure jusqu'à une dispute entre Lennon et Janov, qui voulait le filmer pendant une séance collective de cris. L'accusant de chercher le scoop, Lennon entre progressivement en froid avec lui, et les critiques de Yoko Ono, de plus en plus régulières, le convainquent de mettre un terme à la thérapie. Il quitte ainsi Janov au moment où sonvisa américain expire ; incomplète, la thérapie aura duré quelques mois seulement. Les vestiges en sont pourtant audibles sur son premier album, paru fin 1970,John Lennon/Plastic Ono Band[e 16] : par exemple, sur la chansonMother, il se lamente à propos de ses parents et martèle, en hurlant à la fin du morceau : « Mama, don't go, Daddy, come home! » (« Maman, ne t'en vas pas, papa, reviens à la maison ! »). De ce traitement exigeant, Lennon sort dans un plus mauvais état qu'à son arrivée[f 32].

Lennon et Ono sont également à l'origine du concept debagism. Leur idée est de critiquer les préjugés fondés sur les apparences, et de ne considérer que le message de l'interlocuteur, en lui parlant comme s'il était dans un sac[s 33]. Lennon définit lebagism comme une« forme de communication totale »[s 34]. Il mentionne par ailleurs cette pratique dans plusieurs chansons, notammentGive Peace a Chance etThe Ballad of John and Yoko.

Drogues

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Le premier contact de Lennon avec la drogue remonte à la période où les Beatles jouaient àHambourg : aussi bienAstrid Kirchherr que certains clients des clubs[g 13] avaient pour habitude de leur donner desamphétamines, qui leur permettaient de tenir le coup pendant les huit heures qu'ils devaient assurer presque chaque nuit[d 16]. Lors de la première et triomphale tournée des Beatles à travers les États-Unis, à l'été 1964,Bob Dylan les initie à lamarijuana[f 13]. Celui-ci croit qu'ils sont des habitués, ayant compris le vers « I can't hide » (« je ne peux pas le cacher ») de la chansonI Want to Hold Your Hand comme « I get high » (« je plane »)[g 14],[g 15].

Dans uneinterview pourPlayboy, Lennon a expliqué que, durant le tournage deHelp!, les Beatles« fumaient de la marijuana au petit-déjeuner »[s 35].Sa première épouse a également déclaré, dans uneinterview en 1995, que leur mariage avait commencé à battre de l'aile à cause de la notoriété du groupe et de l'usage de plus en plus important de drogues, auquel se livrait Lennon[s 36]. Lennon a également consommé duLSD, comme le reste du groupe[s 15]. Il a également connu, avec Yoko Ono, une addiction à l'héroïne pendant plusieurs années. En août 1969, il tente un sevrage total (évoqué à cette époque dans sa chansonCold Turkey,l'expression étant couramment utilisée en anglais pour désigner un sevrage brutal d'une drogue) afin de concevoir un enfant viable, sans succès : le sevrage échoue et Yoko fait une fausse couche[i 24]. Dans uneinterview accordée au magazineRolling Stone en 1971, il explique qu'il en prenait avec elle lorsqu'ils souffraient,« à cause de ce que les Beatles et les autres [leur] faisaient ». Il y déclare également que c'est à cause du nombre debad trips qu'il a vécus sous LSD qu'il a décidé d'arrêter ce genre de drogues[s 37]. Le couple Lennon a affirmé ne plus avoir consommé de drogues depuis la naissance deSean en 1975, même si Yoko a avoué une brève rechute à la fin de la décennie[i 25].

Les substancespsychotropes ont une influence notable sur la créativité des Beatles et sur celle de Lennon en particulier. Ainsi, à partir de1965 etDay Tripper notamment[h 8], il écrit de plus en plus de chansons faisant directement référence à la consommation de stupéfiants (Tomorrow Never Knows,She Said She Said,A Day in the Life, etc.). Par la suite, chacun cherche des allusions aux drogues dans les chansons du groupe : le titreLucy in the Sky with Diamonds est fréquemment associé au LSD, en référence à ses initiales, alors que la Lucy en question était une camarade de classe du fils de Lennon. En revanche,Paul McCartney a expliqué qu'il était« assez évident » que la drogue avait inspiré le texte de la chanson[s 15]. Les stupéfiants — en particulier le LSD — modifient aussi la façon de fonctionner du groupe : jusque-là considéré comme leleader des Beatles, Lennon se retire progressivement pour laisser Paul McCartney prendre les rênes. L'albumSgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band est ainsi à attribuer principalement à McCartney, Lennon ayant expliqué, par la suite, qu'il était trop occupé à« détruire sonego », un des effets supposés du LSD[h 9]. C'est ensuite l'héroïne qui contribue à l'éloignement de Lennon vis-à-vis du groupe[i 3], le plongeant progressivement, d'après McCartney, dans laparanoïa[s 38].

Comme beaucoup de célébrités desannées 1960, Lennon n'échappe pas aux ennuis judiciaires en raison de sa consommation de drogues. En octobre 1968, alors qu'il habiteLondres avec Yoko, la brigade des stupéfiantsperquisitionne à son domicile et trouve une faible quantité derésine de cannabis[e 17]. Lennon était persuadé de ne rien détenir, ayant été averti trois semaines auparavant de la possibilité de perquisition[c 14]. Il décide de plaider coupable et s'en tire avec une caution de400 livres à payer, pour lui et pour Ono[e 18]. Le sergent détective Norman Pilcher, de la brigade des stupéfiants de la police de Londres[43], qui a mené la perquisition, est connu à l'époque pour traquer les célébrités de la scènepop-rock, ayant déjà réussi à confondreDonovan,Marianne Faithfull et lesRolling Stones pour les mêmes motifs[e 19]. Cet épisode met un terme à l'« immunité » qui entourait les Beatles jusque-là,George Harrison se faisant prendre lui aussi l'année suivante ; ce dernier parle même d'un « complot de l'establishment ». Plus tard, Norman Pilcher est jugé coupable deparjure, dans d'autres circonstances[c 15]. Quoi qu'il en soit, cette affaire sera retenue contre John Lennon, lorsque celui-ci voudra s'établir définitivement auxÉtats-Unis dans les années 1970[e 18].

Vie sociale

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Caractère complexe

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John Lennon souffre d'un manque d'amour parental dans son enfance, ce qui le conduit à avoir une faibleestime de soi[44]. S'il se montre parfois très attentionné — cette attention pouvant aller jusqu'à l'obsession dans le cas deYoko Ono —, il lui arrive également d'avoir des réactions violentes à l'encontre de ses proches, ou de faire preuve d'un égo démesuré[44]. Lors de sa rencontre avecCynthia Powell, lorsque celle-ci décline une invitation de Lennon au prétexte qu'elle sort avec un autre garçon, il lui réplique :« Merde, je t'ai pas demandé de m'épouser, non ? »[45] De même, il va jusqu'à la frapper lorsqu'il la surprend en train de danser avec son amiStuart Sutcliffe[46]. La forte tendance à la jalousie du chanteur contraste avec sa propre tendance à l'adultère, dont il se rend coupable à plusieurs reprises, durant la carrière desBeatles. Il évoque cet aspect de sa personnalité en chanson, notamment dans l'albumRubber Soul, avecNorwegian Wood (This Bird Has Flown) etRun for Your Life[c 9].

Cet aspect de la personnalité de l'artiste ne transparaît pas uniquement dans sa vie sentimentale, car il lui arrive de s'emporter avec ses amis et collègues de travail. Il exprime ainsi, en 1980, une déception à propos de certaines de ses compositions de la période Beatles, rejetant la faute surPaul McCartney qui, selon lui, tentait inconsciemment de détruire ses grandes chansons, en particulierAcross the Universe etStrawberry Fields Forever[s 35]. Lennon va jusqu'à refuser de participer à l'enregistrement deMaxwell's Silver Hammer, qu'il qualifie de« chanson pour grands-mères ». Dans uneinterview àRolling Stone, parue après la dissolution du groupe, il laisse aller ses rancœurs contrePaul McCartney etBrian Epstein, accusant ce dernier d'avoir sciemment spolié le groupe d'une grande partie de ses revenus[f 38].

Finalement, John Lennon raconte lui-même son histoire et son cheminement vers le pacifisme dans lepont deGetting Better, sa contribution à la chanson de Paul McCartney (en plus du fameux « can't get no worse » du refrain). Il s'en explique dans l'interview de 1980 pourPlayboy :« Tout ce « I used to be cruel to my woman, I beat her and kept her apart from the things that she loved », c'était moi. J'étais cruel avec ma femme et, physiquement, envers toute femme. J'étais un cogneur. Je ne pouvais pas m'exprimer et je cognais. Je me battais avec les hommes et je frappais les femmes. C'est pour cela que je suis constamment branché sur la paix. »[s 39] Dans cette chanson de 1967, quatrième plage de l'albumSgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, il ajoute d'ailleurs : « Man, I was mean but I'm changing my scene and I'm doing the best that I can » (« Mec, j'étais méchant, mais je change de décor et je fais du mieux que je peux »).

Relations avec les Beatles

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Les rapports de John Lennon avec les autres ex-Beatles ont beaucoup varié après leur séparation.

Chaque membre des Beatles a souvent évoqué la très forte amitié qui liait le quatuor, de ses débuts au plus fort de laBeatlemania. Très soudés, et se considérant« dans l'œil du cyclone », créant un océan d'empathie au milieu de la folie qui les entoure en permanence, les Beatles sont même surnommés« le monstre à quatre têtes » au début des années 1960[47].Ringo Starr a par exemple évoqué« une incroyable intimité, rien que quatre types qui s'aimaient les uns les autres. C'était sensationnel. »[48] Depuis le départ aussi, une très forte complicité lie John Lennon àPaul McCartney, son partenaire d'écriture, sonalter ego, qui explique :« Le fait est que nous sommes vraiment la même personne. Nous sommes juste les quatre parties du même tout. »[48]

Après la dissolution du groupe, les relations de Lennon varient grandement avec les autres anciens membres. SeulRingo Starr conserve continuellement de bonnes relations avec lui. Il lui compose même certaines chansons durant sa période de tension avec Yoko Ono[f 34]. De même, Lennon participe, comme Harrison et McCartney, au troisième album de Starr,Ringo. Cependant, si les quatre Beatles participent à l'album, ils ne sont à aucun moment tous réunis[f 39].

John etGeorge Harrison conservent de bonnes relations jusqu'au départ de Lennon pour les États-Unis. Lorsque Harrison part en tournée à New York, Lennon accepte de le rejoindre sur scène. Cependant, leurs relations se tendent lorsque Lennon ne se présente pas à la réunion qui doit légalement dissoudre le groupe. De même, lorsqu'en 1980, Harrison publie son autobiographieI, Me, Mine, Lennon s'exaspère de ne pas y être cité et n'hésite pas à lancer quelques piques à ce sujet durant uneinterview pourPlayboy[s 35].

Mais c'est avec Paul McCartney que les relations se tendent le plus. Pour son albumImagine, Lennon crée une violente chanson à son encontre,How Do You Sleep? (en réponse à la chansonToo Many People de Paul), dans laquelle il attaque violemment son ancien ami pour son conformisme, prétend qu'il n'a rien fait à partYesterday et chante : « Those freaks was [sic] right when they said you was [sic] dead » (« Ces mabouls avaient raison de dire que tu étais mort », une référence à la rumeur sur lamort de McCartney lancée en 1966). Par la suite, Lennon déclare cependant s'être plus attaqué à lui-même qu'à Paul[f 39]. Leurs relations se réchauffent quelque peu en 1974 et, en 1975, McCartney raconte que la dernière fois qu'ils se sont retrouvés ensemble chez Lennon, ils ont regardé l'émissionSaturday Night Live, dans laquelleLorne Michaels proposait de réunir le groupe pour 3 000 dollars[s 40]. Dans soninterview pourPlayboy, Lennon raconte que, sur le moment, ils ont envisagé de se rendre aux studios de télévision pour faire une blague, mais qu'ils étaient trop fatigués[s 35]. Le résultat a été imaginé dans le téléfilmTwo of Us, sorti en 2000[s 41].

Après l'assassinat de Lennon, McCartney est sous le choc : sa dernière tentative de réconciliation s'était soldée par un échec, John le mettant littéralement à la porte[f 40]. Cependant, peu avant sa mort, Lennon avait déclaré :« Je n'ai jamais demandé qu'à deux personnes d'être mes partenaires de travail ; l'une était Paul McCartney, et l'autre Yoko Ono. Pas mal, non ? »[s 42] Par la suite, McCartney rend plusieurs fois hommage à son ami, en chanson. En 1982, il composeHere Today en son honneur, parue surTug of War, le premier album qu'il publie après la mort de Lennon[i 26]. McCartney lui rend aussi hommage en concert ; à partir de 2008, il reprend sur scèneA Day in the Life,Give Peace a Chance ou encoreBeing for the Benefit of Mr. Kite![s 43].

C'est l'intéressé qui résume le mieux ses rapports avec les autres membres du groupe : lorsqu'on lui demande, en 1980, si ceux-ci sont ses pires ennemis ou ses meilleurs amis, Lennon répond que ce ne sont ni l'un ni l'autre, et qu'il n'en a vu aucun depuis un certain temps. Il déclare également :« Je continue à adorer ces mecs. Les Beatles, c'est fini, mais John, Paul, George et Ringo, ça continue. »[s 35]

Idéaux et polémiques

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Engagement politique

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Lennon et Ono enregistrentGive Peace a Chance lors dubed-in de Montréal.

Si les idées de Lennon sont déjà visibles dans le filmHow I Won the War, sorti en 1967[f 18], il n'écrit sa première chanson ouvertement politique que l'année suivante :Revolution, publiée ensingle avec lesBeatles. Il y indique en substance sa façon de faire la révolution, selon lui davantage une question d'état d'esprit, se méfiant des institutions, des grands mots et des mouvements collectifs rarement exempts de rancœurs et d'aliénations. Sa rencontre avec Yoko Ono le pousse à exprimer plus loin ses idées[f 26] : l'année 1969 le voit s'activer sur tous les fronts médiatiques, accompagné partout par celle qui va devenir son épouse. Dès leur lune de miel àAmsterdam, en mars, Lennon et Ono organisent un « Bed-in for Peace » dans leur chambre d'hôtel où, en pyjama dans leur lit, ils reçoivent des journalistes pendant une semaine, pour promouvoir la paix dans le monde, obtenant ainsi une visibilité mondiale[s 44],[s 45]. Les Lennon organisent alors un deuxièmebed-in en juin, àMontréal ; ils ont en effet dû renoncer à leur premier choix, les États-Unis, car Lennon y est interdit d'accès[i 27]. Au Canada, Lennon et ses amis enregistrentGive Peace a Chance dans leur chambre d'hôtel, le[e 20]. La chanson est reprise par des manifestants opposés à la guerre, àWashington D.C., le suivant : Lennon, qui suit les événements depuis chez lui à Londres, décrit cette journée comme« l'une des plus belles de [sa] vie »[i 2].

Toujours en chanson, Lennon se propose de soutenir la candidature deTimothy Leary, « le Pape du LSD », au poste degouverneur de Californie, en composantCome Together, en accord avec le thème de la campagne de Leary (« come together, join the party »). Cependant, il décide finalement de garder la chanson et l'enregistre avec les Beatles pour la publier ensingle. À la fin du mois de, John pousse son engagement jusqu'à renvoyer son insigne demembre de l'Empire britannique, alors détenu par sa tante « Mimi » Smith, à lareine d'Angleterre, en signe de protestation contre certains engagements de l'armée britannique. Si certains y voient une manœuvre publicitaire, Lennon reçoit, dans cette affaire, le soutien du philosopheBertrand Russell[e 21]. Il se permet même une petite pique à destination de la reine, dans un mot accompagnant sa médaille :

« Votre Majesté, je renvoie monMBE pour protester contre l'engagement de la Grande-Bretagne dans leconflit Nigeria-Biafra, contre notre soutien des États-Unis au Viêt Nam, et contre les mauvaises ventes deCold Turkey. Avec amour, John Lennon[i 28]. »

En décembre, Lennon et Ono lancent la campagneWar Is Over (« la guerre est finie ») : le couple diffuse, en plusieurs langues et dans le monde entier, le message« La guerre est finie… si vous le voulez. Joyeux Noël, John et Yoko ». Le même mois, le couple Lennon participe à une manifestation dédiée àJames Hanratty (en), exécuté en 1962 alors que sa culpabilité a été remise en cause[e 22].

Lennon s'engage également aux côtés d'autres activistes et se radicalise progressivement. Au mois de, il se rase la tête et vend ses cheveux aux enchères pour soutenirMichael X (en), activiste et révolutionnairenoir de Londres. Le mois suivant, Lennon apparaît les cheveux courts dans l'émissionTop of the Pops, où il interprète son nouveausingle,Instant Karma!, véhiculant aussi un message de paix[e 23]. L'année suivante, il se lie d'amitié avecJerry Rubin etAbbie Hoffman, fondateurs duYouth International Party, mouvement de gauche anti-guerre et anti-raciste[e 24] ; Lennon accepte ainsi de donner un concert de soutien lorsque des détenus noirs sont abattus au cours d'émeutes en prison[e 25]. Le mois suivant, lorsque le poèteJohn Sinclair est arrêté pour avoir vendu deux joints de marijuana à unpolicier sous couverture, Lennon lui dédie une chanson et participe à un concert de soutien, le[i 29]. Il apparaît sur scène aux côtés de Yoko Ono,Phil Ochs,Stevie Wonder et d'activistes pacifistes[s 46]. Sinclair est libéré trois jours plus tard[i 30]. C'est à l'occasion de ce concert que leFBI commence à s'intéresser au cas de Lennon, des agents dissimulés dans la foule ayant enregistré tout ce qui s'y passait[e 26]. En 1972, soit l'année suivante, Lennon écrit la chansonAngela pour soutenir la campagne visant à faire libérerAngela Davis, activiste proche desBlack Panthers[i 31].

Un ancien agent duMI-5,David Shayler, a également déclaré que Lennon avait donné de l'argent à l'Irish Republican Army, à la suite duBloody Sunday. Choqué par l'événement, le chanteur a en effet expliqué qu'il préférait être du côté de l'IRA plutôt que de celui de l'armée britannique. Lennon écrit deux chansons en référence à cet épisode :The Luck of the Irish etSunday Bloody Sunday (où il exprime son soutien aux catholiques[i 32]), parues sur l'albumSome Time in New York City en 1972. Cette année-là, Lennon aurait également financé leWorkers Revolutionary Party, un partitrotskiste britannique. Les dons du chanteur à l'IRA et au WRP s'élèveraient au total à45 000 livres. Ces informations, révélées seulement en 2000 dans la presse, ont été fermement démenties par Yoko Ono[e 27].

Tentative d'expulsion des États-Unis

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En 1972, craignant que les activités pacifistes et le soutien de Lennon au démocrateGeorge McGovern ne coûtent sa réélection àRichard Nixon, le gouvernement américain tente de chasser le chanteur du pays[s 47]. En février, John Lennon est cité dans un rapport confidentiel de la Commission à la sécurité intérieure, au sujet de militants de gauche en pleine campagne anti-Nixon :« Ces gauchistes, notammentRennie Davis (en), déjà arrêté pour des participations à des actions de ce type lors du rassemblement du parti démocrate à Chicago en 1968, prévoient d'utiliser John Lennon afin de recruter le plus de gens possible. » Nixon lui-même aurait personnellement demandé que Lennon soit désormais surveillé[e 28]. De plus, le sénateurStrom Thurmond considérait que« l'expulsion pouvait être une contre-mesure stratégique » contre Lennon[s 48]. Par ailleurs, certaines chansons du musicien sont interdites et il est constamment suivi, selon ses dires, par des agents du FBI qui ne cherchent même pas à se cacher :

« J'ouvrais ma porte, et hop ! Il y avait un gars en faction de l'autre côté de la rue. Ils me suivaient partout, tout le temps ! Et surtout, ils tenaient à ce que je m'en rende compte ![e 27] »

Les procédures pour l'expulser débutent le mois suivant, se fondant sur un délit de possession de cannabis datant de 1968, alors que Lennon résidait encore à Londres. S'ensuivent quatre ans de procès[s 49]. Le, Lennon reçoit son ordre d'expulsion du territoire américain. Toutefois, il parvient à y rester, grâce à son avocat Leon Wildes et au soutien de nombreuses personnalités, via une pétition signée entre autres parBob Dylan,Fred Astaire et mêmeJohn Lindsay, alors maire deNew York. Les problèmes de Lennon avec l'administration des États-Unis ne l'empêchent pas de continuer son action. Il participe ainsi, en mai, à une manifestation pacifiste àManhattan. En juin, il publie un nouvel album,Some Time in New York City, de loin son disque le plus engagé politiquement[e 29].

Le, Lennon est à nouveau prié de quitter le pays dans les soixante jours[e 30],[s 50]. Ono et lui répondent, le, par un discours exprimant leur volonté de créer un état conceptuel, sans frontières, ni territoire, ni passeport, mais uniquement un peuple :Nutopia (prononcé commenew-topia). Cette « NouvelleUtopie » a pour hymne national un silence de quelques secondes, et tous ses citoyens en sont ambassadeurs[i 33]. Le, le couple apparaît aux audiences du procès duscandale du Watergate[i 16].

Par la suite, les successeurs de Nixon — Gerald Ford, puisJimmy Carter — se montrent moins impliqués dans le combat contre Lennon ; ce dernier est même présent au gala d'investiture de Carter[i 34]. Finalement, il reçoit sacarte de résident permanent en[e 31], avec la possibilité de devenir citoyen des États-Unis d'Amérique après cinq ans[i 34]. Le récit de ces événements a fait l'objet d'un documentaire,Les U.S.A. contre John Lennon, sorti en 2006[s 51].

Œuvres

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Musique

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Chant

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Si John Lennon chante une grande partie du répertoire des Beatles, il n'en déteste pas moins sa voix.

« Il avait un dégoût inné pour sa propre voix, que je n'ai jamais compris. Il me disait toujours de faire quelque chose de sa voix, mettre quelque chose par-dessus, la rendre différente. »

— George Martin[c 16],[49]

De fait, le producteur effectue régulièrement des retouches ou des corrections pour satisfaire le chanteur. Lennon est toutefois capable de performances vocales spectaculaires. Ainsi, enrhumé lors de l'enregistrement de l'albumPlease Please Me, bouclé en douze heures d'affilée, il préserve sa voix jusqu'au dernier moment, avant de hurler surTwist and Shout, tout en étant conscient qu'il aggrave son mal et s'abîme la voix pour les jours qui suivent[50]. On voit aussi, dans la série vidéoAnthology, George Martin jouer la bande de la première prise d'A Day in the Life, sans aucun artifice, et s'émouvoir :« Écoutez la voix de John ! Elle me donne des frissons à chaque fois que je l'écoute ! »[51] Mais surtout, du début à la fin du groupe, la complémentarité des voix de John Lennon et de Paul McCartney, l'expressivité, la justesse, la finesse et le timbre de leurs harmonies, sont pour beaucoup dans le succès des Beatles.

Avec les débuts de sa carrière solo, Lennon compose davantage deballades commeImagine, sur lesquelles sa voix s'illustre de façon plus douce que sur les premiers rocks des Beatles. Au début des années 1970, le début de sa thérapie ducri primal a des effets qui se ressentent sur les chansons de l'albumJohn Lennon/Plastic Ono Band, commeMother ouI Found Out, où il hurle littéralement[f 41]. Mais il avait déjà été l'auteur de performances aussi extrêmes avant d'entamer cette thérapie : un an plus tôt, surCold Turkey, il explorait les limites de sa voix pour rendre compte des affres dusevrage, expliquant avoir été inspiré par Yoko Ono[i 28].

Instruments

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Quelques guitares utilisées par John Lennon.

Le premier instrument dont Lennon apprend à jouer est l'harmonica. Son oncle George Smith lui en offre un dans son enfance et lui apprend à en jouer[s 52]. L'instrument revient souvent dans les premières prestations desBeatles àHambourg et auCavern Club, et devient un effet récurrent de leurs premiers enregistrements, intervenant ainsi sur plusieurssingles tels queLove Me Do,Please Please Me ouFrom Me to You[52]. Lennon abandonne par la suite cet instrument, qu'il utilise pour la dernière fois en studio surI'm a Loser : il considère que l'effet créé est désormais sans surprise[h 10].

L'instrument de prédilection de John Lennon est laguitare, à laquelle il est initié dans sa jeunesse par sa mèreJulia, qui lui enseigne tout d'abord lebanjo, ainsi que le piano. Sur la plupart des titres des Beatles, il tient ainsi laguitare rythmique, tandis queGeorge Harrison estguitariste soliste. S'il utilise uneguitare acoustique avec lesQuarrymen, il utilise majoritairement desguitares électriques avec les Beatles. L'une d'entre elles, saRickenbacker 325, est devenue emblématique, et a été reproduite commecontrôleur de jeu pourThe Beatles: Rock Band, sorti en2009[s 53]. Il a aussi rendu célèbre un autre modèle de guitare, l'Epiphone Casino, notamment utilisée dans les clips deHey Jude etRevolution en 1968, ainsi que lors duconcert sur le toit d'Apple en 1969[s 54]. Lennon joue de très rares fois de labasse, notamment sur les titresHelter Skelter,Let It Be etThe Long and Winding Road, dans les cas oùPaul McCartney est aupiano ou à laguitare électrique[53]. Il est aussi amené à jouer de l'orgue, comme dans la séquence deThe Night Before du filmHelp!, ou lors du concert auShea Stadium deNew York en1965 pour l'interprétation deI'm Down[f 42].

Durant sa carrière solo, Lennon montre également un certain talent pour lepiano, instrument déjà utilisé lors de séances de composition avecPaul McCartney, par exemple pourI Want to Hold Your Hand née d'une improvisation au piano[s 55]. Le titre souvent considéré comme le plus emblématique de Lennon en solo,Imagine, est aussi joué au piano. Durant cette époque, Lennon s'essaie également à divers bricolages sonores avecYoko Ono, aboutissant à des morceaux d'avant-garde et des albums demusique expérimentale tels queTwo Virgins. Il en est de même au sein des Beatles, où Lennon, s'il n'est pas le premier à s'intéresser à l'avant-garde, est le premier à placer un morceau du genre sur un album, leRevolution 9 de l'« Album blanc »[f 43].

Écriture et art

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Auteur-compositeur

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Article détaillé :Lennon/McCartney.
Le tandem Lennon/McCartney est à l'origine de la majorité des succès des Beatles.

Durant la carrière desBeatles, Lennon signe toutes ses chansons de la marqueLennon/McCartney, son partenaire faisant de même, qu'une chanson ait été écrite en collaboration ou non. Formé à la suite de la rencontre des deux musiciens dès 1957, le duo écrit ses premières chansons lors de séances chez Paul ou à « Mendips »[g 16]. Il n'est pas rare que l'un ait un titre en tête, auquel cas l'autre rajoute les couplets, compose unpont ou un solo[g 1]. Leurs premiershits internationaux,From Me to You,She Loves You ouI Want to Hold Your Hand, sont écrits en totale collaboration[h 11]. Les compositions de ce type sont plus fréquentes au début de leur carrière. Dans le cas où l'idée de départ vient de Paul McCartney, Lennon apporte souvent un contrepoint à l'optimisme des chansons de son partenaire ; ainsi ajoute-t-il une touche de tristesse ou d'impatience àWe Can Work It Out etMichelle[s 35]. Sur le contenu des chansons, Lennon a généralement plus tendance à parler de lui-même, là où McCartney a davantage de facilités à imaginer les situations ou des personnages fictifs[c 17]. Parmi ses influences en termes d'écriture, Lennon cite volontiersBob Dylan, dont les textes l'ont poussé vers plus d'introspection et d'analyse de ses propres sentiments[c 18].

Progressivement, John et Paul préfèrent composer séparément, ce qui ne les empêche pas de s'aider et de compléter réciproquement leurs chansons. En 1967, McCartney ajoute ainsi une transition au sein deA Day in the Life de Lennon[f 44], tandis qu'ils élaborent ensembleWith a Little Help from My Friends[c 19]. De même,I've Got a Feeling est un mélange de chansons inachevées de chacun[h 12]. Par ailleurs, si McCartney écrit les chansons les plus populaires du groupe (Hey Jude,Yesterday), c'est Lennon qui est à l'origine des compositions les plus abouties sur le plan musical (Strawberry Fields Forever,I Am the Walrus)[f 45].

Après la fin du groupe, Lennon reconnaît volontiers avoir écrit quelques chansons « médiocres » dans un but plutôt alimentaire, commeLittle Child ouAny Time at All[h 13]. Avec le temps, il écrit des chansons plus personnelles ;I'm a Loser décrit ainsi ses sentiments du moment[f 46]. De même, il composeNowhere Man alors qu'il se sent déprimé, et« homme de nulle part », etIn My Life, où, devenu une star planétaire à 25 ans, il se retourne avec nostalgie sur son passé[h 14]. Il lui arrive également d'exprimer ses craintes quant à sa vie sentimentale, dansRun for Your Life, où il menace sa femme de la tuer en cas d'adultère, un acte dont il ne se prive pourtant pas en tournée[f 47], ouDon't Let Me Down, cri déchirant de Lennon àYoko Ono, l'incitant à rester auprès de lui[f 27]. Par ailleurs, il compose, à partir de 1966, des chansons aux tonalitéspsychédéliques et aux textes remplis denon-sens[f 48]. D'autres créations, commeI Want You (She's So Heavy) ouYou Know My Name (Look Up the Number) sont plus minimalistes dans leur texte[f 49].

Si, au sein desBeatles, John Lennon ne s'est permis qu'une seule chanson politique (Revolution), il lance sa carrière solo avecGive Peace a Chance, un titre à vocation contestataire et pacifiste. Son engagement politique émaille ainsi toute sa discographie en solo, avec des hymnes telsPower to the People,Imagine etWorking Class Hero, ou encore des chansons de soutien spécifique à diverses causes. Dès son premier album,John Lennon/Plastic Ono Band, Lennon tourne la page des Beatles, en les citant, dans la chansonGod, parmi les symboles auxquels il ne croit plus[i 35]. Les textes de l'album contiennent déjà les thèmes qui lui seront chers par la suite, l'étude de soi-même et de ses doutes, et sa relation avecYoko Ono, à qui il consacre régulièrement des chansons[i 6]. Il s'essaie également à d'autres façons d'écrire, moins conventionnelles : les « chansons journalistiques », écrites à la va-vite, sur l'albumSome Time in New York City[i 13] ; les berceuses (Beautiful Boy, à destination de son fils Sean)[i 36] ; ou les chants deNoël (Happy Xmas (War Is Over), également un titre pacifiste)[i 37]. Mûri, Lennon s'inspire de ses lectures : ainsiMind Games est une référence à un livre de psychologie traitant de l'élévation de conscience[i 15]. De même, il explore leféminisme, sous l'influence de Ono, viaWoman Is the Nigger of the World et surtoutWoman, qu'il écrit après avoir lu notammentThe First Sex d'Elizabeth Gould Davis[i 21]. Lennon se laisse aussi volontiers aller à la nostalgie[i 25], mais règle aussi ses comptes, parfois durement, avecPaul McCartney (How Do You Sleep?)[i 10], avant de se retourner contreAllen Klein (Steel and Glass)[i 38]. Enfin, il n'oublie pas ses racinesrock 'n' roll et compose encore quelques titres dans ce style, commeIt's So Hard, qu'il enregistre avec le saxophoniste renomméKing Curtis[i 39].

Écrivain et artiste

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John Lennon commence à écrire et dessiner de façon créative assez tôt, à la suite des encouragements de son oncle. Il rassemble ses histoires, sespoèmes, sesbandes dessinées et sescaricatures dans un cahier d'exercices de son école, qu'il baptise leDaily Howl (« Le hurlement quotidien »), et qu'il montre à ses amis pour les amuser[54]. L'ensemble est truffé dejeux de mots, les dessins qu'il crée représentent souvent des personnes handicapées — pour lesquelles John éprouve une certaine fascination[55], voire, d'aprèsGeorge Harrison, de la peur[c 20] — et les histoires qu'il raconte sontsatiriques à souhait[54]. En 1964, Lennon publie son premier ouvrage,In His Own Write (En flagrant délire), un recueil de dessins, de poèmes et de courtes histoires pleines d'humour et denon-sens, dont certaines sont reprises duDaily Howl.« C'est ma forme d'humour. Je masquais mes sentiments derrière du charabia. » Par exemple, il joue sur la sonorité des mots[c 21], à l'image du titre du livre (In His Own « Write », au lieu de « right ») ou encore son texte introductif (« I was bored on the 9th of Octover 1940 »,bored au lieu deborn, ce qui donne « Je me suis ennuyé le… » au lieu de « Je suis né le… », etOctover au lieu deOctober). Le livre est apprécié par la critique, ce qui surprend son auteur :« À mon grand étonnement, les critiques l'ont aimé. Je ne pensais pas que le livre serait ne serait-ce que critiqué. Je ne pensais pas que les gens accepteraient le livre comme ils l'ont fait. Pour dire vrai, ils l'ont considéré plus sérieusement que moi je l'ai fait. Tout ça a commencé comme une blague pour moi. »[56].

À la suite du succès du premier, Lennon publie un second ouvrage,A Spaniard in the Works (traduit enUn glaçon dans le vent), en 1965. Le livre contient notamment une histoire surSherlock Holmes, qu'il déclare être la chose la plus longue qu'il ait jamais écrite. Concernant sa façon de travailler, Lennon avoue être chaotique et dissipé :« Mon esprit ne s'attarde pas longtemps sur le même sujet. J'oublie qui j'ai mis en scène, je me perds, j'en ai marre et ça m'ennuie. C'est pour ça que je tue généralement tout le monde. Je les ai tous tués dans le premier livre mais, dans le deuxième, j'ai essayé de ne pas le faire, j'ai essayé de progresser. » Lennon reste par ailleurs très influencé parLewis Carroll ainsi queRonald Searle, et nourrit, à l'époque, l'ambition d'écrire un livre pour enfants.Un glaçon dans le vent se vend cependant moins bien que le premier[c 22].

Ces deux livres inspirent une pièce de théâtre,The John Lennon Play: In His Own Write, mise en scène en 1968. La première représentation de la pièce marque d'ailleurs l'une des premières apparitions publiques de Lennon au bras deYoko Ono[57]. Lorsqu'il se retire de la vie publique pour s'occuper de son filsSean, Lennon se consacre à nouveau à l'écriture et au dessin. Ces œuvres seront publiées dansSkywriting by Word of Mouth etReal Love: The Drawings for Sean[s 56].

Collaborations

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Outre ses collaborations avec les Beatles, en groupe ou en solo, et sa femme Yoko Ono, Lennon a travaillé avec d'autres musiciens :

Discographie

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Avec les Beatles

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Article détaillé :Discographie des Beatles.

La discographie de John Lennon est tout d'abord commune avec celle desBeatles, et débute avec le premier album du groupe,Please Please Me sorti en 1963, auquel succède rapidementWith the Beatles la même année. Si ces deux albums contiennent un certain nombre dereprises, ils comprennent également les premières chansons signéesLennon/McCartney[f 50]. Plusieurs albums se succèdent durant laBeatlemania, au rythme effréné de deux albums par an en moyenne, dontA Hard Day's Night sur lequel dix des treize chansons sont de sa plume, jusqu'à la sortie en 1965 deRubber Soul, qui marque un tournant pour le groupe[f 51]. Il s'agit également du début de la périodehippie de Lennon, illustrée par la chansonThe Word[f 52].

Les deux albums suivants,Revolver (1966) etSgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (1967), sont souvent considérés comme l'apogée artistique du groupe[f 53]. C'est également valable pour Lennon qui compose à cette époque plusieurs de ses chansons les plus appréciées, telles queStrawberry Fields Forever,Lucy in the Sky with Diamonds etI Am the Walrus, aux tonalitéspsychédéliques[f 35]. La préparation de l'« Album blanc » marque le début des tensions entre John etPaul McCartney. Lennon compose à cette époque un grand nombre de chansons[f 54]. L'album est en particulier marqué parRevolution 9, un collage sonore réalisé par John etYoko Ono, et inséré sur l'album en dépit du désaccord manifeste de McCartney etGeorge Martin[f 43]. SurAbbey Road, Lennon compose ce qu'il considère comme l'une de ses chansons préférées,Come Together[f 55].

Carrière solo

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Article détaillé :Discographie de John Lennon.

John Lennon réalise son premier album hors du groupe en 1968, avecTwo Virgins. Il s'agit d'un album demusique expérimentale réalisé avec Yoko Ono, dont la pochette est ornée d'une photographie du couple entièrementnu. L'album, qui fait scandale pour ce motif, ne connaît qu'un succès relatif[f 56]. Le premier véritablesingle solo de Lennon estGive Peace a Chance, enregistré àMontréal en 1969. Après la séparation définitive des Beatles, Lennon réalise en 1970 son premier album de chansons,John Lennon/Plastic Ono Band, qui devient l'un de ses albums les plus populaires. Il se caractérise par ses tonalités mélancoliques (Mother,Isolation)[f 57] et parfois belliqueuses (Working Class Hero)[f 41].

En 1971 sortImagine, album-phare du musicien, qu'il décrit comme« Working Class Hero avec du sucre »[f 39],[s 57]. L'album contient la chansonImagine, laquelle atteint le sommet des classements de nombreux pays et devient avec le temps l'un des plus grands hymnes pacifistes jamais écrits. Au cours des trois années qui suivent, Lennon enregistre encore quatre albums, relativement mineurs, dontWalls and Bridges qui se classeno 1 auxÉtats-Unis[f 58]. Il se retire ensuite pendant cinq ans, pour s'occuper de son filsSean, et revient en 1980 avecDouble Fantasy, en très étroite collaboration avecYoko Ono. Le chanteur estassassiné peu après[f 59].

Nombre d'albums paraissent après la mort de Lennon. S'il s'agit surtout decompilations, on trouve également un album studio publié en 1984, à titre posthume,Milk and Honey, et une collection d'inédits publiée en 1986, intituléeMenlove Ave.[s 58] Le coffretJohn Lennon Anthology, sorti en 1998, est un panorama de la carrière solo de l'artiste, contenant un certain nombre de prises inédites[s 59].

En combinant tous les formats de ventes (albums physiques,singles physiques, vidéos musicales, téléchargements numériques, sonneries de téléphone,streaming audio et vidéo, etc.) à l'aide de pondérations adaptées (par exemple 1single physique = 3/10e d'album), les ventes de disques de la carrière solo de John Lennon ont atteint, en octobre 2018, 72 647 000 unités en « équivalent album » dans le monde[60],[61].

Filmographie

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Comme acteur, hormis les quatre films dont le groupe est le sujet principal pendant sa carrière, John Lennon joue dans un seul film, en 1967. Après la séparation des Beatles, il produit plusieurs courts-métrages d'avant-garde, avec sa femmeYoko Ono.

Succès des Beatles

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Les Beatles dans un extrait de la bande annonce du filmHelp!. John Lennon est devant, suivi dePaul McCartney etGeorge Harrison.

La première incursion desFab Four au cinéma date de1964, avecA Hard Day's Night, réalisé parRichard Lester[62]. Ce documentaire parodique ennoir et blanc est supposé montrer comment les Beatles vivent en pleineBeatlemania. Cependant, la représentation de la folie qui les entoure est édulcorée car, en réalité, les quatre Beatles commencent à la vivre de plus en plus difficilement, spécialement Lennon[h 15]. Celui-ci s'enfonce progressivement dans un profond mal de vivre, qu'il transpose dans sa chansonHelp![h 3], point de départ dufilm du même nom, de nouveau réalisé par Lester en 1965. Cette fois, le film est en couleurs et l'histoire est totalement fictive : les Beatles sont poursuivis par une secte hindoue qui cherche à récupérer une bague sacrificielle queRingo porte à son doigt. Tous les membres critiquent le film à sa sortie, se considérant comme relégués dans un rôle secondaire[h 15].

En août 1966, laBeatlemania a pris une ampleur effrayante et dangereuse, consternant les Beatles. Ils décident de mettre un terme aux tournées et arrêtent de jouer en public[63]. Lennon vit mal cet arrêt qui, pour lui, signifie la fin des Beatles en tant que groupe de rock. Il tente de trouver une autre solution et accepte un rôle de soldat dans le filmHow I Won the War, toujours réalisé par Lester et sorti en 1967[64]. Pendant le tournage, il composeStrawberry Fields Forever, annonciatrice des productions des Beatles de cette année-là[h 16]. Après unSgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band au succès retentissant, le groupe, sous la direction dePaul McCartney, se lance dans un film, que ce dernier produira lui-même[65]. Le résultat estMagical Mystery Tour, réalisé avec la collaboration deBernard Knowles et paru fin 1967. Le film met en scène les Beatles dans un voyage en autobus psychédélique, accompagnés d'un rassemblement hétéroclite d'acteurs choisis au hasard[65]. Le succès n'est pas au rendez-vous ; les critiques descendent le film et même le public est déçu[65]. Les chansons du film, rassemblées sur ledouble EPMagical Mystery Tour, sont cependant bien accueillies, toutes dans la même veinepsychédélique que celles deSgt. Pepper's[h 17].

Projets expérimentaux

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À la suite de ce premier échec critique et commercial et de sa rencontre avecYoko Ono[66], John Lennon essaie de s'aventurer hors du cadre des Beatles et participe, fin 1968, auRock and Roll Circus, une émission musicale organisée par lesRolling Stones[24]. Auparavant, il aurait dû s'impliquer, avec le groupe, dans le film animéYellow Submarine, réalisé parGeorge Dunning. Mais les Beatles, se désintéressant du projet, n'y prêtent même pas leurs voix et s'occupent exclusivement de fournir une poignée de chansons, rassemblées par la suite sur l'album du même nom[67].

Le dernier film de John avec les Beatles constitue le témoignage de la séparation du groupe. Au début de 1969, le groupe doit faire un dernier film pour honorer son contrat avecUnited Artists, alors que ses membres n'ont plus la moindre envie de jouer une nouvelle comédie[h 18]. On décide donc de les filmer en répétition, pour un concert final sur le toit des bureaux d'Apple[68]. Cependant, les tensions sont manifestes pendant le tournage et transparaissent dans le film[69]. Les Beatles attendent un an avant de le laisser sortir, tant ils sont insatisfaits du résultat.Let It Be, réalisé parMichael Lindsay-Hogg, paraît en 1970, peu avant l'album éponyme. Lors de sa sortie, le groupe s'est déjà séparé[h 19].

En 1968, quelque temps avant que les Beatles ne se séparent,Yoko Ono initie Lennon à la réalisation de courtsfilms expérimentaux. Le couple en produit plus d'une trentaine jusqu'en 1972. La plupart consistent en des extraits de concerts filmés et declips, tandis que d'autres ont un concept bien défini, par exempleSelf-Portrait qui montre lepénis de John en phase d'érection, etErection, qui présente, en avance rapide, la construction de l'International Hotel de Londres[s 60].

Postérité

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Héritage

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Patrimoine

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Imagine, la chanson la plus populaire de Lennon, a été composée dans la salle reconstituée sur cette photographie.

Depuis la mort de Lennon, c'estYoko Ono qui gère son patrimoine. Elle produit ainsi un grand nombre d'albums posthumes du musicien, à partir d'enregistrements inédits. Lorsque à la fin des années 1990,Paul McCartney demande queYesterday soit créditée « McCartney/Lennon » plutôt que « Lennon/McCartney », sur la compilation1, Ono refuse[f 60]. De même, elle s'implique, avec les Beatles encore en vie et l'épouse deGeorge Harrison, dans la production du jeuThe Beatles: Rock Band et, de façon générale, dans le devenir des intérêts du groupe[s 61]. Ono gère également l'image de son défunt mari, ce qui provoque une polémique, en 2010, lorsque Lennon apparaît dans une publicité pourCitroën[s 62],[s 63].

Des objets appartenant au chanteur sont également disputés aux enchères. Ainsi, en 2000, le piano sur lequel il a composéImagine est acheté parGeorge Michael pour plus de deux millions delivres sterling[s 64]. De même, en 2007, un collectionneur britannique achète une paire de lunettes ayant appartenu à Lennon, pour une somme tenue secrète[s 65]. En 2010, le manuscrit de paroles de la chansonA Day in the Life est vendu pour 1,2 million de dollars[s 66].

En 2006, le magazineForbes annonce que Lennon est la quatrième des personnalités mortes les plus riches[s 67].

Le,Yoko Ono annonce que c'est son filsSean Lennon qui gère à présent le patrimoine de son père[70]. En 2024, celui-ci se mérite unOscar pour le court métrage d'animationWar Is Over! Inspired by the Music of John & Yoko (en) qu'il a co-écrit avec le réalisateurDave Mullins[71].

Honneurs posthumes

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De nombreuses chansons écrites par Lennon — pour les Beatles comme pour lui-même — ont étéreprises, notammentImagine (reprise notamment parNeil Young lors d'un concert en hommage aux victimes desattentats du World Trade Center le). En 1999, un sondage de laBBC révèle que celle-ci est la chanson préférée des Britanniques[72]. En 2002, un autre sondage de la même BBC le classe parmi en5e place des « 100 plus grands héros britanniques »[s 68]. Le magazine américainRolling Stone classe Lennon en cinquième place des « meilleurs chanteurs de tous les temps »[s 69] et38e « plus grand artiste de tous les temps », alors que les Beatles arrivent premiers[s 70]. Selon ce même magazine, deux de ses albums solo,Imagine etJohn Lennon/Plastic Ono Band, figurent parmi les500 plus grands albums de tous les temps[s 71]. Enfin, Lennon figure depuis 1987 auSongwriters Hall of Fame[s 72] et, depuis 1994, auRock and Roll Hall of Fame[s 73].

Liam Gallagher, le chanteur du groupeOasis, considère pour sa part Lennon comme un héros, et a nommé son fils aîné Lennon Gallagher, en hommage au chanteur[73].

Hommages et mémoriaux

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Article détaillé :Assassinat de John Lennon (§ Hommages et mémoriaux).

Chansons

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De nombreux artistes ont composé des chansons en son honneur. Par exemple, en 1982, dans l'albumHot Space deQueen,Freddie Mercury lui rend hommage dans la chansonLife Is Real (Song For Lennon).Scarabée, tiré de l'albumM et J deVanessa Paradis rend hommage à la vie de l'artiste[s 74]. La chanson desCranberriesI Just Shot John Lennon évoque l'assassinat du chanteur, de même, la chansonGosses en cavale dePatrick Bruel, l'onde de choc qui a suivi l'annonce de sa mort. La chansonMoonlight Shadow écrite parMike Oldfield aurait également été partiellement inspirée par ce même évènement, du moins à un niveau inconscient[74].

Les ex-Beatles George Harrison et Paul McCartney ont chacun composé une chanson hommage à leur camarade disparu : le premier avecAll Those Years Ago, publié sur son albumSomewhere in England sorti en 1981, et le second avecHere Today, surTug of War sorti en 1982. McCartney a aussi publié la chansonEarly Days en 2013, sur son albumNew, dans laquelle il raconte ses débuts avec son compagnon.

Elton John etBernie Taupin, son collaborateur habituel, ont écritEmpty Garden (Hey Hey Johnny) que le chanteur publia en 45 tours et sur son albumJump Up! sorti en 1982. Une pièce instrumentale, écrite par Elton John à la suite de l'assassinat de Lennon, intituléeThe Man Who Never Died, a été publiée en 1985 en face B d'un 45 tours couplée àNikita[75]. Elle sera incluse en piste bonus de la réédition CD de l'albumIce on Fire[76].

Paul Simon,auteur-compositeur-interprète natif deNew York, a écrit la chansonThe Late Great Johnny Ace qui raconte la mort deJohnny Ace et de John Lennon. Il l'a chantée pour la première fois en 1981 lors du concert àCentral Park, à quelques pas duDakota Building. Bien qu'elle soit présente sur la vidéo du spectacle, elle n'est pas incluse sur l'albumlive qui en est issu, mais sera réenregistrée pour son disqueHearts and Bones sorti en 1983[77].

Littérature

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La scène de la première rencontre entre John Lennon etPaul McCartney le 6 juillet est représentée parYves Sente etAndré Juillard dans la série de bande dessinéeBlake et Mortimer, dans le tomeLa Machination Voronov, aux pages 54 et 55, où Mortimer demande à Paul où est le prêtre, puis se rend à la scène où John jouait pour le trouver[78].

Films de cinéma, documentaires et séries

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Plusieurs films ont été réalisés sur John Lennon après sa mort. Ainsi, un téléfilm,Two of Us, romance une rencontre entre Lennon et McCartney àNew York, après la séparation des Beatles[s 75]. Plusieurs films reprennent également l'assassinat de John Lennon :The Killing of John Lennon etChapitre 27, tous deux sortis en décembre 2007[s 76],[s 77]. Dans ce dernier film, Lennon est incarné parMark Lindsay Chapman, homonyme de sonassassin[s 78]. En 2009, les débuts de Lennon au sein desQuarrymen sont relatés dans le filmNowhere Boy, dont la sortie célèbre le70e anniversaire du chanteur, en octobre 2010[s 79].

Des documentaires ont également été réalisés sur le chanteur, tels queImagine: John Lennon, en 1988, composé d'images d'archives et d'extraits d'interviews[s 80] etLes U.S.A. contre John Lennon en 2006, qui raconte les tentatives d'expulsion menées parRichard Nixon et son administration dans les années 1970[s 81]. En 2019,John and Yoko: Above Us Only Sky, réalisé par Micheal Epstein, est diffusé par la chaîneA&E en Amérique etChannel 4 en Angleterre[79]. Ce documentaire explore surtout l'année 1971 et l'enregistrement de l'albumImagine[80].

Dans la comédieuchroniqueYesterday (2019) deDanny Boyle, le héros Jack se réveille dans un monde où les Beatles, entre autres, n'ont jamais existé et devient une star planétaire en interprétant leurs chansons, puisque personne ne croit qu'elles ne sont pas de lui. Dans ce monde parallèle, Jack parvient, à la fin du récit, à retrouver John Lennon, âgé de 78 ans, qui vit paisiblement retiré à la campagne, où il peint.

L'acteurSimon Pegg prête sa voix à John Lennon dans des segments animés du documentaireThe Sparks Brothers (2021) consacré auxSparks.

Dans la première saison de laweb-sérieEpic Rap Battles of History, John Lennon affronte le présentateur télévisé deFox NewsBill O'Reilly.

En 2020, pour son80e anniversaire, a été diffusé un documentaire intituléLennon's last Weekend, axé sur la dernière interview donné par Lennon à la BBC avec Andy Peebles deux jours avant son assassinat[81].

Le, pour le84e anniversaire de sa naissance, un documentaire intituléDaytime Revolution est diffusé dans les salles de cinéma[82].

John Lennon est plusieurs fois évoqué dans la sérieFor all mankind, celui-ci ayant survécu à sa tentative d'assassinat grâce à l'effet papillon d'une victoire soviétique dans la course à la Lune. L'artiste est ainsi montré prenant position contre la politique étrangère agressive du présidentRonald Reagan.

Mémoriaux

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Lemur Lennon de Prague.
Image de street art de John Lennon sur le mur John Lennon à Prague, août 2019.

Depuis le milieu des années 1980, un mur de la ville dePrague continue d'être couvert de graffitis en son hommage et est devenu lemur Lennon[s 82].

En 1985, le mémorialStrawberry Fields est inauguré auCentral Park de New York, à proximité duDakota Building. Il est le théâtre de rassemblements réguliers pour célébrer les anniversaires de l'artiste[s 83].

Leparc John Lennon (en) ouParque John Lennon est un parc public du district de Vedado deLa Havane àCuba. Sur l'un des bancs du parc se trouve une statue de John Lennon ; celle-ci fut inaugurée le par le présidentFidel Castro. Une inscription près des pieds du banc dit : « Dirás que soy un soñador pero no soy el único, John Lennon », ce qui est une traduction des paroles de la chansonImagine : « Tu peux dire que je suis un rêveur, mais je ne suis pas le seul ».

En 2002, l'aéroport deLiverpool, rénové, a été rebaptiséJohn Lennon Liverpool Airport. Une statue de Lennon, en bronze, est installée dans le hall d'enregistrement, tandis que la devise « above us only sky » (tirée des paroles d'Imagine) est peinte au plafond. À l'extérieur, unYellow Submarine (en) géant accueille les automobilistes[s 84]. Durant l'été 1958, Lennon a brièvement travaillé comme plongeur et serveur dans le restaurant Viscount de cette aérogare[83].

Des expositions lui ont été consacrées, dontJohn Lennon Unfinished Music, du 20 octobre au à laCité de la musique[s 85] etImagine, la ballade pour la paix de John & Yoko, une exposition temporaire auMusée des beaux-arts de Montréal, du 2 avril au[s 86].

En 2007, sur l'îleViðey dans la capitale islandaiseReykjavik, a été inaugurée laTour Imagine Peace, un monument conçu par sa veuve Yoko Ono et qui projette un rayon lumineux en direction du ciel, chaque année entre le 9 octobre, la date de sa naissance, et le 8 décembre, celle de sa mort[s 87].

Le, un hommage lui est rendu lors de la cérémonie de clôture desJeux olympiques de Londres, avec sa chanson emblématiqueImagine, interprétée par une jeune chorale, puis par John Lennon lui-même, apparaissant sur les écrans géants dustade olympique.

Astronomie

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Unastéroïde découvert en 1983 par l'astronomeBrian A. Skiff est baptisé(4147) Lennon en son honneur.

Numismatique

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En 2010, une pièce de 5£ en argent, avec un tirage limité à 5 000 exemplaires a été créée par laRoyal Mint dans la collection « Great Britons » à l'occasion du70e anniversaire de sa naissance. Un exemplaire en or 24 carats a aussi été frappé et mis aux enchères[84].

Philatélie

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En 2018, untimbre postal à l'effigie de John Lennon a été émis par le service postal des États-Unis, basé sur une photo deBob Gruen datant de 1974[85].

Notes et références

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Notes

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  1. Prononciation enanglais britanniqueretranscrite selon la normeAPI.
  2. Sous le nom Freddie Lennon, il publiera même un single en 1965 :That's My Life (My Love and My Home) (en) /The Next Time You Feel Important. Mais celui-ci sera rapidement retiré de la circulation. Source :http://ultimateclassicrock.com/john-lennon-father-single/
  3. Une mèche de cheveux d'une longueur de10 centimètres a été vendue aux enchères le pour 35 000 $US (25 000 £). Source :(en) « UK England Mereyside », surBBC.

Ouvrages récurrents

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  • The Beatles,The Beatles Anthology, Seuil, 2000
  • Hunter Davies,Les Beatles, la biographie, Le cherche midi, 2004

  • Daniel Ichbiah,Et Dieu créa les Beatles, Les Cahiers de l'Info, 2009
  1. Daniel Ichbiah 2009,p. 68.
  2. Daniel Ichbiah 2009,p. 15.
  3. Daniel Ichbiah 2009,p. 19.
  4. Daniel Ichbiah 2009,p. 18.
  5. Daniel Ichbiah 2009,p. 23.
  6. Daniel Ichbiah 2009,p. 24.
  7. Daniel Ichbiah 2009,p. 26.
  8. Daniel Ichbiah 2009,p. 30.
  9. Daniel Ichbiah 2009,p. 33.
  10. Daniel Ichbiah 2009,p. 145.
  11. Daniel Ichbiah 2009,p. 21.
  12. Daniel Ichbiah 2009,p. 51.
  13. a etbDaniel Ichbiah 2009,p. 58.
  14. Daniel Ichbiah 2009,p. 101.
  15. Daniel Ichbiah 2009,p. 102–103.
  16. Daniel Ichbiah 2009,p. 105.
  17. Daniel Ichbiah 2009,p. 69.
  18. a etbDaniel Ichbiah 2009,p. 106.
  19. Daniel Ichbiah 2009,p. 107.
  20. Daniel Ichbiah 2009,p. 113.
  21. Daniel Ichbiah 2009,p. 127.
  22. a etbDaniel Ichbiah 2009,p. 143.
  23. Daniel Ichbiah 2009,p. 161.
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Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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Écrits de John Lennon

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