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John Benbow

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Pour les articles homonymes, voirBenbow (homonymie).

John Benbow
John Benbow
John Benbow en 1701, par SirGodfrey Kneller. Il tient un hanger de simple officier[1].

SurnomBrave Benbow
A Brother Tar[2]
Naissance
àShropshire (Royaume d'Angleterre)
Décès (à 49 ans)
àPort Royal,Kingston (Jamaïque)
Mort au combat
OrigineAnglais
AllégeanceDrapeau de l'AngleterreRoyaume d'Angleterre
Arme Royal Navy
GradeVice-Admiral
Années de service16781702
CommandementHMS York
HMS Bonaventure
HMS Britannia
HMS Sovereign
HMS Norwich
HMS Northumberland
HMS Charles Galley
HMS Suffolk
HMS Duke
HMS Gloucester
HMS Breda
ConflitsGuerre de la Ligue d'Augsbourg
Guerre de Succession d'Espagne
Faits d'armesBataille deBeachy Head
Bataille de la Hougue
Bataille de Santa Marta
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John Benbow, né le àShropshire et mort le àPort Royal, est unofficier de marinebritannique desXVIIe et XVIIIe siècles. Il entre dans laRoyal Navy à l'âge de 25 ans, et combat lespiratesbarbaresques avant d'entrer dans lamarine marchande où il sert pendant laGlorious Revolution de1688, date à laquelle il réintègre laRoyal Navy et se voit confier des responsabilités.

Benbow combat laflotte française pendant laguerre de la Ligue d'Augsbourg, servant à bord puis commandant plusieurs vaisseaux anglais. Il prend part auxbatailles deBeachy Head,Barfleur et La Hougue en1690 et1692. Il se distingue et accède à la notoriété pendant ses campagnes contre les piratesSalétiens ; par son siège deSaint-Malo; et lors de ces combats contre la France dans lesIndes occidentales pendant laguerre de Succession d'Espagne.

Ses succès lui valent la reconnaissance du public et une promotion au grade d'Admiral. Il est impliqué dans un incident pendant lecombat du 29 août 1702, au cours duquel un certain nombre de ses capitaines refusent d'obéir à ses ordres, alors qu'il commandait l'escadre anglaise[3],[4]. Benbow obtient le jugement puis l'emprisonnement et l'exécution d'un certain nombre de capitaines impliqués, bien qu'il ne vive pas assez longtemps lui-même pour en voir l'aboutissement. Ces événements renforcent sa notoriété, et sont à l'origine des références faites à lui dans la culture populaire[5],[6].

Origines et jeunesse

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Benbow est le fils de William et Martha Benbow. L'astrologueJohn Partridge date sa naissance à midi le, et cette date est celle retenue par le Musée national de la Royal Navy[4] l'Encyclopedia Britannica[5] et les récits d'histoire locale deJoseph Nightingale publiés en1818[7]. Cependant, une biographie contenue dans une publication de1819 duThe Gentleman's Magazine, sous le titre deLife and Exploits of Admiral Benbow par D. Parkes, affirme qu'il est né en1650[8] tout comme l'ouvrage de John George Edgar,Sea kings and naval heroes de1861[9]. Edgar note que le père de Benbow meurt alors que ce dernier est encore très jeune[9] alors que Parkes décrit son père comme étant au service de l'armée sous le règne deCharlesIer et affirme qu'il meurt lorsque Benbow est adolescent. L'Encyclopedia Britannica note que le père de Benbow était en réalité untanneur[5], et que son oncle, Thomas, est exécuté sur ordre de CharlesIer[8]. Aussi bien Parkes que le Musée national de laRoyal Navy sont d'accord pour dire que Benbow naît àCoton Hill près deShrewsbury,Shropshire[4],[8] alors que Nightingale affirme que la mort de son père et de son oncle, et que l'association de la famille avec CharlesIer durant lesannées suivant son exécution, plongent la famille dans la pauvreté et le dénuement. C'est cette détresse matérielle qui, selon Nightingale, incite Benbow à s'engager dans la marine[7].

Carrière dans la marine

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Débuts

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Benbow entre dans laRoyal Navy le, à l'âge de 25 ans[7]. Il devientmaster's mate à bord duHMS Rupert,64 canons sous le commandement d'Arthur Herbert, pendant l'armement du vaisseau àPortsmouth[4]. Il croise à son bord enMéditerranée, quand Herbert est promu au rang deVice-Admiral alors qu'il était placé sous les ordres du commandant en chef de la flotte de Méditerranée, l'amiral SirJohn Narborough[10]. Pendant cette période, la flotte anglaise affronte régulièrement lespiratesbarbaresques venus d'Afrique du Nord et qui s'attaquaient au navires de commerce européens[10]. LeRupert capture un vaisseauAlgérois en 1678, qui sera par la suite intégré à la Royal Navy sous le nom HMSTiger Prize[11]. Benbow se distingue au cours de plusieurs combats contre les vaisseaux algérois, ce qui lui vaut de gagner la considération d'Herbert. Au retour de Narborough en Angleterre, Herbert est nommé commandant-en-chef par intérim, et Benbow reçoit le commandement duHMS Nonsuch le[12]. LeNonsuch restera par la suite àTanger et le long de la côte africaine et aura pour capitaines des hommes qui se hisseront par la suite à des grades élevés, parmi lesquelsGeorge Rooke,Cloudesley Shovell etFrancis Wheler. Tous sont impressionnés par Benbow, et aideront par la suite à son avancement et à sa carrière[13].

LeNonsuch est impliqué le, dans le combat contre le vaisseau algérois leCheval doré. LeCheval doré avait été attaqué par leHMS Adventure, commandé par le capitaine William Booth, et c'est à l'arrivée duNonsuch qu'il abaisse son pavillon[14]. Un conflit éclate alors sur la question de la répartition du montant de la prise, et les membres d'équipage duNonsuch s'élèvent contre ceux de l’Adventure qui voulaient en garder l'intégralité. Les plaintes de ses hommes sont reprises par Benbow et l'affaire parvient jusqu'à Booth[4], qui porte l'affaire devant unecour martiale contre Benbow, cependant il apparaît au cours du procès que Benbow ne faisait que répéter ces mots sans en être à l'origine[4]. Benbow est condamné à payer trois mois de solde, soit 12 £ 15s., à l'équipage de l’Adventure, et à « demander pardon au capitaine Booth à bord du vaisseau de Sa MajestéBristol, déclarant qu'il n'avait pas d'intentions malicieuses en prononçant ces mots; en présence de tous les commandants, et des membres de l'équipage de chacun des navires[4],[13]. »

Service dans la marine marchande

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LeNonsuch rentre en Angleterre et son équipage reçoit sa solde le. Benbow quitte alors laNavy et intègre lamarine marchande, conduisant un navire de commerce des ports deLondres etBristol aux ports d'Italie et d'Espagne[4]. En1686, il était devenu un « marin aguerri » et il avait fait l'acquisition d'unefrégate baptiséeBenbow, avec laquelle il faisait du commerce avec leLevant[15]. En, il commande un vaisseau marchand, leMalaga Merchant[16] lorsqu'il est attaqué par des piratesSalétiens. Il se défend courageusement et repousse l'attaque[17]. Selon certains récits, il aurait alors coupé etfait saler la tête de treizeMaures qui avaient été tués à bord de son navire, et les aurait apportées àCadix pour réclamer sa récompense auxmagistrats de la ville[17]. En1844,Charles Dickens publie sonBentley's Miscellany dans lequel il parle de l'histoire de Shrewsbury[18] et leDictionary of National Biography de1885[13] parlent à ce propos d'une calotte mauresque, « recouverte de vernis et brodée d'argent » portant l'inscription « First adventure of Captain John Benbow, and gift to Richard Ridley, 1687 ».

Retour dans laRoyal Navy

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Triple portrait deThomas Phillips (à gauche), John Benbow (au centre) et SirRalph Delaval (à droite), peint par Thomas Murray. Ces trois hommes prennent une part importante aux opérations de la flotte anglaise contre les côtes de France en 1692-93[19].

Benbow ne réintègre laNavy qu'après laGlorious Revolution de1688. Sa première commission est au poste detroisième lieutenant duHMS Elizabeth le, sous le commandement du capitaineDavid Mitchell[4]. Il obtient son premier commandement le20 septembre de la même année, lorsqu'il est nommé capitaine duHMS York. Il est transféré auHMS Bonaventure le26 octobre puis auHMS Britannia le12 novembre[4].

Benbow est ensuite nommé commandant du port deChatham Dockyard[13]. Avant d'être transféré à celui deDeptford début, un poste qu'il occupe par intermittence pendant les six années qui suivent[20]. Il commande leHMS Sovereign à l'été 1690, sous les ordres de son ancien commandant Arthur Herbert, devenu depuis Lord Torrington[20]. Il est désignémaster of the fleet, et c'est en cette qualité qu'il prend part à la défaite anglaise lors de laBataille deBeachy Head. Après cette défaite, uneRoyal Commission se réunit afin de déterminer les circonstances à l'origine de ce revers[16]. Benbow était alors considéré comme un spécialiste aussi bien de lanavigation que dupilotage[3] et la déposition qu'il fournit en lors de l'enquête préliminaire exonère en grande partie son ancien commandant, Torrington. Cependant, il ne témoignera pas pendant le procès de Torrington devant lacour martiale en décembre de la même année[21].

Benbow continue à servir sur leSovereign en1691, et à l'été 1692, il est à nouveau désignémaster of the fleet, cette fois sous l'amiralEdward Russell,1er comte d'Orford[22] puis à bord duBritannia. Benbow sert alors en compagnie de son ancien collègue David Mitchell, puis comme premier capitaine de Russell, et deJosiah Burchett, le commis de Russell. Benbow a probablement conseillé Russell d'emprunter leGull Passage dans lebanc de Goodwin pour se rendre auxDowns, où ils font la jonction avec la flotte hollandaise[23]. Benbow sert demaster of the fleet pendant lesBatailles de Barfleur et de la Hogue. À l'issue de ces combats, il rentre à Deptford où il reprend son poste de commandant de port, et effectue un bref séjour auxPortsmouth Dockyard où il supervise la réparation des vaisseaux de la flotte[24].

Avec les flottilles de bombardes

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Article principal :Raid sur Saint-Malo (1693).

Benbow reprend du service en, rejoignantThomas Phillips, second ingénieur de l'ordonnance, au commandement conjoint d'une flottille debombardes lancées à l'attaque deSaint-Malo[1]. Benbow commande leHMS Norwich, 48 canons, et le bombardement débute le26 novembre[25]. Il continue par intermittence jusqu'au29 novembre lorsqu'un grosbrûlot est envoyé dans le port rempli de poudre. La tentative de la conduire sous les murs de la ville échoue et le brûlot est arrêté par des rochers et explose sans faire de dégâts. Malgré l'échec du plan initial, des dommages considérables sont infligés et les forces commandées par Benbow s'emparent du fort deLa Conchée, emportant l'artillerie et les prisonniers àGuernesey[19]. Benbow, insatisfait du résultat de la campagne fait passer le capitaine Henry Tourville en cour martiale, l'accusant de couardise pour n'avoir pas amené ses navires plus près de Saint-Malo. Ce dernier n'est cependant pas condamné, et il s'avère que sesmortiers étaient défectueux[14].

L'expérience acquise par Benbow lui vaut d'être placé à la tête d'une flottille similaire, envoyée cette fois contreDunkerque sous les ordres duvice-amiralShovell. Un certain nombre de vaisseaux marchands armés en brûlots mais conçus pour exploser plutôt que brûler sont joints à l'expédition[9]. Benbow supervise la préparation de cette attaque en1694, et travaille en collaboration du gardien de l'arsenal, Willem Meesters[26],[27]. La flottille offensive commandée par Benbow était censée être couverte par la flotte de Shovell restée surles Downs, et l'attaque est prévue pour les 12 et[27]. Les Français parviennent à bloquer l'entrée du port, empêchant l'escadre de Benbow d'y pénétrer, et une tempête vint mettre un terme à l'attaque[27]. Benbow décide alors d'abandonner cet assaut, et de se replier surCalais, qu'il fait bombarder le27 septembre. Il rentre aux Downs avant de reprendre son poste aux chantiers navals de Deptford. Il passe le mois de décembre à organiser un convoi de navires marchands à destination deCadix[20].

Promotion à l'Amirauté

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Benbow en costume d'amiral, gravure de John Chapman publiée en 1797.

Benbow prend à nouveau la mer en, il est nommé commandant en chef des vaisseaux de Sa Majesté présents au large des côtes de France. Son escadre connaît plusieurs succès, prenant plusieurs navires marchands français début avril et en les ramenant en Angleterre[4]. Benbow est recommandé parLord Berkeley, qui avait servi avec à Saint-Malo, pour être élevé au grade derear-admiral lors de la prochaine promotion, et en attendant il reçoit le commandament duHMS Northumberland de 70 canons[4]. Son fils de quatorze ans, nommé John Benbow comme lui, le rejoint comme volontaire à bord de ce bâtiment[12].

Benbow met alors les voiles en compagnie de Berkeley et duluitenant-admiraalhollandaisPhilips van Almonde vers Saint-Malo, pour lutter contre lescorsaires opérant dans la zone[3],[27]. Benbow passe au commandement duHMS Charles Galley, pour diriger les opérations de la flotte alliée forte de dix vaisseaux de ligne, neuf bombardes et dix-sept navires de taille inférieure[28]. Ils débutent leurs recherches au large de Saint-Malo le4 juillet, jusqu'au lendemain soir lorsqu'ils décident de se retirer, sans être parvenus à aucun résultats. Plusieurs maisons avaient été endommagées sur la côte au prix de la destruction de plusieurs bombardes[28]. Benbow reçoit huit bombardes et sept ou huit frégates placées le long de la côte. Il attaqueGranville le8 juillet, et envoie 900 bombes en quelques heures, causant d'importants dégâts[28].

Réception de la campagne en Angleterre

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Cette attaque et ses conséquences vont envenimer les relations entre Benbow et son supérieur immédiat. Berkeley est accusé de retenue excessive dans ses actions, ce qui -pense-t-on alors est la raison de l'échec devant Dunkerque. Benbow à l'inverse est félicité pour ses attaques audacieuses à proximité des côtes, et pour les dégâts causés par l'utilisation de ses bombardes[29]. Berkeley écrit le28 juillet :

« As to Captain Benbow, I know of no difference between him and me, nor have we had any. He has no small obligation to me, but being called in some of the foolish printed papers ‘the famous Captain Benbow’, I suppose has put him a little out of himself, and has made him play the fool, as I guess, in some of his letters. I will not farther now particularize this business, but time will show I have not been in the wrong, unless being too kind to an ungrateful man[30]. »

Quant au capitaine Benbow, je ne connais pas de différence entre lui et moi, et nous n'en avons aucun. Il n'a aucune petite obligation envers moi, mais étant appelée dans certains des articles insensés publiés, « le célèbre capitaine Benbow », je suppose qu'il a été mis un peu hors de lui-même, et a fait de lui un fou, comme je le suppose, dans certains de ses lettres. Je ne vais pas maintenant entrer dans les détails de cette entreprise, mais le temps montrera que je n'ai pas eu tort, à moins d'être trop gentil pour un ingrat.

Cependant, l'Admiralty approuve la conduite de Benbow et ordonne qu'il « reçoive la solde deRear-Admiral pour toute la durée où il a été employé cet été sur les côtes de France… en récompense de ses bons services[12],[13]. » Benbow est à la suite de cela nommé au Grand comité composé de soixante hommes pour superviser les plans deGreenwich Hospital en, jusqu'au[1]. L'Admiralty promeut alors Benbow commandant-en-chef de l'escadre devant Dunkerque en tant que « Contre-amiral de l'escadre Bleue pendant la durée de la présente expédition » et il embarque à bord duHMS Suffolk, 70 canons[3]. Il reçoit l'ordre du protéger les convois anglais et hollandais, en particulier de l'escadrecorsaire commandée parJean Bart. Bart parvient à plusieurs reprises à échapper à Benbow, se réfugiant dans Dunkerque en cas de danger[31].

Benbow est choisi pour commander l'escadre dans les Soundings en[32]. Il effectue un certain nombre de croisières entre mars et, protégeant le commerce allié et escortant vers lesIndes occidentales et les colonies de Virginie les flottes marchandes. Ces missions marquent les dernières expéditions navales anglaises de laguerre de la Ligue d'Augsbourg. Il mène également des missions de reconnaissance de la flotte française dans le port deBrest en juillet, avant de reprendre ses missions de patrouille au large de Dunkerque, cette fois de concert avec plusieurs vaisseaux hollandais sous les ordres du contre-amiralPhilips van der Goes, jusqu'à la fin de la guerre en[33].

Nomination dans les Indes occidentales

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Benbow est nommé commandant-en-chef des vaisseaux de Sa Majesté dans les Indes occidentales le et reçoit l'ordre de lutter contre lapiraterie[4]. Il met les voiles en novembre, quittant Portsmouth pour rejoindre dans un premier tempsMadère[14]. Sous sa protection, il a leParamour, commandé parEdmond Halley, qui naviguait alors dans l'Atlantique nord pour mener à bien des expériences pour observer lesvariations mangnétiques[34]. Benbow finit par rejoindre laBarbade en, et atteint la côte de l'Amérique espagnole à bord de sonnavire amiral, leHMS Gloucester, de 60 canons. Il menace le gouverneur deCarthagène des Indes de blocus, le forçant à restitué deux navires marchands anglais qu'il détenait[35]. Ces navires étaient censés prendre part à une expédition contre leprojet Darién écossais. Sans ces navires, cette expédition était impossible et les colons furent sauvés pendant un temps. Ce projet allait à l'encontre du souhait du gouvernement britannique de mettre un terme aux tentatives écossaises de colonisation, et en juin Benbow et les autres gouverneurs des Indes occidentales reçoivent l'ordre « de ne pas porter assistant à la colonie écossaise à Darien[36]. »

Benbow met alors les voiles vers le nord jusqu'àTerre-Neuve afin de chasser les pirates mais ces derniers parviennent à échapper à la capture[37]. Benbow rentre en Angleterre à l'été 1700, et est nommé commandant d'une flotte dansles Downs[5]. Benbow sert dans cette zone jusqu'à l'été1701, sous les ordres de l'amiral SirGeorge Rooke[4]. Il est promuRear-Admiral of the Red le14 avril, puisVice Admiral of the Blue le30 juin[1]. Il arbore alors son pavillon sur leHMS Breda, 70 canons[38].

Trésors de la flotte espagnole, Indes occidentales, combat d'août 1702

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La perspective d'un nouveau conflit se rapprochant, le gouvernement britannique s'intéresse au sort d'une flotte marchande espagnole chargée d'argent, sur le point de quitter les colonies américaines à destination de l'Europe[39]. Les Anglais craignent que les Français cherchent à intercepter cette flotte, et à utiliser ces trésors pour financer des préparatifs guerriers. Benbow est envoyé avec des instructions secrètes afin de trouver la flotte, puis « de se rendre maître de la flotte et de la convoyer en Angleterre, prenant soin à ce qu'aucun détournement ne soit commis[40]. » L'escadre de Benbow est détachée le2 septembre et il arrive dans les Indes occidentales le14 novembre, avant de rejoindre laJamaïque à la mi-décembre[8]. Il reste sur place pendant plusieurs mois, rejoint le par plusieurs vaisseaux sous les ordres du capitaineWilliam Whetstone. Whetstone est faitRear-Admiral sous Benbow, qui est promuVice Admiral of the White le[35]. Entre-temps, laguerre de Succession d'Espagne a éclaté, et cette nouvelle parvient à Benbow le7 juillet. Il détache Whetstone et six vaisseaux pour chercher, au large de Port Saint-Louis àHispaniola, l'escadre française de l'amiralJean-Baptiste du Casse. Benbow pense alors que les Français feraient escale dans ce port sur le chemin de Carthagène, d'où ils pourraient lancer des raids sur les convois anglo-hollandais. Une fois Whetstone parti, Benbow et le reste de son escadre se dirigent vers Carthagène, anticipant que, soit lui soit Whetstone, trouverait Du Casse et le contraindrait à engager le combat[41].

La légende de 'Brave Benbow', "Adml Benbow courageously commanding his Men to fight after his Leg was shattered to Pieces, St Martha (West Indies) 19–24 July 1702."[42]

Au moment où Whetstone atteint Hispaniola, Du Casse en était déjà reparti. La flotte de Benbow aperçoit les Français le19 août, au large du cap Santa Marta. La flotte française est composée de quatre vaisseaux de ligne, portant chacun entre 68 et 70 canons, et trois navires de transport, alors que Benbow commande sept vaisseaux, portant entre 50 et 70 canons chacun[41]. Les forces anglaises arrivent en ordre dispersé, et la faiblesse du vent ralentit leur regroupement. Elles ne parviennent à se ranger enligne de bataille qu'à quatre heures de l'après-midi, au moment où débutel'engagement partiel, durant deux heures, jusqu'à la tombée de la nuit qui contraint les deux flottes à cesser temporairement le combat[43].

Le combat révèle rapidement une rupture de la discipline parmi les capitaines de l'escadre anglaise. Les ordres envoyés demandaient auHMS Defiance, 64 canons, commandé par le capitaineRichard Kirkby de mener laligne de bataille, mais Kirkby ne maintient pas sa position. Benbow décide alors de conduire lui-même sa flotte, et leBreda se dirige aux avant-postes, suivi duHMS Ruby, 50 canons, commandé par le capitaineGeorge Walton[43]. Les deux restent au contact des Français pendant la nuit, mais les cinq vaisseaux restant refusent de rester au contact. La chasse se poursuit jusqu'au24 août, et seuls Benbow, Walton et Samuel Vincent à bord duHMS Falmouth s'employaient activement à entrainer les Français dans un nouvel affrontement. Par moments, ils doivent affronter seuls le feu français. LeRuby est très endommagé le23 août, et Benbow lui donne l'ordre de se retirer àPort Royal[43]. Les Français reprennent l'initiative du combat le, à deux heures du matin, toute l'escadre se rapprochant duBreda par l'arrière en lui tirant dessus. Benbow lui-même est atteint par un boulet double qui lui brise la jambe[44].

Malgré ses blessures, Benbow est déterminé à continuer la poursuite, en dépit également des efforts déployés par le capitaine Kirkby - qui se déplace à son bord - pour tenter de le persuader d'abandonner la chasse. Benbow convoque un conseil de guerre et les autres capitaines tombent d'accord, signant un papier rédigé par Kirkby déclarant qu'ils pensaient que « après six jours de bataille l'escadre manque d'hommes pour continuer et que les chances qu'un combat décisif ait lieu sont faibles, les hommes étant exténués, que les munitions faisaient généralement défaut, que les coques et les mâts des navires étaient sévèrement endommagés, et que les vents étaient généralement variables et peu fiables[3]. » Ils proposent alors de mettre un terme à la chasse et de suivre les Français pour voir si une situation plus favorable se présenterait. À ce moment-là Benbow, « ayant constaté leur comportement lâche auparavant, avait des raisons de croire que soit ils avaient de mauvaises intentions à son égard soit ils étaient prêts à trahir leur pays si les circonstances faisaient que les Français étaient en mesure de détruire l'Amiral[28],[45] », ordonne à l'escadre de rentrer en à laJamaïque. À son arrivée, il demande l'incarcération des capitaines, dans l'attente d'un jugement par une cour martiale[43].

Benbow reçoit une lettre de Du Casse à l'issue du combat :

Sir,

I had little hopes on Monday last but to have supped in your cabin: but it pleased God to order it otherwise. I am thankful for it. As for those cowardly captains who deserted you, hang them up, for by God they deserve it.

Yours,

Du Casse[46],[47].

Sir,

Je craignais dimanche passé d'être votre prisonnier ce jour-là même; le ciel en a ordonné autrement, et je n'en suis pas fâché. Quant à vos lâches capitaines, faites-les pendre, car, sur mon honneur, ils l'auront bien gagné.

Tout à vous,

Du Casse[48].

Procès des capitaines

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LeRear-Admiral Whetstone rentre bientôt au Port Royal, après avoir croisé soixante-deux jours durant au large d'Hispaniola et des préparatifs sont effectués en vue du procès. Avant qu'il ne débute, le capitaine Thomas Hudson, qui commandait leHMS Pendennis meurt. Les capitaines restant sont transférés à bord duBreda où se déroule lacour martiale du 19 au23 octobre[43]. Incapacité par ses blessures, Benbow laisse Whetstone présider les débats, mais il est néanmoins présent aux procès. La cour déclare Richard Kirkby, capitaine duDefiance, et Cooper Wade capitaine duHMS Greenwich coupables d'avoir enfreint les ordres, négligé leur devoir, et coupables pour la signature du « mauvais papier et de la consultation… qui obligea l'Amiral… à renoncer à la chasse et au combat », et les condamne à être fusillés[43].

John Constable, capitaine duHMS Windsor est déclaré coupable d'enfreindre les ordres et d'ivrognerie et est destitué[43]. Samuel Vincent capitaine duFalmouth et Christopher Fogg duBreda sont initialement condamnés à être destitués pour avoir signé la résolution des six capitaines, mais Benbow déclare qu'ils avaient combattu bravement et leur peine est remise par leLord High Admiral[43]. Les sentences sont différées afin que laReine Anne puisse examiner le déroulement du procès. Dans les considérations qu'elle rend en, elle autorise les condamnations à être exécutées et Constable, Kirkby, et Wade rentrent en Angleterre comme prisonniers. Constable est emprisonné jusqu'à1704, quand la Reine lui pardonne. Kirkby et Wade sont fusillés à bord duHMS Bristol le à l'ancrage dans lePlymouth Sound sous les ordres du capitaineEdward Acton[49]. La controverse commence alors à se développer à propos des combats d'. Les partisans des capitaines Kirkby et Wade essayent de discréditer Benbow en publiant leurs propres récits des combats[3],[50].

Mort et inhumation

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Benbow meurt àPort Royal,Kingston (Jamaïque) le[4]. Whetstone rapporte que la cause de sa mort est « la blessure à sa jambe qu'il reçut dans la bataille avec Monsieur Du Casse, n'ayant jamais été guérie à la perfection, cette maladie étant aggravée par le mécontentement de son esprit, le jeta dans une sorte de mélancolie qui mit un terme à sa vie prématurément[3]. » Il est inhumé le16 novembre dans la chapelle de l'église Saint-André, à Kingston[5]. Une stèle de marbre sera par la suite ajoutée à sa tombe, arborant son blason et le texte suivant :

« Here lyeth the Body of John Benbow, Esq., Admiral of the White, a true pattern of English Courage, who lost his life in Defence of his Queene & Country, November the4th, 1702, In the 52nd year of his age, by a wound in his Legg. Received in an Engagement with Monsr. Du Casse; being Much Lamented[51]. »

« Ci-gît le Corps de John Benbow, Esq., Amiral de l'escadre Blanche, un vrai exemple de Courage Anglais, qui perdit sa vie en Défendant sa Reine & son Pays, le 4 novembre 1702, Dans la52e année de son âge, d'une blessure à sa Jambe. Reçue dans un Combat avec Monsr. Du Casse; il est Très Regretté »

Avant que la nouvelle de sa mort n'arrive à Londres, le secrétaire d’État,Lord Nottingham, écrit à Benbow en pour l'informer que la reine était « extrêmement contente de votre conduite et très offensée par la bassesse de ces officiers qui vous ont déserté et trahi. » Pendant ce temps, le Cabinet s'apprêtait à la promouvoir au grade deVice Admiral of the White, et à lui donner l'ordre de transporter des troupes à destination de Terre-Neuve[3].

Vie privée et postérité

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Benbow épouse une femme nommée Martha (morte en 1722) à son retour en Angleterre en1681. De cette union naissent bientôt plusieurs enfants; une fille nommé Martha comme sa mère, suivie de deux fils Richard et John. John s'engagera comme son père dans la Royal Navy[52]. La famille vivait dans la paroisse de St Dunstan and All Saints, àStepney, et il a un autre fils Solomon, baptisé en1686 mais ce dernier meurt jeune[52]. On a également la trace de deux enfants supplémentaires nommé Richard qui naît dans leKent, et une autre fille, Katherine[53]. En1709, Katherine épouse Paul Calton deMilton,Berkshire, où Benbow a vécu dans les années 1690.

Comportement indiscipliné

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Benbow signe un bail de trois ans pour une maison appartenant au chroniqueurJohn Evelyn, àSayes Court, en[54]. Six mois plus tard Evelyn écrit à un ami en se plaignant « J'ai laissé ma maison au Capitaine Benbow, et ai la mortification de voir chaque jour s'altérer une grande partie de mes travaux et dépenses là-bas faute d'un locataire plus poli[55]. » En, leTsar Pierre de Russie arrive àLondres pour étudier la construction navale et le matelotage anglais. Lui et son entourage sont hébergés à Sayes Court parGuillaume III. Les Russes passent trois mois à Londres avant de quitter le pays. Benbow demande promptement des reparations auTrésor royal, afin de pouvoir rembourser Evelyn et couvrir ses propres pertes. Il se plaint des dégâts considérables causés à la maison par les Russes, qui ont « brisé, perdu ou détruit une grande partie des meubles[56]. »Christopher Wren reçoit l'ordre d'instruire une enquête sur la propriété et la déclare « entièrement ruinée ». Benbow perd « vingt-cinq peintures fines » et « plusieurs dessins et esquisses liées à la mer » lui appartenant. Le Trésor royal lui alloue en guise de compensation la somme de 350 £ 9s. 6d[57].

LeBrave Benbow

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Une gravure produite en 1804, qui contribue à la construction de la légende. TitréeThe gallant Benbow defeating the French Squadron, elle montre Benbow et sa jambe complètement arrachée. Dessous l'inscriptionBenbow gives chase to de Grasse.

La notoriété de Benbow permet à son nom d'entrer dans la culture populaire. Un monument du sculpteurJohn Evan Thomas est érigé en 1843 grâce à une souscription publique à St Mary's Church,Shrewsbury, commémorant Benbow comme « un marin doué et audacieux dont les exploits héroïques en ont longtemps fait la fierté de la marine britannique et le désigne aujourd'hui encore comme le Nelson de son temps[58]. » Unvaisseau de lignede 74 canons et deuxcuirassés sont baptisésHMS Benbow[59].Robert Louis Stevenson donne à la taverne où Jim Hawkins et sa mère vivent dans son roman d'aventureL'Île au trésor le nom d'« Admiral Benbow », et nomme le premier chapitre de ce livreThe Old Sea Dog at the Admiral Benbow[60]. Il existe dans le monde plusieurspublic houses nommés Admiral Benbow, et d'autres institutions ont également porté son nom[6]. Le combat d'août 1702 passa également dans l'imagination populaire, et est célébré dans une chanson de taverne :

Come all you seamen bold
and draw near, and draw near,
Come all you seamen bold and draw near.
It's of an Admiral's fame,
O brave Benbow was his name,
How he fought all on the main,
you shall hear, you shall hear.
Brave Benbow he set sail
For to fight, for to fight
Brave Benbow he set sail for to fight.
Brave Benbow he set sail
with a fine and pleasant gale
But his captains they turn'd tail
in a fright, in a fright.
Says Kirby unto Wade:
We will run, we will run
Says Kirby unto Wade, we will run.
For I value no disgrace,
nor the losing of my place,
But the enemy I won't face,
nor his guns, nor his guns.
The Ruby and Benbow
fought the French, fought the french
The Ruby and Benbow fought the French.
They fought them up and down,
till the blood came trickling down,
Till the blood came trickling down
where they lay, where they lay.
Brave Benbow lost his legs
by chain shot, by chain shot
Brave Benbow lost his legs by chain shot.
Brave Benbow lost his legs,
And all on his stumps he begs,
Fight on my English lads,
’Tis our lot, ’tis our lot.
The surgeon dress'd his wounds,
Cries Benbow, cries Benbow
The surgeon dress'd his wounds, cries Benbow.
Let a cradle now in haste,
on the quarterdeck be placed
That the enemy I may face
’Til I die, ’Til I die[61].

Dans la culture populaire

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Le capitaine Benbow est cité à plusieurs reprises dansDown by the Sea, la dernière chanson deBusiness as Usual, l'album du groupe de rock australienMen at Work, sorti en1981.

L'auberge de Benbow est le lieu de naissance de Jim Hawkins, protagoniste de l'île au trésor de R.L. Stevenson, et également dans le dessin animé la planète au trésor.

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé« John Benbow »(voir la liste des auteurs).

Voir aussi

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Sources et bibliographie

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Liens externes

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