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Jimi Hendrix

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Jimi Hendrix
Description de cette image, également commentée ci-après
Jimi Hendrix en 1968.
Informations générales
SurnomJames Marshall Hendrix
Nom de naissanceJohnny Allen Hendrix
Naissance
Seattle (Washington,États-Unis)
Décès (à 27 ans)
Londres (Angleterre,Royaume-Uni)
NationalitéAméricaine
Activité principaleAuteur-compositeur-interprète,chanteur,musicien etproducteur
Genre musicalRock psychédélique,blues rock,acid rock,hard rock,rhythm and blues
InstrumentsGuitare électrique (Fender Stratocaster),chant etbasse
Membre deThe Jimi Hendrix Experience, Band of Gypsys
Années actives1963 à1970
LabelsMCA,Polydor,Reprise etTrack
Site officieljimihendrix.com

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Signature de Jimi Hendrix.

James Marshall Hendrix, néJohnny Allen Hendrix le àSeattle (Washington) et mort le àLondres (Angleterre), plus connu sous le nom deJimi Hendrix (/ˈd͡ʒɪmiˈhɛndɹɪks/[1]), est unguitariste,auteur-compositeur etchanteuraméricain, fondateur du groupeThe Jimi Hendrix Experience, actif de1966 à 1970.

Malgré une carrière internationale longue de seulement quatre ans, il est considéré comme l'un desvirtuoses de la guitare électrique duXXe siècle (en août 2009,Time Magazine le classe premier de sa liste des dix meilleurs joueurs de guitare électrique de tous les temps[2] et selonRolling Stone, il figure également à la première place des100 plus grands guitaristes de tous les temps dans les deux classements de 2003 et 2011).

Américain d’ascendances africaine, européenne etindigène, Jimi Hendrix est l'un des artistes les plus novateurs de la musique populaire de son siècle, notamment en raison de l’approche révolutionnaire de soninstrument et de ses techniques d'enregistrement originales enstudio. Hendrix a la particularité, pour un guitaristegaucher, de jouer le plus souvent sur une guitare dedroitier, dont les cordes sont remontées « à la gaucher ». Il lui arrive néanmoins d'emprunter une guitare à un droitier et de jouer avec les cordes telles quelles[3].Improvisateur sortant des sentiers battus, il libère la guitaresolid body en utilisant les ressources nées de l'amplification, notamment en domestiquant l'effet Larsen et en explorant toutes les facettes du maniement de la tige devibrato, ou des pédales d'effet comme lafuzz, l'UniVibe et, surtout, de la pédalewah-wah dont il est également un virtuose.

Son influence dépasse largement le cadre de lamusique rock et la plupart des styles musicaux qui se développent dans les années 1970 reprennent certains éléments de sa musique :Miles Davis, par exemple, joue unjazz électrique très marqué par le guitariste[4],[5]. Beaucoup de guitaristes de renom citent Jimi Hendrix parmi leurs principales inspirations pour diverses raisons[6]. Il a contribué aussi bien à la naissance dujazz-rock, qu'à celle duhard rock, tout en inspirant de nombreux joueurs deblues contemporains. Il est admiré à la fois pour ses compositions, sa créativité, son jeu de scène extravagant, sa dextérité, son approche de l'instrument (mêlant rythmique, solos et ornementations) et sa capacité à mêler différents styles musicaux.

Sa mort prématurée à27 ans, survenant après celle deBrian Jones et précédant celles deJanis Joplin etJim Morrison, participe à l'invention du mythe duClub des 27. Depuis sa mort, dans la plupart des classements dédiés aux guitaristes de blues et de rock, il reste numéro 1[7].

Biographie

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Jeunesse

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Ross et Nora Hendrix, les grands-parents paternels de Jimi Hendrix.

Johnny Allen Hendrix naît le auKing County Hospital deSeattle, dans l'État de Washington, auxÉtats-Unis. Il est le premier fils d'un coupleafro-américain, James Allen « Al » Hendrix (né le auCanada et mort le[8],[9]) et de Lucille Hendrix, née Jeter (née le et morte le[10]).

Sa grand-mère paternelle, Zenora (« Nora » Rose Moore, née le enGéorgie), est la fille de Robert Moore Sr. (natif de Géorgie) et de Fanny Moore (originaire de l'Ohio) et aurait, par sa propre grand-mère, une ascendance cherokee[11]. Son grand-père paternel Bertran Philander Ross Hendrix (né « Hendricks » en 1866) estmétis afro-européen, issu d'une relation extraconjugale entre une femme noire, nommée Fanny et un marchand de grains blanc, plus riche homme d'affaires de la région et vivant àUrbana dans l'Ohio. Ross Hendricks quitte sa région natale en 1896 pour s'installer àChicago où il fait modifier son patronyme en « Hendrix ». Ross et Nora, tous deux comédiens ambulants, se rencontrent lors d'une tournée entrePortland etSeattle, où ils se marient en 1912. Ils déménagent quelques mois plus tard àVancouver, au Canada, où ils donnent naissance à cinq enfants entre 1912 et 1926 : une fille et quatre garçons (dont le père de Jimi). Le, Ross et Nora Hendrix sont officiellement naturalisés et obtiennent la citoyenneté canadienne. Ross meurt d'une rupture de l'aorte en 1934 et Nora meurt en 1984 d'un cancer, à Vancouver, à l'âge de100 ans. Après la mort de leur père, les enfants de Ross et Nora partent dans différentes directions. Le benjamin de la fratrie, Al, père de Jimi, fait des petits boulots dans la région de Vancouver, avant de se lancer dans une carrière de boxeur qui l'amène à revenir à Seattle en 1936, où il s'installe définitivement en 1940[12].

Les parents de Jimi se rencontrent lors d'un bal àSeattle en 1941, alors que Lucille a seize ans[13]. Al Hendrix ne rencontre son fils que trois ans plus tard, car il est pris par ses obligations militaires, cantonné dans unebase militaire enOklahoma. Lucille est incapable d'assumer l'éducation de son fils à cause de sonalcoolisme. Démobilisé, Al Hendrix récupère Johnny, qu'il rebaptise « James Marshall », en mémoire de son frère décédé, Leon Marshall Hendrix[14] et propose à Lucille de s'installer avec elle. Elle donne naissance àLeon Hendrix en 1948. Cependant, le couple s'entend très mal, ne cesse de se disputer et finit par divorcer le[15],[note 1].

James est profondément affecté par les conditions de pauvreté et de négligence dans lesquelles il a grandi, le divorce de ses parents lorsqu'il a neuf ans et la mort de sa mère, alcoolique, en. Al Hendrix, lui aussi alcoolique, bat son fils à maintes reprises. À Seattle, James vit dans un quartier où les échanges entre diverses communautés culturelles et ethniques sont constants. La ségrégation raciale est moindre que dans le Sud[15].

Son premier instrument de musique est un harmonica, offert par son père pour ses quatre ans, dont il se lasse vite. Il acquiert sa première guitare à quinze ans (achetée pour5 dollars à un ami de son père), remplaçant avantageusement leukulélé à une seule corde que son père lui avait donné après l'avoir surpris en train de jouer avec un balai[16]. Dès lors, il apprend la guitare enautodidacte et y consacre tout son temps libre. Ses résultats scolaires s'en ressentent rapidement, mais il a désormais une obsession : devenir musicien[17]. Assez rapidement, le jeune Jimmy (pas encore « Jimi ») rejoint son premier groupe :The Velvetones. Il se procure sa première guitare électrique, une Supro Ozark 1560S, qu'il utilise avec son groupe suivant :The Rocking Kings[18].

En 1961, mêlé à une histoire de voiture volée[19], Hendrix préfère s'enrôler dans l'armée plutôt que de risquer la prison[20]. Il y rencontre le bassisteBilly Cox[21]. En, il obtient le droit de porter l'écusson desScreaming Eagles, la101e division aéroportée. Affecté à Fort Campbell (Kentucky), Hendrix formeThe King Casuals avec Billy Cox à la basse[18],[22]. Il quitte l'armée deux ans plus tard à cause d'une blessure. Dans une interview, il raconte avoir été réformé en raison d'une blessure au dos consécutive à un saut en parachute[23]. Selon d'autres sources, c'est en se faisant passer pour homosexuel que Hendrix aurait tenté de quitter l'armée[24].

Carrière

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Débuts

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Hendrix travaille comme guitariste, sous le nom de Jimmy, dans divers groupes derhythm and blues qui tournent dans ce qu'on appelle alors leChitlin' Circuit (le circuit des clubs fréquentés par desafro-américains). Il enregistre, à l'occasion, en tant que musicien de session[25].

Fin 1965, il joue avec des musiciens de renom tels queSam Cooke,Ike and Tina Turner (Kings of Rhythm)[26],The Isley Brothers et, surtout,Little Richard. Ce dernier estime que Jimi se met trop en avant et décide de se passer de ses services[27]. Selon d'autres sources, il aurait été licencié parIke Turner, qui exigeait de ses musiciens une grande précision, alors que Hendrix ne pouvait s'empêcher d'improviser. En 1965, Hendrix rejointCurtis Knight & The Squires, un groupenew-yorkais sans grande envergure. Le, Hendrix signe un contrat d'enregistrement de trois ans avec un producteur nommé Ed Chalpin, pour seulement1 dollar et 1 % de royalties sur les ventes des enregistrements effectués avec Curtis Knight. Sans incidence à la signature, ce contrat aura des conséquences désastreuses par la suite[28].

Installé àGreenwich Village, Hendrix décide de jouer sa propre musique et devient le leader de Jimmy James & The Blue Flames.Randy California, futur membre deSpirit, est guitariste au sein de ce groupe. Il n'existe aucun enregistrement amateur du groupe. Le témoignage deMike Bloomfield permet toutefois de se faire une idée de la façon dont Hendrix joue en 1966 :

« La première fois que j'ai vu Jimi jouer, c'était avec Jimmy James & The Blue Flames. Je jouais avec Paul Butterfield et je pensais être le meilleur guitariste du coin ! Je n'avais jamais entendu parler d'Hendrix. Alors quelqu'un m'a dit : « Tu devrais aller écouter le guitariste deJohn Hammond. » J'étais au Cafe Au Go Go et il était au Nite Owl ou auCafé Wha?, j'ai traversé la rue et je l'ai vu. Hendrix savait qui j'étais, et ce jour-là, en face de moi, il m'a désintégré. Des bombes H dégringolaient, des missiles téléguidés volaient dans tous les coins — je ne te raconte pas les sons qui sortaient de sa guitare. Tous les sons que je devais l'entendre reproduire plus tard, il les a faits, dans cette pièce, avec une Strat, un Twin, une Maestro Fuzz-Tone, et c'est tout ; il jouait à un volume très poussé. »

— Mike Bloomfield[29]

Jimi Hendrix en concert àHelsinki (Finlande) en 1968. Comme le relate Éric Clapton, il lui arrive de jouer avec les dents.

En 1966, il fait la connaissance de Linda Keith, mannequin qui sort alors avecKeith Richards, guitariste desRolling Stones. Elle organise une rencontre avecChas Chandler, le bassiste deThe Animals, qui souhaite devenir manager. Le rendez-vous se fait auCafé Wha? où Hendrix se produit[30]. Chandler lui propose alors de venir se faire connaître et d'enregistrer son premiersingle au Royaume-Uni, alors en pleine effervescence musicale, avec des groupes commeThe Beatles etThe Rolling Stones. Jimi Hendrix aurait accepté, à condition de rencontrer celui qui apparaît comme la référence guitaristique britannique de l'époque :Eric Clapton. Sur le chemin, il adopte alors définitivement le nom de « Jimi Hendrix » (au lieu de « Jimmy ») sur les conseils de son manager[31].

Il rencontre Clapton pour la première fois lors d'un concert deCream (le trio que celui-ci venait de créer avecGinger Baker etJack Bruce) le au Central London Polytechnic. Considéré comme le meilleur guitariste de blues anglais depuis son passage chezJohn Mayall, Eric Clapton accepte que Jimi Hendrix les rejoigne sur scène — malgré la réticence de Ginger Baker. Dans son autobiographie, Clapton raconte comment Jimi a alors interprété leKilling Floor deHowlin' Wolf :

« Il a joué de la guitare avec les dents, derrière la tête, allongé par terre, en faisant le grand écart et d'autres figures. C'était stupéfiant et génial musicalement, pas uniquement un vrai feu d'artifice à contempler. […] Je pris peur, car, juste au moment où on commençait à trouver notre vitesse de croisière, voilà qu'arrivait un vrai génie. »

— Eric Clapton[32].

Formation du trio The Jimi Hendrix Experience (1966)

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Peu de temps après son arrivée à Londres, des auditions sont organisées pour trouver les musiciens qui l'accompagneront. Il commence par recruterNoel Redding comme bassiste, alors qu'il postulait en tant que guitariste — il ne jouait pas encore de basse — au sein deThe Animals, l'ancien groupe deChas Chandler.

Peut-être inspirés par Cream, Hendrix et Chandler optent pour un trio, en s'adjoignant les services deMitch Mitchell. SelonJon Hiseman (le futur batteur deColosseum), Mitchell est, à ce stade, inconnu du cercle des jazzmen de Londres. Amateur d'Elvin Jones et deMax Roach, il officiait auparavant dans un groupe où il n'avait aucune liberté d'action[31].

Johnny Hallyday (ici en 1965) a emmené l'Experience en première partie de sa tournée en France.

Impressionné par Hendrix — qu'un de ses amis rencontre dans un club londonien —Johnny Hallyday lui propose de rôder son nouveau groupe, en faisant sa première partie lors de quatre dates : le àÉvreux[33], le 14 àNancy[34],[35],[36], le 15 àVillerupt[37] et le 18 à Paris à l'Olympia. Cette dernière date est importante :Europe 1 proposait alors une émission appeléeMusicorama dont l'équipe a enregistré professionnellement la courte performance du Jimi Hendrix Experience[38].

En novembre 1966, le groupe se produit au Bag O' Nails, à Londres, devant un parterre de musiciens tels qu'Eric Clapton,John Lennon,Paul McCartney,Jeff Beck,Pete Townshend,Brian Jones,Mick Jagger etKevin Ayers[31].

Le,Hey Joe marque les débuts discographiques du Jimi Hendrix Experience. Le single entre dans les charts anglais le[39] et monte jusqu'à la sixième place. La plupart des biographes s'accordent sur l'intérêt que Chas Chandler, le manager de l'Experience, manifeste pour ce titre, avant même de découvrir Jimi Hendrix. C'est donc sans surprise que le choix s'est porté sur la composition deBilly Roberts, que Jimi jouait déjà au Café Wha? avec les Blue Flames[31]. Le, Hendrix composePurple Haze dans les coulisses d'un club[39], Chandler comprend aussitôt que l'Experience tient là un tube en puissance. Les faits lui donnent rapidement raison : publié le en Angleterre, le titre entre dans les charts dès le et culmine à la troisième place. Au-delà du succès commercial,Purple Haze est avant tout une réussite artistique majeure : Hendrix n'est pas seulement le meilleur instrumentiste de la musique rock, il est aussi un compositeur original dont les conceptions sont révolutionnaires[40]. Il n'a pourtant ni l'inventivité mélodique desBeatles, ni la maîtrise harmonique deJohn Coltrane mais, dès son deuxième single, il crée un univers musical dépassant ses influences, univers dont la singularité est renforcée par sa maîtrise du studio et des effets.Purple Haze ne ressemble à rien de ce qui a été fait auparavant ; l'« Experience » peut véritablement commencer.

Le l'Experience donne un concert mémorable auMarquee Club de Londres ; la crème de la pop music est là, incluant les meilleurs guitaristes du moments[41].

Le troisième single du Jimi Hendrix Experience,The Wind Cries Mary, a été enregistré le même jour que le « basic track » dePurple Haze, en seulement vingt minutes, selon Chas Chandler[42]. La réalité est sans doute un peu différente — enregistrer le « basic track », le solo et le chant en aussi peu de temps relèverait de l'exploit —, mais il n'en demeure pas moins que ce single est typique de la production de Chas Chandler et de son mode opératoire : travailler vite[31]. Musicalement,The Wind Cries Mary tranche singulièrement avec les deux premiers singles : c'est une ballade minimaliste, où se fondent les influences deBob Dylan et deCurtis Mayfield.

Are You Experienced etAxis: Bold As Love : année mythique (1967)

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Articles détaillés :Are You Experienced etLive at Monterey.
Jimi Hendrix et Noel Redding à la télévision néerlandaise le.
GuitareGibson Flying V 1967 ayant appartenu à Jimi Hendrix, et peinte par ses soins (Rock and Roll Hall of Fame,Cleveland,Ohio).

Le premier album du groupe,Are You Experienced, sort le. Véritable pierre angulaire de la guitare électrique, il partage les instrumentistes entre anciens et modernes.Considéré comme l'un des meilleurs[réf. souhaitée] disques de rock par la critique, il constitue non seulement la base du répertoire de l'Experience, mais aussi du trio Hendrix/Redding/Mitchell. Une prise inédite deI Don't Live Today[43] montre que le guitariste se dirigeait vers une musique plus audacieuse encore, que la production de Chandler a sans doute limité, conscient que les plages trop libres étaient bien moins populaires, donc moins intéressantes d'un point de vue strictement commercial.

Le, au SavilleTheatre de Londres, Hendrix interprète une version du morceau titre deSgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, le nouvel album des Beatles publié seulement trois jours auparavant.Paul McCartney etGeorge Harrison, présents dans l'assistance, sont impressionnés par la performance, même si le reste du concert est entaché de problèmes d'ordre technique[31]. C'est sur les conseils de Paul McCartney que les organisateurs duMonterey International Pop Festival ont invité le Jimi Hendrix Experience, alors au sommet de sa popularité en Angleterre[44].

Jimi Hendrix en 1967.

Leur performance du est historique ; de virtuellement inconnu aux États-Unis, le groupe devient rapidement culte dans les cercles rock, à défaut d'être véritablement connu du grand public[31]. Immortalisée par le film deD. A. Pennebaker puis, plusieurs dizaines d'années plus tard, sur l'albumLive at Monterey, la réputation de show-man de Jimi Hendrix est faite pour les années à venir, pour le meilleur et pour le pire. Car, si Monterey devient un concert rock extrêmement célèbre, Jimi Hendrix dégrade son image auprès des musiciens « sérieux », qui le prennent pour un « frimeur » (même si Miles Davis ne s'arrête pas à ça[45]), mais aussi vis-à-vis du public, qui attend de lui, le plus souvent, un show plutôt qu'une performance uniquement musicale.Une image mythique reste dans les mémoires : le moment où il sacrifie saStratocaster en l'immolant par le feu avant de la fracasser sur le sol, rite qu'il effectue pour la première fois, sur les conseils du journaliste Keith Altham, le sur la scène duLondon Astoria sur le titreFire et qu'il reproduit à la fin du festival de Monterey[46]. Se brûlant légèrement aux deux mains, il doit être hospitalisé.Le concert de Monterey est si légendaire que la ville deSeattle inaugure leJimi Hendrix Park à l’occasion de son50e anniversaire (du concert), le[47].

AprèsAre You Experienced, le groupe enregistre le singleBurning of the Midnight Lamp, avant d'assurer la première partie deThe Monkees, lors de leur tournée américaine de l'été 1967. Le public des Monkees n'accroche pas aux prestations de l'Experience, qui quitte la tournée après seulement six concerts, en prétextant la plainte desFilles de la révolution américaine, une ligue de morale, selon laquelle Hendrix serait« trop érotique » pour les jeunes fans des Monkees[48].

Après une série de concerts, le groupe enregistre à Londres de nouvelles compositions qui donnent la matière du deuxième album du groupe :Axis: Bold as Love, publié en. C'est un album très différent de l'opus précédent : Hendrix se concentre ici sur ses talents de guitariste rythmique et d'auteur-compositeur. L'influence de la production de Chas Chandler est encore très présente, la plupart des titres ne dépassent pas les trois minutes[39]. Dans la foulée, Hendrix enregistre à Londres une reprise duAll Along the Watchtower deBob Dylan.

Electric Ladyland (1968) : dernier album studio de Jimi Hendrix

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Après une tournée américaine, Hendrix décide de continuer l'enregistrement de son troisième album au Record Plant, àNew York. Hendrix tire profit au maximum des progrès technologiques de l'époque : l'albumElectric Ladyland est enregistré sur un magnétophone 16 pistes, laissant à son créateur une liberté orchestrale jusqu'alors impossible[39]. Hendrix, peu conventionnel dans sa manière de travailler, convie régulièrement qui veut bien venir au studio… où les ingénieurs du son doivent presque s'excuser de prendre leur place, nécessairement contraignante d'un point de vue strictement technique[39].

Lors de l'enregistrement deGypsy Eyes, Chas Chandler jette l'éponge : Hendrix est désormais son propreproducteur[39]. Cet enregistrement marque aussi une nette détérioration des rapports qu'il entretient avecNoel Redding, son bassiste. Ce dernier se plaint du peu de place qu'Hendrix lui laisse au sein du groupe, mais aussi de la tournure que prennent les sessions, au cours desquelles Jimi Hendrix ne semble jamais satisfait des prises enregistrées. Noel Redding ne joue d'ailleurs que sur quelques titres du dernier album de l'Experience[31]. De plus, Hendrix ne se limite pas aux seuls membres de l'Experience en studio et multiplie les rencontres avec des musiciens réputés (Steve Winwood,Chris Wood,Buddy Miles,Jack Casady etAl Kooper) qui se joignent à lui sur diverses compositions d'une rare richesse :Voodoo Child (Slight Return) et1983... (A Merman I Should Turn to Be) figurent parmi les œuvres les plus ambitieuses de sa carrière[39].

Le, l'Experience se produit au Steve Paul'sScene où ils exécutent un set assez peu habituel (composé essentiellement de reprises) et se voient contraints de jouer avec unJim Morrison, s'étant invité sur la scène, ivre et perturbant le bon déroulement du concert. Entre-temps, l'Experience publie la compilationSmash Hits en en Angleterre, puis l'année suivante aux États-Unis.

Electric Ladyland est le troisième album de Jimi et le dernier de l'Experience, il sort le. L'album-concept de Jimi Hendrix est initialement présenté sous la forme d'un double LP.Electric Ladyland est généralement considéré comme son album le plus abouti, avec de longues plages instrumentales. En répétition comme en concert, l'Experience évolue au fil des mois. Centrées sur des chansons qui étaient relativement courtes aux débuts du groupe[49], les performances sont désormais le théâtre de longues improvisations, dépassant souvent les dix minutes par morceau[50] (cf. la version d'un quart d'heure deVoodoo Chile,1983 dure13 min 39 s…). À la suite de la sortie de l'album, le groupe se lance dans une nouvelle tournée américaine, de laquelle sera tiré l'albumWinterland, en 2011, reprenant les concerts auWinterland deSan Francisco du 10 au.

Période d'errance

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Jimi Hendrix, Mitch Mitchell et Noel Redding le.

Séparation de l'Experience (premier semestre 1969)

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Depuis la sortie de l'albumElectric Ladyland, les rapports au sein du groupe deviennent plus fluctuants, avec les invitations lancées à de nombreux musiciens de partager un moment (« pour le fun » et l'expérimentation, ainsi que le nom du groupe le laisse entendre). Les sessions d'enregistrement qui s'ensuivent prennent la forme de longuesjams informelles (caractéristiques de l'acid rock), plutôt que des compositions rapidement achevées et publiables sur un disque de rock standard[39].

« Avec Jimi, on avait parlé d’intégrer d'autres musiciens dans le groupe. Il y avait une pression de la part de Michael Jeffery [manager du groupe], car les managers voient loin. Je pense qu'il concevait toujours l'Experience tel quel avec Noel [Redding] et moi. Mais Jimi voyait autre chose. »[51]

— Mitch Mitchell

Début janvier 1969, après une absence de plus de six mois, Hendrix retourne à Londres avec l'Experience et s'installe brièvement dans l’appartement de sa petite amie,Kathy Etchingham, surBrook Street, jusqu'au 9 avril, date de leur séparation définitive[52].

À peine arrivés et avant de partir en tournée européenne, un incident a lieu lors du passage du trio dans l'émission télévisée de la BBC présentée par la chanteuseLuluHappening for Lulu le 4 janvier : le groupe interprèteVoodoo Child, puis commence à jouerHey Joe ; arrivé aux deux tiers du morceau, Hendrix s'arrête et annonce qu'au lieu de finir« cette médiocrité », il va jouerSunshine of Your Love en hommage au groupeCream qui vient tout juste de se séparer. Vexé, le producteur de l'émission décide d'interrompre la prestation ; le groupe ne sera plus jamais invité sur les plateaux de la BBC[53].

Au début de l'année 1969, trois mois après la sortie de l'albumElectric Ladyland, le guitariste confie auMelody Maker :« Très prochainement, certainement en cours de cette nouvelle année, nous allons dissoudre le groupe, sauf pour les dates prévues[54]. » Les concerts dont fait mention Jimi sont la tournée européenne du 9 au 23 janvier à travers la Suède, le Danemark, la RFA, l'Autriche et la France (pour deux dates)[55]. Au cours de la tournée européenne du mois précédent, les rapports au sein du groupe se détériorent, surtout entre Hendrix etNoel Redding, ce dernier reprochant au premier de son comportement imprévisible et du contrôle créatif sur la musique[56],[57].

Le trio revient à Londres le 24 janvier suivant. Les 18 et 24 février, la formation joue à guichets fermés auRoyal Albert Hall de Londres, derniers concerts européens de l'Experience avant sa dissolution[58],[note 2]. Ce dernier concert est enregistré professionnellement, mais il ne sortira qu'après la mort du guitariste avec les albumsExperience (1971) etMore Experience (1972). Les dernières sessions de l'Experience se déroulent au studio Olmstead le 14 avril et au Record Plant de New York, sessions durant lesquelles est réenregistrée la chansonStone Free[59]. Mais ces sessions seront peu productives, ce qui va excéder encore plus le bassiste.[57]

Le 9 avril, Hendrix retourne aux États-Unis (qu'il ne quittera plus avant fin août 1970) avec l'Experience pour se lancer dans leur dernière tournée américaine qui commence le 11 avril suivant et dure jusqu'à fin juin, tournée qui sera entrecoupée de diverses sessions d'enregistrement. Mais un autre incident se déroule durant la tournée : le, le Jimi Hendrix Experience arrive à neuf heures et demie à l'aéroport international de Pearson à Toronto (Ontario, Canada) ; les douanes canadiennes trouvent dans l'un des sacs du guitariste des substances illicites ; il est aussitôt arrêté, puis emmené au siège de la police dans le centre-ville de Toronto. Il est libéré contre une caution de10 000 dollars en espèces et doit comparaître devant le tribunal de Toronto le. Les conséquences de cet incident sont désastreuses : Hendrix vivra avec la crainte d'un emprisonnement jusqu'à la fin de l'année 1969[60].

La dernière prestation de l'Experience a lieu le au festival de Denver, qui se déroule sur trois jours auMile High Stadium a été marquée par l'image de la police utilisant des gaz lacrymogènes pour contrôler le public.[61][62] Le groupe s’est échappé de justesse de la scène, à l’arrière d’un camion de location, qui a été en partie écrasé par des fans qui étaient grimpés sur le toit du véhicule[63].

Avant le concert, un journaliste a énervé Redding en lui demandant pourquoi il était là ; le journaliste l’a alors informé que, deux semaines plus tôt, Hendrix a annoncé qu’il était remplacé parBilly Cox.[64] Le lendemain, Redding annonce qu’il quitte le groupe et qu’il a l’intention de retourner à Londres, poursuivre une carrière solo avec son nouveau groupe Fat Mattress, reprochant au guitariste de diriger le groupe sans demander son accord, ce qui justifiait son départ[65],[61][66].

« Mitch et moi avons beaucoup traîné ensemble, mais nous sommes anglais. Si on sortait, Jimi restait dans sa chambre. Mais toutes les dissensions sont venues de ce que nous étions trois gars qui voyageaient trop, se fatiguaient trop, et prenaient trop de drogue... J’aimais Hendrix. Je n’aime pas Mitchell. »

— Noel Redding[67]

PourMitch Mitchell, il n'a pas saisi, sur le moment, que la fin du groupe était définitive.

« Si par exemple Jimi et moi lui présentions quelque chose de type Motown, il réagissait négativement. À l'époque, la seule chose qu'il écoutait c'était deux albums des Small Faces. Les Small Faces étaient super, mais nous avions la tête ailleurs. Noel ne connaissait pasJames Jamerson — le légendaire bassiste de R&B soul — ni les gars qui jouaient avec James Brown. L'essentiel du problème était que cela ne l'intéressait pas. [...] Noel, Dieu ait son âme, n'avait aucun intérêt pour la basse en tant qu'instrument. »[68]

— Mitch Mitchell

Festival de Woodstock (été 1969)

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Article détaillé :Live at Woodstock.

À partir d'avril 1969, depuis sa séparation avec Kathy Etchingham, le guitariste passe tout son temps à New York. Il s'est lié d'amitié avec Deering Howe, fils de riches propriétaires d'hôtels à Manhattan et authentique passionné de la musique du guitariste — depuis que The Jimi Hendrix Experience avait loué son yacht quelques mois plus tôt —, ainsi qu'avec Colette Mimram et Stella Douglas qui tiennent une boutique de vêtements à Manhattan[69]. Cette dernière présente à Jimi son mari, le producteurAlan Douglas, qui gérera l'héritage discographique du guitariste à partir du milieu des années 1970. Dans le même temps, deux jeunes femmes commencent à partager sa vie : Carmen Borrero, etDevon Wilson — amie de Stella Douglas[69].

Début, Jimi Hendrix est invité à deux émissions importantes : leDick Cavett Show puis leTonight Show. Il est accompagné par Mitch Mitchell et le bassisteBilly Cox lors de la seconde émission le 10 juillet[64] durant laquelle ils interprètent une chanson inédite,Lover Man, en hommage à son ami Brian Jones mort dans les jours précédents à27 ans[69]. En fait, cela fait déjà plusieurs semaines qu'il répète et enregistre avec son ancien ami Billy Cox, qu'il avait connu à l'armée en 1962. Leur première session commune remonte au 21 avril 1969[70]. Trois jours plus tôt, Jimi avait repris contact avec lui à l'occasion d'un concert à Memphis.

« On s'est revu en 1969 par le biais d'un ami qui savait que Jimi allait à Memphis. On s'est rejoint au concert. Et après on est allé dans sa chambre d'hôtel et on a discuté musique. »[71]

— Billy Cox

En août, le manager loue la Shokan House — un manoir au milieu d'un parc de plusieurs hectares avec une piscine — près deWoodstock dans le nord de l’État de New York, dans le but de permettre au guitariste d'écrire et composer pour un prochain album. Après quelques jours de vacances au Maroc avec ses amis Deering Howe, Stella Douglas et Colette Mimram, Jimi rejoint le domaine où il séjourne à partir du à la mi-septembre[72],[69],[73]. Dans la perspective d'un nouvel album, le guitariste met sur pied une nouvelle formation[31] : le Gypsy Sun & Rainbows. En plus de Billy Cox, il rassemble autour de luiLarry Lee à la guitare (qu'il connaît depuis 1963[19]) de retour à la vie civile depuis son retour de la guerre du Vietnam deux mois auparavant[69], Juma Sultan et Jerry Velez aux percussions. Hendrix était manifestement intéressé par l'idée de jouer avec despercussionnistes : les percussionnistes deSantana ont ainsi participé à la jam du Tinker Street Cinema début[74]. La musique produite par le groupe se démarque durock psychédélique de l'Experience, notamment par les formes musicales plus libres que le groupe expérimente. Mitch Mitchell est appelé par Hendrix fin juillet et redevient le batteur du groupe. Arrivé au manoir, le groupe répète pendant dix jours avec Mitchell en vue du concert au festival de Woodstock, mais la formation n'est pas toujours au point[69].

« Le management avait loué ce manoir grotesque. Apparemment ils répétaient depuis environ dix jours avant que je sois arrivé, mais ce n'était pas flagrant. Le groupe était sinistre et la maison était sinistre.[...] Lors des répétitions, j'ai eu l'impression, à plusieurs reprises, que Jimi avait compris que cela ne fonctionnait pas, et qu'il voulait en finir avec le concert et passer à autre chose.[...] C'est probablement le seul groupe avec lequel j'ai joué qui, tout simplement, n'a fait aucun progrès avec le temps. »[75]

— Mitch Mitchell

Le public du Festival de Woodstock (1969).

Au mois d'août1969, Jimi Hendrix est l'une des têtes d'affiche duFestival de Woodstock. Il se produit le dernier jour. Malgré le retard pris par le festival, le management de Jimi Hendrix refuse de changer l'ordre d'entrée en scène des groupes. Sans le film, la performance de Jimi Hendrix ne serait certainement pas devenue légendaire[réf. nécessaire] : le Gypsy Sun & Rainbows n'entre en scène que le matin du lundi, ce qui explique un public clairsemé lorsqu'il se produit.

Les mixages des différentes versions audio et vidéo[76] mettent presque systématiquement le trio Hendrix/Cox/Mitchell en avant. Larry Lee est légèrement audible. Quant aux deux percussionnistes, ils sont quasi inaudibles d'un bout à l'autre. Juma Sultan regrettera amèrement le mixagepower trio du Gypsy Sun & Rainbows, trouvant dommage d'avoir supprimé le foisonnement de percussions qui accompagneStar Spangled Banner[77]. Inversement, John McDermott défend que le jeu foisonnant de Mitch Mitchell ne se marie pas bien avec celui des deux percussionnistes. Larry Lee revenait alors du Viêt Nam, et n'était certainement pas prêt à un tel évènement : seul son chant opère convenablement. Les deux titres qu'il chante lors de ce concert n'ont toutefois jamais eu les honneurs d'une publication officielle. Si les enregistrements pirates[78] de la performance du Gypsy Sun & Rainbows montrent que le groupe n'était pas toujours en place, il n'empêche que la seconde partie du concert, portée à bout de bras par un Hendrix pourtant épuisé[79],reste l'un des plus grands moments d'improvisation de la musique rock[non neutre].

L'interprétation de l'hymne américain par le guitariste, véritableGuernica musical, est le point d'orgue du festival. Son approche de la guitare y est totalement révolutionnaire. D'autres guitaristes avaient utilisé levibrato ou lefeedback (commeJeff Beck au sein desYardbirds) avant lui. Mais il est le premier à avoir construit un langage inédit reprenant toutes ces techniques comme vocabulaire. Le passage central montre une vision musicale allant largement au-delà de genres établis comme le blues ou le rock : cris, bombes, Hendrix plonge avec sa musique dans l'univers de ses contemporains. Sa maîtrise dufeedback sur les ultimes notes montre sa maîtrise des effets sonores (diversité des choix et réactivité instantanée). AvecStar Spangled Banner, Hendrix cristallise toute l'ambiguïté de l'intervention militaire des États-Unis au Viêt Nam.[réf. nécessaire]

À la suite du concert, le groupe se retrouve pendant une semaine en studio au Hit Factory à New York fin août pour travailler de nouvelles chansons. Mais ces sessions ne sont pas productives[80]. Une nouvelle séance de travail se déroule donc aux Record Plant Studios début septembre, mais tourne vite au désastre avec le départ du guitaristeLarry Lee, mettant fin au groupe Gypsy Sun and Rainbows[81]. Mitch Mitchell[82] et Billy Cox[39] s'accordent sur le fait que le groupe ne progressait pas musicalement.

Band of Gypsys (automne 1969-début 1970)

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Article détaillé :Band of Gypsys.

Pour laSaint-Sylvestre 1969, auFillmore East de New York, c'est avec une nouvelle formation que Jimi Hendrix se produit. LeBand of Gypsys est un trio entièrement afro-américain composé deBilly Cox et du batteurBuddy Miles. Jimi Hendrix y dévoile une évolution vers un jeu plusfunk et y donne quatre concerts à l'occasion du nouvel an 1970 (les et le1er janvier1970, avec deux concerts par jour). Un albumLive,Band of Gypsys, en est tiré : ce sera le dernier album publié de son vivant. La presse rock a été globalement déçue par une œuvre qui marquait, selon elle, un recul créatif vis-à-vis du troisième album de l'Experience (via un retour au rhythm and blues), et qui n'aurait pas dû sortir, de l'avis de Jimi Hendrix lui-même :« Je n'étais pas trop satisfait de l'albumBand of Gypsys. Si ça n'avait tenu qu'à moi, je ne l'aurais jamais sorti[83]. » L'album est en effet né de problèmes juridiques et non de la volonté initiale du musicien. Inversement, beaucoup voient dans le Band of Gypsys un groupe fondateur jetant les bases de nombreux courants musicaux des années 1970 : rock funk (Parliament/Funkadelic), jazz rock (Miles Davis,Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin), etc. Miles Davis note d'ailleurs dans son autobiobraphie[45] que c'est le groupe de Jimi Hendrix qu'il préférait. Durant les années 2000, la famille Hendrix publiera un double album contenant des enregistrements inédits tirés de cette série de concerts contenant d'excellentes versions.

Le, lors d'un concert donné auMadison Square Garden, dans le cadre duWinter Festival For Peace, le Band of Gypsys doit se produire gratuitement, afin de soutenir des opposants à laguerre du Viêt Nam. Le groupe monte sur scène vers trois heures du matin, dans ce qui s'avèrera être sa dernière performance, et peut-être le plus gros fiasco de toute la carrière de Jimi Hendrix. Après avoir présenté les membres de son groupe, alors qu'une jeune femme réclameFoxy Lady, Hendrix lui répond que« Foxy Lady est assise par là, en sous-vêtement jaunes, sales et tachés de sang. »Le groupe se lance alors dans une version particulièrement peu inspirée deWho Knows. Selon tous les témoins présents ce soir-là, Hendrix n'était pas en état de monter sur scène.Johnny Winter confiera par la suite que, pour lui,« c'était comme s'il était déjà mort. »[84] Manifestement, Hendrix n'est pas dans son état normal : surWho Knows, contrairement à son habitude, il ne mélange pas guitare et chant. La version qui suit deEarth Blues est encore moins convaincante, Hendrix interpellant ainsi le public alors qu'il s'arrête de jouer :« C'est ce qui arrive lorsque la Terre baise avec l'Espace, n'oubliez jamais ça. Voilà ce qui arrive[85] ! » Buddy Miles tenta de calmer le jeu, faisant face à la stupéfaction de l'audience en promettant un retour sur scène qui n'arrivera pas : Hendrix débranche sa Stratocaster et quitte définitivement la scène, laissant à Buddy Miles le soin de gérer la foule. Aujourd'hui encore, la controverse reste entière sur ce qui s'est véritablement passé cette nuit-là au Madison Square Garden. Mike Jeffery profita de l'occasion pour virer sur le champ Buddy Miles… ce dernier accusant le manager d'avoir donné à Hendrix une dose de LSD le mettant dans l'incapacité de jouer. D'autres mettent en cause Devon Wilson, une des petites amies de Hendrix[86].

Lors de son interview du, menée par John Burks pourRolling Stone (à l'initiative de Mike Jeffery), Hendrix reviendra sur la performance du Madison Square Garden :« C'est comme la fin d'un commencement ou quelque chose comme ça, je pense que le Madison Square Garden est comme la fin d'un long conte de fées. Ce qui est génial […]. En ce qui me concerne, le Band of Gypsys était formidable. […] C'est juste histoire de changer de tête, de se renouveler. […] J'étais très fatigué. » Il précisa ensuite qu'il avait affronté la plus grande guerre intérieure de toute sa vie, et que« ce n'était pas l'endroit pour le faire. »

L'album live homonyme sort le chezCapitol Records pour libérer toute obligation contractuelle, accompagné de la publication du singleStepping Stone /Izabella sous le nom deHendrix Band of Gypsys[87]. Enregistré en studio avec le trio éphémère, le single est rapidement retiré de la vente, Hendrix n'étant pas satisfait de son travail. Il passe beaucoup de temps à son appartement de Greenwich Village à commencer à écrire son prochain album studio.

Retour inachevé et mort

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Inauguration et derniers enregistrements au studio Electric Lady (avril à août 1970)

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Articles détaillés :First Rays of the New Rising Sun etThe Cry of Love Tour.

Le concert donné le au L.A. Forum marque le retour de Jimi Hendrix sur le devant de la scène : c'est la première de ce qui s’avérera son ultime tournée américaine (leCry of Love Tour). Première d'autant plus importante que c'est avec un nouveau groupe que Jimi Hendrix se présente : si Billy Cox est toujours à la basse, Mitch Mitchell est de retour à la batterie. Contrairement à ce que l'interview donnée en à John Burks aurait pu faire croire, Jimi Hendrix n'a pas reformé l'Experience avec ses membres d'origine. Le nom de cette formation est d'ailleurs toujours sujet à caution ; « Jimi Hendrix Experience » selon Billy Cox, « Cry of Love Band » pour d'autres, Jimi Hendrix semble n'avoir jamais véritablement clarifié ce point. Durant la tournée, le groupe donne le 4 mai un concert de soutien à l'intellectuel et apôtre du LSDTimothy Leary au Village Gate à New York avecGrateful Dead,Johnny Winter,Jim Morrison et le poèteAllen Ginsberg[69].

Le rythme de cette tournée, bien plus raisonnable que celui des tournées précédentes, n'est pas étranger à la qualité tant des sessions studio que des concerts. Les critiques, biographes et journalistes tendent à décrire cette tournée dans des termes pour le moins mitigés. Pourtant, ainsi que John McDermott le souligne dansSetting The Record Straight, la tournée américaine de 1970 marque le retour d'une grande créativité. Selon Billy Cox, Hendrix n'arrêtait pas desetlists précises[88] : il se contentait de préciser uniquement les premiers titres qu'ils allaient jouer. Le répertoire du groupe est d'ailleurs nettement moins stéréotypé que celui de l'Experience. Le concert du 4 juillet 1970 au festival d'Atlanta est une réussite avec le plus grand nombre de spectateurs de sa carrière (500 000 selon les sources)[89], tandis que celui du1er août àHonolulu est le dernier de son vivant sur le territoire américain[90].

Cette tournée marque aussi une reprise en main de sa carrière : Hendrix enregistre en une semaine son nouvel album studio et se produit en concert le week-end, afin de financer les travaux de construction de l'Electric Lady, son propre studio (à parts égales avec Mike Jeffery).

Le studio conçu par Jimi Hendrix, l'Electric Lady Studio en 2013.

L'histoire du studio remonte à 1968 lorsque Jimi Hendrix et Michael Jeffery achètent le club The Generation récemment fermé au 52th W8th St. dans le quartier deGreenwich Village à New York, où le guitariste avait multiplié les jam sessions et où avaient joué aussi bienB. B. King,Big Brother and the Holding Company,Chuck Berry etSly and the Family Stone. Le club est transformé en studio d'enregistrement avec l'appui d'Eddie Kramer, qui voulait que Jimi possède un lieu à la mesure de ses ambitions artistiques, et sous l'égide de l'architecte et acousticien John Storyk, qui en a conçu les moindres détails. C'est à Lance Jost qu'a été confiée la décoration : une ambiance de science-fiction, destinée une fois encore à stimuler l'imagination du guitariste et compositeur[69].

Les premiers essais techniques et acoustiques sont effectués fin mai 1970, la toute première mise en service le 8 juin durant laquelle Jimi et Eddie Kramer se contentent de tester le matériel. Ce n'est qu'à partir du 15 juin que le groupe de Jimi Hendrix enregistre pour la première fois ensemble au studio[69]. Selon la plupart des témoignages, Hendrix aborde les séances avec plus de sérieux que par le passé, même si ses sautes d'humeur, son rapport malsain avec son manager Jeffery et sa relation avecDevon Wilson compliquaient parfois leur bon déroulement[91]. Mitch Mitchell ne partage pas son point de vue :

« J'ai entendu dire qu'au moment où [l'Electric Lady] a ouvert, il en avait marre d'enregistrer et de travailler, mais ce n'est pas vrai : c'était un rêve pour lui d'avoir son propre studio. »[92].

Après des mois de chaos personnel et de doutes artistiques[93], Hendrix retrouve son inspiration et progresse dans la création de son quatrième album studio[69]. Les sessions comme celles du montrent son renouveau artistique. Sa musique est nettement plus rythmique, plus composée. Hendrix l'architecte prend le pas sur Hendrix l'instrumentiste. La guitare sert le discours, et non l'inverse[94].

Une fois la tournée terminée, la formation passe l'essentiel de la seconde quinzaine d'août aux studios Electric Lady, pour y enregistrer et terminer diverses chansons, que le guitariste avait accumulées depuis plus de neuf mois, en vue du prochain album - qui aurait dû s'intitulerFirst Rays of the New Rising Sun. Mais l'album ne sera pas terminé du vivant du guitariste[69].

Le, Jimi Hendrix donne une fête d'inauguration de son studio Electric Lady. À ce moment-là, le guitariste a enregistré plus d'une trentaine de chansons, dont certaines sont totalement achevées et présentées à la fête. C'est également ce jour-là que le guitariste se trouve en studio pour la dernière fois de sa vie[69]. En effet, le lendemain la formation part dans une tournée européenne de laquelle le guitariste ne reviendra pas.

Entre-temps, le même jour paraitHistoric Performances Recorded at the Monterey International Pop Festival parReprise Records aux États-Unis et parAtlantic Records en France. L'album présente plusieurs chansons issues des concerts d'Otis Redding et de l'Experience auMonterey International Pop Festival le. Le concert dans son intégralité ne sera publié qu'en 1986, puis en 2007 surLive at Monterey.

Les derniers jours en Europe (fin août à mi-septembre 1970)

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Article détaillé :The Cry of Love Tour.
La formation de Jimi Hendrix a joué aufestival de l'Île de Wight le 30 août 1970 dont le concert ne sera pas mémorable.

Afin de financer le studio qu'il vient d'inaugurer officiellement, Hendrix accepte à contrecœur de se lancer dans ce qui s’avérera être son ultime tournée européenne. Ainsi, dès le 27 août 1970, au lendemain de l'inauguration de son studio, il se rend avec Cox et Mitchell au Royaume-Uni pour se produire trois jours plus tard aufestival de l'île de Wight, au sud de l'Angleterre, devant 600 000 personnes. Bien que les titres emblématiques de son répertoire s'enchaînent avec les nouvelles compositions issues du dernier album en cours d'enregistrement, ce ne sera pas le meilleur concert du guitariste, loin de là, au point que celui-ci s'excusera auprès du public après trois chansons et qu'il reprendra tout depuis le départ, avant de jeter sa guitare en quittant la scène à la fin du concert[69].

« Pour être franc, c'était un mauvais concert. Je ne peux pas dire si le cœur de Jimi y était. Une chose est certaine, rétrospectivement, c'est que nous aurions vraiment dû répéter une fois. C'est étrange parce que le groupe jouait tellement bien, il était réglé comme une horloge. À ce stade, nous étions tous confiants vis-à-vis de nos jeux respectifs. Il n'y avait aucune raison que le concert soit peu réjouissant. Mais le feeling n'était pas au rendez-vous[95]. »

— Mitch Mitchell

À l'initiative de Kristen Nefer, une mannequin danoise de24 ans qui fréquente le guitariste, le groupe donne quatre concerts en Scandinavie entre le 31 août et le 3 septembre àStockholm,Göteborg,Aarhus etCopenhague[69]. Si les concerts des1er (Göteborg) et (Copenhague) sont remarquables[96], celui du 2 septembre àAarhus auDanemark est désastreux : Hendrix quitte la scène après seulement quelques titres. Hendrix semble très déprimé, et consomme beaucoup de drogues[19].

« Je ne suis pas sûr que j'atteindrai vingt-huit ans. Je veux dire qu'au moment où musicalement, je sentirai que je n'ai plus rien à donner, je ne serai plus de ce monde[97]. »

— Jimi Hendrix

Après le concert du à Berlin, la santé de Billy Cox oblige le management du groupe à annuler le reste de la tournée : le concert donné sur l'île deFehmarn (en Allemagne) dans le cadre du Love and Peace Festival le sera le dernier du trio et du guitariste.

Le soir du, après son dernier concert, Hendrix retourne à Londres et loue une suite au Cumberland Hotel dans leWest End[69]. Il donne son dernier entretien le. Entre-temps, il évoque avec les producteursChas Chandler etAlan Douglas son projet de virer son managerMichael Jeffery et de le remplacer par Douglas, considéré comme meilleur dans la gestion des affaires du guitariste.[98] Alan Douglas avait été directeur du département jazz de United Artists Records, ce qui lui avait valu de travailler avec des artistes commeDuke Ellington,Max Roach etCharles Mingus. Il avait été l'ami et le conseiller de Jimi lorsque celui-ci avait formé le Band of Gypsys, ce qui l'avait amené à coproduire avec Stephan Bright les sessions de répétitions du groupe en novembre 1969, mais sans grand résultat[69].

Le, Jimi retrouve sa nouvelle petite amie Monika Danneman, jeune professeur de patinage sur glace et artiste peintre allemande, qu'il avait rencontrée pour la première fois lors d'un concert à Düsseldorf le 12 janvier 1969. Cette dernière avait remplacé Kirsten Nefer dans le cœur du guitariste, mais reste en concurrence avec Devon Wilson[69],[92].

« Jimi a passé la majeure partie de ses derniers jours avec Monika Danneman qui — sans vouloir l'offenser — n'est pas le grand amour de sa vie. Des amours de ce genre, il n'en a vraiment eu que deux : Kathy Etchingham, à ses débuts en Angleterre, et Devon Wilson. »

— Mitch Mitchell

Le soir du 15, Jimi et Monika vont auRonnie Scott's voirEric Burdon etWar[69]. Le lendemain soir, Hendrix rejoint War le temps d'une jam session[99] et joue sur deux titres, qui constituent les ultimes enregistrements amateurs du guitariste[100]. Le, veille de sa mort, Hendrix pose pour des photos par sa petite amie Monika Danneman[101]. Le guitariste est informé par Mitch Mitchell qu'une jam session est organisée au clubSpeakeasy à New York avecSly Stone et qu'il fait part de son désir d'y participer[69].Eric Clapton avait projeté de rejoindre Jimi à cette jam pour lui offrir une nouvelle guitare pour gaucher[102]. Le soir, Jimi et Monika sont invités parDevon Wilson, qu'ils ont croisée sur King Road plus tôt dans l'après-midi, à une soirée chez Philip Harvey, le fils du riche lord anglaisArthur Vere Harvey. Vers 23h, le couple quitte la soirée pour regagner l'appartement de Monika au Samarkand Hotel dans le quartier deNotting Hill. Puis quelques heures plus tard dans la nuit le, le couple se rend à une autre soirée chez Pete Kameron, lequel a secondéKit Lamber etChris Stamp pour la création deTrack Record. Y sont présentes également Angie Burdon (la femme d'Eric Burdon), Stella Douglas (la femme du producteurAlan Douglas) et Devon Wilson. Le guitariste ne serait resté que trente minutes à la soirée avant de rentrer avec Monika vers trois heures du matin au Samarkand Hotel[69],[99].

Mort

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C'est dans le quartier deNotting Hill àLondres que se situe l'appartement de Monika Danneman dans lequel Jimi vit ses dernières heures.
Le Jimi Hendrix Memorial à Renton là où le guitariste est inhumé.

En milieu de matinée du, Hendrix est retrouvé mort dans l'appartement de Monika au Samarkand Hotel de Londres. Les circonstances exactes de sa mort sont incertaines, mais il semble être mort asphyxié par son vomi, à la suite d'un abus debarbituriques (Vesparax) lié à une prise d'alcool[103]. Selon Monika, elle serait rentrée de courses et aurait remarqué que Jimi avait été malade cette nuit-là et aurait pris neuf comprimés de somnifère. N'ayant pas trouvé le numéro de téléphone du médecin de Jimi, elle aurait appelé l'ambulance qui serait arrivée vers11 h 27. Le musicien aurait été conduit en urgence au St. Mary Abbots Hospital de Kensington, où il serait décédé trente minutes plus tard. Cette version est à prendre avec précaution car Monika a donné plusieurs versions différentes, voire contradictoires, concernant les dernières heures de Jimi Hendrix, comme celle où Jimi se serait endormi vers 7h15 du matin sans prendre de somnifères[69]. Pour leur part, les urgentistes appelés sur les lieux ont affirmé que Jimi était déjà mort lorsqu'ils avaient pénétré dans l'appartement et qu'il n'y avait personne d'autre que lui à l'intérieur. Cette déclaration a été corroborée par les deux policiers présents[69].

En 2009, James Tappy Wright, son ancien assistant, affirme que Hendrix aurait été assassiné par son manager Michael Jeffery qui lui aurait fait ingurgiter de force des pilules et de l'alcool[104]. Il prête à Jeffery les propos suivants :« Je devais le faire […] Jimi valait pour moi beaucoup plus mort que vif. Ce fils de pute allait me quitter. Si je le perdais, je perdais tout… On est entré dans la chambre d'hôtel de Monika, on a pris une poignée de pilules qu'on a fourrées dans la bouche de Jimi, et puis on lui a versé plusieurs bouteilles de vin rouge dans la gorge ».

La mort du guitariste a provoqué un séisme parmi ses fans, ses amis et sa famille[105].

« En peu de temps, le soleil s'en était allé. Mon frère a toujours semblé avoir été touché par la grâce, choisi par une force supérieure. Dès le début, il était destiné à être une star. Il l'avait, ce quelque chose de spécial qui le distinguait de tous les autres. Jimi était en avance sur son époque de son vivant et je savais qu'il grandirait encore au-delà de sa mort. »

— Leon Hendrix, le frère de Jimi

En dépit de sa volonté d'être inhumé à Londres, il est enterré àRenton, près de Seattle, le, en présence de sa famille et de nombreux musiciens, dont unMiles Davis bouleversé qui assiste au seul enterrement de sa vie[106], et les anciens membres de l'Experience (Noel Redding et Mitch Mitchell). Après la cérémonie, un concert est donné pour lui rendre un dernier hommage[69],[107].

« Jimi m'a toujours dit que l'on fasse la fête le jour de ses funérailles. On a loué une salle, rassemblé quelques instruments et nous lui avons adressé un dernier adieu chaleureux. Buddy Miles, Johnny Winter, Mitch et moi-même étions le centre d'une jam session qui a duré des heures. Jimi aurait apprécié... »

— Noel Redding

Mitch Mitchell a toujours regretté celui qu'il avait accompagné sur quasiment toute sa carrière musicale, comme il l'a exprimé en 1990[69],[92] :

« En fin de compte, tout ce qu'on peut dire, c'est : "Quel putain de gâchis". Il était irremplaçable, à la fois comme ami et comme musicien. Il me manque autant aujourd'hui qu'il y a vingt ans. »

— Mitch Mitchell

La publication du livre de Monika DannemanThe Inner World of Jimi Hendrix en 1995, dans lequel elle raconte son histoire avec la rock star, a conduit Kathy Etchingham à engager des poursuites judiciaires pour diffamation, qu'elle remportera en 1996. Peu de temps après, Monika est retrouvée morte dans sa voiture. Selon son mariUlrich Roth, guitariste du groupeScorpions, elle se serait suicidée après avoir reçu des menaces de mort[69].

La mort de Jimi Hendrix participe à l'invention du mythe duclub des 27 regroupant les figures de la musique mortes de façon rapprochée à l'âge de vingt-sept ans (Brian Jones le 3 juillet 1969,Alan Wilson deCanned Heat le 3 septembre 1970,Janis Joplin le 4 octobre 1970, etJim Morrison le 3 juillet 1971).

Albums posthumes

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Premiers albums posthumes sous Jeffery et ère Douglas

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Jimi Hendrix n'ayant pas laissé de testament, c'est son père Al qui hérite tous ses biens (principalement des investissements en propriétés et en actions, à quoi s'ajoutaient environ 25 000 $ en banque). Il s'est aussitôt adjoint les services d'un avocat, Ken Hagood, qui a pour double mission d'étudier les différents contrats que Jimi avait pu signer et de découvrir si Jeffery avait dit vrai[69]. En attendant, c'est à ce dernier que revient la charge de superviser les albums posthumes.

En, Jeffery publie le premier album posthume de Hendrix :The Cry of Love, suivi deRainbow Bridge quelques mois plus tard. Ces albums contiennent les derniers enregistrements studios de Hendrix qui auraient dû figurer surFirst Rays of the New Rising Sun (qui ne sortira qu'en 1997). Par la suite, l'ancien manager publie deux albums live (l'excellentHendrix in the West et le médiocreIsle of Wight) et deux nouveaux albums studios comportant les « fonds de tiroir » dont la qualité baisse sensiblement (War Heroes en 1972, puisLoose Ends en 1974), accompagné d'une baisse commerciale et critique. En effet, ces deux albums mélangent chansons à peu près terminées avec celles qui sont inachevées ou des jams sessions non publiables en l'état. Entre-temps, Jeffery s'apprète à avoir des soucis judiciaires, car il a utilisé des extraits du concert de l'Experience auRoyal Albert Hall (deux autres albums live extraits de ce concert intitulésExperience etMore Experience paraissent en 1971 et 1972 sous un autre label), mais ces titres étaient en principe inutilisables pour des raisons contractuelles. Mais par la suite, sa mort l'empêchera de défendre son cas devant les tribunaux, alors que l'avocat Hagoot aura été loin d'avoir terminé ses investigations[69].

Mais le, Jeffery trouve la mort dans lacollision aérienne de Nantes. À la demande d'Al Hendrix, un autre avocat, Leo Branton (connu pour avoir défenduRosa Parks) est appelé pour confier au producteur Alan Douglas le contrôle discographique de toutes les sorties des albums posthumes de l'artiste[69]. C'est ainsi que le nouveau producteur (auquel Jimi Hendrix, avant sa mort, avait songé pour remplacer Jeffery) publie deux nouveaux albums en 1975 :Crash Landing etMidnight Lightening. Si le premier est un succès commercial, leur sortie provoque une controverse. En effet, Alan a engagé des musiciens de studio pour rejouer des parties mauvaises ou manquantes sur les enregistrements originaux de répétitions (basse, batterie et même guitare de Jimi), voulant les mettre au goût du jour. Ses nouvelles publications dans les années 1980 seront pour la plupart des albums live, parfois controversés.

Coup de théâtre en 1993, après avoir fait annuler la vente des droits d'auteurs[108], Al Hendrix décide de poursuivre en justice l'avocat Leo Branton et le producteur Alan Douglas afin de leur faire renoncer aux droits sur la gestion discographique de l'artiste[69]. Deux ans plus tard, en pleine bataille judiciaire, Alan Douglas réédite les versions remastérisées des trois albums studio de l'Experience, publie un nouvel album studio (Blues), et décide de remplacerThe Cry of Love parVoodoo Soup avec des mixages et des versions différentes des chansons de l'album. Cette publication provoque une nouvelle controverse auprès des amateurs du guitariste. Pour ces deux publications, Alan Douglas ne fait plus appel aux musiciens de studio grâce au numérique qui permet de remplacer une partie manquante de chanson par une autre partie de la même.Voodoo Soup est le dernier album publié par Douglas qui perd les droits quelques mois plus tard au profit de Al Hendrix.

Reprise en main par la famille de Hendrix

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En 1995, après avoir gagné la bataille judiciaire[109], Al Hendrix crée la société Experience Hendrix LLC et en confie la présidence à sa fille Janie Hendrix (la demi-sœur de Jimi) et la vice-présidence à son neveu Bob Hendrix. Les Hendrix embauchent l'ingénieur du son Eddie Kramer pour travailler sur tous les enregistrements de Jimi. Deux ans plus tard, la famille ressort à nouveau les albums de l'Experience remastérisés (avec la fusion des éditions britanniques et américaines deAre You Experienced), et publie la version définitive du dernier album de Hendrix sous son titre originalFirst Rays of the New Rising Sun. Cette sortie est bien accueillie par les critiques, le public et les amateurs du guitariste. La même année paraît également l'albumSouth Saturn Delta qui, moins bien accueilli, mélange des chansons inédites non retenues dans l'album précédent, et des maquettes pas forcément publiables en leur état. Ces deux disques remplacent quasiment à eux seuls les quatre albums publiés par Jeffery dans les années 1970. Dans les années suivantes, la famille publie une série de live (qui remplacent ceux d'Alan Douglas) dontBBC Session en 1998,Live at Woodstock en 1999 etLive at Monterey en 2007, plus, en 2000, le coffret pourpre intituléThe Jimi Hendrix Experience Box Set qui mêle inédits et chansons connues (studio et live) retraçant la carrière du guitariste. De plus, de nombreuses jam sessions sont publiées à travers le label Dagger Records sous forme d'albums pirates officiels.

Le, Al Hendrix meurt d'une crise cardiaque. D'après son testament, toute la fortune (environ 80 millions de dollars) revient à Janie et à Bob.Leon, le frère de Jimi, est déshérité. C'est le début d'une longue bataille entre ce dernier et Janie via la presse et les tribunaux, durant laquelle elle lui reproche d'avoir créé avec Andrew Pitsicalis le site HendrixLicensing.com sur lequel ils vendent des produits dérivés Jimi Hendrix, activité censée revenir à Experience Hendrix LLC. En 2004, la Cour Suprême de l’État de Washington se prononce en faveur de Janie, estimant que Leon n'a pas à contester le testament de son père. Finalement, en juillet 2015, Janie et Leon concluent un accord pour un montant tenu secret[69].

En août 2009, Experience Hendrix conclut un nouvel accord de distribution avec la divisionLegacy Recordings deSony Music Entertainment[110]. En 2010, Legacy et Experience Hendrix lancent le Jimi Hendrix Catalog Project, qui consiste en une nouvelle remastérisation et une nouvelle refonte du catalogue musical. Durant les années 2010, trois albums studio sont publiés avec des enregistrements inédits, datant pour la plupart de l'année 1969 :Valleys of Neptune,People, Hell & Angels etBoth Sides of the Sky. Ces enregistrements ont été retravaillés numériquement par Eddie Kramer, en mélangeant certaines prises et en corrigeant les approximations dans le jeu des musiciens.

Influences

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« Pour jouer le Rhythm & Blues, Hendrix était de loin le plus grand expert que j'ai pu entendre dans le style de musique développé parBobby Womack, Curtis Mayfield etEric Gale, entre autres. J'ai l'impression qu'il n'y avait aucun style de guitare qu'il n'ait soit entendu, soit étudié, y compris la guitare hawaïenne et ladobro. Dans son jeu, on pouvait clairement entendre Curtis Mayfield,Wes Montgomery, Albert King, B.B. King et Muddy Waters. Jimi était le plus black des guitaristes. Sa musique émanait des formes musicales les plus anciennes, pré-blues, comme ce qu'on chante pendant le travail de la terre ou les mélodiesgospel. D'après ce que j'ai pu recueillir, il n'y avait pas de genre de musique noire qu'il n'ait écouté ou étudié, mais il aimait surtout les formes anciennes de la musique noire, et ça transpirait de son jeu. On a souvent parlé deSon House et de vieux bluesmen, mais ce qui l'épatait, c'était les vieux disques de Muddy Waters et John Lee Hooker où la guitare est énormément amplifiée par le studio, pour lui donner une présence qu'elle n'avait pas en réalité. Il connaissait ça : on peut entendre tous les trucs deJohn Lee Hooker etMuddy Waters sur la version longue deVoodoo Child (Electric Ladyland). Je ne l'ai jamais entendu jouer quoi que ce soit qui ressemble à du jazz, mais je l'ai entendu jouer comme Mahavishnu (John McLaughlin). Il cherchait à jouer des mélodies avec unsustain permanent ; il était plongé dans lefeedback depuis lesYardbirds et autres groupes anglais. Je crois même l'avoir entendu parler deBeck's Bolero. »

— Mike Bloomfield, Série Guitare & Claviers 1990

Leblues constitue la base du vocabulaire guitaristique utilisé par Jimi Hendrix. Il reprend les techniques des grands bluesmen qui permettent de développer un jeu expressif, mais aussi leur langage harmonique où l'ambiguïté majeur/mineur joue un rôle important. Il est difficile d'établir une liste exhaustive des guitaristes de blues ayant influencé Hendrix. On peut toutefois se faire une idée assez précise de ses principales influences via les reprises qu'il joua en concert ou en club, mais aussi des entretiens qu'il accorda :Albert King (Born Under a Bad Sign[111]),B.B. King (Rock Me Baby[112]),Elmore James (Bleeding Heart[113]), Hubert Sumlin, le guitariste de Howlin' Wolf (Killing Floor[112]),Freddie King (San-Ho-Zay[114]),Muddy Waters (Hoochie Coochie Man &Catfish Blues[115]),Albert Collins (Drivin' South[115]), mais aussiBuddy Guy,John Lee Hooker ouRobert Johnson. Le à Paris à l'Olympia, il interpelle ainsi le public :« Avez-vous entendu parler de Muddy Waters ? Et de John Lee Hooker ? »[116]

Son style de guitare rythmique, tel qu'on peut l'entendre surLittle Wing ouBold as Love, est inspiré, en plus complexe, de celui développé parCurtis Mayfield, reconnu par Hendrix comme l'une de ses influences majeures[31].

Bob Dylan, dont il reprendra plusieurs morceaux (All Along the Watchtower,Like a Rolling Stone,Drifter's Escape,Can You Please Crawl Out Your Window? etTears of Rage découvert dans le coffretWest Coast Seattle Boy: The Jimi Hendrix Anthology sorti en 2010), influencera Hendrix en tant qu'auteur, mais aussi en tant que chanteur : la technique vocale limitée de Dylan lui donnera confiance en sa propre voix[31].

Hendrix est aussi influencé par lerock anglais. Il reprend leSgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band desBeatles à plusieurs reprises, et il s'inspire des idées développées sur l'albumRevolver publié en 1966, où certaines bandes sont jouées à l'envers surTomorrow Never Knows, dont Hendrix reprendra le thème[117] en concert. Le titreAre You Experienced reprend ce procédé de façon plus poussée. Hendrix reprend à plusieurs reprisesSunshine of Your Love deCream (citant régulièrement le solo de Clapton) et s'est peut-être inspiré dufeedback tel que Jeff Beck l'utilisait au sein desYardbirds. Il utilise d'ailleurs le riff duRice Pudding du Jeff Beck Group pour conclure l'une de ses compositions (In From the Storm). Enfin, il n'est pas exclu que Jimi Hendrix ait été influencé par les prestations scéniques des Who, dontPete Townshend, le guitariste, utilisait des amplis Marshall avant lui.

Au cours des dernières années de sa vie, Hendrix s'intéresse de plus en plus aujazz, jouant avecRoland Kirk, enregistrant avecLarry Young[118],John McLaughlin etDave Holland[119], qui participèrent aux premiers enregistrements électriques deMiles Davis, avec lequel Hendrix commençait à entretenir certains rapports[45]. À la fin de sa vie, il avait prévu d'enregistrer avecGil Evans[31]. À l'écoute de sa version de l'hymne américain ou deMachine Gun, il est difficile de ne pas faire le lien avec lefree jazz et sa volonté de libérer l'improvisateur des contraintes harmoniques et rythmiques.

Héritage

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Œuvre

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Jimi Hendrix a publié de son vivant quatre albums (trois albums studio et un album en public) :Are You Experienced,Axis: Bold as Love,Electric Ladyland et leBand of Gypsys. Il laisse derrière lui des centaines d'heures d'enregistrements, de natures très diverses :compositions sur lesquelles il travaillait dans la perspective de publier son quatrième album studio, ébauches plus ou moins embryonnaires de compositions en devenir,démos personnelles enregistrées chez lui,jams en studio ou en concert, concerts enregistrés professionnellement ou par des amateurs.

La qualité de ces enregistrements, tant musicale que technique, est tout à fait variable. La discographie officielle de Jimi Hendrix est particulièrement complexe, et très inégale : certains albums ont été publiés en dépit de toute considération artistique[120]. Parmi les albums posthumes salués majoritairement par la critique et les amateurs on trouve :First Rays of the New Rising Sun (considéré comme le quatrième album studio officiel) en 1997 qui remplaceThe Cry of Love etRainbow Bridge - Original Motion Picture Sound Track tous deux parus 1971, et les albumsBlues (1994),Valleys of Neptune (2010),People, Hells and Angels (2013) etBoth Sides of the Sky (2018) pour les albums studio,Live at Monterey,Live at Woodstock etWinterland pour les albums en concert.

Popularisation de la guitare électrique

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La plaque dédiée à Hendrix sur la5e avenue àSeattle.

« Je me revois attendant anxieusement de voir Jimi jouer de près car, pour l'avoir vu en concert, je pensais qu'il devait avoir un truc mystérieux construit dans sa guitare afin d'obtenir tous ces incroyables sons. J'ai vite découvert qu'en fait, il n'utilisait qu'une vieille Strat et des amplis Marshall. Il avait quelques gadgets comme l'UniVibe, laFuzz Face et laCry Baby, mais tous ces articles étaient disponibles partout dans le commerce. La magie, à vrai dire, provenait uniquement de ses doigts. »

— Harvey Mandel, Hors-sérieGuitare et Claviers 1990.

Hendrix a révolutionné l'approche de la guitare électrique, notamment par son utilisation des pédales d'effet et des ressources de l'amplification. Au début de l'Experience, il combine la saturation des amplificateurs à lampes (en jouant à un haut volume sonore) avec la Fuzz Face, une pédale de saturation provoquant un fort écrêtage du son. Cela lui permettait de générer dufeedback (dû aularsen de ses amplificateurs) qu'il pouvait contrôler en temps réel grâce à son levier devibrato ou sa technique de main droite. Roger Mayer construira pour lui l'Octavia (une pédale de saturation jouant sur les fréquences en doublant à l'octave supérieure) qu'il utilisera dès l'enregistrement dePurple Haze, puis avec le Band of Gypsys. Hendrix est l'un des premiers à utiliser la pédalewah-wah (en 1967). Il est selon Larry Coryell« le premier à l'avoir abordée sérieusement et à y avoir passé des heures de pratique ». En concert, Hendrix n'utilisait toutefois qu'un nombre réduit d'effets, y compris en 1970 : une wah wah Vox, l'Octavia de Roger Mayer, la Fuzz Face Arbiter et l'Uni-Vibe. En studio, Hendrix élargira sa palette de timbres avec l'aide de son ingénieur du son habituel, le BritanniqueEddie Kramer, qui contribua à l'élaboration duphasing, mais aussi au fait de passer les bandes à l'envers.

Comme le dit le magazine américainRolling Stone :« Au-delà de ça, si Hendrix fascinait tant, c'est bien parce qu'il ne donnait jamais le sentiment d'interpréter, mais bel et bien de toujours incarner, de faire corps avec cette musique qui lui venait « d'on ne sait où » et qu'il avait tant de mal à traduire, même guitare en main, lui qui regrettait si souvent ne pas savoir lire la musique ». Ne déclarait-il pas en àRolling Stone :« La plupart du temps, je suis couché, c'est comme un rêve éveillé et j'entends toute cette musique. Et si je prends une guitare pour essayer de traduire tout ce que j'entends, ça fout tout en l'air. Je ne suis pas assez bon à la guitare pour rassembler toute cette musique… », Xavier Bonnet ajoute« Pas assez bon à la guitare ? Et le pire c'est qu'il devait en être persuadé »[121].

En 2003, il est élu meilleur guitariste de tous les temps par le magazineRolling Stone dans le classement des100 Meilleurs guitaristes de tous les temps[122].

Impact sur ses contemporains

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« Jimi m'a influencé, comme il a, je pense, influencé tous les guitaristes. Il était révolutionnaire. Et, tandis que nous expérimentions tous dans les années 1960 avec lefeedback et ces grands amplis, recherchant de nouvelles manières de jouer de la guitare électrique, avec la Stratocaster et le Marshall, Jimi a tout mis en place. Je veux dire, il a mis tout le monde sur sa voie. Il a eu l'effet le plus profond, et durable, parce que l'effet de Jimi Hendrix sur les guitaristes est toujours là aujourd'hui. »

— John McLaughlin[123]

« Je me souviens de lui jouant au Saville Theatre un dimanche soir, le 4 juin 1967. Le rideau s'est ouvert et Jimi a démarré son show par la chansonSgt. Pepper. Notre disque n'était sorti que le jeudi d'avant. Alors, c'était vraiment un beau compliment ! Je crois que ce fut l'un des plus grands honneurs que l'on m'ait fait dans toute ma carrière. »

— Paul McCartney[124],[125]

« Pourquoi Jimi Hendrix est-il toujours présent ? Il était si bon. Il ne faisait qu'un avec son instrument. Personne d'autre n'a amené la guitare électrique à ce niveau, et surtout depuis. Il était à des coudées au-dessus de tous. Il était complètement parti. Si aquatique, développant ces belles choses à partir dufeedback. Pour le dingue de guitare que je suis, il représentait le maximum. »

— Neil Young[126]

« Très peu de gens jouent vite et intensément. La plupart jouent vite et vide. Mais Coltrane jouait vite et profond, tout comme Charlie Parker, et tout comme Jimi. »

— Carlos Santana

« Je reviens toujours à la musique de Jimi et je ne finis pas d'y découvrir de nouvelles possibilités. Chaque fois que j'écoute ses disques, j'y trouve quelque chose de nouveau. C'est à ça qu'on reconnaît un grand compositeur. »

— Gil Evans[127]

« C'est le plus grand musicien que j'ai connu. »

— B. B. King[128]

« Toutes les fois que j'ai vu Jimi jouer, c'était la concrétisation de ce que j'aurais dû être et que je n'étais pas. »

— Mike Bloomfield[84]

« S'il ne reste qu'un nom dans toute l'histoire du rock'n'roll dans cent ans, ne cherchez pas, ce sera forcément Jimi Hendrix. »

— Pete Townshend[128]

« Ce que je trouvais stimulant chez lui, c'était son attitude intensément autocritique envers sa musique. Il avait un don énorme et une technique extraordinaire, comme quelqu'un qui passait ses journées entières à jouer et à s'entraîner, et pourtant il n'en semblait pas conscient. »

— Eric Clapton[32]

« La disparition de Jimi m'a bouleversé. Il était si jeune et avait un tel avenir. »

— Miles Davis[45]

« Hendrix est un des personnages les plus révolutionnaires de la culture pop, musicalement et sociologiquement parlant. Le public féminin trouve Hendrix beau (peut-être un peu effrayant), mais en tout cas sexy. Le public masculin pense qu'il est un guitariste et un chanteur phénoménal. Les types semblent aimer le fait que leurs petites amies soient sexuellement attirées par Hendrix. Très peu sont froissés par son charme ou l'envient. Ils renoncent ou alors ils se payent une Fender Stratocaster, une pédale wah wah et quatre amplis Marshall. »

— Frank Zappa[128]

Dans l'albumZoot Allures, Zappa joue sur la guitare que Jimi Hendrix a brûlée en 1967 sur la scène du London Astoria[129]. Après l'avoir récupérée comme souvenir, Zappa l'avait laissée plusieurs années dans le garage de ses parents avant de la faire restaurer. Le corps et le manche étaient brisés, les micros et le « pickguard » avaient fondu. Zappa la légua ensuite à son fils,Dweezil. Mise aux enchères, elle a été adjugée346 000 euros en 2008, ce qui en fait à l'époque la guitare la plus chère du monde[130].

Postérité du musicien

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Buste de Jimi Hendrix àKielce enPologne.

Le, soit dix jours avant la mort d'Hendrix[131],Eric Clapton enregistre avecDuane Allman une remarquable version deLittle Wing. Elle sera publiée trois mois plus tard surLayla and Other Assorted Love Songs, l'album studio deDerek and the Dominos.

Par la suite, Hendrix sera repris par de nombreux musiciens dans des styles musicaux très différents :

Il importe toutefois de ne pas se limiter aux seules reprises du guitariste. En effet, l'impact de Hendrix fut immédiat et facile à mesurer : il suffit d'écouter les albums publiés avant son arrivée à Londres pour comprendre son influence sur la guitare électrique. Les enregistrements pirates deCream montrent par exemple unEric Clapton s'essayant sans succès aux techniques développées par Hendrix[132].

Un concert hommage à Hendrix fut organisé dans les années 1990 avec les anciens membres de son groupe ainsi queSlash, jouantHey Joe de manière plus blues. En,Paul McCartney lui rend un hommage appuyé en interprétantPurple Haze (à Stockholm) etFoxy Lady (à Manchester). La France n'est pas en reste : du 14 au, le festivalJimi's Back se déroula à Paris avec en point d'orgue la soirée du 15 à l'Olympia où treize artistes rendirent hommage au guitariste. Parmi eux les regrettésNoel Redding etRandy California ainsi que côté français :Paul Personne,Louis Bertignac etAxel Bauer entre autres. Il est la principale influence de guitaristes commeTommy Bolin etRobin Trower, qui s'inspirera même de son style de composition[133]. Certains musiciens ont repris à leur compte les apports musicaux de Jimi Hendrix tout en produisant une musique très personnelle.Frank Zappa reprendra à son compte les techniques élaborées par Hendrix sans jamais perdre sa personnalité musicale.Enfin, son influence sur la première période électrique deMiles Davis est évidente sur certains de ses albums, où l'ombre du guitariste plane par moments :A Tribute to Jack Johnson, et plus encoreAgharta ouPangaea.[réf. nécessaire]

Il a aussi influencéJohn Frusciante[134] ainsi queLenny Kravitz[135].

Parmi lesroadies ayant travaillé pour Hendrix, l'on trouveLemmy Kilmister, futur chanteur et bassiste deMotörhead[136].

Thèmes et idées

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De nombreux thèmes traversent ses chansons, tels la liberté ou les filles. Certaines de ses idées aussi, qu'il a parfois pu expliciter lors d'interview.

Liberté et filles

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La liberté est un thème qui traverse la plupart des premiers textes qu'il signe (Stone Free,51st Anniversary,Highway Chile) :« Tous les jours de la semaine, je suis dans différentes villes. Si je reste trop longtemps, les gens essayent de me rabaisser. » (Stone Free).

On rencontre principalement deux types de femmes dans ses chansons. D'une part, les proies d'un prédateur sexuel (Foxy Lady,Little Miss Lover,Burning Desire) ;« Ouais je vais t'emmener chez moi, je ne te ferai pas de mal, non ! Tu dois être entièrement mienne, entièrement mienne. » (Foxy Lady), et d'autre part des femmes éthérées, pures et inaccessibles (May This Be Love,Little Wing,Angel,Drifting) :« À la dérive, sur une mer de larmes oubliées, sur un canot de sauvetage, voguant à la recherche de ton amour. » (Drifting). Concernant les rapports homme-femme par exemple ;« Tu ferais mieux de prouver à l'homme, que tu es aussi forte que lui, car au regard de Dieu, vous êtes tous deux ses enfants » (Message To Love) Jimi Hendrix était connu pour ses différentes aventures, et il ne s'en cachait pas :

« Mais pourquoi es-tu avec tellement de personnes ? Je réponds que je ne suis pas tout le temps en train de les toucher, souvent je ne fais que leur parler. Il y en a avec qui je parle, et d'autre, tu vois… je fais ce pour quoi elles sont là, ce qu'elles sont venues chercher[137]. »

Il ne fut cependant pas toujours tendre avec ses différentes relations.

« Comme la plupart des hommes, il appliquait "deux poids, deux mesures". "Quand nous avons commencé à vivre ensemble, j'étais très jeune et assez sauvage", se souvient Kathy [Etchingham] presque en s'excusant. Hendrix l'a enfermée dans la chambre à coucher pour la punir et a passé de nombreuses heures à lui expliquer patiemment comment elle devait se conduire, en tant que femme et compagne vivant avec la personne qu'elle aimait. […] Une nuit, au Bag O' Nails, une boîte de Londres, Kathy laissa Jimi à sa table pour aller à l'étage téléphoner à un ami. Après un moment plus long que ce que Jimi tolérait, il monta à l'étage et, supposant qu'elle parlait à un rival masculin (ce n'était pas le cas), il lui arracha le récepteur des mains et l'en frappa à la tête. Kathy hurlait lorsque, heureusement, Lennon et McCartney, qui passaient par là, séparèrent Jimi de son amie. Il est arrivé qu'Hendrix lui brise le nez en trois endroits différents en lui donnant un coup de pied bien ciblé[138]. »

— Gary Herman

Guerre du Viêt Nam

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Il est une figure majeure de l'opposition à laguerre du Viêt Nam, comme en témoignent certains de ses textes de façononirique :« Décidons de faire une ultime promenade au milieu du vacarme jusqu'à la mer, non pour y mourir, mais pour y renaître, loin des terres meurtries et déchirées. » (1983… (A Merman I Should Turn to Be)).

L’iconique morceauMachine Gun y est aussi dédié : « J’aimerais dédier celui-ci […] à tous les soldats qui se battent au Viêt Nam. » Hendrix y prend position contre les gouvernements qu’il tient pour responsables des morts :« Des hommes mauvais me font te tuer, des hommes mauvais te font me tuer, bien que seules quelques familles nous séparent. » Il s’oppose à la guerre même en s’adressant aux armes :« De la même façon dont tu [la mitraillette] m'as abattu, bébé, tu disparaîtras, la douleur en triple, et tu ne pourras t'en prendre qu'à toi-même. Hé, Mitrailleuse ! »

Usant de sa créativité et de sa maîtrise instrumentale, ilreproduit le son des lâchers de bombes deB-52 et des tirs automatiques defusils d’assaut à la guitare par desdistorsions, de la pédalewah-wah, desvibratos et des grattés étouffés. Il reproduit cette performance technique en 1969, aufestival de Woodstock, dans une reprise de l'hymne national des États-Unis,The Star-Spangled Banner[139].

Idées politiques

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  • L'avortement : Hendrix se prononce clairement pour la légalisation de l'avortement dans une interview à Beverly Hills en ;« Ils doivent légaliser l'avortement. Certaines filles se rendent vraiment malades en essayant d'avoir des bébés. Et où est-il écrit que les gens doivent… Que c'est un péché de « tuer un enfant » comme ils disent ? Un enfant n'est pas un enfant tant qu'il n'est pas sorti à l'air libre. » DansBelly Button Window, il chante les paroles suivantes :« Car si vous ne voulez que je vienne cette fois-ci, je serai heureux de rejoindre la terre des Esprits. »
  • Leracisme : Il revient sur les émeutes raciales du milieu des années 1960 dansHouse Burning Down :« Je me suis mis debout sur mon cheval, j'ai crié sérieux : Oh mec, pourquoi tu brûles la maison de ton frère ? »
  • La condition desAmérindiens : Hendrix, la jugeait misérable.« Je ne vis pas aujourd'hui [en cette époque], demain peut-être, je ne peux pas vraiment te dire, bébé. Mais, je ne vis pas aujourd'hui, c'est vraiment dommage de passer le temps ainsi. »(I Don't Live Today)
  • Leshippies : il s’en démarquait.« Si tous les hippies se coupaient les cheveux ça me serait égal »(If 6 Was 9).

Drogues et alcool

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Hendrix est un consommateur d'hallucinogènes notoire, notamment deLSD, comme beaucoup d'autres musiciens de renom et célébrités de l'époque. Cependant sa consommation d'hallucinogènes ne commença qu'après sa rencontre avec Linda Keith. Jusqu'alors il n'avait fait que fumer de lamarijuana et boire de l'alcool. Il était également consommateur d'amphétamines, notamment lors de ses tournées[réf. souhaitée].

Les initiales du titreThe Stars That Play With Laughing Sam's Dice ne font en effet guère de doute quant à leur origine (son acronyme étant « STP with LSD ») alors queSpanish Castle Magic fait référence au dessin imprimé sur les buvards d'acides[140]. Par la suite, il évoquera toutefois les dangers de la seringue surFreedom, un titre inspiré par sa petite amie Devon Wilson[141], et plus largement de la dépendance :« Ne te défonce pas trop, souviens-toi que tu es un homme »(Earth Blues).

Sa consommation n'était toutefois pas associée à un quelconque mysticisme, mais plutôt à un simple amusement :

« Plein de gens racontent qu'ils se comprennent mieux lorsqu'ils prennent du LSD. C'est des conneries […] Si je devais prendre du LSD, ce ne serait que pour mon amusement personnel, pour le fun ou parce que j'en ai envie[142]. »

Hendrix était en outre connu parmi les amis du groupe pour parfois se mettre en colère et devenir violent quand il buvait trop d'alcool, comme son père.

Regard vers le futur

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Hendrix ne semblait pas planifier sa vie ou sa carrière musicale.

« Ils pensent tous tellement à leur carrière et à leur avenir. Je m'en fous complètement, moi, de mon avenir ou de ma carrière. Je veux juste être sûr de pouvoir sortir ce que je veux[143]. »

On constate surtout son rapport au futur dans son usage artistique de lascience-fiction :

  • Humoristique :« Je suis en orbite autour de la troisième planète d'une étoile connue sous le nom de Soleil, terminé. Vous voulez dire que c'est la Terre ? Terminé. Affirmatif. Elle est connue pour héberger certaines formes d'espèces intelligentes, terminé »(Third Stone from the Sun) ;
  • Catastrophique :« J'ai vécu là avant… et c'est pour ça que je suis préoccupé, et je reviens pour trouver les étoiles déplacées, et cette odeur de monde carbonisé »(Up from the Skies).

Discographie

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Article détaillé :Discographie de Jimi Hendrix.

AvecThe Jimi Hendrix Experience / Band of Gypsys

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AnnéeAlbumMeilleure position dans lescharts
Drapeau de la FranceDrapeau du Royaume-UniDrapeau des États-Unis
1967Are You Experiencedno 35no 2no 5
1967Axis: Bold as Loveno 1no 5no 3
1968Electric Ladylandno 2no 6no 1
1970Band of Gypsysno 11no 6no 5

Avec Curtis Knight

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Discographie posthume

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Article détaillé :Discographie posthume de Jimi Hendrix.

Après la mort de Jimi Hendrix en 1970, son héritage discographique a d'abord été géré par le manager Michael Jeffery, jusqu'à sa mort en 1973, puis par le producteur Alan Douglas de 1974 à 1995, et finalement par la famille d'Hendrix, sous le nomExperience Hendrix LLC.

Participations antérieures au Jimi Hendrix Experience

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avecLittle Richard
avecCurtis Knight (Productions Ed Chalpin).
avec le saxophonisteLonnie Youngblood

Royal Albert Hall

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Filmographie

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Hommages

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L'Experience Music Project à Seattle.

L'astéroïde(4738) Jimihendrix a été nommé en son hommage.

Musée

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Statues

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  • The Electric Lady Studio Guitar
Il s'agit d'une sculpture en bronze grandeur nature de Jimi Hendrix deDaryl Smith, située à l'intersection de Broadway Avenue E et de Pine Street dans le quartier de Capitol Hill àSeattle, dans l'état deWashington auxÉtats-Unis. La statue représente Hendrix jouant unestratocaster.

Albums hommage

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AnnéeArtisteAlbumLabel
1974Gil Evans OrchestraPlays the music of Jimi HendrixRCA Records
1990Divers artistesIf 6 Was 9; A Tribute to Jimi HendrixImaginary Records
1992Randy HansenTribute to Jimi Hendrix; Classics LiveAnanaz Records
1992Paul GilbertTribute to Jimi HendrixMGI Records
1993Divers artistesStone Free: A Tribute to Jimi Hendrix (en)
Quatorze titres repris par différents artistes dontThe Cure,Eric Clapton,Spin Doctors,Buddy Guy etBody Count
Warner Bros
1994Divers artistesTribute to Jimi Hendrix; Return of the GypsyBlues Interactions
1995Divers artistesRevenge; A Tribute to Jimi HendrixGravity
1995Divers artistesIn From The StormBMG Entertainment
1995Dr Lonnie SmithPurple Haze: Tribute to Jimi HendrixMusic Masters
1996Dr Lonnie SmithFoxy Lady: Tribute to Jimi HendrixMusic Masters
1999Divers artistesSearching for Jimi HendrixThe Right Stuff
2000Divers artistesBlue Haze Songs of Jimi HendrixRuf Records
2002Nguyen LeCelebrating Jimi HendrixAct Music
2003Divers artistesHazy Dreams: (Not Just) A Jimi Hendrix TributePick Up Records
2004Divers artistesGypsy Blood; A Tribute to Jimi HendrixComet Records
2004Divers artistesPower of Soul: A Tribute to Jimi HendrixImage Entertainment
2004Divers artistesJimi Hendrix Tribute - The Spirit Lives On Vol. 1Lion Music
2004Divers artistesJimi Hendrix Tribute - The Spirit Lives On Vol. 2Lion Music
2008Divers artistesHey Jimi|Hey Jimi - Polskie gitary grają HendrixaAgora SA
2008Geri Allen, Mark & Scot BatsonThree pianos for Jimi
Sept compositions de Jimi Hendrix interprétées sur trois pianos.
2013Jimi Brown ExperienceProjet jazz autour de Jimi Hendrix etJames BrownImago records

Annexes

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Bibliographie

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Biographies

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Études et témoignages

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Bandes dessinées

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  • Mattia Colombara et Gianluca Maconi,Jimi Hendrix : Requiem Electrique, Graph Zeppelin, 2020(ISBN 978-2-490357-25-3)

Revues et magazines

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Liens externes

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Notes et références

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Notes

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  1. Selon l'auteur Charles R. Cross, le divorce des parents de Jimi Hendrix n'aurait pas mis fin à leur relation, mais les biographes ne s'accordent pas tous sur ce point. Concernant les frères et sœurs de Jimi, seul Cross est aussi affirmatif quant à la paternité de Joe (né en 1949), Kathy (née le 27 septembre 1950), Pamela (née le 27 octobre 1951). Pour lui, c'est bien Al, le père. Les deux sœurs furent rapidement adoptées. Le cas d'Alfred, né en 1952 (donc après le divorce) est plus compliqué encore…
  2. Gold et Goldstein ont filmé the Royal Albert Hall shows, mais ne l'ont jamais sorti officiellement[58].

Références

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  1. Prononciation enanglais américainretranscrite selon la normeAPI.
  2. (en) Dave,« Time Magazine Picks the 10 Best Electric Guitar Players (including Yngwie) », le 24 août 2009, sur fretbase.com.
  3. Interview deNoel Redding dans le documentaireHear my train a comin.
  4. Davis et Troupe 2007,p. 312, 339.
  5. LaurentCugny,Électrique: Miles Davis, 1968-1975, André Dimanche,, 169 p.(ISBN 2869160569),p. 90, 117.
  6. (en) Selena FragassiSelenaFragassi, « 10 Rock + Metal Guitarists Who Owe Almost Everything to Jimi Hendrix », surLoudwire,(consulté le).
  7. (en-US) RollingStone, « The 250 Greatest Guitarists of All Time », surRolling Stone,(consulté le).
  8. (en)James Allen "Al" Hendrix, Geni.com.
  9. (en)James Allen Hendrix (1919-2002), Ancestry.com.
  10. (en)Lucille Jeter (1925-1958), Ancestry.com.
  11. HarryShapiro et CaesarGlebbeek,Jimi Hendrix: Electric Gypsy, St. Martin's Press,, New and Improved éd. (1re éd. 1990)(ISBN 978-0-312-13062-6,lire en ligneInscription nécessaire)
  12. (en)The Blood of Entertainers: The Life and Times of Jimi Hendrix's Paternal Grandparents -Blackpast.org.
  13. Hendrix 1999,p. 32-37.
  14. Hendrix 1999.
  15. a etbCharles R.Cross,Jimi Hendrix, l'expérience des limites,Camion Blanc,, 512 p.(ISBN 2910196453).
  16. Interview de son père inA Film About Jimi Hendrix, 1973.
  17. Les possibilités restreintes qu'offrent l'acoustique le poussent à se tourner vers l'électrique. Son père finit par céder et lui offre finalement sa première guitare électrique, une Supro Orzak, mais n'a pas assez d'argent pour lui payer un ampli. —Shapiro et Glebbeek 1995.
  18. a etb(en) DavidMoskowitz,The Words and Music of Jimi Hendrix, ABC-CLIO,, 207 p.(ISBN 978-0-3133-7592-7,lire en ligne),p. 3-4.
  19. ab etcShapiro et Glebbeek 1995.
  20. (en) Ed Vulliamy,Jimi Hendrix: 'You never told me he was that good',The Guardian, 8 août 2010.
  21. Comolli, Clergeat et Carles 2011,p. 582.
  22. Interview de Billy Cox (Guitar Part 2010).
  23. (en)Jimi Hendrix interview,London Evening Standard, juillet 1967.
  24. (en)Hendrix 'quit army with gay lie',BBC News, 30 juillet 2005.
  25. (en)Timeline,EarlyHendrix.com.
  26. (en)« A primordial Jimi Hendrix played in the Kings of Rhythm for a time »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), site officiel d'Ike Turner.
  27. Interview de Little Richard InA Film About Jimi Hendrix (1973).
  28. (en)Hendrix: Setting The Record Straight de John McDermott avec Eddie Kramer revient dans le détail sur ces problèmes contractuels et leurs conséquences.
  29. Interview de Mike Bloomfield inHors Série Guitare & Claviers 1990.
  30. Dans le filmJimi Hendrix de Joe Boyd et John Head, Linda Keith, petite amie de Keith Richards à cette époque, raconte qu'elle appelle son ami Chas Chandler, producteur et bassiste des Animals, dès qu'elle voit Jimi Hendrix sur scène ; ce film est aussi connu pour contenir la seule performance de Jimi Hendrix sur uneguitare acoustique (excepté le bootlegCheerokee Mist).
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Pirates officiels
Singles
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Chansons jouées à Woodstock
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15 août 1969
16 août 1969
17 août 1969
18 août 1969
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