Décrite comme une « princesse frivole et pleine d'entrain », elle affiche également, dès son plus jeune âge, un caractère à la fois têtu et inflexible[9].
Le 13 juin 1541, alors que Jeanne a 12 ans, François Ier, pour des raisons politiques, la contraint à épouserGuillaume de Clèves[10], le frère d'Anne de Clèves, la quatrième épouse d'Henri VIII d'Angleterre. Bien qu'élevée dans l'obéissance et n'ayant que douze ans[11], elle proteste et tient tête au roi jusqu'au jour de la cérémonie. La noce a lieu le dans leHaut-Poitou, àChâtellerault[12]. Elle doit être littéralement portée à l'autel par leConnétable de France,Anne de Montmorency[9]. Une description de l'apparence de Jeanne à son mariage révèle qu'elle est somptueusement vêtue, portant une couronne d'or, une jupe d'argent et d'or incrustée de pierres précieuses et un manteau de satin cramoisi richement garni d'hermine[13]. Avant son mariage, Jeanne signe deux documents qu'elle fait signer aux officiers de sa maison, déclarant : « Moi, Jeanne de Navarre, persistant dans les protestations que j'ai déjà faites, j'affirme et proteste de nouveau par les présents, que le mariage que l'on veut contracter entre le duc de Clèves et moi est contre ma volonté, que je n'y ai jamais consenti et que je n'y consentirai pas. . . » Les fêtes qui se tiennent à cette occasion, en juin et, sont restées « légendaires »[14]. Jeanne accumule les preuves que ce mariage lui a été imposé par la contrainte et repousse sans cesse saconsommation. Lorsque le duc de Clèves signe letraité de Venlo qui met fin à son alliance avec le roi François Ier, ce dernier laisse carte blanche à la jeune fille pour faire valoir ses arguments permettant d'obtenir l'annulation du mariage par unbref du papePaul III le[15]. Elle reste à la cour royale.
En 1551, à la naissance d’Alexandre de Valois, futurHenriIII, elle est choisie pour en être la marraine[17].
Antoine est un coureur de jupons notoire[9]. En 1554, il a un fils illégitime, Charles, parLouise de La Béraudière du Rouhet, une beauté de cour connue comme « La belle Rouet »[18].
Le couple a cinq enfants, dont deux seulement, Henri, roi de France (1589 à 1610) et roi de Navarre (1572 à 1610), etCatherine de Bourbon (1559-1604), atteignent l'âge adulte.
Le, Jeanne succède à son père sur le trône de Navarre qu'elle gouverne conjointement avec son mari. Lors de l'accession au trône, elle hérite d'un conflit sur leRoyaume de Navarre et d'une emprise territoriale indépendante sur laBasse-Navarre, laSoule, et la principauté deBéarn, ainsi que d'autres dépendances sous lasuzeraineté de la Couronne de France.
Jeanne et Antoine sont couronnés lors d'une cérémonie commune selon les rites de l'Église catholique romaine le 18 août 1555 àPau. Le mois précédent, une pièce du couronnement commémorant le nouveau règne a été frappée. Elle est inscrite enlatin avec les mots suivants :Antonius et Johanna Dei gratia reges Navarrae Domini Bearni (« Antoine et Jeanne, par la grâce de Dieu, monarques de Navarre et seigneurs de Béarn »)[19]. Les fréquentes absences d'Antoine laissent Jeanne enBéarn, régnant seule et en pleine charge d'une maison qu'elle dirige d'une main ferme et résolue.
Dans le domaine des affaires extérieures, elle cherche en vain à obtenir la restitution de laHaute-Navarre, que les Espagnols ont annexée en 1512, en envoyant son onclePierre d'Albret en ambassade auprès de la cour pontificale. Une alliance contre l'Espagne est même formalisée par la Navarre en 1559 avec le sultan du MarocAbdallah el-Ghalib[20].
Jeanne a été influencée par sa mère, décédée en 1549, qui avait des penchants pour laréforme, la penséehumaniste et la liberté individuelle[21], mais rechignait encore à l'idée de rompre avec l’Église catholique à laquelle elle restait attachée. Cet héritage a une influence sur sa décision de se convertir aucalvinisme. Au cours de la première année de son règne, la reine Jeanne III convoque une conférence des ministres protestantshuguenots assiégés. Elle se convertit probablement sous l'influence deThéodore de Bèze arrivé à sa cour, àNérac, en[22]. Elle déclare ensuite le calvinisme religion officielle de son royaume après avoir publiquement adopté les enseignements deJean Calvin le jour de Noël 1560[23]. Cette conversion fait d'elle la protestante au rang le plus élevé de France. Elle est désignée comme ennemie de laContre-Réforme montée par l'Église catholique[24]. Par l’ordonnance du, elle autorise lecalvinisme dans son royaume[25].
Elle s'oppose fortement àPierre d'Albret, devenuévêque de Comminges, qui garde l'appui du papePie IV et dePhilippe II qui souhaitent garder la Navarre catholique. Elle entame après la mort d'Antoine, en 1562, une série de mesures visant à implanter la Réforme enBéarn. Parmi elles, on compte la publication ducatéchisme deCalvin enbéarnais (1563), la fondation d'uneacadémie protestante àOrthez (1566), la rédaction de nouvelles Ordonnances ecclésiastiques (1566, 1571), la traduction enbasque duNouveau Testament parJean de Liçarrague (1571), la traduction enbéarnais duPsautier deClément Marot parArnaud de Salette (1568) et la fondation de l'Académie de La Rochelle à la tête de laquelle elle nomme le NavarraisPierre de Morentin (1571). En 1567,Jean de Lacvivier devient un de ses plus proches conseillers. À la suite de l'imposition du calvinisme dans son royaume, une farouche opposition catholique se manifeste qui aboutit à ce que les prêtres et les religieuses soient bannis, les églises catholiques détruites et le rituel catholique interdit (1570)[28].
En plus de ses réformes religieuses, Jeanne travaille à la réorganisation de son royaume, réformant durablement les systèmes économiques et judiciaires de ses domaines[29].
Elle est décrite comme « de petite taille, frêle mais droite », son visage est étroit, ses yeux clairs, froids et immobiles, et ses lèvres fines. Elle est très intelligente, mais austère etpharisaïque (de piété ostentatoire). Son discours est fortement sarcastique et véhément.Théodore Agrippa d'Aubigné, le chroniqueur huguenot, décrit Jeanne comme ayant « un esprit assez puissant pour diriger les plus hautes affaires »[28].
La lutte de pouvoir entre catholiques et huguenots pour le contrôle de la cour de France et de la France dans son ensemble conduit au déclenchement desguerres de religion en 1562. Jeanne et Antoine sont à la cour, lorsque ce dernier prend la décision de soutenir la faction catholique, dirigée par lamaison de Guise. En conséquence, il menace de répudier Jeanne lorsqu'elle refuse d'assister à la messe. Catherine de Médicis, dans une tentative d'orienter une voie médiane entre les deux factions belligérantes, supplie également Jeanne d'obéir à son mari pour le bien de la paix, mais en vain. Jeanne tient bon, refuse fermement d'abandonner la religion calviniste et continue à faire célébrer des offices protestants dans ses appartements[11].
Lorsque de nombreux autres nobles rejoignent également le camp catholique, Jeanne n'a d'autre choix que de soutenir la faction catholique. Craignant la colère de son mari et de Catherine, elle quitte Paris en mars 1562 et se dirige vers le sud pour se réfugier dans le Béarn.
Lorsqu'elle s'arrête pour un bref séjour au château ancestral de son mari àVendôme le 14 mai pour interrompre son long voyage de retour, elle ne réussit pas à empêcher une force huguenote de 400 hommes d'envahir la ville. La troupe maraude dans les rues de Vendôme, pille et saccage toutes les églises, maltraite les habitants, pille lacollégiale Saint-Georges duchâteau ducal qui abrite les tombeaux des ancêtres d'Antoine. Son mari adopte une position belliqueuse à son égard. Il donne l'ordre àBlaise de Lasseran-Massencôme, seigneur de Montluc de la faire arrêter et de la ramener à Paris pour être ensuite envoyée dans un couvent catholique[30]. Elle reprend son voyage après avoir quitté Vendôme et réussit à échapper à ses ravisseurs, passant en toute sécurité la frontière du Béarn avant de pouvoir être interceptée par le seigneur de Montluc et ses troupes.
À la fin de l'année 1562, Antoine est mortellement blessé ausiège de Rouen et meurt avant que Jeanne n'obtienne l'autorisation nécessaire pour franchir les lignes ennemies, afin d'être à son chevet et le soigner. La maîtresse d’Antoine a été convoquée sur son lit de mort. Jeanne règne désormais sur la Navarre comme seule reine régnante, son sexe n'étant pas un obstacle à sa souveraineté. Son fils Henri devient par la suite « premier prince du sang ». Jeanne l'amène souvent à travers ses domaines pour superviser les affaires administratives[31]. Elle refuse une offre de mariage émise parPhilippe II d'Espagne qui espère la marier à son fils, à la condition qu'elle revienne à la foi catholique.
La position de Jeanne dans les conflits reste relativement neutre au début, étant principalement préoccupée par les défenses militaires, étant donné la situation géographique de la Navarre à côté de l'Espagne catholique. Des envoyés papaux viennent pour l'amadouer ou la contraindre à retourner au catholicisme et à abolir l'hérésie dans son royaume. Sa réponse est de répliquer que « l'autorité du légat du pape n'est pas reconnue en Béarn ». À un moment donné, un complot est mené par le papePie IV pour la faire kidnapper et remettre à l'Inquisition espagnole, où elle serait emprisonnée àMadrid, et les dirigeants de France et d'Espagne invités à annexer la Navarre à leurs couronnes. Jeanne est convoquée à Rome pour y être interrogée pour hérésie sous la triple peine d'excommunication, de confiscation de ses biens et d'une déclaration selon laquelle son royaume est à la disposition de tout souverain qui souhaitait l'envahir[32].
En 1566, le roi d'Espagne obtient cependant du nouveau papePie V que le territoire dudiocèse de Bayonne soit réduit au profit decelui de Pampelune, afin de faire coïncider les frontières religieuses avec les frontières politiques résultant de la récenteconquête de la Navarre.
Lorsque la troisième guerre de religion éclate en 1568, Jeanne décide de soutenir activement la cause huguenote. Sentant que leur vie est en danger à l'approche des troupes catholiques françaises et espagnoles, elle se réfugie avec son fils Henri, âgé de quinze ans, dans le fief protestant deLa Rochelle, et y arrive le[33].
Elle y prend la tête du mouvement protestant qu'elle administre dans tous les domaines à l'exception des affaires militaires. Elle assure la communication avec les princes étrangers alliés (Louis de Nassau,Wolfgang de Bavière...), dont elle tente de conserver le soutien, surtout après la mort deCondé en mars 1569. Elle écrit des manifestes et envoie des lettres à des dirigeants étrangers sympathisants, demandant leur aide. Elle imagine la province deGuyenne comme une « patrie protestante » et joue un rôle de premier plan dans les actions militaires de 1569 à 1570 dans le but de voir son rêve se réaliser.
Unique portrait en pied conservé de Jeanne d'Albret, représentée ici après la mort de son épouxAntoine de Bourbon.
Pendant son séjour à La Rochelle, elle assume le contrôle des fortifications, des finances, la collecte de renseignements et le maintien de la discipline parmi la population civile. Elle utilise ses propres bijoux comme garantie d'un prêt obtenu d'Élisabeth Ire reine d'angleterre de20 000 livres et supervise le bien-être des nombreux réfugiés qui ont cherché refuge à La Rochelle. Elle accompagne souvent l'amiralGaspard II de Coligny sur le champ de bataille où les combats sont les plus intenses ; ensemble, ils inspectent les défenses et rallient les forces huguenotes[34]. Elle établit un séminaire religieux à La Rochelle, attirant dans ses murs les hommes huguenots les plus savants de France[35].
Portrait de Catherine de Médicis, attribué àFrançois Clouet.
Contrairement aux prévisions, le parti huguenot tient bon. Une attaque des catholiques contre le Béarn est déjouée (bataille d'Orthez en août 1569) et même après la défaite deMoncontour en octobre, Jeanne refuse de se rendre. Mais au début de 1570, elle doit s'incliner devant la volonté de négocier de ses coreligionnaires. Elle quitte La Rochelle en, pour revenir sur ses terres.
Jeanne est le principal artisan de la négociation de lapaix de Saint-Germain-en-Laye qui met fin à cette troisième guerre en août 1570 après que l'armée catholique eut manqué d'argent. Une fois la paix de Saint-Germain signée, elle proteste à cause de sa mauvaise application.
Cette même année, dans le cadre des conditions énoncées dans le traité de paix, un mariage de complaisance, que Jeanne accepte à contrecœur, est arrangé entre son fils et la sœur du roi Charles IX,Marguerite de France (1553-1615), la troisième fille de Catherine de Médicis, en échange du droit des huguenots d'occuper des fonctions publiques en France, privilège qui leur était refusé auparavant. Jeanne, malgré sa méfiance à l'égard de Catherine de Médicis, accepte l'invitation de cette dernière à un rendez-vous personnel pour négocier le règlement du mariage. Elle doit cependant accepter une condition : Marguerite ne se convertira pas à la religion protestante.
Emmenant sa fille Catherine, Jeanne se rend àChenonceaux le où se rencontrent les deux puissantes femmes des factions opposées. Jeanne trouve l'atmosphère de Chenonceaux corrompue et vicieuse, et écrit des lettres à son fils l'informant de la promiscuité des jeunes femmes à la cour de Catherine, dont le comportement effronté et dévergondé avec les courtisans scandalise sa nature puritaine. Dans une de ses lettres à Henri, elle lance l'avertissement suivant : « Pour rien au monde je ne voudrais que vous veniez vivre ici. Même si je savais que c'était mauvais, je trouve cela encore pire que je ne le craignais. Ici, ce sont les femmes qui font des avances aux hommes, et non l'inverse. Si vous étiez ici, vous ne vous échapperiez jamais sans une intervention spéciale de Dieu ». Jeanne se plaint également auprès de son fils que la reine mère la maltraite et se moque d'elle alors qu'elles négocient les conditions du règlement, écrivant le 8 mars, « elle me traite si honteusement que vous pourriez dire que la patience que je parviens à maintenir dépasse celle deGriselda elle-même »[38].
Jeanne d'Albret, accompagnée de son fils Henri de Navarre et de Marguerite de Valois, vient acheter chez René, parfumeur de Catherine de Médicis, les gants qui l'ont empoisonnée, peinture d'histoire dePierre-Charles Comte,Salon de 1852.
Les deux femmes parviennent à un accord ; Jeanne prend congé de Catherine de Médicis à la suite de la signature du contrat de mariage entre Henri et Marguerite le 11 avril. Le mariage doit avoir lieu le. Jeanne arrive à Paris le 16 mai et s'installe à l’hôtel Guillard, mis à sa disposition par le prince de Condé, pour les préparatifs du mariage. Elle fait des courses quotidiennes pour se préparer.Anne d'Este décrit Jeanne durant cette période dans une lettre qu'elle écrit à une amie : « La reine de Navarre est ici, pas en très bonne santé mais très courageuse. Elle porte plus de perles que jamais »[39].
Le, deux mois avant la date prévue du mariage, Jeanne rentre chez elle après une de ses sorties, se sentant malade. Le lendemain matin, elle se réveille avec de la fièvre et se plaint d'une douleur dans le côté supérieur droit du corps. Cinq jours plus tard, elle décède[39].
Son décès soudain, affaiblissant opportunément le parti huguenot peu de temps avant lemassacre de la Saint-Barthélemy, suscitera a posteriori des rumeurs infondées d'empoisonnement. Le premierpamphlet à formuler cette accusation date de 1574[40]. Dans sonHistoire universelle, Agrippa d'Aubigné accuseRené Bianchi, le parfumeurflorentin de Catherine de Médicis, d'avoir procuré desgants parfumés, habilement empoisonnés, à la reine de Navarre[41]. Dans son romanLa Reine Margot (1845),Alexandre Dumas reprend cette accusation[42]. Repris parDiderot[43], mais pas parVoltaire[44], ces soupçons seront maintenus sans preuves auXIXe siècle par lesfrères Haag, historiens du protestantisme[45]. On les retrouve dans la pièce de théâtre deChristopher Marlowe,Massacre à Paris, et dans le roman de 1907L'Épopée d'Amour deMichel Zévaco (dans la sérieLes Pardaillan). Aujourd'hui, ces accusations sont reléguées au domaine romanesque, plus aucun historien contemporain ne les reprenant à son compte[46]. Une autopsie a prouvé que Jeanne est décédée de causes naturelles[47].
Dame de Baugé, deNérac, deCraon, de La Chapelle des Aix-d'Angilon, d'Argent, de Clermont, de Villezon, d'Espineuil, de Montrond, de Bruyères, deDun-le-Roi, de Saint-Gondom, de Corberin, deChalucet, de Prahec, de Lussac et de Chisay.
Henri (Coucy, - La Flèche,),duc de Beaumont : il serait mort asphyxié parce que sa gouvernante l'aurait maintenu trop serré dans ses langes dans une pièce surchauffée[51] ;
Louis-Charles de Bourbon (Gaillon, -Mont-de-Marsan,), comte deMarle : il fut victime d'un jeu entre sa nourrice et un gentilhomme qui s'amusèrent à se passer l'enfant de l'un à l'autre à la fenêtre, jusqu'à ce que le malheureux leur échappe et tombe du premier étage ; la nourrice essaya de cacher l'accident et l'enfant en mourut[52] ;
↑Chronique du roy François Ier, éd. par G. Guiffray, Paris, 1860, p. 364 et suivantes ;Histoire de Châtellerault,Alfred Hérault, A. Videau imp., 1927,p. 141.
↑Alexandre Petitot et Louis-Jean-Nicolas Monmerqué,Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France : ... [sér. 1]t. 1-52, 1819-26; [sér. 2],, 410 p.(lire en ligne),p. 231.
Bernard Berdou d'Aas,Jeanne d'Albret, reine de Navarre et vicomtesse de Béarn : Lettres ; suivies d'une Ample déclaration, Biarritz, Atlantica,, 235 p.(ISBN978-2-7588-0023-1,présentation en ligne).
Nicole Cazauran en collaboration avec l'équipe du Centre V.L. Saulnier,Discours Merveilleux de la vie, actions et deportements de Catherine de Medicis, Royne-mere, Genève, Librairie Droz,.
Jane Couchman, « « Quant à ce beau discours du mespris du monde ...» : Foi calviniste et plaisirs mondains chez quatre grandes dames de la Réforme en France »,Renaissance and Reformation,vol. 38,no 3,,p. 141‑159.(lire en ligne)