Pour les articles homonymes, voirLesueur,Daniel Lesueur (homonymie) etLoiseau.
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| Sépulture | Cimetière du Montparnasse(jusqu'en), ossuaire du Père-Lachaise(d)(depuis) |
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Jeanne Loiseau, née le auxBatignolles-Monceau[1] et morte le dans le8e arrondissement de Paris[2], est unefemme de lettresfrançaise, connue sous lenom de plume deDaniel Lesueur ; elle signe indifféremment Daniel Lesueur (plutôt avant son mariage) ouDaniel-Lesueur avec un trait d'union entre Daniel et Lesueur (vers la fin de sa vie).
Elle se fait connaître dans de nombreux genres littéraires : poésies, romans à thèses, contes et nouvelles, traduction en français des poèmes d'auteurs anglo-saxons (elle est totalement bilingue), critique littéraire àL'Indépendance belge, auTemps, auFigaro et sera journaliste au journal féministe fondé parMarguerite Durand,La Fronde (1897-1903), ainsi qu'au magazineFemina (1910-1912), et àLa Renaissance politique, littéraire et artistique (1913-1920). Elle donne en outre plusieurs conférences, notamment dans le cadre de l'Université des Annales d'Adolphe Brisson et en préside d'autres.
Elle s'essaye à trois reprises au théâtre (1894, 1897 et 1905) où elle fait jouer des drames, les deux premiers étant d'inspiration féministe.
Elle est aussi fondatrice et administratrice d'œuvres philanthropiques d'importance et se distingue par une énergie extraordinaire au service de ses concitoyens et des réfugiés, tant français que belges des zones envahies par l'ennemi, pendant laPremière Guerre mondiale. Vice-présidente de la Société des Gens de Lettres, elle est donc fondatrice et présidente effective du Denier des veuves de la SGDL (1913-1921) et présidente-fondatrice de l'Aide aux Femmes de Combattants (1914-1919).
Elle fut également membre du juryFemina-Vie Heureuse dès sa création (1904-1921).
AliceJeanne Victoire Loiseau est née le dans la commune desBatignolles-Monceau. Elle est baptisée dans lareligion protestante en l'église réformée de Paris Batignolles le. Son père Philibert Alfred Loiseau, alors négociant àMeaux, est d'origine bourguignonne. Il est né le àCouches (Saône-et-Loire), d'une famille devignerons. Sa mère Marie Henriette Lesueur, protestante, née en 1820 àLondres, est la nièce de l'homme politique irlandaisDaniel O'Connell, dit le « Libérateur des catholiques ».Alfred Loiseau est uningénieur, inventeur, qui dépose de nombreuxbrevets. Il s'installe d'abord àLyon puis émigre aux États-Unis en 1848[3]. Il s'y marie le avec Henriette Lesueur dans la ville deSackets Harbor (État de New-York) sur les bords dulac Ontario. Revenu en France, àMeaux puis àÉtampes, le couple a cinq enfants, un fils aîné, Alfred Louis Henri, né en 1851 et décédé àFrœschwiller (Bas-Rhin) en, puis deux filles décédées en bas âge, puis Jeanne. Un frère cadet, Henry Loiseau né en 1857, plutôt discret, participe à plusieurs actions de sa sœur et de son beau-frère.
Alfred Loiseau disparaît au début des années 1870. Unacte de notoriété dejustice de paix du9e arrondissement de Paris daté du le déclarera plus tard « absent sans nouvelle ». Restée seule, son épouse n'a plus les moyens de continuer à élever ses enfants de la même façon. Jeanne est alors envoyée àLondres comme jeune fille au pair chez des amis de sa mère peu après laguerre de 1870. Vers 1875, à son retour en France, elle donne des cours particuliers pour gagner sa vie et devient lectrice chez un académicien,Auguste Cuvillier-Fleury ; dès qu'elle le peut, elle se met à écrire des pièces en vers et en prose.
En plus d'un grand talent, elle est une travailleuse acharnée et sait cultiver les amitiés littéraires (Leconte de Lisle,Sully Prudhomme,François Coppée,José-Maria de Heredia,Henry Roujon,Victorien Sardou, etc. ; mais aussiJuliette Adam,Séverine,Marguerite Durand,comtesse Anna de Noailles,duchesse de Rohan,baronne de Baye etc.) ; son amitié est fidèle ; elle est aussi une vraie battante et le restera toute sa vie.
Sa renommée littéraire est vite reconnue par l'Académie française qui lui décerne plusieurs prix dans des genres littéraires différents :prix Montyon 1883,prix de poésie 1885,prix Archon-Despérouses 1890,prix Langlois 1893,prix de Jouy 1899 etprix Vitet 1905 pour l'ensemble de son œuvre.
Les deux premiers recueils parus (le roman chez Calmann-Levy, et le recueil de poésies chezAlphonse Lemerre) sont donc couronnés la même année : 1883 ; lors de la remise du prix Montyon,Camille Doucet, secrétaire perpétuel, avait indiqué les raisons du choix de l'Académie concernant Jeanne Loiseau[4]:
« Sous ces titresLe Mariage de Gabrielle etFleurs d'avril, Mlle Jeanne Loiseau nous avait présenté deux volumes, l'un en vers, l'autre en prose, et tous deux ont fixé l'attention bienveillante de l'Académie. Les vers recommandent la prose ; la prose recommande les vers, et l'auteur de ce double travail se recommande aussi personnellement par un grand courage, une rare intelligence et un vrai talent à son aurore. À vingt ans, elle a déjà souffert ; aussi compare-t-elle tristement ses vers auxFleurs d'avril qui osent naître dans la pluie et les frissons :<poem>:Mes vers n'ont pas d'autre grâce.
- Avril capricieux passe,
- Il faut en cueillir les fleurs.
- Mon printemps d'azur et d'ombre,
- Dans ce livre, miroir sombre.
- Met son sourire et ses pleurs »
Le choix de son pseudonyme, imposé par l'éditeur de ses deux seuls premiers romans,Calmann-Lévy, lui vient de son grand-oncle maternelDaniel O'Connell et du nom de jeune fille de sa mère Marie Henriette Lesueur[5]. Elle a reconnu que le choix avait été fait dans la précipitation et qu'elle ne l'aimait pas ; toutefois, elle n'en changea pas (ou si peu), disant en 1912 :« Aujourd'hui j'ajoute un trait d'union, pour décourager les gens de m'appeler « Mme Lesueur », ce qui est laid et inexact. Car je suis Mme Lapauze, et en littérature Daniel-Lesueur, mais jamais Mme Lesueur[6] ».
Le grand éditeur des œuvres de Daniel Lesueur estAlphonse Lemerre, l'éditeur des Parnassiens de 1882 à 1908, Calmann-Lévy n'ayant édité que les 2 premiers romans ;Plon,Plon-Nourrit etPierre Lafitte, seront ses éditeurs après 1908.
Son admission comme sociétaire de la SGDL ne fut pas acquise aussi aisément que cela aurait dû être : contre toute attente (ayant à son actif publié une bonne dizaine de romans, 2 recueils de poésies et de nombreux articles publiés dans plusieurs journaux, et malgré 3 prix décernés par l'Académie française, le parrainage deFrançois Coppée et deCamille Flammarion), et le rapport très favorable du rapporteur, HenriGourdon de Genouillac, son admission à la Société des Gens de Lettres le lui est refusée parce qu'elle est une femme. Ce refus fut l'occasion d'un tollé général de toute la presse de toute tendance politique (). Elle se doit de renouveler sa candidature l'année suivante sous le parrainage deFrançois Coppée et d'André Theuriet et sera acceptée.
Elle participe à l'aventure deLa Fronde, journal féministe deMarguerite Durand, dès (un roman inédit y sera publié en feuilletons) ; jusqu'à la disparition du journal en 1903, elle publie une chronique régulière très appréciée, 2 ou 3 fois par mois, tout en poursuivant l'écriture de nouveaux romans.
Elle est la seule femme à intervenir à la tribune de séances plénières du Congrès International du commerce et de l'industrie, lors de l'Exposition universelle de 1900, présentant un rapport sur « l'évolution féminine » et défendant les idées pratiques présentées et largement repris dans les vœux votés en Assemblée générale (). Ce rapport est développé et édité en 1905 sous le titre :L’Évolution féminine, ses résultats économiques. Elle avait préalablement présenté dès les principales conclusions auprès de ses consœurs journalistes et des lectrices deLa Fronde (). Elle y réclame l'égalité des salaires entre les sexes, ainsi qu'un revenu pour les filles-mères, les veuves, les femmes seules et les divorcées, et prône une réforme du mariage.
Le,Georges Leygues crée un précédent en décorant de laLégion d'honneur une femme de lettres ; elle est nommée chevalier avec le parrainage deSully Prudhomme[7] ; puis promue officier en[7] à l'occasion du75e anniversaire de la SGDL, sous le parrainage du président de la Société,Georges Lecomte. Elle est la cinquième femme depuis la création de l'Ordre en 1804 à être promue officier.
Le[7] elle épouseHenry Lapauze, critique d'art réputé, conservateur-adjoint, puis conservateur duPetit Palais[8],[N 1]. Il crée en la revue bimensuelleLa Renaissance politique, littéraire et artistique, et ajoute deux suppléments :La Renaissance du tourisme (en 1916) etLa Renaissance de l'art et des industries de luxe en 1918, et fonde un prix littéraire en 1921 : leprix de La Renaissance (décerné jusqu'en 1939) d'une valeur annuelle de 6 000 francs, dont les présidents du jury sontLéon Bérard (prix 1922) puis MmeColette, etc.
Daniel Lesueur écrit également pour le théâtre trois pièces féministes, qui connaissent un succès d'estime :
Elle plaide pour la création d’une Académie littéraire des femmes[11] et dénonce les inégalités qui touchaient les membres de son genre : elle fait partie du jury du prix deLa Vie heureuse, ancêtre duprix Femina, dès sa création en 1904 ; elle en est d'ailleurs la présidente en 1906, lorsqueColette Yver est couronnée pourPrincesses de science..
Elle est aussi présidente du prix Sully Prudhomme en 1907, coprésidente du prix des Annales (avec André Theuriet) et membre de plusieurs autres jurys littéraires.
Elle postule au Comité de laSociété des gens de lettres. Après avoir échoué en 1900 (plusieurs candidatures féminines ayant contribué à disperser les voix et à empêcher toute élection d'une femme), elle attend pour se représenter et est élue au Comité de laSGDL : ce fut le retour d'une femme après le passage deGeorge Sand, après 50 ans d'absence de toute femme au Comité de la SGDL, mais contrairement à son aînée, Daniel-Lesueur participe à toutes les réunions du Comité. Elle ne se contente pas d'assister au Comité : elle est l'une des 3 secrétaires du bureau dès la première année (1907-1908) sous la présidence deVictor Margueritte, puis est élue dès l'année suivante vice-présidente et le reste pendant 3 ans (1908-1909, 1909-1910 et 1913-1914), sous la présidence deGeorges Lecomte. C'est le maximum possible. Son rôle effectif et efficace permit à d'autres femmes de lettres d'accéder par la suite au Comité et au bureau de la SGDL :Jean Dornis,Lya Berger,Jeanne Landre (seconde femme vice-présidente de la SGDL en et à nouveau en),Camille Marbo (première femme présidente de la SGDL de à), etc.
Elle est la fondatrice d'une œuvre d'assistance aux veuves d'écrivains dénuées de ressources, le « Denier des Veuves de la Société des Gens de lettres »[7] en 1913, et en est la présidente effective jusqu'à sa mort,MmeRaymond Poincaré étant présidente d'honneur (1913-1931). Elle est aidée par legénéral Malleterre qui lui prête un soutien éclairé et fidèle. À la mort de Daniel Lesueur, c'est une autre femme de lettres,Jean Dornis, qui lui succède jusqu'en 1928.
Quand éclate la guerre, elle arrête d'écrire des romans, et prend la plume uniquement pour défendre la mémoire des soldats, se révolter contre l'occupant et remonter le moral des Françaises et des Français :L'âme de la France. Elle le fait en prose ou en vers, et plusieurs poèmes à la gloire des combattants (notamment :Aux artilleurs de la5e Batterie…,Aux sauveurs de Paris,À Gallieni, etc), ou à l'occasion d'hommages particuliers (À Sa Majesté la Reine Elisabeth de Belgique paru dansLes Sonnets de Guerre publiés en 1916 au profit des soldats mutilés,Aux États-Unis d'Amérique,O Livre !, ces 2 derniers étant lus par des sociétaires de la Comédie Française) sont dits à la Sorbonne.
Elle fonde une seconde œuvre philanthropique d'importance :l'Aide aux Femmes de Combattants (dès le), dont elle est présidente pendant toute la guerre ; cette œuvre distribue 1 million de francs de nourriture et des milliers de soupes, des dizaines de milliers de vêtements (grâce à son ouvroir), et crée auPavillon Ledoyen, une clinique médicale et chirurgicale où sont donnés des milliers de consultations et effectuées des centaines d'opérations importantes. Cette polyclinique est dirigée par le DocteurAuguste Casséus, médecin d'origine haïtienne, assistant du professeurSamuel Pozzi, chirurgien notoirement reconnu, médecin principal de plusieurs hôpitaux ou établissements transformés en hôpitaux (notammentBroca,Panthéon ethôtel Astoria). Le Dr Casséus est décoré de la Légion d'honneur[12] le ; la croix lui est remise par Daniel Lesueur, qui rappela le dévouement admirable de ce médecin qui soigna et opéra tant de malades.L'Aide avait été dissoute en.
Pendant la Guerre, elle crée en avec d'autres femmes « La Croisade des Femmes françaises », et en est la présidente de 1916 jusqu'à l'Armistice. En, elle crée avec Mary Mather un « Foyer de soldat au front » (àBéthancourtel, hameau absorbé parClermont-de-l'Oise), et ne se contente pas de participer au financement du foyer et à son équipement (bibliothèque, matériels pour envois de courriers par les soldats, tabac, etc.) : elle intervient activement par sa présence et donne des cours d'anglais aux soldats sur le front.
À chaque fois elle s'emploie de tous ses moyens à apporter aux soldats et nos compatriotes une aide morale, matérielle et intellectuelle.
Elle défend (avec son mari) la mémoire du généralGallieni pour que soit reconnu le rôle déterminant lors de labataille de l'Ourcq, préalable indispensable à la Victoire de la Marne. Le bâton demaréchal de France sera obtenu à titre posthume (le décret sera signé parA. Millerand, président de la République, le et publié au J.O. du 9).
Épuisée par les différentes œuvres d'assistance auxquelles elle se consacrait, donnant tout son temps et y usant ses forces,« elle succomba aux fatigues que, par amour de la France, pour ses soldats et pour leurs familles, elle s'était volontairement imposées » (Le Temps du).
Elle meurt subitement le[7] auPetit Palais, qui abrite le musée desbeaux-arts de Paris, dont son mari était le conservateur. Ses obsèques ont lieu le autemple protestant du Saint-Esprit,rue Roquépine. Elle est inhumée aucimetière du Montparnasse quelques jours plus tard, dans la concession familiale Loiseau (où repose notamment sa mère).
Son mari souhaite faire transporter son corps àMontauban. Dans ce but, il commande une stèle commémorative au sculpteurJean Boucher, pour orner la future tombe de Daniel Lesueur. Le monument est bien réalisé et implanté dans l'ancien cimetière de Montauban, mais le corps de Daniel Lesueur n'y sera jamais transféré.
La stèle sera léguée en 1933 par Daria Lapauze-Guarnati (fille unique du premier mariage d'Henry Lapauze) au musée de Montauban, qui la fera déposer au cimetière de Montauban, puis ultérieurement, pour une partie, dans le Jardin des Plantes de la ville. Tombée dans l'oubli, la tombe de Daniel Lesueur au cimetière du Montparnasse a été, hélas, relevée fin 2006 et ses restes transférés à l'ossuaire ducimetière du Père-Lachaise début 2007. Daniel Lesueur n'a donc jamais été inhumée à Montauban[13].
Au début desannées 1880, Jeanne Loiseau est la compagne d'un jeuneavocat,Gustave-Adolphe Hubbard, né en 1858 àMadrid. Celui-ci vient de soutenir sa thèse de licencié en droit. Mais plaider l'intéresse peu, il a surtout des ambitions politiques. Depuis 1879, il est secrétaire de la commission du budget de laChambre des députés, en remplacement de son pèreNicolas Gustave Hubbard, appelé au secrétariat général de laquesture. Il deviendra ensuitedéputé deSeine-et-Oise en 1885, puis député desBasses-Alpes en 1901.
Le couple a une fille naturelle, Marie Gabrielle Hubbard, née le, reconnue à la naissance par son père et un an plus tard par sa mère. Elle se mariera en 1900 avec Jules Charlot, unsaint-cyrien,lieutenant au67e régiment d'infanterie.
Le, Jeanne Loiseau se marie avecHenry Lapauze (1867–1925),critique d'art réputé. Il a déjà écrit deux ouvrages sur lesarts graphiques,Les pastels de De La Tour à Saint-Quentin etLes dessins de Ingres du Musée de Montauban, ainsi qu'une relation d'un voyage enRussie qu'il fit en 1896,De Paris au Volga, où il relate entre autres une soirée chez le comteTolstoï. Il est aussiconservateur adjoint duPetit Palais, où le couple résidera jusqu'à la mort de Jeanne en 1921.
L’Académie française lui décerne cinq prix avant 1900[7], pour des œuvres précises (poésie, roman, traduction), puis lui en décernera un sixième : le Grand prix Vitet en 1905, pour l'ensemble de son œuvre[14]. Aucune femme de lettres n'avait été auparavant autant distinguée.
D'autres décorations viennent saluer son dévouement dans ses actions philanthropiques : médaille d'honneur de la SGDL ( ; remise parGeorges Lecomte) ; médaille de la reine Élisabeth de Belgique (été 1920, pour ses actions vis-à-vis des réfugiés belges ; remise parÉmile Vandervelde) ;médaille de la Reconnaissance française (, en tant que présidente fondatrice de l'Aide aux Femmes des Combattants).
Plusieurs romans font l'objet d'adaptations cinématographiques (entre 1916 et 1921) et plusieurs poèmes sont lus par des sociétaires de la Comédie française (MlleRachel Boyer,Mounet-Sully,MmeSegond-Weber, etc.) ou mis en musique (par Auguste Bernard, D-J. Lebeuf, Marius Cairame, Cesare Galeotti -période 1898-1909) ou dits à la TSF par Radiolo en 1924 et 1925.
De nombreux romans sont traduits en quinze langues étrangères, dont l'esperanto, notamment en anglais, allemand, espagnol, danois, tchèque, italien et même en suédois, russe, hongrois et polonais.
Une rose porte son nom (création de JulesGravereaux) en 1908.
Dans le7e arrondissement de Paris, l'avenue Daniel-Lesueur porte son pseudonymedepuis 1912, donc de son vivant (« l'avenue » est en fait une impasse).
Des riverains de l'avenue Daniel-Lesueur, associés à des passionnés de littérature, ont créé en uneAssociation des Amis de Daniel-Lesueur, afin de faire revivre le souvenir de cette femme de lettres etphilanthrope, avec un site dédié.
« Le rôle du romancier consiste à transposer les découvertes de la raison et de la science dans le domaine du sentiment. »
— Passion slave, préface, 1892
« Tout roman, si modeste qu'il soit, a sa raison d'être, et aussi son principe de vitalité, dans le souci qu'il montre de réaliser une ou quelques-unes des grandes idées de son temps. »
— Passion slave, préface, 1892
« L'idée nous séduisit de choisir quelques types énergiques, et de les placer dans des circonstances fortes, capables de mettre en jeu toutes leurs possibilités de caractère. »
— Daniel-Lesueur, au sujet de ses romans, 1900
« Respectons toute croyance et même le doute. Aucun dogme n'est au-dessus de la tolérance et de la bonté. »
— La Force du passé, 1906
« Pour la femme nous réclamons la liberté intégrale, comme aussi l'éducation intégrale. »
— L'Évolution féminine, 1900
« La loi, l'unique loi, farouche, inexorable,
Qui régit tout progrès, c'est la loi du plus fort. »
— sonnet,La Lutte pour l'existence, vers 1894
« Tout être a droit à la force contre la lâcheté, la méchanceté, la bassesse »
— Le Droit à la force, 1911
« Les œuvres de Daniel Lesueur ne se contentent pas de nous séduire ; elles nous réveillent de nos apathies, elles nous entraînent vers un idéal, elles nous fortifient. »
— Jules Bois, à propos de l'élection de Daniel-Lesueur au Comité de la SGDL, mars 1907
« Elle pensait et faisait penser ; surtout, elle voulait et faisait vouloir. Elle avait l'énergie contagieuse, et le génie de l'altruisme. Elle ralliait autour d'elle les bonnes intentions qui cherchent et les dirigeait vers le but pratique. Par la magie de sa persuasion, elle faisait jaillir de l'or, pour doter celles qui souffrent et qui, par respect pour un mort, se cachent d'avoir faim et froid. Elle fonda le Denier des Veuves [...] notre chef-d'œuvre »
— Edmond Haraucourt, président de la SGDL, discours lors des obsèques de Daniel-Lesueur, 5 janvier 1921.
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