Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Jean sans Peur

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voirJean de Nevers,Jean de Bourgogne etJean Ier.

Si ce bandeau n'est plus pertinent, retirez-le. Cliquez ici pour en savoir plus.
Si ce bandeau n'est plus pertinent, retirez-le. Cliquez ici pour en savoir plus.

Les informations figurant dans cet article ou cette section doivent être reliées aux sources mentionnées dans les sections « Bibliographie », « Sources » ou « Liens externes »().

Jean sans Peur
Illustration.
Jean sans Peur,
huile sur chêne,musée du Louvre,
début duXVe siècle.
Titre
Duc de Bourgogne

(15 ans, 4 mois et 14 jours)
PrédécesseurPhilippe le Hardi
SuccesseurPhilippe le Bon
Comte de Flandre
Comte d'Artois
Comte palatin de Bourgogne

(14 ans et 15 jours)
PrédécesseurMarguerite de Male etPhilippe le Hardi
SuccesseurPhilippe le Bon
Biographie
DynastieValois-Bourgogne
Date de naissance
Lieu de naissancePalais des ducs de Bourgogne,Dijon (duché de Bourgogne)
Date de décès (à 48 ans)
Lieu de décèsMontereau-Fault-Yonne (royaume de France)
SépultureChartreuse de Champmol,Dijon
PèrePhilippe le Hardi
MèreMarguerite de Male
FratrieAntoine de Brabant
Philippe de Bourgogne
ConjointMarguerite de Bavière
EnfantsMarguerite de Bourgogne
Marie de Bourgogne
Philippe le Bon
Anne de Bourgogne
Agnès de Bourgogne

Signature de Jean sans Peur

Image illustrative de l’article Jean sans Peur
Ducs de Bourgogne
modifier 

Jean Ier de Bourgogne, dit« Jean sans Peur », né le àDijon et mortassassiné le àMontereau, est un prince de lamaison capétienne de Valois.

De 1404 à sa mort, il estduc de Bourgogne,comte de Flandre,d'Artois et deBourgogne palatine, et seigneur deSalins, deMalines et d'autres lieux. Il poursuit la politique de son père,Philippe le Hardi, en consolidant les bases d'unÉtat bourguignon tout en jouant de son influence à lacour de France. Il ne bénéficie cependant pas du rôle de premier plan tenu par son père auConseil royal, n’étant que le cousin duroiCharles VI, qui connaît, depuis 1392, descrises de folie intermittentes, faisant de sa cour le lieu de toutes les intrigues entre lesprinces du sang.

En 1407, poussé par sa mise à l'écart, Jean sans Peurfait assassiner son rival, le frère du roi,Louis d’Orléans. En commanditant ainsi le meurtre de son cousin, le duc de Bourgogne plonge leroyaume de France dans laguerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, au cours de laquelle ces deux factions se disputent lacapitale et larégence. Ces troubles contribuent à relancer laguerre de Cent Ans, en amenant le nouveauroi d'Angleterre,Henri V, à saisir l'occasion pour revendiquer ses droits sur lacouronne de France.

En 1419, alors qu'il tente une réconciliation avec lesArmagnacs dans le but de parer l'offensive anglaise,Jean sans Peur est à son tour assassiné, sur le pont deMontereau, en présence dudauphin, le futurCharles VII. Ce meurtre amène lesBourguignons à s'allier auxAnglais, et reste tout au long duXVe siècle un facteur majeur de discorde entre lamaison de France et lamaison de Bourgogne.

Biographie

[modifier |modifier le code]

Jeunesse

[modifier |modifier le code]
LaBataille de Nicopolis, miniature duMaître du Livre de prières de Dresde, tirée desChroniques deJean Froissart, Paris,BNF, Fr.2646,fo 220 ro.

Né le aupalais des ducs de Bourgogne àDijon, Jean de Bourgogne (graphie ancienneJehan) est le fils aîné du ducPhilippe II de Bourgogne, dit Philippe le Hardi et deMarguerite III de Flandre. Il est le petit-fils duroi de FranceJean II, dit Jean le Bon (1319 – 1364). En tant que fils aîné du duc de Bourgogne, il est destiné à hériter, par ordre deprimogéniture, duduché de Bourgogne, octroyé en pleine possession, en 1363, à son père par le roi Jean le Bon.

Il est le frère aîné d'Antoine de Bourgogne (1384 – 1415) et dePhilippe de Bourgogne (1389 – 1415), tous deux morts au combat de lachevaleriefrançaise contre lesAnglais à labataille d'Azincourt, le.

Il fut d'abordcomte de Nevers en 1384, comté qu'il céda à son frère Philippe en 1404, lorsqu'il hérita de son père leduché de Bourgogne. Il est le cousin duRoi de FranceCharles VI.

À l'appel duroiSigismond de Hongrie menacé par la progression desOttomans, les princes d'Occident réunirent une armée. Jean y remplaça son père et commanda le contingent français. La campagne se termina en par le désastre deNicopolis, où les croisés furent vaincus par lesultanBajazet Ier. Ce fut lors de cette bataille que Jean gagna son surnom de « sans Peur »[1]. Il fut néanmoins fait prisonnier, et son père dut emprunter 100 000 florins à son conseillerDino Rapondi pour payer sa rançon. Il ne rentra en France qu'en.

Succession de Philippe le Hardi

[modifier |modifier le code]
Jean sans Peur,Palais des beaux-arts de Lille.

Philippe le Hardi meurt le. Jean sans Peur prête hommage au roi de FranceCharles VI le de la même année pour son duché de Bourgogne et fait son entrée àDijon le[2]. Il garantit alors aux habitants de la ville le maintien des privilèges dont ils bénéficiaient sous la tutelle de son père[2]. Peu de temps après, Jean sans Peur célèbre le mariage de sa filleMarguerite avec le Dauphin de FranceLouis de Guyenne, puis celui dePhilippe, son fils aîné, avecMichelle de Valois, fille du roi Charles VI. Cela lui permet de s'attirer les faveurs de la reineIsabeau de Bavière qui lui promet de défendre ses intérêts[2].

Depuis 1392, le roi Charles VI souffrait de crises de folie plus ou moins longues. Une ordonnance de 1403 prévoit qu'en cas d'empêchement du souverain, le gouvernement du royaume se ferait par intermittence, dans le cadre du Conseil royal présidé par la reineIsabeau de Bavière. La reine est assistée conjointement par le ducJean de Berry et par le ducLouis II de Bourbon. Puis elle confie son assistance aux deux cousins,Louis Ier d'Orléans, frère du roi, et Jean sans Peur qui vont s'opposer au sein du Conseil[3].

Dans les faits, la figure dominante du Conseil royal est le duc Louis Ier d'Orléans. Alors que les tensions entre la France et l'Angleterre reprennent, le gouvernement conjoint de la reine avec le duc d'Orléans fait l'objet de critiques de plus en plus fortes au sein de la population, qui les accuse notamment de profiter de la guerre pour lever de nouveaux impôts exceptionnels[4]. Le projet de lever une nouvelletaille pour financer la guerre en est vivement critiqué par Jean sans Peur, qui refuse d'y soumettre ses sujets[4],[Note 1]. En dépit de ces critiques, partagées par leduc de Bretagne, le nouvel impôt est approuvé le[4].

Le, la mère de Jean sans Peur meurt à son tour. Il entre alors en pleine possession ducomté de Flandre, ducomté d'Artois et ducomté de Bourgogne, devenant par là même aussi puissant que son père[4]. Jean se rend alors dans les riches villes de Flandres dont il est le nouveau seigneur, et rassure la population sur le nouvel impôt que le duc d'Orléans cherche à lever en réaffirmant que ses sujets ne le paieront pas. Il promet également que nulle guerre ne suspendra les relations commerciales des Flandres avec les Anglais[5], une relance du conflit risquant à nouveau de ruiner les Flandres, dont l'industrie drapière dépendait des importations de laines anglaises. La défense des intérêts flamands contre la menace anglaise devient ainsi l'une de ses priorités, et il parvient à reprendreGravelines. Sa volonté de lever une armée pour reprendreCalais aux Anglais ne trouve cependant pas d'écho auprès du duc d'Orléans[5].

Dès 1405, il fait construireune digue pour protéger la Flandre des assauts de la mer, réunissant en une seule structure plusieurs petites digues préexistantes. De nombreux fragments de cette digue existent encore, sous les nomsDigue du Comte Jean,Graaf Jansdijk,'s-Gravenjansdijk,Graafjanstraat, etc., et en les reliant sur une carte on voit que cette digue était proche de la côte actuelle deDunkerque auZwin ; ensuite elle flirtait avec l'actuelle frontière belgo-néerlandaise jusqu'àSas-de-Gand, et se terminait àTerneuzen.

Prise de Paris

[modifier |modifier le code]
Anonyme,Jean sans Peur,musée royal des beaux-arts d'Anvers.

Accaparé dans un premier temps par le règlement des successions de Bourgogne et des Flandres, Jean sans Peur délaisse Paris. En conséquence, les largesses duTrésor royal envers le nouveau duc de Bourgogne s'effondrent au profit d'Orléans. Alors qu'elles avaient représenté jusqu'à 59 % des finances ducales, elles n'en constituent plus que 24 % à partir de 1406[6]. Or, les dépenses de fonctionnement desÉtats bourguignons ne cessaient de s'alourdir. Cette situation obligeait le duc à augmenter sa propre fiscalité, ce qui présentait deux désavantages : la perte du capital de popularité gagné par son père, et de nouvelles tensions avec la turbulenteFlandre. Cette absence et le fait qu'il n'était plus que cousin du roi (alors que son père était l'oncle du roi) affaiblit sa position. Dans le même temps, Louis Ier d'Orléans entreprend l'acquisition de nombreux fiefs dans l'Est (leduché de Luxembourg, les comtés deSoissons,Porcien…) pour contrer la puissance bourguignonne[réf. nécessaire]. Les tensions, qui existaient déjà entre Philippe le Hardi et son neveu, ne firent que croître entre les deux cousins. Il est cependant convoqué aux côtés de l'ensemble des princes de son sang après avoir été informé du mécontentement du peuple, et de la situation de plus en plus dégradée de son royaume, à la merci d'une éventuelle attaque d'une puissance étrangère[7]. Il décide alors de rassembler une armée afin de prendre le contrôle de la capitale. Il part ainsi d'Arras le, accompagné de800 chevaliers et parvient jusqu'àLouvres[8]. En réaction, Louis d'Orléans et la reine prennent la fuite en direction du château dePouilly-le-Fort, près deMelun, avec pour ordre d'y emmener le Dauphin et ses frères le lendemain[9].Jean sans Peur parvient cependant à intercepter le convoi, et propose au DauphinLouis de le ramener à Paris. Il est soutenu par les ducs de Berry et de Bourbon lors de son retour à la capitale, et convoque une grande assemblée où siège le Dauphin le[7].

Au cours d'un discours adressé au Dauphin, il réaffirme alors son allégeance (ainsi que celle de ses frères) au royaume de France et à son souverain, et expose ses craintes quant à l'exercice du pouvoir en général, et aux menaces représentées par la corruption, la mauvaise gestion du « domaine royal » qui tombe en désuétude, et la pression fiscale qui écrase l'Église en particulier[9]. Il conclut en outre que le peuple français court à sa perte si une telle politique est maintenue, et que la menace grandissante représentée par les Anglais doit être combattue avec une armée digne de ce nom, faute de quoi une éventuelle défaite pourrait être directement imputée au roi[9]. En outre, il rassure l'assemblée en expliquant qu'il agit avec le consentement du Dauphin, et que son armée n'a pour seul but que de défendre Paris contre les ennemis que le roi avait dans son royaume[9].

Rivalité croissante avec Louis d'Orléans

[modifier |modifier le code]
Christine de Pisan remet un livre au ducLouis d'Orléans,enluminure duMaître de la Cité des dames,L'Épître Othéa, vers 1410-1414,British Library, Harley 4431,fo 95 ro.
Présentation d'un livre à Jean sans Peur, vers 1410-1412,détail d'uneenluminure duMaître de la Mazarine,Livre des merveilles,ms. Français 2810,fo 226 ro,BnF,département des manuscrits.

Lorsqu'il apprend la nouvelle, Louis Ier d'Orléans ne peut accepter l'affront fait à la reine et à lui-même. Le royaume de France se trouve alors au bord de la guerre civile, ce qui inquiète les bourgeois et les magistrats de Paris[10]. Alors que Jean reçoit de nombreux renforts à Paris, avec notamment huit cents hommes d'armes commandés par le duc de Limbourg, et six mille hommes réunis parJean III de Bavière, Louis réunit également une armée, au nom du roi[10]. Bien que la ville de Paris soit toute acquise à la cause du duc de Bourgogne, ses habitants, bourgeois en tête espèrent cependant une réconciliation entre les deux rivaux[10]. Malgré plusieurs tentatives de pacifier leurs relations, Louis Ier d'Orléans continue à amasser des troupes, puis entame en un patient blocus de la capitale. Autour de cette lutte d'influence, chaque camp choisit une symbolique particulière. La devise du duc d'Orléans, « Je l'ennuie »[Note 2] qui, dans le langage du temps, signifiait : « Je porte le défi » accompagnait les bâtons noueux, son emblème[11]. Cela adressait une menace claire à ses ennemis. Jean sans Peur, lui, avait choisi comme emblème unrabot, agrémenté de la devise, en flamand : « Ic houd ! » (« Je [le] tiens ! »)[12]. Dans une des tours de l'ancien hôtel de Bourgogne à Paris, on peut voir sur un vitrail deux rabots sculptés[13],[11]. De même, sur nombre de miniatures, Jean sans Peur arbore sur ses vêtements des rabots.

Charles VI, sorti pour un temps de sa folie, parvient à enclencher le processus de négociations et à éviter tout combat armé entre les princes[réf. nécessaire]. Jean Ier de Bourgogne, qui tenait alors Paris, était fort du soutien des maîtres de l'université à qui il promettait la « réforme » du royaume. Ils devinrent dès lors des soutiens inconditionnels de sa politique. Cependant les coûts engendrés par l’entretien de son armée le poussèrent vers le compromis. Finalement, le, la paix est conclue entre les ducs, après plus de huit jours de pourparlers[14]. Le duc d'Orléans fait alors le serment de se conformer aux décisions du conseil du roi, et consent à ce que les remontrances présentées par le duc de Bourgogne soient prises en considération[14].

Les deux ducs se livrent alors à une intense propagande, écrivant aux grands et aux bonnes villes du royaume, cherchant à faire valoir leurs points de vue sur les évènements de 1405. Leur entente apparente dissimule en réalité une volonté de renforcer leur influence auprès du pouvoir[15]. Jean sans Peur se positionne alors comme un défenseur des intérêts du peuple, tout en tentant de lever des fonds dans ses provinces[15]. Il faut dire que 9/10e des revenus du frère du roi provenaient alors du seul Trésor royal[16]. Se surajoutent à cela, des vues différentes sur leschisme de la papauté que connaît alors l'Occident chrétien. Trop occupé par l'administration du royaume, le duc d'Orléans abandonne les questions religieuses au Parlement et à l'Université, favorables à l'Église gallicane, au pouvoir du roi, et aux privilèges du clergé[15].

Le, une ordonnance réorganise le Conseil royal, en confortant l'entourage du roi dans la gestion des affaires du royaume, et en confirmant la succession du duc de Bourgogne dans l'ensemble des responsabilités qui incombaient à son père[Note 3]. À la faveur de celle-ci,Louis Ier d'Orléans, avec le soutien des princes de sang,Berry,Bourbon etAnjou, procède à l'épuration des conseillers bourguignons, amenuisant davantage l'influence de Jean sans Peur. Dès lors, soucieux de ne pas perdre sa position au Conseil de Régence, Jean Ier de Bourgogne décide de faire assassiner son cousin Louis d'Orléans.

Guerre civile entre les Armagnacs et les Bourguignons

[modifier |modifier le code]
Latour Jean-sans-Peur de Paris.
Maître de la Chronique d'Angleterre,Assassinat du duc Louis d'Orléans, enluminure, vers 1470 ?-1480 ?, Enguerrand de Monstrelet,Chroniques (abrégé), vers 1470-1480, Mss, fr. 2680, Paris,Bibliothèque nationale de France.
Entrée de l'impasse des Arbalétriers (2014) avec une borne historique rappelant le meurtre deLouis d'Orléans en 1407.
Articles détaillés :Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons etAssassinat de Louis d'Orléans.

En 1407, le ducLouis Ier d'Orléans est assassiné sur ordre de Jean sans Peur.

C'est le, dans la nuit, que Louis d'Orléans, sortant de l'hôtel de la reine, est assassiné lors d'un guet-apens organisé parRaoul d'Anquetonville, sur ordre de Jean sans Peur. Cependant, les meurtriers avaient lancé dans leur fuite deschausse-trappes afin de ralentir d'éventuels poursuivants, autant d'indices qui menèrent les enquêteurs vers l'hôtel d'Artois, résidence parisienne du duc de Bourgogne. Celui-ci décide d'ailleurs de prendre les devants. Le 26, lors d'une séance du Conseil royal, il avoue son forfait à son cousin Anjou et à son oncle Berry, ce dernier lui conseillant peut-être de fuir, ce qu'il fait le lendemain en prenant la route des Flandres, avec quelques fidèles.

Le peuple de Paris se félicite de la disparition du duc d'Orléans, qui était alors synonyme d'impôts. Il assure de nouveau son soutien à Jean Ier de Bourgogne. Cependant,Valentine Visconti, veuve du duc d'Orléans, demande au roi de faire justice du meurtre de son mari. Unlit de justice se réunit à Paris le, sans aboutir à un verdict. L'action est éteinte avec la mort de la veuve survenue le. De son côté, Jean sans Peur présente sa défense afin de justifier son crime, en faisant appel au théologienJean Petit.

Après cela, il fait arrêter le favori du roi et son ennemi politiqueJean de Montagu avec l'aide duprévôt de Paris,Pierre des Essarts en 1409, lors d'un épisode maniaque du roi, et après un procès sommaire, Montagu est décapité augibet de Montfaucon. L' emprise de Jean sans Peur sur le gouvernement est encore augmentée.

En 1410,Charles d'Orléans, fils du duc assassiné, réclame vengeance auprès de son beau-père, lecomte d'Armagnac. Ce dernier prend la tête des fidèles de feu le duc d'Orléans, qui seront désormais connus sous le nom d'Armagnacs, et qui vont combattre les Bourguignons : c'est ainsi que naît laguerre civile entre Armagnacs et Bourguignons que le roi Charles VI semble incapable d'arbitrer en raison de son état de démence.

En 1411, c'est donc avec la complicité de la reineIsabeau de Bavière que Jean sans Peur s'empare de l'autorité royale et qu'il tente, en, d'évincer lesArmagnacs du Conseil de régence. Mais lapaix d'Arras () voulue par le roi Charles VI et négociée entre son fils, ledauphin Louis de Guyenne et Jean sans Peur, renvoie les adversaires Armagnacs et Bourguignons dos à dos, avec interdiction d'afficher leurs signes distinctifs et leurs emblèmes. Jean sans Peur, écarté du pouvoir, s'éloigne de Paris qui reste dominé par les Armagnacs fidèles au roi de France.

En 1416, profitant de la mort du ducJean Ier de Berry, il s'empare ducomté de Boulogne au détriment de sa veuve,Jeanne d'Auvergne. Le, àConstance, il s'allie avec l'empereur Sigismond Ier.

En 1417, alors que le roiCharles VI est sujet à de graves crises de démence, lesArmagnacs sont toujours au pouvoir à Paris. Ils sont alliés au nouveaudauphin Charles de France. En effet, en, celui-ci vient de succéder à ses deux frères aînés, morts prématurément et, à l'âge de quatorze ans, il vient d'être nommé à Paris lieutenant-général du royaume, avec pour mission de participer au Conseil de Régence présidé par la reine Isabeau de Bavière[Note 4].

Le nouveau dauphin Charles et ses alliés Armagnacs considèrent que la reineIsabeau de Bavière est influencée par Jean sans Peur et qu'elle est hostile à leur cause. Ils l'écartent du pouvoir en l'envoyant àTours, en, sous bonne garde. La reine conservera un souvenir amer de cette mésaventure et se vengera ultérieurement de son fils. Jean sans Peur la rejoint et constitue avec elle àTroyes un gouvernement opposé à celui des Armagnacs. Il décide d'envahir Paris et de prendre le pouvoir en éliminant le nouveau dauphin.

En 1418, les troupes bourguignonnes, associées au tueurCapeluche, envahissent Paris en pleine nuit, le, et massacrent le comteBernard VII d'Armagnac ainsi qu'un grand nombre d'Armagnacs. Elles menacent dans sa vie ledauphin de France qui réside à l'hôtel Saint-Pol à Paris. Ce dernier est sauvé par des officiers Armagnacs fidèles à la couronne de France et va se réfugier àBourges, capitale de sonduché de Berry, pour y organiser la résistance, face aux Anglais et aux Bourguignons.

Jean sans Peur contrôle désormais le pouvoir à Paris. Il prend alors l'initiative de proposer au dauphin, réfugié à Bourges, d'abandonner la résistance et de revenir dans la capitale, afin de se placer sous la tutelle de ses parents, le roiCharles VI et la reine Isabeau de Bavière. Pour parvenir à ses fins, il organise trois rencontres :

  1. Le, il rencontre la reine Isabeau de Bavière àSaint-Maur-des-Fossés, en l'absence du roi Charles VI et du dauphin, pour concocter letraité de paix de Saint-Maur[Note 5]. Le dauphin est accusé implicitement par Jean sans Peur, sous prétexte de pardon et au moyen d'une argutie tortueuse, de complicité dans les maux dont seraient coupables les Armagnacs, et notamment du meurtre de ses deux frères aînés. Bien qu'il ne s'agisse que de soupçons formulés par Jean sans Peur, destinés à être soumis à des preuves, le dauphin et son Conseil, dirigé principalement parJean Louvet, président de Provence, refusent catégoriquement — et pour cause ! — d'entériner le traité qui leur est présenté en vain, àSaumur, par leduc de Bretagne, co-signataire du texte incriminé[Note 6].
  2. Le, Jean sans Peur rencontre ledauphin, àPouilly-le-Fort, en l'absence du roi Charles VI et de la reine Isabeau de Bavière, pour lui proposer un traité de paix et une alliance contre les Anglais. Ce traité, connu sous le nom detraité de paix du Ponceau, est ratifié par le dauphin de France et par ses conseillers. Mais il doit être renforcé par un traité ultérieur, lorsque Jean sans Peur aura mis à exécution l'abandon des places fortes occupées par les Bourguignons et la reprise des hostilités contre les Anglais.
  3. Le a lieu la rencontre deMontereau, destinée à consolider le traité du Ponceau. Le dauphin reproche à Jean sans Peur de ne pas en avoir respecté les clauses, le ton monte et la rencontre se termine tragiquement par l'assassinat de Jean sans Peur.

Assassinat de Jean sans Peur

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Assassinat de Jean sans Peur.
Assassinat de Jean sans Peur au pont de Montereau, Maître de la Chronique d'Angleterre,BnF,département des manuscrits,ms. Français 2680,fo 288.

Jean sans Peur est assassiné le, à l'occasion de son entrevue avec ledauphin àMontereau-Fault-Yonne. Cette rencontre avait pour but de tenter de réconcilier les deux factions rivales en guerre, les Armagnacs et les Bourguignons, et de mettre fin aux hostilités qui divisaient la France pendant la guerre de Cent Ans. C'estJean de Thoisy,évêque de Tournai, qui est chargé de prévenir lecomte Philippe de Charolais de la mort de son père. En succédant à Jean sans Peur, le nouveau duc de Bourgogne, sous le nom dePhilippe le Bon, se vengera du dauphin de France en s'alliant aux Anglais et en concoctant letraité de Troyes, par lequel le dauphin est déshérité du trône de France au profit du roiHenri V d'Angleterre.

Le corps de Jean sans Peur est ramené en 1420 d'Auxerre àAvallon parClaude de Chastellux, qui le remet ensuite àGuillaume de La Tournelle chargé du trajet jusqu'à Dijon. Son tombeau, placé dans lachartreuse de Champmol, a de nos jours été transféré aupalais des ducs de Bourgogne àDijon.

Jean et l'État bourguignon

[modifier |modifier le code]
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète.Votre aide est la bienvenue !Comment faire ?

Le, il écrase les bourgeois et ouvriers liégeois révoltés à labataille d'Othée, obtient l'alliance desduchés de Luxembourg etde Lorraine, et continue la construction de l'État bourguignon[17]. Il poursuit l'œuvre de son père sans rattachement majeur. Une partie des terres de la maison est d'ailleurs aliénée au profit de ses frèresAntoine de Brabant etPhilippe de Nevers.

En 1409, le duc nomme son secrétaireJean Bonnot ou Bonost[18], fils du conseillerRichard Bonnot[19] et de Jeanne Jullien, président de lachambre des comptes de Dijon, puis Besançon en 1419, ainsi qu'inspecteur général de lachambre des comptes de Lille. Son fils Jean Bonnot sera conseiller deCharles le Téméraire, puis deMarie de Bourgogne[20].

Son tombeau

[modifier |modifier le code]
Funérailles de Jean sans Peur, enluminure desVigiles de Charles VII, vers 1484, BnF, département des manuscrits, ms. Français 5054,fo 3 ro.

Comme son pèrePhilippe le Hardi, Jean sans Peur a été enterré à lachartreuse de Champmol.Philippe le Bon, fils et héritier de Jean sans Peur, se charge de lui faire exécuter un tombeau monumental, digne de son rang de prince, sur le modèle de celui de Philippe le Hardi. La commande en est donnée àClaus de Werve, alors sculpteur officiel des ducs de Bourgogne, qui avait achevé le tombeau de Philippe le Hardi. Le chantier traîne en longueur et, à la mort de Claus de Werve en 1439, il est confié à son successeurJean de la Huerta. Il est achevé par un troisième sculpteur,Antoine le Moiturier[21].

Le tombeau de Jean sans Peur est copié sur celui de son père. Il s'agit donc d'un gisant sur dalle noire, avec en soubassement un cortège depleurants d’albâtre (enfants de chœur, clercs, membres de la famille, officiers et gens de maison drapés dans des manteaux de deuil) sous des arcades formées d'une alternance de travées doubles et de niches triangulaires. Jean sans Peur partage son tombeau avec son épouse,Marguerite de Bavière. Deux anges soutiennent le casque du duc, deux anges porte-écus sont à la tête de son épouse tandis que deux lions sont couchés à leurs pieds. La qualité est comparable à celui de Philippe le Hardi, bon nombre de pleurants sont même des copies conformes des pleurants du tombeau de Philippe, mais par la suite, lors du remontage des tombeaux, lespleurants ont été mélangés, rendant difficile toute comparaison stylistique[21]. Déplacé à Saint-Bénigne en 1792, le tombeau est aujourd'hui, comme celui de Philippe le Hardi, présenté aumusée des beaux-arts de Dijon. En 2012-2013, ses pleurants ont fait l'objet de prêts à des musées prestigieux où ils ont été présentés de façon autonome, comme lemusée de Cluny à Paris.

Héraldique

[modifier |modifier le code]
BlasonBlasonnement :
Écartelé d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bordure componée d'argent et de gueules (qui est de Valois-Bourgogne[Note 7]) et de bandé d'or et d'azur de six pièces à la bordure de gueules (qui est de Bourgogne ancien); sur le tout d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules (qui est de Flandre).

Généalogie

[modifier |modifier le code]

Mariage et enfants

[modifier |modifier le code]
École flamande,Jean sans Peur (vers 1500),Vienne,Hofburg.

L’année 1385 voit la concrétisation d'une double alliance politico-familiale de la maison de Bourgogne avec les ducs deBavière-Straubing.

ÀCambrai, lors desdoubles noces de Cambrai, le, le futurGuillaume IV de Hainaut épouseMarguerite de Bourgogne[22],[Note 8].Ce mariage, fruit d'une politique d'implantation des deux familles dans les territoires du nord, est célébré le même jour que celui du futur Jean Ier de Bourgogne avecMarguerite de Bavière (-Straubing), le frère et la sœur du premier couple[23],[Note 9].

De cette union, naissent un seul fils et sept filles :

Il laisse également quatre enfants illégitimes :

  • nés de Marguerite de Borsselen :
    • Guy († à Calais en 1436), dont un fils : Philippe ;
    • Antoine ;
    • Philippotte épouse d'Antoine de Rochebaron, seigneur deBerzé ;

Ascendance

[modifier |modifier le code]
Ascendance de Jean Ier de Bourgogne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
32.Philippe III le Hardi
 
 
 
 
 
 
 
16.Charles de Valois
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
33.Isabelle d'Aragon
 
 
 
 
 
 
 
8.Philippe VI de Valois
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
34.Charles II d'Anjou
 
 
 
 
 
 
 
17.Marguerite d'Anjou
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
35.Marie de Hongrie
 
 
 
 
 
 
 
4.Jean II le Bon
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
36.Hugues IV de Bourgogne
 
 
 
 
 
 
 
18.Robert II de Bourgogne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
37.Yolande de Dreux
 
 
 
 
 
 
 
9.Jeanne de Bourgogne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
38.Louis IX
 
 
 
 
 
 
 
19.Agnès de France
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
39.Marguerite de Provence
 
 
 
 
 
 
 
2.Philippe II de Bourgogne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
40.Henri VI de Luxembourg
 
 
 
 
 
 
 
20.Henri VII de Luxembourg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
41.Béatrice d'Avesnes
 
 
 
 
 
 
 
10.Jean Ier de Bohême
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
42.Jean Ier de Brabant
 
 
 
 
 
 
 
21.Marguerite de Brabant
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
43.Marguerite de Dampierre
 
 
 
 
 
 
 
5.Bonne de Luxembourg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
44.Ottokar II de Bohême
 
 
 
 
 
 
 
22.Wenceslas II de Bohême
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
45.Cunégonde de Slavonie
 
 
 
 
 
 
 
11.Élisabeth de Bohême
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
46.Rodolphe Ier de Habsbourg
 
 
 
 
 
 
 
23.Judith de Habsbourg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
47.Gertrude de Hohenberg
 
 
 
 
 
 
 
1. Jean Ier de Bourgogne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
48.Robert III de Flandre
 
 
 
 
 
 
 
24.Louis Ier de Nevers
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
49.Yolande de Bourgogne
 
 
 
 
 
 
 
12.Louis Ier de Flandre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
50.Hugues IV de Rethel
 
 
 
 
 
 
 
25.Jeanne de Rethel
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
51.Isabelle de Grandpré
 
 
 
 
 
 
 
6.Louis II de Flandre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
52.Philippe IV le Bel
 
 
 
 
 
 
 
26.Philippe V le Long
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
53.Jeanne Ire de Navarre
 
 
 
 
 
 
 
13.Marguerite Ire de Bourgogne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
54.Othon IV de Bourgogne
 
 
 
 
 
 
 
27.Jeanne II de Bourgogne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
55.Mahaut d'Artois
 
 
 
 
 
 
 
3.Marguerite III de Flandre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
56.Jean Ier de Brabant
 
 
 
 
 
 
 
28.Jean II de Brabant
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
57.Marguerite de Dampierre
 
 
 
 
 
 
 
14.Jean III de Brabant
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
58.Édouard Ier roi d'Angleterre
 
 
 
 
 
 
 
29.Marguerite d'Angleterre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
59.Éléonore de Castille
 
 
 
 
 
 
 
7.Marguerite de Brabant
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
60.Philippe III le Hardi
 
 
 
 
 
 
 
30.Louis d'Évreux
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
61.Marie de Brabant
 
 
 
 
 
 
 
15.Marie d'Évreux
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
62.Philippe d'Artois
 
 
 
 
 
 
 
31.Marguerite d'Artois
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
63.Blanche de Bretagne
 
 
 
 
 
 
 

Dans la culture

[modifier |modifier le code]

Jeu vidéo

[modifier |modifier le code]

Voir aussi

[modifier |modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Sources primaires imprimées

[modifier |modifier le code]

Bibliographie

[modifier |modifier le code]

Articles connexes

[modifier |modifier le code]

Liens externes

[modifier |modifier le code]

Notes et références

[modifier |modifier le code]

Notes

[modifier |modifier le code]
  1. Le discours exact prononcé par Jean-Sans Peur est le suivant :« Je ne puis m'empêcher de déclarer que vouloir charger le pauvre peuple d'une nouvelle taille est un dessein tyrannique. Il est horriblement grevé de la dernière dont on a reçu des sommes au moins suffisantes à ce que nous avions délibéré de faire pour le bien du royaume. J'ai cru que mon devoir m'obligeait de parler ainsi. Le conseil peut ordonner ce qui lui plaira, mais s'il s'accorde avec mon cher cousin d'Orléans pour mettre cette taille, je proteste tout haut que j’empêcherai bien que mes sujets en soient grevés ; elle n'aura cours dans aucune de mes terres. Aussi bien ai-je des chevaliers et des écuyers tout prêts à exécuter les ordres de monseigneur le roi, et en tel nombre qu'il lui plaira. Ils ne refuseront aucune occasion de toutes celles qui se présenteront pour le bien du royaume. Je dis plus : si le reste de l'argent qu'on a levé l'an dernier ne suffit pas, j'aime mieux, pour fermer la bouche à ceux qui seraient mécontents de mon avis, payer de mes deniers la part qui devrait être supportée par mes sujets, pourvu que la taxation soit faite par des gens de bien, et à condition aussi qu'il soit dûment justifié des motifs qui ont empêché la dernière taille d'être suffisante. » Brugière de Barante,p. 206.
  2. La devise « Je l'envie » est également mentionnée dans certains ouvrages (cf. Brugière de Barante,p. 214).
  3. Le contenu exact de l'acte est le suivant :« Lorsque notre absence ou certaines autres occupations nous empêchent de vaquer et entendre bonnement aux affaires et besognes de nous, de notre royaume et de la chose publique, connaissant entièrement la très-grande loyauté, sens et prud'hommie de notre très-cher et très-aimé cousin le duc de Bourgogne, et considérant la bonne et vraie amour qu'il a envers nous, et le bon vouloir qu'il porte aux affaires et besognes de nous et du royaume, nous avons résolu, ordonné et ordonnons que notre dit cousin soit mis au lieu et place de feu notre oncle son père, dans les pouvoirs donnés à notre très-chère et aimée compagne, la reine, à nos très-chers et très-aimés oncles et frères les ducs de Berri, de Bourgogne, d'Orléans et de Bourbon, à notre chancelier et autres de notre conseil, pour vaquer et entendre aux grandes affaires de nous et de notre royaume, quand nous en sommes empêché. » Brugière de Barante,p. 217.
  4. Le frère du nouveau dauphin Charles, le premier dauphin,Louis de Guyenne, gendre de Jean sans Peur, est mort prématurément le. Son autre frère, le second dauphin,Jean de Touraine, qui était entièrement soumis à l'influence de Jean sans Peur, meurt soudainement le. Les Armagnacs sont soupçonnés de les avoir fait empoisonner (Journal d'un bourgeois de Paris, réédition Henri Jonquières, Paris, 1929,p. 109)
  5. Ce traité prévoit que : « Tout fut pardonné aux Armagnacs les maux qu'ils avaient fait et si étoit prouvé contre eux qu'ils étoient consentants de la venue du roy d'Angleterre et qu'ils en avaient eu grands deniers de la part dudit roy ; item, d'empoisonner les deux aisnés fils du roy de France, […]. » (Journal d'un bourgeois de Paris,Ibid.
  6. Le ducJean V de Bretagne était envoyé en mission par Jean sans Peur pour accompagnerMarie d'Anjou auprès de sa mère,Yolande d'Aragon, qui résidait auchâteau de Saumur, en compagnie de son futur gendre, le dauphin de France,Charles de Ponthieu. Marie d'Anjou, fiancée du dauphin avait été retenue en otage à Paris par les Bourguignons lors de leur invasion de Paris. D'après le projet de Jean sans Peur, elle devait servir de monnaie d'échange contre la ratification du projet de traité de Saint-Maur que le dauphin refusera de ratifier. Elle recouvrera la liberté sans que le dauphin, bien épaulé par Yolande d'Aragon et par ses conseillers, passe par cette épreuve.
  7. Armes inaugurées parPhilippe II le Hardi en tant que fils cadet de France.
  8. - Guillaume de Bavière (alias Guillaume d’Ostrevant, futur Guillaume II duc de Bavière-Straubing alias Guillaume IV comte de Hainaut) et, Marguerite de (Valois) Bourgogne : selon l’acte de mariage dressé à Cambrai, le, le futur marié bénéficiera de l'héritage paternel (provenant antérieurement d’un héritage maternel, par la Maison d’Avesnes (Avesnes-sur-Helpe), comte de Hainaut auxXIIIeXIVe siècle) en Hainaut, en Hollande, en Zélande et en Frise ; les seigneurs et les villes concernés ratifient l'acte en y apposant leurs sceaux.Il y avait 31 sceaux de cire brune ou verte appendus par des cordons verts de soie laquée à cet acte de mariage sur parchemin de Cambrai daté du, et ce, dans un ordre très concerté [le duc et la duchesse de Bavière, les seigneurs puis les villes de Hainaut (11 sceaux), puis de Hollande (11 sceaux) et enfin de Zélande (7 sceaux)], 21 subsistent (certains sont endommagés) : le duc de Bavière ; pour le Hainaut, Guy comte de Blois (et seigneur d’Avesnes), Jean de Condeit (de Condé) sire de Moreausmes, Engelbert d'Enghien, les seigneurs d'Antoing, de Briffeul, de Lens, la ville de Mons ; pour la Hollande, le seigneur de Hoerne, Othe, seigneur d'Ercle, les seigneurs de Ghaesebeke, de Montfort, d'Haspere, de Zevenberghe, les villes de Harlem, Delft et Leyde ; pour la Zélande, le seigneur de Haemsteden, Frank(e), seigneur de Borssele (alias, van Borselen), le seigneur de Cruint(Cruninghe) et Rasse de Borssele (alias, van Borselen.) ;
    « Contrat de mariage (année 1385, le. Le mariage sera célébré à Cambrai le lendemain, le) entre Guillaume d’Ostrevant (futur Guillaume 
    IV comte de Hainaut) et Marguerite de (Valois) Bourgogne », in,Bibliothèque du château de Chantilly, Mss 1385,folio 58 (traités de 1374-1385)
  9. « A Beauté-sur-Marne, le (date nouv. st.), Philippe II (le Hardi), duc de Bourgogne, comte de Flandre, d’Artois, de Bourgogne et de Rethel, et son épouse Marguerite (Marguerite III (de Dampierre) de Flandre), déclarent que la prorogation décidée de la célébration du mariage de leurs enfants Jean (futur Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne) et Marguerite (de Bourgogne) et de respectivement Marguerite (de Bavière-Straubing) et Guillaume (Guillaume d’Ostrevant), enfants du duc Albert de Bavière(-Straubing), ne changera en rien les clauses des traités passés à ce sujet ».In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1146, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985,p. 243. (Or. sur pch. ; sc. brisé app., 1 sc. disp.) ;

Références

[modifier |modifier le code]
  1. Autrand 1986,p. 332.
  2. ab etcBrugière de Barante 1838,p. 202-204
  3. Secousse 1750,p. Préface xi
  4. abc etdBrugière de Barante 1838,p. 205-206
  5. a etbBrugière de Barante 1838,p. 207
  6. Favier 1980,p. 415
  7. a etbBrugière de Barante 1838,p. 208-208
  8. Brugière de Barante 1838,p. 210-210
  9. abc etdBrugière de Barante 1838,p. 210-212
  10. ab etcBrugière de Barante 1838,p. 213.
  11. a etbB. Roux,Les dialogues de Salmon et Charles VI : images du pouvoir et enjeux politiques, Droz,coll. « Cahiers d'humanisme et Renaissance »,, 174 p.(ISBN 2600002642),chap. III,p. 82.
  12. Autrand 1986,p. 355.
  13. Brugière de Barante 1838,p. 214.
  14. a etbBrugière de Barante 1838,p. 215.
  15. ab etcBrugière de Barante 1838,p. 216-18.
  16. Autrand 1986,p. 408.
  17. Patrick Van Kerrebrouck,Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France,vol. 3 :Les Valois, Patrick van Kerrebrouck,[détail de l’édition],p. 364-5.
  18. Jules d'Arbaumont,Armorial de la Chambre des comptes de Dijon, d'après le manuscrit inédit du père Gautier avec un chapitre supplémentaire pou les officiers du bureau des finances de la même ville, Lamarche,(lire en ligne)
  19. UrbainPlancher,Histoire générale et particulière de Bourgogne, chez L.-N. Frantin impr.,(lire en ligne)
  20. ÉlodieLecuppre-Desjardin,Le royaume inachevé des ducs de Bourgogne (XIVe – XVe siècles), Humensis,(ISBN 978-2-7011-9984-9,lire en ligne)
  21. a etbFrançoiseBaron,, SophieJugie et BenoîtLafay,Les tombeaux des ducs de Bourgogne, Somogy,,p. 33
  22. Sury 2010,p. 149-150, 154, 203-205
  23. Sury 2010,p. 203-204
  24. https://www.academia.edu/34242267/Jean_de_Bourgogne_batard_de_Jean_sans_Peur
  25. VoirLes Valois, de Patrick Van Kerrebrouck - 1990,p. 518.

Sur les autres projets Wikimedia :

Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Jean_sans_Peur&oldid=232980806 ».
Catégories :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2026 Movatter.jp