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À l'appel duroiSigismond de Hongrie menacé par la progression desOttomans, les princes d'Occident réunirent une armée. Jean y remplaça son père et commanda le contingent français. La campagne se termina en par le désastre deNicopolis, où les croisés furent vaincus par lesultanBajazet Ier. Ce fut lors de cette bataille que Jean gagna son surnom de « sans Peur »[1]. Il fut néanmoins fait prisonnier, et son père dut emprunter 100 000 florins à son conseillerDino Rapondi pour payer sa rançon. Il ne rentra en France qu'en.
Philippe le Hardi meurt le. Jean sans Peur prête hommage au roi de FranceCharles VI le de la même année pour son duché de Bourgogne et fait son entrée àDijon le[2]. Il garantit alors aux habitants de la ville le maintien des privilèges dont ils bénéficiaient sous la tutelle de son père[2]. Peu de temps après, Jean sans Peur célèbre le mariage de sa filleMarguerite avec le Dauphin de FranceLouis de Guyenne, puis celui dePhilippe, son fils aîné, avecMichelle de Valois, fille du roi Charles VI. Cela lui permet de s'attirer les faveurs de la reineIsabeau de Bavière qui lui promet de défendre ses intérêts[2].
Le, la mère de Jean sans Peur meurt à son tour. Il entre alors en pleine possession ducomté de Flandre, ducomté d'Artois et ducomté de Bourgogne, devenant par là même aussi puissant que son père[4]. Jean se rend alors dans les riches villes de Flandres dont il est le nouveau seigneur, et rassure la population sur le nouvel impôt que le duc d'Orléans cherche à lever en réaffirmant que ses sujets ne le paieront pas. Il promet également que nulle guerre ne suspendra les relations commerciales des Flandres avec les Anglais[5], une relance du conflit risquant à nouveau de ruiner les Flandres, dont l'industrie drapière dépendait des importations de laines anglaises. La défense des intérêts flamands contre la menace anglaise devient ainsi l'une de ses priorités, et il parvient à reprendreGravelines. Sa volonté de lever une armée pour reprendreCalais aux Anglais ne trouve cependant pas d'écho auprès du duc d'Orléans[5].
Dès 1405, il fait construireune digue pour protéger la Flandre des assauts de la mer, réunissant en une seule structure plusieurs petites digues préexistantes. De nombreux fragments de cette digue existent encore, sous les nomsDigue du Comte Jean,Graaf Jansdijk,'s-Gravenjansdijk,Graafjanstraat, etc., et en les reliant sur une carte on voit que cette digue était proche de la côte actuelle deDunkerque auZwin ; ensuite elle flirtait avec l'actuelle frontière belgo-néerlandaise jusqu'àSas-de-Gand, et se terminait àTerneuzen.
Accaparé dans un premier temps par le règlement des successions de Bourgogne et des Flandres, Jean sans Peur délaisse Paris. En conséquence, les largesses duTrésor royal envers le nouveau duc de Bourgogne s'effondrent au profit d'Orléans. Alors qu'elles avaient représenté jusqu'à 59 % des finances ducales, elles n'en constituent plus que 24 % à partir de 1406[6]. Or, les dépenses de fonctionnement desÉtats bourguignons ne cessaient de s'alourdir. Cette situation obligeait le duc à augmenter sa propre fiscalité, ce qui présentait deux désavantages : la perte du capital de popularité gagné par son père, et de nouvelles tensions avec la turbulenteFlandre. Cette absence et le fait qu'il n'était plus que cousin du roi (alors que son père était l'oncle du roi) affaiblit sa position. Dans le même temps, Louis Ier d'Orléans entreprend l'acquisition de nombreux fiefs dans l'Est (leduché de Luxembourg, les comtés deSoissons,Porcien…) pour contrer la puissance bourguignonne[réf. nécessaire]. Les tensions, qui existaient déjà entre Philippe le Hardi et son neveu, ne firent que croître entre les deux cousins. Il est cependant convoqué aux côtés de l'ensemble des princes de son sang après avoir été informé du mécontentement du peuple, et de la situation de plus en plus dégradée de son royaume, à la merci d'une éventuelle attaque d'une puissance étrangère[7]. Il décide alors de rassembler une armée afin de prendre le contrôle de la capitale. Il part ainsi d'Arras le, accompagné de800 chevaliers et parvient jusqu'àLouvres[8]. En réaction, Louis d'Orléans et la reine prennent la fuite en direction du château dePouilly-le-Fort, près deMelun, avec pour ordre d'y emmener le Dauphin et ses frères le lendemain[9].Jean sans Peur parvient cependant à intercepter le convoi, et propose au DauphinLouis de le ramener à Paris. Il est soutenu par les ducs de Berry et de Bourbon lors de son retour à la capitale, et convoque une grande assemblée où siège le Dauphin le[7].
Au cours d'un discours adressé au Dauphin, il réaffirme alors son allégeance (ainsi que celle de ses frères) au royaume de France et à son souverain, et expose ses craintes quant à l'exercice du pouvoir en général, et aux menaces représentées par la corruption, la mauvaise gestion du « domaine royal » qui tombe en désuétude, et la pression fiscale qui écrase l'Église en particulier[9]. Il conclut en outre que le peuple français court à sa perte si une telle politique est maintenue, et que la menace grandissante représentée par les Anglais doit être combattue avec une armée digne de ce nom, faute de quoi une éventuelle défaite pourrait être directement imputée au roi[9]. En outre, il rassure l'assemblée en expliquant qu'il agit avec le consentement du Dauphin, et que son armée n'a pour seul but que de défendre Paris contre les ennemis que le roi avait dans son royaume[9].
Les deux ducs se livrent alors à une intense propagande, écrivant aux grands et aux bonnes villes du royaume, cherchant à faire valoir leurs points de vue sur les évènements de 1405. Leur entente apparente dissimule en réalité une volonté de renforcer leur influence auprès du pouvoir[15]. Jean sans Peur se positionne alors comme un défenseur des intérêts du peuple, tout en tentant de lever des fonds dans ses provinces[15]. Il faut dire que 9/10e des revenus du frère du roi provenaient alors du seul Trésor royal[16]. Se surajoutent à cela, des vues différentes sur leschisme de la papauté que connaît alors l'Occident chrétien. Trop occupé par l'administration du royaume, le duc d'Orléans abandonne les questions religieuses au Parlement et à l'Université, favorables à l'Église gallicane, au pouvoir du roi, et aux privilèges du clergé[15].
Le, une ordonnance réorganise le Conseil royal, en confortant l'entourage du roi dans la gestion des affaires du royaume, et en confirmant la succession du duc de Bourgogne dans l'ensemble des responsabilités qui incombaient à son père[Note 3]. À la faveur de celle-ci,Louis Ier d'Orléans, avec le soutien des princes de sang,Berry,Bourbon etAnjou, procède à l'épuration des conseillers bourguignons, amenuisant davantage l'influence de Jean sans Peur. Dès lors, soucieux de ne pas perdre sa position au Conseil de Régence, Jean Ier de Bourgogne décide de faire assassiner son cousin Louis d'Orléans.
Guerre civile entre les Armagnacs et les Bourguignons
En 1407, le ducLouis Ier d'Orléans est assassiné sur ordre de Jean sans Peur.
C'est le, dans la nuit, que Louis d'Orléans, sortant de l'hôtel de la reine, est assassiné lors d'un guet-apens organisé parRaoul d'Anquetonville, sur ordre de Jean sans Peur. Cependant, les meurtriers avaient lancé dans leur fuite deschausse-trappes afin de ralentir d'éventuels poursuivants, autant d'indices qui menèrent les enquêteurs vers l'hôtel d'Artois, résidence parisienne du duc de Bourgogne. Celui-ci décide d'ailleurs de prendre les devants. Le 26, lors d'une séance du Conseil royal, il avoue son forfait à son cousin Anjou et à son oncle Berry, ce dernier lui conseillant peut-être de fuir, ce qu'il fait le lendemain en prenant la route des Flandres, avec quelques fidèles.
Le peuple de Paris se félicite de la disparition du duc d'Orléans, qui était alors synonyme d'impôts. Il assure de nouveau son soutien à Jean Ier de Bourgogne. Cependant,Valentine Visconti, veuve du duc d'Orléans, demande au roi de faire justice du meurtre de son mari. Unlit de justice se réunit à Paris le, sans aboutir à un verdict. L'action est éteinte avec la mort de la veuve survenue le. De son côté, Jean sans Peur présente sa défense afin de justifier son crime, en faisant appel au théologienJean Petit.
Après cela, il fait arrêter le favori du roi et son ennemi politiqueJean de Montagu avec l'aide duprévôt de Paris,Pierre des Essarts en 1409, lors d'un épisode maniaque du roi, et après un procès sommaire, Montagu est décapité augibet de Montfaucon. L' emprise de Jean sans Peur sur le gouvernement est encore augmentée.
En 1411, c'est donc avec la complicité de la reineIsabeau de Bavière que Jean sans Peur s'empare de l'autorité royale et qu'il tente, en, d'évincer lesArmagnacs du Conseil de régence. Mais lapaix d'Arras () voulue par le roi Charles VI et négociée entre son fils, ledauphin Louis de Guyenne et Jean sans Peur, renvoie les adversaires Armagnacs et Bourguignons dos à dos, avec interdiction d'afficher leurs signes distinctifs et leurs emblèmes. Jean sans Peur, écarté du pouvoir, s'éloigne de Paris qui reste dominé par les Armagnacs fidèles au roi de France.
En 1417, alors que le roiCharles VI est sujet à de graves crises de démence, lesArmagnacs sont toujours au pouvoir à Paris. Ils sont alliés au nouveaudauphin Charles de France. En effet, en, celui-ci vient de succéder à ses deux frères aînés, morts prématurément et, à l'âge de quatorze ans, il vient d'être nommé à Paris lieutenant-général du royaume, avec pour mission de participer au Conseil de Régence présidé par la reine Isabeau de Bavière[Note 4].
Le nouveau dauphin Charles et ses alliés Armagnacs considèrent que la reineIsabeau de Bavière est influencée par Jean sans Peur et qu'elle est hostile à leur cause. Ils l'écartent du pouvoir en l'envoyant àTours, en, sous bonne garde. La reine conservera un souvenir amer de cette mésaventure et se vengera ultérieurement de son fils. Jean sans Peur la rejoint et constitue avec elle àTroyes un gouvernement opposé à celui des Armagnacs. Il décide d'envahir Paris et de prendre le pouvoir en éliminant le nouveau dauphin.
En 1418, les troupes bourguignonnes, associées au tueurCapeluche, envahissent Paris en pleine nuit, le, et massacrent le comteBernard VII d'Armagnac ainsi qu'un grand nombre d'Armagnacs. Elles menacent dans sa vie ledauphin de France qui réside à l'hôtel Saint-Pol à Paris. Ce dernier est sauvé par des officiers Armagnacs fidèles à la couronne de France et va se réfugier àBourges, capitale de sonduché de Berry, pour y organiser la résistance, face aux Anglais et aux Bourguignons.
Jean sans Peur contrôle désormais le pouvoir à Paris. Il prend alors l'initiative de proposer au dauphin, réfugié à Bourges, d'abandonner la résistance et de revenir dans la capitale, afin de se placer sous la tutelle de ses parents, le roiCharles VI et la reine Isabeau de Bavière. Pour parvenir à ses fins, il organise trois rencontres :
Le, il rencontre la reine Isabeau de Bavière àSaint-Maur-des-Fossés, en l'absence du roi Charles VI et du dauphin, pour concocter letraité de paix de Saint-Maur[Note 5]. Le dauphin est accusé implicitement par Jean sans Peur, sous prétexte de pardon et au moyen d'une argutie tortueuse, de complicité dans les maux dont seraient coupables les Armagnacs, et notamment du meurtre de ses deux frères aînés. Bien qu'il ne s'agisse que de soupçons formulés par Jean sans Peur, destinés à être soumis à des preuves, le dauphin et son Conseil, dirigé principalement parJean Louvet, président de Provence, refusent catégoriquement — et pour cause ! — d'entériner le traité qui leur est présenté en vain, àSaumur, par leduc de Bretagne, co-signataire du texte incriminé[Note 6].
Le a lieu la rencontre deMontereau, destinée à consolider le traité du Ponceau. Le dauphin reproche à Jean sans Peur de ne pas en avoir respecté les clauses, le ton monte et la rencontre se termine tragiquement par l'assassinat de Jean sans Peur.
Jean sans Peur est assassiné le, à l'occasion de son entrevue avec ledauphin àMontereau-Fault-Yonne. Cette rencontre avait pour but de tenter de réconcilier les deux factions rivales en guerre, les Armagnacs et les Bourguignons, et de mettre fin aux hostilités qui divisaient la France pendant la guerre de Cent Ans. C'estJean de Thoisy,évêque de Tournai, qui est chargé de prévenir lecomte Philippe de Charolais de la mort de son père. En succédant à Jean sans Peur, le nouveau duc de Bourgogne, sous le nom dePhilippe le Bon, se vengera du dauphin de France en s'alliant aux Anglais et en concoctant letraité de Troyes, par lequel le dauphin est déshérité du trône de France au profit du roiHenri V d'Angleterre.
Funérailles de Jean sans Peur, enluminure desVigiles de Charles VII, vers 1484, BnF, département des manuscrits, ms. Français 5054,fo 3 ro.
Comme son pèrePhilippe le Hardi, Jean sans Peur a été enterré à lachartreuse de Champmol.Philippe le Bon, fils et héritier de Jean sans Peur, se charge de lui faire exécuter un tombeau monumental, digne de son rang de prince, sur le modèle de celui de Philippe le Hardi. La commande en est donnée àClaus de Werve, alors sculpteur officiel des ducs de Bourgogne, qui avait achevé le tombeau de Philippe le Hardi. Le chantier traîne en longueur et, à la mort de Claus de Werve en 1439, il est confié à son successeurJean de la Huerta. Il est achevé par un troisième sculpteur,Antoine le Moiturier[21].
Le tombeau de Jean sans Peur est copié sur celui de son père. Il s'agit donc d'un gisant sur dalle noire, avec en soubassement un cortège depleurants d’albâtre (enfants de chœur, clercs, membres de la famille, officiers et gens de maison drapés dans des manteaux de deuil) sous des arcades formées d'une alternance de travées doubles et de niches triangulaires. Jean sans Peur partage son tombeau avec son épouse,Marguerite de Bavière. Deux anges soutiennent le casque du duc, deux anges porte-écus sont à la tête de son épouse tandis que deux lions sont couchés à leurs pieds. La qualité est comparable à celui de Philippe le Hardi, bon nombre de pleurants sont même des copies conformes des pleurants du tombeau de Philippe, mais par la suite, lors du remontage des tombeaux, lespleurants ont été mélangés, rendant difficile toute comparaison stylistique[21]. Déplacé à Saint-Bénigne en 1792, le tombeau est aujourd'hui, comme celui de Philippe le Hardi, présenté aumusée des beaux-arts de Dijon. En 2012-2013, ses pleurants ont fait l'objet de prêts à des musées prestigieux où ils ont été présentés de façon autonome, comme lemusée de Cluny à Paris.
Écartelé d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bordure componée d'argent et de gueules (qui est de Valois-Bourgogne[Note 7]) et de bandé d'or et d'azur de six pièces à la bordure de gueules (qui est de Bourgogne ancien); sur le tout d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules (qui est de Flandre).
M. Secousse,Ordonnance des Rois de France de la Troisième Race : Recueillies par ordre chronologique, Imprimerie Royale,(lire en ligne).
Jean-Marie Cauchies (éd.),Ordonnances de Jean sans Peur, 1405-1419 (Recueil des ordonnances des Pays-Bas, première série, première section,tomeIII), Bruxelles, Ministère de la Justice-Commission royale pour la publication des anciennes lois et ordonnances de la Belgique, 2001,XXIX-577 p.,présentation en ligne,présentation en ligne.
GeorgesPeyronnet, « L'assassinat du duc de Bourgogne Jean sans Peur sur le pont de Montereau () »,Bulletin de l'association des amis du Centre Jeanne d'Arc,no 29,,p. 7-73.
Bertrand Schnerb, « Un aspect de la politique financière de Jean sans Peur : la question des dépenses de guerre »,Publication du Centre européen d'études bourguignonnes,no 27, 1987,p. 113-128.
BertrandSchnerb,« La politique des ducs de Bourgogne Philippe le Hardi et Jean sans Peur en matière de fortifications urbaines (1363-1419) », dans Gilles Blieck,Philippe Contamine, Nicolas Faucherre et Jean Mesqui (dir.),Les enceintes urbaines (XIIIe – XVIe siècle), Paris, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS),, 352 p.(ISBN2-7355-0378-X,lire en ligne),p. 345-352.
↑Le discours exact prononcé par Jean-Sans Peur est le suivant :« Je ne puis m'empêcher de déclarer que vouloir charger le pauvre peuple d'une nouvelle taille est un dessein tyrannique. Il est horriblement grevé de la dernière dont on a reçu des sommes au moins suffisantes à ce que nous avions délibéré de faire pour le bien du royaume. J'ai cru que mon devoir m'obligeait de parler ainsi. Le conseil peut ordonner ce qui lui plaira, mais s'il s'accorde avec mon cher cousin d'Orléans pour mettre cette taille, je proteste tout haut que j’empêcherai bien que mes sujets en soient grevés ; elle n'aura cours dans aucune de mes terres. Aussi bien ai-je des chevaliers et des écuyers tout prêts à exécuter les ordres de monseigneur le roi, et en tel nombre qu'il lui plaira. Ils ne refuseront aucune occasion de toutes celles qui se présenteront pour le bien du royaume. Je dis plus : si le reste de l'argent qu'on a levé l'an dernier ne suffit pas, j'aime mieux, pour fermer la bouche à ceux qui seraient mécontents de mon avis, payer de mes deniers la part qui devrait être supportée par mes sujets, pourvu que la taxation soit faite par des gens de bien, et à condition aussi qu'il soit dûment justifié des motifs qui ont empêché la dernière taille d'être suffisante. » Brugière de Barante,p. 206.
↑Le contenu exact de l'acte est le suivant :« Lorsque notre absence ou certaines autres occupations nous empêchent de vaquer et entendre bonnement aux affaires et besognes de nous, de notre royaume et de la chose publique, connaissant entièrement la très-grande loyauté, sens et prud'hommie de notre très-cher et très-aimé cousin le duc de Bourgogne, et considérant la bonne et vraie amour qu'il a envers nous, et le bon vouloir qu'il porte aux affaires et besognes de nous et du royaume, nous avons résolu, ordonné et ordonnons que notre dit cousin soit mis au lieu et place de feu notre oncle son père, dans les pouvoirs donnés à notre très-chère et aimée compagne, la reine, à nos très-chers et très-aimés oncles et frères les ducs de Berri, de Bourgogne, d'Orléans et de Bourbon, à notre chancelier et autres de notre conseil, pour vaquer et entendre aux grandes affaires de nous et de notre royaume, quand nous en sommes empêché. » Brugière de Barante,p. 217.
↑Le frère du nouveau dauphin Charles, le premier dauphin,Louis de Guyenne, gendre de Jean sans Peur, est mort prématurément le. Son autre frère, le second dauphin,Jean de Touraine, qui était entièrement soumis à l'influence de Jean sans Peur, meurt soudainement le. Les Armagnacs sont soupçonnés de les avoir fait empoisonner (Journal d'un bourgeois de Paris, réédition Henri Jonquières, Paris, 1929,p. 109)
↑Ce traité prévoit que : « Tout fut pardonné aux Armagnacs les maux qu'ils avaient fait et si étoit prouvé contre eux qu'ils étoient consentants de la venue du roy d'Angleterre et qu'ils en avaient eu grands deniers de la part dudit roy ; item, d'empoisonner les deux aisnés fils du roy de France, […]. » (Journal d'un bourgeois de Paris,Ibid.
↑Le ducJean V de Bretagne était envoyé en mission par Jean sans Peur pour accompagnerMarie d'Anjou auprès de sa mère,Yolande d'Aragon, qui résidait auchâteau de Saumur, en compagnie de son futur gendre, le dauphin de France,Charles de Ponthieu. Marie d'Anjou, fiancée du dauphin avait été retenue en otage à Paris par les Bourguignons lors de leur invasion de Paris. D'après le projet de Jean sans Peur, elle devait servir de monnaie d'échange contre la ratification du projet de traité de Saint-Maur que le dauphin refusera de ratifier. Elle recouvrera la liberté sans que le dauphin, bien épaulé par Yolande d'Aragon et par ses conseillers, passe par cette épreuve.
À Courtrai(Kortrijk), le, Philippe (le Hardi), duc de Bourgogne, comte de Flandre, d’Artois, de Bourgogne et de Rethel, et son épouse Marguerite (de Flandre), et le duc Albert de Bavière, bail, gouverneur des comtés de Hainaut, etc., et son épouse Marguerite (Marguerite de Brieg, alias, Margaretha von Schlesien-Liegnitz), font connaître les clauses du traité de mariage conclu entre Jean (futur Jean-sans-Peur) et Marguerite (de Bavière-Straubing), leurs enfants respectifs.In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1147, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985,p. 243. (Or. sur pch. ; 4 sc. app., dont 2 ébréchés.) ;
À Courtrai (Kortrijk), le, Philippe (le Hardi), duc de Bourgogne, comte de Flandre, d’Artois, de Bourgogne et de Rethel, et son épouse Marguerite (de Flandre), font connaître les dispositions complémentaires qu’ils ont prises touchant la fixation du douaire de Marguerite (de Bavière-Straubing), fille d’Albert de Bavière, promise à leur fils aîné (le futur Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne).In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1148, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985,p. 243. (Or. sur pch. ; 2 sc. app., dont 1 ébréché.) ;
À Arras, le, Philippe (le Hardi) duc de Bourgogne, etc., donne procuration à Pierre Varopel, receveur général de ses finances, et à d’autres pour recevoir du duc Albert de Bavière, comte de Hainaut, de Hollande, et de Zélande, le reliquat de la dot convenue lors du mariage de la fille de ce dernier (Marguerite de Bavière-Straubing) avec Jean (le futur Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne), comte de Nevers, fils du disposant.In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1155, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985,p. 245. (Copie dans un acte du relatant un acte dressé à Arras le 21/06/1389.) ;
À Cambrai, le, l’Official de Cambrai fait savoir qu’en sa présence, Pierre Varopel, receveur général des finances de Philippe (le Hardi), duc de Bourgogne, procureur de celui-ci et de son fils Jean (le futur Jean-sans-Peur), comte de Nevers, a donné quittance au duc Albert de Bavière, comte de Hainaut, de Hollande, de Zélande, et à son fils Guillaume, comte d’Ostrevant (en Hainaut), d’une somme de 18 000 florins d’or, dits francs de France, constituant le reliquat de la somme principale attribuée en dot par ledit duc Albert à sa fille Marguerite (de Bavière-Straubing), à l’occasion de son mariage avec le susdit comte de Nevers. Suit la teneur des lettres de procurations dressées à cet effet, le, par le duc de Bourgogne et son fils. Souscription et signature de Jean Creton, tabellion du diocèse de Cambrai et notaire de la curie du même lieu.In, G. Wymans, « Inventaire analytique du chartrier de la Trésorerie des comtes de Hainaut », aux A.E. Mons, n° d’ordre (cote) 1158, Éditions A.G.R., Bruxelles, 1985,p. 246. (Or. sur pch. ; sc. disp.)
↑Jules d'Arbaumont,Armorial de la Chambre des comptes de Dijon, d'après le manuscrit inédit du père Gautier avec un chapitre supplémentaire pou les officiers du bureau des finances de la même ville, Lamarche,(lire en ligne)
↑UrbainPlancher,Histoire générale et particulière de Bourgogne, chez L.-N. Frantin impr.,(lire en ligne)