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| Victor Moreau | ||
Portrait parFrançois Gérard, vers 1797 | ||
| Naissance | [1] Morlaix | |
|---|---|---|
| Décès | (à 50 ans) Laun, Mort au combat | |
| Origine | Français | |
| Allégeance | ||
| Grade | Général de division Feld-maréchal Maréchal de France (à titre posthume) | |
| Années de service | 1791 –1813 | |
| Commandement | Armée du Nord Armée du Rhin | |
| Conflits | Guerres de la Révolution Guerres napoléoniennes | |
| Faits d'armes | Bataille de Tourcoing Bataille de Cassano Bataille de Novi Bataille de Höchstädt Bataille de Hohenlinden Bataille de Dresde | |
| Hommages | Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile,13e colonne. | |
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Jean Victor Marie Moreau, né le et ondoyé le àMorlaix (Finistère) et mort le àLaun (parfois orthographiéLahn ou Louny), enBohême, est ungénéral français de la Révolution, égalementfeld-maréchal deRussie etmaréchal de France à titre posthume.

Son père, Gabriel-Louis Moreau, sieur de Lizoreux (1730-1794), conseiller du roi, était avocat estimé puis juge, lieutenant civil aubailliage deMorlaix, et sa mère Catherine Chapperon de L'Isle (1730-1775), était la fille d'un négociant et la petite-fille de Pierre Bernard de Basseville, uncorsaire morlaisien. Jean Victor perd sa mère jeune et est élevé par son père, aux côtés de ses frères et sœurs[2].
Le père futguillotiné àBrest le, après avoir été condamné pour avoir caché desprêtres réfractaires, avoir été « l'agent d'émigrés » et avoir fait passer de l'argent au marquis de Lescoët.
Sur les quinze enfants nés du mariage, huit survécurent. Le frère cadet de Victor,Joseph (1764-1849), est d'abord avocat ; membre duTribunat le24 pluviôse anVIII (), il proteste contre l'accusation portée contre son frère. Sous laRestauration, il est administrateur des Postes, député d'Ille-et-Vilaine, préfet deLozère, puispréfet de Charente.
Le plus jeune des frères, Pierre-Marie-Lubin, est aide de camp de Victor, puis colonel etbaron sous la Restauration.
La famille est apparentée àMaupertuis (1698-1759), savant, mathématicien, physicien et philosophe.
Après qu'il a effectué ses études secondaires aucollège du Kreisker àSaint-Pol-de-Léon, malgré le désir de son fils, Gabriel Moreau n'a pas voulu qu'il entre dans l'armée et lui a imposé d'étudier ledroit à l'Université de Rennes, afin de le destiner à une carrière judiciaire[2],[3] L'école de droit de Rennes est réputée et parmi ses professeurs, on trouveJean-Denis Lanjuinais,Isaac Le Chapelier etGohier. Moreau est un étudiant prolongé qui reste sept ans à l'école, devenant le « prévôt du droit », c'est-à-dire celui qui est chargé de faire régner l'ordre et la discipline.
Le romancier et folkloriste,Émile Souvestre, se faisant le scribe de son père, Baptiste, étudiant à Rennes lui-aussi, décrit Moreau dans lesMémoires d'un sans-culotte bas-breton :
« Il était renommé pour son coup d'œil et son heureuse humeur. Il exerçait sur ses compagnons une sorte de magistrature : c'était lui qui jugeait les querelles, essayait de les apaiser ou, au contraire, autorisait le duel. Il mettait aux voix l'expulsion des étudiants qui avaient pu forfaire à l'honneur. Son autorité s'étendait jusqu'au théâtre où il décidait du rejet ou de l'acceptation des acteurs. Simple de goûts, généreux, dévoué, Moreau était chéri de ses compagnons. »
En 1788, peu avant laRévolution française, leParlement de Bretagne àRennes refuse d'enregistrer les édits deBrienne qui bouleversent l'organisation judiciaire de laBretagne et instituent les mêmes droits et impôts qu'ailleurs, dont les droits sur le sel (lagabelle) au mépris des clauses de l'édit d'Union de 1532.
Des troubles éclatent pour défendre les magistrats et des soldats sont envoyés pour les obliger à obéir. Moreau, en tant queprévôt du droit, organise les étudiants en unemilice qui prend part aux échauffourées entre les jeunes nobles et le peuple, devenant ainsi célèbre enBretagne sous le nom de « général du Parlement ». C'est son premier acte notable, à la fois politique et militaire.
L'arrestation de deux magistrats provoque l'émeute à Rennes et les corps constitués s'insurgent. Moreau écrit à toutes les universités du royaume pour les informer que l'ordre des avocats de Rennes« suspendait ses fonctions devant des magistrats qui seraient assez lâches pour renoncer au plus beau de leur droit : l'enregistrement. À l'exemple de la Cour [de justice] de Rennes, nous avons cru devoir nous refuser à prêter serment aux lois de notre pays, devant des hommes qui concouraient à leur destruction, après avoir juré d'en être les défenseurs. »
Le, lors de lajournée des bricoles, une troupe d'agitateurs composée pour une grande part de domestiques de nobles, s'attaque à des étudiants devant la porte d'un café. Moreau organise la résistance, fait enlever les armes de la milice bourgeoise de leur magasin, et appelle à la rescousse 400 étudiants deNantes. Le lendemain matin, les étudiants se sont rendus maîtres du pavé, sur lequel on trouve de nombreuses bricoles (cordes qui servent aux chaises à porteurs), d'où le nom de « journée des bricoles » qui est resté. Les affrontements continuent le jour suivant, car toute la jeunesse qui soutenait les idées nouvelles vient se mettre sous les ordres de Moreau[5].
Alors que les États-Généraux se sont ouverts le, Victor Moreau se fait initier en octobre commefranc-maçon, dans la mêmeloge (laParfaite union) où officiaitIsaac Le Chapelier, il ne cesse durant sa vie d'être en relation avec sa loge mère, ou il figure sur les actes de la loge entre 1805 et 1810, durant le temps de son exil et avec le grade de« Chevalier d'orient »[6]. Des compagnies degardes nationaux ayant été formées dans les villes, il réunit une compagnie de canonniers de la garde nationale deRennes et est élu capitaine. En 1790 il préside laconfédération de la jeunesse bretonne et angevine réunie àPontivy à partir du. Il dépose l'acte fédératif sur l'autel de l'église où ont lieu les réunions et improvise un serment solennel :
« Nous jurons par l'honneur de rester à jamais unis par les liens de la plus étroite fraternité ; nous jurons de combattre les ennemis de la Révolution, de maintenir les droits de l'homme et du citoyen, de soutenir la nouvelle constitution du Royaume et de prendre, au premier signal du danger, pour cri de ralliement, vivre libre ou mourir. »
Quelque temps après, il passe ses examens d'avocat, mais il n'exercera jamais ce métier.

En, il est élu lieutenant-colonel du1er bataillon de volontaires d'Ille-et-Vilaine qui part immédiatement pour la frontière de l'Est. Avec eux il sert en 1792 à l'armée du Nord deDumouriez. Le, il s'empare dufort de Stephenswerth. En mars, il se signale àNeerwinden. Sous les ordres deJoseph Souham, il se distingue dans la défense deDunkerque encerclée par les Anglais et reçoit le grade de lieutenant-colonel puis celui d'adjudant général. À la fin de l'année 1793 le, la bonne conduite de son bataillon, son caractère martial et ses principes républicains lui assurent une promotion commegénéral de brigade, en même temps queNapoléon Bonaparte qui venait de se montrer comme l'artisan principal de la reprise deToulon aux Anglais.
Carnot, réputé pour avoir bon œil quant aux qualités d'un chef, le promeutgénéral de division le, et lui donne le commandement de l'aile droite de l'armée dans lesFlandres. Il prendCourtrai etMenin et contribue à la victoire deMouscron le. D'abord sous les ordres de Souham, il passe sous ceux dePichegru et prend successivementYpres,Bruges,Ostende,Nieuport etL'Écluse. Après la prise de Nieuport le 18 juillet 1794, Moreau demande aux représentants en mission de ne pas appliquer le décret du 7 prairal, qui refusait aux soldats britanniques et hanovriens la possibilité de se constituer prisonniers.Lazare Carnot approuve cette décision, fondée sur des motifs d'efficacité militaire[7]. Son père est guillotiné à Brest quelques jours plus tard ; choqué, Moreau est à deux doigts de passer à l'ennemi[8].
Sous le commandement de Pichegru, la Hollande est prise. Le, il est nommé commandant en chef de l'armée du Nord, en remplacement de Pichegru. Son principal rôle est de maintenir le bon fonctionnement de la convention passée entre la République française et laRépublique batave (ex-République des Provinces-Unies) sans interférer dans les affaires de celle-ci.

Labataille de Tourcoing de 1794 établit sa célébrité militaire, et deux ans plus tard, il obtient la direction de l’armée de Rhin-et-Moselle en remplacement deDesaix le, avec laquelle il franchit leRhin et avance enAllemagne. Moreau commande en chef pour la première fois au mois d’avril 1796 l'armée du Rhin et Moselle. Il passe ce fleuve au mois de juin, alors queNapoléon Bonaparte se rend maître de toute l'Italie[9].
Au début, il est victorieux (prise de Mayence et deKehl, victoires deHeydenheim le puis deMainbourg le) mais il se heurte auxAutrichiens aux abords de Ratisbonne et Munich qui le forcent à la retraite (compte tenu des défaites de Jourdan à Amberg et Wurtzburg en août et septembre 1796). Celle-ci est considérée comme un modèle du genre d'autant qu'il ramène plus de cinq mille prisonniers.
En, après des difficultés prolongées par le manque d'argent et de matériel, il traverse à nouveau le Rhin en même temps que Hoche mais leurs opérations sont interrompues par lespréliminaires de la paix de Leoben.
À Cologne, il avait réorganisé l'armée de Sambre-et-Meuse pour en confier ensuite le commandement augénéral Hoche[3]. En avril, il lance la troisième campagne d’Allemagne et attaque les forces autrichiennes et reprend le fort deKehl, en faisant plusieurs milliers de prisonniers[3].
C'est à cette époque qu'il découvre la correspondance secrète et codée établissant la trahison entre son ancien camarade et chefPichegru et l'émigréprince de Condé (affaire du fourgon de Klinglin saisi lors de la prise d’Offenbourg 21 avril 1797). Il a été le témoin de Pichegru contre des premières dénonciations de déloyauté, mais il s’aperçoit alors que son attitude le rend lui-même suspect de complicité. Il tarde à transmettre -en antidatant le signalement- ces éléments de preuve au Directoire, tandis que le coup d’Etat du 18 fructidor entraîne la chute de Pichegru et son emprisonnement à Cayenne. Moreau, convoqué à Paris et soupçonné de déloyauté, est mis en réforme le 23 septembre perdant son commandement.
Il est démis et ce n'est qu'en l'absence de Bonaparte et l'avance victorieuse deSouvorov qui rend nécessaire l'emploi d'un général d'expérience, qu'il reçoit le commandement de l'armée d'Italie. Le il est rappelé comme commandant en chef de l'armée d'Italie à la place deSchérer. Le, il remporte la victoire deSan Giuliano.
Il reste avec son successeurJoubert jusqu'à labataille de Novi où ce dernier est tué. Il mène alors la retraite et remet les troupes entre les mains deChampionnet[10]
En 1799, Moreau ne semble plus jouir d'aucun crédit, ni dans l'armée, ni au sein la nation[11]. Sa conduite lors ducoup d'État du18 fructidor anV l'a discrédité dans tous les partis[12] .
Quand Bonaparte revient d'Égypte, il trouve Moreau àParis, très mécontent duDirectoire, tant comme militaire que comme républicain[13]Il refuse en 1799 de prendre la tête d'un soulèvement militaire contre le Directoire. Lors ducoup d'État du 18 Brumaire, après que Bonaparte eut pris le commandement de la17e division militaire et des troupes qui sont à Paris, il donne celui desTuileries àLannes, celui duchâteau de Saint-Cloud àMurat, celui de la chaussée de Paris et Saint-Cloud àSérurier, celui deVersailles àMacdonald et celui duLuxembourg à Moreau. 400 hommes de la96e sont destinés à marcher sous ses ordres pour garder cepalais ; ils s'y refusent ; disant qu'ils ne veulent pas marcher sous les ordres d'un général qui n'est paspatriote. Napoléon doit s'y rendre lui-même et les haranguer pour lever ces difficultés. Il prête main-forte à Bonaparte en bloquant deux des directeurs,Gohier etMoulin, dans le Luxembourg et les obligeant à signer leur démission.
Le nouveauPremier consul Bonaparte lui confie l'armée du Rhin[14]
Voir surWikisource en anglais : |
Pendant l'armistice deParsdorf, Moreau, ayant fait un voyage àParis, descend auxTuileries alors qu'il n'y est pas attendu. Comme il est avec lePremier consul, le ministre de la guerre,Carnot, arrive deVersailles avec une paire depistolets, couverts dediamants d'un très haut prix, destinés au Premier consul qui les prend et les remet à Moreau, en disant :« Ils viennent fort à propos. » Cette scène n'est pas arrangée, et cette générosité frappe le ministre.

Ayant repoussé les offres de Bonaparte de le marier avec sa sœurCaroline Bonaparte[15] ou avec sa belle-filleHortense de Beauharnais[16],[17], puis avec la fille d'un de ses obligés, Moreau épouse en 1800, sans prévenir,Mlle EugénieHulot d'Osery (1781-1821), sœur deÉtienne-Hélène-Constant Hulot d'Osery, fille de Guérit Hulot, trésorier principal de la marine et des colonies auxMascareignes, et de Perrine Jeanne Lory des Landes[18], une richecréole de l'Île de France (actuelleÎle Maurice), opposée au cercle deJoséphine de Beauharnais, dont la famille ambitieuse prend une ascendance complète sur lui[3]. Le Premier Consul goûte peu ces manifestations d'indépendance et commence à s'en méfier.
Il se conduisait toujours très simplement, ne recevant que des anciens militaires.
Mis à la tête de l'armée française du Rhin pendant l'année 1800, avec à sa demandeCharles Malenfant comme adjoint à l'État-major, il traverse le Rhin le 25 avril. Il commence par remporter début mai une victoire sur les Autrichiens deKray à labataille d'Engen Dans le même temps, legénéral Lecourbe, son lieutenant, remporte un succès complet sur un corps autrichien à labataille de Stockach. Deux jours après, Moreau livre une nouvelle bataille assez sanglante àMoëskirch et réussit encore à vaincre les Autrichiens de Kray. S'ensuit une série ininterrompue de succès pour l'armée française du Rhin. Moreau et Lecourbe réussissent notamment à forcer le passage duDanube après une nouvelle victoire àHöchstadt. Le général autrichien Kray signe alors unarmistice à Parsdorf le 15 juillet. L'armée française du Rhin, sur sa lancée, s'établit enBavière.
Quelques mois plus tard, l'armistice est rompu. L'armée autrichienne, commandée dorénavant par l'archiduc Jean, lance une offensive en direction de Moreau pour le refouler jusqu'au Rhin. Le général français prépare la riposte. Il évacue son quartier général deHaag, en avant de la forêt deHohenlinden, à l'Est deMunich, et feint la retraite. Il installe son corps d'armée sur la lisère Nord de la forêt pour tendre une embuscade dans une large clairière qu'il a repérée.

Le, sous la neige, s'engage labataille de Hohenlinden. Le commandant autrichien, trop confiant et les croyant en train de s'effondrer, fait manœuvrer son armée en direction des Français. Trois colonnes autrichiennes s'avancent par les seules routes existantes, dont une seule est empierrée. C'est alors que la contre-offensive française débute.Grouchy,Ney etRichepanse attaquent la colonne autrichienne du centre par le flanc, de front, et par les arrières. Les48e,57e,76e et46e demi-brigades chargent la baïonnette en avant et culbutent tout ce qu'elles rencontrent sur leur passage. Les bataillons autrichiens et bavarois sont culbutés les uns sur les autres, des milliers d'ennemis sont capturés en peu de temps, car la colonne autrichienne du centre est écrasée. Dans le même temps,Grenier etDecaen repoussent, quant à eux, les deux autres colonnes autrichiennes et leur font aussi bon nombre de prisonniers. La victoire des Français est décisive et donc stratégique. Les généraux français Richepanse et Lecourbe se mettent immédiatement à la poursuite des Autrichiens, occasionnant encore de nombreux prisonniers.
Vienne, capitale de l'empire d'Autriche est bientôt menacée. Les Autrichienscapitulent et demandent la paix. C'est la fin de la guerre et les Français de Moreau l'ont terminée victorieusement. C'est aussi la dernière bataille des guerres de la Révolution française. C'est letraité de Lunéville qui confirme quelque temps après la défaite de l'Autriche[19].

Moreau revient ensuite en France pour jouir de la fortune obtenue pendant ses campagnes, bien qu'il n'ait jamais rien pris de biens étrangers pour son compte. Il devient propriétaire d'un hôtel rue d'Anjou (actuelle20rue de la Chaussée-d'Antin) àParis, auquel il donne son nom, et l'occupe de 1799 à 1801[20],[21].
Il aménage l'hôtel d'Anjou et achète aussi pour 200 000 francs en 1801 àPaul Barras, qui s'exile enBelgique, lechâteau de Grosbois dans leVal-de-Marne , où il va souvent pourchasser[22] ; Grosbois étant situé à une vingtaine de kilomètres de son domicile parisien.
Sa femme rassemble les opposants à la montée du pouvoir de Bonaparte. Moreau se retrouve impliqué dans la conjuration de 1804, contre le Consul à vie, menée parCadoudal etPichegru. Moreau est arrêté le 16 février 1804 (26 pluviose an XII)[23]. Paris devenant une souricière, sont arrêtés Pichegru, Cadoudal et d'autres conspirateurs[24].
Le 6 avril Pichegru est retrouvé étranglé dans sa prison. Cadoudal est condamné à mort. Moreau est d'abord déclaré innocent par ses juges, puis est condamné à deux ans de prison après une seconde délibération exigée par Bonaparte, peine qui mécontente tout le monde, y compris Bonaparte qui réclamait sa tête ; quand il prend connaissance du verdict, Bonaparte laisse sans retenue éclater sa colère et s'écrie :« Ils me l'ont condamné comme un voleur de mouchoir ! »[17]. Bonaparte, devenu depuis le 18 mai Napoléon 1er empereur, heureux d'être débarrassé d'un opposant, commue la peine enbannissement et fait rayer Moreau des cadres de l'armée le.
Les débats ouverts le 8 prairial an XII furent clos le 21 (soit du 28 mai au 10 juin 1804)[25].
Moreau part pour lesÉtats-Unis d'Amérique via l'Espagne où il séjourne longuement[17]. À son débarquement àPhiladelphie en 1805, le général est accueilli avec enthousiasme ; une foule se presse sur les quais et plusieurs députés et sénateurs sont venus le saluer. À leurs paroles de bienvenue, il répond en s'inclinant, car à ce moment, il ne parle pas un mot d'anglais.
Il visiteNew York et sa région, et les autorités américaines donneront son nom à la future ville deMoreau. Il vit tranquillement àMorrisville, près deTrenton (New Jersey) où il a acquis une vaste propriété, qui devient le refuge de tous les exilés politiques. Il rencontre à plusieurs reprises le présidentThomas Jefferson[2]. Aux États-Unis, il perd son unique fils Victor Eugène (1802-1808)[2].
Quand il apprend l'invasion de l'Espagne par Napoléon en 1808 puis la destruction de laGrande Armée enRussie en 1812, il est consterné[17]. « Arrêter letyran sanguinaire Bonaparte devient chez lui une obsession »[17].
Alors, probablement à l'instigation de son épouse, mais aussi après plusieurs visites de l'ambassadeur de Russie aux États-Unis lui proposant un poste de conseiller du tsarAlexandre Ier, il se rallie auxAlliés anti-français et décide de retourner en Europe.
Bernadotte, qui commande alors une armée contre Napoléon, l'introduit auprès du tsarAlexandre Ier. Dans l'espoir de revenir en France pour établir un régime républicain dans une Europe apaisée, il donne aux Alliés des conseils sur la conduite de la guerre. Le 27 juillet 1813, il débarque enSuède[17].

Le a lieu labataille de Dresde.

Moreau se tient au milieu de l'État-Major des alliés coalisés. Un boulet français lui fracasse le genou droit et la jambe gauche[17]. Amputé et transféré sur unelitière à bras sur plus de 200 kilomètres versLaun enBohême où il arrive le, il y meurt trois jours plus tard le. Ses derniers mots furent : « Je n'ai rien à me reprocher »[26],[17].
Le tsar Alexandre Ier le fait inhumer dans la cathédrale catholique deSaint-Pétersbourg.
Son tombeau se trouve sur laperspective Nevski, dans la crypte de l'église Sainte-Catherine, l'une des cinqéglises catholiques de Saint-Pétersbourg. À la suite d'un incendie en 1947, lacrypte n'est plus accessible au public, seule à l'entrée une plaque commémorative (enrusse et enfrançais) indique que sa dépouille y repose. L'historien Valynseele, cité par Pierre Savinel dans son ouvrage paru en 1988[27], obtint des clichés du cercueil de la part de l'ambassade soviétique : sur le couvercle supérieur, on voit des restes d'un revêtement de velours avec des galons et des ornements de bronze. En tête et au pied du cercueil subsistent des plaques ouvragées en métal doré, avec des inscriptions en langue française ; sur la plaque au pied, il est gravé :

« Guide de l'éternité, il ne vécut sur cette terre que pour mourir dans la carrière qui mène à l'immortalité. »

Sa veuve reçoit une pension dutsar de 12 000 francs-or etLouis XVIII le faitmaréchal à titre posthume. Son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris[2].
Les frères et sœurs du général Moreau sont anoblis par décision royale du 8 octobre 1814, confirmée le 3 février 1817. La famille a relevé le nom de Lizoreux la même année. Stanislas Moreau de Lizoreux, né en 1846, est le premier à porter ce patronyme.
Le cœur du général est enterré aucimetière de la Chartreuse deBordeaux, auprès de la maréchale Moreau, sa veuve, décédée à Bordeaux le.

Du mariage du maréchal Moreau avec Eugénie Hulot d'Osery sont issus deux enfants :