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Jean Cantacuzène est cousin d'AndronicIII Paléologue, qui le créegrand domestique, c'est-à-dire chef des armées, ce qui le place en seconde position dans la hiérarchie byzantine.
Le, il participe à la prise de Constantinople parAndronicIII et à la déposition d'AndronicII Paléologue. Il devient alors, en fait, le premier ministre du nouveau gouvernement, décidant de toutes les nominations et contrôlant les affaires de l'État.
À plusieurs reprises il refuse le titre de co-empereur ou de régent, préférant soutenir les droits de l'empereur régnant.
À la mort d'AndronicIII Paléologue en 1341, il devient régentde facto de l'Empire, malgré l'absence d'instructions de l'empereur défunt. Il se heurte cependant à l'opposition d'une fraction importante de la population de l'Empire et, en particulier, du patriarcheJeanXIV Kalékas.
Pressé parAlexis Apokaukos de se faire proclamer empereur, Jean Cantacuzène refuse afin de préserver les droits de la dynastie Paléologue et propose de se retirer des affaires ; l'impératriceJeanne de Savoie le persuade de demeurer à la tête du gouvernement et il part aussitôt commander une expédition militaire afin de rétablir l'ordre enMacédoine puis enThrace.
Apokaukos profite de son absence pour persuader le patriarche Kalékas ainsi que l'impératrice queJeanVI Cantacuzène est un usurpateur et un danger pour la paix. Réfugié àDidymotika, il s'y fait proclamer empereur par ses partisans le[1]. La noblesse d'Andrinople annonce alors l'élection de Jean Cantacuzène au trône impérial, provoquant une rébellion populaire. L'insurrection gagne ensuite les principales villes de l'Empire.
À partir d'avril1343, plusieurs villes de Macédoine et deThessalie reconnaissentJeanVI Cantacuzène comme empereur, abandonnant le parti d'Apokaukos, ; alors qu'il s'était jusque-là rallié à ce dernier, le roiStefan UrošIV Dušan deSerbie rappelle les troupes qu'il avait mises à sa disposition, l'isolant militairement dansThessalonique. En1344, le propre fils d'Apokaukos,Manuel Apokaukos, se rallie à Cantacuzène, suivant en cela l'exemple de Jean Vatatzès, lui-même parent du patriarche Kalékas.
Les ralliements devinrent plus nombreux après l'assassinat d'Apokaukos, le.
Par ailleurs, un autre grand débat divise l’Église et la société, dans la continuité duschisme Arsénite : en particulier les préceptes et pratiques de certains moines dits hésychastes, en désaccord à propos de la nature divine de la Transfiguration. La société est séparée entre hésychastes et anti-hésychastes ; mais bien que la controverse semble loin du monde de la politique, celle-ci coïncide avec l’explosion de la guerre dynastique suivant la mort de l’empereur Andronic III. Le patriarcheJean XIV Kalékas et le DucAlexis Apokaukos estiment que les moines hésychastes sont coupables d’hérésie, alors que Jean Cantacuzène considère que la doctrine est parfaitement orthodoxe ; celui-ci peut alors compter sur le soutien inestimable des moines, en particulier duMont Athos.
Le, Jean Cantacuzène parvient à s’imposer comme co-empereur au terme de la guerre civile : il confirme sa proclamation comme co-empereur, aux côtés deJean V Paléologue, en acceptant de recevoir la couronne impériale à Andrinople des mains du patriarche de Jérusalem, mais il refuse catégoriquement de faire proclamer son fils Mathieu comme empereur associé. Finalement, le, il entre à Constantinople.
Devenu empereur, Jean Cantacuzène prend le titre deJeanVI, montrant ainsi qu'il refuse la préséance de rang sur l'empereur légitime,JeanV Paléologue. Cet arrangement n'est pas approuvée par ladynastie règnante, qui persiste à ne voir en lui qu'un usurpateur.
Soucieux de ramener la paix dans l'Empire, il accorde une amnistie générale à ceux qui l'avaient combattu, à l'exception deJeanXIV Kakélas qui refusa toujours d'être pardonné comme de lui pardonner et maintint l'excommunication qu'il avait prononcée contre lui en 1341.
Il est couronné en l'église de la Vierge desBlachernes par le nouveau patriarcheIsidoreIer de Constantinople, le[1]. Illustration de la décrépitude des finances impériales, le couronnement ne peut avoir lieu àSainte-Sophie, trop délabrée, les joyaux de la couronne, gagés àVenise, sont remplacés par de la verroterie et la vaisselle du banquet était en simple terre cuite.
Né sous les dernières années du règne d'AndronicIII, l'hérésiehésychaste s'amplifie sous le règne deJeanVI menaçant l'intégrité de l'Église orthodoxe.JeanVI lui-même soutient leshésychastes qui, menés parGrégoire Palamas, l'avaient soutenu contre Kakélas etJeanne de Savoie.
En 1351,JeanVI fait réunir un concile qui s'ouvre sous sa présidence aupalais des Blachernes le. Le concile conclut à la conformité de l'hésychasme par rapport à l'orthodoxie. Le tomos contenant les décisions officielles du concile est proclamé en la basilique Sainte-Sophie le suivant, puis cosigné par l'empereurJeanV Paléologue en.
Le règne deJeanVI est marqué par de nombreux troubles intérieurs, tant sur le plan social que sur le plan militaire :
lapeste noire s'abat sur l'Empire dès la première année du règne, ravageant notamment Constantinople, aggravant l'état de découragement et d'apathie dans lequel se trouvaient les byzantins après deux guerres civiles ;
ses anciens alliés et ceux d'Anne de Savoie (vénitiens et turcs) se font menaçants, notammentEtienneV,tsar de Serbie ;
il doit faire face aussi à une opposition populaire et religieuse, et à une révolte desZélotes à Thessalonique ;
il doit céder auxGénoisSalymbrie etHéraclée en 1352, malgré le concours desVénitiens et doit faire face à une nouvelle guerre civile, qui l'oppose àJeanV, dès 1351.
Il abandonne la division de l'empire enthèmes, et met en place un système d'apanages pour le gouvernement de l'empire ; cette réorganisation correspond à la dispersion des territoires byzantins.
Les territoires byzantins sont alors divisés en trois ensembles :
Jean VI Cantacuzème , représenté deux fois sur une fresque, en empereur et en moine.
La population de Constantinople demeure cependant attachée à la dynastie légitime des Paléologues, et en particulier àJeanV et s'oppose de plus en plus nettement àJeanVI. L'opposition se renforce en lorsqueJeanVI fait proclamer coempereur son filsMathieu Cantacuzène.
Ce couronnement provoque l'irritation du patriarcheCallisteIer de Constantinople, qui abdique et est remplacé parPhilothée Kokkinos, partisan déclaré deJeanVI.
Le,JeanV Paléologue entre à Constantinople, où il est acclamé par la foule. Le suivant, il signe avecJeanVI un accord de gouvernement aux termes duquel les deux hommes exercent en commun le pouvoir, tandis que Mathieu Cantacuzène demeurait empereur indépendant d'Andrinople jusqu'à sa mort.
Finalement, le,JeanVI abdique et revêt l'habit monastique en prenant le nom deJoasaph Cantacuzène ; il entre au monastèreSaint-Georges-des-Manganes, à Constantinople. Il s'installe plus tard au monastère de la Néa Péribleptos ; il meurt àMistra auprès de son fils Manuel.
Son épouse, Irène, prend également le voile sous le nom d'Eugénie et se retire au couvent deKyra Martha.
Jean Cantacuzène consacrera la fin de sa vie à l'écriture de sesMémoires, qui sont achevés en 1369.
(en)Donald MacGillivray Nicol,The Reluctant Emperor : a biography of John Cantacuzene, Byzantine emperor and monk, c. 1295-1383, Cambridge University Press, 1996.