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Jean Tinguely

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Jean Tinguely
Jean Tinguely à Amsterdam en 1961.
Naissance
Décès
(à 66 ans)
Berne
Sépulture
Période d'activité
À partir deVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres activités
Formation
Section des arts appliqués de l'école des arts et métiers deBâle
Maître
Julia Eble-Ris
Représenté par
Lieux de travail
Neyruz(à partir de),Paris,BâleVoir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Conjoints
Enfant
Distinction
Œuvres principales
Vue de la sépulture.

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

Jean Tinguely, né le àFribourg et mort le àBerne, est un sculpteur, peintre et dessinateursuisse.

Parmi ses inventions les plus originales, on compte lesMéta Matics ou sculptures animées, dont il a commencé la réalisation en 1954 sous le nom deMéta-mecaniques, qui étaient alors des tableaux animés de façon électrique. LesMéta Matics sont des machines à dessiner.

Avec sa deuxième épouse,Niki de Saint Phalle, il a créé de gigantesques sculptures dans desparcs de sculptures, notamment leJardin des Tarots enToscane. Durant toute leur carrière commune, le couple n'a cessé de susciter l'intérêt des médias[1].

Jean Tinguely possédait le don d'attirer l’attention et d’établir ainsi une communication avec ses mécanismes détournés de leur sens et de leur finalité. AvecEuréka, une énorme machine conçue pour l’exposition nationale suisse de 1964, cette particularité est apparue comme une caractéristique essentielle de son art. Imprégné des œuvres deMarcel Duchamp (Ready-made ou objets usuels ironiquement promus œuvres d’art), il s’inscrit dans l’espritdadaïste qui se manifeste par la provocation et la dérision, souvent au cours de manifestations publiques. En 1959, son premier triomphe public a lieu lors de laBiennale de Paris, inaugurée parAndré Malraux, aumusée d'Art moderne de Paris, avec des machines produisant des peintures en série dont il a pu faire la démonstration devant le public.

Il remet en question l’académisme de l’art en créant des machines construites en partie avec des objets de récupération, sciemment imparfaites, s'opposant au culte de l'objet neuf et pratiquant le recyclage déjà utilisé avant lui par l'art brut. Ces matériaux de récupération auxquels il redonne vie en les animant avec des moteurs comptent parmi les innovations les plus vivantes de lasculpture duXXe siècle.

Biographie

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Les débuts en Suisse

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Jean Tinguely, portrait deLothar Wolleh.

Jean naît àFribourg ; son père, Charles Tinguely, est ouvrier[2]. Sa mère, Jeanne-Louise Ruffieux (1899-1980), est d'une famille nombreuse d'agriculteurs. En 1928, la famille s'installe àBâle. Jean parle français à la maison, allemand à l'école[2].

Sa biographie témoigne très tôt de tiraillements et de tensions entre lui et ses parents. En réaction contre l'ambiance familiale autoritaire, Jean délaisse l'école et devient lecteur assidu deByron,Alexandre le Grand,Napoléon et trouve refuge dans les bois où il réalise ses premièresméta-mécaniques :

« Alors, j'ai commencé à faire une chose très bizarre : plusieurs samedis et dimanches de suite, j'ai commencé à construire de jolies petites roues en bois, bricolées comme ça, le long d'un ruisseau […]. Aucune idée d'art […]. Dans la forêt, j'utilisais un ruisseau : il faut dire que c'était une forêt de sapins qui formaient une sorte de cathédrale, avec les qualités sonores d'une cathédrale […], les sons s'amplifiaient formidablement bien. J'ai fait jusqu'à deux douzaines de petites roues dont chacune avait sa propre vitesse, et parfois cette vitesse était variable selon la vitesse de l'eau, variable elle aussi. Chaque roue avait une came […]. Une came, c'est une chose qui assure une irrégularité à la roue - tu vois ! Ça frappait, ça actionnait sur un petit marteau qui tapait sur différentesboîtes de conserve rouillées ou pas, des sonorités différentes. Ces sons, ces tonalités, à des rythmes différents, étaient répartis tous les cinq à six mètres, et ces concerts s'allongeaient parfois jusqu'à cent mètres dans la forêt. J'imaginais alors le promeneur solitaire lui aussi dans la forêt, qui entend d'abord ce concert avant d'entendre les bruits de la forêt. Parfois, ça fonctionnait jusqu'à quinze jours, c'était évidemment fragile mais il y en avait quelques-uns qui fonctionnaient pendant des mois[3],[2]. »

En1939 il tente de se rendre enAlbanie par le train pour soutenir le peuple albanais dans sa résistance contre l'agression de l'Italiefasciste. Il a alors quatorze ans. Arrêté par la police à la frontière suisse, il est renvoyé dans ses foyers[2].

Le il commence un apprentissage dedécorateur au grand magasinGlobus, sous la tutelle de E. Theo Wagner. Le, Jean est licencié du Globus avec effet immédiat pour indiscipline et manque de ponctualité. À partir de septembre, engagé comme apprenti chez Joos Hutter, décorateur. Il ne fréquente pas régulièrement les cours de laKunstgewerbeschule (école des arts appliqués), mais il suit particulièrement les cours de Julia Ris, qui attire son attention sur le mouvement comme moyen d'expression artistique[2].

Après la guerre, Jean habite au Burghof, immeuble voué à la démolition, près du Musée des Beaux Arts, auno 2 de St. Alban Vorstadt. Bâle devient le lieu de rencontres des réfugiés politiques : syndicalistes, anarchistes, ex-communistes se retrouvent chez le libraire Heinrich Koechlin. Tinguely participe aux discussions, et fait ainsi son éducation politique. Il réalise la mise en page de livres pour Koechlin, il s'intéresse en particulier àYves Tanguy,Salvador Dalí,Joan Miró,Paul Klee et à tous les travaux duBauhaus. À cette même époque, il se lie d'amitié avecDaniel Spoerri, ancien danseur du ballet du Berner Staatsoper, avec lequel il partage le même goût pour les moyens d'expression anti-conventionnels. En 1951, il épouseEva Aeppli, étudiante à l'École des arts appliqués de Bâle dont il a une fille, Myriam, née deux ans plus tard, en 1953[4]. Myriam sera élevée par les parents de Jean[5].

En France

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Jean Tinguely etNiki de Saint Phalle,Fontaine Stravinsky,1983,Centre Georges-Pompidou.

Jean part pourParis en1952 avec Eva Aeppli[6]. Il rejoint son amiDaniel Spoerri avec lequel il conçoit undécor pour un spectacle dedanse :Prisme, un ballet de Nico Kaufmann. Le ballet est présenté à un concours de danse organisé parSerge Lifar. Mais au moment où le premier danseur doit faire son entrée, le décor s'effondre et se disloque[7].« À la répétition générale, lorsque nous avons tiré sur les ficelles, alors que la musique avait déjà commencé, toute notre installation est tombée sur la tête des danseurs, c'était la catastrophe. Leballet s'est poursuivi sans décor, avec la musique seulement. »

Eva et Jean s'installent en 1953 àMontigny-sur-Loing (Seine-et-Marne) puis ils emménagent la même année dans un hôtel 12rue Pierre-Leroux, dans le7e arrondissement de Paris. Tinguely expose ses œuvres dans la salle désaffectée du café de l'hôtel. Eva, qui fabrique des marionnettes, donne naissance à leur fille Myriam. Cette année-là, Jean réalise des constructions spatiales en utilisant uniquement du fil de fer soudé avec de petites feuilles de tôle qui prennent la forme de reliefs muraux. Il a alors l'idée de mettre en mouvement ces formes pour les dégager de leur inertie. Lorsqu'il crée la première de cesroues, l'artiste va découvrir lamécanique du hasard[8].

À partir de 1954, Jean réalise sesMoulins à prières, de petites sculptures en fil de fer :Moulin à prière II, 1954, 75 × 53,5 × 35,5 cm,Museum of fine arts (MFAH),Houston,Texas[9].

Le a lieu le vernissage de sa première exposition à la galerie parisienne Arnaud[10], située au 34rue du Four. C'est une des deux galeries d'avant-garde de Paris avec lagalerie Denise René qui va ouvrir en 1955[11]. L'exposition comprend les tableaux mobiles aux formes géométriques blanches : lesMéta Mécaniques, et des constructions en fil de fer et plaques de tôle (Moulins à prière) qui reçoivent un accueil très favorable de la part des critiques[8]. À la fin de cette même année, Jean présente àMilan sesAutomates, sculptures et reliefs mécaniques au Studio d'Architettura b24. Il ne les récupère que dix ans plus tard, en parfait état[8].

Installé au début de l'année1955[note 1] dans un atelier de l'Impasse Ronsin, Jean a pour voisins le sculpteurConstantin Brâncuși et d'autres artistes, et il fait la connaissance d'Yves Klein[12].

Machines sonores,Méta Mécaniques etMéta Matics

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En, Jean Tinguely expose à la galerieDenise René. L'exposition qui s'appelleLe Mouvement, réunit les sculptures mobiles deMarcel Duchamp etAlexander Calder, les peintures deVictor Vasarely, et les œuvres dePol Bury,Yaacov Agam,Jesús-Rafael Soto et Jean Tinguely, est très bien accueillie. C'est la première fois depuis la guerre qu'une nouvelle forme d'expression artistique voit le jour[12]. Jean Tinguely y expose deux machines sonores qui seront développées en 1958 dans l'expositionMes étoiles, Concert pour sept peintures.

Ces deux machines sont des reliefsMéta Mécaniques, annonciatrices desMéta Matics et qu'il va développer pour leSalon des réalités nouvelles, où les sonorités sont produites par descasseroles, desbouteilles, desboîtes de conserve, desentonnoirs, des verres, frappés régulièrement par de petitemarteaux. L'accueil du public va de l'enthousiasme à l'indignation : àStockholm où les œuvres sont exposées ensuite, une visiteuse menace d'appeler la police[12].

En, il trouve à Stockholm un atelier dans les locaux de la revueBlandaren, où il développe des travaux qu'il expose le mois suivant à la galerie Samlaren. Ce sont des reliefs et sculptures qu'il va développer dès son retour à Paris et qui portent le nom deMéta-Kandinsky, ou bienMéta-Herbin (Auguste Herbin) ou encoreMéta-Malevitch. La plupart des œuvres de Stockholm et celles de Paris de cette période appartiennent à des collections privées[13]. UnMéta-Kandinsky III était exposé aupalais Grassi en 1987 : 39 × 132 × 35 cm, collection privée, Suisse[14]. Ces travaux, ainsi que les grandes sculptures de la sérieBalouba, l'occupent pendant les deux années suivantes, qui sont marquées en par un graveaccident automobile de l'artiste, fou de vitesse en voiture, mais aussi par les liens qu'il va tisser avecYves Klein et avec le sculpteur-guitaristevénézuélienSoto[15].

LesMachines sonores exposées pour la première fois à la galerie Denise René lors de l'expositionL'Art en mouvement, en compagnie d'Alexander Calder, Soto, Pol Bury, sont développées dans les années suivantes pour aboutir à l'expositionMes étoiles, Concert pour sept peintures à la galerieIris Clert du 9 au, puis àDüsseldorf l'hiver suivant[16].

Le, il présente dans la même galerie, en étroite collaboration avecYves Klein, l'installationVitesse pure et stabilitémonochrome, composée de six disques bleus monochromes tournant à vitesse différente, et de deux grandes machines :Escavatrice de l'espace etPerforateur monochrome[16].

Le, il lance d'un avion au-dessus de Düsseldorf, son manifesteFür Statik (Pour la Statique)[17]. Il réalise cette même année deux grands reliefs destinés au foyer de l'opéra deGelsenkirchen, tandis que sesMéta Matics sont exposés à la galerieIris Clert de Paris[18].

Pour la premièreBiennale de Paris, qui se tient auMusée d'Art moderne de Paris et qui est inaugurée parAndré Malraux, Tinguely construit de très grandsMéta Matics, tableaux-machines actionnés par un petit moteur à essence et dont certains se déplacent « avec la rapidité d'un rouleau de papier ». C'est un triomphe absolu. Jean Tinguely est invité à faire une démonstration dans les salles de la biennale, ce qui provoque la colère des autres artistes. Jean est aussi autorisé à exposer dans la cour[18]. Le Tinguely organise la soirée « Cyclo matic » à l’Institute of Contemporary Arts (ICA) deLondres, fondé en 1948 pour faire connaître l'art moderne en Grande-Bretagne. Il s'agit d'une sorte dehappening, avec un amalgame de machines à dessiner et d'éléments improvisés. La période desMéta Matics s'achève avec une conférence intituléeArt, machines et mouvements, une conférence de Jean Tinguely[19].

L'artiste international

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Eurêka, rive duZürichhorn,Zurich.

Le il organise un autre évènement, « Hommage à New York », manifestation faisant intervenir une machine autodestructrice dans le jardin duMuseum of Modern Art, àNew York. Sa première exposition à laKunsthalle de Berne a lieu cette année-là. Le directeur du musée expose Franz Meyer ainsi que Kricke, Luginbühl. Le, à Paris, des artistes fondent le groupe desNouveaux réalistes. Parmi eux se trouventArman,François Dufrêne,Raymond Hains,Yves Klein,Pierre Restany,Jacques Villeglé,Gérard Deschamps, ainsi queMartial Raysse,Daniel Spoerri etNiki de Saint Phalle, avec laquelle Jean vit dans l'impasse Ronsin.

Tinguely participe ensuite aux expositionsBewogen Beweging (Le Mouvement dans l'art) au Stedelijk Museum d'Amsterdam, et « Rörelse i konsten » auModerna Museet de Stockholm, dont le directeur estPontus Hultén. Le une de ses œuvres,Étude pour une fin du mondeno 1, est présentée auMusée d'art moderne Louisiana,Danemark[20].

En1962, après sa première exposition particulière àBâle, à la galerie Handschin, il présente leStudy for end of the World No.2, près deLas Vegas, dans le désert duNevada, auxÉtats-Unis. En1963-1964 il réalise pour l’exposition nationale suisse en1964 àLausanne la grande sculptureEuréka. En1966 il conçoit le rideau de scène et les décors de l'« Éloge de la folie », ballet deRoland Petit, à Paris. AuModerna Museet deStockholm, cette même année, avecPer Olof Ultvedt il réalise laNana géante, visitable, habitable, d'après la maquette conçue par Niki de Saint PhalleHon/Elle, et dont la destruction va constituer un spectacle durant trois jours[21].

Après sa première exposition particulière àZurich, à la Gimpel & Hanover Galerie, Jean Tinguely réalise avec Niki de Saint Phalle un travail collectif pour une œuvre démesurée :Le Paradis fantastique. C'est une commande de l'État français pour l'exposition universelle de Montréal, dans laquelle les machines de Tinguelyaffrontent les Nanas de Niki de Saint Phalle : un groupe de six grandes machines cinétiques attaquent neuf grandes sculptures de Niki[22].Raspoutine, machine compliquée qui se déplace sur des rails, attaque la sculptureLe Bébé Monstre, etLe Piqueur fait des trous méthodiquement dans une grande Nana « dont les fesses ont la taille d'un navire de guerre[23]. »

Jean Tinguely a également reçu une commande pour le Pavillon suisse dans lequel il présenteRequiem pour une feuille morte, un énorme relief, long de 11,3 mètres, haut de 3 mètres, à l'aspect solennel, parfois même sinistre, entièrement recouvert de noir à l'exception d'une feuille morte blanche[23].

En1968, avec Bernhard Luginbühl, Tinguely conçoit le projet d'unGigantoleum, station culturelle multifonctionnelle, et à Noël de cette même année, il acquiert l'ancienne auberge « L'Aigle noir » à Neyruz, dans le canton de Fribourg[réf. nécessaire].

En1970, avec Niki de Saint Phalle,Daniel Spoerri, Bernhard Luginbühl, Larry Rivers et d'autres artistes, il commenceCyclop àMilly-la-Forêt, sculpture-promenade géante, réalisée en équipe. Les travaux sont exécutés avec l'aide des assistants de Tinguely, Sepp Imhof etRico Weber. Le il épouse Niki de Saint Phalle, dont il a fait la connaissance en1956, et avec laquelle il a noué des liens étroits tant artistiques que sentimentaux.

Le27 novembre 1970 Jean Tinguely crée, sur le parvis dudôme de Milan,La Vittoria, œuvre éphémère, autodestructrice - détruite le 28 novembre, à l'occasion du dixième anniversaire desnouveaux réalistes[24].

Entre1973 et1974 on verra naître laGrande Spirale ouDouble Hélice, dans la cour de l'institut d'immunologie deBâle, de la sociétéF Hoffmann-La Roche SA. Plusieurs rétrospectives de ses œuvres ont lieu àParis (CNAC),Bâle (Kunsthalle),Hanovre (Kestner Gesellschaft), Humlebaek (Louisiana Museum),Stockholm (Moderna Museet) etAmsterdam (Stedelijk Museum). Tinguely inaugure leChaos No. 1, au Civic Center deColumbus/Indiana,États-Unis[25]. Il reçoit le le prixWilhelm Lehmbruck de la ville deDuisbourg[26].

En juin1977 a lieu l'inauguration duFasnachtsbrunnen (Fontaine du carnaval), à Bâle. Construction duCrocrodrome de Zig & Puce auCentre national d'art et de culture Georges-Pompidou àParis, une installation de Jean Tinguely, Bernhard Luginbühl et Niki de Saint Phalle.Daniel Spoerri y installe son « Musée sentimental »[27]. En1979, Jean créeKlamauk, une sculpture sonore montée sur un tracteur et destinée à l'exposition « Tinguely Luginbühl » au Städel deFrancfort[réf. nécessaire].

Portrait Jean Tinguely
Portrait Jean Tinguely


En1981, lors de l'exposition collective patronnée par laRégie Renault, dans l'espace « Art Incitation à la création », Tinguely montre pour la première fois des sculptures de crânes[réf. nécessaire].

Sculpture-fontaine de Jean Tinguely faite de roues diverses en métal
La Fontaine Jo Siffert

De 1983 à 1991, date de sa mort, Jean Tinguely produit de nombreuses œuvres, notamment : laFontaineJo Siffert offerte à la ville deFribourg en 1984[28] ;Fatamorgana dans des locaux désaffectés de l'usine sidérurgiqueVon Roll àOlten en 1985[réf. nécessaire] ;Mengele Totentanz (Danse macabre Mengele), œuvre créée à partir de poutres calcinées, de machines agricoles, d'ustensiles de ménage et de crânes d'animaux carbonisés, à la suite de l'incendie d'une ferme àNeyruz en 1986[29] ;Grosse Méta-Maxi-Maxi-Utopia en 1987, créée dans un atelier de Von Roll SA à Klus (village deBalsthal, canton de Soleure), que Jean Tinguely voulait« quelque chose de gai, quelque chose pour les enfants », la sculpture mécanique la plus grande et la seule munie d’escaliers permettant au public de la traverser[30],[31]. Cette même année, il fait don duCyclop à l'état français et l'année suivante, il inaugure àChâteau-Chinon la fontaine construite avec Niki de Saint Phalle à la suite d'une commande passée par le présidentFrançois Mitterrand[32].

L'artiste fait l'objet de plusieurs rétrospectives : àMunich, àZurich (Kunsthaus), àLondres (Tate Gallery),Bruxelles (palais des beaux-arts) etGenève (musée d'art et d'histoire). Il reçoit plusieurs prix dont le prix de l'université deBologne, et le prix de l'État de Berne, ainsi que des titres honorifiques : docteurhonoris causa par la Royal Academy of Arts, àLondres en 1989, et son exposition de Moscou est présentée dans une version augmentée au musée d'art et d'histoire deFribourg[réf. nécessaire].

Jean Tinguely meurt le à l'hôpital de l'île àBerne. Il repose àNeyruz, dans lecanton de Fribourg. En1992, six mois après la mort de Jean,Milena Palakarkina donne naissance à son fils Jean-Sébastien Tinguely[5],[33].

LeTorpedo Institut

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De 1988 à sa mort, Jean Tinguely a créé leTorpedo Institut dans une ancienne fabrique qu'il achète à La Verrerie, entre Bulle et Vevey, dans le canton de Fribourg où il vit en Suisse. LeTorpedo Institut – que Tinguely déclareantimusée dès son arrivée dans les lieux – est la plus grande œuvre jamais conçue par l'artiste. Les espaces industriels dans lesquels elle se développe s'étendent sur plus de 3 000 m2. Ils sont obscurcis par d'imposantes plaques d'acier dont Tinguely obture toutes les ouvertures qui donnent sur la campagne fribourgeoise. Dans les différentes salles qui composent leTorpedo Institut, l'artiste orchestre cent vingt de ses machines, qui tournent, grincent et hurlent dans la pénombre. Elles représentent l'ensemble du parcours de l'artiste : on trouve là desMéta Malevitch ouMéta Kandinsky des débuts, leKlamauk de 1979, laGrandeMéta Maxi Maxi Utopia présentée en 1987 à Venise, laDernière Collaboration avec Yves Klein (1988), LeRetable de l'Abondance occidentale et du Mercantilisme totalitaire (1990), des pièces à quatre mains réalisées avec Milena Palakarkina. Tinguely présente aussi ses amis artistes dans leTorpedo Institut : plus de vingt figures d'Eva Aeppli dressées sur un socle, unOiseau Amoureux de 8 mètres de haut de Niki de Saint Phalle qui roule sur des rails, un gigantesqueAtlas de Bernhard Luginbühl - toutes pièces commandées pour le lieu par le sculpteur. Il y a encore des œuvres de Robert Rauschenberg, Yves Klein, Keith Haring, Ben Vautier, Daniel Spoerri, Alfred Hofkunst ou d'artistes fribourgeois, accrochées sur de grandes grilles coulissantes comme dans les réserves des musées. Et puis, Tinguely réunit dans leTorpedo Institut des objets qui lui sont chers : des Ferraris, un avion de la Deuxième Guerre mondiale suspendu à l'envers, ou une pointeuse sur laquelle il veut que les visiteurs timbrent lorsqu'ils pénètrent dans le lieu.

Loin des grands centres, loin des fréquentations record des expositions consuméristes qui balisent la fin des années 1980, Tinguely entend ouvrir son antimusée à un public limité. Les visiteurs sont invités à réserver longtemps à l'avance, et sont convoqués à un jour et une heure précis. Ils sont accueillis avec désinvolture par une secrétaire indifférente dont le cahier des charges établi par l'artiste précise que la principale occupation consiste à se vernir les ongles. On leur fournit un casque audio dont le commentaire est incompréhensible. Chacun doit donc se débrouiller seul avec les œuvres, dans le dédale, l'obscurité et les pièges que lui réserve l'artiste, et s'aventurer pour commencer sous une monumentale guillotine placée à l'entrée de la première salle.

À la mort de Jean Tinguely, survenue brusquement en août 1991, leTorpedo Institut est pratiquement achevé. Il est, après la disparition du plasticien, le sujet de nombreuses discussions et de multiples polémiques. Dans des circonstances douloureuses, il est finalement démantelé — contre la volonté de l'artiste qui avait déclaré par testament son désir de voir l'œuvre lui survivre[34].

Postérité

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Le, lemusée Tinguely deBâle, créé à l'initiative de Niki de Saint Phalle qui y a fait un don de cinquante-cinq sculptures de Jean ainsi que d'uneNana[35]. Le bâtiment est conçu par l'architectetessinoisMario Botta, l'inauguration est dirigée parPontus Hultén[36].

En 1998, l'Espace Jean-Tinguely–Niki-de-Saint-Phalle est ouvert àFribourg dans un ancien entrepôt de tramways à proximité duMusée d'art et d'histoire de Fribourg[37].

Sélection d'œuvres

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Outre ses œuvres personnelles, il crée avec sa femme, Niki de Saint Phalle, des constructions monumentales :Hon/Elle, laNana géante, laFontaine Stravinsky qui leur est commandée par l'État français, etle Cyclop,Le Rêve de l'oiseau,Le Golem, leJardin des Tarots.

Musées

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Artistes proches

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Notes et références

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Notes

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  1. Lire le dossier surCentre Pompidou.

Références

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  1. ADMagazine - Les couples mythiques de l'histoire de l'art - Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely
  2. abcd eteHultén 1987,p. 13.
  3. AlainJouffroy, « Jean Tinguely »,L'Œil,no 136,‎,p. 34.
  4. Hultén 1987,p. 353.
  5. a etbMyriam Meuwly, « Filiations: Myriam Tinguely, fille d'Eva et de Jean »,Le Temps,‎(lire en ligne, consulté le).
  6. Biographie Centre Pompidou.
  7. Ballet Prisme.
  8. ab etcHultén 1987,p. 17.
  9. Hultén 1987,p. 18.
  10. Centre Pompidou.
  11. Hultén 1987,p. 27.
  12. ab etcHultén 1987,p. 28.
  13. Hultén 1987,p. 29.
  14. Hultén 1987,p. 40.
  15. Hultén 1987,p. 42.
  16. a etbHultén 1987,p. 47.
  17. Musée de Fribourg.
  18. a etbHultén 1987,p. 55.
  19. Hultén 1987,p. 56.
  20. Lire dans le dossier du Centre Pompidou,p. 4.
  21. Patrik Andersson, professeur associé à l'Emily Carr University of Art and Design de Granville Island, Vancouver dansMorineau 2014,p. 60.
  22. Nathalie Ernoult, attachée de conservation au Centre Pompidou dansMorineau 2014,p. 332.
  23. a etbHultén 1987,p. 175.
  24. Deborah Laks, « Récit, imagination et postérité graphique  : la Vittoria de Tinguely réinventée »,Marges : revue d'art contemporain,‎,p. 50-60(lire en ligne) :

    « "(La Vittoria) a été réalisée en novembre 1970 à Milan lors du Festival célébrant les dix ans du Nouveau Réalisme". »

  25. Gigantesque sculpture machine..
  26. « Route | Museum Tinguely Basel », surwww.tinguely.ch(consulté le)
  27. dossier du Centre Pompidou, p.5.
  28. Charly Veuthey, « L’amitié de deux légendes », surlagrue.ch,(consulté le).
  29. Pierre Savary, « Le génial charognard »,La Gruyère,‎,p. 1(lire en ligne)
  30. « Grosse Méta-Maxi-Maxi-Utopia »,La collection en ligne du Musée Tinguely, surwww.tinguely.ch(consulté le).
  31. « Grosse Méta-Maxi-Maxi-Utopia »,Découvrir – Art – Museum Tinguely, surwww.myswitzerland.com, Suisse Tourisme, cop. 2025(consulté le).
  32. Ariane Chemin, « Hôtel du Vieux Morvan chambre 15 »,Le Monde,‎,p. 22(lire en ligne) :

    « "le pèlerinage rituel dans Château-Chinon offre de nouvelles stations. On dit bonjour au chêne offert par la reine d'Angleterre pour l'un des anniversaires du président (...). Dans le somptueux Musée du septennat, sorte de MoMA nivernais, François Mitterrand s'affiche en huiles, estampes, eaux-fortes, pastels, moquette, et même collage d'ailes de papillons. Halte aussi à la fontaine de Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely, inaugurée en grande pompe (...)". »

  33. (de) « Jean-Sebastien Tinguely », surmittendrin.froehlich.ch, MITTENDRIN bei der Fröhlich Info AG,(consulté le).
  34. Olivier Suter,Jean Tinguely Torpedo Institut, Zurich, Patrick Frey,, 256 p., p.147.
  35. Bloum Cardenas dansMorineau 2014,p. 12.
  36. Bloum Cardenas dansMorineau 2014,p. 350.
  37. MargritHahnloser et YvonneLehnherr (trad. Aude Virey-Wallon et Hubertus von Gemmingen,préf. Isabelle Chassot),Niki de Saint Phalle : aventure suisse, Fribourg et Berne, Fondation pour l'art moderne et contemporain et Benteli, (réimpr. 1998),3e éd. (1re éd. 1993).
  38. annexe salle 35 page 4 au catalogue du Palazzo GrassiHultén 1987,p. 35.
  39. annexe salle 34 page 4 au catalogue du Palazzo GrassiHultén 1987,p. 34.
  40. voir le descriptif complet.
  41. aperçu du Cyclograveur.
  42. Gismo au Stedelijk Museum.
  43. Patrik Andersson, professeur associé à l'Emily Carr University of Art and Design de Granville Island, Vancouver dansMorineau 2014,p. 59.
  44. Paradis fantastique commentaires aperçu du Paradis fantastique.
  45. vidéo inauguration de la Fontaine de Château-Chinon.
  46. Espace Tinguely-Niki de Saint Phalle.
  47. voir la liste des œuvres Tinguely au centre Pompidou.

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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Filmographie

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Jean Tinguely lors du tournage du filmVisages suisses en 1991.
  • Visages suisses. Film collectif pour le 700e anniversaire de laConfédération Suisse.Claude Goretta réalise le portrait de Jean Tinguely (1991).
  • Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely. Les Bonnie and Clyde de l'art, film documentaire de Louise Faure et Anne Julien, ARTE, 2010, 55'.

Théâtre

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Liens externes

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