Jean Richard est le fils de Pierre Richard, marchand de chevaux, et de Suzanne Boinot (1900-1989)[1].
Lycéen, Jean Richard est passionné par ledessin alors que sa famille le destine à devenir notaire. Il travaille en tant quecaricaturiste dans plusieurs journaux de sa région. Après avoir échoué à l'examen d'entrée à la prestigieuse école duCadre noir de Saumur, il monte sur la scène de cabarets lyonnais où, dans la tradition ducomique troupier, il incarne un ahuri sympathique au parler pittoresque qui fleure bon le terroir. Il crée ensuite avec des amis une compagnie dethéâtre amateur.
Sa passion pour lesanimaux le pousse à se constituer une véritableménagerie. Celle-ci devient si imposante qu'il crée au milieu des années cinquante unzoo àErmenonville, où il s'installe en 1955 et dont il est élu conseiller municipal dix ans plus tard. En 1963, il crée dans cette villeLa Mer de sable, leparc de loisirs à thème français, profitant d'une grande étendue sablonneuse, qui lui permet de reconstituer des décors duFar West américain.
Passionné par le cirque, il participe à des galas avec lecirque Medrano, puis présente en 1957 et 1958, le premiercirque Jean Richard grâce à la collaboration des familles Grüss et Jeannet et de leur propre cirque. Il rachète le lecirque Pinder qu'il confie à son fils en1978 après des soucis de gestion administrative et financière. Pour financer ses projets coûteux, il se résigne alors à tourner dans de nombreux films à l'accueil souvent mitigé, mais aussi dans des pièces dethéâtre de qualité inégale et à se produire en province dans les galasHerbert-Karsenty. À ce sujet, un humoriste dira qu'il est« le seul homme à nourrir des lions avec des navets » (sic)[2], phrase qu'il aime répéter.
Il finit par rencontrer la célébrité en incarnant pendant plus de vingt ans, à partir d'octobre1967, lecommissaire Maigret à la télévision, sous la direction deClaude Barma,René Lucot,Marcel Cravenne,Denys de La Patellière entre autres dans 88 épisodes dont dix-huit en noir et blanc. Son côté naturellement bourru et lent, sa démarche assurée, et le fait qu'il fume la pipe depuis longtemps, lui ont sans doute permis de décrocher ce rôle, en dépit du nombre très important de candidats en lice.Georges Simenon prodigue alors ses conseils à son interprète qui s'impose très vite dans le rôle. La série s'arrête après la diffusion du 88e et dernier épisode en juin1990.
Le, alors qu'il se trouve au sommet de sa popularité, il est victime d'un terrible accident de voiture cinq kilomètres après la sortie d'Évreux (Eure) ; hospitalisé à l'hôpital Lariboisière, il reste six semaines dans le coma. Pour s'aider à marcher, il utilise la canne que lui avait offertMaurice Chevalier et qui avait appartenu à la mère de celui-ci et sur le pommeau de laquelle est gravée le surnom de celle-ci « La Louque »[4]. Il reprend ensuite ses activités : en une nouvelle série intituléeCes animaux qu'on appelle des bêtes et en, il tourne un nouvel épisode de Maigret. Il collabore également à l'époque au magazine pour enfantsPif Gadget où, de1973 à1974, il démêle de petites enquêtes, dans la sérieJean Richard enquête. À la même période il devient le parrain dePif Poche, autre publication desÉditions Vaillant, où il apparaît là encore sous la forme d'un personnage de bande dessinée. En1976, à nouveau dansPif Gadget, il raconte des histoires d'animaux dans le cadre de la sérieJean Richard raconte, les lecteurs pouvant l'écouter grâce aux disques souples offerts dans le journal. Il reçoit, en1980, le Grand Prix national du cirque après avoir obtenu de l'État la reconnaissance du cirque comme une activité culturelle à part entière.
Les suites de son accident lui posent cependant des difficultés en réduisant sa capacité de travail : devant gérer à la fois sa carrière d'acteur et ses entreprises dans le spectacle, il est obligé de déléguer une partie de ses affaires. En 1978, le cirque Pinder connaît un premier dépôt de bilan. En 1983, après un second dépôt de bilan[5], Jean Richard doit vendre le cirque Pinder et le cirque qui porte son nom.
En 1945, Jean Richard épouse en premières noces Anne-Marie Lejard (1922-2013)[6] dont il divorce six ans plus tard, en 1951.
Il se marie en secondes noces, le, avecAnnick Tanguy (née le àAubervilliers, morte le àErmenonville), comédienne et danseuse qu'il avait engagée pour un spectacle burlesque qui ne vit jamais le jour.
De ces unions naissent deux enfants :
Élisabeth, née le de son premier mariage, surnommée « Babette ».
Son fils Jean-Pierre Richard a d'abord travaillé avec son père au cirque et présenté des numéros d'animaux (avec des poneys en 1975 et des dromadaires en 1977-1978), avant de devenir un jeune et éphémère directeur du Cirque Jean Richard au tout début desannées 1980[7]. Il est mort le àToulon à l'âge de 51 ans.
Passionné par les animaux et par le cirque, Jean Richard mena, à côté de son métier d'acteur, une seconde carrière dans le domaine du cirque, des animaux et des loisirs.
Le zoo d'Ermenonville, célèbre pour son spectacle de dauphins, ses gorilles et orangs-outans, faisait collection commune de ses animaux avec les ménageries des cirques Jean Richard.En 1974, Jean Richard a lancé une éphémère ménagerie itinérante sous l'appellationExpédition Jungle.
1973 : série d'incendies criminels au Cirque Pinder Jean Richard[8] - accident de la route de Jean Richard le au retour de la reconstitution des actes criminels[9]
Dans le numéro 356 dePif Gadget (1975), on pouvait trouver un disque souple 33 tours enregistré par Jean Richard et reprenantLes petits renards, bande dessinée présente dans l'hebdomadaire.
Des espions au Zoo, un livret-disque 33 tours.
En 1983, un 45 tours « Dis moi Jean Richard »[11] et « Tous les clowns sont nos amis »[12] avec la chorale des écoliers deBondy.
↑Télé 7 jours n°269 du 15 mai 1969, pages 17 et 18 : « Pour réunir les capitaux nécessaires, il n'a ménagé ni son temps ni sa peine. Il a même accepté pour cela de tourner des films médiocres, ce qui fait écrire à un humoriste : "Jean Richard est le seul homme au monde qui nourrit ses lions avec des navets!" ».
↑Télé 7 jours n°683, semaine du 26 mai au 1er juin 1973, avec Jean Richard en couverture, « Le véritable récit du sauvetage de Jean Richard » ;Télé 7 jours n°696, semaine du 25 au 31 août 1973, avec Jean Richard en couverture, « Une soirée Jean Richard », page 74.
↑Paris Match n°1248 du 7 avril 1973. Incendie criminel au cirque Jean Richard.
↑Paris Match n° 1255 du 26 mai 1973. Jean Richard dans la guerre des cirques - Sa bataille pour entrer dans le monde interdit du cirque - Sa bataille contre « La piste aux étoiles » - Sa bataille contre la mort après l'accident.
↑Le Parisien du lundi 20 décembre 1982. Accident au cirque Jean Richard - Une poutrelle tombe sur les spectateurs : 4 blessés.