Pour les articles homonymes, voirLuchaire.
| Directeur La France | |
|---|---|
| - | |
| Directeur Les Nouveaux Temps | |
| - | |
| Directeur Notre temps | |
| - |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance | |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Père | |
| Mère | Fernande Dauriac(d) |
| Conjoint | Françoise Besnard(d)(de à) |
| Enfants | Corinne Luchaire Robert Luchaire(d) Florence Luchaire |
| Parentèle | Françoise Tourmen (petite-fille) |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Condamnation |
Jean Louis Gabriel Luchaire, né le àSienne (Italie) et mort fusillé le aufort de Châtillon, est unjournaliste etpatron de pressefrançais. Son nom reste associé à la politiquecollaborationniste en raison de son rôle sous l'Occupation, après avoir été pacifiste dans l'entre-deux-guerres.
Il est le fils de l'écrivainJulien Luchaire et le petit-fils, par sa mère l'éditrice Fernande Dauriac, du philosopheLionel Dauriac. Il est le filleul du banquierHorace Finaly.
Il épouse, en, Françoise Besnard (1903-1998), fille du peintreRobert Besnard. De ce mariage naîtront cinq enfants :Corinne (1921-1950), comédienne, Robert (1922-1998), décorateur de cinéma, Monique (1925),Florence (1926-1982), actrice et ballerine, et Jean-François (1929), mort à la naissance.
Jean Luchaire collectionna les aventures féminines, notamment avec des actrices commeMarie Bell,Josseline Gaël,Geneviève Boucher-Fath,Monique Joyce,Mireille Balin,Yvette Lebon etMadeleine Sacquard, alias Maud Sacquard de Belleroche.
Après avoir assisté à la montée dufascisme en Italie, il se consacre aujournalisme en France. Il s'oppose autraité de Versailles qu'il juge injuste pour l'Allemagne. Homme de gauche, Luchaire se fait très tôt le promoteur d'un rapprochement entre la France et l'Allemagne. C'est dans cette perspective qu'il soutient la politique extérieure dela France patronale[Quoi ?] entreprise parAristide Briand[1]. De même en 1932, il apporte son soutien àLéon Blum.
Il fonde, en 1927, le mensuelNotre temps qui appuie une forme de pacifisme raisonné et constructif.
L'historienPascal Ory explique :« Un futur collaborationniste comme Jean Luchaire est clairement un héritier d'Aristide Briand »[2].
En 1930, Luchaire fait la connaissance d'Otto Abetz, alors social-démocrate[2], et noue avec lui une amitié durable. En liaison avec ce dernier, l'équipe deNotre temps participe aux rencontres franco-allemandes du Sohlberg enForêt-Noire (juillet-), deRethel dans lesArdennes () et deMayence ()[3]. Ces rencontres donnent naissance au Comité d'entente des jeunesses pour le rapprochement franco-allemand, présidé par Jean Luchaire. Malgré le changement de régime intervenu en Allemagne, Luchaire s'obstine dans la conviction que l’établissement d’une paix définitive passe par une politique de conciliation entre les deux pays. Il écrit en 1933 :« Européens, nous devons traiter avec les gouvernements européens quels qu'ils soient. […]Stresemann était plus sympathique qu'Hitler mais Hitler, c'est l'Allemagne. […] Au surplus, ce qui compte essentiellement à nos yeux, c'est la paix. La liberté n'est le plus précieux des biens qu'à condition de vivre »[4].

La défaite de la France dans labataille de 1940 rapproche encore davantage Luchaire et Abetz, devenu alors ambassadeur duTroisième Reich àParis. En, Luchaire fonde le journal collaborationnisteLes Nouveaux Temps et occupe dès lors une place considérable dans la presse parisienne. Fidèle augouvernement de Vichy, il devient le président de l'Association de la presse parisienne, en 1941, et préside laCorporation nationale de la presse française, organisme qui, d'une part, en imposant à tous les petits journaux moyennant finances un éditeur de presse du clan Luchaire, et, d'autre part, en étant contrôlé par un commissaire du gouvernement qui n'est autre que Jean Luchaire lui-même, concentra entre ses mains le contrôle idéologique de toute la presse collaborationniste enzone occupée[5].
Deux jours après l'exécution deGeorges Mandel (), il signe (avec l'amiral Platon,Marcel Déat,Brinon, etc.) une déclaration commune (dite « appel des 29 ») auprès de Pétain, visant à remettre en causePierre Laval, qu'ils jugent trop tiède face à l'offensive anglo-américaine en Normandie, et demandant un gouvernement formé de « personnalités indiscutables ».
Quelques jours avant lalibération de Paris (), il se réfugie, en compagnie deMarcel Déat et deFernand de Brinon, àSigmaringen, où Philippe Pétain a été emmené par les Allemands[6]. Il est nommé commissaire à l'Information au sein de laCommission gouvernementale pour la défense des intérêts français, présidée par Fernand de Brinon. Directeur du journalLa France, quotidien en langue française destiné aux exilés de Sigmaringen, qui paraîtra jusqu'en, il dirige aussi une radio,Ici la France.
Lors de la défaite de l'Allemagne et de la chute du gouvernement en exil enavril 1945, il tente, sans succès, d'obtenir le droit d'asile politique auLiechtenstein et enSuisse avec sa famille etMarcel Déat. Il est arrêté par les Américains dans les Alpes italiennes, àMerano, à la mi-mai 1945 puis livré aux Français.
Ramené àParis, il est traduit en justice pourcollaboration avec l'ennemi devant laHaute Cour de justice enjanvier 1946. Il est condamné à mort[7], malgré le témoignage en sa faveur d'Otto Abetz (qui écope de vingt ans de travaux forcés en 1949), et est exécuté le aufort de Châtillon, aux côtés d'un ancien inspecteur des RG[8].
Contrairement à lui, son pèreJulien Luchaire choisit le camp de laRésistance. Julien Luchaire laisse un témoignage de son déchirement entre ses convictions et son fils dans un ouvrage intituléConfession d'un Français moyen, dont le premier tome est publié en 1943, et le second en 1965.
Corinne Luchaire, comédienne et fille de Jean Luchaire, a publié quant à elle, juste avant sa mort prématurée en 1950, un ouvrage autobiographique (Ma drôle de vie, 1949) qui constitue un document intéressant sur sa situation de fille d'un personnage en vue de la collaboration.
Dans son autobiographieLa nostalgie n'est plus ce qu'elle était,Simone Signoret évoque le souvenir de Jean Luchaire, dont elle a été la secrétaire. Neveu par sa mère de Françoise Besnard, l'épouse de Jean Luchaire,Daniel Filipacchi indique dans son autobiographie que son oncle aurait été le premier amant de Simone Signoret[réf. souhaitée].