| Maire de Charenton-du-Cher | |
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| Nom de naissance | Jean Joseph Antoine Gaulmier |
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| A travaillé pour | Université de Paris(en) Université Saint-Joseph de Beyrouth |
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Jean Gaulmier, né le àCharenton-du-Cher et mort le àParis15e[1], est un professeur et unécrivain français, passionné par l’Orient, qu'il ambitionne de rapprocher de l’Occident, spécialiste deVolney et deGobineau.
Après ses études secondaires au collège Sainte-Croix deNeuilly (baccalauréatslatingrec en1920, latin, sciences etphilosophie en1921) et une année consacrée aux mathématiques (1922), il se tourne vers les lettres, présente en1925 le concours d’entrée de l'École normale supérieure de larue d'Ulm (il a pour compagnonsRaymond Aron,Paul Nizan etJean-Paul Sartre) mais échoue.
Il s’oriente alors vers les études de lettres, philosophie et grec à laSorbonne[2].Étienne Gilson, son professeur de philosophie, a éclairé, pour lui, toute la filiation qui, par les philosophes arabes, mène jusqu’àSaint Thomas d’Aquin, exégète d’Aristote.
Jean Gaulmier conçoit le dessein d’apprendre l’arabe. Étienne Gilson lui conseille de rencontrerLouis Massignon, premier orientaliste de son temps.« L’arabe, lui dit-il, est la langue de Dieu. » Il s’inscrit donc en1925 à l’École des langues orientales[2]. Il a pour professeur Roger Gaudefroy-Demonbynes et pour amis des Syriens envoyés à Paris dans le cadre du mandat : Zaki Arsouzi, Djamil Saliba, Kazem Daghestani.« Tout ce qu’il apprend sur ce pays lui fait désirer de le connaître… »
Pour pratiquer la langue, stimulé par cet intérêt croissant, il décide de se rendre au Liban, où il s’engage pour deux ans (1928)[2] au17e régiment de tirailleurs sénégalais, dont le dépôt est àBeyrouth.
Ainsi débute une carrière, sous le mandat français, auLiban et enSyrie qui le fera séjourner en Orient pour un quart de siècle. Très vite, huit mois plus tard, Jean Gaulmier est détaché àDamas avec le titre de « conseiller pour l’instruction publique »[2].
À vingt-quatre ans, il est nommé directeur des études françaises àHama, où il écrit deux volumes de nouvelles inspirées de son Berry natal :Terroir (1931) etMatricule 8 (1932), publiés auxéditions Rieder dans la collection des « Prosateurs français contemporains »[3] et salués par Louis Guilloux,Romain Rolland[2] et André Demaison. Sa réputation d’écrivain est établie en France.
En1932, il est nommé àDamas pour deux ans ; puis en1934 àAlep où il reste jusqu’en1939. Durant ces treize années, il enseigne la philosophie et inspecte les établissements d’enseignement syriens. En1939, Jean Gaulmier est mobilisé sur place[2]. Démobilisé en1941, il se rallie à laFrance libre[2], qu'il renseigne sur ce qui se passe àAlep, avant lacampagne de Syrie. Il assiste ainsi au passage des avions allemands envoyés soutenir larévolte irakienne contre les Anglais[4].
Présenté augénéral de Gaulle lors de sa visite à Alep, il est chargé de diriger le service d’information et de radiodiffusion de laFrance libre àBeyrouth jusqu'en1944[2] et fait paraître aux éditions France-Levant uneAnthologie de Gaulle et lesDiscours aux Français du général de Gaulle en1943, ainsi que deux plaquettes,Voyage du général de Gaulle en Syrie et au Liban, publiée par le Service d'information et de radiodiffusion de la France libre au Liban en1942, et lesÉcrits du général de Gaulle, éditée par la Société d'impression et d'édition à Beyrouth en1944[2].
Après une brève incursion à Alger, de retour àBeyrouth en1945, il enseigne durant six ans à l’École supérieure des lettres (université Saint-Joseph)[2] nouvellement créée et rattachée à la faculté des lettres deLyon. C’est alors qu’après avoir renoncé à un premier projet de thèse sur le rôle des Arabes dans la transmission de la pensée grecque, il mène à bien une thèse de doctorat et une thèse complémentaire sur l’idéologue orientalisteVolney[2], très célèbre auxXVIIIe siècle etXIXe siècle. Elle est terminée en1947 et publiée en1951[2]. Entre-temps, il s’attache à un projet sans précédent : la création d’une grande université française pour tout leProche-Orient[2], université mixte dont l’enseignement tournerait autour des Lettres et des Sciences, projet qui ne verra pas le jour.
De1947 à1956, il fut maire de son village natal, aux confins duBerry et duBourbonnais.
De retour en France en1951, il obtient son affectation à l’Université de Strasbourg[2] afin d’exploiter le « FondsGobineau » (conservé à laBibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg), dont il va coordonner, pour laBibliothèque de la Pléiade, l’édition d'œuvres en trois volumes. Il sera, également, l’éditeur desÉtudes Gobiniennes.
Pendant son séjour de près de vingt ans àStrasbourg, Jean Gaulmier devient secrétaire de l’Association des Publications (1953), directeur de l’IPES (1958), représentant élu de la Faculté au Conseil de l’Université (1964-1967 et 1967-1970).
Parallèlement à son enseignement, il a effectué plusieurs missions en Afrique pour l’UNESCO : en1958 auMaroc pour l’étude de la planification scolaire et de l’arabisation de l’Instruction publique ; en1961 enCôte d’Ivoire pour l’adaptation des programmes scolaires ; en1962 àTananarive au Colloque des experts pour l’adaptation des programmes en Afrique ; en1963 auCameroun pour étudier l’unification des systèmes d’enseignement entre le Cameroun oriental et occidental.
Élu à laSorbonne en1969, Jean Gaulmier y enseignera jusqu’à sa retraite en1975[2].
En1986, il publieHélène et la solitude, grâce àLouis Nucera qui est à l’origine de la réédition deTerroir (encensé en son temps parRomain Rolland) etMatricule 8, après des dizaines d’années d’enfermement dans un placard. Ce qui a fait dire àÉric Deschodt :« Pendant tout ce temps, Jean Gaulmier priva le public d’une histoire merveilleuse de désenchantement »[4],[5].
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