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| Conjoint | Michèle Bancilhon(d) |
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| A travaillé pour | Le Nouvel Obs(à partir de) L'Express(- |
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| Distinction | Cf.distinctions etdécorations |
Jean Daniel,nom de plume deJean Daniel Bensaïd, né le àBlida enAlgérie française et mort le àParis 7e[1], est unécrivain etjournalistefrançais etalgérien[2].
Il est le fondateur (1964), directeur et éditorialiste duNouvel Observateur.
Jean Daniel est né en 1920 àBlida, une petite ville de garnison proche d’Alger. Élevé dans une famillejuive algérienne[3], il est le onzième et dernier enfant de Jules Bensaïd et Rachel Bensimon. Jules Bensaïd, qui s'était élevé socialement de la condition de modeste ouvrier à celle de négociant aisé enminoterie, préside leconsistoire local, mais apparaît très tôt commeagnostique, moins attaché à sonidentité juive qu’à la culture méditerranéenne et à la citoyenneté française[4].
Élève au collège de Blida, Jean devient, dès l’âge de quinze ans, un lecteur assidu de l’hebdomadaireVendredi, journal d’une gauche intellectuelle, indépendante et favorable auFront populaire[5]. Passionné par lalittérature, son enthousiasme pour l’œuvre d’André Gide l’amène à voir en l’URSS le paradis socialiste[6]. Pendant deux ans, il se plonge dans lemarxisme sous l’influence des livres que lui prête un ami, Vincent Perez, fils de l'employée de maison des Bensaïd. Mais en 1936, la lecture duRetour de l’U.R.S.S. d’André Gide lui fait perdre ses illusionscommunistes. Il se retrouve alors dans cette génération de gauche non communiste marquée par l’épisode du Front populaire et par le socialisme deLéon Blum. Inscrit enphilosophie à l'université d'Alger, il y fréquente les « Amis de la revueEsprit »[7].
L’abrogation dudécret Crémieux (1940), qui donnait la citoyenneté française aux juifs d'Algérie, obstrue désormais ses perspectives. Passionné par les appels dugénéral de Gaulle, il se détourne d'une tentation vaguement sioniste pour préparer son engagement dans laFrance libre. Un ami,José Aboulker, l'en empêche et le conduit à fréquenter un groupe de résistants qui contribue, le, à la libération d’Alger et à l’accueil des Américains. Incorporé dans l’armée deGiraud, il déserte aussitôt pour rejoindre à Zabrata (Tripolitaine) ladivision Leclerc où il sera affecté aux transports d’explosifs dans le13e bataillon du génie. Il retrouve avec la2e division blindée son amiCharles Guetta au Maroc, qui devait lui sauver la vie plus tard lors desévénements de Bizerte en 1960. Il participe à la campagne de France jusqu’à sa démobilisation àParis en 1945[réf. nécessaire].

Il s'inscrit en philosophie à laSorbonne mais un de ses anciens professeurs de Blida le recommande alors au directeur du cabinet duprésident du Conseil. Durant huit mois (1946), il devient donc attaché au cabinet deFélix Gouin, un socialiste proche de Blum et dont il va, à vingt-six ans, rédiger les discours. Parallèlement, il publie quelques articles dansCombat mais, devoir de réserve oblige, sous le nom de Daniel (son deuxième prénom). Le spectacle des phénomènes de cour, la servilité et la corruption des milieux qu’il y côtoie le guérissent de toute tentation politique au point qu’il refuse un poste de sous-préfet qu’on lui propose. Comme il refusera plus tard les deux postes d'ambassadeur que François Mitterrand lui proposera[réf. nécessaire].
En, interrompant la préparation de l'agrégation, il fonde avec Daniel Bernstein la revueCaliban qui se veut « une revue de vulgarisation intellectuelle de haute tenue, à la fois explicitement marquée à gauche, indépendante financièrement et accueillante par toutes les sensibilités idéologiques. Il obtient surtout le parrainage retentissant d'Albert Camus dont il fait pour la première fois la connaissance et qui va devenir son protecteur »[8]. S’imposant au poste de rédacteur en chef en, il y fait collaborer des écrivains commeAndré Chamson,Louis Guilloux,Étiemble,Jules Roy ouEmmanuel Roblès. Il sollicite aussi des proches comme son cousinNorbert Bensaïd, sa compagneMarie Susini, son compagnon de la faculté d’AlgerAlbert-Paul Lentin et le peintreMaurice Adrey. Mais c'est surtout sa rencontre avecAlbert Camus qui le marque profondément[réf. souhaitée].
En, il publie ainsi le manifeste neutraliste que ce dernier a signé avecJean-Paul Sartre,Claude Bourdet,Jean-Marie Domenach,Emmanuel Mounier etMaurice Merleau-Ponty en faveur de l’unité économique d’une Europe indépendante des deux blocs. Partageant l’opposition camusienne au modèle soviétique, il est alors partisan du non-alignement à la tête d’une revue située « quelque part entre leParti communiste et laSFIO »[9]. Mais en dehors de son influence intellectuelle, Albert Camus lui apporte un financement public grâce à son amie Jeanne Sicard, directrice du cabinet deRené Pleven, et de ses liens avec le directeur des relations culturelles,Louis Joxe[10]. Ses soutiens s’avèrent toutefois insuffisants et, en 1952, la revue cesse de paraître[réf. nécessaire].
À la recherche d’un emploi, il trouve une place d’enseignant aux cours Descartes, une école privée d’Oran dirigée par André Bénichou. Il écrit alors son premier roman,L’Erreur, que son ami Albert Camus publie dans la collection qu’il dirige chezGallimard. Mais le journalisme lui semble le lieu idéal où conjuguer tout ce qui l'attire : la littérature, l'engagement politique et le grand reportage. En 1953, il entre donc à laSociété générale de presse où il prend en charge les affaires coloniales. Il s’y lie avecK.S. Karol,Léone Georges-Picot et surtoutPierre Viansson-Ponté qui lui permet, en, de publier son premier article dansL'Express quelques jours après le déclenchement de laguerre d'Algérie qu'il va couvrir pour le magazine d'actualité hebdomadaire[11]. Il est aussi le directeur de la section française de "Kol Tsiyon LaGola", radio israélienne émettant en France en langue française[12].
Deux ans plus tard, il est engagé parJean-Jacques Servan-Schreiber avec la charge de couvrir lesévénements d’Algérie. Il se sent idéologiquement et affectivement très proche dePierre Mendès-France dont il soutiendra les campagnes deL'Express de la seconde moitié desannées 1950.
Très vite, il se fait remarquer par ses reportages sur laguerre d'Algérie dans lesquels il dénonce notamment la torture. Favorable à la cause algérienne, il défend les négociations avec leFLN, ce qui entraîne l'éloignement d'avec Albert Camus[13]. Inculpé à deux reprises pour atteinte à la sûreté de l’État, menacé de mort par des partisans du maintien de l'Algérie au sein de la République française, il est à l’origine, par ses articles, de presque toutes les saisies deL'Express. En, il est grièvement blessé au fémur lors desévènements de Bizerte qui lui valent d'être opéré neuf fois, ce qui lui donne l'occasion de lireGobineau[14]. Il passe de longs mois à l'hôpital, à l'issue desquels il exprime son refus de signer leManifeste des 121 parce qu'il n'y est pas fait mention du sort desFrançais d'Algérie, et son approbation de la politique deCharles de Gaulle. À son retour àL'Express, la guerre d'Algérie étant terminée, il perd de son aura et ses rapports se dégradent avec Jean-Jacques Servan-Schreiber.
Mais il acquiert la stature d’un journaliste de réputation internationale en obtenant un entretien deJohn F. Kennedy qui le charge d'un message pourFidel Castro. Accompagné par le photographeMarc Riboud, c’est au cours d’un déjeuner avec le chef cubain qu’il apprendra l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy le[15]. Mais lors de son retour à Paris à la fin 1963, l'auréole de sa réputation ne facilite pas ses rapports avec Jean-Jacques Servan-Schreiber. De plus, il refuse de s’associer à la mise sur pied d’un journal aussi impersonnel quedépolitisé. Ainsi, alors qu’il refuse de venir àFrance Observateur comme le lui proposeGilles Martinet, il rompt avecL'Express durant l’hiver 1963-1964, emmenant toute l’aile gauche du journal (K.S. Karol,Serge Lafaurie,Michel Bosquet,Michel Cournot,Michèle Manceaux,Michel Vianey,Jean Cau,Jeanne Baraduc,Anne-Marie de Vilaine,Jacques-Laurent Bost,Jean Moreau).
Contacté parHubert Beuve-Méry pour entrer au journalLe Monde, il préfère réfléchir et se limiter à lui offrir l’exclusivité de ses articles sur la crise cubaine. Retiré àSidi Bou Saïd, il est relancé par son amiClaude Perdriel pour participer à un nouveau journal ou à la relance deFrance Observateur. Finalement, c'est cette option qu’il choisit et il entreprend, à partir du printemps, les négociations avec Gilles Martinet et ses amis. À la fin de l’été, elles aboutissent au principe suivant : il prendra la direction de la rédaction alors qu’Hector de Galard assurera avec Serge Lafaurie la rédaction en chef. Bientôt il deviendra un des acteurs majeurs duNouvel observateur, journal de centre gauche dont il rédige chaque semaine l'éditorial.
Il quitte la direction du magazine en 1985, poste repris parFranz-Olivier Giesbert, tout en restant membre du Comité de direction?
Depuis sa création en 2007, il collabore au journalService littéraire[réf. nécessaire].
Il a été un temps[Quand ?] membre du conseil supérieur de l'Agence France-Presse (AFP), membre du conseil d'administration duGrand Louvre et membre duComité consultatif national d'éthique[16].

Jean Daniel meurt dans la soirée du dans sa centième année[17]. Unhommage national lui est rendu auxInvalides le 28 février à Paris, en présence duprésident de la République françaiseEmmanuel Macron, de plusieurs membres du gouvernement et de nombreuses personnalités[18]. Il est inhumé aucimetière du Montparnasse (division 9)[19].
Sa première compagne est l'écrivain corseMarie Susini.
Il épouse ensuite Michèle Bancilhon, avec qui il restera marié de 1961 jusqu’à sa mort en février 2020, avec qui il a une fille, le grand reporterSara Daniel.Michèle Bancilhon avait été la première femme deClaude Perdriel.

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