Ne doit pas être confondu avecJean Jalabert.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | Cimetière d'Albepierre-Bredons(d) |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Conjoint | Dora Dorian(d) |
| Parentèle | Tola Dorian (belle-mère) |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Parti politique | |
| Idéologie | |
| Membre de | |
| Mouvement | |
| Genre artistique | |
| Distinction |
Jean Ajalbert, né le àClichy (Seine)[1],[2] et mort le àCahors (Lot)[Note 1], est unjournaliste,critique d'art,avocat etécrivainnaturaliste.
D'abord sympathisantanarchiste[3],polémiste reconnu etdreyfusard de premier plan durant laTroisième République, il adhère durant l'Entre-deux-guerres auParti populaire français deJacques Doriot et devient par la suite un journalistecollaborationniste au côté deRobert Brasillach,Louis-Ferdinand Céline etPierre Drieu la Rochelle.


Jean Ajalbert est né le, à Levallois-Perret[4], auhameau de Courcelles[5]. Il a un frère jumeau, Maurice, qu'il évoque dansMémoires en vrac du temps du symbolisme :« Mon frère est mort au bout de quelques semaines. »
Il est élève à Paris aulycée Condorcet où il connaîtRodolphe Darzens qui l'éditera dans sa revueLa Pléiade (1886). En 1883, il travaille àLa Justice, le journal du député radicalGeorges Clemenceau[6]. Ajalbert publie ses premiers écrits poétiques sous le pseudonyme d'Hugues Marcy. Puis, en 1886, il entre àLa Revue indépendante.
Il se marie en 1895 avec Dora Dorian, fille deCharles Dorian, qui lui donne un fils, Charlie, mais ils se séparent vers 1898 et divorcent[7]. À cette époque, il est assez intime avecAristide Briand qui fait quelques séjours dans le manoir de Keruic qu'il loue àLocquémeau sur la côte bretonne[7].
En 1898, Ajalbert est l'un des principaux collaborateurs du journaldreyfusardLes Droits de l'homme et en 1899 duJournal du Peuple. Très engagé, volontiers violent, considéré comme un « redoutable polémiste »[8], il fut une des plus importantes plumes dreyfusardes[9] et regroupa ses principaux articles en quatre volumes :Les Deux justices,Sous le sabre,La forêt noire etQuelques dessous du procès de Rennes. Dreyfusard précoce, il avait été un des rares journalistes, en 1895, à s'insurger de la manière dont ses confrères avaient traité le capitaine condamné et tout particulièrement en rendant compte de sa dégradation : « Eux tous pourtant, qu’est-ce qu’ils savaient de lui ? Que ses juges l’ont jugé coupable. Mais ce n’est pas de ce crime, dont l’on ignore les détails, qu’il a été invectivé. Des indignations n’ont pu se contenir, ai-je lu : “Sale Juif !” a-t-on crié sur son trajet. Sale juif ! Qu’est ce que cela vient faire avec la mobilisation livrée ? Quelles notions confuses de la justice ! La patrie est-elle en cause ou les croyances religieuses ? Va-t-il falloir croire avec Pascal que “comme la mode fait l’agrément, elle fait aussi la justice”, la mode de l’antisémitisme ? Ces chrétiens sans pardon, ces chrétiens justiciers, faudra-t-il leur rappeler les pardons du Christ, de qui ils se réclament[10] ? »
Vers lafin duXIXe siècle, Ajalbert fréquentait les milieuxsymbolistes etdécadents auxquels peuvent être rapprochés ses premiers romans. Il a écrit plusieurs volumes sur sonAuvergne natale et a rassemblé les écrits d'Arsène Vermenouze publiés en 1939. Les nombreux essais d'Ajalbert portent sur des sujets aussi divers que l'architecture, latapisserie, lapiraterie, l'aviation, la vie auLaos ou enIndochine,Roland Garros ou l'Académie Goncourt (dont il fait partie de 1917 à 1947)[11],[12].
Sa célèbre polémique contre l'École française d'Extrême-Orient est développée dansLe Matin,L'Avenir du Tonkin,La Dépêche de Toulouse ouLa Presse Coloniale. À la faveur des enquêtes qu'il a menées en Indochine, Ajalbert a constaté« qu'il n'y avait point de communication du conquérant au vaincu, de l'étranger avec l'autochtone. Si les membres de l'École Facétieuse ont installé des cours desanscrit, detibétain, dejaponais dont ils sont réciproquement les professeurs et les élèves, ils n'ont jamais ouvert une classe de langues indigènes ». Le,Paul Pelliot, membre éminent de l'EFEO, le gifle en public lors d'un banquet aurestaurant Ledoyen, organisé par l’Association des Français d'Asie en l'honneur d'Albert Sarraut, qui vient d'être nommé gouverneur général de l'Indochine française. Son agresseur sera condamné à cinq francs d'amende et au franc symbolique à titre de dommages et intérêts.
Pendant plus de trente ans, Jean Ajalbert fait sa cure dans la station thermale deRoyat-les-Bains en Auvergne, chez sa chère amie et confidente, la Mère Marie Quinton (1854-1933), ancienneBelle Meunière, logeant à l'hôtel des Marronniers dans la chambre du généralGeorges Boulanger et sa maîtresse la vicomtesseMarguerite de Bonnemains. À la suite de cela, il publia en 1939Les amants de Royat. Jean Ajalbert fréquenta régulièrement les établissements de la Mère Quinton à Paris et à Nice sur la côte d'azur.
Au cours d'un voyage en Indochine, Ajalbert fait àSaïgon la connaissance de l'avocat Georges Garros, le père de l'aviateurRoland Garros. Il rencontre ce dernier àRome au terme de lacourse aérienne Paris-Rome et se lie d'amitié avec lui, si bien qu'il parvient à réconcilier le père et le fils en froid depuis longtemps. Devenu conservateur duchâteau de Malmaison, il y accueille en Roland Garros et son amie Marcelle Gorge pour le dernier Noël d'homme libre de l'aviateur qui devait être capturé par les Allemands quatre mois plus tard. Dès cette époque, il écrit dansL'Humanité, créée peu avant en 1904. Sa signature côtoie celles d'Édouard Vaillant,Daniel Halévy,Jules Renard,Tristan Bernard,Bertrand de Jouvenel ouLéon Blum[13].
En, son fils unique est tué[14]. Il demande à quitter La Malmaison et devient conservateur de laManufacture nationale de tapisserie de Beauvais, où il reste en activité jusqu'en 1935. Pendant cette période, il publie plusieurs textes de propagande pour la paix (L'Heure de l'Italie,Propos de Rhénanie), des études scientifiques (Les cartons de Beauvais), des chroniques auvergnates etLes Mystères de l'Académie Goncourt, qui fit scandale.
À partir desannées 1930, Ajalbert se consacre à la rédaction de plusieurs volumes demémoires où il revient avec nostalgie sur laBelle Époque. Dans ces ouvrages, il montre son attachement augénéral Boulanger et se replonge à l'époque dusymbolisme où il connut un peu de succès.
Pendant laSeconde Guerre mondiale, il participe àL'Émancipation nationale deJacques Doriot, organecollaborationniste duParti populaire français (PPF). Il signe également en mars 1942 leManifeste des intellectuels français contre les crimes britanniques aux côtés deJean de La Varende,Louis-Ferdinand Céline,Pierre Drieu la Rochelle,Robert Brasillach,Abel Bonnard etAbel Hermant. Son nom figure sur les listes d’« écrivains indésirables »[15] édictées par leComité national des écrivains durant l'épuration à la Libération[16]. Il est jugé pour fait de collaboration par la4e chambre civique en 1945, puis incarcéré àFresnes en[4].